• Roger Federer (tds 3)-Stanislas Wawrinka (tds 14) : le maître et l’élève.

Un grand classique ce Federer-Wawrinka, on y a droit assez souvent, RG l’an dernier, Stockholm en octobre 2010, Open d’Australie et Indian Wells cette saison, j’en oublie sans doute. A vrai dire ce duel helvèto-suisse ne me passionnait pas.

Pendant 2 sets le champion olympique de double a déroulé face au… champion olympique de double (56 minutes pour 6-3, 6-2). Wawrinka s’est ensuite rebellé, il a fait le break… mais ne l’a pas tenu longtemps. A 5-5 Federer en a remis une petite couche pour empocher le jeu de service de son ami, il a fini sur un ace (7-5 en 50 minutes) pour figurer pour la 28e fois consécutive en ¼ de finale en Grand Chelem… Bien entendu, c’est un nouveau record. Attention… L’ex-patron du circuit avance masqué, depuis le début du tournoi il se balade, j’ai du mal à l’imaginer capable de battre Djokovic, mais méfiance…

  • Fabio Fognini-Albert Montanes : la victoire en marchant.

Typiquement, c’est le match en bois entre latins spécialistes de la terre battue, on attend que ça se termine pour voir l’affiche suivante, en l’occurrence Monfils-Ferrer, mais ça dure… ça duuuure ! Mon Dieu que c’est long ! 6-4 pour l’Espagnol, 6-4 pour l’Italien, 6-3 pour l’Espagnol, 6-3 pour l’Italien… Déjà 2h47 de jouée… le temps passe, on est dans le 5e set, et là, on manifestement, ça va se finir, Montanes a fait le break, il mène 4-1, puis 5-2, il sert pour le match à 5-3. Au bout d’un jeu déjà assez épique l’Italien efface le break. Bras qui tremble ? Les 3h40 sont dépassées. A 5-5, Fognini a 2 balles de break (presque de match), elles sont sauvées. Ça continue, et quelques minutes plus tard, ça devient totalement fou. On est à 6-7, 15A, Fognini sert… et se blesse. Il avait déjà un peu mal, mais là, il souffre vraiment, il ne peut plus plier la jambe. Est-ce une crampe, est-ce une déchirure ou une contracture ? L’arbitre, une femme, descend de sa chaise et accepte de faire venir le physiothérapeute (ou kiné, je ne sais pas exactement). Le public se régale, il fait une ola, on fait passer le temps comme on peut.

On entre alors dans la 4e dimension, la dimension psychologique. Ça fait 15-30, l’Italien ne peut plus courir, il a du mal à marcher, il doit servir, l’Espagnol est à 2 points du match, il a un boulevard… qu’il n’emprunte pas, il se fait dessus, égalisation à 7 jeux partout. En restant quasiment en permanence planté au milieu de la ligne de fond de court Fognini distribue à droite et à gauche en frappant très fort, il lâche ses coups, sauve des balles de match. D’hallucinante, la situation devient carrément désopilante lorsque l’un des juges de ligne se met à annoncer des fautes de pied alors que l’Italien n’arrive même pas à sauter pour servir. Montanes pourrait en profiter, il n’y parvient pas, il réussit l’exploit de se faire déborder par un joueur qui marche, on le voir louper une amortie, menant 8-7 il aurait pu conclure, d’autant que le juge de ligne – toujours le même – annonce une double faute de pied, premier puis second service !... et une 4e ! Fognini s’est un peu foutu de la gueule de cet officiel plus que tatillon au moment où il a égalisé miraculeusement à 8-8.

Le Rital envoyait, il a un bras assez phénoménal, il frappait très fort, contre toute logique son adversaire subissait. Après un nouveau jeu de service assez difficilement empoché par Montanes, on se retrouve à 8-9, 15-40. 2 balles de match. Une boulette ibérique et un coup gagnant italien plus tard, elles sont effacées… 3e balle de match… Faute de pied[1] ! Ça faisait longtemps ! Elle est encore sauvée, cette fois par une amortie. 2 points énorme de suite nous amènent à 9-9.

Fognini faisait ce qu’il pouvait, Montanes gambergeait toujours autant, totalement déstabilisé par ce retour improbable et cette situation assez compliquée à gérer mentalement. Jouer face à un blessé n’est pas si facile qu’on pourrait le penser. Il était un peu assis le c*l entre 2 chaises, au lieu de se demander s’il devait chercher à profiter de la défaillance physique du mec d’en face où continuer à jouer normalement, il aurait dû serrer les fesses autant que son adversaire serrait les dents. Ne pas serrer les fesses quand on a le c*l entre 2 chaises, c’est prendre le risque de se faire… je ne vous fais pas un dessin, pas besoin je pense, non ?

On est passé de la 4e à la 5e dimension lorsque Fognini a réussi le break avec de nouveaux coups gagnants de folie, l’Espagnol ne mettait plus un pied devant l’autre, il avait énormément de mal à remettre dans le court des services mollassons. En plus la réussite était dans le camp de l’Italien, il a obtenu 3 balles de match grâce notamment à un rebond de la balle sur le filet… et hop, elle retombe juste derrière. Première balle de match foirée. La deuxième… faute de pied qui fait la double (le comique de répétition fonctionne toujours)… Mais sur la troisième Fognini trouve un angle qui défie les règles élémentaires de la géométrie, il l’emporte 11-9. 4h22 de match ! 95 minutes rien que pour la dernière manche !

Bien sûr, niveau tennis pur, ça n’a tout le temps volé haut, Fognini a commis 103 fautes directes et 9 doubles pour 68 points gagnants et 7 aces, son adversaire a fait 41 fautes non provoquées de moins mais seulement 37+7 dans le positif, il pourra s’en vouloir longtemps de ne pas avoir assez pris l’initiative, en particulier sur les points importants. Il perd en ayant inscrit 188 points en 262 minutes contre 189 pour son adversaire… La loose !

Une partie du public l’a acclamé, une autre parti a sifflé, pensant qu’il avait simulé. Non, il s’est vraiment fait mal, d’ailleurs lundi il a déclaré forfait pour son quart de finale. Les mauvaises langues diront qu’il n’aurait eu aucune chance d’aller plus loin, que ce forfait lui permet surtout de se justifier par rapport aux accusations d’avoir joué le coup façon Commedia dell’arte… Quel intérêt aurait-il eu de faire ça ? C’est aussi ridicule que d’accuser Guillermo Coria d’avoir joué les blessés alors qu’il menait 2 manches à 0 contre Gaston Gaudio lors de la finale de 2004… Il nous avait aussi proposé ce genre de tennis sans déplacement en lâchant ses coups mais avait perdu 8-6 au 5e en ayant servi pour le match à 6-5. Concernant l’Argentin il s’agissait clairement de crampes de stress, lui aussi avait eu plein de fautes de pied… mais contrairement à Fognini, à la fin, il avait perdu.

  • Novak Djokovic (tds 2)-Richard Gasquet (tds 13) : Mission : Impossible.

Compte tenu de la situation de Fognini, le vainqueur de ce match entrait sur une voie royale vers le dernier carré. Il faisait très beau, dans le 25C, seule problème, le vent.

Pardon, le vent était le seul problème de Djokovic, Gasquet en avait un de plus : Djokovic.

En voyant des matchs comme ça on comprend pourquoi il est invaincu en 2011. La raison de ce bilan sans tache est tout simplement qu’il est monstrueux. Le Serbe est injouable, il n’y a rien à faire. Gasquet n’a même pas été mauvais, il n’est pas passé à côté, il a juste fait face à un cyborg. Ça allait trop vite, les frappes étaient trop précises, ça ramenait tout… mais surtout il ne lâchait rien ! Que 15 fautes directes en 3 sets… 70% de premières balles, 90% de points gagnés en les passant… Le futur n°1 mondial[2] n’a perdu que 12 points (sur 70) sur son engagement. Il n’y a rien à faire contre ce type ! Il fait ce qu’il veut, il est en totale maîtrise, quand le moment lui semble être stratégiquement le plus opportun – en l’occurrence le premier jeu du match, le 7e de la 2e manche, le 3e de la dernière – il accélére pour faire la différence, puis gère son avance.

On pouvait espérer que le public aide Richard, le pousse comme face à Bellucci, mais en faisant le break dès le premier jeu Djoko a refroidi les supporters français. Après avoir sauvé 3 balles d’égalisation à 3-3, le Serbe a serré le jeu, il n’a plus jamais donné l’occasion de s’enflammer à la foule présente dans les tribunes du central. 15 fautes directes contre 8 aces et 34 coups gagnants… Le pauvre Richard a dû être super frustré, à RG il n’est vraiment pas aidé par le tirage au sort[3], avec son niveau il aurait pu taper facilement 8 ou 9 des 15 autres qualifiés à ce stade du tournoi, il est tombé sur le monstre.

Après avoir tenté de résisté, RG s’est incliné 6-4, 6-4, 6-2 en 1h47.

La nouvelle de lundi, le forfait de Fognini, envoie directement Djoko en demi-finale vendredi. Il aura eu 4 jours de repos, ça peut être un plus, ça peut aussi être à double tranchant et lui faire un peu perdre le rythme et les repères sur cette terre battue.

  • David Ferrer (tds 7)-Gaël Monfils (tds 9) : la guerre. (DEBUT)

Ce match entre un joueur souvent considéré comme le n°3 mondial sur cette surface – je le donnerais plutôt top 5, même si à RG il n’a jamais réussi d’énormes performances – et le n°1 français à Roland-Garros – n°1 français tout court en fait, mais quasiment chaque année il est le dernier Français en lice – promettait d’être une véritable guerre. La Monf menait 2-0 dans leurs confrontations, une à RG il y a 3 ou 4 ans et un 5 sets en Coupe Davis la saison passée. Les deux hommes sont réputés pour leur défense et leur force de frappe. Ils sont capables de tout ramener, et ils ont tout ramené. La longueur et la violence des échanges étaient à couper le souffle, ça allait à une vitesse totalement folle, on était loin du stéréotype de le rallye à 2 à l’heure entre sud-américains attendant l’erreur de l’adversaire, c’était mine sur mine. Les 2 membres du top 10 se cherchaient beaucoup dans la diagonale de revers sans laisser respirer l’adversaire, c’était dantesque, c’était fast and furious, l’excès de vitesse permanent, les accélérations de coup droit ressemblaient du coup à de grands excès de vitesse.

A cause d’une programmation encore manquée par les organisateurs, décidemment ni en forme ni en réussite cette saison, ce choc n’a débuté sur le Lenglen que peu avant 19h. Le risque de devoir finir le lendemain était grand… et pourtant, alors que Ferrer n’avait encore lâché aucun break depuis le début du tournoi, Gaël menait déjà 4-1 avec double break au bout de 18 minutes. Le Parisien a mis le feu d’entrée, particulièrement motivé il a lâché ses coups, a montré énormément d’envie et de détermination, c’était de la grande Monf. Beaucoup d’observateurs craignaient qu’il en prenne une bonne s’il n’élevait pas son niveau par rapport à ses 3 premiers tours, il a parfaitement su le faire. Ferrer est un peu revenu, la première manche s’est terminée 6-4 en 42 minutes.

Dans la suivante le Français a eu tout de suite une occasion de prendre le jeu de service de l’Espagnol, mais à 2-1 en faveur de son adversaire un petit coup de moins bien lui a valu de se retrouver à 3-1. Ferrer était devant, pourtant il a commencé à s’énerver un peu… A force de se renvoyer des parpaings entre 15 et 30 fois, un des 2 bonshommes finissait par craquer. En plus de leur défense héroïque, ils sortaient quelques coups contre-attaques et passings de folie. Gaël a effacé le break sur un de ces coups fous, mais il a tout de suite concédé un nouveau, puis s’est retrouvé à 40-0 sur le service de l’Espagnol… qui s’en est sorti. Moins bien physiquement, le Français a concédé la 2e manche 62 en 38 minutes. Une certitude maintenant, on n’allait pas finir le match avant la nuit, sauf abandon.

Ferrer jouait maintenant de façon remarquable, il parvenait à placer quelques amorties somptueuses qui ponctuait cette rencontre d’une intensité extraordinaire. Entre 2 joueurs quasi impossibles à déborder, c’est une bonne option. A 1-2, 40-0, Gaël s’est fait peur, il n’a pas conclu, s’en sortant tout de même après une égalité, il faut dire que ça se battait sur tous les points. A 3-2, il s’est fait avoir, break, 4-2, ça semblait mal tourner, heureusement il a tout de suite recollé. L’Espagnol s’énervait de plus en plus, il s’est retenu de ne pas casser sa raquette… A 5-4 pour La Monf, gros coup de pression : le public a fait la ola. Quand on connaît les effets dévastateurs de la vague tueuse, on s’abstient. Je rappelle Caroline n’y a pas survécu, Tsonga non plus, Gasquet a failli se noyer. A la différence de la plupart des Français(es) Gaël est un surfeur, quand il y a de l’ambiance, il en profite, il y puise de l’énergie. Ferrer a légèrement décliné, à 5-5 sur son service il y a eu un jeu extrêmement accroché, il a fini par le perdre. Boosté par les encouragements – on était en mode Coupe Davis – le Parisien a conclu la 3e manche 7-5 (en 58 minutes) avec un service-volée sur la ligne de fond.

On aurait pu suspendre la rencontre à cet instant, il était plus de 21h, on n’allait de toute façon pas pouvoir continuer longtemps. Dès le premier jeu La Monf a mis en difficulté son adversaire, il est passé à un point du break, Ferrer s’en est finalement sorti. Le match a failli prendre fin de façon dramatique. Gaël est tombé en s’emmêlant les crayons, il s’est tordu le pied, on a eu très peur. Ça a fait balle de break, l’Espagnol n’a pas laissé passer sa chance, il a fait le trou en profitant d’une amortie mal posée par le favori du public, 2-0. Etrangement il a alors demandé l’arrêt du match au lieu de chercher à en profiter. Le superviseur a accepté, il était 21h29. Déjà 2h39 de match. Suite le lendemain.



On est maintenant lundi, encore du beau temps, des températures très agréables, cette édition de Roland-Garros n’a pour le moment connu que des problèmes de vent.

  • Juan Ignacio Chela-Alejandro Falla (Q) : .

Sur le Lenglen on a débuté par un match Falla-Chela, autrement dit entre 2 mecs qui puent la terre battue. Ça a duré… duré !!! Quel match étrange… 45 jeux et un tie-break, 19 breaks… Etait-ce du tennis masculin ou du féminin ? Le 4e set aurait pu abréger les choses, mais non, Falla a perdu le jeu décisif de la 4e manche, il s’est fait nettement dominer par l’autre Sud-Américain dans la 5e. Les deux hommes ont fini bouillis, à chaque changement de côté ils se faisaient masser… Presque 4h d’un spectacle pas fabuleux… mais épuisant pour eux. Le score : 4-6, 6-2, 1-6, 7-6(5), 6-2. En quart, Murray ou Troiki.

  • Rafael Nadal (tds 1)-Ivan Ljubicic : sans convaincre.

Le Croate pouvait-il l’emporter ? Certainement pas, ceci dit, compte tenu de sa forme, il semblait tout à fait capable de gêner un Nadal peu convainquant depuis le début du tournoi (sauf face à un autre Croate, un quidam absolu). En effet, lors du premier set le trentenaire chauve a comblé un break de retard, ne s’inclinant que 7-5 en 58 minutes. Ensuite, ça a été moins difficile, 6-3, 6-3 en 1h28 de plus.

Vers la fin du 2 ou 3e set j’ai vu un point sympa avec plein de volées de Ljubicic, on dirait un match exhibition du tournoi des légendes avec Mansour Bahrami qui s’amuse au filet pour le spectacle. D’ailleurs d’ici peu c’est dans le Tournoi des légendes qu’on verra Ljubicic…

  • David Ferrer (tds 7)-Gaël Monfils (tds 9) : la guerre. (FIN)

Le match a repris vers 15h30, 2 manches un une pour La Monf, mais 2-0 pour Ferrer, service à suivre. Comme la veille, ça envoyait du pâté, mais on sentait le Français un peu mou du genou. Sanction immédiate, en à peine un quart d’heure l’Espagnol a égalisé à 2 manches partout (6-1).

On pouvait s’y attendre, toute allait se jouer dans un 5e set.Ferrer, sur sa lancée, très agressif, a obtenu une balle de break d’entrée, mais progressivement il a semblé plus tendu, a commencé à faire des erreurs, et à 2-1 sur son service il a craqué. Menant 40-0, il n’a pas su conclure, avec un peu de bol (l’aide du filet), quelques boulettes de l’Espagnol et un énorme retour sur seconde balle, Gaël a pris son jeu de service. A 4-1, le public… a fait la ola, et comme par hasard, ça s’est vite gâté. Menant 5-2, puis 5-3, le Parisien a servi pour le match, a facilement obtenu 2 balles de match… mais a bien croqué les 2. Au terme d’un marathon de 28 coups à un rythme toujours aussi fou, Ferrer a obtenu une balle pour revenir à 5-4, une amortie stupide de La Monf lui a permis de revenir. La tête de série n°7 ramenait tout, au cours du jeu suivant on a vu un échange de 33 coups avec toujours cette intensité hallucinante. 5-5 sur un jeu blanc, 6-5 pour Gaël sur un autre jeu blanc toujours avec ces rallyes improbables avec moult revers et quelques gros coups droits, puis 6-6, mais on sentait Ferrer proche de la rupture, il jouait petit bras. En effet, une nouvelle fois l’Espagnol a mené 40-0 sur son service avant de concéder 4 points de suite et de devoir sauver une balle de match.

Rien n’était facile dans ce match, en jouant pourtant très bien le Français a été mis en difficulté sur son propre service, notamment à cause de deux mauvaises annonces ayant conduit à rejouer un point et à annuler un service gagnant. Il a alors offert une balle de break… très bien sauvée, a serré le jeu et porté le score à 7-6. Désabusé et pas en réussite, Ferrer a fini par passer à la trappe (6-4, 2-6, 7-5, 1-6, 8-6). 4h07 sur 2 jours, un niveau hallucinant, une intensité irréelle… Put*in… ça, c’est du tennis ! La performance est énorme, mémorable, il y a toutefois un gros hic : Federer est son prochain adversaire, dès mardi. A RG La Monf est à 0-2 face au Suisse.

  • Robin Söderling (tds 5)-Gilles Simon (tds 18) : Mission : Impossible II.

En même temps que la fin du match de Gaël se jouait celui de Gilles Simon. Ça s’est extrêmement mal passé. Après avoir concédé un break d’entrée, il a perdu la première manche 6-2 en seulement 32 minutes. Avoir vu la balle de match de son pote diffusée sur les écrans du central n’a pas aidé se natif de Nice élevé en banlieue parisienne, il n’a rien pu faire lors d’un 2e set un temps équilibrés avant de tourner à l’avantage du Suédois, intraitable, assez monstrueux. Résultat, 6-3 en 37 minutes.

L’affaire semblait entendue, la mission de Gillou paraissait totalement impossible, on avait l’impression d’assister à une sorte de remake du Federer-Gasquet de la veille. Pourtant dans la 3e manche, alors que Söderling menait 4-2, le Français a effacé le break. Il a dû s’y prendre à 3 fois. Très loin de pouvoir espérer réaliser l’exploit, la tête de série n°18 venait au moins de gagner un petit sursis face au finaliste des 2 dernières éditions, un peu moins bien à ce moment de la partie.

Pendant un moment, rien à signaler. A 6-5 pour le Suédois, Gilles a dû sauver 3 balles de match pour arracher un tie-break. Söderling a mené 6-2 dans le jeu décisif, il n’a réussi à finir qu’à sa 7e occasion du match. 6-2, 6-3, 7-6(5), 2h16 dont la moitié pour le dernier set, une vague impression que remporter cette 3e manche était possible, ce qui aurait relancé la partie… Gilles ne gardera sans doute pas un très bon souvenir de cette rencontre.

Söderling-Nadal en ¼, ça peut être intéressant, comme Federer-Monfils, c’est devenu un classique à Roland-Garros ces dernières saisons.

  • Andy Murray (tds 4)-Viktor Troicki (tds 15) : affaire à suivre.

Malgré sa cheville démontée l’avant-veille, Murray s’est présenté pour ce 8e de finale. Face à un adversaire manifestement amoindri, la tâche était facile pour le Serbe, il a vite mené 5-2. Malgré une bonne réaction de l’Ecossais, la manche s’est terminée sur le score de 6-4 avec au passage un bris de raquette de Murray après être passé à côté d’une balle de break qui lui aurait permis d’égaliser à 5-5.

Le n°4 au classement ATP et son adversaire ont eu pour point commun pendant cette rencontre une grande irrégularité et une propension assez cocasse à s’énerver. C’était assez désopilant, ils balançaient chacun tour à tour des grossièretés, je n’ai pas compris celles en serbe, les «fuck off» et autres, j’ai pigé. Lorsqu’il y a eu échange de break (4-2 pour Murray puis immédiatement retour à 4-3), on a assisté à quelques scènes particulièrement savoureuses. Un peu plus tard il on a eu droit à «that’s a terrible mess !» suite à une balle de break effacée… En fait Murray dans l’attitude on dirait du Gilles Simon frustré avec en primes les options insultes et violence envers le matériel… Ainsi, après avoir concédé le break qui tue à 4-4, il s’est retrouvé face à une balle de set, ce qui l’a mis en pétard, il a eu envie d’exploser sa raquette, mais dans un moment de semi-lucidité il s’est ravisé, ça lui aurait coûté un nouvel avertissement, donc offert un point de pénalité à Troiki… sur une balle de set. Mieux valait éviter, alors au lieu de frapper sa raquette sur le sol, il a mis un coup dans son pied… Il aurait pu se faire très mal, il a frappé si fort que la raquette n’a pas tenu, il a dû en changer, heureusement pour lui l’arbitre français a été très gentil comme pendant toute la partie. Il aurait pu sanctionner le comportement très limite du Britannique. Petit bras, Troiki a eu du mal à en terminer, néanmoins il a fini par mener 2 manches à aucune.

Il me semble que le Britannique a fait retirer ses bandages au pied pendant le 2 ou 3e set, il s’est surtout – un peu – calmé, a du coup mieux joué, a arrêté de donné des tas de points et fait plier son adversaire 6-3, 6-2. Débutée tard la rencontre a été interrompue vers 21h30 après 2h49 de ce spectacle assez étrange.

Le dernier set aura lieu mardi tout comme le premier des 3 quarts qui auront lieu (Federer-Monfils; Söderling-Nadal et Murray/Troiki-Chela auront lieu mercredi).

Notes

[1] De l’autre côté du terrain.

[2] Dès lundi prochain s’il se qualifie pour la finale.

[3] En 2002, Costa au 1er tour, Costa gagne le tournoi, s’il n’avait pas abandonné au premier tour l’année suivante il aurait retrouvé Costa au 3e tour, il a joué 2 fois Nalbandian au premier et au 2e tour (en 2004 et 2006, les années où l’Argentin a atteint le dernier carré), en 2005 il avait pris Nadal au 3e tour… futur vainqueur du tournoi, en 2007 il s’est troué, les 2 années suivantes il n’était pas là, blessé puis suspendu injustement, il revient en 2010 et chope Murray d’entrée (n°4 mondial), et cette fois c’est Djoko en 8e…