• Les matchs.

Bordeaux-Caen, 2-0.
Les Normands sont complètement passes à côté de la rencontre. En première période, c’était morne plaine à Chaban-Delmas, du moins au niveau des occasions, car hormis une reprise de Plasil en mode gâchis, la nette domination girondine, il ne s’est rien passé. Saivet et Bellion étaient titulaire (ce dernier n’avait pas débuté une rencontre de championnat depuis des lustres), mais la délivrance n’est pas venue d’eux. Encore une fois, Yoan Gouffran a fait la différence, inscrivant son 5e but en 5 matchs… le coup de l’ancien. Nicolas Maurice-Belay a attiré tous les défenseurs et l’a décalé juste devant la surface, l’ancien Caennais a croisé sa frappe du gauche pour envoyer le ballon hors de portée de Thébaux (59e).

Aucun autre Bordelais que Gouffran n’avait marqué lors des 5 rencontres avant un raid solitaire d’Anthony Modeste. Molla Wague, buteur la semaine dernière pour son 2e match en L1, a commis une énorme boulette au milieu, permettant à l’ancien meilleur buteur de L2 entré une dizaine de minutes plus tôt d’aller battre le gardien (79e).

Les Girondins ont enfin gagné à domicile ! On n’y croyait plus. Il s’agit d’une excellente opération car presque toutes les équipes de la colonne de droite ont perdu. Bordeaux n’est plus reléguable. Pendant la première période les supporters ont réclamé une prise de conscience par à grands renforts de banderoles, ils semblent avoir été entendus, les joueurs sont allés chercher la victoire, elle est totalement méritée. Seulement, ils ont déjà fait le coup avant de replonger… Avant la trêve ils vont rencontrer Nancy (D), l’OM (E), Sochaux (D) et pour finir Rennes (E), de quoi se tester.

Caen reçoit l’OM samedi prochain, ce sera l’occasion de se relancer.

Nancy-Dijon, 1-2.
Jean Fernandez a raison, pour Nancy il aurait mieux valu perdre au Par cet gagner contre Dijon. Quand il faut se débrouiller en ayant le ballon, c'est beaucoup plus dur... Les Bourguignons ont fait aux Lorrains le coup réussi par ces derniers contre les Parisiens .Il a perdu à son propre jeu contre un concurrent direct en encaissant à la 83e minute un but d’un ancien... Parisien bien connu, Younousse Sankharé. Le gaucher avait déjà tiré sur la barre et fait une ou des passes décisives en L1[1], mais pas encore marqué. C’est super frustrant, surtout quand on voit la faute ayant occasionné le penalty de l’ouverture du score après un gros quart d’heure de jeu. Eric Bauthéac a tenté et réussi une panenka – à 0-0 dans un match peut-être déterminant pour le maintien, il faut des couill*s, à moins qu’il ne s’agisse d’inconscience, imaginez ce qu’il prenait en cas d’échec – un peu forte pour être magnifique. La faute de Jordan Lotiès sur Brice Jovial est extrêmement légère, il n’y a rien au niveau des jambes ou des pieds, on peut juste lui reprocher d’avoir un peu mis la main sur le ventre de l’attaquant, ça semble en réalité être un plongeon… Quand on compare ce que M. Fautrel a sifflé avec ce que M. Gautier n’a pas sifflé sur Pastore une semaine plus tôt, ça fout la rage. Vive l’injustice.

Dos au mur, Nancy s’est bougé, a poussé pour égaliser, Souprayen a dégagé sur sa ligne un lob lorrain, puis Djamel Bakar a égalisé d’une bonne frappe des 20 mètres après le slalom d’un coéquipier. 1-1 à la mi-temps, ça me faisait au moins un bon prono.

Au Parc, Gameiro avait tiré sur la barre, cette fois Benjamin Moukandjo a trouvé la base du premier poteau en passant devant Zarour pour reprendre un centre de Traoré… Tout le stock de réussite a été épuisé lors du déplacement à Paris, Nancy n’en avait plus du tout, d’où ce but de Younousse de la tête sur corner en montant bien haut à l’angle de la surface de but. Il était entré en jeu environ 20 minutes plus tôt.

Dijon est 12e, Nancy est 18e, si le score avait été inversé, Dijon serait 18e et Nancy 11e… D’où l’expression "match à 6 points", en prenant 3 points, on prive l’autre de ces 3 points, le delta est de 6 unités.

Rennes-ETG, 3-2.
Quel match étrange… Et quel arbitrage de m*rde. M. Moreira… encore lui. Résumé des faits dans l’ordre.

-On joue depuis moins de 10 minutes, Aldo Angoula met la tête sur corner, Jonathan Pitroipa sauve sur sa ligne avec le genou, il n’a même pas fait exprès. Un joueur à chaque poteau sur corner, ça sert ! Je me demanderai toujours pourquoi tant d’équipes se privent de cette chance de salut.
-Dans la foulée, Julien Féret marque un but absolument exceptionnel, un slalom fantastique en enrhumant 4 joueurs pour finir en piquant le ballon au-dessus de Bertrand Laquait. Il lui a fallu quelques saisons pour s’adapter à la L1 après un passage remarqué à Reims (choisir l’anti-football nancéen pour faire son apprentissage de la L1, quand on est un joueur technique, il y a mieux). Si Messi marque le même, ça tourne en boucle sur toutes les chaînes dans le monde entier.
-A la 17e, Laquait réalise une parade improbable pour détourner une reprise de Féret au point de péno.
-Dans la foulée, Cédric Barbosa égalise d’une demi-volée surpuissante du gauche à environ 18 mètres en profitant d’une bonne remise de Sagbo. Encore un coup de l’ancien.
-Presque dans la foulée, Angoula sauve sur sa ligne grâce à l’intervention de Laquait sur un tir de Victor Hugo Montaño.
-Daniel Wass justifie ensuite son statut de révélation des 2 derniers mois en donnant l’avantage à Evian-Thonon-Gaillard. Le Danois a profité d’un contre favorable/tacle loupé, le ballon a rebondi dans la bonne direction, il a pu frapper et envoyer le ballon entre le poteau et la main de Benoît Costil.

A la surprise générale, ETG menait à la mi-temps après avoir encaissé le premier but… Et on n’avait encore rien vu !

-Un peu avant l’heure de jeu, un nouveau départ de Montaño dans la profondeur a coûté son tibia à Laquait, déjà gravement blessé il y a quelques mois. C’est l’image horrible du week-end. Il a fallu plusieurs minutes pour reprendre le jeu après le changement de gardien (d’où 8 minutes de temps additionnel). Stephan Andersen, Christian Poulsen, Daniel Wass, 3 Danois en même temps dans un match de L1, ça doit être une première historique.
-Youssouf Hadji entre, au bout de 10 minutes, il marque en étant… allongé sur le dos la tête vers le but. On peut parler de geste de buteur…
-M. Moreira a alors décidé de prendre le match en main… Péno pour une main qui semblait involontaire à l’angle de la surface… Pitroipa est tout près de Sorlin, il fait une louche qui envoie le ballon sur son adversaire tout surpris. Féret le transforme, 3-2, 87e minute… Bernard Casoni se fait exclure par cet "excellent" arbitre, une décision qui s’imposait (^^).
-Ce n’est pas fini, le péno cadeau est suivi 2 minutes plus tard d’une faute professionnelle : Saber Khelifa cherche le péno, l’arbitre ne signale rien, M. Moreirava provoquer le Tunisien et le balance au sol pendant que ce dernier se relève. Carton rouge évident et… balle à terre ! Hallucinant… Le ballon était en jeu, Costil l’avait en main, un Rennais est l’auteur d’une agression dans sa surface, l’arbitre arrête le jeu pour l’exclure, mais il ne donne pas de penalty ! Il s’agit d’un véritable scandale ! Le pire est que Casoni, exclu juste avant, n’a même pas pu dire à son capitaine de déposer une réserve technique, le match aurait été donné à rejouer. La décision était peut-être trop hallucinante pour que les Savoyards comprennent ce qui se passait. Pour rappel, les lois du jeu sont claires (la loi XII) : «Un coup de pied de réparation est accordé quand une faute est commise par un joueur dans sa propre surface de réparation, nonobstant l’endroit où se trouve le ballon à ce moment-là, pourvu qu’il soit en jeu.».
-Pendant le temps additionnel, ETG a eu une dernière occasion d’égaliser, une énorme, mais Costil a réalisé la parade décisive.

Quels enseignements faut-il tirer de cette rencontre ? Seulement que Rennes continue à avoir du mal à domicile… et qu’Antonetti aime être ridicule. J’y reviendrai dans l’analyse de la journée.

ASSE-Ajaccio, 3-1.
Miracle ! L’ASSE a bien joué au football ! La première période était très bonne, dans l’attitude, dans le jeu, les Verts ont tout de suite mis la pression sur les Corses, ça a payé sur corner au bout de 6-7 minutes, Max-Alain Gradel a ouvert le but de la… des… Comment dire ? Bon… Parfois, quand un attaquant n’a qu’à pousser le ballon au fond à 1 mètre de la ligne pour marquer, on dit qu’il aurait même pu marquer avec la b*te… Gradel l’a fait. Un but réflexe du service 3 pièces… Pudiquement, on dira de la cuisse.

Sainté a doublé l’écart en première période, un but de Florent Sinama-Pongolle inscrit d’un tacle au second poteau à la réception d’un bon centre après un bon décalage et un bon débordement d’Aubameyang. Le Réunionnais était chaud, il a continué sur sa lancée, moins de 5 minutes après son but un geste magnifique dans le rond central – une sorte de spin-move avec grand pont – lui a permis de provoquer le carton rouge de Leyti N’Diaye, pour un tacle manqué. Déjà bidon la semaine dernière contre Caen, l’ancien Marseillais a coupé sa route d’un tacle raté, je ne suis pas sûr qu’il ait effectivement découpé l’attaquant vert mais il a essayé. Plus de 50 minutes à jouer à 10… En étant mené 2-0 et en étant la pire équipe de L1. Ajaccio était parti pour prendre cher.

Pas tant que ça en réalité. A l’heure de jeu, Fousseni Diawara a fait le coup de l’ancien au club qui lui a fait découvrir la L2 et la L1, encore un but sur corner (les accrochages d’adversaires sur CPA… il y en a de partout sur ce que j’ai vu). 2-1… moins facile que prévu. Attention, 2-1, c’est aussi la stats des tirs et des tirs cadrés d’Ajaccio, donc c’est à relativiser, mais à quelques minutes de la fin l’écart était encore d’un seul but, un accident ou une erreur pouvait permettre à Ajaccio d’arracher un nul miraculeux. Gradel a continué à mettre le feu, après un crochet magnifique il a mis une mine sur la barre, et à la 84e, Banel Nicolita, décisif toutes les semaines ces derniers temps, a enfin trouvé le moyen d’assurer la victoire en inscrivant le 3e but, bien lancé par Kitambala, lequel avait lui-même récupéré le ballon et lancé la contre-attaque.

Ajaccio est complètement à la rue, ça ne change pas, l’ASSE se maintien dans la région du diaphragme, le retard sur l’OL n’est que de 3 points, mon pari fou de l’ASSE devant l’OL à la fin de la saison n’a pas encore pris de plomb dans l’aile…

Sochaux-Montpellier, 1-3.
J’ai regardé une grande partie de cette rencontre. Ceux qui encensent Montpellier pour cette victoire en parlant de match parfaitement maîtrisé inventent.

Montpellier a surtout joué en contre, n’était absolument pas en contrôle, mais a en revanche été hyper réaliste dans le sens où ses actions offensives ont pour la plupart a été dangereuses. Pourquoi ? Parce que Belhanda est vraiment très fort alors qu’en face les Lionceaux étaient très diminués. Si le binational qui aurait eu sa place chez les Bleus a été excellent, il n’est qu’à l’origine du – magnifique – but de la victoire marqué par Olivier Giroud, le nouveau Gignac (celui de Toulouse la saison de son titre de meilleur buteur). Non, j’abuse un peu, Gignac faisait en général tout en solo (14 de ses 24 buts sans passe décisive dont un seul péno), alors que Giroud profite du travail des autres… quand il ne leur vole pas des buts. L’ouverture du score à la 50e minute est un vol pur et simple. Se jeter le pied en l’air pour toucher le ballon juste avant son entrée dans le but – non, Sébastien Corchia n’aurait jamais pu dégager – n’est pas quelque chose de respectable, John Utaka avait fait tout le travail et réussi son ballon piqué, il méritait de marquer.

Avec sa défense habituelle, Sochaux a déjà du mal (c’est la 2e pire défense de L1), compte tenu de l’hécatombe[2] dans ce secteur, on peut aisément comprendre le mauvais alignement permanent, les erreurs de marquage, ou encore de placement. Comment s’en sortir avec Carlao et Lionel Zouma en défense centrale ?

En première période, Henri Bedimo s’est vu refuser un but valable, il n’était pas HJ (sur la même ligne), seulement oublié par Zouma, les autres Sochaliens étant mal alignés. 2 minutes plus tard un Montpelliérain s'est retrouvé absolument seul au second poteau sur un corner, il a envoyé le ballon droit sur Richert.
Sur l’ouverture du score l’action offensive héraultaise aurait pu être interrompue si la défense avait correctement joué le HJ. Le coup du défenseur qui lâche le marquage, se replace à peine en marchant, lève le bras pour demander à l’arbitre de signaler HJ alors qu’il couvrait lui-même tout le monde, regarde le buteur adverse partir au but sans même penser à revenir pas sur sa ligne… Bravo David Sauget[3], 5 ou 6 erreurs défensives en 5 ou 6 secondes… Record du monde battu ! Corchia est le seul à avoir réagi, les autres étaient spectateurs.
Sur le 1er vrai but de Giroud les Sochaliens ne sont pas revenu très vite, certains trottinaient alors que la contre-attaque allait très vite, le buteur n’était pas serré de près, Zouma est arrivé trop tard pour tenter de le contrer. Le but est beau, l’action de 90 mètres a été très bien jouée à partir d’un dégagement de Jourdren en direction de Belhanda dans le rond central. En l’observant, on remarque surtout beaucoup de naïveté, comment les Lionceaux ont-ils pu laisser se développer cette action juste après avoir égalisé ? Il ne fallait pas hésiter à faire une faute tactique sur Belhanda pour casser l’action car une fois les 2 milieux axiaux fixés et éliminés par sa passe, Benjamin Stambouli a pu avancer sans être gêné et lancer Giroud. Ce dernier a pu tirer sans opposition grâce à ses 3 mètres d’avance sur le défenseur, il l’a parfaitement fait du droit depuis l’extérieur de la surface en lobant le gardien. Il est dopé à la confiance, je me demande juste dans combien de temps ça va s’arrêter, pas si ça va s’arrêter.
Le 3e but n’est que la conséquence du précédent, les Sochaliens étaient assommés, plus du tout concerné, du coup pas de pression sur Belhanda, pas de marquage, encore un bras levé de Sauget qui couvrait Giroud parti à la limite du HJ, 1-3. Trop facile.

Batailler pendant une grosse demi-heure pour égaliser, finalement y parvenir à moins de 10 minutes de la fin (cafouillage sur CF, but d’Abdoul Razzagui Camara, son premier en L1) après avoir gâché eu des occasions (Bakambu seul au second poteau sur corner à 1m de la ligne, il tire à côté !)… et perdre quand même à cause d’une défense en carton… C’est vraiment trop con. Si les Sochaliens pouvaient avoir l’amabilité de recommencer dans 2 semaines. Je ne me fais aucune illusion, ils seront 5 fois plus motivés. Et contre Paris, si Edouard Butin tente la même volée que contre les Héraultais, le ballon retombera dans la lucarne au lieu de la barre. Il a failli marquer le plus beau but de sa vie…

Montpellier est désormais en tête de la L1 et ne peut plus se cacher. Jouer au foot en étant attendu, scruté, critiqué, ça risque de faire toute drôle aux Héraultais.

Toulouse-Valenciennes, 2-0.
Il n’y a pas grand-chose à en dire, VA a été très mauvais, n’a pas cadré une seule fois, il ne s’est rien passé pendant 25 minutes jusqu’à un but incroyable de Paulo Machado parti côté droit à 40 mètres du but pour se rendre dans la surface un peu sur la gauche en ayant passé tout le monde en revue. Je ne suis pas certain qu’il ait cadré, le ballon a fini au fond parce qu’en revenant pour tenter de dégager un Nordiste s’en emmêlé les crayons. La contre-attaque, magnifiquement joué, hyper rapide, est partie de la surface toulousaine. Après, il ne s’est pas non plus passé grand-chose.

Cheikh M’Bengué (en première période) et Emmanuel Rivière – le spécialiste – (en seconde période) ont chacun croqué une grosse occasion, mais sans conséquence, car Antoine Devaux a ôté aux visiteurs tout espoir de retour en marquant de la tête un peu après l’heure de jeu. Il était au départ de l’action (à la récupération) puis à la conclusion au second poteau à 6 mètres de la ligne, entre-temps le décalage a été créé en 2 passes, le centre est parfaitement arrivé à destination.

Ce match semble avoir été d’une très faible qualité, mais cette fois Toulouse a marqué et gagné. 2 buts toulousains lors de la même rencontre, ce n’était plus arrivé depuis la 6e journée (mi-septembre). Vivement que Valenciennes récupère Greg Pujol, parce que ça ne VA pas bien du tout…

LOSC-Brest, 2-0.
Il y a eu 2 LOSC différents. Sur la lancée de la seconde période à Toulouse et de la victoire à Moscou, le LOSC des 40 premières minutes a fait forte impression. L’autre a été très moyen, voir médiocre.

Rudi Garcia a fait tourner devant, Ludovic Obraniak, Tuilo de Melo et Dimitri Payet étaient titulaires, Moussa Sow et Joe Cole étaient sur le banc, ça n’a en rien nui au rendement de l’équipe. En effet, les Lillois ont démarré très fort. Les occasions pleuvaient et très rapidement cette domination s’est concrétisée à la marque, Payet ouvrant le score d’une magnifique frappe enroulée du gauche suite à un une-deux avec l’attaquant brésilien. Ce dernier s’est vite blessé (pour changer^^), il a fallu faire entrer Sow en milieu de première période, ce dernier n’était pas près, il a failli être passeur décisif quelques minutes plus tard pour Payet dont le tir dévié au départ a frôlé le poteau. Entre-temps, Eden Hazard avait réussi une magnifique action individuelle conclure par un tir sur la barre.

Le tournant de la rencontre a sans doute été l’occasion manquée par Nolan Roux à la 42e minute. Les Bretons ont eu quelques occasions lors de cette rencontre, celle-ci était énorme, il a pêché dans la finition, une contre-attaque parfaitement jouée à 3 lui a permis de se présenter face à Landreau, il lui a tiré dessus au lieu de l’ajuster. Roux aurait-il perdu l’instinct du buteur ? Il est en plein doute, ça n’en fait aucun (doute).

En seconde période Brest a dominé, s’est créé quelques opportunités mais encore une fois l’efficacité a manqué, c’est le gros problème de cette équipe. 15 buts en 15 journées, c’est très peu, pour compenser il faudrait avoir une défense en béton pour gagner des matchs 1-0, mais Brest n’a gagné que 2 fois (3-1 et 2-0), ça fait donc 10 buts marqués et 15 encaissés lors des 13 autres journées. Rendez-vous compte, avec 3 buts de plus inscrits, ce qui est une misère, le SB 29 aurait pu transformer 3 de ses matchs nuls en victoire et engranger 6 points de plus, le club se situer au niveau de l’OM, voire mieux, au lieu d’être 15e sans marge sur les reléguables.

Ce manque de réalisme, Lille l’a connu ces derniers temps en championnat, mais ça va mieux, Moussa Sow est redevenu assez opportuniste à défaut d’être convaincant. Il a marqué à la 88e minute sur un cadeau d’Hazard, ceci grâce à un appel en profondeur en position de HJ dont il a pu profiter dans un second temps. Il y a quelques années, on n’aurait pas accordé ce but, depuis plusieurs années la notion de HJ passif/actif a remplacé celle de "tirer avantage de sa position", je me souviens d’un but de Ruud van Nistelrooy contre la République Tchèque à l’Euro 2004 marqué dans le même genre de circonstances, à l’époque on n’avait pas l’habitude.

Le LOSC est bien dans le coup, finalement le bilan au bout de 15 journées est bon, j’en fais mon favori pour la 2e place en fin de saison derrière le PSG.

Auxerre-OL, 0-3.
Bravo à l’OL d’avoir su profiter des cadeaux. Entre les erreurs auxerroises en défense, les occasions gâchées et les décisions arbitrales à côté de la plaque, il y avait vraiment de quoi se servir, les Lyonnais l’ont fait, ils ont pris 3 points, soigné la différence de buts et la confiance, mettant fin à deux horribles séries de 4 défaites une TCC et une à l’extérieur.

Cette fois, Rémi Garde n’a pas reproduit l’erreur tactique commise lors des dernières rencontres, fini le 4-4-2 sans véritable récupérateur, il est revenu à quelque chose de plus classique et de mieux maîtrisé par ses joueurs, une sorte de 4-3-3 avec des joueurs de profil 6, 8 et 10 au milieu, mais surtout une seule pointe, Lisandro Lopez, accompagné de 2 joueurs rapides sur les côtés, Jimmy Briand et Michel Bastos. Gourcuff et Gomis ont été bien meilleurs sur le banc.

Il ne s’est rien passé avant la 17e minute, en l’occurrence un tir de Lisandro servi à la limite du HJ. Sorin a repoussé la frappe de l’Argentin, ça partait en lucarne. 3 minutes plus tard, profitant d’un bon centre rentrant de Bastos depuis le côté droit, "Licha" a converti sa 2e occasion du match. Delvin Ndinga, qui découvre la L1 (^^), n’a pas pensé que le laisser seul au point de penalty était dangereux, alors il a lâché le marquage. Bravo. Ou alors il a voulu jouer le HJ (explication encore plus flippante).

Sur mes notes, entre ces 2 actions, j’avais noté ceci «Arbitrage en bois à Auxerre, l’arbitre a l’air de siffler pour un oui ou pour un non sans respecter le jeu». J’avais bien senti le coup. M. Piccirillo a confirmé très rapidement en ne voyant pas l’évidence. A la 24e minute Oliech réalise un super contrôle orienté pour se présenter face à Lloris, Lovren revient lui frapper dans la jambe par derrière, la double peine s’impose, penalty et carton rouge… Pas le moindre coup de sifflet. Incompréhensible. Les Auxerrois ont vivement protesté, aucun carton n’a été sorti pour simulation ou contestation, laissant penser que l’arbitre avait conscience de prendre la mauvaise décision. Pourquoi n’a-t-il pas sifflé ? Manque de couill*s pour appliquer la sanction en ayant un léger doute ? C’est impardonnable car il n’y avait aucun doute à avoir, la situation était limpide.

6 minutes plus tard, nouveau penalty oublié ! Cette fois, Piccirillo a sifflé, mais mal. Cris s’est rendu coupable à la fois d’une semelle sur Kamel Chafni et d’une main volontaire, il était entièrement à l’intérieur de la surface au moment de cette double faute, c’était clair, en direct l’impression donnée était celle-ci, un seul ralenti – ou une seule image arrêtée – a suffi à le confirmer[4]. Le placement du ballon sur le CF montre que les arbitres n’avaient pas les yeux en face des trous, il y a un delta de pratiquement 1m50 entre le lieu réel de la faute et l’endroit d’où a été tiré le CF. Notons-le, il a été très bien tiré, Lloris a dû réaliser une magnifique parade pour empêcher l’égalisation.

A la 53e minute le jeu a été interrompu un bon moment, le délégué voulant faire retirer une banderole déployée dans les tribunes "LES ARBITRES SONT DES VOLEURS". Les supporters auxerrois ont tort, on comprend leur courroux, se faire charcler à ce point 2 matchs de suite est insupportable, en tant que supporter du PSG je l’ai déjà vécu. Ils n’analysent pas bien la situation. La banderole juste était plutôt "TROP ARBITRES SONT INCOMPETENTS ET PERSONNE NE LES AIDE A NE PAS L’ETRE". Comme d’habitude, je reviendrai sur l’arbitrage dans l’analyse de la journée.

Auxerre a finalement pris cher, 0-3, c’est très lourd compte tenu du scénario et du contenu de la rencontre. Les absences de joueurs comme Coulibaly et Cissé n’expliquent pas tout. Pleine de bonnes intentions, cette équipe manque de solidité et d’efficacité des 2 côtés du terrain. L’AJA joue bien au ballon, elle se crée des occasions, reste à les convertir, c’est le plus difficile. On peut citer une tête de Cédric Hengbart juste au-dessus de la lucarne (50e), une reprise ratée à la retombée d’un CF bien tiré, ils étaient 2 devant le but pour marquer (64e), la frappe d’Oliech sur la barre en reprenant un très bon centre en retrait (73e) ou encore une volée du Kenyan après un contrôle aérien en se retournant (84e). J’en passe.

L’OL a parfaitement exploité les largesses défensives de ses adversaires trop occupés à pousser pour égaliser, les contre-attaques ont été nombreuses lors des 25 dernières minutes, elles ont presque toutes été dangereuses. Bastos a pu faire 70m côté gauche en mettant un joueur dans le vent avant de tirer (65e, Sorin a repoussé), Briand un raid côté droit avant de chercher Lisandro en retrait (66e, tacle in extremis d’un défenseur), la 3e a fait mouche (68e), ballon en profondeur pour l’Argentin, alignement foireux des Auxerrois, il part au but, Hengbart, qui s’était arrêté comme une buse en attendant la réaction de l’arbitre assistant, revient comme un fou pour tacler mais se fait éliminer par une magnifique feinte derrière le pied d’appui. Sorin n’a pas dévié le tir ? Je le croyais, la trajectoire du ballon avant de franchir la ligne hors de portée du dernier défenseur semblait étrange.

88e, Ndinga perd encore bêtement le ballon au milieu, Bastos part côté gauche, met un joueur dans le vent et cette fois va marquer. Si, comme on l’a beaucoup lu et entendu[5], le PSG a surtout gagné des matchs grâce à ses individualités, que doit-on dire de l’OL ? Lisandro et Bastos sont la différence entre l’OL et une équipe de milieu de tableau.

Lorient-Nice, 1-0.
Les Merlus ont longtemps eu le ballon sans rien en faire, leurs quelques bons mouvements offensifs n’étaient jamais aboutis.

En première période, la seule véritable occasion bretonne est intervenue à la 34e minute grâce à un splendide contrôle orienté dans la course en aile de pigeon sur un ballon venant de derrière, il a été réalisé par Kevin Monnet-Paquet, lequel a ainsi pu déborder et centre pour Joel Campbell au second poteau. Fabian Monzon est revenu de justesse, en se jetant il a pu contrer avec son entrejambe. L’Argentin a ensuite pris feu. Lors des dernières minutes avant la mi-temps il a tiré un magnifique CF à l’extérieur du mur qui filait au ras du poteau, réussi une magnifique volée ses 18 mètres qui partait sous la barre, centré pour la tête cadrée d’un coéquipier. A chaque fois Fabien Audard a sauvé Lorient. Pentecôte aussi aurait pu ouvrir le score lors de cette fin de période folle, il a enchaîné un super contrôle et un coup du sombrero pour se lancer vers le but, cette fois les locaux ont pu compter sur un de leurs défenseurs. 40 minutes de purge, 5 minutes de folie.

En seconde période, Nice a encore eu des opportunités, Abriel a complètement déchiré sa reprise à la réception d’un super centre (53e), Monzon a encore envoyé une patate suite à un corner repoussé dans l’axe, par miracle un pied lorientais, celui de Lucas Mareque, a détourné cette lourde frappe, le ballon est passé juste à côté on se demande comment (54e).

La rencontre a basculé à la 62e minute lorsque M. Malige a sifflé un penalty pour une faute de Larrys Mabiala sur Gilles Sunu. Le milieu offensif a réalisé un grand numéro, éliminant plusieurs adversaires pour pénétrer dans la surface où il a provoqué la faute du défenseur incapable de contrôler son geste car en complet déséquilibre arrière. La sentence a été exécutée par Arnold Mvuemba (mal tiré mais ça compte quand même). Hormis celle de la 34e et une autre reprise de Campbell sur un centre (splendide parade de Raul Fernandez, pas super rassurant dans l’ensemble), les locaux n’avaient pu se créer aucune occasion avant d’ouvrir le score. Ça fait léger pour une équipe pratiquant soi-disant un des meilleurs footballs de France, non ? Surtout chez elle sur son synthétique contre un reléguable privé de 3 titulaires suspendus (entre autres absents).

Nice a poussé, Lorient contrait, il y avait du rythme, assez peu de situations présentant une dangerosité réelle… jusqu’à la 94e minute. A 12 secondes de la fin du temps additionnel, Abraham Guié Guié a mangé la feuille, l’Ivoirien était à la retombé d’un tir manqué devenu une ouverture, il se situait face au gardien à 6 ou 7 mètres du but… et a m*rdé.

Nice méritait vraiment mieux, Lorient s’en est très bien sorti, le score reflète les dynamiques opposées dans lesquelles sont ces clubs en ce moment, pas le contenu de la rencontre. Nice est 19e à 3 points du premier non-reléguable.

OM-PSG, -0.
A part… peut-être.

Notes

[1] Je m'en souviens d'une super importante l'année où le PSG jouait le maintien, ça devait être pour Amara Diané au Parc.

[2] Blessures et suspensions.

[3] L’arrière gauche, c’est le défenseur en bas de l’écran.

[4] Vous le savez, le lieu de la faute est un des faits objectifs pour lesquels je suis en faveur de l’assistance vidéo en cas de doute de l’arbitre.

[5] Bien que ce soit en grande faux.