Etape courte pour baroudeurs semble-t-il, il y a 2 montées de 4e et 2 de 3e catégorie, même si les principales difficultés sont en milieu d’étape. Le sprint intermédiaire arrive très tôt, ça peut avoir de l’influence sur la course.

Au départ, il grêle (!), ensuite ça va mieux, mais on s’attend à des orages. Il y a eu une chute très rapidement avec beaucoup de coureurs connus, le peloton s’est morcelé avec du beau monde retardé. C’est vite rentré dans l’ordre.

Bien sûr, on trouve pas mal de volontaires pour attaquer, un groupe de 6 se forme, ça bouge beaucoup dans le peloton avec des coureurs qui tentent de partir les rejoindre. Les Europcar décident ensuite de faire le travail d’équipe du maillot jaune, ils se placent à l’avant et calment tout ça.

Devant, 5 Français et un Italien (qui a lancé l’échappée) ! Julien El-Farès, Rémy Di Gregorio, Arthur Vichot, Sébastien Minard et Anthony Delaplace accompagnent Marco Marcato. Ils sont tous à plus de 15 minutes au général. A l’arrière les frères Schleck ont des problèmes mécaniques.

Vichot est allé gagner le sprint intermédiaire, on voit souvent les FDJ à l’avant, ils prennent les primes. Le peloton accélère pour le sprint intermédiaire, José Joaquin Rojas se plaint d’avoir été enfermé par Cavendish, ça ne semble pas flagrant. Cavendish a réglé le peloton devant son poisson-pilote, Philippe Gilbert n’était pas au top, il a perdu 2 points sur l’Espagnol.

Les équipes de sprinteurs se mettent déjà à l’avant pour contrôler, il reste plus de 100 bornes et l’écart n’est que de 4 minutes. Encore un problème pour Levi Lepheimer… Quels poissards ces RadioShack ! Mais comme disent les Ricains «karma is a bitch ! »

Marcato – fan de foot ? – défend le maillot d’Hoogerland, il attaque pour passer en tête de la première difficulté. Il n’a même pas besoin d’accélérer pour la montée suivante. L’écart diminue lentement mais sûrement, il passe à moins de 3 minutes puis remonte un peu, on dirait qu’ils jouent au poker. Ça tourne longtemps entre les 3’ et les 3’40. Ça baisse à nouveau.

Il fait de plus en plus chaud sur la route du Tour malgré la présence de nuages qui cachent en permanence le soleil. Chaud et lourd[1].

La Côte de Villefranche-de-Rouergue monte dur, Marcato passe encore devant et remercie les autres de ne pas avoir combattu. A l’arrière Tyler Farrar a du mal à suivre, le peloton va à vitesse relativement modérée pour ne pas perdre les sprinteurs. Philippe Gilbert va chercher les bidons…

L’écart devient assez ridicule, 1’30 à 50 kilomètres de l’arrivée. Di Gregorio crève, comme si l’échappée avait besoin de ça. On peut éventuellement espérer une attaque dans la dernière bosse. Et un finish à 1 ou 2.

45 secondes à 20km de l’arrivée, ça devrait contrer devant dès que l’occasion se présentera, mais dans la partie descendante, c’est impossible. Le groupe s’est en fait cassé en 2, 3 ont abandonné, Vichot, Marcato et Minard continuent.

Gilbert fait rouler à bloc ses hommes pour éliminer les sprinteurs dans la bosse, Thomas Voeckler se place dans la roue de Gilbert en 3e position du peloton.

Marcato part seul, il aura sans aucun doute le dossard rouge, les 2 derniers Français se relèvent. L’Italien n’ayant que quelques dizaines de mètres d’avance, il la tête du peloton de quelques mètres et se fait rapidement reprendre. L’effort de Gilbert a créé une cassure dans le peloton. Ça craque à l’arrière.

Tony Gallopin lance un contre, Gilbert va lui-même le chercher avec Voeckler dans la roue. C’est un super petit groupe de 4, il y a une petite cassure, on insiste, Voeckler va prendre le point de la dernière difficulté, c’est tout bonus ! Tony Martin revient et devant on insiste, Gilbert sent qu’il a un joli coup à tenter. Avec les 4 hommes on trouve Dries Devenyns.

Quelle fin de course incroyable ! Les BMC sont obligés de rouler, le peloton est en lambeaux ! Pas mal de sprinteurs sont éliminés. Le Quick Step se fait la malle tout seul, les 4 autres ont du mal à la reprendre, et à l’avant du peloton on soit attendre l’aide des coéquipiers des frères Schleck pour s’organiser. Les 5 hommes sont ensemble, il reste une petite douzaine de kilomètres. Les Garmin-Cervélo aussi sont à bloc. Gilbert se donne, c’est impressionnant ! L’avance n’est pas énorme, mais le coup en lui-même l’est.

Ça va revenir, du coup Devenyns tente de contrer. Un Euskaltel, Gorka Izagirre, essaie de quitter le peloton pour rejoindre les hommes de tête alors que Gallopin a sauté et que Gilbert en remet une couche pour partir seul à 7km, les autres se relèvent un peu, ça contre encore, Izagirre et Gallopin tentent de repartir mais sont rejoints.

Gilbert se fait reprendre à plus de 4km de l’arrivée car les HTC sont devant, ils roulent pour Cavendish qui a réussi à s’accrocher. Encore des contres, Blel Kadri et un Vacansoleil, Rob Ruijgh, mais c’est peine perdue.

Encore un contre à moins de 3 bornes, David Millar. Il se retourne beaucoup et ne creuse pas l’écart, Tony Martin roule en tête du peloton, il avale Millar. C’est un sprint en descente.

Romain Feillu est très bien placé, Cavendish n’a plus d’équipier. C’est lancé de loin… Victoire d’André Greipel – l’ennemi de Cavendish[2] et coéquipier de Gilbert – en puissance juste devant le Britannique parti trop loin, Feillu s’est fait décrocher de la roue, dommage, il finit 5e, Rojas est 3e, Hushovd 4e. Hinault 7e, Dumoulin 10e.

Même si c’est un homme de Gilbert qui a gagné, ce n’est pas une très bonne affaire pour le classement par points, son avance se réduit. Il aura eu le mérite de rendre la fin d’étape très goûteuse. Aucun changement de maillot.

Un Belge, un Américain, un Australien, un Anglais, un Norvégien, encore l’Anglais, un Portugais, un Espagnol, maintenant un Allemand… Mais merde ! A quand un vainqueur d’étape français ?

Notes

[1] Le ciel n’a pas déversé son humidité sur les coureurs jusqu’à la fin de l’étape.

[2] Qui le barrait chez HTC, d’où son départ de cette équipe.