1. La méforme de Nenê.
Elle était prévisible. Comment voulez-vous qu’à force d’enchaîner les rencontres il n’ait pas un coup de moins bien ? Au bout de 6 mois quasiment sans souffler, il ne pouvait pas humainement rester au même niveau, il allait forcément finir par avoir les ailes qui touchent la piste. Or un joueur fatigué, est un joueur moins vif, qui maîtrise moins bien ses gestes, a du mal à faire les efforts dont il a l’habitude. S’il est ordinairement médiocre, on ne voit pas forcément qu’il est à la peine, mais dans le cas de Nenê, qui depuis son arrivée au PSG n’a pratiquement jamais été à la fois moyen ou très moyen ET non décisif lors de la même rencontre, ça se remarque facilement.

Un Nenê fatigué physiquement pourrait gérer ses efforts, adapter son jeu en optant pour la simplicité, choisir la passe au lieu de la course balle au pied. Le problème contre Lens est que le Brésilien n’a pas eu la lucidité nécessaire pour se remettre dans le bon sens. A Rennes, après une première période très compliquée, il avait réussi à retrouver un bien meilleur niveau, il aurait facilement pu terminer avec un but et une passe décisive au compteur.

Contre les Sang et Or, aucun doute possible, Nenê avait la tête au fond du seau, il a déjoué. Trop individualiste, multipliant les dribles manqués, les contrôles approximatifs ou carrément ratés (comme lorsqu’à la réception d’une transversale il a laissé le ballon rebondir devant lui et passer entre ses genoux), gâchant nombre de CPA (hormis quelques corners bien tirés en seconde période) dont des CF idéalement placés (il aurait dû en laisser certains à Jallet), se déchirant sur ses frappes, il a presque tout fait de travers. A la façon d’un Gilles Simon ou d’une Alizé Cornet – aurait-il chopé cette maladie lorsqu’il jouait à Monaco, c’est-à-dire près de Nice ? – on voyait Nenê exprimer sa frustration contre lui-même après chaque geste loupé. Il semblait dépité, comme impuissant.

Le moral de Nenê est clairement atteint, on sait pourquoi. Ce que je craignais semble être arrivé, sa non convocation en équipe du Brésil pour France-Brésil lui a mis un gros coup derrière la tête, il a eu beaucoup de mal à encaisser ce qui s’apparente à la fin de son rêve, son supplément de motivation a disparu. S’il a regardé le match, il a vraiment dû se dire qu’il méritait sa chance et doit être encore plus dégoûté.

Il se met sans doute trop de pression, veut trop prouver de choses, en perd sa concentration, sa spontanéité, par moment il en oublie complètement de jouer, a des absences, à d’autres il a des œillères et oublie ses coéquipiers, voulant trop en faire, on dirait Erding il y a quelques semaines avant sa disparition. Pour se refaire mentalement je pense qu’il lui faut un joli but bien décisif, histoire qu’il comprenne qu’il en est toujours capable (quand il loupait un geste il s’entêtait à le tenter encore, comme pour se prouver à lui-même qu’il pouvait y arriver, mais il ne passait jamais)… ou alors du repos, se vider la tête… ou que le PSG gagne un match avec lui mauvais sur le terrain, il n’aurait plus l’impression que s’il ne fait pas la différence lui-même l’équipe n’y arrivera pas. En attendant Nenê a besoin de soutien… et de retrouver son n°19.

C’est dingue, depuis qu’il a changé son numéro pour le n°10 – en plus Raí donnait le coup d’envoi – la réussite l’a abandonné. En décembre tout lui souriait, depuis début février – OK, ça ne fait que 2 matchs^^ – plus rien ne va dans son sens. Et si ce numéro était trop lourd à porter ? Nenê a accepté l’idée du service marketing pour prendre la suite des Valdo, Raí ou encore Ronaldinho, maintenant il faut assumer, c’est un peu comme si un joueur arrivait aux Chicago Bulls et choisissait le numéro 23 de Michael Jordan… Bon c’est impossible puisqu’il a été retiré, mais vous pigez l’idée.

Sur un geste il peut toujours faire la différence, ce qui a sans doute motivé Kombouaré à le laisser sur le terrain jusqu’au bout au lieu de le sortir au plus tard à l’heure de jeu. Sur quelques corners il a failli réussir une passe décisive, la réussite a aussi fui ses coéquipiers.

(Je rappelle tout de même que Nenê a marqué et fait des passes décisives en 2011. Il n’a pas marqué en championnat, mais on en est à 4 matchs de championnat en L1 depuis le début janvier…)

2. La transparence d’Erding.
Selon les stats de la LFP il a joué 20 fois le ballon… Ah ? On l’a vu croquer 2 grosses occasions en moins d’une minute (à la 51e), la première étant vraiment énorme, Queudrue avait commis une grosse boulette sur un centre de Jallet, permettant au Turc de se retrouver face à Vedran Runje tout près du but, l’attaquant s’est jeté pour frapper… sur le gardien. C’est catastrophique, il n’a pas du tout le niveau pour être titulaire, pourtant il le reste… Sérieusement à part à Avignon, quand l’a-t-on vu bon et/ou en réussite ? L’année dernière…

Après ses loupés il a été sifflé par le merveilleux public familial du Parc, à sa sortie très tardive (82e) aussi. Il l’a cherché. Débuter le match par une frappe ridicule totalement dévissée, disparaître puis se montrer seulement pour manger la feuille, il ne faut pas s’attendre à une ovation.

3. Les choix de Kombouaré.
Privé de Giuly, l’entraîneur parisien devait trouver comment remplacer le seul milieu droit de son effectif. Jallet semblait une bonne solution, il fallait dans ce cas aligner Cearà latéral droit. Maurice ou Luyindula, attaquants axiaux régulièrement appelés à dépanner sur un côté… mouais… Kombouaré a choisi Chantôme, habitué à évoluer à ce poste qui n’est pas le sien, même si l’époque où il y évoluait régulièrement date. Chantôme a en réalité passé le plus clair de son temps dans l’axe où il ouvrait le couloir à Jallet, auteur de nombreux débordements et centres.

Dans cette configuration en 4-4-2 on trouvait Bodmer en 8 à côté de Makélélé, Chantôme en principe à droite, Nenê à gauche, Erding et Hoarau devant. Dans les faits Maké était seul n°6, Nenê était mauvais et Erding invisible, il aurait fallu les remplacer au plus tard à l’heure de jeu (Erding n’aurait même pas dû débuter), il n’avait personne sur le banc… Si, Maurice et Luyindula, mais pour quel apport ? Il a choisi de sortir Bodmer (à la 66e, donc tôt), pourtant un des joueurs les plus actifs et les plus à l’aise, pour faire entrer l’ex international. Le résultat n’a pas été très convaincant…

Au final, le PSG ne marque pas, Kombouaré n’a pas trouvé les solutions, comme la semaine passée. Vous pouvez toujours me répondre que ça n’a tenu à rien – un poteau, quelques arrêts presque miraculeux de Runje, idem à Rennes la semaine précédente – ou encore que le PSG aurait peut-être perdu avec d’autres options, il n’empêche que les faits sont là : le PSG ne marque plus depuis 2 matchs, l’entraîneur n’a tiré aucune conséquence des prestations de ses joueurs. S’il n’a aucune solution sur le banc, c’est aussi de sa faute.

4. La politique de recrutement de Leproux et compagnie.
L’effectif du PSG est trop léger pour tenir la distance, sauf miracle. Les seuls à ne pas l’avoir compris ? Les dirigeants et l’entraîneur. En soit, perdre Sessegnon n’était pas un problème, au contraire, c’était une bonne chose, il ne servait presque à rien, avait une attitude négative, son professionnalisme était plus que douteux et il pouvait rapporter pas mal d’argent. TOUT INDIVIDU UN PEU LUCIDE ET AU FAIT DE L’ETAT ACTUEL DU MONDE DU FOOTBALL SAVAIT QU’IL POUVAIT ETRE VENDU ASSEZ CHER A UN CLUB DE PIGEONS ANGLAIS… mais Leproux et ses hommes n’ont pas anticipé, ils ont tout fait pour conserver absolument Sessegnon avant de déclarer que son départ n’était pas un problème, qu’il n’était déjà plus considéré comme un membre du groupe. Ils n’ont pas voulu lui trouver un remplaçant «dans la précipitation».

Chez moi on appelle ça de l’incompétence. Pas besoin de remplacer Sessegnon ? Mais qui pour suppléer les joueurs dont il était censé être le remplaçant ? Même dans l’hypothèse où le Béninois aurait été un joueur utile, il semblait indispensable de recruter 2 ou 3 joueurs pour doubler les postes. Au lieu de ça l’effectif compte un élément de moins. Cette idée à la con de geler toutes les signatures (départs, arrivées, prolongations) en décembre et janvier est l’équivalent d’une tentative de suicide. L’effectif avait un besoin impérieux d’éléments supplémentaires.

Les caractéristiques de Nenê (dribleur, joueur à surveiller de près) en font une cible pour les adversaires, les risques de blessure sont donc grands, il était absolument nécessaire d’avoir une solution de remplacement pour le Brésilien. Depuis le début de la saison je soulève ce problème, beaucoup d’autres l’ont fait également, les dirigeants n’ont pas compris.

Ils n’ont pas été plus lucides sur le problème Erding, n’ont pas été capables d’identifier les risques de devoir faire confiance au très inexpérimenté Makonda (dont le niveau est loin d’être suffisant pour jouer actuellement au PSG) comme doublure de Tiéné, grand spécialiste de la suspension, ou encore de devoir remettre sur le terrain Saammmyy Traoré.

Kombouaré, en refusant les joueurs qui lui ont été proposés, s’est mis dans la panade. Leproux est fan de bricolage, nous a expliqué que le centre de formation est excellent, que le PSG a beaucoup de bons jeunes à qui on allait faire confiance… Comme je l’écrivais il y a quelques jours, le PSG va devoir compter sur des lycéens pour gagner des titres, ce qui me paraît pour le moins compliqué. Bon, pour le moment, on les attend. Où sont les jeunes ? Leproux a-t-il prévenu l’entraîneur qu’il doit intégrer pour de bon les Bahebeck, Kebano et autres ?

Qu’on ne me raconte pas que Rothen n’aurait pas pu donner un coup de mal… La façon dont il a été traité est à gerber sur le plan humain, préjudiciable sur le plan financier, et désastreuse sur le plan sportif.

Faute d’avoir fait correctement son travail (pour vendre Sessegnon assez tôt notamment), d’avoir voulu investir un peu d’argent pour renforcer l’équipe afin de lui permettre de tenir la distance, Leproux risque se retrouver dans une situation d’échec total. La qualification en Ligue des Champions est de plus en plus hypothétique, les espoirs de titre en Ligue 1 sont presque réduits à néant, pour sauver les meubles en championnat il faudra abuser du turnover en Europa League… à part conserver la Coupe de France, si on la joue à fond, quel objectif le PSG va-t-il pouvoir atteindre ? Son calendrier ces prochaines semaines est terrifiant (sujet abordé plus bas).

On va en revenir au match en lui-même. Le PSG a eu des occasions, j’ai retenu certaines d’entre elles auxquelles il faut ajouter les 2 CF dans l’axe à 20/25m triés au-dessus par Nenê, d’autres sur les côtés mal exploités, des remises, passes en retrait et récupérations de mauvaise dégagement dans ou juste devant la surface conclues par des tirs manqués ou gâchées à cause d’hésitations. Si je devais vous lister toutes les frappes non cadrées ou contrées, j’en aurais pour des heures à écrire et vous des heures à lire.

-A la 4e minute Makélélé a tenté une de ses 2 frappes du match – ça devait être sa première de la saison, c’est mauvais signe quand il essaie de marquer – et a failli inscrire le second but de sa fin de carrière parisienne[1], Runje a bien plongé pour détourner sa frappe, dans la foulée il a récupéré le ballon et centré, un Lensois a coupé la trajectoire du centre juste devant Hoarau.
-A la 26e, au cœur d’une période pendant laquelle le PSG réussissait encore à peu près à remonter rapidement le ballon, Tiéné est décalé côté gauche, il centre, Hoarau saute très haut au point de penalty et met une puissante tête décroisée… Le ballon va s’écraser sur le poteau opposé.
-Dans le temps additionnel de la première période Jallet centre, Hoarau réussit à prendre le ballon de la tête mais pas assez de face pour diriger le ballon, qui part vers les pieds d’un Lensois au lieu d’aller au fond.
-51e : à 4 mètres du but Erding peut profiter de la boulette de Franck Queudrue mais en se jetant pour il tire sur Runje qui plongeait vers lui.
-40 à 50 secondes plus tard, Nenê centre, Hoarau dévie derrière lui vers Erding qui se retrouve à 2 ou 3 mètres du second poteau, il droit prendre le ballon de volée, il est certes assez haut pour bien réussir à pousser le ballon dans la cage du plat du pied et le gardien sort en sa direction, mais quand même, manquer à ce point sa reprise…
-A la 69e minute, le ballon revient en direction de Nenê, il tente une frappe instantanée qui jusqu’en décembre aurait été couronnée de succès. Le tir est complètement manqué, ça donne corner, le Brésilien le tire, il trouve la tête de Zoumana Camara au second poteau…au-dessus. Du gâchis.
-A un quart d’heure de la fin nouveau corner, cette fois Nenê trouve Mamadou Sakho au second poteau à 4 ou 5 mètres de la ligne, il est plaqué par un défenseur (c’est arrivé assez souvent) mais réussit à mettre un coup de boule dans le ballon… que Runje arrête sur sa ligne.

La pelouse toute neuve pas encore enracinée et dont on voyait les plaques fraîchement posées n’a pas franchement aidé. On se rend compte que pour une équipe cramée, l’état de la pelouse ne fait pas de différence. Après une première période très intense les Parisiens ont accusé le coup, eu de plus en plus de mal à sortir de leur camp, multiplié les pertes de balle bêtes, les mauvaises passes, les contrôles approximatifs. Déjà en première période par précipitation ou à cause des tentatives solitaires de Nenê presque toujours mis en échec par le jeune Serge Aurier – que j’ai trouvé très bon, il s’est même permis des débordements en éliminant Nenê et Tiéné, en revanche le centre n’était pas toujours réussi – les Lensois avaient eu des munitions pour contre-attaquer. S’ils n’ont pas cadré le moindre tir, c’est que les Sang et Or aussi ont beaucoup gâché. Le PSG aurait aussi pu s’en sortir encore plus mal sans un bon Sakho (un bon ou très bon Sakho, c’est la norme).

J’ai compté 5 occasions plus ou moins franches (j’ai pu en oublier… et dans les 5 il y en a des pas du tout franches en fait^^).
-Contre de Lens sur un ballon perdu au milieu, frappe d'Issam Jemaâ contrée par Sakho, Lens récupère, centre de la gauche pour une tête au 2nd poteau, ce n’est pas cadré, Edel récupère facilement le ballon (12e).
-Centre fort depuis le côté droit, Jemaâ passe tout près de pouvoir le couper (25e).
-Corner lensois, Jemaâ n’est pas marqué, Edel sort en retard… mais le Tunisien ne cadre pas sa tête. Action 100% n’importe quoi (48e).
-Akalé décalé dans la surface un peu côté gauche voit sa frappe être contrée, le ballon lui revient, il sert parfaitement Maoulida en retrait, mais le Mahorais manque totalement sa frappe (54e).
-Sertic tente une grosse frappe croisée de loin, Sakho et un Lensois tentent de la dévier, Edel plonge, le ballon lui passe à 3cm du bout des gants, le ballon lèche le poteau… du côté où ça ne fait pas but (65e).

Au cours de cette rencontre, l’arbitrage a été assez grotesque. M. Rainville est très inexpérimenté… et très mauvais. Il a été franchement bidon à tous les niveaux. Il a sifflé énormément de fautes soit inexistantes, soit extrêmement sévère, surtout contre les Lensois (ce qui est logique, ils subissaient et cherchaient avant tout à défendre). 25 fautes sifflées contre les visiteurs, 12 contre les Parisiens, mais seulement 2 cartons jaunes contre 1. Kovacevic a fait 5 fautes sans être inquiété, on a vu quelques coups de coude non sanctionnés, mais à la limite OSEF.

Ce qui me gêne vraiment est que les Lensois aient pu multiplier les gestes d’antijeu sans que l’arbitre ne réagisse en sortant des avertissements ni ne compense le temps perdu. Pire, il a mis un carton à Chantôme pour avoir joué vite un CF dans son camp (à 90 mètres de la cage adverse) en visant un Sang et Or qui était resté près du ballon. Qu’il n’avertisse pas Demont parce qu’il n’a pas vraiment cherché à empêcher Chantôme de jouer vite, OK, qu’il avertisse le Parisien, c’est du foutage de gueule complet, une injustice flagrante ! Le temps additionnel de la première période n’a pas dépassé la minute malgré la blessure de Sylvain Armand qui avait causé un arrêt de jeu nettement supérieur à cette minute. En seconde période, c’est pire. 5 changements, le temps passé à aller dire à Laszlo Bölöni d’arrêter de contester ses décisions, la blessure de Kanga Akalé (2 fois pour la même avec intervention des soigneurs), celle de Jallet qui a pris un coup de coude dans le foie de la part de Bédimo, les dégagements à 5m50 de Runje qui prennent 20 secondes à chaque fois, et le pompon, la fausse blessure au bout de 2 minutes de temps additionnel qui fait encore perdre du temps, mais l’arbitre, qui avait fait annoncer seulement 3 minutes, siffle au bout de 2’50 en ayant laissé juste un dégagement s’effectuer après cet arrêt de jeu pour cette pseudo blessure à l’évidence simulée dans l’unique but de gagner de faire perdre des secondes.

Est-ce qu’accorder un temps additionnel normal aurait changé quelque chose au résultat ? Je n’en sais rien, personne ne peut le savoir, c’était devenu n’importe quoi, du "vas-y que j’te balance le ballon dans le paquet et on verra c’que ça donne" (parfois ça marche), mais peu importe. Dans telle situation, lorsqu’une équipe vient clairement pour défendre et cherche à truquer un maximum, une telle complaisance est insupportable. De manière générale il a pourri la fin de match avec ses coups de sifflet intempestifs. Par exemple à la 87e sur un long CF Runje sort n’importe comment et plonge dans le vide, l’arbitre siffle en sa faveur. Si les Lensois ont pu parfois à tort, parfois à raison, lui reprocher ses décisions, M. Rainville s’est bien rattrapé en les aidant à conserver le point du match nul.

Manifestement, la règle sur les mains, il ne la connaît pas. Les directives concernant le temps additionnel, les tacles par derrière, les coups de coude, les ceinturages dans les surfaces de réparation, les fautes d’antijeu, il n’a pas dû les lire dans une langue qu’il comprend. Plusieurs fois il a accordé le coup franc sans tirer les conséquences de la faute (2 ou 3 fois il a été bien inspiré de ne pas aggraver son erreur de jugement, même si ça rendait ses décisions incohérentes[2]).

Après le match Bölöni s’est plaint de 2 actions litigieuses – en oubliant de signaler les ceinturages de ses défenseurs dans la surface, notamment sur Luyindula à la retombée d’un long CF à la 82e rendant la prise de balle de Runje infiniment plus facile – dont une qui va me faire aborder le cas Edel. Commençons par la seconde, lorsqu’Akalé s’est effondré dans la surface parisienne en réclament un penalty pour une prétendue faute de Camara. Faute ou pas faute, il peut y avoir débat. En revanche, s’il y a faute, alors il s’agit d’une obstruction car le défenseur met son corps en opposition pour empêcher l’Ivoirien d’aller contester le ballon à Edel. En conséquence Lens ne pouvait donc pas obtenir de penalty mais uniquement un coup franc indirect dans la surface de réparation, la loi XII est très claire sur ce sujet[3]. Pour tout vous dire je pense qu’il y a en effet une obstruction, Camara était trop loin du ballon pour le jouer.

Passons au cas Edel.
Ça commence à me gonfler. On est tous d’accord pour dire qu’Edel est loin d’être le meilleur gardien du monde, mais le traitement auquel il a droit est proprement scandaleux. A l’intérieur même du PSG tout est fait pour le déstabiliser, alors au bout d’un moment, fatalement, il commence à partir en vrille… Et encore, je trouve qu’on exagère fortement les faiblesses et ses erreurs.

Systématiquement on nous ressort la boulette – énorme – il y a plus d’un an contre Monaco et son match catastrophique à Lyon où son dégagement prive l’équipe d’une victoire contre un concurrent direct. On oublie de dire qu’Gerland la défense est largement responsable du premier but de l’OL et que Gomis, sur l’égalisation, n’est stoppé par personne. D’ailleurs sur les buts encaissés par Edel cette saison beaucoup sont dus à des errements défensifs, par exemple à Nancy, contre Auxerre, D’autres sont plutôt des exploits personnels, ceux d’El-Arabi et de Roux au Parc, du joueur d’Arles-Avignon à Avignon, et j’en passe (par exemple en début de saison à Tel Aviv le CF magnifique). Il y a aussi plusieurs penalties.

On lui reproche de ne pas avoir réalisé d’exploits… Le niveau d’exigence à son sujet est assez démentiel, comment voulez-vous réaliser des exploits contre Lens si Lens ne cadre pas une frappe ? Certains lui reprochent de ne pas avoir arrêté la frappe de Brahimi à Rennes… Est-ce que ça va la tête ? Y’a juste 3 Parisiens qui se font passer en revue sur l’action, le feu-follet rennais met ensuite une puissante frappe bien placée de l’extérieur du droit, et c’est Edel qu’on accuse ! C’est d’une mauvaise-foi hallucinante, de l’acharnement ! Si Mandanda encaisse ce but, personne ne dit qu’il en est responsable (d’ailleurs le gardien de l’OM a droit à de nombreuses louanges, certains veulent même qu’il prenne la place de Lloris en équipe de France, oubliant son début de saison catastrophique lors duquel il a coûté des défaites à son équipes, par exemple contre Caen).

Je vous mets au défi de me citer des matchs – en dehors de celui de Lyon – que le PSG a perdu ou même n’a pas gagné à cause d’Edel. Son bilan est de 15 victoires (on ne s’attardera donc pas sur les 11 buts encaissé sans conséquence), 8 nuls dont celui à Lyon et 4 sans but, ainsi que 4 défaites. Les 3 nuls avec but sont celui à Dortmund (penalty injuste contre Sakho), celui Montpellier en L1 (frappe parfaite d’Estrada), et contre Monaco (tête de Puygrenier en lucarne et frappe de Niculae déviée qui prend Edel à contrepied). Sur les nuls, il n’y est pour rien. Les défaites maintenant. Il y a celle à Tel Aviv avec un penalty et un CF en lucarne à la dernière seconde du temps additionnel (de toute façon perdre ou gagner, ça ne changeait rien), celle contre Auxerre où abandonné par ses coéquipiers il en prend 3 (certains lui reprochent le deuxième, ce qui n’a aucun sens, d’autres le dernier alors qu’il fait le maximum possible et manque terriblement de bol sur ce but du 1-3), celle à Nancy avec Camara et Makélélé devant lui (le PSG a joué à 10 dès la 14e minute, le premier but est marqué en contre dans une défense à la rue, le second après une frappe détournée par Edel, aucun défenseur n’a suivi, contrairement à Hadji).

Le véritable problème du PSG n’a jamais été Edel, les ratés d’Erding (beaucoup) et des autres attaquants ont en revanche empêché le club de s’envoler au classement.

J’en ai marre de cet acharnement sur Edel, entre Philibert, le marchand d’enfants[4], contre qui il vient de perdre en première instance le premier d’une longue série de procès[5], certains médias qui s’acharne sans faire correctement leur travail (on rappelle que le 10 Sport a été condamné pour avoir publié les documents fournis par Philibert sans enquêter ou chercher à les vérifier[6]), il se fait défoncer de partout, on lui reprochera bientôt de ne pas être en tête du classement des buteurs.

Au sein même du club on lui savonne – volontairement ou non – la planche. La gestion de son renouvellement de contrat est plus que calamiteuse. Est-ce qu’un président sain d’esprit irait proposer à son gardien titulaire de rester la saison prochaine… en tant que numéro 2 ? Tu peux faire ça après la fin du championnat ou quand le club n’a plus rien à jouer, pas avant, ou alors tu cherches vraiment à détraquer l’esprit du joueur de l’effectif qui a le plus besoin de sérénité. Faire ça en février, c’est digne d’annoncer en cours de saison que l’entraîneur partira en juin[7].

Ça fait déjà 2 mois que la presse annonce Ospina, Ruffier ou encore Douchez… C’est un signe fort, Kombouaré, Roche et Leproux lui disent clairement qu’ils n’ont pas vraiment confiance en lui. Pour Edel ça doit être vraiment dur à vivre, il sait que même en étant excellent il n’a aucune chance de garder sa place, je dirais même de gagner sa place pour la saison prochaine. Pour la motivation, c’est fabuleux. En plus de ça apparaît le double-jeu de Coupet – qui est pourtant mauvais et a coûté très cher au PSG cette année – dont on voit de plus en plus la tête sur les plateaux télé et dont on entend de plus en plus la voix dans les à la radio. Paraît-il que l’ancien gardien de classe mondiale en train d’effectuer sa 3e saison de trop voudrait redevenir titulaire… et dans les médias certains tentent de pousser en sa faveur, allant jusqu’à balancer de fausses informations comme quoi Coupet allait de nouveau être titulaire face à Lens.

Ce qui devait arriver arriva, face à Lens Edel s’est raté. Là encore, il est important de rappeler la réalité des faits et le déroulement des événements. J’ai déjà expliqué les circonstances de sa mauvaise sortie sur corner en début de seconde période, il avait été abandonné par sa défense. En première période il s’est passé bien pire. J’ai revu 20 fois les images (avec 4 angles et 3 ralentis à chaque fois) pour bien comprendre ce qui avait pu se passer, parce que très franchement, sur le coup, je me suis posé la question.

A la 21e minute, Maoulida balance le ballon loin-fort-devant en direction de Jemaâ, parti dans la profondeur dans le dos de la charnière centrale parisienne[8]. Edel est obligé de sortir à la rencontre du ballon car Sylvain Armand et Mamadou Sakho sont loin, le premier revient au sprint derrière le Tunisien et le bouscule lorsque ce dernier ralentit sa course pour être au bon endroit à la retombée du ballon. Sans la sortie d’Edel je pense que le défenseur parisien prend carton rouge ou que Jemaâ récupère le ballon et se présente en face à face dans la surface. En réalité, aussi étrange que ça puisse paraître, Edel a sauvé la peau d’Armand. Je m’explique.

Edel sort en regardant le ballon, il se rend alors compte que les deux joueurs de champs lui arrivent dessus, dans son élan de toute façon il est obligé de sauter, le contact est inévitable, et il ne peut utiliser ses mains, sinon c’est lui qui va prendre sa douche. Dégager de la tête ? Impossible. Il ne lui reste que le genou ou le pied. Après la prise d’appel, lorsqu’il est en train de s’élever, je pense qu’il n’a plus du tout en tête l’idée de prendre le ballon mais uniquement celle de se protéger, c’est pourquoi il met le genou en avant comme on l’enseigne aux gardiens de buts. Il met donc le genou en opposition, et heureusement, presque miraculeusement, le ballon lui retombe sur le pied une fraction de seconde avant de percuter légèrement Jemaâ – qui l’a vu arriver – et surtout Armand – qui, derrière l’attaquant, n’a pas pu anticiper le choc. Après une interruption relativement longue Armand est sorti debout… Pas de doute, le coup de genou super violent en plein dans la tempe l’avait mis KO, je ne comprends pas comment le médecin a pu le laisser retourner sur la pelouse, il aurait dû être immédiatement sorti au lieu de terminer la première période, c’était de la folie ! Camara ne l’a remplacé qu’à la mi-temps, ça aussi, c’est une erreur du staff.

La genèse de cette sortie en se protégeant avec le genou est intervenue 2 minutes plus tôt. Long CF pour Lens, le Camerounais saute au second poteau pour capter le ballon, mais il est chargé en l’air par Queudrue, bras tendus en sa direction. Les mains puis le coude du défenseur lensois sont venus percuter la tête du gardien parisien, pas étonnant qu’ensuite il ait eu le réflexe de se protéger.

En attendant, comme Edel a pris le ballon, il n’a pas annihilé d’occasion de but, et c’est même lui qui a été chargé en l’air. Les conséquences pour Armand sont malheureuses, mais Edel ne pouvait rien faire d’autre, s’il ne sort pas il se fait démolir par tout le monde, en y allant il démolit son coéquipier mais préserve son but inviolé. M. Rainville aurait pu revenir à la première faute, celle d’Armand, et lui mettre au max un jaune (car encore une fois il n’y a pas réellement d’occasion de but) et donner un très bon CF à Lens, mais mettre un carton à un joueur KO, psychologiquement, pour un arbitre, c’est difficile.

Comparer avec le geste d’Harald Schumacher est ridicule, à quel moment l’Allemand a-t-il cherché à jouer le ballon ? Edel n’a pas que cherché à le jouer, il l’a pris, n’a à aucun moment voulu fracasser quelqu’un.

Les Lensois méritent un certain crédit, dans l’ensemble ils ont bien défendu, leur pressing a été efficace, ils ont su profiter de la maladresse de leurs adversaires. On a même vu quelques gestes défensifs impressionnants et spectaculaires. Ils repartent avec ce qu’ils étaient venus chercher. Quand Rennes étaient venu au Parc pour blinder, j’avais trouvé ça minable, pour Lens, c’est différent, quand tu joues le maintien chaque point est important, en déplacement chez un adversaire qui joue l’Europe, tu cherches le nul, on ne peut te le reprocher. Il y a tout de même une grosse faute de goût, c’est cette tenue… On connaissait la gris foncé avec manches roses/mauves, cette fois c’était maillot blanc à manches noires, short rouge et chaussettes jaunes. Que c’est laid !

Lens n’a pas bol, prendre un point au Parc est un exploit… mais Nancy, Caen et Monaco ont gagné. Pour Paris, ce nul contre un reléguable a un goût de défaite et donne l’impression que la défaite à Rennes n’était pas un accident, alors qu’il s’agissait juste d’un jour sans. Sans réussite, sans jus, sans rien. Après la bran-bran mise aux Lensois il y a un gros mois en Coupe de France le contraste entre le PSG conquérant et celui qui semble au point mort est encore plus important, il nourrit le pessimisme dans lequel je suis en train de sombrer comme beaucoup d’autres supporters Parisiens.

Il y a encore 2 semaines, j’étais optimiste car je croyais dur comme fer que le départ de Sessegnon allait être immédiatement suivi de l’arrivée d’un nouveau joueur capable de combler les manques et d’apporter un plus. Depuis, ça va de mal en pis, la LFP en a rajouté il y a quelques jours en annonçant qu’Auxerre-PSG aurait lieu le samedi soir et non le dimanche après-midi. Ça donnera :
-PSG-BATE Borisov le jeudi soir (risque de prolongation),
-PSG-Toulouse le dimanche,
-PSG-Le Mans en CdF le mercredi (risque de prolongation),
-Auxerre-PSG le samedi.
La LFP respecte la santé des joueurs et l’équité[9]… Bravo la LFP !

Pour le titre, ne déconnons pas, 7 points et une différence de but assez importante de retard sur Lille, c’est impossible à rattraper. 2 points sur Rennes, 1 sur Marseille, ce ne serait rien s’il n’y avait ce problème de manque de fraîcheur, cet effectif réduit et ces problèmes de gestion des hommes.

Je ne suis jamais pessimiste sans raison. En plus la réserve et surtout les filles ont perdu ce week-end, pour ces dernière la 2e place synonyme de coupe d’Europe est maintenant quasiment hors de portée. Quand ça ne veut pas sourire…

Notes

[1] C’est lors de PSG-Lens la saison passée qu’il a mis le précédent… et seul.

[2] Le jaune de Queudrue est cohérent avec la faute sifflée, seulement je n’arrive pas à savoir si le Lensois a réellement commis la faute ou simplement tenté de stopper irrégulièrement Hoarau sans y parvenir avant l’intervention de son coéquipier.

[3] Mais en pratique les arbitres n’appliquent jamais ou quasiment jamais la règle.

[4] Nicolas Philibert, l’accusateur d’Edel. Je ne sais pas ce qu’il en est vraiment de ces accusations, qu’elles aient ou non un fond de vérité le passé flou du bonhomme et les activités qu’il revendique n’en font pas un individu très respectable.

[5] Il s’agit d’une action en diffamation, autrement dit sur le fond rien n’est jugé.

[6] On sait tous ce que vaut le 10 Sport, dont le niveau est celui de l’homme qui le dirige et cherche en permanence à s’en prendre au PSG, n’ayant pas digéré d’être écarté par Sébastien Bazin au moment il croyait devenir président du club. La façon d’agir de cet individu donne raison à Bazin… Et oui, pour une fois Bazin a pris une bonne décision.

[7] Allusion au cas Le Guen il y a 2 ans, le PSG y a perdu très gros.

[8] Je veux qu’on m’explique comment on a pu se retrouver dans cette situation, comment on a pu laisser un attaquant partir tout seul dans l’axe sur un long ballon. Si on se fait prendre comme ça n’importe quelle perte de balle au milieu devient une occasion franche pour les adversaires !

[9] Le LOSC, qui a à peu près le même programme, jouera son 4e match le dimanche. La LFP a aussi décidé d’avancer un match de l’OL et de l’OM au vendredi pour leur permettre d’être plus frais contre le Real et Manchester United, mais que les Parisiens soient cramés et obligés d’aligner une équipe B en Europa League, le seule compétition européenne dans laquelle un club français puisse briller, OSEF.