Richard Jefferson est devenu bon après une première saison catastrophique lors de laquelle il ne semblait pas en mesure de s’adapter (le jeu des Spurs a évolué d’une façon qui lui permet de mieux s’exprimer, ça l’a aussi beaucoup aidé… rappelons que cet été il a levé l’option de résiliation anticipée de son contrat alors qu’il lui restait une année avec un énorme salaire… pour ensuite prolonger avec les Spurs avec des émoluments nettement moindres qui sur le long terme compensent toutefois en partie le manque à gagner immédiat), Matt Bonner shoote quasiment à 50% à 3 points (espérons que cette année pour une fois il ne disparaisse pas totalement en playoffs), DeJuan Blair, devenu titulaire pour de bon, confirme son statut de gros coup de la draft (rappelons qu’il a été recruté l’année dernière au second tour alors que les Spurs n’avaient pas de premier tour ; beaucoup de franchises ont laissé passer ce petit intérieur monstrueux en NCAA en raison de l’état de ses genoux, déjà réparés à plusieurs reprises… résultat, il apporte énormément malgré un temps de jeu encore limité), George Hill, le meneur/arrière remplaçant, est très complémentaire de Manu et TP (c’est la meilleure rotation de guards en NBA actuellement, encore meilleure que celle des Lakers ou des Celtics), les autres joueurs de rôle font leur taf (McDyess, Quinn, Udoka…).

Je ne croyais pas trop aux Spurs en tant que candidats au titre à cause de la re-signature de Jefferson et à cause de leur banc, qui me semblait faiblard. Compter sur 3 rookies, à San Antonio, c’est assez inhabituel. Pour assurer leur réussite les Spurs semblaient avoir besoin d’une adaptation rapide de Tiago Splitter, le Brésilien reconnu comme un des meilleurs joueurs – si ce n’est le meilleur – évoluant en Europe ces dernières saisons. Etonnamment il joue peu (moins de 12 minutes de moyenne), a eu des DNP-CD, s’est farci du garbage time, de temps en temps on le voit un peu plus, il a réussi quelques performances sympathiques… Au début de la saison James Anderson (sélectionné lors de la draft 2010) a bien aidé à lancer l’équipe avant de se blesser (il n’est pas encore revenu). Depuis le 3e larron fait sensation, un rookie recruté après avoir impressionné en Summer League, un certain Gary Neal, 26 ans, un de ces nombreux Américains partis en Europe après leur carrière universitaire faute d’avoir tapé dans l’œil des recruteurs NBA. Il était assez peu connu en Europe, il est en train d’exploser. 8,5 pts (environ 40% derrière l’arc) en 18 minutes de moyennes, 3 pics à plus de 20 unités depuis la mi-décembre (profitant d’une entorse de George Hill, car il joue 1, 2 ou même 3 dans un système régulièrement à 3 guards).

Le succès actuel de San Antonio vient de la stabilité tant sur le long terme (la plupart des joueurs évoluent ensemble depuis très longtemps) que sur la saison (32 matchs, toujours le même 5 de départ, pour le moment les joueurs majeurs n’ont pas été touchés par des blessures). Quand le "Gros 3" est en bonne santé, difficile de rivaliser, collectivement c’est trop bien huilé, individuellement c’est trop fort, les équipes aussi expérimentées se comptent sur les doigts d’une main. Pas mal de victoires ont été obtenues à l’arrache avec buzzer-beater, prolongation et/ou retour après avoir pris un gros éclat. Le mental, ils l’ont.

En général les dernières possessions des matchs serrés sont confiées à l’Argentin, c’est en partie pour ça qu’il est plus mis en valeur que TP, pourtant en sa qualité de chef d’orchestre le Français est extrêmement important dans le renouveau des Spurs, il n’a pas été prolongé de 5 ans pour rien. Ça saute aux yeux, Tony n’est pas affecté par son divorce et tout le tumulte créé par les accusations de cocufiage bien alimentées/mises en scène par sa future ex-épouse. (Si vous avez manqué un épisode sachez qu’il a été accusé par Eva Longoria de tromperie avec la femme de Brent Barry – ce couple divorce aussi – après avoir trouvé des tas de messages "coquins" sur son téléphone… un vrai régal au niveau de la vanne ! Y a-t-il eu autre-chose que des conversations écrites ? Ça ne nous… regarde pas.)

Vous n’avez pas pu passer à côté de la vidéo de la télé de Taïwan sur ce sujet. Ils en font des en général hilarantes sur tout et n’importe quoi (la meilleure étant celle sur Tiger Woods). Bon, ils mélangent tout, nous ont sorti Alexandra Paressant – star de mon ancien blog – de nulle-part…

Le n°9 a connu une période de moins bien fin novembre/début décembre avec comme point d’orgue une défaite improbable face aux Clippers en marquant 2pts à 1/6. Il était tellement hors du coup que Pop ne l’a laissé que 18 minutes sur le parquet. Le jour de cette rencontre à Los Angeles il avait rendez-vous avec sa femme pour parler divorce… Cette période a duré 4 matchs (7,3pts à 32,5% et 5 passes en moyenne, 2 des 4 défaites de le début de saison), il s’est immédiatement repris et pète le feu depuis. TP a joué le 30 décembre son 700e match de saison régulière (+134 en playoffs) après avoir été élu joueur de la semaine au mois de décembre, il réalise sa meilleure saison collectivement – 4 défaites en 32 matchs, c’est de la folie ! – et une de ses meilleures individuellement (il n’avait jamais tourné à 7 passes ou plus de moyenne, en revanche il a fait mieux au niveau scoring, en particulier l’année où Ginobili a manqué tout le début de la saison et où TP et TD devaient tout faire à 2… le 55&10 de TP date de cette époque).

Vu comment TP joue en ce moment, je ne saurais que trop lui conseiller de vite se remarier, de continuer à profiter de son forfait SMS illimités, et de divorcer à nouveau… il faut le faire tous les ans, ça marche super bien ! Redevenons sérieux.

Popovich étant un coach très intelligent, il a compris qu’il fallait changer le style de l’équipe. Ça a mis un peu de temps à se mettre en place mais maintenant, c’est fait. Les Spurs sont devenus parmi ce qui se fait de plus offensif en NBA, ils jouent beaucoup plus vite pour utiliser au mieux les qualités de TP, Manu ou encore Jefferson au lieu de jouer dans un tempo lent avec des systèmes très précis, des tirs en fin de possession, l’obligation pour chacun de faire ce qui était prévu. Plus de place est laissée à l’improvisation, à la spontanéité, c’est du coup beaucoup plus spectaculaire, grâce aux drives de leurs guards les espaces pour leurs tireurs longue distance (les plus efficaces de la ligue, plus de 40% de réussite pour l’ensemble de l’équipe). Bien sûr, défensivement c’est moins bon, Jefferson ne sera jamais Bowen, Tim Duncan ne peut pas faire 25 et 12 plus 3 contres tous les soirs, David Robinson est un vieux souvenir… On a des Spurs avec le deuxième meilleur record de toute l’histoire de la NBA après ce nombre de match, et pourtant des Spurs qui ont un grande marge de progression. (Ces derniers temps on observe que la défense est de plus en plus en efficace.)

  • Les Lakers ne dominent plus.

Déjà 10 défaites en 33 matchs, soit un record sur les dernières saisons (celles terminées par des finales), quelques bran-bran contre des équipes parfois bidon y compris à domicile (contre des Bucks sans Jennings). Kobe est passé au travers plusieurs fois, il s’énerve, a même insulté un arbitre sans être ni éjecté, ni suspendu, a vivement critiqué le niveau d’engagement de son équipe en expliquant que les gars se voyaient trop beaux. Il a très envie de gagner un 3e titre consécutif en fin de saison, et si rien n’est compromis, l’écart creusé par d’autres équipes pourrait bien empêcher les Lakers d’avoir l’avantage du terrain. Quand on souvient des scénarii des séries de playoffs de 2010, on se dit que l’avantage du terrain est vraiment un avantage, s’ils ne l’ont pas la situation sera très inconfortable.

Si les efforts fournis par Odom depuis plusieurs saisons devraient se payer physiquement (il a enchaîné les saisons, les playoffs et les finales NBA avant de participer au Mondial, il doit être cramé), d’autres vont probablement compenser. Gasol est moins régulier après un début de saison monstrueux, il a aussi dû beaucoup jouer pendant plusieurs semaines à cause du manque de rotation intérieure. Je ne m’en fais pas pour les doubles champions en titres, ils ont récupéré Bynum, Shannon Brown a beaucoup progressé, il a maintenant un jump-shot plutôt fiable, y compris de loin, le banc est énorme à condition d’être au complet. Les Lakers peuvent nous faire le coup des Celtics en 2010.

  • Les Cavs sont à la cave.

Jusqu’au funeste retour de LeBron James à Cleveland sous les couleurs du Heat on peut dire que les Cavaliers résistaient honorablement. Depuis, c’est la décadence, ils ont même perdu Varejao sur blessure. Les Cavs, ou comment être premiers une saison et derniers la suivante. Maintenant je leur conseille de gagner le championnat pour être l’équipe la plus pourrie et choper le n°1 de la prochaine draft, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, même si finir avec le pire bilan ne garantit rien (statistiquement il y aura bien un jour une équipe qui profitera d’avoir ¼ des boules à la loterie).

  • Boston n’est plus seulement une équipe de playoffs.

Je vous le concède, avec les blessures cumulées de Rondo et Garnett (sans compter Perkins, absent depuis les playoffs) cette affirmation peut sembler étrange, mais 24-7 pour cette équipe à la moyenne d’âge élevée (Pierce, Allen, KG, les 2 O’Neal sont tous trentenaires depuis un moment), c’est un tour de force. L’an passé les Celtics ont tranquillement attendu les playoffs pour monter leur niveau de jeu de quelques crans et lutter jusqu’au bout du 7e match des finales. Cette fois ils sont déjà là. S’ils n’ont pas trop de pépins à l’issue des 82 rencontres de saison régulière je ne les imagine pas aller moins loin que les finales de conférence.

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