Si Kombouaré pouvait faire jouer le Réunionnais mais a délibérément refusé à le lancer sur le terrain, c’est une erreur. Pourquoi ne pas plutôt l’économiser face à Nancy mardi à quelques jours de la finale de la Coupe de France ? Le PSG enchaîne 5 matchs en 15 jours entre ce Monaco-PSG et le PSG-Lille de la 37e journée avec entre-temps la réception des Lorrains, la finale au SdF et un déplacement à Bordeaux, un endroit où le PSG se casse au moins aussi souvent les dents que sur le Rocher. La principale raison pour laquelle Hoarau devait être titulaire est… défensive. Monaco marque la moitié de ses buts sur CPA, n’est dangereux pratiquement que dans ce domaine, or au PSG sur ces phases de jeu le n°9 s’avère être l’élément le plus utile, il dégage un nombre phénoménal de CF et corners défensifs.

Comme par hasard c’est sur un long CF – un des rares tirés correctement par Haruna – qu’Adriano a ouvert le score d’une tête au point de penalty. Camara s’est fait manger, en même temps quand on défend mal en reculant il est difficile de prendre le dessus sur un joueur qui attaque le ballon en se dirigeant vers le but. En dehors du but, Monaco n’a eu qu’une véritable occasion, une frappe de très loin d’Haruna à la 21e minute repoussée dans l’axe par Coupet. J’ai beau chercher, dans mes notes pourtant assez longues, je ne trouve trace que 2 frappes de Georgie Welcome, une contrée par Sylvain Armand et une un tir absolument pas cadré du Hondurien pour conclure la seule action collective monégasque du match à la 62e.

Le reste du temps c’était simple, on balance devant vers Welcome en général dos au but, 3 fois sur 4 Welcome tombe, demande une faute… et M. Gautier lui donne souvent raison, même quand il n’y a rien. Heureusement, il ne l’a pas fait les fois où l’attaquant recruté cet hiver a plongé dans la surface. On va y revenir.

Pour être honnête, Monaco a un peu essayé d’attaquer en début de match sans être super dangereux, mais l’ouverture du score à la 25e minute a marqué un tournant. A partir de ce moment l’ASM s’est progressivement transformée en mur de la Méditerranée. Plus le temps passait, moins les joueurs de Laurent Banide jouaient les contres à fond. Pendant une période ils partaient à 3, puis seulement à 2, et en fin de rencontre hormis Welcome, aucun ne sortait plus de son camp, on les voyait régulièrement à 9 bourrins dans la surface et 1 bourrin devant… Le coaching est parlant : Mangani remplace Moukandjo à la 57e, Lolo va s’asseoir sur le banc à la 81e, Gosso finit le match, tout comme Mongongu, à 5 ou 6 minutes de la fin il fallait sortir Haruna, trop technique.^^

Avec cette tactique, nonobstant le changement d’entraîneur en cours de saison résultant en un renforcement du blindage, nonobstant les absences (Park manquait, Maazou est blessé depuis son arrivée n’a été pris que pour sprinter), on comprend mieux pourquoi Monaco n’a jamais perdu à domicile cette saison après avoir ouvert le score. On comprend mieux pourquoi Lille a perdu et pourquoi Gervinho a pété un plomb là-bas. Le PSG, lui, n’a jamais gagné à l’extérieur en encaissé le premier but du match. Ça ne sentait vraiment pas bon…

En première période, les Parisiens ont parfois déjoué face à ce mur dans lequel il était difficile de trouver des ouvertures, de temps en temps ils cédaient à la tentation de balancer devant, bien sûr, ça ne fonctionnait pas. En jouant au foot, ça passait beaucoup mieux, que ce soit dans l’axe ou sur les côtés. Le problème était alors de se trouver dans la zone dangereuse en évitant l’interception par un des multiples défenseurs monégasques. La mobilité et l’activité d’Erding, pas avare d’efforts dans ses appels, notamment sur les côtés, avaient parfois pour conséquence un certain manque de poids dans la surface.

Les combinaisons en une ou deux touches ont provoqué pas mal de situations intéressantes, dont 3 grosses occasions. Bodmer avait frappé le premier, Erding manqué une tête sur corner en s’étant élevé plus haut que tout le monde, les centres et enchaînements rapides mettaient en difficulté la défense monégasque. C’est ainsi qu’un CF vite joué a obligé Sébastien Chabbert à effectuer sa première parade de la rencontre (19e). Sur cette action Nenê décale Erding côté gauche, ce dernier centre au sol pour Nenê, parti au premier poteau, mais la déviation de Puygrenier transforme ce centre en tir dangereux. Le gardien a pu prendre confiance en repoussant le ballon en corner avec un arrêt de handballeur, ce qui l’a mis en confiance… Je l’écrivais la semaine dernière, l’absence de Ruffier, blessé à Saint-Etienne, n’était pas forcément une bonne affaire pour le PSG, car l’habituel titulaire à l’ASM commet pas mal d’erreurs ces derniers mois. On ne peut pas savoir comment la rencontre aurait tourné avec le Bayonnais chauve, on sait juste que son remplaçant a sorti le match de sa vie. A la 23e, c’est-à-dire peu avant l’ouverture du score, il a sorti une puissante volée haute d’Erding qui presque sans angle avait réussi à viser la lucarne. Bodmer, auteur de la passe au-dessus de la défense ayant permis à son coéquipier lancé à la limite du HJ d’aller au duel face au gardien, a encore été l’auteur d’une passe presque décisive à la 29e, mais encore une fois Chabbert est intervenu pour claquer le ballon in extremis. L’action était magnifique : Cearà centre pour Erding qui remet de la tête vers Bodmer, petite passe pour Chantôme qui contrôle un peu derrière lui et malgré le retour d’un défenseur parvient à mettre un pointu sous la barre…

Après ça, toujours des centres, des CPA, quelques petites occasions (tête de Jallet non cadrée, tir d’Erding contré par Hansson, etc.), et déjà pas mal de frustration provoquée par l’attitude truqueuse des monégasques. Et vas-y que j’te simule un coup de coude et 5 côtes cassées alors que je viens moi-même de mettre les coups (Moukandjo à la 38e juste devant l’arbitre assistant qui heureusement ne s’est pas laissé avoir)… Et vas-y que je tombe avec emphase au moindre contact (Moukandjo et Welcome sont des spécialistes)… Et vas-y que j’tape dans la ballon après avoir concédé un CF afin de casser le rythme et d’empêcher de jouer vite… Je comprends vraiment pourquoi les Lillois ont déraillé à Louis II il y a quelques semaines.

M. Gautier, qui avait plombé le PSG à Nancy en sortant un rouge injuste contre Mamadou Sakho, a beaucoup sifflé à l’envers lors de cette rencontre. Expliquez-moi comment une équipe qui passe son temps à défendre et joue super physique peut être moins sanctionnée que ses adversaires. Un bon tiers des fautes parisiennes n’existaient pas. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à déceler de la cohérence chez cet arbitre. Après une première action de Nenê trouvant Bodmer à la 47e (tir au-dessus), le Brésilien, assez peu en vue durant cette rencontre, a fait un numéro côté gauche et centré en retrait. La puissante reprise de volée d’Erding a été déviée dans la surface non pas par un, mais par 2 bras monégasques. Le contre du bras d’Hansson, décollé du corps, ne pouvait échapper à l’arbitre. Alors je veux bien qu’on me dise «mais c’était involontaire»… J’ai une double réponse à ça :
-il n’a rien fait pour ranger son bras,
-la semaine dernière M. Gautier a offert un penalty à Nancy car un Sochalien avait contré un centre avec le coude à l’angle de la surface, et pourtant son bras était collé devant son ventre, il n’y avait absolument pas faute.

Je voudrais comprendre comment en une semaine M. Gautier peut avoir totalement changé sa façon d’apprécier ce genre de situation. En l’occurrence sans ce contre du membre supérieur, le ballon finissait certainement au fond…

Heureusement, une grosse minute plus tard Erding a égalisé d’une nouvelle volée – il a dû beaucoup les travailler à l’entraînement – parfaitement réalisé en profitant d’un mauvais dégagement de la défense monégasque (bon travail côté gauche de Chantôme et Bodmer, centre de ce dernier, Jallet à la lutte pour prendre le ballon, Muratori repousse sur l’attaquant parisien). Oublié par les défenseurs à 15m du but, plein axe, le Turc a réussi le geste juste, se couchant bien pour ne pas mettre une mine au-dessus ou à côté. A vrai dire, lors de cette rencontre, il a presque réussi le geste juste. Il n’a marqué qu’une fois en ayant eu beaucoup d’occasions, certains diront qu’il a manqué de réalisme, ce qui pour une fois n’est pas vrai.

Croquer, il l’a beaucoup fait la saison dernière, il l’a fait encore 3 fois plus ces derniers mois. Samedi, difficile de faire beaucoup mieux, il est tombé sur un gardien en chaleur. Ce n’est pas comme s’il lui avait tiré dessus avec pourtant le but ouvert. A part la tête sur corner en début de rencontre, aucune de ses opportunités de marquer n’a été gâchée. La volée en première période était très difficile, celle qui aurait pu donner lieu à un péno n’était pas évidente, celle du but pas plus simple à réaliser.

Il a encore eu 2 grosses occasions, une à la 68e grâce à une magnifique déviation de Bodmer au-dessus de la défense. Se présentant encore une fois face au gardien avec peu d’angle, le dernier rempart du mur de la Méditerranée qui sort sur lui et surtout un ballon qui rebondit très haut, l’ancien Sochalien a réussi à sauter à l’angle de la surface de but pour frapper. Chabbert a pu repousser de la cuisse sur Puygrenier, ça aurait pu finir en csc, le défenseur chauve a sauvé le coup à temps après avoir percuté son gardien. A la 72e minute la tête du Turc au premier poteau suite à une très bonne action offensive de Tiéné (centre après une-deux avec Nenê et débordement) lui aurait permis d’offrir la victoire au PSG sans une nouvelle claquette improbable de Chabbert. Pour être précis il a détourné le ballon sur sa barre transversale.

Kombouaré a choisi de faire sortir Bodmer, pourtant excellent, afin de lancer Giuly contre son ancien club. Ça n’a pas fonctionné. Le grand meneur de jeu était mécontent de ne pas disputer les 20 dernières minutes. Il a multiplié les passes magnifiques, a été à l’origine de la plupart des occasions… Sans lui, il est devenu très difficile d’ouvrir des brèches dans le mur monégasque. Les très nombreuses tentatives d’envoyer le ballon dans la boîte (centres et CPA) n’ont servi à rien, souvent les locaux ont dû se dégager à l’arrache, les rares fois où ils n’y sont pas parvenus les coups de tête de Camara ou encore Kebano (il a remplacé Cearà à la 81e) n’ont pas fait mouche.

Ces 90 minutes ont été particulièrement frustrantes. L’attaque-défense permanente, les adversaires truqueurs (Lolo a fini par prendre un jaune pour avoir voulu gagner du temps, d’autres comme Haruna auraient dû être sanctionnés de la même façon, surtout quand on voit la raison pour laquelle Bodmer y a eu droit), le gardien qui sort presque tout, l’arbitre qui siffle pour un oui ou pour un non mais ne donne penalty ni sur la double main, ni lorsque Chantôme est écarté du bras et non de l’épaule par un adversaire ne jouant pas du tout le ballon alors que le Parisien débordait dans la surface (77e)… mais surtout un simple match nul au lieu de 3 points pourtant largement mérités. C’est d’autant plus frustrant qu’à l’aller aussi le PSG méritait de battre Monaco, concédant un nul assez injuste (l’arbitre n’avait déjà pas aidé).

Avec le résultat d’OL-OM (victoire de l’OL miraculeuse à plus d’un titre), le PSG est en ballottage défavorable par rapport aux Lyonnais en ce qui concerne la lutte pour la 3e place. Si sur ses 4 matchs l’OL ne concède pas au moins une défaite ou 2 nuls, ou encore à moins d’un effondrement marseillais (5 points et +4 de différence de buts à reprendre en 4 journées, avec le calendrier de l’OM et celui du PSG, c’est presque inenvisageable), le PSG ne pourra pas monter sur le podium.

Et pourtant, je continue à y croire pour une raison très simple : Lisandro Lopez s’est blessé. Avec 3 déplacements en 4 matchs dans des endroits chiants (Auxerre, qui bétonne et ne perd plus ; Brest n’a perdu à domicile que 2 fois, contre Caen en janvier sans Roux et contre Lille mais en méritant de l’emporter ; Monaco… on a vu ce que ça donne) – on connaît les difficultés lyonnaises à l’extérieur – et la réception de Caen, capable de marquer des buts à n’importe qui, l’OL peut tout à fait perdre des points.

Si le PSG met la pression en gagnant assez largement mardi face à Nancy, privé de plusieurs joueurs importants (André Luiz, Chrétien, Vahirua), l’OL qui a fini cramé son match contre l’OM, peut dérailler. J’ajoute que si le LOSC est assuré du titre 3 jours avant d’aller au Parc en championnat, ça devrait être beaucoup moins difficile.

Si le résultat n’est pas bon par rapport au contenu, on peut tirer beaucoup de bon de ce match.
-Malgré la réaction de Bodmer, déçu de sortir, on a pu voir que le groupe est très solidaire, ça s’observe par exemple sur les buts. En l’occurrence tout le monde s’est précipité pour féliciter Erding d’une façon qui ne trompe pas.
-Comme à Brest le PSG a réussi à égaliser après avoir été mené à l’extérieur, la capacité de réaction est encourageante, dans la même situation beaucoup d’équipes auraient plongé.
-La qualité de jeu est là, elle est de retour depuis quelques semaines après une grosse période creuse due à la fatigue.
-Les joueurs importants sont pour la plupart en forme en ce moment. Bodmer a été génial, Chantôme encore extrêmement impressionnant, Nenê et Erding viennent chacun leur tour de marquer à nouveau après des mois de disette. Tiéné n'entre pas dans cette liste, il est vraiment tout sauf rassurant défensivement. On peut ajouter qu’Hoarau, s’il n’a pas joué ce week-end, reste sur de très belles prestations et que Jean-Christophe Bahebeck a réussi une excellente prestation en CFA dimanche.


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En fait Jean-Christophe Bahebeck a été monstrueux… Regardez ça… Monumental !


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Il faut absolument gagner mardi, la finale de la Coupe de France sera un match à part, espérons éviter la prolongation… et conserver ce trophée pour éviter le coup au moral avant d’aller à Bordeaux (sans Makélélé, suspendu).


Douchez au PSG, très bonne nouvelle. Entre Ospina, Ruffier et Douchez, je préfère le 3e. Pourquoi ? Le niveau n’est pas foncièrement différent, les 3 sont capables de sortir des matchs de dingues comme de faire des boulettes, on ne sait absolument pas ce que ces 3 gardiens peuvent donner dans un grand club avec de la pression, mais Douchez a 4 avantages par rapport aux autres :
-il est libre, donc ne coûte qu’une prime à la signature et un salaire, les 2 autres auraient coûté énormément d’argent, au moins 5 ou 6 millions ;
-il a 31 ans, pas mal d’expérience (dans plusieurs clubs, contrairement à Landreau, sorti du cocon familial nantais pour découvrir la vie parisienne), a connu des périodes pas faciles, ça devrait pouvoir l’aider à gérer la situation lorsque ça se passera moins bien, et sera de toute façon meilleur que Coupet ;
-je peux me tromper mais Ospina me semble avoir un tempérament assez effacé, Ruffier étant quant à lui un gueulard prompt à péter un câble (je pense sincèrement qu’au PSG il aurait vite pété un plomb), contrairement à Douchez, beaucoup plus posé, calme, un gardien qui sait parler à ses coéquipiers, dans un vestiaire c’est précieux, sur un terrain aussi ;
-c’est un vrai parisien, un vrai supporter du PSG, il va s’impliquer et pas venir juste pour se montrer. Rennes lui proposait un meilleur contrat.
En outre, si on espère qu’Alphonse Aréola devienne le n°1 d’ici 3 ou 4 ans, entre les 3 Douchez est le plus à même de l’aider à progresser avant de lui laisser sa place.