• Les matchs.

Bordeaux-Auxerre, 1-1 : l’équipe à réaction.
Il faisait très chaud à Chaban-Delmas, le soleil tapait dur en première période, l’ombre et la pause fraîcheur désormais traditionnelle[1] n’ont pas empêché Cédric Carrasso d’être victime d’une petite insolation en pleine rencontre.

Laurent Fournier avait besoin de ramener un résultat de Gironde après avoir vu son équipe perdre 3-1 à Montpellier en méritant beaucoup mieux (égalisation à 1-1, occasions en grand nombre) puis arracher un nul 2-2 contre l’OM en étant passé complètement à côté de la première période et en étant revenu du diable Vauvert (2-0 pour l’OM à la mi-temps). L’ancien joueur et entraîneur du PSG n’hésite pas à faire des choix et à prendre des risques. Par rapport à dimanche dernier il avait changé 5 titulaires. A la mi-temps puis à la 53e minute il a encore modifié son onze… et ça a marché. A la 66e Alain Traoré a réalisé un bel exploit : inscrire son 3e but en 3 matchs, et quel but ! Servi non loin de l’angle de la surface, le Burkinabé s’est infiltré entre 3 adversaire, en a fixé 2 puis frappé en force malgré une position très excentrée sur la droite. Avec son mauvais pied il a envoyé le ballon sous la barre, portant le score à 1-1. Les Bourguignons semblent avoir besoin d’être menés pour réagir. 2 points sur 9 avec un calendrier difficile, c’est un départ moyen, la semaine prochaine contre Ajaccio il faudra gagner.

Encore une fois, les Bordelais ont eu suffisamment d’occasions pour gagner le match, ils ont mené 1-0 grâce à un but de Yoan Gouffran, une reprise pourtant pas très réussie (une sorte de reprise un peu de l’extérieur du droit en sautant, il a mal visé, Olivier Sorin a détourné sur son poteau… mais rentrant) sur un excellent centre de l’excellent Jaroslav Plasil. Si un jour le Tchèque se blesse, les Girondins sont complètement cuits ! Pour avoir une chance de réussir leur saison ils ont absolument besoin d’un buteur capable de convertir leurs occasions, actuellement leurs défenseurs sont presque les armes offensives principales de l’équipe ! Quand on voit le tir sur la barre, l’occasion croquée par Gouffran en seconde période (quand il envoie le ballon sur Modeste en position de HJ), c’est flippant ! L’ancien Caennais a aussi été l’auteur d’une magnifique simulation dans la surface… il a juste oublié de vouloir marquer le but, préférant plonger (carton jaune). En étant un peu plus efficaces les Bordelais auraient entre 5 et 9 points et non 2.

Brest-OL, 1-1 : l’OL ne peut se le permettre.
Belfodil à droite, Sidy Koné dans l’axe au milieu, Pjanic à gauche… Catastrophe. En l’état actuel des choses l’OL ne peut se permettre de faire tourner, pourtant il s’agit d’une obligation avant ou après une rencontre européenne. Le match aller contre Kazan a été assez bien négocié, ne manquait que le 4e but. A 4-1 l’affaire était entendue, à 3-1 le risque d’élimination subsiste, Rémi Garde devant donner la priorité à la qualification pour la phase de poule de la Ligue des Champions. Si l’OL passe, on imagine l’arrivée d’un ou 2 joueurs supplémentaires, les Lyonnais en ont besoin car leur banc est trop limité. Ce problème ne devrait pas être résolu grâce au retour des blessés (Cris, Gourcuff, Ederson) et jeunes partis à la Coupe du monde U20 (très peu semblent pouvoir contribuer dès maintenant, éventuellement Lacazette, une sorte d’Emmanuel Rivière, et Clément Grenier, meneur de jeu dont l’utilité est douteuse dans une équipe évoluant sans meneur de jeu).

Les locaux ont ouvert le score dès la 12e minute par Benoît Lesoimier, une belle frappe lointaine détournée par Lloris sur son poteau (rentrant bien sûr), il aurait sans doute pu la sortir. En première période avec ses jeunes Lyon a été mauvais, a beaucoup souffert sur CPA. En seconde période, après l’entrée de Bastos, c’était beaucoup mieux. Les visiteurs ont pris le contrôle au milieu, y compris après l’exclusion du jeune Koné exclu pour ses débuts en L1. Prendre un rouge en réalisant un tacle particulièrement dangereux – les 2 pieds en avant sur Roux – et inutile au milieu de terrain alors que Gonalons attendait à côté du 4e arbitre pour le remplacer… Quel mauvais timing pour péter un plomb ! Lyon a poussé mais n’a marqué qu’une fois par Bafé Gomis, un tir des 18 mètres après s’être retourné en s’emmenant le ballon. Ce but est la conséquence d’un mauvais dégagement brestois. Gomis a été remplacé par Briand juste après son but et le score n’a pas évolué.

3e match nul pour Brest, le bilan est très moyen, Nolan Roux doit retrouver de l’efficacité, la défense doit se mettre en place, Zébina est entré en jeu à la 91e minute, je me demande ce que ça va donner. En attendant l’attraction principale est John Jairo Culma, le milieu colombien recruté dans le championnat israélien… on a retrouvé la perruque de Brandao !

Caen-LOSC, 1-2 : la réussite vient en jouant.
C’est trop injuste… Pierre-Alain Frau se blesse à l’échauffement juste avant d’affronter le club qui l’a "jeté" à la fin de la saison dernière. La semaine dernière PAF avait déjà crucifié son club formateur, ça sentait le coup de l’ancien à 800km. Ce ne sera pas pour cette fois.

Dimitri Payet était titulaire côté droit mais l’homme du match a été une autre recrue, Pedretti. L’ex-capitaine d’Auxerre a été à l’origine ou à la conclusion de plusieurs occasions très franches. Avec son jeu long il a souvent lancé et trouvé ses coéquipiers dans la profondeur, Moussa Sow a encore fait croitre le doutes quant à ses capacités à confirmer ses performances l’ayant amenées au titre de meilleur buteur. Buteur, Pedretti l’a été à la 67e minute (bonne circulation du ballon, Eden Hazard met le coup de rein nécessaire pour déborder Vandam[2] sur la gauche, centre pour Pedretti aux 6m, plat du pied). Il est aussi à l’origine du second but lillois avec une ouverture pour Ludovic Obraniak côté droit, centre en retrait pour Mathieu Debuchy venu en soutient de la contre-attaque, contrôle, frappe croisée dans le petit filet. Un but, une passe de décalage, victoire, match réussi.

Hazard a mis le feu, il a créé nombre de situations dangereuses, pourtant la réussite offensive a encore souvent fui les Lillois, lesquels ont touché du bois par Florent Balmont de la tête, par Payet du gauche puis 3 seconds plus tard avec un tir détourné à l’arrache sur la barre. En outre Alexis Thébaux s’est une nouvelle fois montré décisif. Si la réussite offensive n’était pas franchement au rendez-vous, les joueurs du LOSC ne pourront pas se plaindre de manquer de chance.

A 0-1 un gros coup de pied de Marko Basa dans la jambe de Kandia Traoré en pleine surface aurait dû donner lieu à un penalty[3]. A la 88e, soit une minute après le but du 2-0, Obraniak a mis les 2 mains pour contrer un centre. Cette fois le penalty a été sifflé, puis converti par Nivet. 2-1 à quelques instants de la fin, retour du suspense. Pendant le temps additionnel Landreau et un de ses défenseurs ont dû intervenir 2 fois sur la ligne à l’arrache pour préserver le score. Les occasions caennaises ont été rares, il s’en est fallu de peu qu’ils ne fassent perdurer la mauvaise série des Lillois lors des matchs d’août.

Si M. Moreira avait sifflé le premier penalty, peut-être le LOSC n’aurait-il pas obtenu sa première victoire de la saison. On ne le saura jamais. La meilleure équipe a gagné, ça, on l’a vu. Jouer a fini par payer, ça n’avait pas été le cas à Nancy et contre Montpellier.

Dijon-Lorient, 2-0 : Merlu sauce moutarde.
On se souvient tous de La cuisine des Mousquetaires, l’émission de Maïté sur France 3 (ou plutôt FR3^^)… Avec son "amie" Micheline – selon la rumeur elles se détestaient – on la voyait régulièrement tuer ou découper des animaux vivants à coups de gourdin ou hachoirs, et pourtant la bête bougeait encore. A Dijon, ils n’ont pas Maïté, ils ont Abdoulaye Meïté, c’est presque pareil, surtout lorsqu’il y a du Merlu au menu. C’est bourrin, mais à la fin l’assiette est pleine. Meïté ne fait pas dans la dentelle, sinon il aurait signé à Calais, il n’intervient pas en mettant des gants, sinon il aurait signé à Millau, lui ce serait plutôt tronçonneuse. Son tacle par derrière sur Julien Quercia au milieu du terrain est d’une sauvagerie effrayante. Le défenseur central a eu le mérite – est-ce réellement un mérite ? – de ne pas protester après avoir vu son carton jaune transformé en rouge direct une fois M. Rainville au courant de la gravité de la blessure de l’attaquant lorientais (la malléole est pétée). Pourquoi ne pas avoir immédiatement exclu le joueur ? Pourquoi juger l’acte plus pour sa conséquence et non pour sa violence intrinsèque ? Je ne comprendrai jamais.

Heureusement pour le promu, Grégory Thil avait ouvert le score dès la 3e minute en coupant au premier poteau un centre de Thomas Guerbert, profitant de l’apathie de la défense bretonne. Ensuite, le jeune gardien lancé dans le grand bain la semaine a conforté le choix de son entraîneur de lui faire confiance ? Benoît Reynet a sauvé son équipe à plusieurs reprises sur des frappes de Quercia en première période (l’attentat a eu lieu à la 42e), puis face à Mathias Autret en seconde. Finalement, à la 88e, Brice Jovial profite d’une énorme boulette de gardien, ou plutôt devrait-je dire du concours d’une grossière erreur défensive[4] plus d’une énorme boulette de Fabien Audard[5] pour réaliser un geste magnifique, un ciseau retourné gagnant.

Perdre 2-0 en ayant joué près de 50 minutes à 11 contre 10 face à un promu et offrir le second but de façon si ridicule, perdre son attaquant pour probablement tout le reste de la phase aller… Du côté de Lorient on va développer une allergie à la moutarde. Pour Dijon, la première victoire en L1 est un soulagement après 2 défaites très inquiétantes.

Nice-Toulouse, 1-1 : visiteurs miraculés.
Qu’apprend-on samedi ? Xavier Pentecôte va signer à Nice, je ne pige pas… surtout que Braaten est titulaire avec Umut Bulut. Se séparer de son meilleur attaquant – c’est mon point de vue, il est partagé par beaucoup de supporters du TéFéCé –n’est pas la décision d’un club ambitieux. Le céder à son adversaire du jour rajoute à l’étrangeté de la chose.

Jusqu’à l’ouverture du score d’Anthony Mounier à la demi-heure de jeu les Toulousains, leader avec 6 points (pris contre 2 promus), ont assez nettement dominé Nice, dernier (0 pt), un centre-tir de Tabanou a même lobé Ospina et fini sur le poteau côté opposé. Le Colombien, à la rue depuis un bout de temps, a dû s’employer, peut-être aura-t-il repris confiance. Le but de Mounier est un BALC : le ballon est renvoyé dans la surface après un CPA, Ali Ahamada sort en chaussettes, Civelli le devance et de la tête remet vers son coéquipier totalement oublié dans la surface.

Le match est devenu complètement dingue à partir de la 86e minute : corner, le ballon est dégagé sur Mounier dont la reprise de volée des 20 mètres fait ficelle, 2-0 pour Nice, l’affaire est entendue… Et non ! Le but est refusé pour HJ. L’arbitre assistant est fautif, M. Duhamel aussi, il aurait dû déjuger son acolyte tant la situation semblait claire. Les seuls joueurs en position potentiellement illicite son loin d’être dans l’axe du tir, ils sont totalement en dehors de l’action. Quant à Mouloungui, situé sur la trajectoire du ballon, il était couvert de 3 mètres au moment de la frappe et le défenseur n’a cessé de la couvrir qu’au moment où il a failli toucher la gonfle (il n’a pas réussi à le toucher). L’atmosphère est devenue particulièrement électrique (5 jaunes et 1 rouge direct à partir de la 87e minute)…

Dans la foulée un autre but niçois est cette fois logiquement refusé, et à la 90e, grâce à un contrôle manqué à l’entrée de la surface, Adrien Regattin, l’avant-veille de ses 20 ans, réussit un ciseau retourné somptueux… En un rien de temps Nice est passé d’un 2-0 à un nul à cause d’une erreur d’arbitrage et d’un but venu d’ailleurs. Il y a de quoi devenir fou. Ça s’est bien chauffé, ça a même dérapé. Juste après avoir reçu un jaune, Amadou Soukouna a pris un rouge direct totalement logique pour un tacle d’une bêtise et d’une violence rares. Pourquoi aller se jeter sur l’arrière gauche en possession du ballon quasiment au niveau du corner ? A la limite une intervention désespérée à la barbare pour sauver un résultat, on peut comprendre, mais à plus de 100 mètres de ton propre but, POURQUOI ? La jeunesse (19 ans) n’est pas une excuse, il n’a sans doute pas voulu faire mal, il a juste agi de façon stupide.

Ce n’était pas tout, à la 96e M. Duhamel offre un penalty à Nice parce que Pejcinovic s’est écroulé dans la surface. En revoyant l’action j’ai de très gros doutes sur l’existence d’une faute… Une jolie simulation... Le Niçois a su profiter de l’état d’esprit de l’arbitre, sans doute conscient d’avoir injustement refusé le but. Faire tirer le péno à Mouloungui… Mauvaise idée ! Un si grand technicien ayant des envies de départ est bien le dernier joueur à choisir pour exécuter telle sentence. Ahamada a repoussé le tir (arrêt pas très règlementaire, il avait avancé 1m50 devant sa ligne), permettant à Toulouse de s’en sortir avec un nul miraculeux à l’issue de 7 minutes de temps additionnel.

Sous pression, Nice va maintenant recevoir Brest. Toulouse s’apprête à recevoir le PSG.

Ajaccio-ETG, 1-1 : Saturday Night Ligue 2 !
Orange a choisi de diffuser ce match… Pourquoi ? A cause des quotas. Les chaînes n’ont ayant acquis des droits ne peuvent diffuser chaque équipe qu’un nombre limité de fois pendant la saison, leur intérêt est donc de se farcir les affiches les moins alléchantes au mois d’août lorsque leurs abonnés sont en vacances loin de chez. Ainsi, Orange aura encore de grosses affiches à passer lorsque les enjeux sembleront plus importants, c’est-à-dire lors des 10 dernières journées. D’où un match entre promus un samedi soir. Cette affiche de L2 était tout sauf alléchante, le premier but marqué rapidement par Frédéric Sammaritano au bout d’un très joli mouvement collectif (appréciez la passe de volée réalisée par Johan Cavalli après contrôle de la poitrine et demi-volte). Le nouveau gardien danois d’Evian-Thonon-Gaillard n’aura pas mis longtemps à encaisser son premier but en L1.

Dans l’ensemble ETG s’est montré supérieur, il aura fallu attendre la 73e pour voir Kévin Bérigaud égaliser assez logiquement sur sa première action (son 2e ballon car il détourne le centre avant de recevoir la remise pas franchement volontaire de Rabiu). Il y aura des regrets car dans la foulée Saber Khelifa a obtenu une très grosse opportunité de marquer le second but savoyard.

Un match en Corse avec 2 entraîneurs corses (dont un en tribune), ça fait forcément un peu de grabuge à la sortie du terrain, en l’occurrence à la mi-temps. M. Ennjimi a dû convoquer des joueurs dans son vestiaire pendant la pause, ça s’était bien fritté, il fallait calmer les choses. En attendant Ajaccio a 2 points faute d’avoir su profiter de la lancée de la saison passée, ETG en a 5 avec 2 déplacements chez des concurrents directs, ce n’est pas mal du tout.

La suite demain…

Notes

[1] Vers la moitié de la première période, également de la seconde si nécessaire, l’arbitre suspend la rencontre pour que tout le monde puisse aller boire, y compris lui.

[2] Prêté par le LOSC.

[3] Les 2 pieds hauts dans la surface sur Balmont un peu plus tôt me semblent plus être passible d’un CF indirect pour jeu dangereux, je n’ai pas l’impression que le Lillois ait réellement été touché…

[4] Une touche défensive à hauteur de la surface, il n’y a pas de pressing dans cette zone mais 4 de tes coéquipiers pour un seul adversaire, en l’occurrence entre toi et la surface, et tu fais la passe au gardien, le mettant en difficulté.

[5] Contrairement à l’auteur de la touche il savait ne pas pouvoir le ballon de la main, mais a totalement manqué sa tentative de contrôle ou de passe sur ce ballon bondissant, il aurait dû mettre un gros coup de savate pour ne pas prendre de risque.