Retour du beau temps sur la Bretagne. Ouf. Enfin… Beau temps… Il ne pleut pas, c’est le principal.

Ça bataille un peu pour réussir à créer une échappée, finalement le peloton se calme, ça allait très vite avec ce vent dans le dos qui pousse fort. Une fois que le bon de sortie des 4 volontaires du jour est validé, l’écart croit rapidement jusqu’à 3 minutes puis la Garmin-Cervélo se met à rouler pour contrôler l’écart. On a encore 3 Français devant : Sébastien Turgot, Anthony Delaplace (le plus jeune coureur engagé cette saison) et Tristan Valentin. On retrouve également José Ivan Gutierrez, déjà vu à l’avant depuis le début du Tour.

L’écart augmente à nouveau, il atteint les 5 à 6 minutes. Delaplace va faire tout seul le grimpeur (un seul point). A un peu plus de 100 bornes de l’arrivée ça chute, parmi les attardés figurent Sylvain Chavanel et Bradley Wiggins. Le sprint intermédiaire est disputé entre les 3 qui n’ont pas fait le grimpeur, Turgot gagne. C’est bien, ils auront chacun ramené une prime pour la cagnotte de leur équipe. Le peloton se dispute les points qui restent, c’est un peu confus.

Juste après le sprint chute de 3 ou 4 coureurs, Robert Gesink était dans le lot, il reprend difficilement la route, un autre n’a pas cette chance. Janez Brajkovic est sonné, il a pris cher, est bien rappé, il ne repartira pas, il est rappé de partout, a une plaie au front. La Team RadioShack perd un de ses leaders. 3 minutes plus tard c’est Contador qui tombe, il remet son casque et doit changer de vélo, il est un peu désabusé. Il y a pas mal de monde à l’arrière dans des petits groupes, à l’avant du peloton (qui en accélérant pour faire le sprint est revenu à 4’ du groupe échappé) ont ne s’arrête pas. C’est extrêmement nerveux, les cadors pas piégé par les chutes remontent à l’avant. Encore une chute, cette fois Nicki Sørensen qui a touché une moto (je crois même que le vélo est resté accroché à la bécane !). Le peloton, mené par les Garmin-Cervélo, est à fond, les gars sont à la planche. Il reste pourtant près de 75km !

Pas le temps de prendre les musettes, on a peur des bordures, l’avance des échappés est devenue ridicule. Ça a l’air de se calmer un peu en tête de peloton. Descendu à moins de 30 secondes l’écart augmente à nouveau. Christophe Kern a abandonné il y a quelques minutes, sa tendinite au genou et la difficulté de l’étape ont eu raison de lui. C’est vraiment dommage, il était en pleine bourre ces derniers temps.

Au tour de Tom Boonen et d’un coéquipier de finit à terre, pour le sprinteur l’épaule est touchée, le maillot en lambeaux. S’il rallie l’arrivée, je l’imagine mal repartir demain. Il est parti pour une galère, seul, loin derrière les files de voitures. Il serre les dents. Finalement on fait décrocher un coéquipier pour l’aider. John Gadret aussi a du mal, il a connu pas mal de problèmes aujourd’hui, il peine.

Etrangement l’échappée est reprise à plus de 45 bornes de l’arrivée, ça risque de partir dans tous les sens cette affaire ! En fait non, c’est étrangement calme… RAS devant, c’est étrange, aucune attaque. Enfin ! A 32 bornes de l’arrivée Jérémy Roy et Thomas Voeckler attaquent dans une petite montée, ils partent en passant dans l’herbe. Ça sent le coup préparé, ils connaissent la route. Le peloton, sur cette petite route, ne s’organise pas du tout, ça reste très soft en tête de peloton. Manifestement Roy vise le prix du super-combatif du Tour !

Les petites routes sont très favorables à des échappés, à 30 bornes de l’arrivée ça peut être jouable même s’il devrait y avoir du vent pas vraiment favorable. Ils ont pris 40 secondes d’avance en 3 kilomètres. Derrière on se réveille un peu, on replace les leaders, on a encore très peur des chutes. A un peu plus de 20 bornes c’est cette fois un Euskaltel qui se fracasse contre les barrières en traversant un village.

Roy et Voeckler envoient, ils gagnent du temps sur le peloton, plus d’une minute, on peine à s’organiser en tête de peloton, ou du moins on peine à aller à leur rythme. 1’10 à 16 km de la ligne en étant parti tard lors d’une étape courte, sur un terrain peu propice au travail du peloton… C’est jouable. Mais le vent défavorable et la poursuite organisée par les coéquipiers de Cavendish et d’Alessandro Petacchi. Dans cette partie de la course on retrouve de longues lignes droites, la belle résistance des hommes de tête ne suffit pas.

Voeckler tente un contre à 3km de l’arrivée au moment où les 2 échappés vont être repris, il profite que ça monte dur. Joli numéro, ça mériterait un dossard rouge, malheureusement il est un peu tard pour qu’il reçoive les votes. Son aventure se termine à quelques centaines de mètres de la flamme rouge, on va avoir droit à un sprint massif.

L’équipe de Cavendish fait un super travail, mais un coureur part devant, c’est Edvald Boasson Hagen, Romain Feuilli se lance pour le rejoindre mais l’arrivée est trop loin, il se fait avaler, on croit que Philippe Gilbert va gagner… mais Cavendish le saute sur la ligne. Arf… 3e Anglo-Saxon de suite victorieux. José Joaquin Rojas est 3e, il perd son maillot vert au profit du Belge car le jury a décidé de le déclasser du sprint intermédiaire de même que Boonen (décision prise longtemps après la course, ça aurait pu être beaucoup plus rapide), Tony Gallopin est 4e, Hinault et Bonnet aussi figurent parmi les 7 premiers. La victoire de l’ogre du sprint semble propre[1].

Boonen arrive avec plus de 13’ de retard… Le délai était de 17’29.

On ne change rien au général,

Notes

[1] Après l’arrivée Rojas l’a accusé de lui avoir mis un coup à environ 1500m de l’arrivée… et de lui avoir répondu par une insulte lorsqu’il a voulu lui parler de ça après la ligne.