Pendant 60 à 70 bornes la route n’est pas très compliquée, puis au milieu de l’étape on commence à enchaîner les ascensions, ça va crescendo – normal, on va en Italie^^ – avec 2 difficultés de 3e catégorie enchaînées avec une autre de 2e catégorie. Après la descente, montée de 1ère catégorie jusqu’à Sestrières, c’est alors que débute une très longue descente interrompue par un gros piège qui pourrait faire des dégâts, la côte de Pramartino, beaucoup plus difficile que le col de l’étape vers Gap qui a suffi à tout faire exploser. La descente jusqu’à l’arrivée est extrêmement technique.

Au moins, cette fois, il fait très beau.

Ça part très vite, 51km lors de la première heure ! L’échappée se forme au km 54, elle comporte 14 coureurs (en réalité ils étaient 10, 4 sont revenus dans un second temps), dont seulement 4 Français, mais… Sylvain Chavanel, donné favori de l’étape car ça descend beaucoup dans la seconde partie de la course. Avec lui, Sandy Casar, Julien El-Farès, des habitués, Jonathan Hivert est également là, il était 2e de l’étape d’hier... 2e en partant de la fin, alors qu’un autre membre de l’échappée était 2e en partant du début : Edvald Boasson Hagen est ENCORE là. Figurent dans le groupe :
-le Polonais Maciej Paterski,
-le Berge Björn Leukemans et son coéquipier le Slovène Borut Bozic,
-les Kazakhs Dmitri Fofonov et Dmitriy Muravyev (pas membres de la même équipe),
-les Néerlandais Bauke Mollema et Maarten Tjallingii, qui ont déjà montré le maillot à l’avant depuis le début du Tour,
-l’Espagnol Ruben Perez Moreno, lui aussi habitué des attaques,
-le Costaricien Andrey Amador, lanterne rouge.

Casar est le mieux classé au général, il est à 14 minutes. Lui aussi est un bon descendeur.

Chavanel passe en tête de la première montée (3e catégorie), il n’y a pas eu lutte. Au sprint intermédiaire… Sandy Casar passe en tête, il est FDJ, c’est normal. Cavendish va chercher le dernier point, on ne lui a pas disputé. Chavanel prend encore les points de la 2e difficulté de la journée.

Les Europcar laissent jusqu’à 7’30 minutes de marge aux échappés.

Nicolas Roche part en contre dans la montée… Serait-il fou ? Johnny Hoogerland et Kevin De Weert (bien classé au général) décident de se projeter à l’avant du peloton eux aussi… Etrange.

Chavanel passe encore en tête de la 3e difficulté de la journée. Crevaison pour Tjallingii… Pas de problème, il peut revenir.

Les Europcar sont obligés d’accélérer un peu à cause de ce trio parti en chasse-patate. L’écart entre les 14 hommes de tête et le peloton reste de 6’30 environ pendant de très nombreux kilomètres alors que les intercalés reviennent assez vite, n’oublions pas que 2 d’entre eux ont un ou des coéquipiers à l’avant.

Ruben Perez Moreno décide d’attaquer, il part seul en tête à quelques kilomètres du sommet. Il réussit à creuser un écart conséquent mais avec la très longue descente (dont beaucoup de faux-plat descendant), ça risque d’être très difficile pour un homme seul de résister à un groupe de 13 ou 16.

Cette fois Chavanel passe 2e au sommet plus d’une minute après l’Espagnol.

L’écart au sommet est supérieur à 7 minutes, presque 8, le vainqueur du jour est assurément parmi les 16 hommes échappés. Incident mécanique pour Mollema, c’est une bonne nouvelle pour le trio de poursuivants. Hoogerland se fait décrocher dans la descente par ses 2 ex-compagnons de contre-attaque.

Les Garmin-Cervélo se décident à rouler avec Europcar. Sans doute veulent-ils défendre leur classement général par équipe (ils ont repris la tête avec l’étape de Gap). Ça finit par véritablement accélérer à moins de 20 kilomètres de l’arrivée, les Lampre roulent aussi à l’avant du peloton.

Au pied de la côte l’homme de tête n’a plus que quelques dizaines de secondes d’avance. Fofonov attaque alors que dans le peloton les Leopard-Trek accélèrent dans le but de tout faire péter.

Chavanel accélère à son tour, il ne lâche personne. El-Farès tente sa chance, puis Mollema, tout le monde revient sur Fofonov puis sur le Euskaltel-Euskadi qui s’est épuisé seul dans la montée.

Les BMC prennent la tête du peloton au pied de la montée alors qu’il y a une petite chute en tête du peloton.

Chavanel part seul dans la montée après avoir doublé l’Espagnol, il a l’air très bien, il creuse tout de suite un écart d’une centaine de mètres, mais Boasson Hagen revient…

La route est très étroite et ombragée, le peloton est en morceaux, les meilleurs semblent être tous là. Tout le monde se regarde.

A l’avant ça revient, Boasson Hagen contre, il y va seul… et personne ne va le chercher. Mais à quoi carburent les Norvégiens ? Chavanel repart à l’attaque au bout de quelques poignées de secondes, mais il a du mal. Sa façon de courir est étrange… Pourquoi avoir laissé repartir le Norvégien sans lui ? Hivert part seul en contre-attaque. Le champion de France a du mal à suivre sur ces routes très pentues. Les restes du groupe tentent de revenir, ça semble quasiment impossible.

Ivan Basso fait rouler un équipier en tête du peloton. Contador accélère dans la partie la plus pentue, Andy Schleck et Thomas Voeckler sont dans la roue… Ça revient mais on ne doute pas que Contador en remette plusieurs couches. Pierre Rolland remonte en tête du premier groupe.

Hivert est rejoint par Mollema à quelques secondes du Norvégien.

Contador accélère à nouveau mais ne lâcher personne car tout le monde s’y attendait, Fränk Schleck accélère à son tour, il essaie de faire le ménage au train.

Hivert a failli faire un tout-droit dans la descente, puis quelques virages plus bas il tombe pour de bon et a du mal à repartir car son vélo est resté coincé… Heureusement, on est dans les sous-bois, ce n’est pas très dangereux. Plus bas il fait un 3e tout-droit et finit dans la cour d’une maison (en fait sur une sorte de petite terrasse).

Andy mène le groupe des leaders, il ne se passe plus rien… Jusqu’à l’accélération de Rein Taaramae, dont l'impact est réduit.

Voeckler attaque dans la descente… mais fait un petit tout-droit… et laisse Samuel Sanchez partir avec Contador… ils font aussi des tout-droit ! Le problème est que la route est très ombragée, on voit très mal les virages. Il y a des coureurs partout sur la route, ça peut faire des écarts !

Boasson Hagen gagne… Sal*peries de Norvégiens ! Ils sont 2, ils ont gagné 2 fois chacun… et en montagne en plus. En fait, quand il fait beau, quand il pleut, quand il fait chaud, quand il fait froid, quand il y a vent de face, quand il y a vent arrière, rien ne les arrête. Mollema arrive 2e devant le groupe réglé par Casar devant El-Farès et Chavanel.

Voeckler continue à attaquer a fait le même tout-droit qu’Hivert, celui dans la cour. Il y perd de précieuses secondes, ça aurait pu être pire, il a dû fait un gros saut de vététiste, ça aurait dû être signalé ou protégé ! Et devant… le duo espagnol se relaye. Le maillot jaune est tout seul sur la route, il finit par être rejoint par Basso, ils sont loin derrière tous les autres leaders.

La plupart des leaders ont pu revenir sur Contador et Sanchez juste avant la ligne, en revanche Voeckler a perdu 27 secondes (avec Basso). C’est énervant, pourquoi cette entrée de court à l’extérieur du virage était super dangereuse… S’il n’avait pas attaqué il n’aurait rien perdu et même gagné du temps sur certains, c’est lui qui se retrouve piégé… Il n’a plus qu’1’18 et 1’22 d’avance sur les suivants, le 4e est à 2’36… Ce sont des secondes perdues vraiment bêtement, et sur tout le monde en plus… Les espoirs de podium s’envolent très probablement. Pierre Rolland a perdu 10 secondes de plus que son boss, Jannesson a pris encore plus cher. Adieu les rêves de maillot blanc français à l’arrivée (Uran n’a perdu que quelques secondes dans la descente).

C’est dommage qu’une étape de montage ne résume à 6 bornes de descente et 4 ou 5 de plat… Et puis ne pas signaler là où il y a de gros dangers, ce n’est pas ce que j’appelle du bon travail de la part des organisateurs et des services techniques (c’était aux Italiens de faire quelque chose). Beaucoup ont pris des risques (Contador, Sanchez, Voeckler), personne n’y a réellement gagné grand-chose, un a y perdu… Le Français, n’arrivant pas sur le Tour dans la peau d’un leader devant se battre pour le classement général mais plus en tant que chasseur d’étapes, n’a pas reconnu cette descente, contrairement aux cadors. Ça lui a coûté cher.

Il n'y a eu aucun changement de maillot, le combatif du jour est Perez Moreno.

  • Résumé version courte.
  • Résumé version longue.

Demain, si la course a lieu normalement, ce sera la guerre… Peut-être que la neige empêchera d’aller jusqu’en haut du Galibier, on va voir… ou pas.