=: BILAN.

Le bilan de l’équipe de France est donc de 10 médailles, le record était de 6.
Il faut y ajouter une 11e médaille en eau libre sur une distance non-olympique.

  • 2 médailles d’or :

Jérémy Stravius et Camille Lacourt sur 100m dos.

  • 3 médailles d’argent :

-le relais 4x100m masculin (Alain Bernard, Jérémy Stravius, William Meynard, Fabien Gilot),
-le relais 4x200m masculin (Yannick Agnel, Grégory Mallet, Jérémy Stravius et Fabien Gilot plus Sébastien Rouault en série),
-Camille Lacourt au 50m dos (distance non-olympique).

  • 5 médailles de bronze :

-Camille Muffat sur 400m NL,
-William Meynard sur 100m NL,
-Camille Muffat sur 200m NL,
-Mélanie Henique sur 50m papillon avec record de France (épreuve non-olympique),
-Alain Bernard sur 50m NL.

Jérémy Stravius, avec un titre et 2 médailles d’argent, est clairement LE nageur français de la compétition.

  • Ceux qui sont passés près :

-Yannick Agnel en finale du 200m NL,
-Fred Bousquet et Florent Manaudou respectivement 4e et 5e sur 50m papillon (épreuve non-olympique),
-Fabien Gilot 5e du 100m NL,
-relais 4x200m féminin (4e à bonne distance du podium toutefois).

  • Ceux qui sont passés à côté, pourtant on y croyait :

-Yannick Agnel en finale du 400m NL (c'est tout relatif, il a réalisé un record de France),
-Hugues Duboscq sur 100m brasse comme sur 200m brasse,
-Sébastien Rouault en finale du 800m NL (et sur 1500m NL),
-Fred Bousquet sur 50m NL,
-le relais 4x100m 4 nages masculin 9e temps des séries,
-Alexianne Castel en finale du 200m dos (dire qu’elle est passée à côté est un peu abusif, le podium semblait un peu difficile à atteindre, mais 8e…).

  • Ceux qui sont passés à côté, mais on n’y croyait pas trop :

-Benjamin Stasiulis en série du 200m dos,
-le relais 4x100m 4 nages féminin 13e temps des séries,
-Lara Grangeon en série du 400m 4 nages.

Ça doit nous faire 10 médailles et 9 finalistes sur 28 engagés (5 relais et 23 concurrents individuels), on n’aurait jamais imaginé telle performance d’ensemble il y a 8 ans (2 médailles de bronze aux Mondiaux de Barcelone dont déjà une au 4x100m NL avec Bousquet et Gilot).

On constate une extension du champ d’action de la France : 2 filles médaillées dans des compétitions individuelles, les 2 relais NL masculins tutoient l’excellence, les Français(es) ont marqué les esprits en débarquant en force sur 100m dos, 4x200m, ceci tout en restant présents ou en se montrant à nouveau là où l’EdF a été performante depuis quelques années, c’est-à-dire en sprint masculin, relais 4x100 et sur 200/400m féminin. C’est du sérieux ! Autre satisfaction, la répartition des médailles : 5 breloques individuelles et 2 en relais chez les hommes, 3 individuelles chez les femmes. 7 à 3 est un bilan nettement plus équilibré que le 17-4 des Championnats d’Europe de l’été dernier.

On assiste à un "réveil" des filles – ça reste encore timide, mais ça vient – après la retraite désormais interrompue de Laure Manaudou. Les Camille Muffat (21 ans), Ophélie-Cyrielle Etienne (bientôt 21), Coralie Balmy (24 ans) ne sont pas bien vieilles, néanmoins la relève pointe déjà (Mélanie Henique, 18 ans, Charlotte Bonnet, 16 ans). Heureusement, car si Dara Torres à Pékin et Therese Alshammar à Shanghai ont réussi des exploits à un âge avancé, le constat est celui-ci : la natation est de plus en plus un sport de précocité[1].

Les hommes restent en pole, l’équipe est extrêmement forte avec des nageurs d’âges divers. Yannick Agnel et Florent Manaudou ont montré de belles promesses, William Meynard s’est en quelque sorte révélé sur le plan individuel, Jérémy Stravius (23 ans) a été exceptionnel, malgré une forme moyenne Camille Lacourt a confirmé les promesses de Budapest. Les anciens sont toujours bien là, Fabien Gilot en relais 4x100 NL et sur 100m (il a eu plus de mal sur 4x200 et sur 4x100m 4nages), Fred Bousquet sur 50m papillon (dommage qu’il ait déconné en série du 50m NL), et Alain Bernard sur 50m libre (moins sur 4x100 NL) ont encore prouvé qu’il faut compter sur eux.

En traduisant les résultats de Shanghai en mode programme olympique[2], les Etats-Unis perdent 4 médailles, la Chine 2, le Brésil 2 de ses 3 titres, l’Australie perd 2 médailles, etc.

Ça nous fait :
1. USA : 15-4-6 (25)
2. Chine : 4-2-6 (12)
3. Australie : 2-7-2 (11)
4. France 2-2-4 (8)
5. Italie 2-2-0 (4)
6. Grande-Bretagne 1-3-0 (4)
7. Pays-Bas 1-1-3 (5)
8. Danemark 1-1-0 (2)
9. Hongrie 1-0-2 (3)
10. Biélorussie 1-0-0 (1)
10. Brésil 1-0-0 (1)
10. Corée du Sud 1-0-0 (1)
10. Norvège 1-0-0 (1)
10. Suède 1-0-0 (1)
15. Japon 0-3-2 (5)
16. Canada 0-2-1 (3)
17. Russie 0-2-0 (2)
18. Pologne 0-1-0 (1)
19. Allemagne 0-0-5 (5)
20. Afrique du Sud 0-0-1 (1)

Les Etats-Unis sont loin devant grâce à 3 phénomènes, Ryan Lochte, nageur de ces championnats (4 titres individuels, 1 titre et du bronze en relais, 1 record du monde), Michael Phelps, plus grand nageur de l’histoire dont la carrière prendra fin à Londres (2 titres individuels, 2 médailles d’argent derrière Lochte, 2 titres et du bronze en relais), et Melissa Franklin, grande révélation de ces championnats (2 titres et une médaille d’argent en relais, 1 titre individuel et une médaille de bronze… elle n’était pas qualifiée pour d’autres courses, sinon elle probablement gagné le 200m NL !). Federica Pellegrini (doublé 200 et 400NL), Yang Sun (Sun Yang^^, record du monde du 1500m), César "furosémide" Cielo (2 titres individuels), Rebecca Soni (reine de la brasse) ont aussi marqué ces championnats. Comment ne pas citer la sensation James Magnussen ? J’en oublie, vous pouvez tout relire et revoir sur le blog pour avoir la certitude de n’avoir rien manqué.

La France est meilleure nation européenne, son bilan doit toutefois être révisé car le coup des 2 médailles d’or dans la même épreuve ne se reproduira pas. Si les mêmes réussissaient à confirmer aux JO dans les mêmes épreuves que lors des Championnats du monde, ils rapporteraient donc à la France 1 titre, 3 médailles d’argent et 4 médailles de bronze.

Seulement en 1 an – presque jour pour jour – pas mal de choses peuvent changer, et a priori en bien. Si les Français progressent, leurs adversaires peuvent aussi améliorer leurs performances. D’autres concurrents risquent également de débouler.

=: ET MAINTENANT ?

Un des enseignements très intéressants de ces Mondiaux concerne les relais : les Etats-Unis ne sont pas intouchables, tant s’en faut.

On peut même affirmer qu’ils sont prenables dans tous les relais masculin, on l’a vu sur 4x100m NL (la France a terminé devant eux), sur 4x200m où on a une grosse marge de progression (les Ricains ont eu si peur si longtemps – jusqu’aux 700m – qu’ils ont failli être disqualifiés, Lochte a presque volé le départ du dernier relais), et sur 4x100m 4 nages ils n’ont pas une équipe hyper complète, ils ont eu du mal à gagner (autrement dit s’ils se préparent bien, les Français seront redoutable d’autant qu’ils ne reproduiront pas l’erreur de dimanche matin).

Autre constat, hormis les phénomènes Magnussen et Franklin, voire Pellegrini, les adversaires directs des Français ne semblent pas dominer outrageusement.

L’équipe de France dispose d’une grande marge de progression en vue de Londres. Pourquoi ? Comment ?

Les raisons pour lesquelles elle devrait être plus forte en 2012 sont nombreuses :
1) beaucoup ont eu un entraînement perturbé cette saison à cause de blessures physiques, psychologiques, d’études, ou encore de sollicitations diverses mal gérées,
2) plusieurs éléments devraient rejoindre l’équipe (Amaury Leveaux, Laure Manaudou, Mylène Lazare, Clément Lefert, peut-être d’autres) et renforcer notamment les relais,
3) certains anciens auront à cœur de se refaire après avoir connu une saison et des championnats difficiles,
4) hormis peut-être 2 ou 3 ayant un âge un peu avancé, les membres de l’EdF n’ont aucune raison de ne pas progresser,
5) certains ont découvert récemment ou vont découvrir de nouvelles distances,
6) tous les participants à ces Mondiaux ont acquis beaucoup d’expérience, y compris certains qui n’en manquaient pourtant pas (Bousquet…), ils ne reproduiront pas certaines erreurs (ça va aussi pour l’encadrement),
7) la confiance emmagasinée va forcément aider et motiver les nageurs/nageuses,
8) les relais devaient être beaucoup plus forts.

Je détaille ces points.

1) S’entraîner normalement, ça aide.

L’été dernier Fabien Gilot s’est fracassé en plongeant d’une falaise, William Meynard n’a pu nager pendant plusieurs semaines après un accident de voiture en septembre, il y a quelques mois la maman d’Ophélie-Cyrielle Etienne est décédée, un traumatisme pour la double vice-championne d’Europe du 400 et du 800m NL[3], Aurore Mongel a donné la priorité à ses études pour devenir kiné, Mélanie Henique a eu son bac, elle est donc tranquille pour se concentrer pleinement sur la natation, Camille Lacourt s’est dispersé en répondant favorablement à beaucoup de sollicitation médiatiques, il va calmer le jeu pour briller à Londres.

Amaury Leveaux n’a manifestement pas fait preuve d’un sérieux phénoménal depuis mais devrait s’y remettre, je ne sais pas ce qu’il en est de Coralie Balmy, à la peine depuis quelques mois…

Si tout se monde a la chance de connaître une saison normale en pouvant s’entraîner à fond en vue des JO, ça ne peut que faire du bien à l’équipe de France.

2) Des renforts attendus.

Que peut faire Laure Manaudou[4] au très haut niveau ? Au pire, elle peut aider le relais 4x200m à gagner une seconde par rapport à son niveau actuel[5]. S’avancer au sujet de sa capacité à monter sur des podiums individuels aux JO, très peu pour moi ! Après l’annonce de son départ en retraite j’étais certain de ne jamais la voir revenir au plus haut niveau compte tenu des conditions de son arrêt (elle semblait dégoûtée, ne plus du tout avoir envie de se faire mal à l’entraînement, en avoir marre de la médiatisation… qui plus est, elle avait dit stop en étant déjà sur la pente descendante), je préfère donc ne pas risquer une nouvelle fois de me tromper (je souhaite à Laure de me donner tort, ce n’est pas encore entériné).

Leveaux peut être un fantastique nageur de 100 et 200m NL (en individuelle et pour les relais), il est très motivé après avoir pris pas mal de claques ces derniers mois et vécu ces championnats devant sa télé, une épreuve extrêmement frustrante. Il a pris conscience de la nécessité de ne plus se disperser en répondant à toutes les sollicitations dont il fait l’objet depuis son arrivée à Paris (il s’entraîne avec Philippe Lucas).

Lefert peut aider en 4x200m et 4x100m 4 nages, Mylène Lazare aussi serait fort utile en vue du relais 4x200… j’en oublie peut-être (Mehdy Metella ? Christophe Lebon ? Diane Bui Duyet ? Giacomo Perez Dortona ?).

3) Des choses à prouver et à sa prouver.

Fred Bousquet aura à cœur de briller après être passé pour une buse en se faisant sortir en série d’une épreuve dont il était favori. Il va sans doute aussi bosser en pensant aux relais, surtout le 4 nages.

Alain Bernard a connu une saison très difficile, il a mal vécu de ne pas à se qualifier pour le 100m NL de Shanghai. En 2012 il défendra son titre européen et son titre olympique sur la distance, il aura aussi une revanche à prendre lors du relais 4x100m, voudra prouver qu’il n’est pas le boulet de l’équipe. Son résultat du 50m NL ne laisse aucun doute sur sa capacité à se dépasser pour atteindre ses objectifs.

Hugues Duboscq nous a déjà fait le coup de la traversée du désert avant une renaissance aux Jeux Olympiques. Une médaille individuelle et une en relais 4 nages pour finir en apothéose, ce serait l’idéal. Il est devenu papa le mois dernier, ça n’a pas dû l’aider à être performant.

Sébastien Rouault repart avec une médaille sur 4x200m sans avoir pris part à la finale, contrairement au 400m et au 800m NL, où il a échoué à chaque fois à la 8e place. Il s’est loupé en séries du 1500m mais ne devait plus être très frais. Le 800m n’étant pas olympique, il accumulera moins de fatigue, à lui d’en profiter, il est tout de même champion d’Europe en titre du 800 et du 1500m !

4) La progression normale.

Dans la logique des choses ceux qui travaillent doivent progresser à moins d’avoir atteint leur plafond. On peut donc attendre de gros progrès des plus jeunes (ex : Charlotte Bonnet, Mélanie Hénique, Yannick Agnel[6], Florent Manaudou, Ophélie-Cyrielle Etienne), de bons progrès des pas bien vieux (ex : Jérémy Stravius, Camille Muffat, Coralie Balmy, Camille Lacourt, William Meynard, Sébastien Rouault, Sophie De Ronchi, Benjamin Stasiulis) et de petits progrès des loin d’être cramés (ex : Alain Bernard, Fabien Gilot). A ces âges ceux dont la saison n’a pas été bonne peuvent retrouver leur meilleur niveau – ou mieux – en travaillant sérieusement, ils n’ont pas irrémédiablement basculé du mauvais côté de la colline.

Plus les années passent, moins la marge de progression est grande. Fred Bousquet et Hugues Duboscq peuvent-ils nager plus vite qu’ils ne l’ont jamais fait ? Peut-être pas, ou alors de façon particulièrement marginale. Peuvent-ils rester au top ou retrouver leur meilleur niveau ? Probablement, ils n’ont pas 50 ans mais respectivement

Je sais, je n’ai pas cité tout le monde.

5) Découverte/apprentissage de nouvelles épreuves.

Nager un 200m, ça s’apprend, il faut apprivoiser la distance, on n’optimise pas ses performances du jour au lendemain. On peut en dire autant de toutes les distances (hormis peut-être le 50m qui consiste à tout donner sur une longueur de bassin). Camille Muffat, en abandonnant le 4 nages pour se spécialiser dans le libre, a débuté un processus d’apprentissage. C’est en forgeant qu’on devient forgeront, c’est aussi en disputant des courses de très haut niveau qu’on devient nageur de très haut niveau. Yannick Agnel est dans le même cas, ils avaient besoin d’emmagasiner de l’expérience, de se tester, de se construire tactiquement. En fonction de ce qu’il a réussi ou manqué il sait comment progresser.

Autre aspect de ce 5e point, l’arrivée de concurrents français sur des distances où on n’en trouve pas actuellement : si Florent Manaudou et Mélanie Henique réussissent à s’adapter au 100m papillon ils peuvent viser haut, peut-être pas tout de suite la médaille, mais rien ne semble impossible, surtout concernant l’Amiénoise. Pour les relais 4 nages, le gain pourrait être énorme.

Je rêve de voir Stravius sur 200m dos. S’il s’y met sérieusement, compte tenu de ses qualités sur 100m dos, sur 200m NL, de son niveau technique (avec Amaury Leveaux on ne trouve pas mieux en France, ils figurent parmi les meilleurs mondiaux dans ce domaine), il peut à l’évidence faire de grandes choses sur cette distance en plus d’être un membre important des 3 relais… Il est capable de rentrer de Londres avec 5 médailles. En l’état actuel des choses il partirait pour 4 (tous sports confondus ne serait-ce pas du jamais vu pour un Français ?).

6) Une autre forme d’expérience.

Savoir aborder une grande compétition n’est pas inné. Par le passé j’ai reproché aux instances du CNOSF de ne pas avoir sélectionné Teddy Tamgho pour les JO de 2008 pour des raisons débiles de gé-guerre avec la fédé d’athlé et de règlements grotesques. De même, je reproche à la direction technique de la natation de ne pas avoir su transiger avec certains de ses principes, faire preuve d’un peu de souplesse afin de mettre les relais dans les meilleures conditions possibles (Aurore Mongel et Sophie De Ronchi ont dû entrer en compétition directement lors des séries du 4x100m 4 nages et se sont noyées), et d’offrir à certains jeunes l’opportunité d’acquérir une première expérience très enrichissante en vue des Jeux. Ce petit investissant à moyen terme aurait été salutaire à mon sens.

7) Confiance et motivation.

Est-il bien utile d’expliquer en quoi avoir de sérieux espoirs de podium décuple la motivation par rapport à une position de chasse à la qualification en demi-finale ? De plus faire douter ses adversaires n’a jamais fait de mal.

8) L’équipe avant tout !

Le 4x100m vise systématiquement l’or depuis 2008, ça va finir par payer. Maintenant on se méfiera de James Magnussen – pourra-t-il rééditer sa performance monstrueuse ? – et pas seulement des Etats-Unis.

Le 4x200m masculin a été construit assez récemment, il est déjà double vice-champion du monde (en petit bassin à Dubai et en grand bassin), on peut clairement l’améliorer car si Agnel (1’45’’25) et Stravius (1’45’’40 lancé) ont nagé très vite, Mallet (1’46’’81) et surtout Gilot (1’47’’35) ont été beaucoup moins performants. Avec Leveaux en mode "JO en vue", il y a moyen de gagner entre une et 2 secondes (fin 2010 il avait annoncé arrêter le 50m pour revenir au 200m en plus du 100, j’espère que ça tient toujours…). Agnel bat régulièrement son record de France (actuellement 1’44’’99), il est loin d’avoir atteint ses limites, Mallet vient du 100m, il peut apprendre à gérer son 200m en rogner 3 ou 4 dixièmes sur sa meilleure performance (il lui en restant beaucoup sous le pied dans les 50 derniers mètres), si Stravius se maintient à ce niveau, ça me va !

Le 4x200m féminin a déjà été médaillé en grand championnat (Melbourne en 2007, bronze en petit bassin à Dubai cet hiver), comme on l’a vu il devrait être renforcé en qualité et en quantité avec possibilité de faire entrer des remplaçantes en séries pour avoir notamment une Camille Muffat au top en finale. Les 6 ou 7 nageuses susceptibles de prendre part à ce relais (Etienne, Balmy, Bonnet Muffat, Manaudou, Lazare[7], voir Farrell) peuvent toutes aller plus vite que leurs temps actuels. Toutefois ça peut ne pas suffire car les Ricaines, les Australiennes et les Chinoises ont une énorme marge.

Le 4x100m 4 nages était déjà capable de claquer la breloque à condition de se qualifier en finale. La boulette… Avec un Lacourt et/ou un Stravius pour assurer le dos, un Duboscq préparé pour son jubilé olympique, un gars à choisir en papillon (Bousquet ? Manaudou après une année pleine sur 100m pap’ ? Mehdy Metella ? Christophe Lebon ?), puis le meilleur Français du 100 NL, autrement dit avec 3 potentiels médaillés dont 2 potentiels champions en individuelle, la France viserait forcément une médaille.

Chez les filles la qualification directe pour Londres n’a pas été obtenue, mais avec Manaudou sur 100 dos, une brasseuse à déterminer (logiquement Sophie De Ronchi, passée à côté à Shanghai après avoir battu son record de France lors des sélections) et une papillonneuse réellement préparées (pourquoi pas Henique ? ou alors Mongel? Bui Duyet ?) qui auraient déjà nagé au cours de la semaine, puis Muffat pour finir, la finale olympique serait un objectif minimal.

8 à 10 médailles dont 2 à 4 titres semble être un objectif raisonnable pour Londres…

La meilleure nouvelle pour l’avenir ? La FINA adopte le passeport biologique. On se rend compte que pas mal de médaillé(es) ont trempé dans des affaires de dopage, reviennent de suspension… Herasimenia, Jessica Hardy, la famille furosémide do Brazil, et j’en passe. En 2 ans la FINA a interdit les combinaisons puis décidé de se remettre aux prises de sang (on n’en faisait plus dans ce sport… hallucinant !), maintenant le passeport biologique. Mieux vaut une prise de conscience tardive que pas de prise de conscience du tout.

Notes

[1] On voit énormément de filles de 15-16 ans réussir des performances phénoménales, je pense en particulier à Melissa Franklin, mais Laure Manaudou était dans le même cas, Anastasia Zueva idem me semble-t-il, des Chinoises débarquent aussi à ces âges. Les nageuses arrivent à maturité vers 22 ans alors que chez les hommes les nouvelles ou futures stars se révèlent généralement au très haut niveau mondial entre 18 et 20 ans, parfois 17, très rarement moins (Thorpe et Phelps étaient des cas particuliers, Park Tae-Hwan a explosé à 17 ans tout comme Sun Yang, les Lochte, Biedermann, "furosémide" Cielo, Dale Oen, Irie, Agnel et autres Magnussen n’avaient pas percé à 15 ans, tant s’en faut).

[2] Aux JO le 50m n’existe qu’en nage libre, le 800m n’est pas présent au programme chez les hommes, il l’est chez les femmes, c’est l’inverse concernant le 1500m, il n’est que masculin.

[3] Souvenons-nous qu’avec son temps en final des Championnats d’Europe elle aurait pris la 4e place sur 800m à Shanghai.

[4] Laure Manaudou n’a pas encore 25 ans, son frère en a 20.

[5] Elle a déjà nagé en 1’59’’30 sur 200m NL pour son retour il y a 2 semaines.

[6] Il doit bosser ses coulées, Lochte et Phelps lui prennent au moins 1 mètre à chaque fois.

[7] 1’59’’19 récemment.