Certes, on peut m’objecter que les Bleues ont des erreurs défensives, que Bérangère Sapowicz s’est loupée sur ce match après avoir sauvé les meubles pas mal de fois depuis le début de la campagne, que Bruno Bini a commis une erreur de coaching aux effets immédiats, que le faible efficacité de Gaëtane Thiney et de ses copines ou encore le manque de spontanéité de Louisa Nécib ont été la cause de la défaite des Bleues…
Certes, on peut me raconter que les Américaines ont leur dernier mot grâce à leur supériorité physique (et je ne parle pas de la plastique remarquable de certaines joueuses, plutôt de leur taille et de leur puissance), à leur expérience, leur opiniâtreté, à leur réalisme, à leur gardienne star, Hope Solo, ou encore aux changements de la Suédoise qui les dirige…
Mais à un moment, si on n’applique pas les lois du jeu de football, ce n’est plus du football, c’est un jeu de ballon indéterminé disputé sur un terrain de foot.

  • L’arbitrage : BOULET !

Sur les 30 premiers matchs de la compétition j’ai dû en voir tout ou partie d’une douzaine, peut-être plus. Ma conclusion est simple : l’arbitrage est le boulet du football féminin de haut niveau, ça le décrédibilise totalement, il s’agit d’un énorme frein à son évolution, l’élément qui risque de l’empêcher de se développer normalement. On voit très peu de contestations, ça viendra si on ne fait rien pour remédier au problème. Comment faire ? Déjà, qu’on arrête de ne mettre que des femmes pour arbitrer. C’est une Coupe du monde, c’est censé être du football, qu’on y envoie des arbitres de football, qu’il s’agisse ou non de femmes.

Le principal problème dans ce sport, on le dit souvent chez les hommes, est que tout va beaucoup plus vite qu’avant, les arbitres ne peuvent pas suivre le rythme, ne peuvent pas tout voir, pas toujours être au bon endroit pour observer les situations de jeu. Il est parfaitement possible de grandement limiter cet écueil dans le football féminin, on pourrait faire en sorte que l’arbitre soit physiquement capable d’être toujours idéalement placé près des actions… En ne faisant officier que des femmes, la FIFA refuse cette possibilité. On a déjà du mal à avoir de très bons éléments parmi des dizaines de milliers d’arbitres masculins, alors si en plus on réduit la base dans laquelle on recrute en ne voulant que des femmes (qui sont infiniment moins nombreuses à arbitrer que les hommes), on ne peut pas s’étonner de se retrouver avec ce problème. S’il faut écailler en moyenne 10000 huîtres pour trouver une perle, vous aurez peu de chances de tomber sur une perle en n’ayant que quelques bourriches à ouvrir. Pour trouver ses arbitres "en jupons"[1], on est obligé d’adopter des critères physiques au rabais, ceux qui officient sont moitié moins rapides que ceux qui jouent.

La FIFA fait dans la comédie, elle se plait à montrer son incompétence.

La demi-finale USA-Brésil était un vaste sketch, le quart de la France contre l’Angleterre a aussi été marqué par de graves erreurs, je ne vous parle même pas du match de la Guinée Equatoriale contre l’Australie lors quel une joueuse a carrément pris le ballon à 2 mains devant son but sans qu’il y ait penalty (!!).

Comble du foutage de gueule, on nous remet la Finlandaise ayant déjà officié de façon déplorable lors de France-Allemagne. Mme Heikkinen a eu notre peau. Croyait-elle arbitrer un match de bûcherons ? Il y a des limites dans l’engagement physique ! La plupart du temps elle laissait tout le temps jouer comme si la loi 12 avait été réduite à 2 lignes !

A d’autres moments, elle a semblé rajouter des lignes. Je ne parviens pas à digérer quelques décisions qui ont offert le match aux Etats-Unis.

:!: Attention, les prochains paragraphes sont des explications purement techniques, ensuite je m’attaquerai au match en lui-même car il y a pas mal à en dire et à en montrer.

Je ne parle pas seulement du débat concernant la faute sifflée contre Gaëtane Thiney lorsque la n°17 des Bleues a pris le ballon de la tête dans la main de la gardienne, semble-t-il sans toucher celle-ci. Le ballon n’a pas fini au fond car après avoir chipé la gonfle la Française n’a pas pu aller finir le travail, la boule plastifiée a fini juste devant la ligne, il aurait été facile de conclure sans une faute grossière de l’Américaine et un CF incompris par la plupart des spectateurs, téléspectateurs (et là je vous parle aussi des forums américains avec uniquement des fans américains, dont beaucoup de sexe féminin, dont le patriotisme et le chauvinisme atteignent pourtant des niveaux inimaginables), et bien sûr par Gaëtane.

Je recherche la vidéo de l’action, j’ai perdu l’extrait de la vidéo du match correspondant à cette action (ça m’a beaucoup énervé)[2]. Sur le net j’ai en revanche trouvé la même action dans un vieux match anglais des années 80 (avec but validé).

J’ai fouillé et encore fouillé dans la loi 12, absolument rien ne justifiait ce coup de sifflet. Je me suis alors farci les directives d’interprétation fournies par la FIFA. Pour trouver une justification il faut aller chercher non pas dans la règle mais dans les directives d’interprétation non pas dans une des parties de la loi 12 concernant les fautes et incorrections des joueurs de champs mais dans celle concernant l’interdiction faite au gardien de conserver le ballon dans ses mains pendant plus de 6 secondes (règles quasiment jamais appliquée de surcroît). Et là, plus fort encore, alors qu’on nous rajoute une notion, celle de "possession du ballon", qui vient embrouiller les choses. La rédaction de la directive n’est absolument pas claire – le but de directives d’interprétation est de clarifier et de préciser, non ? – mais peut-être que sa traduction en Finlandais conduit à une autre compréhension de la chose, car si on lit les règles en français, Gaëtane Thiney était totalement en droit de jouer le ballon. Voici pourquoi.

Il est écrit ceci :
Le gardien de but n’est pas autorisé à tenir le ballon dans ses mains pendant plus de six secondes. Il est considéré comme en possession du ballon :
lorsqu’il tient le ballon entre ses mains ou entre sa main et une surface (le sol, son corps, etc.) ;
lorsqu’il tient le ballon sur sa main ouverte ;
lorsqu’il fait rebondir le ballon sur le sol ou qu’il le lance en l’air.
Si un gardien de but tient le ballon dans ses mains, l’adversaire ne peut pas le lui contester.

S’il était écrit ceci :
Le gardien de but n’est pas autorisé à tenir le ballon dans ses mains pendant plus de six secondes. Il est considéré comme en possession du ballon :
lorsqu’il tient le ballon entre ses mains ou entre sa main et une surface (le sol, son corps, etc.) ;
lorsqu’il tient le ballon sur sa main ouverte ;
lorsqu’il fait rebondir le ballon sur le sol ou qu’il le lance en l’air.
Si un gardien de but est en possession du ballon, l’adversaire ne peut pas le lui contester.

…alors oui, il y aurait faute. Toute la différence se fait dans la reprise ou non de la notion de "possession du ballon". Si ce concept n’est pas repris par la suite, c’est qu’il ne s’applique pas au reste du texte. S’il est écrit "tient le ballon dans ses mains", c’est que la précision ne concerne que le premier des 3 points, pas les 2 autres. Et c’est fort logique, sinon ça voudrait dire que le ballon ne serait pas jouable lorsque le gardien le jette en l’air ou le fait rebondir sur le sol !

Ce que je vous explique, c’est du droit élémentaire. Or de quoi s’agit-il concernant les lois du jeu si ce n’est de droit ? C’est comme ça avec trop d’arbitres, ils brodent, ils brodent, ça finit par n’avoir plus aucun sens, ils réécrivent le texte... La FIFA devrait le réécrire pour clarifier la chose.

D’ailleurs si l’arbitre avait été un homme j’aurais lancé «l’arbitre n’avait pas de couilles»… ça ne fonctionne pas avec un arbitre femme. Comme Solo se jette sur la Française et l’empêche d’aller pousser le ballon au fond, ça devait faire péno et rouge, autrement dit qualification de la France[3]. Par contre, pour exclure notre gardienne et filer un péno aux Allemandes, aucune hésitation !

Je n’ai pas trouvé de loi du jeu interdisant de faire preuve d’opportunisme et de malice.

Si on poursuit pour trouver les fautes SUR le gardien, on tombe sur une liste de 3… -Gaëtane a-t-elle empêché Hope Solo de lâcher le ballon des mains ? A l’évidence non, au contraire, elle lui a fait lâcher en lui prenant de la tête.

-Gaëtane a-t-elle joué ou tenté de jouer le ballon alors que Solo était en train de le lâcher, ceci de façon dangereuse ? Absolument pas. (J’ajoute que cette situation concerne plutôt ce qu’on qualifie d’arrêts en 2 temps.)

-"Il y a faute lorsqu’un joueur entrave de façon antisportive les mouvements du gardien de but, notamment lors de l’exécution d’un coup de pied de coin."

Tiens… je vous conseille de regarder le 2e but américain… Une joueuse qui entrave de façon antisportive les mouvements du gardien sur un coup de pied de coin… Et oui. Que fait Alex Morgan sur le corner du 2e but américain ? Elle gêne volontairement Bérangère Sapowicz qui ne peut pas sortir correctement et est totalement à la rue. Est-ce permis ? Manifestement non, comme vous pouvez le lire. Qui plus est sur un corner n’ayant pas lieu d’être, Abby Wambach ayant commis une faute évidente sur Sonia Bompastor sur l’action précédente…

En 3 ou 4 minutes un péno+rouge en notre faveur oublié et un but accordé à nos adversaires entaché de 2 fautes, une sur l’obtention et une sur l’exécution du CPA… Un peu lourd tout ça, non ? Difficile à digérer.

  • Le match : REGRETS.

Le grand stade de Mönchengladbach n’était pas plein, tant s’en faut, pour une demi-finale de Coupe du monde opposant la nation classée n°1 par la FIFA (classement n’ayant pas grand sens, l’Allemagne mérite bien plus ce titre sur les 8 dernières années) à un pays frontalier. Il est vrai qu’un mercredi à 18h pendant les grandes vacances et alors que la présence de la France n’était pas tellement prévue au programme, remplir le stade de supporters tricolores n’était pas facile, en plus on ne savait pas que de nombreuses places étaient invendues. Le kop bleu était toutefois conséquent. On peut parler d'un premier couac majeur pour l’organisation (il y en a eu quelques autres moins importants).

Le discours anti-discriminations de la FIFA pour commencer… Il est lu au micro par les 2 capitaines… Le flan habituel de la FIFA, on connaît.

Là, on voit qui est l’arbitre… Gigantesque ARF…

De notre côté, 2 changements, retour de Bérangère Sapowicz, suspendu contre l’Angleterre à cause d’une décision sévère de cette Finlandaise, et Ophélie Meilleroux de retour en défense centrale, car Sabrina Viguier a montré des limites lors de la rencontre précédente et Wendie Renard, dont la taille aurait été utile face à Wambach, est encore beaucoup trop verte[4], contre l’Allemagne son manque d’expérience sautait aux yeux, elle a commis énormément d’erreurs.
En face, il fallait faire sans une titulaire habituelle en défense centrale, suspendue (injustement) après son exclusion (injuste) contre le Brésil.

Au moment des hymnes, on sent les Bleues assez tendues.

Le match s’est joué sous une pluie fine, il faisait froid, mais cette fois, les Bleues ont évité le coup de chaud de la première minute vécu contre l’Angleterre, elles ont toutefois connu une première frayeur à la 6e minute sur un corner pour Wambach au second poteau. La tête n’était pas cadrée, mais on a compris de suite la tactique des Ricaines sur CPA : chercher Wambach au second poteau en gênant notre gardienne (qui est assez petite). Ça a fonctionné plusieurs fois. Laure Lepailleur a souvent eu la charge de marquer la star US aux stats aussi impressionnantes que la stature. 1m81, chez les filles, c’est comme 1m95 chez les hommes, c’est vraiment très grand.

Dans l’ensemble, la France a dominé ce début de rencontre très engagé physiquement, les 2 équipes pressaient très haut. Les Bleues ont été dangereuses pour la premières fois après 7-8 minutes sur une reprise de Marie-Laure Delie détournée en corner puis une frappe de Nécib sous la barre claquée par Solo (qui n’est pas un âne… désolé… vous souveniez-vous qu’elle est passée par l’OL ?).

On continue à pousser, finalement Solo prend le ballon… et but ricain. On n’a rien compris à ce qui nous arrivait. Lepailleur a dû monter sur la latérale qui a lancé Heather O’Reilly côté gauche, Laura Georges devait couvrir, mais trop courte, elle a laissé son adversaire centrer au sol devant le but, petite déviation décroisée de Lauren Cheney au 1er poteau, but. 9 minutes, une occasion, un but.

Les Bleues ont eu un peu de mal à se remettre de ce sale coup, elles se sont mises à commettre quelques erreurs idiotes conduisant à des pertes de balle. Sapowicz n’était pas en confiance, plusieurs fois sollicitée sur des CPA elle ne rassurait pas sa défense. On a eu 2 ou 3 frayeurs. Heureusement, Elise Bussaglia et Sandrine Soubeyrand faisaient du très bon travail au milieu. Un énorme travail !

Offensivement ça s’est progressivement amélioré, bien que les Françaises aient trop souvent eu tendance à chercher la profondeur rapidement au lieu de jouer au sol en construisant. Lorsqu’elles ont pris leur temps et mis en place ce qu’elles savent faire, notamment faire circuler le ballon à une ou deux touches, ce n’était pas mal du tout. Les championnes olympiques en titre étaient tout de mêmes "solides", "bien en place", elles pressaient toujours très haut (comme les pas encore championnes mais ça viendra, aussi agressives et combatives pour récupérer le ballon dans le camp adverse).

L’arbitre laissait énormément de latitude aux joueuses pour mettre de la dans les duels – souvent au-delà des limites acceptables – et ne sévissait jamais presque jamais, c’était assez énervant. Ceci dit, on connaissait déjà depuis quelques jours le laxisme saupoudré d’incohérences grotesques et de crises de sévérité dont Mme Heikkinen semble être coutumière.

On peut s’en vouloir d’avoir mal tiré la plupart de nos CPA, d’avoir manqué de justesse et de précision dans les 30 derniers mètres que ce soit dans les contrôles (je pense à celui loupé par Thiney à la 13e alors qu’en s’emmenant le ballon correctement elle se serait retrouvée en très bonne situation pour marquer), ou dans les frappes – pour la plupart lointaines car il était difficile de s’approcher du but – soit non-cadrées, soit assez faciles à arrêter. Ça manquait parfois de mouvement et de solutions.

Pour illustrer tout ça, rien de tel que cette action à la 27e minute terminée par une grosse frappe de loin cadrée d’Bussaglia, après une récupération du ballon par Soubeyrand, 2 joueuses réellement phénoménales au milieu.

On commençait à entendre le public français lorsque vers la demi-heure de jeu, la rencontre a failli tourner. En l’espace de 2 minutes la France a obtenu une bonne occasion sur un centre de Sonia Bompastor repris par Camille Abily (reprise un peu manquée), puis suite à une double erreur de Laura Georges (elle manque son dégagement puis se fait éliminer en se jetant) les Ricaines ont mis le feu dans notre surface, les Bleues partent en contre-attaque, Louisa Nécib réussit une excellente passe croisée – une des trop rares fois où elle s’est mise en valeur – pour lancer Gaëtane Thiney dans la surface côté gauche… Mais Hope Solo a eu la main ferme pour détourner ce tir. Les Yankees ont encore subi la pression tricolore sans craquer.

A la 33e minute, CF obtenu par Bompastor sur son côté gauche, il est joué avec une passe en retrait pour l’arrière gauche des Bleues située juste devant la surface. Sa frappe envoie le ballon s’écraser sur la barre, quasiment l’équerre lucarne opposée. Elle aurait mérité que sa tentative soit couronnée de succès.

Les Bleues continuaient à dominer, à pousser, à construire, à contrer, mais les atermoiements de Nécib – c’est récurrent dans son jeu depuis le début de la Coupe du monde, elle manque souvent de spontanéité – gâchaient des opportunités ou forçaient. La France jouait toujours bien sans toutefois pouvoir s’approcher du but. Les frappes de loin apparaissaient donc être la seule solution.

Alors que l’EdF apparaissait nettement supérieure, Abby Wambach a loupé l’occasion de faire le break. On se demande comment elle a fait car l’occasion était énorme, Lepailleur avait lâché le marquage, Sapowicz était impuissante, la star US était seule près du but vide à la réception d’un long centre au second poteau. A 2-0 à la 38e minute, le match aurait sans doute définitivement tourné.

Peu après, choc entre Sapowicz et Bompastor, elles se sont percutées en se jetant au premier poteau dans les pieds d’une Ricaine… Non seulement ça a fait mal aux victimes du télescopage, mais ça aurait aussi pu faire mal si le ballon avait fini au fond.

Nécib n’y était pas, on continuait à gâcher des CPA, à perdre bêtement le ballon… Il y avait donc toujours 1-0 pour les Etats-Unis, infiniment plus réalistes qu’une équipe de France aussi dominatrice au milieu qu’imprécise devant et fébrile derrière.

A la mi-temps Eugénie Le Sommer a remplacé Marie-Laure Delie, blessée et invisible. On a tout de suite vu la différence.

Au bout de quelques secondes on a eu une impression de déjà-vu : passe croisée de Nécib pour Thiney lancée dans la profondeur un peu sur la gauche, mais cette fois encore la joueuse de Juvisy a loupé son contrôle, elle n’a pas pu emmener le ballon. Grosse occasion gâchée.

La France était vraiment meilleure, il n’y avait pas photo entre les 2 équipes. L’efficacité du pressing permettait de récupérer le ballon très haut et d’étouffer les championnes olympiques en titre. Si Nécib manquait encore de spontanéité et que quelques incompréhensions enrayaient ou annihilaient certaines actions, l’ensemble était bon. Les Bleues ont enchaîné 2 demi-occasions aux 53-54e minutes, une frappe de très loin de Soubeyrand non cadrée mais si surprenante que Solo a dû assurer en mettant en corner, puis une tête cadrée d’Abily… Camille était retenue dans la surface, chez les hommes c’est penalty, mais comme manifestement chez les femmes on a le droit de faire ce qu’on veut avec ses membres supérieurs…

Et dans la foulée, alors que la mythique Jézabel Lemonier[5] nous annonçait l’entrée prochaine de Rachel Buehler (suspendue je le rappelle), Bussaglia change d’aile avec une transversale pour Bompastor, laquelle tente un centre lointain pour la tête de Thiney, qui courait vers le premier poteau pour le coupée. Si cette dernière a été lobée de peu, elle a eu le grand mérite de fixer Hope Solo, piégée. Le ballon a rebondi, est allé heurter le poteau et a franchi. BUUUUUUT !!! But chanceux, certes, mais les Bleues méritaient d’enfin être payées de leurs efforts et de leur domination.

Dans la foulée de l’égalisation Alex Morgan a remplacé Amy Rodriguez… Le niveau de l’équipe américaine n’a pas baissé (pas même sur le plan esthétique^^), bien au contraire.

L’EdF restait nettement supérieure, on sentait les coéquipières de Rampone en difficultés physiquement, elles payaient le jour de récupération en moins, la prolongation contre le Brésil et le transfert. Les fautes se multipliaient mais la Finlandaise ne bougeait pas une oreille, elle laissait faire, à croire que son carton jaune était collé à l’intérieur de sa poche. La France poussait, la surface américaine était assiégée, les frappes passaient toujours de peu à côté ou au-dessus, étaient contrées, pas toujours de façon licite. Une frappe de Bussaglia déviée par un bras pas vraiment collé au corps avec un geste très douteux, une reprise détournée par la main de Wambach (les 2 fois dans la surface bien sûr). Donc c’est bien ça, dans le foot féminin on a droit de jouer avec les mains.

Les Etats-Unis étaient à l’agonie. A la 66e minute Nécib va au pressing sur Hope Solo – encensée alors qu’elle a commis plusieurs erreurs grossières lors de cette rencontre, c’est vrai qu’elle n’est ni mauvaise, ni moche, mais bon, la plastique ne doit pas modifier le jugement sportif – dégage n’importe comment sur Le Sommer, malheureusement la jeune Bretonne fait le mauvais choix, elle manque totalement sa frappe enroulée.

Le match a commencé à changer lorsque Megan Rapinoe a remplacé Carli Lloyd. Avec sa vitesse et celle de Morgan, on a rapidement senti le danger, leurs appels en profondeurs étaient une réelle menace.

A la 70e minute c’est d’un CF américain à 30 mètres dans l’axe qu’est venue la grosse frayeur. Sapowicz a repoussé comme elle a pu la frappe lourde dirigée vers son but avant d’effectuer un second arrêt assez improbable – à bout portant sans avoir réussi à se remettre sur ses appuis – face à Morgan, partie HJ. Premier avertissement sans frais.

L’arbitrage est alors devenu assez folklorique, Wambach fait ce qu’on appelle communément un "jeu au sol" (en fait elle est à terre et empêcher les adversaires de jouer le ballon) mais c’est sifflé contre nous, puis Morgan part dans la profondeur et s’effondre au duel avec Meilleroux comme pour obtenir le carton rouge… alors qu’elle est l’auteur de la charge. Là non plus, pas de faute, pas de jaune pour simulation (lorsqu’on se souvient de la sévérité des décisions de la même arbitre lors d’Allemagne-France, on se dit qu’il y a un problème). Le pompon est bien sûr l’action de la 76e minute avec le coup de malice de Gaëtane Thiney qui aurait dû faire tourner le match en faveur de la France. J’ai expliqué plus haut pourquoi Hope Solo devait être exclue et un penalty être accordé aux Bleues. 2 minutes plus tard, l’erreur de Bruno Bini. La grosse erreur. Sa première de la compétition, sauf si on compte comme une erreur le fait de ne pas avoir mis carrément une équipe B contre l’Allemagne pour reposer ses titulaires et perdre volontairement un match qu’il fallait absolument perdre (comme l’avenir l’a montré). En remplaçant son capitaine, Sandrine Soubeyrand, par Elodie Thomis, il a déséquilibré son équipe alors que les Bleues dominaient des Américaines incapables de tenir le ballon, probablement même sur le point de craquer. Certes, Soubeyrand n’est plus de la première jeunesse (38 ans moins quelques jours), mais elle était l’auteur d’une prestation impressionnante au milieu. Même fatiguée, sa présence et son expérience semblaient indispensables. Faire entrer Thomis en attaque, c’était tenter le tout pour le tout à 12 minutes de la fin alors que la France n’avait pas besoin de prendre autant de risques, le score étant de 1-1. C’était même dangereux car les Etats-Unis affichaient clairement leur volonté de jouer en contre avec leurs 2 bolides.

A peine le changement effectué, catastrophe, mauvais dégagement de Sapowicz, une Américaine récupère sur le côté, déborde, centre, une faute évidente de Wambach sur Bompastor n’est pas sifflée, ça se termine 3 secondes plus tard par un corner qui jamais n’aurait dû exister, et cette fois le coup du ballon au second poteau pour Miss 181 centimètres fonctionne, Laure Lepailleur a lâché le marquage, sa coéquipière au PSG est trop courte dans sa tentative de sortie – dites-moi à quel moment Alex Morgan joue le ballon, elle ne fait que gêner notre gardienne, jusqu’à preuve du contraire c’est interdit en football – et la France se retrouve injustement menée 2-1.

Certes, le but était évitable car plusieurs erreurs françaises ont concouru à cette réalisation… Le corner aussi l’était… si l’arbitre avait fait son travail.

La suite c’est… un centre en profondeur de Lepailleur pour la tête de Le Sommer un tout petit peu trop courte, et sur le contre le 3e but marqué par Morgan, un but sans réelle construction. Laura Georges s’est trouvée, Bérangère Sapowicz a touché le ballon sur la frappe piquée à angle fermé de la bombe américaine. A 1-3, les carottes étaient cuites. Les Bleues ont tenté de pousser, leurs adversaires contraient, sur un nouveau ballon en profondeur pour Morgan la gardienne du PSG a remporté son duel, peu avant l’écart a failli se réduite sur csc.

Si vous avez envie de vous fader la fin du match, libre à vous, mais perso, ça me dégoûte trop, j’arrête le récit.

Et dire que les coéquipières d’Alex "Miss Monde" Morgan ont été les dernières qualifiées pour la phase finale… en éliminant en barrage l’Italie, contre qui la France a obtenu son billet…

Je suis pour le football technique, le beau jeu, c’est pourquoi je dis allez le Japon (victorieux 3-1 de la Suède) ! Voir le football bourrin à la scandinave l’emporter, ça me ferait mal, surtout que les Ricaines ont été aidées par l’arbitrage et n’en disent pas mot alors que face au Brésil les – grossières – erreurs en leur défaveur ont été commentées encore et encore pour amplifier la valeur de leur qualification. L’arbitrage, il faut en parler aussi quand il vous est favorable, c’est toujours ce que je fais. A ce propos, s’il pouvait être plus souvent favorable à mes équipes préférées… Je n’ai pas trop été gâté cette saison.

Les manques des Bleues ?

Une défense centrale à la fois complémentaire et expérimentée ensemble. Si Renard et Georges pouvaient évoluer ensemble dans l’axe à l’OL pendant toute la saison et que la jeune femme d’1m87 pouvait rapidement progresser dans la concentration, on aurait déjà un gros problème de réglé. Les Bleues n’ont encaissé aucun but lors de 13 de leurs 14 premiers matchs de le la campagne mondiale – avec au passage des arrêts très importants de Sapowicz – mais faute de défense centrale stable et fiable elles viennent d’en encaisser 8 en 3 rencontres.

De l’efficacité offensive. Le beau jeu ne paie pas souvent, du moins à ce niveau et avec ces arbitres. Oui, quand l’arbitrage est mauvais – et je ne parle pas d’arbitrage orienté – il faut être 3 classes au-dessus de ses adversaires pour être sûr de les taper. On n’est pas 3 classes au-dessus des Anglaises (2 classes seulement) et des Américaines (une classe), d’où ces aléas… On a baladé ces adversaires sans réussir à leur coller plus d’un but validé. Nécib a été trop souvent transparente, Thiney a trop gâché dans la surface, Abily a trop tenté de loin sans viser juste… Lors de cette rencontre la FIFA a répertorié 25 tirs français dont 8 cadrés contre 11 et 5 en face. 10 corners à 5 mais 0 but à 1 inscrit sur ces phases de jeu…

L’expérience du très haut niveau manque à pas mal de nos joueuses. Elles n’ont pas non plus l’habitude d’enchaîner des matchs de haut niveau. Pour donner un exemple, prenons celui de Laure Lepailleur, qui a été excellente pendant une grande partie de la compétition avant d’apparaître bouillie physiquement. Normalement elle joue un match chaque dimanche à 15h, bien souvent face à une équipe très moyenne où on ne trouve aucune véritable professionnelle. L’intensité d’un match de Coupe du monde, même en sélection elle ne le trouve pas[6]. Enchaîner la fin de la rencontre contre les Nigérianes, puis le Canada et l’Allemagne en intégralité avant 120 minutes face à l’Angleterre puis le quart contre les Etats-Unis, ceci en quoi ? 18 jours ?... C’est très compliqué, surtout à un poste aussi exigeant que latéral.

La Ligue des Champions est une chose, ça fait néanmoins assez peu de rencontres, et pas forcément toujours face à du très lourd. Multiplier les rencontres face aux grosses nations semble une piste intéressante à étudier, la FFF devrait, par exemple, chercher à organiser de temps en temps un lever de rideau des Bleues avant un match des Bleus en invitant l’équipe féminine du pays reçu (si ça a un intérêt sportif réel, donc s’il s’agit des Etats-Unis, du Brésil, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Suède, du Japon, de la Norvège, de la Suisse, de l’Italie,…). Autre idée, créer un tournoi amical en France à l’image de ce qui existe déjà à l’étranger, notamment au Portugal et à Chypre. Un tournoi à 4 équipes en n’invitant que des équipes au moins quart-de-finalistes du Mondial, ce serait sympa, non ?

Pour le bien du football féminin un meilleur calendrier de la D1 pour éviter d’avoir 20 matchs reportés pendant l’hiver, ce serait sympa… C’est une autre histoire.

Maintenant reste à affronter la Suède, espérons que ça se passe bien, ce serait rageant de finir sur une défaite après avoir tant montré lors de la CdM.

Allez les Bleues !

Notes

[1] Pour reprendre une expression totalement grotesque lue dans Le Parisien qui nous parlait de «joueuses en jupons».^^

[2] J'ai fini par revoir l'action et j'ai fait des captures d'écran, j'ai mis l'image dans la seconde partie, celle sur le match.

[3] Compte tenu de la très nette domination française, un péno avec une nouvelle gardienne pas échauffée qui rentrer, Bussaglia ou Bompastor aurait marqué, et à 2-1 à 15 minutes de la fin, à 11 contre 10, avec des Ricaines fatiguées, c’était un boulevard, sans compter que Bruno Bini n’aurait probablement pas fait sortir Sandrine Soubeyrand.

[4] Bien que Lyonnaise…

[5] Voir ici.

[6] Les matchs de qualification étaient assez facile car la France était trop supérieure à ses adversaires.