Tout d’abord, ayons une pensé pour les supporters ayant eu le "plaisir" de se faire doucher par les nuages arrivés sur Paris en mode déversoir. C’était fichtrement impressionnant, j’ai même eu peur d’une interruption de la rencontre, heureusement il s’agissait d’un Irlandais, il a l’habitude de la flotte tombée du ciel. Lorsque Douchez a fait sa parade de la première période, il a dû prendre ses appuis dans un pédiluve, c’est un peu comme si on avait fait appel aux Déménageurs de l’extrême pour déplacer le Parc des Princes dans le Marais.

Ce déluge a donné lieu à un magnifique gag sur W9, qui au moment de la prise d’antenne ne diffusait pas le bon signal. Mauvais branchement, faisceau dévié, bug au niveau du car-régie, je ne sais pas, mais ça ne ressemblait pas au Parc, l’homme de terrain était… une femme, parlait anglais, et n’avait pas la tête de Vincent Couëffé. On était parti pour voir le match de Shamrock Rovers[1] au lieu de celui du PSG. Ça a dû pas mal paniquer chez les techniciens, on a eu droit en boucle à un pauvre clip d’attente interrompu de temps en temps par le début du générique de l’EL… mais le on en revenait toujours à la vidéo insupportable montrant les animateurs de la chaîne. Coup de bol, la retransmission a pu débuter juste à temps au moment où les joueurs étaient alignés sur la pelouse avant de se serrer la main pour le protocole.

Comme d’habitude en EL (et a priori en coupes), Kombouaré a fait tourner aux 2 extrémités, il a fait jouer Douchez et Erding aux place occupées en L1 par Sirigu et Gameiro. Pour le reste, compte tenu des blessures et suspensions[2], on ne peut pas parler de turnover, il s’agissait de la meilleure formation possible :
-la ligne de 4 idéale en défense avec Cearà, Lugano, Sakho et Armand,
-les 2 seuls milieux axiaux disponibles pour jouer devant eux, Bodmer et Sissoko,
-la ligne de 3 milieux offensifs sur-utilisés, Ménez, Pastore et Nenê.
Ça m’inquiète de les voir si souvent titularisés, il faut plus souvent donner leur chance à Jean-Christophe Bahebeck et Neeskens Kebano, sinon ça risque de se payer très cher dans quelques temps, Pastore est clairement fatigué, et son voyage en Amérique du Sud ce week-end ne va pas l’aider à retrouver la forme.

Jouer avec Erding ou Gameiro en pointe change absolument tout, ce ne sont pas les mêmes appels, pas les mêmes décrochages, le même mouvement, la même vivacité, le même sens du placement. Dès lors, il est beaucoup plus difficile de se trouver en attaque, les milieux offensifs manquent de solutions, ils ont tendance à garder plus longtemps le ballon… Or chassez le naturel, il revient au galop.

Samedi, Jérémy Ménez s’est efforcé de ne pas enchaîner les petits numéros personnels au détriment du collectif, cette fois il est retombé dans ses travers de façon horripilante, offrant au public un spectacle particulièrement indigeste en poussant la "Ménez attitude" à l’extrême sans l’accompagner du "Paradoxe Ménez"[3]… Dribbles inutiles, pertes de balle à répétition, oubli perpétuel de ses partenaires, absence de replacement, nonchalance particulièrement apparente… Par moment il mérite des claques. Il a joué avec des œillères, a failli rendre Cearà dépressif (le Brésilien faisait beaucoup d’efforts pour monter mais Ménez le snobait systématiquement pour aller s’enferrer dans l’axe… quand il n’était pas carrément à gauche), ses rares "rushs ménéziens" réussi ont donné lieu à des centres ou des passes non-ajustés, il en a tenté quelques-uns vers la demi-heure de jeu notamment. Ceci dit, on en a pris l’habitude, plus l’adversaire semble faible, plus il semble jouer facile, ou si vous préférez, son investissement et sa concentration sont fonction de l’adversité. Pour illustrer le côté très énervant de ce joueur au talent indéniable, on peut citer une action vers la 10e minute : il reçoit le ballon dos au but dans la surface avec 2 défenseurs derrière lui et Bodmer à l’entrée de la surface n’attendant que la remise en retrait pour mettre une grosse mine au fond, mais Ménez choisit de tenter une talonnade grotesque ayant une chance sur 17 milliards – peut-être même 18 milliards – de faire mouche.

En première période, quelques occasions ont émergé d’un océan de déchet technique, de mauvais choix, d’approximations. La pluie n’a pas aidé, bien sûr, mais vraiment, l’ensemble était faible. Lukas Hrosso, le gardien, a encore été très bon, comme à l’aller, mais il aurait dû en prendre minimum 3 même en étant stratosphérique. Les Parisiens se sont souvent contentés de faire tourner le ballon loin de la surface adverse sans chercher à créer de décalage, ils tournaient autour du bloc slovaque, on aurait dit du handball sans la règle du refus de jeu. Souvent, quand un joueur initiait bien l’action en réussissant son move ou en faisant la passe adéquat, le suivant gâchait tout.

Ces quelques occasions sont un tir de Bodmer légèrement au-dessus après avoir éliminé un adversaire (3e), une frappe de loin d’Erding facile à bloquer (12e), la spéciale de Nenê passée juste à côté de la lucarne (13e), une tentative cadrée de Ménez des 18 mètres après un rush dans l’axe en jouant la contre-attaque individuellement (22e), un but refusé sur lequel je vais revenir (23e), et 3 frappes lointaines de Bodmer (un peu à côté ; 37e), Nenê (magnifique coup de fusil détourné par le gardien ; 39e) et Lugano (arrêt relativement aisé ; 41e).

En seconde période, les Parisiens ont eu tendance à se laisser endormir, il a fallu attendre les changements à un quart d’heure de la fin (entrées de Jallet et Bahebeck aux places de Ménez et Nenê, ce dernier étant très applaudi, tout comme Pastore, sorti à la 87e minute au profit de Gameiro) pour que la rencontre s’enflamme enfin. Entre-temps, le PSG avait enfin trouvé le moyen de marquer (63e) sur sa 2e grosse occasion depuis la pause après un très beau tir de Ménez de l’extérieur du droit que le gardien est allé chercher au ras de son poteau (56e). A la suite du but, hormis un petit enchaînement crochet-frappe cadrée assez molle du gauche en glissant (Ménez, 65e), aucune occasion digne de ce nom n’est venue égayer cette rencontre jusqu’à une action créée par Jallet et mal conclue par Bahebeck. Le premier a réceptionné une transversale, est revenu dans l’axe, a transmis le ballon au second qui se l’est bien emmené d’un très bon contrôle, le défenseur était éliminé, il n’y avait plus qu’à battre le gardien, seulement il s’est précipité, a frappé en force au-dessus (79e). 5 minutes plus tard, le PSG devait obtenir un péno, on a encore pu apprécier le ridicule de l’arbitrage à la sauce Platoche, on y reviendra. Le jeune attaquant a failli faire oublier son raté grâce à sa puissante frappe des 20 mètres, sa spécialité, malheureusement Hrosso a encore réalisé une belle parade, et même une double parade en intervenant devant Erding juste après, ce dernier s’étant jeté pour couper le centre de Jallet sans y parvenir (86e). Pour finir, on ne peut oublier la volée acrobatique de Bodmer suite à un numéro de Jallet, décidemment très en vue (88e).

En outre, à divers moment de la rencontre, quelques centres d’Armand, Nenê et Cearà ont mis les Slovaques en panique. C’est surtout arrivé en seconde période en raison de le consigne donnée à la mi-temps, celle de passer sur les côtés au lieu de systématiquement s’enfermer dans l’axe au milieu d’un amas d’adversaires très regroupés Il s’agissait pour la plupart de centres réalisés en conclusion d’actions collectives. Le gros problème était le manque de présence dans la surface, hormis Erding, il y avait rarement quelqu’un pour être à la réception de ces services dont Hoarau aurait probablement su tirer profit (la fois où le Turc a centé, il n’y avait personne^^). A de nombreuses reprises, le ballon lui est parvenu ou aurait dû lui parvenir s’il avait su se placer, mais même quand il l’a reçu (4 ou 5 fois), il n’a pas été capable d’inquiéter le gardien. En général, pour marquer de la tête, il faut sauter dans le bon timing à la retombée du ballon. Le Turc a beaucoup de mal à lire précisément la trajectoire des centres et ne prend pas son impulsion au bon moment, il le fait trop tôt ou trop tard, si bien qu’il est en déséquilibre au moment de donner le coup de boule, qui fatalement est soit trop fort, soit trop mou, soir mal orienté.

Fort heureusement, le maître de l’équilibre a su pallier les déficiences de ce buteur qui n’en est pas un. Pastore a fait l’appel au second poteau en levant le bras pour se signaler à Nenê, décalé sur son côté gauche par Armand, puis l’Argentin s’est écarté du défenseur pour reprendre le centre parfait du Brésilien d’une reprise très similaire à celle du 2-0 à Montpellier il y a quelques semaine. Equilibre et timing parfaits, précision du geste pour y mettre la puissance nécessaire avec la partie voulue du pied… la classe ! Après, c’est vrai, la ballon a fini au fond grâce à un brin de réussite, il est passé entre les jambes du gardien. Un grand joueur c’est ça, un jour sans, il est capable de sortir le geste qui fait la différence. Après une prestation par moments très moyennes et par moments géniale face à Caen samedi, il est apparu rôti, carrément mauvais, il loupait à peu près tout ce qu’il tentait, le plus grave étant peut-être d’avoir tenté ces choses (dribbles, passes) manifestement vouées à l’échec. Son but semble l’avoir ragaillardi, ensuite on a vu un Pastore très combatif se battant pour récupérer le ballon. Ce travail défensif, Nenê n’a jamais rechigné à l’effectuer, y compris quand en première période il commettait les mêmes erreurs que ses collèges milieux offensifs. Le gaucher a encore pris énormément de coups, il s’est même fait ouvrir le front par un coup de coude.

Les véritables satisfactions de cette rencontre sont à trouver derrière. Momo Sissoko a sans doute réalisé sa meilleure prestation depuis son arrivée au club, il a pris un jaune pour un tacle en retard mais a énormément ratissé, a cherché à relancer proprement sans trop s’enflammer en tentant de dribbler. Il ne fait pas oublier Matuidi et Chantôme mais on est content de l’avoir. Les latéraux ont été solides, ont réussi de bons centres, ça me conforte dans l’idée que Sylvain Armand est un bien meilleur latéral que Tiéné. La très bonne nouvelle est le retour en très grande forme de Mamadou "the Rock" Sakho. Il a été totalement monstrueux. Ses interventions debout, ses tacles… il faut partir la veille pour le contourner ! On attendait beaucoup de son association avec Diego Lugano, on a raison, ils évoluaient ensemble pour la 2e fois, en en plus de ne pas concéder de but, ils sont tous les 2 apparus à leur avantage.

Les Slovaques ont obtenu quelques occasions, permettant à Douchez de s’illustrer sur une bonne frappe de Juraj Halenar (9e), il a aussi capté un tir de Marko Milinkovic (55e), mais jamais en 90 minutes les Bratisla Boys n’ont réellement pu approcher sa cage, hormis une fois, quand Filip Sebo s’est effondré dans la surface en cherchant le péno (29e). On n’a pas vu de ralenti mais ça m’a semblé être un contact épaule contre épaule. D’autres tirs de loin ont été soit totalement manqués, soit contrés (73e par Sakho, 87e par Armand), un autre est passé près du poteau mais Douchez était dessous s’il avait été cadré (33e). Juste avant le but de Pastore il y a eu une grosse frayeur, un débordement côté droit de je ne sais quel joueur – c’est Nenê qui défendait sur lui près du poteau de corner – suivi d’un centre en retrait très mal repris au second poteau par Halenar.

Désolé pour les bugs dans le second résumé, beaucoup plus complet.

Je vous avais promis d’aborder le sujet toujours aussi épineux de l’arbitrage. Je n’ai rien que l’arbitre mais contre le système platinien de promotion de l’erreur.

M. Courtney, un Nord-Irlandais, a officié dans un style très… britannique. Seulement 20 fautes sifflées (13 slovaques), c’est extrêmement peu, surtout compte tenu de l’engagement physique et des accrochages répétés des Bratisla Boys sur les Parisiens. Ainsi, Bodmer a été à plusieurs reprises tenus dans la surface pour l’empêcher de jouer le ballon, ça n’a fait réagir ni l’arbitre central, ni l’un de ses 4 assesseurs. Par exemple, à la 18e minute, sur un corner, ça cafouille dans la surface, Bodmer pourrait frapper si un adversaire n’était pas en train de le ceinturer, l’arbitre ne voit rien. Cette action est assez banale comparé à la suivante : 23e minute, Nenê tire un CF environ 5 mètres devant l’angle de la surface sur le côté gauche, Lugano marque un magnifique but de la tête en pleine lucarne au prix d’un véritable geste de contorsionniste, un but refusé pour un HJ totalement invisible à vitesse réelle pour l’œil humain. Le chef de gare placé sur la droite a apprécié cette position de HJ par rapport à la position d’un défenseur… en train de ceinturer une nouvelle fois Bodmer ! N’est-il pas extraordinaire d’être capable de détecter un HJ de 12cm d’un joueur situé à 25/30 mètres de soi au moment où le CF est botté à environ 50 mètres de soi, mais de ne pas voir la faute – qui dure plus longtemps que la fraction de seconde du HJ – ayant eu lieu au premier plan en plein dans son champ de vision ? Comment ne pas avoir de doute et lever de façon si affirmative son drapeau[4] ? Le gars doit avoir un œil bionique sélectif, il serait capable de noter le numéro de la plaque d’un chauffeur passé à l’orange tout au bout de la rue sans se rendre compte qu’un bus a renversé un piéton en plein milieu de la voie.

Dans ces 2 cas, l’arbitre supplémentaire situé derrière la surface aurait-il pu intervenir ? Il était masqué dans le premier, parfaitement placé dans l’autre, mais ces fautes n’étant pas accompagnées d’une chute de Bodmer, ça ne pouvait pas émouvoir un Nord-Irlandais, surtout la seconde, située trop loin du ballon (et pour cause, Bodmer est resté cloué là où il était au moment du CF sans pouvoir se diriger vers le but). En revanche, sur l’action de la 84e, la faute sur Erding est tellement évidente ! Il est dos au but en pleine surface, le ballon lui est adressé, les 3 arbitres situés dans cette moitié de terrain ont tous un bon angle de vue et sont proches de l’action, l’observent, mais la faute est sifflée contre le Turc ! Son adversaire utilise pourtant les 2 bras pour le tirer en arrière et le faire tomber ! La réalisation est cruelle avec l’arbitre additionnel car la caméra placée juste derrière lui nous montre ce qu’il voit, ou plutôt ce qu’il aurait vu en ouvrant les yeux, et c’est accablant.

A quoi servent ces 2 paragraphes ? Juste à montrer le ridicule de l’arbitrage à 5 à la sauce Platini, on assiste toujours à des situations aussi ubuesques et injustes. Heureusement, cette fois le PSG n’a subi aucun préjudice, mais je ne suis pas sûr que le football y gagne à avoir des arbitres plus nombreux – donc qui se défaussent de leurs responsabilités sur leurs collègues – laissés dans l’incertitude concernant des faits de jeu sur lesquels ils pourraient facilement se faire aider par la vidéo[5]. Du doute qui profite à la défense, des arbitres concentrés uniquement sur le HJ éventuel qui en oublient de regarder si tout le monde se comporte en footballeur et non en judoka, on n’en peut plus ! Plus ils sont nombreux, moins on a envie de les excuser quand ils commettent des erreurs, et pourtant ce système encourage les erreurs. L’arbitrage à 5 ne va pas dans l’intérêt du football, Platini feint de ne pas le savoir et de trouver cette "innovation" formidable… parce qu’il en est l’initiateur et parce qu’il est rétrograde.

Pour gagner cette compétition, le PSG devra jouer encore 11 matchs, si ce genre d’incidents se reproduit régulièrement, ça risque d’être assez insupportable.

Lors de la prochaine rencontre, début décembre – probablement sous la neige – les Salzbourgeois seront contraints de gagner, peut-être même pas 2 ou 3 buts d’écart[6], donc d’attaquer, ce qui devrait laisser quelques espaces. Pour le PSG, un nul à Salzburg suffira à assurer la 2e place du groupe, une victoire permettrait de jouer la première place lors de la dernière journée.

Ces prochaines semaines le calendrier est moins chargé, il n’y a plus que 3 matchs en semaine en 2011 dont le dernier avant la trêve, une journée de L1 en semaine à 2 ou 3 jours de Noël. Ça va faire tout drôle aux joueurs d’avoir le temps de souffler entre les rencontres et surtout de pouvoir préparer les matchs en travaillant durant la semaine, ils n’ont plus l’habitude à force !

Notes

[1] Les "Vagabonds du Trèfle" traduit de l’anglais.

[2] Matuidi, Chantôme et Hoarau absents pour blessure, Chantôme était également suspendu, tout comme Tiéné.

[3] Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, allez donc regarder les épisodes précédents.

[4] Même au ralenti, quand on fait l’arrêt sur image au bon moment, ce qui n’est pas le cas du réalisateur, on a un doute, sachant que les bras ne comptent pas.

[5] Encore une fois, il faut l’encadrer, notamment en ce qui concerne les angles des prises de vue.

[6] Pour ne pas compter sur un bon résultat de Bilbao au Parc lors de la dernière journée, le Red Bull Salzburg doit reprendre l’avantage sur Paris à la différence de buts particulière avant de ne pas faire moins bien contre Bratislava que le PSG contre Bilbao. Ayant perdu 3-1 au Parc, ils sont mal barrés.