Pour ne pas déroger à la tradition ou plutôt aux habitudes, 5 hommes ont tenté de partir de loin, 4 équipes étaient déjà représentées à l’avant lors de l’étape d’hier. On retrouve Jérémy Roy, déjà présent dans l’échappée du premier jour, il a lancé l’échappée, Blel Kadri, l’autre Français du groupe, ils sont accompagnés de Johnny Hoogerland (Néerlandais) ainsi que Gorka Izagirre et Imanol Erviti, dont le nom ne trompe pas, ils sont basques.

Le premier abandon a eu lieu, Jürgen Van De Welle, un Belge tombé le premier jour de façon stupide, il avait levé le bras pour signaler un ilot directionnel sans faire attention au petit dos d’âne au milieu de la rue. Bim. Gadin.

J’en reviens à l’étape du jour. Les équipes de Philippe Gilbert – donné grand favori – et de Cadel Evans – qui peut jouer le maillot jaune et la victoire d’étape – ne laissent pas l’écart prendre des proportions intéressantes, s’il a atteint 4 minutes c’est le bout du monde, ça a dû plafonner à 3’30 et naviguer longtemps aux alentours de 2’30.

Le sprint intermédiaire est disputé entre le Néerlandais et Roy, ce dernier est parti d’assez loin, il est battu, Kadri passe 3e en loucedé, c’est bon pour la cagnotte… Hoogerland avait déjà fait le sprint pour prendre le point de la côte de 4e catégorie. Pas partageur. Le peloton fait lui-aussi son sprint, Tyler Farrar gagne devant José Joaquin Rojas (qui a conservé son maillot vert). Cavendish est encore battu.

Le temps semble empirer… Ce n’est pas du gâteau – breton – cette étape, les routes sont sinueuses, humides, assez étroites, c’est très vallonné, il n’y a pas du tout de plat. Les gars devant résistent, le peloton se serait-il réveillé trop tard ? A 20 bornes de l’arrivée il reste 1’30, Cadel Evans a été ramené à vitesse grand V par son équipe après avoir crevé, très beau travail d’équipe.

Les coéquipiers de Philippe Gilbert sont à la planche, les autres équipes laissent faire, c’est tout bénéfice pour elles. Romain Feillu doit changer de vélo à 15 bornes de l’arrivée, sa voiture n’arrivait pas, il va devoir finir tout seul ou du moins en slalomant dans les voitures, heureusement pour lui que ce n’était pas une étape pour sprinteur. Christophe Kern figure parmi les coureurs lâchés à la pédale, il a des soucis physiques, c’est dommage, il était en grande formes ces dernières semaines.

Devant, les 5 s’entendent très bien et ne ménagent pas leurs efforts, ils ont encore une minute d’avance à 10 kilomètres de l’arrivée, ce sera très juste. Les BMC se mettent à rouler, Cancellara aussi.

Izagirre attaque dans le groupe de tête, suivi seulement par Hoogerland, ils n’ont que 40 secondes d’avance à environ 6km de l’arrivée avec des portions très difficiles à venir. C’est trop peu pour espérer compte tenu des efforts déjà consentis depuis le début de la journée. Le groupe de 5 se reforme, moins de 20 secondes à 5 bornes… Cuit. Roy tente d’en remettre une petite, il veut le prix du combatif du jour. Izaguirre lui conteste. Ce sera pour Roy, les Français portent le dossard rouge tous les jours !

Tout le monde se place dans le peloton, les échappés sont avalés, un BMC accélère encore le rythme à 3 gros kilomètres de l’arrivée, beaucoup d’équipes ont un gars devant, tout le monde est en danseuse !

Contador attaque sur la gauche de la route, il grimace, Gilbert saute dans sa roue, ils ne sont pas beaucoup à suivre, ça ralentit un peu, ça revient, on se regarde. Evans semble courir toujours aussi intelligemment (^^), serait-il en train de tenter une attaque de devant ? Ah non, j’oubliais qu’il n’attaque jamais… Tiens, Edvald Boasson Hagen essaie à son tour… ou pas. Tout le monde se regarde, c’est raid ! Au tour de Jurgen Van den Broeck, tout le monde s’accroche, le Belge a son leader dans la roue, il est parti un peu loin pour emmener Philippe Gilbert jusqu’à l’arrivée. Contador essaient encore d’accélérer, puis Evans lance le sprint de très loin… et gagne ! Contador a cru l’emporter, mais non, c’est Evans ! Incroyable ! De peu ! Un quart de roue ! Il n’aurait pas fallu 2 mètres de plus. En plus de la victoire d'étape l'Australien prend le maillot à pois.

On trouve du lourd parmi les 10 premiers, Vinokourov est 3e, Gilbert est 5e, Fränk Schleck est là, Samuel Sanchez, Klöden aussi. Thor Hushovd s’est remarquablement bien accroché, il conserve son maillot pour une seconde devant Evans. En revanche Andy Schleck a perdu 8 secondes dans la bataille, Bradley Wiggins aussi en a perdu 6, comme beaucoup de cadors, ils étaient tous à l’avant mais il y a eu une cassure devant Wiggins.

Les Français n’ont pas mis le nez à la fenêtre sur cette fin d’étape.