Samedi dernier à Auxerre, privé de plusieurs joueurs, le PSG a perdu 1-0 à cause d’un but venu de l’espace permis par une énorme boulette défensive. A défaut de gagner en transformant une de nombreuses occasions en but, il fallait assurer au moins le point du nul. Contre Montpellier, malgré la réduction très rapide de l’écart au retour de la seconde période, il était impératif d’assurer la victoire, surtout à 11 contre 10, quitte à dégager à l’arrache chaque fois que le ballon approchait à moins de 40 mètres de la cage d’Edel. Le constat est simple, 1 point dilapidé à Auxerre, 2 contre Montpellier, si le travail avait été fait Paris aurait 3 points de plus au classement, il serait 3e ex-aequo (avec sensiblement la même différence de buts que l’OM).

Conclusion, la dernière chance d’atteindre l’objectif de la saison est d’aller gagner à Marseille dimanche soir. Dans l’état actuel des troupes je ne vois pas comment ce succès serait possible 3 jours après la réception du Benfica dans un match qui peut donner lieu à prolongation (l’OM joue mardi). La dynamique est plutôt positive chez les Sardines, négative dans la Capitale, seule une qualification pour les quarts de l’EL pourrait inverser la tendance, et encore, ce n’est même pas sûr. Pour moi, le match le plus important de la semaine est PSG-Benfica.

En attendant, ça valait le coup de ne pas jouer à fond jeudi en EL si c’était pour ne pas battre Montpellier[1]… Bon, ce qui est fait est fait, on ne peut rien y changer.

Contre Montpellier, 3 joueurs manquaient à l’appel, pas les mêmes que face à Auxerre. Cearà, Luyindula et Chantôme, tous blessés après avoir joué à Lisbonne, ont beaucoup manqué. Les 2 premiers auraient été remplaçants, on les aurait très certainement vus entrer en jeu, ils auraient clairement eu leur place sur le terrain. L’absence de dernière minute du dernier nommé a été extrêmement préjudiciable, elle explique en grande partie de ce nul aux allures de défaite. En effet, Kombouaré a commis une énorme bêtise en remplaçant Chantôme par Jérémy Clément tout en alignant Erding dans un 4-4-2 sans joueur pour faire le lien entre le secteur défensif et le secteur offensif. Si Chantôme n’est pas là, Bodmer DOIT être sur le terrain. Quand Makélélé se prend pour le relayeur ou le meneur de jeu, le PSG est plus handicapé que s’il jouait à 10. Ce 11 de départ était incohérent, déséquilibré, pas du tout complémentaire, sans n°8, il avait des allures de 4-2-4, ou plutôt de 6-0-4. Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Ça fait des années qu’on le répète !

Jallet, Hoarau, Giuly, Makélélé et Clément n’étaient pas du voyage au Portugal, Tiéné et Mamadou Sakho ont fait le déplacement sans jouer – pourquoi leur faire subir l’avion et le retour à 4 ou 5h du matin[2] si c’était pour les laisser sur le banc ? – alors que Nenê, Erding, Armand et Edel ont enchaîné. Le Brésilien et le Turc sont passés à côté…

Erding a été l’auteur d’une bonne première période (globalement), Nenê a été l’auteur d’une bonne… action. Pas plus. La pire chose qui soit arrivée au PSG, paradoxalement, c’est ce csc de Yanga-Mbiwa. 2-0 au bout d’un quart d’heure, un public de footix qui se met à chambrer en envoyant des «Olé ! Olé» au bout de 20 minutes (comme lors de la Sardinade d’automne) alors que le PSG ne dominait pas réellement ses visiteurs, ça n’aide pas à rester concentré. Avec 2 buts d’écart les Parisiens ont semblé croire que la victoire était en poche, c’est devenu n’importe quoi. C'est là qu'on se rend compte que la présence des vrais supporters du PSG manque beaucoup...

Faire de la passe à 6 (les 4 défenseurs et les 2 MD, éventuellement à 7) entre la ligne médiane et ses 30 mètres quand il reste 70 minutes, c’est honteux ! Quand tes adversaires ont pris un gros coup sur la tête, tu dois essayer de les enfoncer, pas jouer les marioles en les laissant se remobiliser. Ça, tu ne peux te le permettre que si tu es le Barça et que tu as une marge énorme. La marge, le PSG ne l’a pas, les 2 buts, à la base, ce sont 2 coups de bol.

Sur le premier Makélélé récupère le ballon grâce à une passe interceptée au milieu par… M. Buquet[3], un des 3 plus mauvais arbitres de Ligue 1[4] avec Chapron et Ennjimi. Nenê est lancé côté gauche, la défense n’est pas replacée, il centre, un Montpelliérain est embarqué par l’appel d’Erding au premier poteau, Hoarau a fait l’appel un peu derrière lui, il reprend de la tête et marque même si la tête était pas mal sur Jourdren.

3 minutes plus tard Giuly récupère le ballon dans les pieds d’un Héraultais, il part en contre, effectue un une-deux avec Erding pour s’échapper côté droit et centrer pour Erding dont la reprise à l’entrée de la surface de but est complètement manquée, Yanga-Mbiwa n’a pas le temps de réagir, le ballon tape sur son tibia, c’est le csc.

Avant ces buts, hormis un corner repris de la tête pas Hoarau sans cadrer (alors, que Sakho arrivait lancé juste derrière lui et avait 80% de chances de marquer), R.A.S., sauf si on décide de signaler les pertes de balle idiotes, les mauvais choix… Dans ce cas il y a beaucoup à signaler. Il n’y avait aucune maîtrise. En réalité, après 2 ou 3 minutes de poussée parisienne Montpellier s’était installé, avait cadré une première bonne frappe (contrée par Sakho) suite à un CF, les buts les avaient assommés. Privés de plusieurs cadres (Dzodic, Spahic, Estrada) les Héraultais étaient devenus des proies faciles, le PSG revenait à 2 points de la 2e place, à 1 point de la 3e, sa différence de but était de +15, elle pouvait passer à +16, +17 ! Encore fallait-il jouer au foot pour y parvenir.

Nenê, et dans une légèrement moindre mesure Erding, très actif, se sont mis à jouer seuls, de temps en temps ils centraient… pour personne. Je suis un peu sévère avec l’ancien Sochalien, en première période il s’est bien battu, a cherché à provoquer sur les côtés, a obtenu des corners, aurait été passeur décisif à la demi-heure de jeu si Giuly n’avait pas mangé la feuille après avoir été servi idéalement par le Turc suite à un de ces corners (résultat d’un beau move d’Hoarau, corner mal tiré par Nenê) qu’il avait récupéré au premier poteau. On parle beaucoup de celui d’Erding, mais encore une fois le manque de réalisme de Giuly a eu de funestes conséquences. Si on peut reprocher quelque chose au n°11 parisien, c’est un abus de dribles par moments, en particulier à la dernière minute de la première période.

Le PSG n’a commencé à pousser qu’au bout d’une demi-heure, ça a duré 10 minutes. Après l’action d’Hoarau et le loupé de Giuly il y a eu une patate à côté suite à un centre de l’ailier droit parisien mal dégagé par la défense. M. Buquet est revenu à la faute pour avertir Jeunechamp, auteur d’un attentat sur le Parisien, un tacle à retardement juste après le centre, ça aurait pu lui valoir un rouge direct.

Nenê m’a exaspéré, il a aussi exaspéré certains de ses coéquipiers. Je vais finir par croire à la malédiction du n°10, depuis qu’il le porte il n’a plus marqué un but en L1, a réussi pas mal de passes décisives, mais ça ne LUI suffit pas, il vaut absolument marquer. 100% des joueurs et supporters du PSG vous le diront, si Nenê n’en plante pas un jusqu’à la fin de la saison mais est l’auteur d’une ou deux passes décisives à chaque rencontre (comme il l’a fait contre Nice, Benfica et Montpellier), permettant à l’équipe de gagner ses matchs, alors il restera la star de l’équipe et s’inscrira durablement dans le cœur de tous les fans du club. Il a mis la barre trop haut, il veut en permanence sauter 6 mètres au lieu de penser à être régulier à 5m75. Dans les faits, cette obsession du Brésilien s’exprime avec des actions particulières personnelles, des tentatives de frappes forcées, il n’a rien réussi qu’à agacer tout le monde. Quand pour une fois ses coéquipiers alignent 4 passes vers l’avant pour construire un contre et le décaler côté gauche, il ne centre pas, préférant mettre une mine 10 mètres au-dessus. Il a encore voulu nous faire sa combinaison sur corner pour sa frappe enroulée qui ne surprend plus personne, cette fois ça s’est transformé en centre involontaire (la tête d’Hoarau a été contrée, ça s’est ensuite terminé par une tête de Giuly sur la barre mais un coup de sifflet de M. Buquet a interrompu l’action sans que je sache pourquoi, en même temps, si on cherche à comprendre les décisions de cet arbitre particulièrement nul, on se torture l’esprit pour rien). Nenê a aussi gâché des CF très bien placés en tentant des tirs directs moisis. A chaque fois qu’il prend le ballon pour un CF on sait que ses défenseurs sont montés pour rien, le ballon va sortir à au moins 2 mètres du poteau.

Les 8 ou 9 dernières minutes de la première période ont été copieusement dominées par Montpellier, qui se mettait déjà à enchaîner des mouvements collectifs d’équipe décomplexée. Utaka et Belhanda ont commencé à mettre le feu, se dégager devenait de plus en plus difficile. Heureusement le trio Sakho-Armand-Edel tenait bien la baraque à coups de retours défensifs impressionnants, de dégagements salvateurs[5] et d’interventions autoritaires.

Ce qui s’est passé après le repos était déjà annoncé par quelques boulettes de Tiéné notamment – en même temps avec Tiéné on n’est jamais à l’abri – et tout le gâchis décrit précédemment. L’interview d’Hoarau lors du retour aux vestiaires a eu le mérite de dire tout haut que ce tout le monde pensait, à savoir que si certains n’arrêtaient pas de se lancer dans des numéros individuels voués à l’échec au lieu de penser au collectif, ça ne mènerait à rien. Il voulait en parler à ses coéquipiers à la mi-temps.

Je ne sais pas ce qui a été dit entre les joueurs, en fait j’ai plutôt l’impression qu’au lieu de distribuer les reproches on a distribué des somnifères et que seul le corps de Nenê est revenu sur la pelouse. Si le Brésilien est sorti le dernier des vestiaires bien après tout le monde, c’est peut-être qu’il prenait le temps de ranger son esprit dans son casier pour le retrouver à la fin du match. Quelle mollesse en seconde période ! Personne n’y était, tous les Parisiens semblaient endormis, peut-être pétrifiés par le but encaisse dès la 47e sur un CF indirect repris de la tête par Olivier Giroud (lucarne, Edel n’a pas réagi, pour moi il n’avait pas grand-chose à faire, c’est la défense qui se fait manger).

Dans la foulée le Prix Nobel de la Paix se fait exclure pour un acte d’une rare intelligence, a priori une bénédiction pour le PSG. Franchement, aller défier un arbitre assistant en se mettant presque front contre front avec lui, en soi, c’est profondément idiot. Le faire quand on a déjà pris un jaune orangé et qu’on traine une réputation – justifiée – de boucher exposant encore plus à la sévérité des arbitres, c’est une faute professionnelle. Bravo Cyril Jeunechamp, il fallait que quelqu’un prenne la suite de Cyril Rool.

Le PSG a joué plus de 40 minutes à 11 contre 10 mais s’est fait bouffer. Sans envie, sans engagement, c’était le néant, j’avais l’impression de voir le XV de France humilié samedi à Rome ! Bien sûr, le faux public du Parc des Princes se faisait dessus, un silence de mort régnait maintenant dans le stade, de temps en temps ça sifflait, l’arbitre a eu droit à quelques insultes auxquelles sa prestation l’exposait.

Le problème est que M. Buquet n’a pas assumé sa décision et a cédé à la pression mise pas René Girard. Après le rouge n’importe quel contact devenait un CF en faveur de Montpellier, les cartons jaunes pleuvaient, même quand un Parisiens prenait le coup c’est contre lui qu’était sifflée la faute… 27 fautes du PSG (le nombre de fautes est totalement improbable vue la mollesse de l’équipe)… Beaucoup n’existaient pas, j’ai par exemple noté la manchette dans le nez de Jallet lors d’un duel aérien, la faute est sifflée contre le latéral. Dans la foulée Jallet a pris un jaune pour une faute qui n’en méritait pas un (mais c’était sa 7e faute sanctionnées, pas 7 commises). De même, Armand me semble avoir reçu un carton pour une faute sur lui.

Ce qui devait arriver est arrivé, Montpellier a égalisé, encore par Giroud, bien aidé par une défense totalement à la rue, après un corner repoussé du poing par Edel les Parisiens sont plus ou moins remontés, ils ont laissé le buteur montpelliérain tout seul, Pitau n’a eu aucun mal à le trouver, lui à se retourner grâce à un contrôle de grande classe et frapper dans le petit filet opposé. Alors bien sûr, jamais il n’aurait dû y avoir corner puisque Nenê a été ceinturé au moment où il essayait de protéger la sortie du ballon (de toute façon en L1 il n’y a pratiquement plus jamais faute sur Nenê, peut-être qu’une directive de la DNA l’interdit), de surcroît le ballon était entièrement sorti des limites du terrain lorsque le joueur du MHSC a centré fort sur Edel… Mais mettre en évidence la nullité de l’arbitrage ne suffit pas, on doit se demander pourquoi Nenê a pris des risques en ne dégageant pas en touche dès qu’il en avait l’occasion au lieu de se mettre en danger et comment Giroud a pu être laissé seul au milieu de la surface.

Quasiment sur l’engagement après ce but le PSG a eu l’occasion de reprendre l’avantage mais Hoarau était déjà en train de redescendre de son saut lorsqu’il a coupé de la tête le centre de Giuly, Jourdren a facilement pu capter le ballon.

Hormis quelques exceptions, c’était pathétique, rien n’était assuré, ni les passes, ni les centres, ni même les contrôles les plus simples. La relance était désastreuse, la construction aurait été meilleure en alignant des ouvriers du BTP n’ayant encore jamais joué au football. Sakho a sauvé la baraque devant Giroud… juste avant de se faire encore manger par ce même adversaire sur un nouveau CF (des CPA, les Montpelliérains n’en ont pas manqué !).

A la 77e minute Kombouaré s’est enfin décidé à faire des changements, Bodmer et Bahebeck ont remplacé Clément (j’aurais sorti Maké) et Erding (sifflé). René Girard en a profité pour sortir Giroud. Ces remplacements n’ont rien apporté à part un peu plus de sûreté derrière. Bah oui, sans Giroud, la vie était plus facile. Nenê (un peu sifflé) est sorti quelques minutes plus tard, suppléé par Maurice…

Les 10 dernières minutes (15 avec le temps additionnel) ont été faites d’occasions gâchées d’avoir des occasions (la plus ridicule, un CF dans l’axe à 29m joué à 2 avec un décalage de Tiéné grotesque), de quelques mouvements corrects

On dirait qu’il y a une fatalité à voir le PSG s’effondrer. En fait oui, avec déjà 45 matchs joués à la mi-mars, avec des séries à répétition de 4 rencontres en 10 ou 11 jours, il fallait absolument du renfort au mercato, un joueur par ligne, tout le monde le savait. Pour gagner de l’argent il faut en investir, les dirigeants n’ont pas voulu le faire, ils vont en subir les conséquences, un énorme manque à gagner, ils auront beaucoup de mal à conserver les meilleurs éléments de l’effectif et à en attirer d’autres.

Le PSG est néanmoins passé tout près de la victoire dans le temps additionnel suite à une touche longue de Jallet et une série de tête, dont la dernière se Sakho. Jourdren a miraculeusement arrêté le ballon sur sa ligne… Le siège de la surface héraultaise n’a pas payé, il aurait fallu s’exciter plus tôt.

Blasé.

Notes

[1] Je tenais le même raisonnement concernant le LOSC : à l’aller/au début de la phase de poule tu joues à fond et tu avises ensuite. En l’occurrence j’aurais aimé joue un coup de poker au retour plutôt qu’à l’aller.

[2] Et pourquoi rentrer à 5h du matin au lieu de dormir sur place avant de rentrer dans la matinée ? N’est-il pas possible de rester sur place pour dormir et effectuer un décrassage avant de prendre l’avion ? Défaite après le déplacement à Tel Aviv, 0-0 contre Rennes après celui à Séville, défaite après celui à Dortmund, nul après celui des remplaçants à L’viv (même si peu de joueurs étaient concernés), quasi défaite après celui à Lisbonne, la seule exception est le match à Minsk, sans doute les bienfaits de la cryothérapie. A chaque fois, enchaîner retour juste après le match et rencontre de championnat en n’ayant eu que 2 jours de repos, ça plombe.

[3] C’est aussi arrivé lors cette saison lors d’ASSE-OM, ça avait conduit au but de l’OM, la "récupération du ballon" de M. Bré était beaucoup plus décisive sur cette action que sur celle du PSG.

[4] Pour rappel M. Buquet c’est, entre autres : OM-Rennes, une longue liste d’erreurs, entre autres l’oubli du rouge pour Mandanda en début de match ; Brest-Montpellier avec le coup de coude de Spahic sur Roux non sanctionné ; OL-Auxerre juste avant la trêve, l’OL s’était fait fourrer ; Agen-PSG, un laxisme scandaleux alors que les Parisiens se faisaient découper, Nice-Sochaux avec le rouge d’Anin alors que Clerc ne prenait que jaune mais également le but refusé à Sochaux alors qu’Ospina était seul responsable de son csc, il a aussi fait parler de lui lors d’OM-ASSE,… Il a un casier assez phénoménal !

[5] Quelle idée baroque des commentateurs de Canal+ d’insister sur la main de Sakho à la 45e alors qu’en dégageant de la tête le ballon a ripé et touché son bras, on ne peut pas imaginer main moins volontaire que ça !