La situation des filles était un peu particulière avant ce match très important. Si le calendrier est globalement affreux, il offrait aux Parisiennes un petit avantage, beaucoup de Lyonnaises ayant enchaîné les 2 matchs de l’équipe de France samedi et mercredi. Les 2 Laure (Laure Boulleau et Laure Lepailleur) sont entrées en jeu ce week-end, Léa Rubio a connu sa première sélection à Troyes en milieu de semaine et a marqué. Dans le camp rouge et bleu, une fille était particulièrement fatiguée, un des 2 Américaines recrutées le mois dernier, Ella Masar, elle a fait l’aller-retour pendant la semaine pour l’enterrement de son père. La très bonne nouvelle était le retour d’Elise Bussaglia, un des fleurons du football féminin français, titulaire indiscutable en sélection – ce qui lui a valu une blessure et un mois d’indisponibilité – et dans le top 5 des meilleures joueuses de la dernière Coupe du monde (du moins pour tous ceux qui ont vu les matchs, sauf ceux qui à la FIFA ont voté pour l’équipe type et le Ballon d’or).

Etrangement, on a surtout parlé de cette rencontre en raison de la polémique concernant le lieu de sa tenue. Dimanche à 15h au stade Dominique Duvauchelle de Créteil, c’est n’importe quoi, ça aurait dû se jouer samedi au Parc des Princes avant PSG-Caen (éventuellement après mais c’était compliqué techniquement et à cause de l’échauffement), ou encore dimanche, mais non, pas de Parc pour les filles. Quelle put*in de honte ! Pourquoi leur refuse-t-on d’y jouer ? Officiellement pour «sanctuariser le Parc» en le réservant aux matchs de l’équipe fanion masculine. En réalité, ne nous y trompons pas, les dirigeants ne veulent pas des groupes de supporters ultras toujours en résistance, pas de contestataires au Parc ! A Charléty, au Camp des Loges, à Créteil, ils sont moins gênants (les filles sont très soutenues par des grappes d’anciens abonnés). S’il a fallu s’exiler à Créteil, c’était pour passer à la télé. Le foot féminin en direct sur France 4, c’est une belle avancée même si ça ne concerne que quelques matchs, pour les Parisiennes, ce n’est pas habituel, il s’agissait seulement de leur 3e fois après le PSG-Juvisy au Parc (sur NRJ Paris) il y a 2 saisons et le match retour de LdC contre Peamount il y a 2 ou 3 semaines (sur Eurosport).

On a vu un PSG très timide pendant une grosse demi-heure puis de plus en plus libéré, ce qui a donné une rencontre nettement plus équilibrée. En seconde période, les équipes ont presque fait jeu égal, réussissant mieux à sortir le ballon, Kenza Dali et Jessica Houara (les 2 MO sur les côtés) ont plus souvent été alimentées. Il y a eu beaucoup d’engagement physique favorisé par un arbitrage typique du foot féminin, ça siffle très peu de fautes.

Véronique Pons, recrutée pour palier la blessure de Bérangère Sapowicz, a été exceptionnelle malgré quelques difficultés sur corner (comme Sirigu contre Caen). Elle était n°2 à Lyon jusqu’à cet été… Envie de prendre sa revanche ? Clairement, oui. Grâce à ses parade, les Parisiennes auraient même pu arracher la victoire, elles ont eu 5 grosses occasions, une gâchée en première période par Alexandra Long, dite Allie Long, la 2e Américaine, une frappe de loin de Kenza Dali cadrée mais pas très compliquée à arrêter, un CF d’Elise juste à côté, une occasion à l’arrache sur un ballon qui trainait après une mauvaise sortie de Sarah Bouhaddi et un super numéro technique d’Ella Masar dans la surface conclu par une bonne frappe (ceci à la 88e minute).

En défense centrale Sabrina Delannoy a été excellente (elle n’est pas capitaine pour rien), sur son côté gauche Laure Boulleau a été exceptionnelle, dommage pour elle qu’en France on ait aussi Sonia Bompastor, sa concurrente à son poste en EdF est difficile à déloger. Elodie Thomis a eu beaucoup de mal (au fait, elle se prépare quand pour le 4x100m des JO ?), en seconde période Eugénie Le Sommer n’a pas été beaucoup plus en vue puis Patrice Lair a effectué des changements tactiques, je ne saurais dire qui a fini milieu droit pour l’OL.

Le programme pour l’équipe de Camille Vaz[1] est très lourd : mercredi à 14h ou 14h30, Francfort-PSG en 8e de finale aller de LdC, ramener un nul ou éventuellement une petite défaite en ayant marqué serait formidable, le défi est de taille, puis match dimanche contre le leader de la D1, Juvisy (alors que Juvisy aura pu se préparer toute la semaine), et pour finir, réception de Francfort mercredi à Charléty. 4 chocs en 10 jours, un rythme de footballeurs professionnels dans un monde amateur (au PSG, rares sont celle qui bénéficient d’horaires aménagées pour le football, à Lyon, toutes les filles sont pro à plein temps).

Si on parvient à neutraliser Lotta Schelin, Shirley Cruz, Eugénie Le Sommer ou encore Louisa Nécib, on peut espérer faire quelque chose de bien en Allemagne et rester en vie avant le match retour.

Pour ce qui est du classement de la D1, le PSG ayant un match en retard (pas facile, l’ASSE semble avoir pas mal progressé cette saison), il se retrouve 4e sans avoir perdu mais fait 2 nuls, tout comme l’OL, peu importe la petite différence de buts (+9 contre +42 – en 7 matchs ! – pour l’OL) car c’est la particulière qui compte. Juvisy est en tête avec 25pts, Lyon 2e (24), Montpellier 3e (23), Paris a 20pts. J’ai un peu peur de la fatigue dimanche… Heureusement, les filles sont assez nombreuses, il y a moyen de faire un peu tourner.

Allez les filles !


Réactions de Laure Boulleau, d’Elise Bussaglia, d’Aulas et de Camille Vaz.

Notes

[1] Camillo Vaz ? Avant on l’appelait Camille, je reste sur Camille, ça m’évite de changer le tag.