Pourtant, fort de la confiance engrangée lors des tours précédents, Gasquet fait parler son talent au 1er set : impressionnant au service, il n’aura concédé que 5 points sur son engagement jusqu’au tie-break, grâce à 80% de premières balles. Mais il régale aussi au fond de cours avec son fétiche revers long de ligne, et se montre agressif au retour, tentant souvent des retours-volée qui s’avèrent payants. Murray laisse passer l’orage en se contentant de remporter son engagement, grâce à d’excellents services.

Le tie-break va cependant tourner en faveur du Britannique, qui va faire la différence en retour de service : Gasquet ne remporte que 2 points sur 6 sur son service dans ce tie-break, alors qu’il avait été impérial jusque-là. A 2-1 pour Murray, après un coup droit profond, ce dernier engage un combat dans la diagonale revers qui symbolise parfaitement le retournement de situation qui a lieu dans ce tie-break :

Pris dans le replacement, Gasquet ne peut rien sur cette attaque de revers. Il paye son manque d’agressivité dans l’échange, qui lui avait pourtant réussi au cours de ce set. A 4-3, Murray écœure Richard encore une fois en diagonale revers, usant cette fois-ci de son revers slicé. Après une grosse faute de coup droit du Français et un excellent service de Murray, le tie-break est plié 7-3.

En confiance, Murray ne laissera plus aucune chance à Gasquet, qui ne se relèvera pas de ce tie-break manqué. L’Écossais régale dans ses passing-shots :

Impérial au service, Murray conclue le match sur un ace au T.
Le score est sans appel : 7-6 6-3 6-2.

Une petite révérence à la famille royale, et Murray file vers les quarts de finale contre Feliciano Lopez, magnifique tombeur d’Andy Roddick au 3e tour.

Gasquet avouera après le match avoir été impressionné par le niveau de l’Écossais, qu’il estime avoir les armes pour aller au bout. C’est tout ce qu’on lui souhaite, et ce serait une consolation pour le clan Gasquet.

Alors, un manque d’expérience ? Rappelons que Murray est plus jeune d’une année que Gasquet… Eh oui ! Trois finales de Grand Chelem, ça pèse dans la balance. Mais Richard s’améliore constamment depuis 2010, et on espère qu’il pourra briller en Grand Chelem dans peu de temps, en frappant de grands coups comme il l’a parfois fait cette année en Masters 1000 (à Rome par exemple, où il avait sorti Federer).

Michaël Llodra n’a quant à lui pas existé face à un Novak Djokovic impérial, et s’incline en trois sets secs, 6-3 6-3 6-3.

Heureusement, la bonne surprise côté Français est venue de Jo-Wilfried Tsonga, qui est venu à bout de la tête de série n°7 David Ferrer. L’Espagnol est un joueur très régulier qui lasse ses adversaires en fond de court, et aussi capable de prendre très tôt la balle pour créer des décalages. «La Mobylette» (oui, c’est son surnom) a pourtant calé face à un Tsonga impressionnant, tant en service (93% de points gagnés derrière sa première balle) qu’en coup droit, auteur de 36 coups gagnants (vu comme il est difficile de déborder l’Espagnol, c’est assez exceptionnel). La balle de match résume assez bien la partie, avec une grosse première, un énorme coup droit décroisé pour déborder…

… puis un coup droit «penalty» pour conclure :

6-3, 6-4, 7-6, une bonne surprise pour Tsonga qui aurait néanmoins fort à faire en quart de finale face à Roger Federer, tombeur en 4 manches du Russe Mikhail Youzhny (pour la 11e fois de suite.)

Le dernier choc de la journée concernait Rafael Nadal et Juan Martin Del Potro, deux joueurs qui ne partagent apparemment que la même langue. En effet, la partie a été marquée par la blessure de Nadal au pied gauche au premier set, à 6-6. S’ensuit une intervention du kiné qui dure 9 minutes, ce qui agace fortement l’Argentin, qui se plaint aussi d’une décision d’arbitrage (après qu’un challenge lui a donné raison, le point est rejoué alors que Nadal avait fait faute au coup suivant ; Nadal break alors le pauvre Jean-Martin). Comme pour se venger, De La Poutre fait appel au kiné aux 3e et 4e sets, mais Del Potro paie son jeu trop stéréotypé dans les 2 derniers sets, et la défaite est amère pour l’Argentin : 7-6, 3-6, 7-6, 6-4. Le lendemain, l’IRM de Nadal ne révèlera aucune blessure…

Voilà pour ces messieurs, la journée de Mercredi s’annonce une fois de plus passionnante, avec peut-être une surprise ? Il me semble néanmoins que, comme à Roland-Garros et dans les prochains Grands Chelems, les 4 premiers mondiaux seront présents dans le dernier carré : il y a un gouffre avec les outsiders comme Ferrer, Söderling ou Tsonga.

Rien de passionnant chez les dames, où toutes les favorites se sont faites sortir. 6 joueuses sur les 8 en quarts viennent de l’Europe de l’Est, avec un Allemande en plus… vous avez dit joueuses stéréotypées ? Sharapova va gagner, par défaut.