Martin Fourcade, le petit frère de Simon Fourcade, s’est révélé aux yeux du grand public en réussissant une remontée fantastique lors de la mass-start des JO de Vancouver en 2010. Après être monté à cette occasion sur son premier podium international, il a enchaîné par une série de victoires et d’excellents résultats avant de remettre le couvert en 2010-2011 avec un paquet de podium mais une sorte de malédiction pendant des semaines, il n’arrivait pas à gagner. Il a finalement obtenu 3 succès, dont un aux Championnats du monde, son premier grand titre, à 22 ans.

Cet hiver, on l’attend au sommet pour batailler avec Tarjei Boe et Emil Hegle Svendsen, les ogres norvégiens… Le premier portait le dossard jaune du leader du général (car il l’a gagné la saison passée), le second le dossard rouge du leader de la discipline (car il l’a gagné la saison passée). L’Express de Perpignan leur a mis une bran-bran. Il a explosé tout le monde. Explosé ? Atomisé ! Il n’aurait pas attendu très longtemps pour latter la concurrence en envoyant un message bien clair. Le boss, c’est lui ! Il portera le dossard jaune dès le sprint de vendredi.

Martin, pourtant privé de véritable ski – faute de neige – jusqu’à la semaine dernière (l’équipe de France était obligé de faire du ski à roulettes pour se préparer), a explosé tout le monde en ski de fond, ce qui lui a permis de prendre tout son temps sur le pas de tir pour lâcher chaque balle. Il a accepté de perdre des secondes pour ne pas perdre des minutes. Tactiquement, il est béton. Sa marge était telle qu’il pouvait se permettre de tirer 1, 2, voire 3 fois dans le décor au dernier debout. Il l’a fait une fois. Avec Martin Fourcade à 19/20, les autres se disputent la 2e place.

Il avait déjà gagné en sprint, en poursuite, en mass-start, en relais, il préfère les confrontations directes aux clm, il adore la bagarre psychologique sur le pas de tir. Il se diversifie, montre sa capacité à gagner n’importe quelle course, prend de l’avance sur ses principaux concurrents. Boe n’a terminé que 25e à près de 4 minutes (4 fautes couché), Svendsen a fait à peine mieux, 21e à 3’38 (4 fautes).

En étudiant les résultats je n’ai trouvé presque personne approchant son temps de ski (ski+tir, sachant que Martin a pris tout son temps pour vider ses chargeurs), hormis 2 avions épandeurs norvégiens… ils ont vraiment arrosé. OEB (Ole Einar Bjørndalen) et Lars Berger ont fini très loin, si on retire le temps des pénalités, le premier a mis environ 20 secondes de plus que Martin (mais 6 fautes), le second a eu besoin de 8 secondes de plus pour boucler les 20 bornes (7 fautes).

Loin derrière le Catalan, le podium s’est joué dans un mouchoir de poche entre le Tchèque Michal Slesingr, l’Allemand Simon Schempp (à 2 dixièmes) et l’Autrichien Dominik Landertinger (à 3’’1 de la 3e place, le premier à 2 fautes, toutes les 2 effectuées alors que Martin lui mettait la pression, ils étaient en même temps sur le pas). Le suivant, le Russe Evgeny Ustyugov, a terminé à plus de 40 secondes du podium. Au classement final, l’écart entre Martin et Slesingr (1’54’’3) est supérieur à celui entre le 2e et Svendsen, le 21e… Et les autres Français dans tout ça ?
Simon Fourcade a terminé 13e à 3’11 malgré 3 fautes, il s’est loupé au dernier debout (3/5), il aurait facilement pu figurer dans le top 6.
Longtemps dans le coup avec de bons tirs rapides et précis, Alexis Bœuf a ensuite fait 2 fois 4/5, finissant avec un bon 18/20 mais un mauvais temps de ski (16e à 3’20).
Le jeune Florent Claude, tout juste 20 ans, nouveau en Coupe du monde, a terminé 37e (2 fautes, 4’48), on trouve ensuite Vincent Jay très modeste 50e (2-2-0-0, presque 6 minutes à l’arrivée, je ne suis pas certain qu’il ait tout fait à fond sachant ses chances envolées très rapidement), et Loïs Habert encore plus loin (71e à plus de 7 minutes, mais il s’en fout, il s’est marié avec Marie Dorin au mois de juin, il a réussi son année !).