Il y a eu grosse polémique concernant le Kandahar, non pas à cause de graves blessures provoquées par des chutes, on est loin de ce qui a pu se passer à Kitzbühel, mais plutôt sur son état général. Elle était tellement gelée et bosselée lors des super-G que certains cadors du circuit comme Ivica Kostelic ont préféré rentrer chez eux pour ne venir participer qu’aux épreuves techniques. Si le Croate s’était aligné en super-combiné il aurait très certainement ajouté une médaille à son palmarès (j’ai même envie de dire un titre). D’autres comme Lindsey Vonn ont eu énormément d’appréhension, beaucoup de mal à se lâcher, la jugeant trop dangereuse car trop injectée d’eau donc trop dure (c’est aussi parce qu’elle s’est ramassée quelques temps plus tôt lors d’un entraînement de géant, lors de la dernière étape de Coupe du monde à Arber-Zwiesel elle avait même préféré déclarer forfait pour le slalom). Cette polémique concernant l’organisation ne peut pas être positive pour Munich 2018 (candidature concurrente de celle d’Annecy… perso je suis contre Annecy car à fond pour Paris 2024, et je doute fort que les 2 soient compatibles). On ne va pas mettre sur le dos de la candidature Munich 2018 les problèmes de chronos intermédiaires (ça ne fait pas très sérieux).

Heureusement, le temps s’adoucissant pour devenir quasiment chaud (jusqu’à 12°C) c’est devenu plus skiable. Certains jours il a malheureusement fallu arroser abondamment et saler la neige pour permettre aux épreuves de se dérouler.

Si pour l’équipe de France ça s’est mal passé, ce qui était assez prévisible, l’Autriche et l’Italie se régalent grâce notamment aux 2 stars de ces championnats, Elisabeth Görgl et Christof Innerhofer, comme chez eux à Garmisch-Partenkirchen, peut-être à cause de leur nom alémanique… Chez les filles l’Autriche a réussi le grand chelem.

=: Honneur aux dames.

Mardi, le super-G.
Départ à 11h, température assez clémente, piste très ensoleillé par endroits, totalement à l’ombre à d’autres, donc une mauvaise visibilité d’ensemble, très gelée et très bosselée.

La Suédoise Jessica Lindell-Vikarby a lancé ces championnats. Ensuite, 2 Françaises. Marion Rolland partait avec le dossard 2, la jeune Margot Bailey avec le 3. Plus tard Ingrid Jacquemod (n°13) et Marie Marchard-Arvier (dossard 15) ont tenté de faire mieux sans réellement y parvenir. Aucune des 4 n’a réussi à s’adapter la glace, une surface rarement pratiquée par les hommes (ils y ont eu droit lors du géant d’Alta-Badia en décembre, je crois que c’est tout) et quasiment jamais par les femmes. Appréhension pour certaines, manque d’engagement et/ou de justesse technique, mauvaises trajectoires, dérapages… ça ne l’a vraiment pas fait. A leur décharge, nombreuses sont les concurrentes autrement plus attendu à avoir été secouées comme des pruniers sur les aspérités et mouvements de terrain. Marion Rolland a terminé 21e, Margot Bailey (Niçoise de 20 ans) 25e en ayant bien débuté puis failli sortir en faisant quasiment un tout-droit à cause d’un des pièges du relief, Ingrid Jacquemod 17e à 2"09 en n’ayant presque jamais été dans le rythme, MMA s’est classée 20e pratiquement dans le même temps suite aux mêmes types d’erreurs, un résultat très loin de celui d’il y a 2 ans lorsqu’elle avait pris la médaille d’argent aux championnats du monde de Val d’Isère, mais cette fois on ne s’attendait pas vraiment à mieux qu’un top 10).

Pendant un moment ça s’est empilé en quelques centièmes, le meilleur temps était souvent amélioré ou approché, Daniela Merighetti (Ita) en tête, puis Elena Curtoni (Ita, championne du monde junior) juste après elle, puis 2 dossards plus tard Anna Fenninger (Aut) dans le vert pour 1 centième, puis Fabienne Suter (Sui) se classe 3e à peine plus d’un dixième de la jeune Autrichienne. Entre temps Dominique Gisin, dans le vert presque tout du long, était sortie au niveau de l’avant-dernière porte. Ça s’est ensuite calmé avec Jacquemod, MMA et Tina Maze, pas du tout dans le coup. On en arrive alors au traditionnel TV break après le 15e départ, c’est alors que se lance Elisabeth Görgl…

L’Autrichienne de 30 ans[1] a été choisie par les organisateurs pour interpréter l’hymne officiel de la compétition. Un présage ? Manifestement elle se sentait très bien à Garmisch (elle avait déjà terminé 2e du super-G ici même lors des finales de la CdM en 2010) et a apprécié son passage sur le podium lors de l’ouverture, car elle a eu très envie de revenir… Elle a dévalé la pente de façon tout bonnement hallucinante, augmentant son avance tout du long pour franchir la ligne avec une marge de 82 centièmes, soit 82 fois ce qui séparait les 2 filles présentes avec elle sur le podium provisoire. Bien sûr, ça sentait la médaille, mais restaient encore les concurrentes les plus attendues (Görgl n’était qu’outsider), à commencer par Maria Riesch.

Maria Riesch est largement en tête du classement général de la Coupe du monde, 2e de celle de super-G, elle a surtout l’avantage d’être la locale, elle a appris à skier sur ces pentes, c’est LA star de la station. Son problème ? Peut-être la pression. On a vu quelques jours plus tôt lors du slalom et du géant d’Arber-Zwiesel que la plupart des Allemandes – et en particulier Maria – avaient très mal résisté à la pression de courir chez elles. La fille qui concentrait les espoirs du pays hôte s’est élancée avec son dossard 17. A chaque intermédiaire son retard augmentait environ d’un dixième, mais à l’arrivée, 2e à 21 centièmes. Déception ? Soulagement ? De toute façon la médaille était loin d’être acquise.

Andrea Fischbacher (championnat olympique en titre) nous a alors offert la première belle chute de ces championnats. Déjà larguée au chrono, elle a fait quelque chose d’assez étonnant : je pars en travers, j’enfourche la porte, je perds un ski, je dérape en travers sur l’autre ski, je perds mon second ski en tombant. Elle débute alors sa glissage sur le ventre la tête en haut, puis quart de tour à gauche toujours sur le ventre, demi-tour pour glisser sur le dos toujours en travers, quart de tour sur le dos avec du coup la tête vers le bas, retournement en position Superman sur le ventre tête et bras vers l’avant, et là super rapidement demi-tour complet pour passer sur le dos avec les pied en avant afin de percuter le premier filet de sécurité avec les fesses plutôt que de face, enchaînement avec une traversée du filet et un 540° vrillé tout en glissant pour aller s’arrêter dans le troisième filet. Grandiose ! Elle nous a fait une put*in de glissade de 12 secondes et donc plus de 100 mètres sur cette patinoire inclinée, des figures encore jamais vues ! Au final, rien de méchant.

C’était au tour de Lara Gut de se lancer, ce n’est jamais facile après une interruption de course assez longue (pour remettre la porte et les filets). Vous savez certainement combien j’apprécie la petite Suissesse de 19 ans aux yeux plus bleus que le ciel, plus radieuse que l’astre du jour, plus fraîche que la rosée du matin… :coeur: :inlove: :coeur:
A la lutte après avoir pris un peu de retard sur le haut pour arriver 3e provisoire à 0.44s… A l’évidence ça ne suffirait pas, néanmoins Lara a conservé son grand sourire.

En effet, ça n’a pas suffi, car après si Anja Paerson n’a pas répondu aux attentes, la fantasque Julia Mancuso (qui a posé avec une perruque rose pour la photo qu’on montre au départ), toujours à son top lors des grands championnats, a réussi à s’intercaler à la 2e place grâce à une seconde partie de course totalement dingue, son retour sur la fin a failli lui offrir le titre, elle n’a échoué que pour 0.05 seconde ! Autant vous dire que Görgl a eu du mal à cacher son soulagement.

Lindsey Vonn, vainqueur de 3 des 4 super-G de la saison (l’autre ayant été remporté par Lara Gut), n’a pas montré ce dont elle est capable, trop d’erreur, un manque d’engagement traduisant son manque de confiance après sa chute et son petit traumatisme crânien… Il ne s’agissait pas de la vraie Lindsey Vonn, celle qui n’a peur de rien, même pas de se balader en maillot de bain à la montage pour Sports Illustrated. 7e à 84 centièmes, c’est indigne d’elle.

Le haut du classement n’a pas évolué par la suite. Görgl titrée devant Mancuso et Maria Riesch, Lara Gut 4e, ça nous fait tout de même un beau podium.

Vendredi, le super-combiné.%% Départ de la descente à 10h, température printanière, temps pourri, ciel gros, il a même plu, la piste restait néanmoins bien et mieux éclairée. La descente était longue, bosselée, hyper physique, mais un peu moins gelée.

3 Françaises seulement au départ, Margot Bailey, dossard 1, Marie-Marchand Arvier avec le 8, et Aurélie Revillet le 24. Si MMA jouait vraiment le combiné, les deux autres se disputaient surtout le droit de prendre part à la descente 2 jours plus tard, la meilleur des 2 allait accompagner les 3 "titulaires" indiscutables. La Niçoise a commis quelques fautes, l’attitude était bonne, beaucoup d’engagement, elle est allée nettement plus vite qu’à l’entraînement, néanmoins ça n’a pas suffi, la Savoyarde a fait mieux en étant au niveau des meilleures sur la première moitié de la descente. Sans une grosse faute juste après elle aurait très certainement fini dans les 8 ou 10 meilleures au lieu d’être 13e à 1"85, mais comme elle ne prenait pas le départ du slalom, ça ne changeait rien. Notons qu’en chutant dans l’aire d’arrivée elle s’est tordue les doigts.

Marie a eu beaucoup de mal à finir (16e temps de la manche à plus de 2 secondes), très éprouvée physiquement elle est tombée dans l’aire d’arrivée, s’est ramassée violemment dans les bâches. On a eu peur, elle aussi, il lui a fallu du temps pour se relever, a été victime d’un gros choc à la tête qui lui a abîmé le menton.

Dominique Gisin (4) a réussi la première grosse performance de la matinée, son chrono n’a été approché par aucune concurrente avec Lara Gut (9), 2e à 45 centièmes. Lara a peut-être été un peu ralentie par la vision d’un commissaire agitant un drapeau jaune en raison de la chute de notre Française partie juste avant elle, mais comme le gars s’est retiré, elle a continué… et a bien fait, car devoir s’arrêter puis repartir du sommet sur une piste si difficile était la garantie de se prendre 3 secondes minimum. A la fin de la manche la jeune Suissesse était parfaitement placée en embuscade, 5e à 0.71s.

C’était au tour des cadors ou cadors présumés. Mancuso (12)… moyen. Maze (13)… du mal à résister sur le bas, mais ses qualités en slalom allaient sans doute lui permettre de réaliser un gros coup.

Il commençait à pleuvoir lors Lindsey Vonn s’est lancée sur la pente, elle qui avait surpris tout le monde en effectuant la veille la descente d’entraînement… en anorak. But recherché, reprendre confiance. Ça n’a pas franchement fonctionné, 6e à 1"34 en franchissant la ligne, 12e une fois toutes les concurrentes passées, l’écart d’un peu moins de 2 secondes ne lui laissait aucun espoir, elle a donc déclaré forfait pour la suite de l’épreuve.

Au tour de Görgl… une grosse faute au bout de quelques secondes, mais sans conséquence, à l’arrivée, le meilleur temps. L’Autrichienne est allée un quart de seconde plus rapide que Gisin, étant très polyvalente (il est vrai que ses meilleures performances en slalom datent un peu, elle était tout de même 7e aux JO l’an dernier), un deuxième titre lui était maintenant promis. Au tour de Maria Riesch, handicapée par un virus. Malade depuis plusieurs jour la star locale s’était passée des descentes d’entraînement[2], misant sur sa connaissance de la piste (elle ne pouvait faire autrement de toute façon). Elle n’a pu rivaliser, 2 secondes de retard, épuisée à la fin, elle s’est écroulée de fatigue.

Vonn et Riesch dans les choux, de belles perspectives d’ouvraient pour des filles comme Anna Fenninger (21) et Anja Paerson (22), d’autant que la météo était redevenue clémente. La jeune Autrichienne, en avance pendant une grande partie de la course, s’est idéalement placée à 4 dixièmes de sa compatriote. La Suédoise… énorme. Euh… je veux dire incroyable, énorme, ça ne se dit pas pour une femme (^^). Sérieusement, elle était tellement en avance après la partie haute que ça doit être un problème technique. En fait non, -0.93 au 2e inter… Abusé ! Malheureusement elle a beaucoup perdu de temps sur le bas en prenant trop large, 3e juste derrière Gisin.

On a ensuite eu quelques surprises avec les entrées de Laurenne Ross, Denise Feierabend et Britt Janyck dans le top 10 (6, 7 et 8e à environ 8 dixièmes).

Pour le slalom, changement de site, il fallait se déplacer à quelques kilomètres du Kandahar.

Départ à 14h, 62 portes, une pente raide, un tracé assez tournant sans gros pièges, le ciel étant très nuageux, il faisait carrément chaud (pour une course de ski^^). La piste allait énormément travailler.

On en a eu confirmation, Nicole Hosp, première concurrente de bon niveau à s’élancer en slalom, a réussi le meilleur temps de la manche, 1"28 de mieux que le 2e chrono (réalisé par Tina Maze). La Slovène Marusa Ferk, a pris provisoirement la tête avec le 3e temps de slalom (sur l’ensemble des concurrentes), puis il a fallu attendre Johanna Schnarf (Ita) pour avoir un nouveau leader (et encore, elle a mis les fesses sur la neige). Entre temps étaient passée notamment Margot Bailey, très peu – pas du tout ? – expérimentée en slalom (elle a bien limité les dégâts), l’Italienne Marsaglia (jolie chute avec presque un grand écart facial dos à l’arrivée), Marie Marchand-Arvier, loin d’être ridicule mais très en difficulté sur le plat, la jeune Lotte Smiseth Sejersted (Nor, +0.02 par rapport à Ferk), et surtout Maria Riesch, pas très à l’aise sur sa piste (on rappelle que le slalom est sa discipline la plus forte), qui finira 11e.

Tina Maze, 10e à 111 centièmes de Görgl, avait un vrai coup à jouer, elle a tout envoyé et pris la tête pour 1.27 secondes. C’était prévisible. Mancuso et Feierabend ont pris cher… arrivant pourtant chacune à leur tour 2e. Et là, c’est le drame. Laurenne Ross (USA) a enfourché et puis a tenté de remonter pour passer le piquet… sans y arriver tellement c’était pentu. Bon, Ross, OSEF. Au tour de Lara Gut, mon dernier espoir de médaille.

La poisse ! -0.40 au départ, encore la moitié de son avance au premier intermédiaire, l’écart augmente ensuite (alors que normalement entre Maze et Gut il n’y a pas photo en slalom), elle était partie pour prendre la tête ou au pire se placer pour la médaille… mais à environ 7 secondes de l’arrivée, l’énorme gadin, le ski de Lara heurte le premier piquet de la triple, elle s’envole, fait un looping, déchausse, ajoute un tonneau à sa cabriole… Je n’ai pas souvenir d’un salto sur un slalom, ça ressemblait plus à du ski de bosse ou aux X-Games. Elle aurait pu se faire très mal en retombant dur le haut du dos en se pliant en 2.

Encore 4, et tout d’abord Anna Fenninger… 4e temps de la descente, 4e temps du slalom, première place pour moins d’une seconde, 9 centièmes exactement. Elle avait augmenté son avance en haut, puis perdu beaucoup de temps sur le bas par rapport à Maze. Fenninger en or ? En argent ? En bronze ? Pour le moment, en rien du tout. Paerson, Gisin et Görgl pouvaient encore la priver de médaille. La Suédoise a perdu du temps, est un peu revenue, ses quelques fautes lui ont coûté la première place. 3e à 0.27, ça pouvait ne pas suffire. Dominique Gisin n’est pas slalomeuse, la Suissesse s’est bien battue, finissant 4e à seulement 67 centièmes. Görgl avait un boulevard… mais a dû croire qu’il y avait une limitation de vitesse, 5e à 9 dixièmes, c’est assez étonnant, Tina Maze lui a mis 2 secondes.

Titre surprise pour la jeune Fenninger, médaille d’argent pour Maze, Paerson ajoute une breloque à son palmarès gigantesque… A défaut d’avoir une Française compétitive dans cette discipline – et pourquoi pas Tessa Worley ou une de nos autres géantistes à Sotchi si elles se mettent aussi à la vitesse ? – j’aurais vraiment aimé que Lara Gut monte sur la boîte. Elle n’avait pas l’air trop triste, manifestement la nouvelle championne du monde est une de ses amies, elle est allée la serrer dans ses bras à l’arrivée. Une jolie brune et une jolie blonde… Le ski,

Meilleur temps de la descente pour une Autrichienne, meilleur temps du slalom pour une autre Autrichienne, victoire finale pour une 3e Autrichienne, déjà 2 titres en 2 courses… Bailey 14e, Marchand-Arvier 15e… Y’en a qui s’éclatent plus que d’autres.

Dimanche, la descente.
Il faisait encore relativement chaud, la piste ayant été salée elle restait en partie verglacée. Visibilité OK (assez uniforme grâce aux nuages), il neigeait un peu sur le bas.

Laurenne Ross, alias la Rasta-Ricaine, auteur d’une très bonne descente en super-combiné, a été la première à s’élancer. Ça allait nettement plus vite que 2 jours plus tôt. Ses temps intermédiaires ont été battus plusieurs fois (d’une seconde à mi-course pour Fanchini) mais aucune concurrente n’avait réussi à faire mieux à l’arrivée lorsque Marie Marchand-Arvier a pris le départ avec son dossard 8. Après un assez bon haut elle a eu énormément de mal, a été très secouée. Au final, disons-le clairement, elle s’est loupée. Au regard de sa saison ses espoirs de podium étaient minces, avoir réalisé le meilleur temps du premier entraînement aurait pour en faire naître de nouveaux, seulement toutes les filles n’y avaient pas pris part et entre temps la neige avait évolué.

Juste après MMA Andrea Fischbacher a pris la tête pour 0.01s en ayant dilapidé de nombreux dixièmes sur le bas. Dominique Gisin a amélioré le temps de référence avant le passage de 2 autres des 4 Françaises en lice, Ingrid Jacquemod (11) puis Marion Rolland (12). Là non plus, pas de miracle, 6e et 8e sur 12, pour ses probablement derniers Mondiaux celle qui se fait chambrer sur son âge – certains l’appelle mamie – rêvait mieux.

On en arrive à Lara. Quel phénomène cette petite Suissesse ! Après sa chute spectaculaire lors de la manche de slalom du super-combiné certains l’annonçaient déjà forfait. Jusqu’à quelques minutes du départ sa participation restait incertaine. Allait-elle pouvoir se lancer sur la piste extrêmement exigeante du Kandahar ? Luc Alphand, qui faisait office d’intervieweur/reporter près de la cabane de départ, a fait plus que de nous annoncer la bonne nouvelle, il a directement posé la question en direct à Lara (au moment du départ du dossard 5 ou 6 alors qu’elle avait le 13). La réponse, géniale, «je pars, on verra si j’arrive !» le tout avec un grand sourire plein de malice. Le plus fort dans tout ça est que sur sa piste elle a envoyé, à certains intermédiaires est passée dans le vert, a bagarré tout du long (jamais à plus d’un dixième), 2 dixièmes d’avance au dernier chrono puis a franchi la ligne avec une marge de 52 centièmes sur Dominique Gisin, sa compatriote. Lara a envoyé, a skié remarquablement bien, je ne voyais pas comment une autre allait pouvoir aller beaucoup plus vite.

Il se mettait à neige à gros flocons sur la partie haute de la course, ça sentait bon pour la petite blonde. Seulement, après le break pour la télévision, Miss Garmisch a tout fait péter. Après sa victoire en Super-G et dans la descente du super-combiné, Elisabeth Görgl a pulvérisé le meilleur temps. 7 dixièmes de moins que Lara vers la mi-course, 94 centièmes à l’arrivée… Imbattable.

Maria Riesch (17) et Lindsey Vonn (20), les deux meilleurs en vitesse cette saison, allaient s’élancer, elles avaient connu une semaine difficile, on se posait beaucoup de questions. L’Allemande, que tout le monde attendait sur les pistes de sa ville natale, seulement bronzée en super-G, avait une énorme pression sur les épaules, elle a en partie réussi à la supporter. 2e à 6 dixièmes en étant restée tout du long dans le coup pour la gagne, c’est une petite déception. Sa grande amie américaine a fait mieux. Le retard de 3 dixièmes perdus dès le haut ont été fatals, on ne la sentait pas au mieux, le temps perdu se cumulait, l’écart est monté jusqu’à une demi-seconde puis elle a fait jeu égal et a même un peu repris de temps. 2e à 0.44, "seulement l’argent"… mouais… Vous lui auriez demandé si elle signait pour repartir de ces Mondiaux avec seulement l’agent en descente, il y a 3 semaines elle déchirait le contrat, visant 3 médailles pour ne pas dire 3 titres, la veille du super-G elle sautait probablement sur le stylo pour ne pas laisser échapper la breloque.

Les autres filles qu’on pouvait attendre ont échoué, Mancuso (18) a fini 6e à plus d’une seconde, Paerson a pris cher, Tina Maze, avec un gros dossard (29) et une piste dégradée s’est classée 5e à 0.98 (manifestement la Slovène est très en forme et très à l’aise dur cette piste). On a aussi vu quelques highlights comme la jeune Sejersted qui déchausse à cause des vibrations et continue un peu sur un ski.

Le podium est assez royal : Görgl championne, Vonn argentée, Riesch bronzée (toutes avec la même marque de skis). Mais Lara Gut 4e… :verysad:

Pour les Françaises, à l’image de la semaine, ça s’est mal passé. Aurélie Revillet (30) n’a pas fait mieux que ses coéquipières, 26e à près de 4 secondes le jour de ses 25 ans… Jacquemod 18e, Rolland 20e, MMA 22e… La déception vient de ce que leur potentiel n’est pas utilisé, Marie a son top veut minimum top 10 à chaque course, reste à retrouver son top.

Dans la partie suivante, les hommes.

Notes

[1] 31 dans quelques jours.

[2] Elle a juste pris un départ avant d’immédiatement sortir volontairement pour avoir le droit de prendre le départ en course.