Paris n’avait pas de raison particulière de craindre une équipe bourguignonne fortement remaniée suite à la défaite de dimanche au Parc des Princes (2-0). Même en alignant un onze également modifié dans des proportions importantes compte tenu des indisponibilités et des nécessités de faire tourner pour ne pas cramer les joueurs dès l’automne[1], la victoire était à portée de main. Il est bon de le rappeler, depuis le début de la saison, au PSG, c’est l’Hécatombe, la plupart des joueurs ont manqué une ou plusieurs semaines en raison de blessures[2]. Cette année le PSG n’est pas épargné par les problèmes physiques, ils sont plus difficiles à éradiquer que La mauvaise herbe. Pour éviter l’envahissement, Kombouaré a conservé Une jolie fleur au bord du terrain. Que dis-je ? Une ? Non ! 3 ! Pastore, Nenê et Gameiro (plus Sirigu) étaient remplaçants. Le Bulletin de santé est préoccupant, l’entraîneur parisien devait composer sans Bisevac et Hoarau, absents de longue date, mais aussi sans Chantôme et Tiéné, touchés dimanche, Momo Sissoko était incertain, prendre le risque de l’aligner exposait à une pénurie de milieux de terrain en championnat et en Europa League samedi et jeudi prochain, voire sur une longue durée. L’option la plus raisonnable était de véritablement faire tourner. L’équipe était expérimentale : Douchez - Cearà, Lugano, Camara, Sakho (C) - Bodmer, Armand - Jallet, Ménez, Bahebeck - Erding. Sakho arrière gauche, Armand et Bodmer milieux récupérateurs, Jallet milieu droit, Erding titulaire, ça fait 5 joueurs pas à leur place ou du moins pas à leur poste de prédilection (je trouve Jallet meilleur au milieu… sauf cette fois ; Erding est bien meilleur sur le banc).

Malgré cette équipe bricolée en raison des circonstances, le PSG a largement dominé. Dijon n’a pu résister à L’Orage, encaissant 2 buts par Bahebeck et Erding en l’espace de 20 minutes. Le Turc avait déjà trouvé le poteau dès la 6e en reprenant en 2 temps un centre de Jallet (une action à 10 passes sur le côté droit). Le CF direct (18m face au poteau gauche) de l’attaquant de 18 ans tiré au-dessus du mur en direction de la lucarne est une merveille (15e), le second but est surtout dû au coup de rein côté gauche de Ménez. L’ancien Romain a enchaîné avec un centre en retrait difficilement exploité par son vieil ami[3]. A ce moment la seule tactique possible pour Dijon était La prière, cette équipe semblait sur le point de recevoir La Fessée de l’année.

Le PSG s’est procuré une douzaine d’occasions contre 2 ½ pour le club bourguignon qui en a transformé une et a obtenu 2 pénos tous les 2 très contestables – le premier n’existe pas, le second est une question d’interprétation – grâce auxquels il a pu se relancer puis prendre le dessus. Les pénos n’ont pas été obtenus sur des occasions.

Si le Bon Dieu l'avait voulu, les 3 tirs parisiens sur les montants seraient devenus des buts. Le problème en football est que bien souvent, Dieu, c’est l’arbitre. Il a tout pouvoir. Remarquez, j’ai un doute, si l’arbitre est Dieu, ça signifie que Dieu peut se tromper et se laisser influencer. En l’occurrence, M. Castro s’est beaucoup trompé.

A en croire les médias, après avoir marqué 2 buts, les Parisiens seraient tombés dans l’excès de confiance, auraient cédé à la déconcentration, pêché par suffisance. Bientôt on va vouloir nous faire croire qu’ils se sont désintéressés de la rencontre pour aller à La Chasse aux papillons. C’est faux, archi-faux ! Si certains n’ont pas été bons ou ont connu des difficultés par moments, je pense notamment à Bodmer, à Sakho (les 3 buts viennent de son côté, on pourrait lui en vouloir s’il avait joué à son poste), ou encore à Jallet, ils n’ont pas eu une attitude je-m’en-foutiste, le seul à qui on peut avoir envie de mettre des claques est Ménez.

La "Ménez attitude" et le "paradoxe Ménez" déjà décrits plusieurs fois – après PSG-Dijon notamment – ont encore été cause d’énervement chez beaucoup de Parisiens, qu’il s’agisse de supporters (comme moi) ou même de joueurs. Il a été particulièrement décisif, le CF transformé par Bahebeck (idem pour celui tiré sur la barre), la passe décisive pour Erding, celle qui aurait dû l’être pour Gameiro, tout vient de lui. Pour tout ça, bravo, c’est très bien. Seulement, pendant un match, on est en droit de lui en demander plus. On aimerait tous que dans son jeu il n’y ait Rien à jeter, on accepterait sans difficulté une dose de déchet normal, mais son attitude, sa nonchalance après avoir perdu le ballon bêtement… Il gâche tout ! Trop souvent il joue perso, porte exagérément le ballon, loupe le dribble inutile et s’arrête bras ballants. C’est insupportable. En fin de première période une passe de Bahebeck a été interceptée parce que Ménez attendait que le ballon vienne à lui au lieu d’aller vers le ballon… J’ai insulté la télé.

On a l’impression que pour lui une passe doit être un caviar ou rien d’autre, s’il te vend une voiture, c’est réservoir plein, vidange et contrôle technique effectués, peinture refaite à neuf, intérieur nettoyé et désinfecté… Il veut toujours trop en faire. Kombouaré réussira-t-il à lui inculquer la ligne directrice que doit suivre son groupe pour rester performant ? Il faut savoir ranger son ego de côté est faire passer Les Copains d'abord, est-il difficile de le comprendre ? Il a aussi pris un jaune évitable en continuant à jouer[4] après avoir été signalé HJ à tort (c’est doublement agaçant).

D’accord, il y a eu de l’imprécision, de mauvais choix, trop de pertes de balle, mais la principale raison de la défaite est ailleurs : Paris a franchement manqué de réussite. Pour rappel (ou pour information), juste après le penalty de Younousse Sankharé – le joueur formé récemment au PSG est capitaine, il a voulu tirer le péno, mais un péno, ce n’est pas un vrai coup de l’ancien – obtenu par un bel escroc, un Sale petit bonhomme, Brice Jovial, formé aux Cours Florent, Bodmer a eu l’occasion du 3-1 (arrêt du gardien), puis Bahebeck a provoqué un corner… incroyablement jugé de travers par l’arbitre, il a donné sortie de but, et sur l’action suivante, but de Florin Bérenguer grâce à un mauvais contrôle. Pas vernis les Parisiens ! En seconde période, après 4 nouvelles occasions franches du PSG, Camara manque un dégagement et permet à un Dijonnais de centrer à nouveau, le ballon percute le bras du "Papus" (qui ne mérite pas de passer à la postérité, contrairement à son genou), il n’a pas délibérément touché le ballon du membre supérieur mais l’arbitre donne péno (dans ce genre de cas, en pratique, c’est du 50/50), Jovial le transforme, il reste une demi-heure. En une demi-heure, Les Ricochets du ballon sur la barre ont fini de dégoûter les Parisiens, condamnés à la résignation et à l’élimination. 2 tentatives ont en effet échoué sur la transversale, d’abord un CF excentré de Bahebeck (64e) puis une reprise à 6 mètres de Gameiro servi – légèrement HJ – par Ménez après un nouveau numéro côté gauche (73e). Quand il le veut, ce dernier est impressionnant, sur ses rushs les adversaires prennent Le Vent, dommage qu’il ait de plus en plus sombré dans les travers de la "Ménez attitude" à mesure que le temps s’écoulait.

Jallet a eu des occasions : il a totalement manqué sa première frappe, bien décalé par Erding au terme d’une percée dont le Turc n’est pas coutumier (20e), puis sa volée quelques secondes avant le premier péno était réussie mais a été captée par le gardien remplaçant, Baba Tchagouni (29e), de même que sa bonne frappe des 25 mètres suite à un CF repoussé dans l’axe (48e). Sur cette action Bahebeck aurait dû chercher Armand seul au second poteau. Le jeune Parisien – on oublie trop souvent de le rappeler, il n’a pas encore 18 ans ½ - y est aussi allé de sa bonne frappe, tentant de marquer à peu près le même but que face au Mans en Coupe de France il y a quelques mois (54e). Là encore, arrêt du gardien, tout comme sur le CF de Nenê à 25 bons mètres (85e), mais ce n’était pas très difficile à stopper.

Il faut y ajouter tout un tas de situations chaudes, des frappes contrées, des centres, plus bien évidemment des raids de Ménez, notamment un conclu par une frappe croisée juste au-dessus de la transversale au lieu de décaler Jallet (42e) et une accélération sur la gauche conclue par un une-deux avec Erding et un centre-tir trop croisé au lieu de donner le ballon en retrait (58e).

Honnêtement, une équipe en livrant une prestation équivalente à celle du PSG gagnera plus de Quatre-vingt-quinze fois sur cent. C’était une des 5 autres.

Avant d’enfin aborder le cas des 3 joueurs plus ou moins responsables des 3 buts encaissés, rapide round up concernant la prestation des autres.

Douchez était masqué sur le 2e but, il touche le ballon sur le second penalty. Je n’ai pas souvenir d’une erreur particulière, il a connu une soirée galère en n’ayant rien à faire mais en encaissant 3 buts.
Cearà a été l’auteur d’une prestation propre, hormis une faute sur lui en fin de match devenue un CF sifflé contre lui, il ne s’est rien passé de son côté.
Armand a dépanné, n°6, ce n’est pas son métier, s’il s’en est sorti plutôt honorablement, la différence par rapport à Chantôme ou Matuidi saute aux yeux, il n’a pas le même impact.
Bodmer a tenté d’être actif offensivement, mais à un poste où il doit récupérer en plus d’orienter le jeu, il a du mal. Par moment ça manquait d’agressivité dans ce secteur. Il a aussi pris un carton complètement stupide en gueulant sur l’arbitre pour une faute réelle. Peut-être s’est-il énervé parce que M. Castro manquait de cohérence dans ses décisions, la même faute n’étant sifflée que de temps en temps. Il aurait dû dire à l’arbitre «Sauf le respect que je vous dois, il me semble que vous vous méprenez sur la nature profonde de ce geste.»
Bahebeck, excellent sur CPA, plus discret dans le jeu
Jallet trop brouillon, pas toujours super concentré et appliqué.
Ménez je n’y reviens pas, c’est à lui de voir s’il veut être un grand joueur ou de devenir Celui qui a mal tourné à force de se laisser aller.
Erding a alterné le bon et le moins bon avant de disparaître. A son crédit, le tir sur le poteau, le but, le rush suite auquel il décale Jallet, sans oublier son envie indéniable ; à son débit des actions lors desquelles il a trop porté le ballon, une action de 3-0 gâchée en détournant un centre en se jetant dos au but alors que Ménez arrivait plein axe (27e), on l’a aussi vu centrer pour personne… Le reste du temps, c’était Le Fantôme.

Gameiro et Nenê, entrés trop tardivement (70e) pour suppléer Erding et Bodmer, ont été dangereux, ils ont essayé d’apporter de la vitesse et de la combativité, ceci sans grande réussite.

On en arrive aux problèmes défensifs. Lugano en a pris plein la gueule alors que les 4 actions offensives notables de Dijon viennent toutes d’erreurs défensives venant du côté gauche aussi étanche que L'Épave du Rainbow Warrior après sabotage par les service secrets de Mitterrand.

-A la 18e minute, donc à 0-1, Sakho n’est pas à sa place, Camara compense en se décalant à gauche mais n’est pas à distance correcte, il le laisse centrer Jovial, Christopher Joufreau manque inexplicablement sa tête à 5 mètres, oublié qu’il était dans l’axe. On peut incriminer Lugano (au premier poteau), mais que dire d’Armand, Bodmer et même de Cearà ? Ils étaient tous les 4 ans la surface mais 2 Dijonnais étaient libres dans l’axe à hauteur de la surface de but.
-A la 29e, même chose, cette fois Christophe Mandanne est côté droit, Sakho n’est pas à sa place, Camara compense en se décalant, il laisse centrer, en cherchant à contrer il détourne la trajectoire du ballon. Dans la surface, au premier poteau, Jovial tire le maillot de Lugano qui a le malheur de chercher à le garder à distance en ayant la main sur son épaule, le ballon arrive derrière eux, ils sont dos au but, Jovial se jette, comme il tient le maillot il est déséquilibré et obtient un péno injuste. Jovial a bien joué le coup pour tromper l’arbitre, il pourra raconter à ses petits-enfants cette Histoire de faussaire.
-A la 32e, cette fois Jovial est côté droit, il repique dans l’axe, Sakho ne fait que l’accompagner, le ballon est transmis à Bérenguer qui manque son contrôle, loupé ayant pour effet de scotcher sur place à la fois Lugano et Camara, le jeune Bourguignon enchaîne avec sa frappe croisée, but.
-A la 60e, le ballon est encore du même côté, Sakho se fait enfumer après avoir mis en touche d’un bon tacle, Bérenguer est libre, il centre, Camara dégage mal, il renvoie le ballon à l’envoyeur, Jovial en hérite, centre encore, le ballon heurte le bras de Camara qui a voulu mettre la tête mais a involontairement mis le bras (pas collé au corps). Si on applique la loi XII stricto sensu, il n’y a pas faute car pas de geste délibéré, toutefois, le défenseur s’étant mis en situation d’être sanctionné en ne rangeant pas ses bras sur une situation dangereuse de centre dans la surface, on peut difficilement en vouloir à l’arbitre pour cette décision, son interprétation est assez commune.

"Papus" a aussi effectué quelques bonnes interventions, mais les faits sont clairs : il est en cause sur les 4 actions ayant coûté 3 buts à son équipe. Sur ce match, Le Fossoyeur du PSG n’est absolument pas Diego Lugano, les torts sont partagés entre les différents défenseurs et l’arbitre.

Pour info, la dernière occasion de Dijon est intervenue sur un contre après une perte de balle au milieu (80e).

En privé, Jovial l’aurait reconnu, je cite «Je suis un voyou» (info à vérifier). Lui et ses collègues ont énormément simulé des douleurs bien supérieures à la réalité à chaque contact un tant soit peu limite. Par exemple, quand dans un duel aérien il a pris le bras de Lugano au niveau du menton (l’Uruguayen ne regardait que le ballon) l’attaquant des Gwada Boys s’est tenu le crâne en se roulant sur la pelouse… Qu’il y ait faute, je veux bien, mais se rouler au sol 2 minutes en n’ayant pas mal là où on a pris le coup, il ne faut pas abuser.

L’arbitrage de cette rencontre a frisé le pathétique, M. Castro a un style bien à lui. Il laisse jouer même quand un joueur se fait charger irrégulièrement juste devant lui, parfois c’est l’inverse, il sanctionne une intervention manifestement régulière (il a commis des erreurs dans les 2 sens, malheureusement celles ayant les plus de conséquences ont fait très mal aux Parisiens). Dijon a multiplié les faute tout au long de la rencontre mais n’a pris que 2 jaunes en fin de match dont un pour gain de temps (il n’a pas laissé passer les gains de temps sur la fin et a donné 5 minutes de temps additionnel… après 3 arrêts de jeu ayant fait perdre entre une et 3 minutes chacun, avec les changements ça devait faire 7, mais passons). Les dernières minutes, c’était un sketch, je vous les propose en intégralité, vous pourrez apprécier son arbitrage sans queue ni tête.

Les commentaires concernant Lugano et l’élimination du PSG, c’est Le Bistrot. De l’analyse de comptoir, un "journaliste" ou consultant sort une baliverne, Le Mouton de Panurge répète tel un perroquet, ça devient la vérité absolue, on ne peut la contester, même si un simple analyse des faits suffit à la contredire. Les idées reçues se propagent plus vite dans les analyses footballistiques qu’une MST dans une communauté de partouzeurs.

Kader Boudaoud et Manu Petit ont passé leur temps à charger Lugano, suivant à leur tour le mouvement. C’est bon, l’affaire est entendue, on n’a pas le droit de penser autrement, de voir de nos propres yeux. J’ai particulièrement détesté leur attitude de Lèche-cocu. Dijon, c’est trop formidablement admirable, ça joue super bien, à les croire c’est presque le Barça avec les moyen d’un club de National. Tu parles… Valeureux peut-être, malins dans doute, mais sur ce match, ils ont surtout été chanceux, ils n’ont quasiment rien maîtrisé. Les Bourguignons ont eu une veine de cocu, et Le Cocu de compétition, celui qui porte sur la tête de la Corne d'Auroch, pas de la petite corne de diablotin.

Ces commentaires à charge ont connu leur apothéose à la 95e minute. Long ballon pour une tête de Lugano monté en attaque pour les dernières minutes, il se fait balancer pendant qu’il saute, une charge par derrière évidente juste devant l’arbitre, mais dans la bouche de Kader Boudaoud ça donne, je cite : «M. Castro il est pas tombé dans le piège, il cherchait la faute»… Et toi Kader, tu n’es pas loin d’avoir trouvé la faute ! La faute professionnelle ! Les commentateurs de France Télévisions vont finir par me faire aimer Christian Jeanpierre (qui est pourtant Le Roi des commentateurs insupportables)… Le mec se fait balancer, c’est tellement évident que les occupants de la Station Spatiale Internationale l’ont vu à l’œil nu, mais il n’y a rien car «il cherchait la faute». Donc si Messi dribble 20 mecs et se fait cisailler, il n’y a pas faute parce qu’il cherchait la faute ? Je n’ai pas compris le principe.

Les grands coups d’épaule dans le joueur dans se préoccuper du ballon, on en a vu des tas, surtout en fin de match, mais rien n’était sifflé… sauf quand Lugano était dans la région. A cause de la mauvaise réputation dont il a été affublé dès son arrivée à grands renforts d’images pour bien marquer les esprits (Canal+ a utilisé des caméras isolées et multiplié les ralentis pour nous montrer quand il y avait des accrochages avec ses adversaires), dans l’esprit des gens – et plus grave, des arbitres – il passe sa vie à tirer des maillots, à mettre des taquets volontaires, à bousculer… On a échappé de peu au joli sobriquet de «Boucher de Montevideo». Une fois l’étiquette collée, en général Le temps ne fait rien à l'affaire, le joueur est parti pour passer à la caisse régulièrement pendant des mois. Lugano paye déjà cette réputation injustifiée, les adversaires n’ont qu’à crier ou à se jeter quand ils approchent, l’arbitre siffle faute. Il a bien du mérite de rester calme, dans sa situation j’aurais du mal à ne pas péter un plomb et entamer La Ronde des jurons.

En prime, certains entraîneurs passent leur temps à vociférer sur le banc pour influencer l’arbitre… et ça fonctionne. C’est ce que j’appelle La Complainte des filles de joie… Carteron est un de ces brailleurs, tout son staff semble s’y être mis, on n’entendait qu’eux, ils n’avaient qu’à gueuler pour obtenir des fautes.

Lugano est un grand Bonhomme, très loin du bourrin pour lequel on veut le faire passer. Le capitaine de la Celeste n’est pas Le Gorille juste bon à mettre des coups. Il ne lésine pas avec l’engagement physique, certes, c’est son style, celui du football uruguayen, mais il le fait pour être craint de ses adversaires, pour leur faire perdre leur spontanéité, instiguer dans les têtes la peur de prendre un taquet. L’a-t-on vu chercher à casser un adversaire depuis le début de la saison ? Jamais. Des actes violentes, on a vu Diawara ou encore Yanga-Mbiwa en commettre, eux n’ont pas le droit à ces attaques incessantes.

Intéressons-nous aux statistiques.

61 minutes… C’est le temps de jeu de Sakho et Lugano ensemble en défense centrale. On prend un gars pour l’associer avec un autre et on le juge avant d’avoir laissé ce duo se mettre en place.

5… C’est le nombre de match lors desquels le PSG n’a pas encaissé de but avec Lugano en défense centrale. 9… C’est le nombre de matchs joués par Lugano en rouge et bleu. En championnat, 4 fois sur 5 Paris a gardé sa cage inviolée en alignant l’Uruguayen, les 2 seuls buts concédés l’ont été à Annecy contre ETG, or il n’était pas le plus à blâmer. Sans lui, c’est minimum un but par match pour chaque adversaire, exception faite de la double confrontation avec Differdange.

Laissons-lui un peu de temps au lieu de l’enterrer, on a souvent vu des joueurs avoir besoin de quelques temps pour montrer chez nous leur réel niveau, n’a-t-on pas retenu de leçons de passé ? Les Funérailles d’antan faites à des gars comme Raí étaient de belles erreurs, on veut déjà célébrer celles de Lugano. Il ne parle pas encore français, doit s’adapter à un football différent, à un arbitrage différent… Y parvenir en 9 matchs en changeant systématiquement de partenaires est du domaine de l’impossible. Pour le moment il a été très bon contre Lyon et plutôt efficace le reste du temps, y compris les fois où on ne l’a pas vu très rassurant. Mettez devant lui des milieux axiaux performants, tout se passera bien. Si l’équipe est défaillante dans la récupération (Chantôme de retour de blessure et Matuidi à Annecy[5]Sissoko-Bodmer à Bilbao, Armand-Bodmer à Dijon), il est très exposé est plus facile à bouger.

Kombouaré va-t-il céder à la pression médiatique ? Je ne pense pas, il continuera à lui faire confiance, il n’est pas du genre à Mourir pour des idées mais est assez têtu pour ne pas se laisser influencer. Je reste persuadé que Lugano-Sakho va fonctionner si on leur donne la chance de travailler ensemble quelques matchs. J’hallucine en entendant dire que Bisevac est bien meilleur que le capitaine des vainqueurs de la Copa America. Les absents auraient forcément raison ? C’est de la Concurrence déloyale, le Serbe n’a pas joué depuis des semaines, en début de saison ses performances étaient très ambivalentes, il a commis de grosses erreurs, notamment à Rennes où il a coûté l’égalisation (responsabilité partagée avec Tiéné, son ancien compère valenciennois). Quant au fait de prendre des cartons, Bisevac en a récolté beaucoup ces dernières saisons, Makélélé en avait ramassé au moins autant à son retour en France que Lugano. Le néo-retraité avait commis des fautes bien plus grossières… Mais c’était Maké, alors on a fini par arrêter de le harceler, bien que certains aient voulu se le payer, à l’image de Christian Goucuff, dit "Le Modeste" (nan, j’déconne !). Mario Yepes aussi a connu ça. La seule solution pour s’en sortir ? Si on leur demande, ils répondront sans doute «Je me suis fait tout petit pendant quelques temps dans l’espoir que les arbitres et les médias m’oublient.»

Dans le genre conneries propagées par les médias, l’idée selon laquelle les propriétaires exigeraient que le club gagne 3 compétitions dès cette saison. Dès lors, il n’y aurait plus de droit à l’erreur… Il est clair que les dirigeants souhaitaient obtenir des résultats et faire se développer la marque PSG dans le monde. Pour faire sonner Les Trompettes de la Renommée, rien de tel que des titres, mais JAMAIS un objectif de 3 titres la première saison n’a été évoqué par Leonardo, Kombouaré ou Al-Khelaifi ! On veut nous bourrer le crâne avec des mensonges !

Dans mes souvenirs, la dernière fois que le PSG avait joué 2 matchs de suite contre la même équipe, il avait gagné au Parc 2-1 puis à l’extérieur en CdL en ayant été mené 2-0… contre l’OM (le doublé de Boskovic et le but mythique de Mendy). On a moins kiffé cette fois.

Il ne faut pas dramatiser.
-Il était indispensable de reposer certains joueurs, surtout avec autant de blessés, ne pas avoir fatigué Nenê, Gameiro et Pastore était la meilleure chose à faire pour être performant ces prochaines semaines, en particulier en EL.
-Cette élimination va alléger le calendrier du mois de janvier (10 janvier et 31 janvier/premier février), or pour atteindre les véritables objectifs du club il faudra être bien en avril-mai, ce qui est extrêmement difficile après un gros début d’année. La saison passée le PSG a commencé à payer ses efforts à partir de février. Et puis s’ils choisissent un sapin de Noël qui résistant et décident de le garder tout le mois de janvier, les joueurs auront plus de temps pour en profiter. J’aime bien faire ça et rester Auprès de mon arbitre après les fêtes…
-Pour les remplaçants, plus il y a de matchs à jouer, mieux c’est, ils ont perdu du temps de jeu potentiel, mais seulement 3 matchs – dans l’hypothèse où Paris serait allé en finale et n’aurait pas mis l’équipe type par la suite – dans un calendrier qui peut en compter encore 45.
-Ayant vu son équipe nettement dominer avec des remplaçants, Kombouaré peut tirer quelques satisfactions de cette rencontre, notamment à propos de Bahebeck.

Il faudra très vite redorer Le Blason, je ne suis pas inquiet, on compte aussi sur les filles pour réaliser au moins un exploit. Le programmes pour les 2 équipes premières du club est impressionnant ces prochains jours.

  • Samedi, 19h : PSG-Caen (Foot+).
  • Dimanche, 15h : PSG-OL (France 4) à Créteil, une honte[6].
  • Mercredi, 14h : Frankfort-PSG (Eurosport).
  • Jeudi, 19h : PSG-Bratislava (W9).
  • Prévu Samedi, 17h : Juvisy-PSG (Eurosport), puis changé d’horaire, c’est finalement dimanche à 15h, non retransmis.
  • Dimanche, 21h : Bordeaux-PSG (Canal+).
  • Mercredi, 20h45 : PSG-Frankfort (Direct 8).




Quelques mots des autres huitièmes de finale. 4 des 6 équipes entrées en lice mercredi ont été éliminées : Rennes a été piteusement sorti aux T.A.B. au Mans (reléguable en L2), Sochaux à Nice (2-1) et Montpellier à domicile par Lorient (1-2). Lyon a gagné 2-1 à Saint-Etienne (la CdL était un objectif majeur des Verts^^), l’OM a mis 4-0 à la réserve de Lens venu en mode pathétique (je n’ai pas vu Jean-Eudes Maurice) et Caen a gagné à Auxerre après prolongation (2-1), les Dijonnais ayant épuisé tout le stock régional de chance à dispo pour la journée, les hommes de Laurent Fournier ont eu droit à la poisse.

Les demi-finales.
-Le Mans-Lorient
-Nice-Dijon
-OL-LOSC
-Caen-OM



J'espère que vous avez apprécié mon hommage à Brassens, sur cette page j'ai casé le titre de 41 de ses chansons. Vous ne pouvez pas imaginer Le Temps passé à l'écrire... Tiens, ça fait 42 !

Notes

[1] Il s’agissait du 17e match officiel du club de la Capitale en moins de 3 mois.

[2] Armand, Bisevac, Bodmer, Chantôme, Douchez, Hoarau, Jallet, Matuidi, Nenê, Sakho et Sissoko, Gameiro et Ménez ont aussi eu des pépins, cette fois c’était Tiéné et à nouveau Chantôme.

[3] Pour rappel, ils étaient en formation ensemble à Sochaux.

[4] En réalité il n’a pas continué à jouer le ballon mais à avancer balle au pied à 2 à l’heure pour ne s’arrêter que dans la surface, faisant perdre environ 7 secondes de jeu…

[5] Ils avaient mis une demi-heure environ à entrer dans le match.

[6] Pour moi les dirigeants ne veulent pas de Liberté Pour les Abonnés et d’Auteuil Résistance au Parc des Princes, d’où leur refus d’accueillir ce match sur le terrain où il aurait dû être joué.