Bien sûr, au classement de la D1 féminine l’OL est devant, mais comment pourrait-il en être autrement ? En 22 journées les Lyonnaises, qui ont gagné la Ligue des Champions jeudi (2-0 contre Potsdam sur le terrain de Fulham), ont gagné 22 fois avec 106 buts marqués pour seulement 6 encaissés. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. La Ligue des champions, c’est bien, même si là encore le budget rend presque normal ce succès, le titre en D1 ne peut pas échapper à la seule équipe pro du championnat. Je considère donc l’OL champion de France de football féminin professionnel dans un championnat à 1. Paris a remporté l’autre championnat, celui à 11 avec 3 équipes qui descendent (Le Mans FC, dont ce n’est vraiment pas l’année, et Toulouse, qui pendant une longue période a dominé la D1 avant la prise de pouvoir de Montpellier puis Lyon, sont dans la charrette).

Le PSG, malgré un gros coup de mou il y a quelques semaines (défaite 3-0 à Lyon alors que quelques jours plus tôt l’armada rhodanienne ne l’avait emporté que 1-2 au Camp des Loges dans des conditions assez particulières, le gros accident, la défaite à domicile face à Hénin-Beaumont, l’élimination prématurée en Challenge de France[1], le tout en peu de temps), a réussi à s’accrocher et à revenir dans la course pour s’offrir une finale pour la 2e place contre Montpellier lors de la dernière journée. Décrocher cette qualification européenne semblait être devenu presque impossible, heureusement, il y a eu renversement de situation depuis avec notamment la victoire du PSG contre Juvisy 3-1 doublé de celui de l’OL à Montpellier alors qu’une semaine plus tôt Juvisy avait battu les concurrentes des Parisiennes.

Montpellier avait montré des signes de faiblesse en concédant un nul à Yzeure. De plus, la semaine dernière le club de Loulou Nicollin est encore passé à côté de sa finale de coupe un an après avoir été fessé par le PSG, qui s’était offert son premier trophée à cette occasion. L’ASSE, pourtant 2 crans au-dessous des Héraultaises (5e en D1 avec 15 points de moins que le MHSC), a réussi à s’octroyer à son tour ce titre (0-0, décision aux tirs au but). Les Montpelliéraines ne semblaient pas au mieux, elles avaient néanmoins les cartes en main pour conserver leur place européenne, étant à égalité de points (70) avec l’avantage de la différence de buts particulière (victoire 3-1 lors de la première journée), elles pouvaient parfaitement se contenter d’un match nul.

Le PSG devait remporter ses 7 derniers matchs pour accrocher ce quasi-titre de vice-champion. Les filles l’ont fait, pas toujours dans la facilité car comme chez les hommes il y a eu un problème de réalisme offensif (que 43 buts, 62 la saison passée, il s’agit toutefois du 2e meilleur total en 10 saison de D1). L'exemple parfait est la réception du Mans avec une victoire arrachée (au passage, appréciez l'analyse de Laure Boulleau concernant PSG-MHSC, elle avait parfaitement senti comment ça allait se passer, un match fermé).

Par rapport à la saison précédente les Parisiennes ont encaissé le double de buts (16 contre 8), ont concédé le double de défaites (4 contre 2), mais ont obtenu autant de points en n’ayant pu profiter de la présence de 2 des meilleures joueuses françaises (Abily et Bompastor), retournée à l’OL. De toute façon une seule chose comptait cette saison, améliorer le classement (3e en 2009-2010). Souvent portées par Elise Bussaglia, qui mérite totalement son titre de meilleure joueuse de D1, profitant de la qualité de Bérangère Sapowicz, gardien titulaire de l’équipe de France, le PSG a su s’arracher pour finir 2e. La dernière rencontre de la saison en est l’illustration.

Il aura fallu attendre la 88e minute pour qu’un penalty transformée par Sabrina Delannoy[2], arrivée au club en 2005 à la sortie de Clairefontaine – j’en profite pour dire que si la formation à l’INF Clairefontaine mérite d’être critiquée pour ce qu’elle produit chez les garçons, le travail effectué chez les filles est remarquable – dont elle est devenue capitaine (il me semble en outre qu’elle est employée du club) ne donne la victoire au Parisiennes. Montpellier a eu sa chance, Bérangère et Laure Lepailleur (sauvetage sur la ligne) ont fait échec à toutes les tentatives adverses, le PSG a ensuite poussé en seconde période, je commençais à être inquiet en suivant le live texte sur psg.fr, ce péno a permis de récompenser les efforts consentis depuis 2 ans pour la section féminine. Espérons que les Qataris arrivent vraiment et qu’il y ait plus d’argent pour qu’un jour le PSG devienne le premier club à remporter 2 coupes d’Europe la même année… Oh ! Ça va ! On a le droit de rêver ! Commençons déjà par organiser de nouveaux matchs au Parc des Princes pour qu’un maximum de monde puisse venir les encourager.

Bravo à toutes les filles qui ont participé activement à cette champagne : Bérangère Sapowicz, Marie-Océane Bayol, Laure Boulleau, Nonna Debonne, Sabrina Delannoy, Laure Lepailleur, Julie Soyer, Zohra Ayachi, Elise Bussaglia, Nora Coton-Pelagie, Jessica Houara, Léa Le Garrec, Charlotte Lozé, Caroline Pizzala, Candice Prévost, Coralie Reguengo, Katia, Léa Rubio, Aurélie Conforti, Ella Kaabachi et Cindy Thomas, sans oublier Camille Vaz, l’entraîneur.

Maintenant l’objectif pour une partie de l’effectif (7 Parisiennes sont encore concernées, 5 devraient être appelées dans la liste définitive, Bérangère, Laure et Laure, Elise et Caroline, alors que Léa et Sabrina sont dans la pré-liste de 30) est de figurer dans la liste de Bruno Bini pour disputer la Coupe du monde. On a vraiment une très bonne équipe, on peut ambitionner de se qualifier pour le tournoi olympique, il faudra être une des 2 meilleures équipes européennes[3] lors de cette Coupe du monde… sachant que l’Allemagne sera championne du monde chez elle. La tâche sera difficile, mais en pratique il ne faut juste faire mieux que la Suède et la Norvège… On a un premier tour très difficile (Allemagne, Nigeria, Canada) contrairement à la Norvège, si on le passe on peut avoir un France-Angleterre[4] ou France-Japon en quart, puis la Suède ou la Norvège (ou les Etats-Unis, voir le Brésil) en demi-finale…

Oui, en écrivant ça je pense la même chose que vous en lisant : commençons par passer le premier tour ! Allez les Bleues !

Notes

[1] Coupe de France de football féminin à partir de 2011-2012.

[2] Sur la bannière du blog entre Hoarau puis Harinordoquy et Lamy-Chappuis puis Gelabale.

[3] Le tournoi féminin est disputé entre 12 équipes, le masculin à 16.

[4] La Grande-Bretagne est qualifiée d’office pour les JO en tant qu’organisatrice.