Né cassé, Christopher Horner ne prend pas le départ. En début d’étape une voiture Vacansoleil a défoncé l’arrière d’une Saxo Bank, celle de Bjarne Riis… Héhé !

Le groupe parti en excursion sous l’impulsion de Christophe Riblon est conséquent, 9 coureurs. Le peloton a mis du temps à les laisser creuser l’écart. Pour eux le maillot à pois est un des 3 objectifs du jour avec bien sûr la victoire d’étape et le dossard rouge. Les Cofidis ont 2 hommes devant, c’est un gros atout pour chasser les pois. D’ailleurs Julien El Farès va prendre le premier point du jour en passant en tête de la première difficulté de 4e catégorie.

Devant on trouve 3 Français, le 3e est Cyril Gautier en plus des 2 déjà cités. Il y a de tout, 8 équipes, 7 nationalités. Y figurent le Rician, Tejay Van Garderen, le Portugais Rui Costa (non, rien à voir avec l’ancien footballeur, vous savez, beaucoup de Portugais s’appellent Rui Costa !), le Belge Romain Zingle, l’Espagnol Xabier Zandio, le Néerlandais Addy Engels et le Russe Alexandre Kolobnev.

Riblon est le seul à chercher à gagner le sprint intermédiaire. Il restait quelques points à distribuer dans le peloton, Philippe Gilbert a fait travailler son équipe, c’est un sprint en montée, Cavendish laisse faire, le Belge prend seulement un point de plus que José Joaquin Rojas, c’est bête que son coéquipier se soit relevé…

Les BMC Racing Team ont fait le train, visant la victoire et le jaune pour Cadel Evans, donné favori aujourd’hui. Lors de la dernière arrivée dans cette station il était le mieux classés de non suspendus pour dopage (derrière Ricco et Valverde).

L’écart a décliné progressivement après avoir atteint les 6 minutes. Les Astana se sont mis à rouler à une petite cinquantaine de bornes de l’arrivée pour faire passer l’avance des fuyards sous la barre de 4 minutes. L’écart s’est alors mis à fondre, logique puisqu’en plus de Astana les Garmin-Cervélo roulaient. Les coéquipiers de Jurgen Van den Broeck ont alors embrayé.

A 32km de l’arrivée, attaque dans le groupe de tête, tous n’ont pu suivre, il ne restait que 2’ d’avance, il fallait faire quelque chose. Les 2 Cofidis ont craqué. Rapidement ils ne sont plus que 6. Dans le peloton un Astana se lance, il s’agit de Paolo Tiralongo. A l’avant de la course Costa et Van Garderen partent, Gautier tente de s’accrocher.

Mes Astana et les Europcar essaient de ralentir le rythme du groupe maillot jaune, un Europcar et un Euskaltel partent à la poursuite de l’Italien, il s’agit de Pierre Rolland et d’Amets Txurruka.

Van Garderen a l’air bien plus facile que ses 2 derniers compagnons de route, Gautier est à la limite de ses possibilités du jour. Au tour de Johnny Hoogerland d’attaquer au sein du peloton, il cherche à défendre son maillot, ça semble peine perdue. Juan Antonio Flecha est dans sa roue.

Rapidement Gautier est décroché, le peloton perd du terrain par rapport aux 2 hommes de tête, c’est un peu brouillon, il y a du monde un peu partout entre les derniers rescapés de l’échappée du matin et le groupe des favoris.

Ça sent bon pour les hommes de tête… mais Vinokourov attaque! C’est sans doute trop tard pour lui, sauf s’il cherche à prendre du temps pour le classement général. Ça se remet donc à bouger en tête de peloton alors que ça semblait ne plus avancer. Le Kazakh avait lancé un coéquipier devant en ayant une idée derrière la tête, on s’en doutait.

Van Garderen, manifestement très fort, passe en tête du premier col du Tour, le maillot à pois change de titulaire.

Dans le peloton ça semble s’être remis à rouler, Chavanel ne peut pas tenir le rythme, Robert Gesink aussi, c’est une surprise, mais il reviendra en profitant du dénivelé négatif après avoir passé le sommet.

Rui Costa n’a pas très envie d’aider l’Américain, Riblon et Gautier reviennent au prix d’une très bonne descente. Les 4 hommes ont une avance peut-être suffisante pour l’emporter, près de 2’ sur le peloton. Les 2 Astana et Flecha sont encore intercalés mais le peloton avale la plupart des hommes qui trainaient. Zandio et Flecha, 2 Sky, sont maintenant avec les Astana, ils sont encore à distance des échappés, une minute à 18km de l’arrivée.

Les BMC roulent, ils n’ont pas envie de se faire rouler par Vino, parti pour le prendre le maillot jaune au nez et à la barbe d’Evans qui lui-même compte le subtiliser à Thor Hushovd (il n’y a qu’une seconde d’écart). Le Norvégien s’accroche au peloton. Ça envoie du pâté de partout, ça sent le regroupement à l’avant mais aussi le retour du peloton car les BMC sont à fond.

Riblon attaque à 15km de l’arrivée, il part seul, Van Garderen est en pleine bourre, il va le chercher et ramène tout le monde alors que Gautier fait l’élastique. Au tour de l’Américain d’attaquer mais le Portugais saute dans sa roue, Riblon contre, ça ne fonctionne pas, mais Gautier ne veut et ne peut pas y aller, du coup Riblon creuse à nouveau un écart de quelques mètres. Au tour de Rui Costa d’attaquer, Gautier saute dans sa roue. Riblon en remet une, on dirait que Gautier essaie de l’aider à partir. A 10 bornes de l’arrivée l’avance est de 30 secondes sur le groupe Vino (dont ne fait plus partie Zandio) et d’1’10 sur le peloton. Van Garderen essaie à son tour de lâcher les 3 hommes encore avec lui, on est en descente et il pleut. Echec. A 7km Gautier essaie à son tour, une sorte de coup de bluff car il sait ses adversaires plus forts que lui, Riblon en est victime. Rui Costa contre et part seul… Van Garderen est le seul à pouvoir répondre, il tente de revenir progressivement mais semble avoir grillé beaucoup de forces… Jamais il n’y parviendra.

Tiralongo a craqué, Vino doit faire le travail seul, mais Flecha l’aide. Ils reviennent sur Riblon et Gautier. Le peloton est cassé en 2, c’est une étape magnifique, ça part dans tous les sens, il y a de la tactique, du mouvement, un relief et des conditions météos qui rendent la course assez captivante ! Vino tente de partir seul pour reprendre Rui Costa. Ça monte bien dans les 5 derniers kilomètres, le terrain lui est favorable. Rui Costa est seul devant mais il a Vino aux fesses, le Kazakh ne revient pas très vite. Le peloton a du mal à se rapprocher car Evans n’a plus assez d’aide, il va peut-être se faire chiper le jaune !

Ça redescend un peu, il y a un vrai suspense pour savoir si le Kazakh va pouvoir rejoindre le Portugais. Ça monte dur jusqu’à la ligne d’arrivée, tout le monde voit ses cibles juste devant sans pouvoir les atteindre, Vino n’avance plus, dans le peloton tous les leaders sont là, sauf Gesink.

Gilbert attaque ! Contador est dans sa roue, Andy Schleck et Evans sont là, Contador attaque à quelques centaines de mètres de l’arrivée mais Andy et l’Australien ne sont pas surpris, Gilbert attaque encore, il lâche tout le monde, derrière personne ne veut y aller puis Contador contre, Schleck le marque à la culotte, Damiano Cunego attaque sur la droite, Evans suit un groupe parti à sa poursuite. Pourquoi Andy se contente-t-il de marquer Contador ?

Finalement Rui Costa s’impose à la surprise générale 12 secondes devant Gilbert qui prend des points pour le maillot vert, Evans est 3e. Hushovd termine dans le même temps que tous les favoris du Tour ! Vino a disparu au sein du groupe à 15 secondes avec les cadors, un groupe dans lequel figure un seul Français, Jean-Christophe Péraud..

Etape géniale ! Tout le monde s’est testé, certains ont joué au poker, on a pu jauger la forme des uns et des autres… Et pour la première fois un échappé a gagné. Dommage que ce soit un mec qui a été suspendu 6 mois l’an dernier pour dopage… Je tousse…

Van Garderen n’a pas tout perdu, il prend le maillot à pois et le dossard rouge, Gilbert le vert, Hushovd se surprend lui-même en restant tout de jaune vêtu, une nouvelle fois décroché dans le final Gesink a néanmoins conservé le maillot blanc pour une petite minute.

Wout Poels, un Néerlandais de Vacansoleil, est arrivé avec plus de 28 minutes de retard, il était limite en pleures… mais il a fini.

Le Tour de France ce sont des mecs qui lèvent les bras sur la ligne d’arrivée, mais aussi des mecs qui souffrent pour la franchir.