En Ligue des Champions, à part Inter Milan-Schalke 04, je n’ai pas souvenir d’une rencontre réellement ébouriffante (grâce à des défenses en carton). On a vu pas mal de purges parfois égayées par une action d’éclat (genre but de Rooney à Chelsea), OM-MU étant une des pires, on s’est farci beaucoup de matchs moyens, dans l’ensemble le spectacle n’a pas répondu aux attentes. La première période d’Arsenal-Barça était bien, et encore, comme souvent cette saison l’affiche alléchante a laissé place à une rencontre très déséquilibrée, à une démonstration. Les espoirs de d’assister à de véritables chocs européens ont tous été déçus. Plusieurs équipes ont fait naître de grosses attentes, je pense au Chakhtior Donetsk, à Tottenham ou encore à Schalke 04, mais elles ont toutes explosé en vol, et de la bonne grosse explosion avec des bouts qui volent partout. Que de déceptions ! J’ai presque envie de classer le Real Madrid dans cette catégorie d’équipes dont on en vient à se demander si elles ont le niveau.

Normalement la LdC est la guerre des étoiles du football. A part sur le ballon, où sont les étoiles ? Au Barça, à MU, et c’est tout. Celles des autres clubs se sont toutes éteintes avant de pouvoir entrer en collision avec celles des 2 finalistes 2009. Quand vous voyez les prestations de Fernando Torres, Cristiano Ronaldo, ou encore de Fabregas lors des tours à élimination directe, vous avez envie de crier à l’escroquerie !

J’ai un peu l’impression d’avoir suivi une mauvaise édition d’un tournoi du Grand Chelem avec Nadal dans une partie de tableau, Federer dans l’autre, chacun se balade jusqu’en finale et là avec un peu de bol on voir un vrai match. Federer serait plutôt le Barça (plus technique et flamboyant) et Nadal Manchester United (plus physique, souvent assez chiant, limite bourrin, mais aussi capable de coups de génie, le tout couronné d’une efficacité diabolique).

Mardi, face à Schalke 04, Manchester United aurait pu mettre dans l’embarras le gars qui au stade de Gelsenkirchen s’occupe de l’écran géant sur lequel est inscrit le score. En général le nombre de buts de chaque équipe s’écrit avec un chiffre, à partir de 10 buts pour la même équipe le tableau d’affichage peut nous faire le coup du bug de l’an 2000 et planter. Sans un Manuel Neuer dans un grand jour, les joueurs du club local auraient sans doute été tentés de prendre la fuite en loucedé à la mi-temps. Ce jeune gardien allemand est très impressionnant… mais pas tout le temps. J’ai souvenir d’une prestation catastrophique en poule à Lyon cette saison, est-ce que je me trompe[1] ? Je l’ai vu pour la première fois il y a 3 ans contre le FC Porto, il avait été monstrueux dans un style peu académique avec supplément c*l bordé de nouilles…

Depuis, lorsque je l’ai vu, il a souvent été fantastique, les autres fois il passait du tout bon au tout mauvais. Contre MU, il était donc dans un grand soir, d’où le 0-0 assez improbable à la mi-temps. Il aura tenu un peu plus d’une heure avant d’en prendre 2 par Ryan Giggs puis Rooney en l’espace de 2 minutes (avec à chaque fois une super passe décisive, la première de Rooney, la seconde de Chicharito ).

Je ne saurais dire si les Red Devils ont impressionné grâce à la nullité de leurs adversaires où s’ils ont été la cause principale de l’image pathétique laissée par les Allemands dont la défense était la caricature de la défense Bundesliga[2]. Ce MU n’a rien à voir avec celui assez mauvais au retour et carrément grotesque à l’aller contre l’OM en 8e de finale. Mardi sa supériorité était évidente, sans doute était-il impossible de le battre, mais il n’était pas interdit de SE battre, or Schalke 04 n’a montré aucune combativité…

Manchester United est en finale , une victoire 0-2 à l’extérieur est une assurance tous risques. Le Barça a souscrit la même grâce à Leo Messi, futur triple Ballon d’or.

C’est triste. Mourinho a encore frappé. Depuis 3 ans il rencontre tous les ans le Barça en demi-finale de la Ligue des Champions.

Avec Chelsea il avait bénéficié d’un arbitrage ultra-favorable à l’aller à Barcelone (Ballack et Alex finissent le match sans qu’on sache trop comment et il y a au moins un péno évident sur Henry son sifflé par… M. Stark, et oui, l’arbitre de mercredi avait bais*r le Barça), et un très défavorable au retour du fameux M. Ovrebo (qui avait tout de même mis rouge direct à Abidal à la 66e alors que Chelsea menait 1-0). Iniesta avait égalisé presque par miracle au bout du temps additionnel et qualifié le Barça. Drogba nous avait fait le coup de la, je cite, «fucking disgrace[3]» et dans l’imaginaire collectif Chelsea s’est fait voler alors que non, chacun avait pâti et bénéficier tour à tour d’un arbitrage déplorable.

L’an dernier avec l’Inter Mourinho a éliminé le Barça en jouant l’anti-football à fond, le carton rouge au retour avait donné un alibi à son équipe pour bétonner comme on avait rarement vu une équipe bétonner. Il me semble[4] qu’au retour un but refusé par M. De Bleeckere qui aurait pu qualifier le Barça avait été refusé pour une main préalable de Yaya Touré, lequel avait pourtant contré du ventre (avec le bras collé à la poitrine) un dégagement milanais avant de réaliser la passe décisive. Cette décision très discutable faisait suite à toute une série d’autres événements générateurs de polémiques (dans l’ordre : Zlatan se fait arracher le maillot dans la surface sur un CF, au bout d’une demi-heure Thiago Motta prend son second jaune pour un raffut sur Busquets qui en rajouter énormément, il y a encore un ou deux accrochages dans la surface de l’Inter, Piqué marque un but magnifique d’attaquant à la limite du HJ, il est couvert par un joueur de l’autre côté de la surface, ce qui a fait dire à certains qu’il était HJ, un péno est encore oublié pour une faute sur Alvès, je crois que Muntari lui retient le bras). A l’aller que l’arbitre portugais, M. Benquerença (n’oublions pas ses assistants), avait été d’une grande aide pour Mourinho en ne sanctionnant pas les Intéristes comme ils le méritaient, en oubliant un péno sur évident sur Daniel Alves à la 83e minutes (plus fort, le Brésilien a pris jaune pour simulation… n’importe quoi !) et en accordant à Milito un but entaché d’un hors-jeu d’un bon mètre (celui du 3-1, donc celui qui a fait la différence pour la qualif). Est-ce que le désormais entraîneur du Real est fier d’avoir gagné une Ligue des Champions de cette façon ? Oui.

Il y a quelques mois le Real est allé prendre une bran-bran monumentale à Barcelone. Mourinho avait voulu défier cette équipe en jouant au football, il avait aligné une équipe de techniciens. Seulement la copie vaut rarement l’original[5], d’où la correction. J’avais soupçonné Mourinho d’avoir fait exprès de prendre cher dans le but de faire accepter sa tactique ultra-défensive aux journalistes et supporters en leur faisant comprendre que pour taper le Barça, la seule solution est la sienne, le béton.

Jouer les bourrins, si vous n’avez vraiment pas les moyens de faire autrement, admettons. Quand le Real Madrid, avec son histoire, son blé, ses joueurs presque tous titulaires dans les plus grandes sélections nationales, se la joue Fight Club, c’est désolant. On vient de s’enchainer le Clasico n°1, tout pourri mais à l’enjeu limité, le Clasico n°2 en finale de Coupe du roi, encore une fois de piètre qualité avec beaucoup de coups et cette fois une victoire du Real après prolongation (en mettant des coups, avec un Crisitano Ronaldo qui mange plein de fois la feuille en contre et finit par en planter un).

Depuis, on s’est farci une espère de guéguerre des mots, on a voulu nous faire croire que Mourinho avait gagné la bataille des conférences de presse, avait réussi à piéger Guardiola, l’avait attiré habilement sur son terrain. Et alors ? Le match a quand même débuté à 11 contre 11 avec un score de 0-0. Psychologiquement, à part à motiver encore un peu plus les joueurs du Barça, Mourinho n’est parvenu à rien. La pire erreur de Mourinho ? Peut-être d’avoir dévoilé ses intentions trop tôt en alertant les arbitres du monde entier sur sa volonté de casser au lieu de jouer. [Pepe|tag:Pepe] s’est forgé tout seul sa réputation[6], il a eu du bol de finir les 2 matchs précédents, il était passé entre les gouttes avec l’arbitrage espagnol, mais en Ligue des Champions on ne fait pas ce qu’on veut. Il se savait surveillé, il faut donc être très con pour aller contrer un dégagement semelle en avant à 70 mètres de son but. Alors certes, il touche le ballon, mais Alvès n'invente rien il a des raisons d’avoir mal (mettez un ballon au pied d'un mur et frappez dedans, vous allez voir que ça ne fait pas du bien). Qu’ensuite il y ait ou non un contact entre le pied et le tibia (ça se joue à 2 centimètres) ça ne change rien quant à la violence, la dangerosité et à la bêtise du geste. C'est dingue que de nos jours certains réclament une blessure pour qu'il y ait rouge sur ce genre de gestes. Il faut juger l'action sur l'action elle-même, pas forcément sur sa conséquence ! Si vous tirer sur quelqu'un avec un fusil mais que vous visez mal, c'est aussi punissable que si vous visez bien, vous avez tiré sur quelqu'un !

Mourinho est un grand meneur d’hommes, s’il avait été général pendant la première Guerre mondiale ses soldats seraient allés se faire massacrer avec le sourire, mais la Ligue des Champions, c’est du football, pas la guerre.

Le Barça était fortement diminué, les 3 arrières gauches étaient absents (Abidal, Adriano et Maxwell), mais aussi et surtout Iniesta, d’où les titularisations de Busquets en défense centrale, Puyol à gauche alors qu’il revient tout juste de blessure, Mascherano et Keita au milieu. S’il y avait un jour pour réussir un truc face au Barça, c’était bien celui-ci.

Les Madrilènes n’ont absolument pas cherché à jouer au football, ils mettaient des coups, les Barcelonais ont été les plus malins, ils ont décidé d’entrer dans le jeu de leurs adversaires en répondant aux coups… par des exagérations parfois assez ridicules (et en faisant eux aussi pas mal de fautes mais plus en finesse). Attention, ils n’ont pas fait semblant de prendre des boîtes ou d’avoir été cognés mais faisaient en sorte que l’arbitre ne passe pas à côté et soit tenté de sévir. On se serait cru dans une cour d’école avec les graines de délinquants qui se s’attaquent à plus faibles mais plus intelligents qu’eux. Même si les pions (les 4 arbitres assistants) ne captent rien, à un moment le directeur ou le proviseur sévit.

On a donc eu un match dégueulasse une nouvelle fois, les brutes contre les truqueurs (de temps en temps les brutes jouaient aussi les truqueurs, la plus belle simulation est celle de Di Maria, une véritable simulation car Alvès ne lui a absolument rien fait, on se demande à quoi sert l’arbitre derrière la ligne de but), c’était déplorable. Qui plus est on a eu droit aux incidents à la mi-temps avec exclusion du gardien remplaçant du Barça. Mea culpa à ce propos, j’ai été mauvaise langue, je pensais que les Madrilènes allaient envoyer du pâté pour casser Victor Valdès, ils ne l’ont pas fait (peut-être l’auraient-ils fait s’ils avaient pu s’approcher de lui^^).

Le Real a eu une occasion sur une frappe de loin à quelques secondes de la mi-temps. Quoi d’autre ? Pour résumer, 28 à 72% de possession du ballon. Quelle conséquence a eu le rouge de Pepe ? Le fait d’être à 10 n’a manifestement rien changé au jeu du Real hormis que ses Portugais ont définitivement disparu. Cristiano Ronaldo invisible, Pepe sous la douche, Mourinho dans la tribune (il s’est excité, dehors M. Mourinho… bon, il était à 30 centimètres de la pelouse), Carvalho absent[7]. Adebayor est passé tout près de l’exclusion lui aussi. Pour le football, heureusement qu’il y a Findus Messi ! Le meilleur joueur de l’Univers était relativement discret jusqu’au dernier quart d’heure, on l’avait tout de même vu à la passe sur la plus grosse occasion du match (un caviar pour Xavi Hernandez). Il a ensuite illuminé la rencontre. Pour faire l’appel et réussir à devancer les défenseurs à la réception d’un excellent centre d’Affelay (76e minute), entré pour suppléer Pedro, pas dans le coup, il faut avoir un sacré sens du but. A 0-1, c’était presque plié en ce qui concerne la qualification. A 0-2 (87e) après un nouveau slalom de 40 mètres seul contre tous du sauveteur de la soirée, l’affaire était définitivement entendue. Merci Messi : quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes…

Avec tous les échanges de coups et d’insultes entre les joueurs des 2 clubs depuis quelques temps, il va être très difficile pour Vincent Dubois[8] de recoller les morceaux. En attentant, l'image du football espagnol dans le monde a pris un sacré coup.

Bandeau Europa League L’Europa League aura une finale 100% portugaise – enfin… pas mal argentine, brésilienne, uruguayenne, colombienne, etc. – avec le FC Porto, vainqueur de Villarreal 5-1 avec un quadruplé de Falcao et un but de Freddy Guarín, l’ancien Stéphanois, soit 5 buts colombiens marqués en seconde période après l’ouverture du score espagnole juste avant la mi-temps. On se demande encore à quoi sert l’arbitrage à 5 puisque l’égalisation est intervenue sur penalty, péno obtenu pour une magnifique simulation de Falcao près du plot situé derrière la ligne de but. Hulk avait été averti en première période, déjà pour une simulation.

Il reste un peu de suspense dans l’autre demi-finale puisque le Benfica n’a battu Braga que 2-1. Tout reste possible… sur le papier.

Notes

[1] Je pose la question pour la forme, j’ai vérifié mes notes, il avait bien été nul.

[2] Réputée mal organisée, pas organisée en vérité puisque la révolution du jeu a été poussée à l’extrême, à savoir qu’en Allemagne on a tendance à ne plus vouloir qu’attaquer.

[3] Putain de honte.

[4] Là aussi j’ai tout vérifié en réalité.

[5] A part quand Arnaud Tsamère joue OdB.

[6] On se souvient de son agression la saison passée sur un joueur au sol.

[7] Suspendu me semble-t-il.

[8] Vicente del Bosque, le sélectionneur de la Roja.