3 catégories (une féminine et 2 masculine), 6 engagés (Frédérique Jossinet et Laëtitia Payet en moins de 48kg, Sophiane Milous et Issam Nour en moins de 60kg, David Larose et Pierre Duprat en moins de 66kg), 2/6 en quart de finale, aucune médaille, une 5e place. Les valeurs sûres du judo français entreront en lice plus tard, néanmoins c’est globalement décevant. Individuellement il y a toutefois eu des satisfactions.

Tout a bien débuté à 9h36 avec la qualification de Duprat forçant Obama à rendre les armes au bout de 57 secondes (clé de bras). Oui, Obama… un Camerounais. A partir de 10h13 ça s’est enchaîné avec Payet (qui est toute petite), Jossinet et Nour respectivement face à Andu, une Nigériane, la Mexicaine Carrillo et le Mongol Boldbaatar Chimed-Yondon (bâtard chauve ? je kiffe les noms mongols !). Les 3 ont gagné, la première en marquant 2 waza-ari (le 2nd à environ 30 secondes de la fin, un fauchage intérieur), la 2e avec une immobilisation en 2 fois pour faire ippon, le 3e en détruisant son adversaire à 2 secondes de la fin d’un grand fauchage extérieur lui évitant de passer par le golden score[1] à l’issue d’un combat très moyen en restant trop sur la défensive.

Débutant à 10h39, Milous a éliminé l’Australien Daquino, un premier Yuko assez rapide, puis un autre, un 3e avec des pénalités… Il ne laissait pas son adversaire respirer en se montrant hyper offensif. Ça s’est terminé en ippon (sanctions je crois). Le dernier Français à entrer dans la compétition était Larose (à 11h04), en 10 secondes le Malgache Elie s’est retrouvé sur le dos en position idéale pour observer le plafond… Magique !

Les 6 Français ont gagné leur 1er combat, tous par ippon. Ça s’est ensuite gâté…

11h49, combat assez facile pour Duprat, il affronte un quidam vénézuélien, Ricardo Valederrama, tout se passe bien au début, le Français s’emballe même en tentant une clé de bras à la volée (^^), son adversaire prend 2 moulinettes, toutefois il est assez brouillon face à un adversaire combatif tentant beaucoup de fausses attaques ou d’attaques pas franches… jusqu’à y aller pour de bon et piéger le jeune Duprat. Ippon. Se laisser endormir jusqu’à l’accident, c’est vraiment dommage. Première grosse déception de la journée.

12h07, Jossinet contre Ente, une Néerlandaise, ça passe, un combat difficile, là encore assez brouillon, remporté par la Française au bout des 5 minutes au jeu des pénalités (2 contre une seule). La doyenne de l’EdF a failli se faire piéger. Pendant ce temps Nour affrontait le Letton Magers, il a marqué 3 fois yuko (dont un pour des moulinettes) avant de finir par un ippon (grand fauchage extérieur).

Milous et Payet remontaient sur le tatami un peu après midi ½. Contre un Indien, Chaha, l’ancien champion d’Europe a dû se bagarrer fans un combat très intense relativement pauvre en mouvements. Après avoir déjà marqué yuko il a fini en planchette japonaise, les arbitres ont hésité avant de donner ippon. Payet a collé un gros pion à une Marocaine (mouvement de hanche me semble-t-il), du beau travail.

Avec la qualification de Larose par forfait (il devait affronter le n°3 mondial, un Russe), 5 Français sur 6 avaient passé leur 2e tour (qui pour certain était un 3e tour). Ensuite, la catastrophe.

A 13h04 Issam Nour, 30 ans mais encore jamais sélectionné en équipe de France, affrontait… un Japonais, le n°3 mondial, Hiroaki Hiraoka, futur médaillé d’argent. Nour a donné énormément de fil à retordre au Nippon, il aurait vraiment mérité mieux car il a dominé son adversaire plus petit que lui en mettant beaucoup de rythme. Certes fini une sur les fesses mais ça ne compte plus de nos jours et avait le plus souvent l’initiative des véritables attaques, son adversaire doutait, se jetait sur les genoux, ne faisait rien de franc, était souvent à la limite de la fausse attaque… Jamais la 2e pénalité n’est tombée, du coup le score était toujours vierge à quelques secondes de la fin. Si le Français avait eu le yuko d’avance mérité, il aurait pu gérer autrement et éviter de se faire avoir à alors que le chronomètre indiquait 0:10. C’est rageant. S’agissant d’un 8e de finale, point de repêchage possible.

Moins d’une demi-heure plus tard Sofiane Milous a été sorti par l’Azéri Ilgar Mushkiyev. Il n’y a pas grand-chose à dire. Il a tenté de résister et de contrer une tentative d’arrachage finalement passée, un waza-ari, a ensuite tenté un mouvement non comptabilisé car jugé en-dehors du tapis, l’affaire s’est terminée en ippon. En même temps David Larose, lui aussi engagé en 8e de finale, affrontait le Kazakh Mailashev, un combat très difficile car en ayant dû s’employer en tout 10 secondes pour passer 2 tours, il n’était pas chaud. C’était très moche, à force de subir le Français a été pénalisé, son adversaire a eu ensuite un yuko d’avance avant une égalisation à 47s de la fin, tout ça avec des sanctions, on se dirigeant encore vers un golden score… quand à 3 secondes de la fin le Kazakh s’est retrouvé sur le dos sans avoir rien compris. Direction le quart de finale, comme pour Fred Jossinet, qualifiée entre-temps en battant Woolsey, une Ricaine. Elle a pris la jambe, c’est cause de disqualification… sauf si l’adversaire vous tient en ayant les 2 bras du même côté de vote tête, si la prise de kumi-kata est croisée, on a le droit d’arracher en chopant la jambe, pourquoi s’en priver ?

L’équipe de France pouvait encore viser 3 médailles car Laëtitia Payet combattait en 8e de finale face à la Hongroise Eva Csernoviczki (future médaillée de bronze), n°5 mondiale. Le combat n’a débuté qu’à 13h47, soit après le quart de finale de Jossinet dans la même catégorie, et a duré longtemps. La Hongroise a profité de son avantage de taille et d’allonge pour faire sanctionner la Française, active un peu tardivement, d’où une pénalité transformée ensuite en yuko avec une 2e moulinette. A force de reculer en se reposant sur cet avantage, la favorite a été à son tour pénalisée à une minute de la fin, égalité, 1 yuko partout. A la dernière seconde, ippon bidon pour la Hongroise… aussitôt annulé. Et golden score. Les filles sortaient tout le temps du tapis, les arbitres se sont réunis 2 ou 3 fois jusqu’à décider de sanctionner la Française, une décision extrêmement sévère influencée par l’entraîneur de la future médaillée. Payet éliminée au "point en or", ça n’a finalement rien d’étonnant, mais point d’or pour Payet, juste des larmes. L’arbitrage à domicile, en judo, ça fonctionne surtout pour les Japonais(es).

En quart de finale, fin de l’aventure pour Jossinet et pour Larose. Contre la n°2 mondiale et vice-championne du monde en titre, la Japonaise Tomoko Fukumi, on n’a pas trop eu le temps de croire en la qualification de la Française. Pénalisée, ayant déjà dû se rattraper in extremis, Fred Jossinet a fini par prendre un gros pion en se faisant contrer. Elle a lancé un mouvement sans tenir son adversaire comme elle le devait pour être efficace et éviter d’être victime de sa propre attaque. Il n’y a pas de honte à perdre ainsi.

Rok Draksic, un Slovène, se dressait sur la route de Larose aux alentours de 14h. Sa tactique, lancer la jambe pour aller chercher le pied. Le Français s’est fait avoir en contre, son adversaire lui a balayé les 2 jambes, les arbitres ont donné ippon au grand désarroi vu vaincu. En revoyant l’action, on comprend : il n’est pas du tout tombé sur le dos mais sur une épaule, ça méritait au maximum yuko si on considère la chute comme étant sur le côté, certainement pas ippon… Pas d’arbitrage vidéo.

Dernier espoir pour Larose comme pour Jossinet, le repêchage.

La Roumaine Alina Dumitru, championne olympique en titre, est la bête noire de la vice-championne olympique 2004. Pendant 5 minutes Dumitru a fait le spectacle, on aurait dit du théâtre, elle jouait la grande blessée, ne masquait absolument pas sa douleur à l’épaule… Et pourtant à chaque fois elle continuait malgré le combat physique imposé par Jossinet. Fred a alors pris une pénalité venue de l’espace car elle faisait tout et son adversaire rien. Heureusement, le carton jaune a été annulé par les arbitres de coin. A 2 secondes de la fin, la Roumaine a évité de prendre ippon, waza-ari et même yuko… mais n’a pu éviter une chute sur l’épaule. Abandon avant le début du golden score.

En finale de repêchage Larose s’est fait priver de sa dernière chance par le Britannique Colin Oates. C’est dommage de se laisser engluer comme ça dans les pénalités… Le Rosbif a été malin.

Une seule chance de médaille, rien au bout. La Brésilienne Sarah Menezes a pu sauter dans les bras de son entraîneur sur le coup de 17h. La Lusophone a dominé, a mené d’un yuko grâce à des pénalités, à 1’40 de la fin un mouvement de l’ancienne aventurière de Koh Lanta (^^) a remis les choses à niveau, 1 yuko partout… Ippon à 50 secondes du terme de la rencontre, adieu la médaille. Fred est passée à côté.

Concllusion : journée de m*rde, 5e place, 7e place, hécatombe en 8e de finale.

En -60 le Japonais a été est battu par l’Ouzbek en prenant waza-ari à quelques secondes de la fin.
En -48, finale entre 2 filles venant de l’Empire du Soleil levant.
En -66 le Japonais a battu le Brésilien par ippon

  • Moins de 48kg

Or : Haruna Asami (JAP)
Argent : Tomoko Fukumi (JAP)
Bronze : Eva Csernoviczki (HON), Sarah Menezes (BRE)

  • Moins de 60kg

Or : Rishod Sobirov (OUZ)
Argent : Hiroaki Hiraoka (JAP)
Bronze : Ilgar Mushkiyev (AZE), Gerogii Zantaraia (UKR)

  • Moins de 66kg

Or : Masashi Ebinuma (JAP)
Argent : Leandro Cunha (BRE)
Bronze : Cho Jun-Ho (CDS), Musa Mogushkov (RUS)

Notes

[1] Les 3 minutes de prolongation pendant lesquelles le premier qui marque gagne.