La réduction de l’écart par Grégory Pujol – encore lui ! – est intervenue juste avant la mi-temps, elle a déstabilisé les Parisiens et a permis à leurs visiteurs de se remobiliser pour se montrer menaçant en seconde période. Sur cette action Cearà – très bon jusqu’alors – et Makélélé se font manger par la vivacité de Gaëtan Bong, lequel s’infiltre côté gauche et centre en retrait pour le meilleur joueur de VA. La puissante frappe de ce dernier à l’entrée de la surface bat logiquement Edel à qui certains allumés ne manqueront pas d’imputer la responsabilité du but. Seul Goaldorack aurait pu empêcher le ballon d’entrer (Pujol avait l’angle grand ouvert, il a visé à quelques centimètres du poteau).

Manque d’attention (ça part d’une simple touche), passivité… La défense a trop tendance à concéder à ses adversaires des occasions de buts évitables. Parfois, ça entre. A 1-0 au terme d’une des contre-attaques dont VA maîtrise bien l’art, Foued Kadir a frappé sur la barre, on est passé à quelque centimètres de l’égalisation (joli tir enroulé presque en lucarne). Il y a eu d’autres alertes, une au bout de 3 minutes, une à la 25e, pas mal de frappes contrées, en particulier par Sylvain Armand.

Il ne faut pas croire que gagner face à une équipe comme Valenciennes soit facile. Cette équipe est capable de bien jouer au foot, de construire posément si nécessaire même si elle préfère clairement contrer. Le club du président Decourrière pourrait encore embêter l’OM lors de la 37e journée après avoir très bien résisté au LOSC (nul et défaite à la dernière minute), à l’OL (nul et victoire) et après avoir déjà battu les Marseillais à l’aller. VA possède de joueurs de qualité dans le secteur offensif, à commencer par Pujol (15 buts cette saison sans un seul péno), mais aussi Danic ou encore Dossevi. Défensivement certains errements ont coûté cher, les Nordistes ont trop rarement su tenir des résultats positifs, souvent en concédant des égalisations évitables. Nicolas Penneteau a commis pas mal de boulettes, en particulier au cours des dernières minutes de certaines rencontres récentes, c’est pourquoi ce club joue le maintien au lieu de la 6e place[1].

En seconde période, on a senti les Parisiens douter, ils étaient beaucoup moins à l’aise. Les visiteurs ont tout de suite poussé, ont été plutôt bon, mais paradoxalement Valenciennes n’a pas été réellement dangereux après le repos. Les occasions nettes des hommes de Philippe Montanier ont toutes eu lieu lors des 45 premières minutes, néanmoins la menace d’une égalisation planait au-dessus du Parc des Princes où l’ambiance captée par les caméras et micros était affligeante. Plus ça allait, plus ça semblait silencieux, on n’entendait que quelques dizaines d’enfants tenter de chanter les plus connues des anciens chants parisiens avec leurs voix aigues. A mesure que le temps s’écoulait la tension devenait de plus en plus palpable, le jeu était de plus en plus physique, les erreurs techniques se multipliaient. Edel n’a été sollicité que sur des centres, il est toujours allé capter le ballon, il n’a eu aucun arrêt à effectuer car les autres centres ont tous été dégagés par Sakho, Hoarau (encore très présents sur les CPA défensifs) et les autres.

En réalité le PSG aura vraiment joué pendant 25 à 30 minutes après avoir eu besoin d’un peu de temps pour bien entrer dans la rencontre. Après cette petite demi-heure très constellée d’occasions franches et de 2 buts (9e, arrêt miracle de Penneteau sur une volée de Giuly légèrement déviée par Hoarau ; 10e, volée de Nenê à 18 mètres suite à un centre de Cearà mal dégagé dans l’axe, 1-0 ; 12e, volée un peu trop croisée de Giuly ; 21 et 22e, Giuly lancé côté droit hésite entre centrer et frapper, il obtient un corner, Nenê trouve Sakho qui saute très haut, sa tête est trop croisée mais Bodmer, oublié de l’autre côté de la surface à côté du premier poteau, en profite, 2-0 ; 27e, frappe de Chantôme à 20m dans l’axe trop croisée ; 29e, pourtant tiré par le maillot Sakho saute encore super haut sur un nouveau corner et trouve le petit filet à quelques centimètres de la lucarne), le PSG a confisqué le ballon en oubliant d’en faire quelque chose. Multiplier les passes pour déstabiliser le bloc adverse, OK, mais si à la fin on n’accélère pas, ça ne sert à rien hormis à installer un faux rythme. Or c’est au contraire en mettant le feu que le PSG est le plus efficace. Pendant cette phase d’assoupissement les seules accélérations ont été permises par des interceptions, pas en travaillant la défense de VA (Angoua aurait dû prendre minimum jaune pour une faute sur Nenê juste devant la surface alors que le Brésilien allait frapper, M. Cailleux n’a rien sifflé). Quand on s’endort, on ne s’applique plus, on ne fait plus attention, d’où des erreurs idiotes (souvent de Tiéné), un manque de réactivité… et on encaisse un but évitable.

La première période était globalement bonne, du jeu, un certain rythme, des buts, pas la seconde, beaucoup plus brouillonne. Valenciennes la débute mieux, les Parisiens commencent à douter, manquent cruellement de maîtrise, multiplient les mauvais choix en attaque. Giuly disparaît progressivement, ne tentant plus qu’un rush de temps en temps, Bodmer est de moins en moins en vue, Nenê n’est plus on fire mais seulement tiède, si Chantôme est énorme dans son travail de récupération et de sortie du ballon il a tendance à louper des passes, les CPA ne sont plus très bien tirés, le soutien fait de plus en plus souvent défaut au porteur du ballon… Difficile. Presque inquiétant. Hoarau se démenait toujours seul en pointe. On l’a vu tenter un bel enchaînement contrôle poitrine-volée (51e), mettre la tête sur corner (plusieurs fois), il s’est beaucoup battu sur les ballons aériens, souvent en vain (régulièrement victime d’accrochages non sanctionnés dans la surface). Pendant longtemps la meilleure occasion a été… une erreur de Penneteau à la lutte avec Bodmer à 2 mètres de la ligne, il a laissé échapper le ballon et a failli se la mettre au fond (66e).

Les entrées de Jérémy Clément et Jean-Christophe Bahebeck aux places de Bodmer et Giuly n’ont pas été terribles. Le premier nommé était là pour blinder, contribuer à reprendre le dessus au milieu, il n’a pas énormément apporté. Le second a eu du mal, à 18 ans moins 1 jour on ne peut pas trop lui en demander, côté droit rien ne lui réussissait, il a ensuite eu une grosse occasion à la 85e en passant sur l’autre aile. Lancé dans la profondeur il aurait dû aller au duel avec Penneteau mais a hésité à jouer le coup seul (ce qu’il avait fait à Angers, oubliant Nenê et Erding) ou à chercher Hoarau dans l’axe. Cette hésitation typique d’un joueur en plein apprentissage a permis le retour d’un défenseur. Il s’est en quelque sorte rattrapé 2 minutes plus tard en étant impliqué sur le 3e but. L’action, mieux vaut la regarder, elle est compliquée à raconter, c’était un peu le bord*l jusqu’à la frappe trop croisée de Nenê coupée par le tacle de Sakho. 3-1, gros soulagement, grosse joie.

Saaaammmmmmyyy a fait probablement sa dernière apparition au Parc en match officiel avec le PSG en entrant juste avant la fin. Une dernière petite occasion d’Hoarau sur centre de Bahebeck et coup de sifflet final.

Pour sa 100e à la tête du PSG (hors matchs amicaux bien entendu), Antoine Kombouaré s’est vu offrir par ses joueurs un joli cadeau, une victoire contre son ancien club. Il se satisfera surtout de ces 3 points extrêmement importants. Le PSG recolle à la 3e place, il est 4e à égalité avec l’OL à 5 matchs de la fin, seulement devancé à la différence de buts (+16 contre +22, c’est rattrapable ; l’écart aurait même pu être fortement réduit si les Parisiens avaient enfoncé VA et sans un Lloris énorme évitant la valise à l’OL). Le point pris à Brest était donc un bon point. J’ai été très pessimiste après PSG-Lorient car je ne pouvais pas soupçonner que l’OL allait exploser en vol. Compte tenu de la tournure des événements je commence à vraiment y croire, même si le calendrier n’est pas super facile.

Le calendrier, c’est une chose, mais à la limite, on s’en fout. Lors du sprint final, le plus important est la dynamique du moment, il faut être bien physiquement[2] et mentalement, avoir des certitudes, être en confiance, et pouvoir s’appuyer sur des points forts.

On en parle très rarement, mais la très grosse différence entre le PSG de la saison passée et celui actuel, on la trouve au niveau des coups de pied arrêtés offensif. L’an dernier sur l’ensemble de la saison si 4 buts avaient ont été marqués sur CPA (hors pénos), c’est le bout du monde. Samedi, les Parisiens ont marqué sur corner et ont posé énormément de problèmes à leurs adversaires sur ces phases de jeu. Depuis le mois d’août on doit en être à facilement 15 à 20, probablement beaucoup plus, j’ai arrêté de compter. Excepté peut-être le Barça, je ne connais pas une équipe qui ait de bons résultats sans être efficace dans ce domaine. Avoir un tireur en la personne de Nenê aide beaucoup, après le départ de Rothen c’était un gros problème, le PSG n’en avait plus. Si on a un tireur et personne pour en profiter. Là aussi il y a du mieux : Hoarau est toujours très utile dans ce domaine, la nouveauté vient des défenseurs centraux enfin utiles devant le but adverse après des années de disette (Sakho, Camara et Armand ont tous inscrit plusieurs buts cette saison, 4 pour Sakho), l’arrivée de Bodmer a aussi fait du bien. Plus étrangement Giuly en a mis 2 sur corner, Nenê et Bahebeck aussi ont planté avec des combinaisons ou directement… J’oublie Luyindula (1 ? 2 ? je ne sais plus).

Autre clé du succès, avoir un joueur hors normes. Si Nenê se remet à marquer quand il tente des volées improbables, tremblez ! Paris ne craint rien avec un grand Nenê (surtout en première période, en seconde avant sa passe décisive involontaire il était redevenu humain), un Sakho fantastique des 2 côtés du terrain (de loin homme du match), un Bodmer en grande forme (3e but en 3 matchs), un Chantôme omniprésent et un Hoarau si précieux dans tout ce qu’il fait.

Pour finir sur le podium, un parcours parfait ne sera sans doute pas nécessaire. Seule certitude, il faudra gagner à Monaco samedi. La tâche sera difficile car le PSG a toujours du mal à Louis II. Je compte sur Nenê et Giuly…

A votre avis quel serait le meilleur résultat possible pour OL-OM dimanche prochain ?

Dans l’état actuel de l’OL avec blessures, suspensions, méformes je n’envisage pas une victoire à domicile, bien que l’OM aussi souffre de plusieurs absences. En réalité, si le PSG gagne, n’importe quel résultat serait bon :
-en cas de victoire de l’OM, le PSG passe devant l’OL et a son destin entre ses mains avec un demi-joker, mais l’OM reste en course pour le titre ;
-en cas de victoire de l’OL, le PSG ne double pas l’OL mais revient à 3 points de l’OM avec une différence de buts très proche, dans ce cas remonter à la 2e place deviendrait envisageable[3] (mieux vaut être à 3 pour 2 place qu’à 2 pour une place) ;
-en cas de nul le PSG doublerait l’OL sans joker et l’OM resterait en course pour le titre.

Il faut gagner à Monaco, on pensera ensuite au reste. Pour l’emporter à l’extérieur une prestation poussive que face à Valenciennes risque de ne pas suffire, on l’a vu à Brest. Monaco va blinder et contrer, c’est toujours difficile si on n’ouvre pas le score assez vite.

Défensivement, il faut changer quelque chose. Tiéné, je n’en peux plus ! Samedi, il a multiplié les fautes, il s’en est sorti sans carton, c’est un miracle, il l’aurait mérité 3 fois. Pitié ! Armand à gauche !!!! L’Ivoirien n’a été averti qu’oralement, vous noterez l’incohérence de la chose, car M. Cailleux s’est montré beaucoup plus sévère avec Chantôme, qui a pris un jaune pour un léger coup de pied dans le ballon après avoir été provoqué et bousculé (donc pour un pseudo geste d’antijeu, l’agresseur a réussi son coup). Il est maintenant sous la menace d’un 3e carton en moins de 10 matchs, il risque ainsi de manquer Bordeaux-PSG ou ASSE-PSG, un désastre potentiel. Pour un tacle dans la surface adverse Hoarau aussi en a pris un (une minute après son coéquipier).

Privé de Jallet, suspendu, Kombouaré avait aligné une équipe ultra-classique avec deux remplacements poste pour poste par rapport au onze habituel. Cearà n’a pas réussi sa meilleure prestation défensive, néanmoins il a compensé par une grosse présence à l’autre bout du terrain. On l’a souvent vu apporter le danger par ses centres et obtenant pas mal de CPA. Il a un autre avantage, il transforme toutes les touches en CPA, il peut facilement envoyer le ballon jusqu’au point de penalty. Jallet devant Cearà, Giuly joker, pour moi, c’est l’évidence, je pense que ce sera le cas contre Nancy (afin de préserver Giuly pour la finale).

L’autre changement, lui aussi forcé, a été la titularisation d’Edel. Très intelligemment, le public formidable de Leproux a décidé de le siffler à l’échauffement puis pendant la rencontre, rien de tel pour le mettre en confiance… Pas étonnant dans ces conditions de le voir un peu fébrile en début de match, surtout que son entraîneur et ses dirigeants lui ont fait un sale coup en décidant de reporter la signature de sa prolongation de contrat (même chose pour Giuly), ceci seulement quelques heures avant le rendez-vous prévu pour la parapher… Après sa petite erreur au quart d’heure de jeu, un plongeon pour détourner une frappe de loin de Sanchez… non cadrée (le corner n’a eu aucune conséquence), le Camerounais s’est bien repris, plongeant cette fois pour boxer un centre de Bong que Pujol aurait très certainement transformé en but. Par la suite, il a été irréprochable, intervenant sur les centres valenciennois dès que nécessaire, si bien que pendant la dernière demi-heure ses interventions étaient à nouveau applaudies. Conclusion : ce public n’est pas malin et est versatile.

Par contre dans le public il y a un truc bien… pour le réalisateur de la télé. Il n’a pas arrêté de faire des plans sur des supportrices parisiennes…

Notes

[1] Lors de ses 5 derniers matchs Valenciennes a mené, 4 fois ça n’est terminé avec un nul, ont un 2-2 face à Bordeaux en ayant mené 2-0 et concédé un dernier but particulièrement grotesque, une boulette monstrueuse du gardien, tout aussi coupable sur le CF de Vahirua à la 93e face à Nancy.

[2] La fatigue est là, pour le moment elle n’est pas insurmontable, ceci dit Bordeaux-PSG est presque perdu d’avance, un nul serait presque un miracle.

[3] Sachant que l’OM devra ensuite bientôt se déplacer à Lorient.