L’étape est longue et très difficile car après une longue partie de plat (plat relatif^^), 3 énormes montées sont au programme : 1 nouveau col, la Hourquette d’Ancizan puis 2 grands classiques, le Col du Tourmalet puis l’arrivée à Luz-Ardiden (on le Tour n’était plus arrivé depuis 2003). Les 3 difficultés s’enchaînent dans les 80 derniers kilomètres.

Au moins, il fait relativement beau… même s’il ne fait pas chaud (euphémisme, 6 à 8°C au sommet des acensions).

La traditionnelle échappée au long court part tout de suite, on y retrouve pas mal d’habitués : Jérémy Roy, Blel Kadri, Ruben Perez Moreno (un Euskaltel-Euskadi, normal, on est dans les Pyrénées), José Ivan Gutierrez, ainsi qu’un 3e Français, celui qui a lancé l’échappée, Laurent Mangel. Le 6e est Geraint Thomas. Le Britannique n’est qu’à 5’51 au général.

Thomas Voeckler décide de ne pas laisser plus de 8’ de marge, il fait rouler les Europcar pour limiter l’écart qui plafonne un peu au-dessus des 7’. Les Cofidis sont tous juste derrière les Europcar, ça sent l’échappée de David Moncoutié dès le début de la montée ou alors Rein Taaramae en lutte pour le maillot blanc[1]. Les Europcar annoncent qu’ils ont finalement décidé de laisser 10 minutes d’avance en tablant sur l’accélération des équipes de sprinteurs pour le sprint intermédiaire et pour la remontée des leaders. En réalité ça n’a jamais vraiment dépassé les 9 minutes.

Mongel bat Roy au sprint intermédiaire, c’est rare que le FDJ de l’échappée ne gagne pas ! Très bien emmené, Cavendish va régler le peloton devant 2 coéquipiers avec Rojas intercalé entre les 2. Excellente affaire pour le Britannique. Les échappés ont perdu près d’une minute dans l’affaire.

Johnny Hoogerland (accompagné d’un Movistar) tente une première fois de contrer pour aller chercher des points dans la montagne. Son initiative est tuée dans l’œuf.

L’écart décroit assez rapidement avant le début officiel de la première ascension. Le sort des attaquants semble funeste, d’autant que l’un d’eux, Gutierrez, est malade (ses problèmes digestifs n’ont pas aidé, il a vite été décroché). Les leaders sont tous dans la roue des Europcar qui roulent très vite avant de débuter la montée, ça diminue super vite, on passe sous les 6’.

Derrière on commence déjà à passer par la fenêtre.

Hoogerland tente à nouveau de partir, Sylvain Chavanel saute dans sa roue ! Ils ont récupéré de leurs chutes on dirait… Le champion de France à l’avant, ça fait plaisir, surtout le 14 juillet. Quelques minutes plus tard Roman Kreuziger part en contre pour rejoindre les 2 hommes partis en chasse-patate qui n’ont pas encore creusé un très gros trou. Il revient très vite.

Les échappés ne perdent pas de terrain sur le peloton, en revanche les 3 "contreurs" se rapprochent bien. Hoogerland ne peut pas tenir le rythme, il craque. Au sommet Mangel passe en tête, il semble très fort. Chose incroyable dans la descente, dans un des premier virages Geraint Thomas pile sur ses freins et sort de la route, il évite de peu de se ramasser gravement. Quelques virages plus tard il remet ça et va tout droit après avoir encore fait un gros dérapage de la roue arrière… Il ne sait pas freiner ou quoi ? De si grosses frayeurs dès le début d’une descente très technique, pour la confiance, c’est le top ! Fatalement, le Gallois – il est bien Gallois ? – a été largué à plusieurs dizaines de secondes.

Au sommet, 3’54 de retard pour Chavanel – excellent descendeur – et Kreuziger. 5’49 pour le peloton.

Voeckler, pourtant excellent descendeur, glisse dans le même virage que Geraint Thomas, il provoque la chute d’autres coureurs dont des coéquipiers (lui s’est un peu mangé une voiture garée dans le virage). On voit pas mal de chutes au même endroit par la suite, il devait être très glissant, peut-être une fuite d’huile ou de carburant d’un véhicule passé là car hormis quelques parties humides, dans l’ensemble la route paraît sèche. Andreas Klöden prend cher à son tour (Team RadioShak on Tour ! Héhé !). Peter Velits a été accidenté lui aussi.

Les chutes font ralentir le peloton, l’écart augmente à nouveau. Si la bagarre ne débute pas trop tôt l’échappée – ou le contre de Chavanel et Kreuziger qui revient très vite – peut rencontrer du succès. Voeckler s’arrête pour changer de vélo, ça temporise.

Thomas et Gutierrez reviennent en tête, profitant du tout petit bout de vallée et des premières pentes assez douces du Tourmalet, je ne pensais pas qu’ils y parviendraient. On a à nouveau un groupe de 6 à l’avant. Les Europcar ne sont pas à fond, le peloton se reforme avant de se lâcher à nouveau les sprinteurs. Notons qu’Hoogerland est toujours intercalé.

7’40, c’est trop. Leopard-Trek se met au travail, envoie du pâté, l’écart se réduit très vite… Alors que l’écart entre les 6 hommes de tête et les 2 poursuivants se réduisait fortement, Chavanel se fait lâcher par Kreuziger… Dommage. Il aura essayé.

Tiens, Hoogerland a été avalé et décroché par le peloton… Il joue sans doute le prix du super-combatif du Tour, je ne vois pas ce qu’il cherche sinon. Robert Gesink aussi se fait lâcher, il dit à son coéquipier de ne pas l’attendre et fait signe qu’il n’est pas capable de défendre son maillot blanc. Velits n’arrive pas à rentrer sur le peloton après un changement de vélo. Tony Martin craque à son tour, les leaders d’HTC sont à la rue.

L’écart fond, Kreuziger rejoint presque sur les 5 hommes en tête de la course (Gutierrez a encore craqué). Au courant de l’arrivée d’un concurrent dangereux, Thomas, Roy et Perez Moreno accélèrent et partent à 3. Kadri essaie de revenir, Mangel a sans doute déjà trop donné.

Jens Voigt emmène le peloton dans la haute montagne… L’écart fond, ça craque de plus en plus, y compris plusieurs coéquipiers de l’Allemand. Ça fait le ménage, Christian Vandevelde par la fenêtre… Chavanel se fait rejoindre par le peloton.

Geraint Thomas décroche Ruben Perez Moreno puis Jérémy Roy, qui s’accroche bien alors que les autres poursuivants sont presque à l’agonie. L’avance de l’homme de tête, descendue un temps aux alentours de 3’, augmente à nouveau un peu.

Crevaison roue avant pour Andy Schleck. Laurens Ten Dam et un Katusha profitent que le peloton l’attende pour partir en contre. Ensuite un Saxo Bank attaque avec dans sa roue plusieurs coureurs, ça se met à bouger dans le peloton. Voeckler est toujours très bien placé.

Roy est revenu sur Thomas avant le sommet (où il fait très froid), le Français va passer en tête du Tourmalet (et devient maillot à pois virtuel provisoire… avec 24pts alors que le premier à Luz-Ardiden aura 40 points…), il fait une étape énorme ! Kadri et Perez Moreno sont toujours devant Kreuziger qui passe 5e à 2’12, Ten Dam, assez facile, passe à 2’50, le peloton est 3’05 au sommet.

Roy fait la descente à fond (sans lâcher le Britannique). Voeckler aussi mais en tête de peloton, il creuse quelques mètres d’écart (!). Peut-être le favori des Français veut-il mettre en difficultés ceux qui n’ont pas ses qualités ou alors peut-être souhaite-t-il empêcher les coéquipiers des leaders de revenir. Toujours est-il qu’on voit du Voeckler comme on l’aime ! Le peloton est réduit à assez peu d’éléments. Voeckler n’a pas insisté, au tour de… Philippe Gilbert de faire la descente.

Perez Moreno et Kadri (euh… je crois… pas sûr que ce dernier n’ait pas déjà lâché l’affaire) sont intercalés environ 1’ derrière les rescapés de l’échappée du Km0, puis on trouve un groupe de 3, Kreuziger s’est fait reprendre par Ten Dam et Mangel. Christophe Riblon et Yuri Trofimov sont en chasse-patate pour les rattraper, Gilbert les rejoint grâce à son numéro d’équilibriste. Un peu compliqué tout ça, il y a du monde de partout, on ne s’y retrouve plus !

Au pied de Luz-Ardiden Roy et Thomas ont environ 3’10/3’20 d’avance, ça va être très compliqué car Voigt en remet une couche. Les différents groupes de contre-attaque se rejoignent, il y a 2 Euskaltel, dont Samuel Sanchez qui veut gagner l’étape, il accélère dans cette échappée avec Gilbert. L’avance sur le reste du peloton, toujours lancé à fond, n’est pas énorme. Et dire que Voigt a presque 40 ans… Kreuziger est avalé.

C’est évident, ça va partir dans tous les sens !

Andy Shleck passe en tête du peloton et jauge ses adversaire, les Saxo Bank prennent le relais quelques instants, puis c’est Pierre Rolland avec Voeckler dans la roue. Ça ne va plus aussi vite car ce n’est pas l’intérêt du maillot jaune. 2 coureurs partent un nouveau en contre, mais devant, si Roy et Thomas sont toujours relativement loin, Samuel Sanchez et Jelle Vanendert sont en train de faire le trou avec le peloton.

Ivan Basso décide de faire rouler son lieutenant, Voeckler reste dans sa roue.

Roy et Thomas maintenant sont repris par Sanchez et Vanendert, les autres sont tous rattrapé par le groupe des cadors. La physionomie de la course devient assez claire : 4 hommes devant avec au mieux 40s d’avance à 8km de l’arrivée, le peloton derrière. Entre les favoris c’est une course d’usure, une guerre des nerfs. 4 échappés… bientôt plus que 2 car les 2 survivants du coup du jour n’en peuvent plus.

L’avance du duo hispano-belge croit très légèrement. Le peloton comporte seulement 18 coureurs dont Arnold Jeannesson, bien placé pour le maillot blanc (mais Rein Taaramae est toujours là). Jean-Christophe Péraud aussi est présent, Pierre Rolland bien sûr, épaule encore son leader.

Sanchez est probablement parti pour gagner l’étape, l’avance augmente, 1’10 à 5km, et on imagine mal Vanendert le battre. Etrangement ça ne bouge pas dans le reste du peloton ! L’équipier de Basso fait le travail depuis très longtemps et tout le monde laisse faire !

A un peu plus de 4km de la ligne, la bataille est lancée ! Andy Schleck attaque, Contador saute dans la roue, puis son frère y va, Basso ramène tout le monde, Contador essaye à son tour de rejoindre l’ainé des Luxembourgeois, Voeckler s’accroche. Basso attaque, il ne décroche personne, pas même Rolland et Voeckler. Fränk Schleck part à nouveau, ça oblige Contador à y aller, c’est du harcèlement contre l’Espagnol !

Ils sont encore 8 puis 12 devant… dont les 2 Europcar ! Péraud a flanché, tout comme Taaramae, Jannesson est revu. Rolland mène le groupe maillot jaune à 3 bornes du sommet. Fränk en remet une, cette fois personne n’y va ! Rolland accélère avec son leader dans la roue, il faut limiter l’écart. Basso prend le relais avec Cadel Evans. Contador est dernier du groupe, il est marqué par Andy.

Basso et Evans attaquant, Voeckler va les chercher, mais quand Evans en remet une couche Andy et Contador peuvent suivre, pas le Français, qui n’aurait peut-être pas dû se mettre dans le rouge quelques instants plus tôt. A la flamme rouge Sanchez et Vandenert sont en tête, Fränk Schleck n’est pas très loin, derrière ils sont 5 menés par Evans, puis on trouve Rolland et Voeckler tout près du groupe.

Le Luxembourgeois revient très vite sur les hommes de têtes, Sanchez va finir en solo, il gagne avec quelques secondes d’avance devant le Belge et devant l’ainé des frères luxembourgeois (à 10s). Surprise, Contador a été lâché par Basso, Evans et Andy qui arrive ensemble (à 30s), Damiano Cunego les suit à petite distance (35s), Contador est encore un peu plus loin (43s), le duo Europcar finit à 50s du vainqueur, Jannesson est 12e, il prend le maillot blanc ! Quelle étape ! D’autres Français ont fait bonne figure, par exemple Hubert Dupont. Le nouveau dauphin de Voeckler est Fränk Schleck (1’49), Evans est 3e (2’06), Andy 4e (2’17). Bien sûr, Sanchez a pris le maillot à pois, et j’ai bien l’impression qu’il va le défendre…

Cette étape très mouvementée a plus servi de test que de juge de paix, c'est normal, il ne s'agit que du début de la montagne, mais à force, certains vont devoir prendre des risque et attaquer assez tôt, ce qui nous promet une belle suite de Tour de France. On a une grosse confirmation : Contador n’est pas au mieux… c’est ça d’avoir arrêté le bœuf !

Combatif du jour, Geraint Thomas… mouais… Roy le méritait plus.

Le gros gruppetto est arrivé à 33’. Denis Galimzyanov, premier lâché du jour (dès le début de la première difficulté), a fini peu après les délais.Eliminé.

Résumé version courte...

Résumé version longue...

Notes

[1] En fait non, ils n’ont rien tenté.