Cette défaite (26-22) a été le seul faux-pas des vice-championnes du monde en titre, auparavant elles avaient broyé le Japon[1] (41-22) et éteint la Tunisie (25-17), par la suite elles ont atomisé Cuba (38-18) et satellisé la Roumanie, pourtant 3e aux derniers championnats d’Europe. En perdant l’EdF a hérité de la 2e place de son groupe et d’un tableau très difficile avec comme premier obstacle la Suède.

N’étant pas un grand fan de handball, sport que je ne regarde que lors des grandes occasions (phases finales des grands championnats, JO), je n’ai pas de rubrique handball sur le blog, il me fallait classer cet article, j’ai choisi "Sports olympiques" car l’enjeu de cette compétition est aussi la qualification pour les Jeux Olympiques. Voici ce qui était en principe prévu.

Seul le vainqueur du tournoi devait obtenir directement son ticket pour le tournoi olympique de Londres 2012… Pour les autres c’était un gros bordel :
-il y a déjà eu des attributions de places grâce aux championnats continentaux, l’Euro, le TQO asiatique, la CAN[2] le vainqueur des Jeux Panaméricains (pour le champion d’Océanie il y a un barrage d’accession au TQO) ;
-le 2e, le 3e et le 4e du Mondial organiseront un des 3 TQO à 4 équipes, le 5e, le 6e et le 7e disputeront un de ces tournois dont les 2 premiers seront dans les 12 équipes de Londres.
Sans oublié que la Grande-Bretagne sera représentée bien que son équipe ait été créée de toutes pièces.

On le sait déjà, aux TQO on retrouvera la Suède et la Roumanie (médaillées à l’Euro), l’Argentine (2e des Jeux Panaméricains), le Japon (2e Asie), le 2e Afrique et l’Australie ou la République Dominicaine. Dans les faits, la Norvège, la Corée du Sud et le Brésil ont déjà leur ticket pour les Londres, ça se complique… La Norvège et le Brésil étant encore en lice au stade des quarts de finale tout comme l’Angola, probable futur champion d’Afrique, ça se passe comment ? Ira-t-on chercher plus bas les qualifiés ? Imaginons des demi-finales France-Angola et Norvège-Brésil… Les Bleues hériteraient-elle de la place qualificative aux JO (sous réserve de victoire de l’Angola lors de son championnat continental) ? Il semble que oui.

Put*in, quel bordel ! La fédération internationale a simplifié le format de la compétition avec une seule phase de groupes au lieu de 2 et plus de rencontres à élimination directe. En fait on a gardé la base, 4 poules de 6 dont on élimine 2 équipes. Au lieu de répartir les 16 nations restantes dans les 2 poules du tour principal en conservant les résultats du premier tour, on a mis des 8e de finale. Loa beauté du sport, c’est le match couperet.

Lundi en début d’après-midi (14h30 à São Paulo), les Bleues, privées de Mariama Signaté (taulière), blessée à l’entraînement, ont été fantastiques contre les Suédoises. La France a vaincu, pourtant à un moment, ça sentait la mort. Raphaëlle Tervel s’est fait une entorse en première période (elle a pu revenir quelques minutes en souffrant, la cheville a bien tourné), les pertes de balle étaient nombreuses, la France défendait à plat et prenait des mines d’une Suédoise qui montait très haut à 8-9 mètres du but pour envoyer des mines, Amandine Leynaud n’arrêtait presque rien, les ailières suédoises se faisaient plaisir… 15 buts encaissés à la mi-temps contre une équipe surtout forte défensivement… On ne voyait pas réellement de changement après la mi-temps, jusqu’à la 46e minute l’écart était compris entre 2 et 4 buts (18-14 à la 39e) en faveur de la Suède, il y avait encore 20-17 à la 45e minute (avec 2 minutes d’exclusion contre Camille Ayglon). La France avait besoin d’une série pour revenir dans le coup, depuis le début de la rencontre elle n’avait réussi que 2 modestes 2-0 (les Suédoises 4). Grâce à une défense retrouvée (il fallait changer de tactique, passer en 1-5 a été très efficace pour les bloquer, elles n’ont plus trouvé les mêmes décalages) et à une super Cléopâtre Darleux entrée à la mi-temps avec ses lunettes de protection (beaucoup moins sollicitée, d’autant qu’elle était remplacée pour les jets de 7 mètres), les Bleues ont mis un 6-0 aux Scandinaves… De -3 à +3. Elles n’auront jamais mené au score avant la 52e minute, auront toujours été menée entre 6-6 et 21-21.

Pendant le dernier quart d’heure, la Suède a perdu son rythme, elle n’arrivait plus à rien, la réussite a enfin tourné, l’euphorie, l’envie et l’expérience ont fait le reste. Le score est monté à 24-21, les Bleues ont réussi à se faire peur une dernière fois avec notamment 2 ou 3 passages en force de suite ayant permis aux -sen, -son et autres -ström de revenir à 24-23 et d’obtenir un penalty[3]. Cette fois, Leynaud l’a arrêté ! Il s’agissait de la balle d’égalisation à 2 minutes de la fin. Il fallait reprendre le large en marquant sur la possession suivante, une missile français a rebondi sur la barre, le ballon est revenu dans les mains d’une des filles d’Olivier Krumbholz, Nina Kanto a marqué, Darleux a arrêté le tir suivant, Alexandra Lacrabère a assuré un dernier but, son 4e en 5 tirs, les filles pouvaient lever les bras et fêter la victoire (26-23).

Quelle réaction de championnes ! Quelle maîtrise ! Compte tenu de l’enjeu et de la tournure des événements, beaucoup auraient pu paniquer, il n’en a rien été. Si Paule Baudoin (6/7), Allison Pineau (5/9), Alexandra Lacrabère (4/5) et Camille Ayglon (3/4) ont été les plus en vue en attaque, elles ont été 9 à marquer, il s’agit réellement d’une victoire collective, obtenue des 2 côtés du terrain, pas seulement en défendant bien, aussi en trouvant des solutions pour se jouer de Suédoises très solides derrière. Les contre-attaques ont été rares lors de cette rencontre, le repli défensif été très rapide et efficace, on a pu apprécier les progrès réussi dans le jeu placé par cette équipe de France en grande partie renouvelée après les JO de 2008. La mauvaise nouvelle est l’identité de l’adversaire en quart de finale (mercredi à 14h45 pour nous, 11h45 heure locale) : la Russie, championne en titre, ogresse du handball féminin, mais battue par les Bleues au TIPIF avant de partir au Brésil. Si la Norvège, l’Angola et le Brésil avaient la bonne idée de se qualifier, on n’irait pas se plaindre[4].

Handball masculin, football féminin, basket masculin, c’est bien parti pour le basket féminin (qualifiée pour le TQO, ça devait bien se passer), le volley masculin a encore une chance… 5 ou 6 équipes de France au Jeux dans les sports collectifs de ballon, 5 équipes visant la médaille… Rien que d’y penser, ça fait rêver !

Notes

[1] Notons que le Japon, a priori une des équipes faibles du tournoi, a fait match nul contre les Roumaines et n’a été éliminée en 8e de finale que d’un but – après prolongation – par le Danemark, 4e des Championnats d’Europe en 2010.

[2] Elle n’a pas encore eu lieu, contrairement aux autres.

[3] Un jet de 7 mètres.

[4] Les matchs de classement deviendraient déterminants pour l’organisation des TQO.