• France-Grèce

Beaucoup de membres de l’équipe hellène joue ou ont joué en France, ces deux équipes ont l’habitude de se jouer, et même si ce n’est pas toujours facile – il y a 2 ans en quart de finale de l’Euro on s’en était sorti à l’arrache – la victoire nous revient à chaque fois. Pour les Bleues la victoire n’était pas impérative… mais en fait si.

L’engagement physique a été maximal dès le début de la rencontre, comme face à la Lettonie les Françaises avaient beaucoup de mal à prendre des tirs avant la toute fin des possessions, il y avait néanmoins beaucoup de rythme. Cette fois, pas de connerie, au lieu de se reposer sur des tirs extérieurs aléatoires, l’EdF a joué sur sa force, le secteur intérieur et les tirs à mi-distance. Bien sûr, le tout en défendant de façon très intense. Pendant toute la première période la raquette était cadenassée, les Grecques étaient à 1/14 à 2 points à la mi-temps (!!!)… mais à 3 points, elles ont commencé par 3/5 et ont pris des rebonds offensifs, ce qui leur a évité de prendre trop vite l’eau.

Sandrine Gruda a inscrit 7 des 11 premiers points français, ça restait très serré à cause de la réussite de Styliani Kaltsidou et de Dimitra Kalentzou à longue distance. Un and one de Jennifer Digbeu et un panier au buzzer d’Endéné Miyem sur rebond offensif ont permis aux Bleues de passer devant. Elles n’ont jamais été rejointes. Pour l’anecdote le sore à la fin du 1er QT était le même que face à la Lettonie (16-13) et le constat assez semblable, on s’en sortait plutôt bien.

Par la suite, si la circulation du ballon a sensiblement progressé, c’est surtout défensivement – l’ADN du basket français est dans le D de défense – que la différence s’est faite. 6 malheureux points laissés aux Grecques en 10 minutes (un gros 3pts de Kaltsidou et 3 LF), c’est du très lourd. Les Hellènes étaient obligées de beaucoup trop tenter leur chance de loin faute de pouvoir marquer dans la peinture, elles ne pouvaient rien faire de leurs rebonds offensifs.

Le jeu collectif offensif français s’est progressivement remis en place, ce qui a permis à Emilie Gomis de planter 2 paniers à trois points, à Jennifer Digbeu d’aller facilement au layup après une feinte, à Emmeline Ndongue de scorer en contre-attaque, à Sandrine Gruda d’être bien servie dans la peinture, et ainsi de constituer puis creuser progressivement l’écart. Quand les Bleues s’appliquent à créer des décalages en se déplaçant et en faisant bien tourner le ballon, renversent le jeu, ça fonctionne ! Tout n’a pas été parfait, il y a encore eu beaucoup de maladresse sous le cercle, il s’agit d’ailleurs du gros problème des 2 derniers matchs de poule, c’est aussi ce qui a coûté à Isabelle Yacoubou de retourner rapidement sur le banc pour le 2e match consécutif (elle en a loupé 3 de suite). Autre point noir, la 3e faute de Céline Dumerc à plus de 2 minutes de la mi-temps, des coups de sifflet très frustrants car très sévères.
31-19 à la pause, ça allait de mieux en mieux, on avait le sentiment de retrouver l’équipe de France perdue la veille face à la Lettonie. La version féminine – et bien élevée – de Kevin Garnett[1] a régné sur cette première moitié du match : 12 points, 6 rebonds et 5 fautes provoquées, une grosse présence défensive. On n’en attend pas moins d’elle.

La seconde période a débuté avec Endéné Miyem et Edwige Lawson-Wade sur le terrain. On est reparti pour une opération étouffement, c’est alors qu’un fait de jeu a permis aux Bleues de prendre considérablement le large : panier plus la faute pour Miyem et en prime la faute technique de Kaltsidou. Conséquence, 2 points+3 LF, une action à 5 points… plus la possession pour la France. Certes, le ballon a ensuite été perdu, néanmoins l’écart était de 17 unités (alors que la Grèce n’en avait que 19 à son compteur). Cette péripétie a réveillé Evanthia Maltsi[2]. Incapable de marquer en 5 tentatives avant la mi-temps, l’ancienne Berruyère s’est mise en mode Babkina, elle a marqué en transition, a mis des paniers primés, a pénétré, a shooté à mi-distance, a fait un carnage (16 points à 6/7 et 3/3 à 3pts en à peine plus de 17 minutes).

Pendant ce temps l’équipe de France retombait dans ses travers et ratait des paniers faciles, ne convertissait pas ou rarement ses rebonds offensifs. Un 3 points de Digbeu et un panier de Florence Lepron ont permis d’endiguer le retour des Méditerranéennes, l’écart est repassé à +15 avant de fondre à nouveau, les Bleues loupant tout ce qu’elles tentaient. A la fin du 3e QT la situation était toujours sous contrôle (46-35), elle a dérapé jusqu’à tourner à l’inquiétant : Dumerc a pris sa 4e faute au bout de 9 secondes, Kalentzou a tout de suite mis un 3 points, mais c’est reparti de plus belle jusqu’à une remontée à +12 après une nouvelle technique pour Kaltsidou – pourquoi n’a-t-elle pas été exclue ? Normalement avec 2 fautes techniques on est dehors, non ? – et un nouveau panier de Gruda, laquelle a maintenu les Bleus à flots. Jouant sa survie, la Grèce a jeté toutes ses forces dans la bataille, elle a profité de plusieurs pertes de balle des Français pour réduire l’écart à seulement 4 points à 3’05 de la fin (50-46), puis à 2’27 et encore à 1’34 du terme du temps normal. Heureusement Beikes et Gomis ont mis fin à la mauvaise période des Bleues, l’une en se faisant oublier pour prendre un rebond offensif, l’autre en se montrant agressive pour pénétrer la raquette, les deux finissant en layup. Il était absolument nécessaire de remettre l’attaque en route car de l’autre côté du terrain rien à faire, les filles avaient beau faire, Maltsi rentrait tout.

Le dernier panier de Gruda bien servie à l’intérieur par Beikes et l’interception de Dumerc juste après ont scellé le résultat, l’affaire s’est terminée sur la ligne des LF.

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Score final, 64-55, et adieu la Grèce ! C’est une sorte de régime yoyo, ça a fluctué entre -15 et -4 pour finir à -9.

Les Grecques sont bonnes pour disputer les qualifs pour le prochain Euro, elles regarderont les JO à la télé…
Peut-être que ça leur laissera le temps de travailler pour entrer des paniers depuis le côté droit du terrain…

La feuille de stats rendue par Sandrine Gruda lui veut d’être reçue avec mention : 19 points (7/14), 8 rebonds et 8 fautes provoquées.

La prestation d’ensemble des Bleues a été correcte, elles ont dominé dans leur secteur fort, le rebond (39-28), n’ont pas été très adroite (21/52) sauf aux LF (19/24 c’est bien). On remarque que si cette fois toutes n’ont pas joué (Laborde n’est pas entrée, Yacoubou presque pas), beaucoup ont apporté, le temps de jeu a été encore très réparti par Pierre Vincent (Sandrine a joué 35 minutes, Gomis 28, les autres au maximum 23 minutes). Les points sont venus de Gomis (10), Digbeu et Miyem (8, toutes les 2 très efficaces), Beikes et Dumerc (6), les rebonds de tout le monde (11 joueuses en ont pris au moins 1, mention spéciale à Beikes et ses 6 prises, elle a aussi fait 3 passes).

L’essentiel est assuré, la qualification pour le 2e tour avec une victoire et une défaite (et même une énorme différence de points en notre faveur en cas d’égalité à 3 avec la Croatie[3] et une différence de seulement -3 avec la Lettonie qui en cas d’égalité de points à 3 avec la Lettonie[4]).

Le programme est le suivant :
-Mercredi à 20h30, France-Espagne,
-Vendredi à 20h30, Monténégro-France,
-Dimanche à 15h, France-Pologne.

Le classement :
Monténégro et Lettonie 4pts
France et Espagne : 3pts
Pologne et Croatie : 2pts.

2 victoires nous qualifient obligatoirement, une peut même être suffisante selon les autres résultats. Tout gagner pourrait permettre de finir parmi les 2 premières équipes et d’affronter un adversaire moins fort… ou pas. La Biélorussie et la Russie sont actuellement 3 et 4e de l’autre groupe.

Allez les Bleues !

Notes

[1] Qui comme chacun sait a une réputation de raclure, tout l’opposé de Sandrine.

[2] MVP de l’Euro 2009, un titre usurpé, il devait revenir à Sandrine Gruda.

[3] Très peu vraisemblable.

[4] Hypothèse concevable.