Ce succès met la France en position idéale en vue du 2e tour où elle affrontera 3 cadors du basket européen et mondial, la Turquie, la Lituanie et l’Espagne (le vice-champion du monde en titre, le médaillé de bronze au Mondial et hôte de la compétition ainsi que le champion d’Europe en titre, grand favori à sa succession). En effet, un grand pas vers les quarts de finale a été fait, une victoire au 2e tour suffira, sauf situation improbable (une égalité à 5 équipes ayant gagné 3 fois et perdu 2 fois), il existe même des cas dans lesquels en perdant ses 3 matchs l’EdF participerait aux quarts.

Rappelons-le, l’objectif premier est la qualification pour les Jeux Olympiques, or les quarts de finale sont le passage obligé pour obtenir un ticket pour Londres. Les 8 dernières équipes en lice auront 2 chances de poursuivre leur voyage vers l’Olympe :
-en cas de défaite en quart, le premier match de classement (pour atteindre la finale 5-6 au lieu de la finale 7-8) sera une finale pour la participation au TQO, le tournoi de qualification olympique ;
-en cas de victoire en quart, la participation au TQO sera assurée, la demi-finale sera alors une première finale, celle de qualification directe pour Londres, car les 2 finalistes n’auront pas besoin de passer par le TQO.

Gagner la compétition serait un énorme bonus. Pour le moment, rien n’est gagné, mais ne nous y trompons pas, battre la Serbie en match officiel est un exploit. Les Bleus l’ont fait à l’issue de 45 minutes de basket de très haut niveau. L’intensité était époustouflante, l’atmosphère électrique, l’arbitrage scandaleux, les rebondissements incalculables, on a plusieurs fois cru gagner ou perdre cette rencontre. Au final, on retiendra un chef d’œuvre, un morceau de bravoure, une page d’histoire ! Il faudrait mettre une stèle commémorative à l’entrée de la salle pour que tout visiteur se souvienne de cette soirée dans un autre monde.

Il me semble opportun de revenir sur l’ensemble du premier tour des Bleus après une préparation quasi parfaite au niveau des résultats. Hormis une grosse bran-bran reçue en Espagne – très positive car elle a réveillé tout le monde et pourrait donner lieu à un gros excès de confiance ces les coéquipiers des frères Gasol en cas de retrouvailles entre les 2 équipes – les Bleus ont tout gagné, ont enchaîné 5 victoires en 6 jours au Tournoi de Londres (dans la salle du premier tour des JO) se préparant ainsi au rythme du premier tour de l’Euro. La prépa, débutée assez tôt à l’INSEP pour une remise en forme et des tests médicaux, a en réalité assez mal débuté : Mike Piétrus, blessé au genou, a dû déclarer forfait. Puis Joakim Noah, ayant encore des séquelles d’une blessure à la cheville subie en cours de saison NBA, a été écarté du groupe pour des soins, il a préféré les suivre aux Etats-Unis, on a eu peur qu’il ne puisse pas revenir (perso j’étais sûr qu’il répondrait présent, qu’il se défile serait très mal passé auprès de la confrérie des Français de NBA, ça aurait fait tâche après ses déclarations expliquant pourquoi jouer pour les Bleus lui tenait à cœur, essentiellement pour faire plaisir à se famille et en particulier à sa grand-mère). Il a pu rejoindre le groupe juste avant le match en Espagne, gros soulagement. Mais à l’issue de cette rencontre, nouvel accroc, cette fois Vincent Collet décide de couper Ali Traoré car Kévin Séraphin faisait très grosse impression. Le jeune pivot a surpris tout le monde, même moi, qui l’ai pourtant vu prometteur lors de ses bouts de matchs avec Washington. Pendant les différents stages et matchs amicaux il est apparu plus que prometteur, il a carrément été très bon. Ali a mal vécu ça et a exprimé son ressentiment sur Twitter.

Quelques jours plus tard, à Londres, Ronny Turiaf s’est cassé la main. Très grosse tuile. Après examens, le forfait devient officiel (il est toutefois resté avec l’équipe, partage sa chambre avec son grand ami Joakim Noah, à qui il sert en quelque sorte de grand-frère, de prof particulier pour l’aider à se préparer à rencontrer les intérieurs européens, il le briefe), il faut rappeler un pivot… Ali Traoré revient malgré ses déclarations. Pour ne rien arranger le dos d’Antoine Diot pose problème, il doit à son tour renoncer à participer à l’Euro, avant les 2 derniers matchs à Gravelines on rappelle Steed Tchicamboud, le meneur de Nancy.

Je résume : Antoine Diot, Yannick Bokolo (qui a préféré rester avec sa femme qui doit accoucher pendant l’Euro), Mike Piétrus, Ronny Turiaf… On est loin d’avoir l’équipe idéale espérée par Vincent Collet.

Le groupe de la France au premier tour était clairement le plus dur des 4, heureusement on avait une chance, celui de rencontrer les 5 adversaires grosso modo des moins forts aux plus forts. Dans l’ordre : la Lettonie, Israël, l’Allemagne, l’Italie et la Serbie.

De ces 5 matchs on peut tirer beaucoup de satisfactions, pas seulement en raison du résultat (5 victoires). On a observé une réelle montée en puissance, pas mal de défauts semblent avoir été corrigés de match en match (sans parler des défauts traditionnels… par exemple on a rarement vu une EdF si adroite aux LF), le banc est de plus en plus impliqué et efficace, les leaders tiennent leur rôle à merveille. Dans l’attitude, ils sont irréprochables. Etrangement on est loin d’avoir la meilleure défense, en revanche on a la meilleure attaque du premier tour, c’est un peu le monde à l’envers.

  • France-Lettonie, 89-78.

Prendre la Lettonie le premier jour de l’Euro est un avantage dans le sens où mieux vaut pouvoir se mettre dans le rythme crescendo avec le match a priori le moins compliqué pour commencer. Seulement, rencontrer la Lettonie en Lituanie revient à la jouer chez dans une salle chauffée par son public, affronter des gars frais, encore très motivés, ils y croient toujours, et pour peu qu’un ou 2 de leurs joueurs se mette(nt) à flamber, l’incendie est difficile à éteindre.

Si les Bleus ont eu un connu un premier QT difficile, on ne peut pas en dire autant des Lettons. Les Baltes ont allumé à 3 points, ça rentrait, qu’il s’agisse de shoots ouverts – trop nombreux – ou contestés, et si T.P. n’avait pas maintenu les siens dans la rencontre, l’affaire aurait pu très mal tourner. On les a laissé prendre confiance, une énorme erreur face à une équipe de gras prêts à vivre et mourir derrière la ligne à 3 points. Si on les laisse prendre le rythme, ça donne 9/13 derrière l’arc en première période… Cette équipe est très jeune – seulement 3 joueurs sur 12 ont plus de 23 ans, il y a même un joueur de 18 ans – mais très talentueuse, elle m’a fait penser à son homologue qui a battu la France à l’EuroBasket féminin (59-56), il y a quelques semaines. Pour être plus juste Janis Blums (le plus vieux de l’équipe, il a 29 ans) m’a beaucoup fait penser à Elena Babkina. La jolie blonde nous avait fait la musique, c’était une horreur, on avait eu droit à tout… et donc perdu. 26 des 59 points de son équipe avec une belle réussite, des paniers assassins, quelques passes décisives sans doute. A lui seul, lors de cette rencontre Janis Blums a marqué 32 points, fait 6 passes décisives et provoqué 9 fautes en 29 minutes, ceci en nous enfilant 6 paniers primés sur 9 tentatives. On a jamais pu mettre le couvercle sur la marmite, il est resté bouillant tout du long.

Les Bleus ont commencé à couler, ils avaient 8 points de retard après 3 minutes dans le 2e QT, leur capitaine écopait, écopait, réalisant exploit sur exploit. A force il a réussi à réveiller ses gars, ils s’y sont mis eux aussi ce qui s’est traduit en 13-0 avec notamment 2 paniers primés consécutifs de Mickaël Gelabale et de Nicolas Batum. Les Lettons ont réagi, encore sous l’impulsion de ce diable de Blums, ils ont repris 6 points d’avance à une minute de la mi-temps, mais cette fois, pas question de laisser faire, le sniper des Bleus (Gelabale) a tout de suite répondu derrière l’arc. 41-40 pour la Lettonie à la mi-temps.

N’étant pas encore fatiguée par l’enchaînement des matchs, les Lettons ont pu résister plus facilement à la pression physique des Français. Leur réussite s’est progressivement envolée quand les Bleus ont serré la vis (9/13 à 3 points en première période, 2/10 en seconde). La seconde période (avec Nando De Colo dans le 5 à la place de Batum) a commencé par un 8-0 avec 6 points de TP, l’écart a commencé à se creuser pour atteindre 8 unités, pas pour très longtemps, les Lettons n’ont pas abdiqué, ils sont revenus dans le coup plusieurs fois d’abord à 58-56, puis nouvel écart pour les Bleus, retour à -2 à environ 8 minutes de la fin (65-63) en profitant d’un coup de moins bien des Français à tous les niveaux. On a cru que la dernière heure des Baltes avait sonné lorsque Steed Tchicamboud a intercepté et été victime d’une faute antisportive de… Blums – qui d’autre ? on est homme du match ou on ne l’est pas ! – à 7 grosses minutes de la fin. Les LF plus la possession, une claquette de Boris Diaw, puis +7 après un panier à 3 points de Tony Parker derrière un écran, malgré quelques erreurs c’était enfin plié… ou pas. Blums – et oui, encore Blums ! – a ramené la Lettonie à 2 points à 4’31 de la fin. Tout était à refaire.

La France n’était pas au mieux, les hommes de Vincent Collet commettaient des boulettes, d’où un temps mort pris par le coach français pour remettre ses troupes dans le sens de la marche. Les bienfaits du temps morts ont été immédiats. Batum dans le corner, interception/bâche de Noah, Gelabale à 3 points, cette fois pas de doute, l’affaire était entendue, tant pis si Blums était encore capable de marquer un panier improbable car Noah était récompensé de ses efforts avec un and one sur rebond offensif. +9 à moins de 3 minutes de la fin, impossible pour les Lettons de s’en remettre, la pression défensive et la bonne gestion des tauliers français (Parker et Diaw) ont permis de conclure sans se refaire peur.

Les bons points : on n’a perdu que 7 ballons, faire 17/21 aux LF est une belle satisfaction (les Lettons en ont loupé autant sur un plus petit volume), on a su marquer en jeu rapide et trouver de l’adresse à longue distance lorsque nécessaire avec Batum et Gelabale. Si TP a marqué 31 points (avec 7 passes et 8 fautes provoquées), les 5 joueurs du 5 majeur ont tous inscrit au moins 10 points, preuve que la Parker-dépendance est aussi une Parker-compatibilité, voir une Parker-complémentarité. On l’a vu dans d’autres matchs, le duo TP-Noah ressemble beaucoup au duo Rose-Noah à Chicago, Joakim ramasse parfaitement les miettes avec ses claquettes en suivant les pénétrations de son meneur. D’ailleurs je fantasme sur cette association depuis 2 ans en imaginant les ravages dans les raquettes adverses.

Si la défense n’a pas été très efficace, marquer 89 points malgré la défense de zone était un signe très positif. Vous trouverez la vidéo du match en cliquant ici.

  • Israël-France, 68-85.

Pas besoin de revenir sur la plus large victoire de l’équipe de France depuis le début de la compétition, j’ai déjà exposé les grandes lignes de ce qui aurait été l’analyse de cette rencontre si j’avais eu le temps de l’écrire. Il n’y a pas grand-chose à en dire de plus que ce que vous trouverez en cliquant ici (avec la vidéo du match). La France a débuté très fort avant un gros trou d’air quand TP est sorti, le match a été définitivement plié avec une grosse série pour débuter la seconde période. Comme lors de plusieurs de ses matchs de préparation l’EdF a fait le coup du 3e QT. Les stats qui tuent : 6 interceptions de Batum, 8/14 à 3pts dont 3/3 pour Gelabale, 40 rebonds à 20.

  • France-Allemagne, 76-65.

Un très grand Tony Parker (32pts et 6 passes)… et un banc assez absent, du moins offensivement, voilà comment résumer ce match. J’ai déjà résumé et analysé cette rencontre. Le match a mal débuté à cause de Dirk Nowitzki, les Bleus sont revenus dans la partie puis ont refait le coup du 3e QT (29-12), et même si c’est un peu revenu par la suite, je dis bien un peu, la façon dont ils – en particulier Flo Piétrus – ont tenu le MVP des dernières finales NBA a été admirable.

  • Italie-France, 84-91.

Je ne peux pas faire une analyse plus complète que celle déjà publiée l’autre jour. Pas de TP pour le dernier QT à cause d’une grosse béquille subie rapidement, pas de Mickaël Gelabale en première période à cause de douleurs au dos, les 3 NBAers italiens ont tous été dans le coup mais conduits par Boris Diaw et Nico Batum, boostés par le banc, les Bleus ont fini par arracher un succès finalement sans conséquence (alors qu’une défaite aurait pu coûter cher).

  • Serbie-France, 96-97 (après prolongation).

Ça commence à faire long sur cette page, je fais une seconde partie.