Canal+ en a fait des tonnes pour ce choc de la 31e journée de Ligue 1 (voyez ici et regardez les vidéos plus bas en écoutant les commentaires de Christophe Dugarry, il a passé sa soirée à sortir des âneries hallucinantes)… Vous avez dit choc ? CHOC ? CHOC ??? Le seul choc du jour, c’était du choc… olat. Du chocolat le jour de Pâques… En réalité on a vu match haché, match à chi*r, d’une faiblesse technique inimaginable. Les Sardines n’étaient pas fraîches, les Parisiens ont eu beaucoup de mal à en venir à bout, ils ont fini cette Grande Sardinade barbouillé mais vainqueurs. Et ils sont contents, fiers d’eux. C’est comme avoir si un lycéen surdoué ayant étudié dans les meilleurs établissements scolaires était fier d’avoir eu son baccalauréat en étant uniquement convié aux rattrapages grâce à des rajouts de points du jury (quand les notes sont trop basses dans une académie, il paraît que ça se fait). Merde, quand tu portes le maillot rouge et bleu du PSG tu ne peux pas te satisfaire d’avoir gagné PAR CHANCE en étant totalement bidon contre une équipe faiblarde, rincée physiquement et au fond du trou mentalement, a fortiori lors de la rencontre la plus attendue de l’année !

Je n’ai jamais pris aussi peu de plaisir en voyant le PSG taper son ennemi intime… Le bad trip a commencé dès l’annonce de la compo. Avant de la connaître, j’avais des craintes à ce sujet, néanmoins j’avais un espoir : en attaquant immédiatement les Sardines avec frénésie et en ouvrant le score rapidement on aurait toute les chances de leur mettre la tête au fond du seau, il y aurait alors moyen de faire un carnage à l’image de celui réalisé sur les côtes sud-africaines où les grands requins blancs s’attaquent… aux bancs de sardines pendant leur migration. Après une série improbable de revers, cette grosse affiche tombait à un très mauvais moment pour l’OM, une semaine avant le match qui peut sauver une partie de la saison (la finale de la Coupe de la Ligue), quelques jours après l’élimination de la LdC. Cet enjeu pouvait faire hésiter à aligner certains joueurs comme Loïc Rémy et André Ayew, chacun souffrant depuis un bout de temps de problèmes physiques, risquant la rechute à tout moment. N’était-il pas plus pertinent de les préserver pour la finale ? Ce n’est pas l’option choisie par Didier Deschamps, sans doute en quête d’une victoire de prestige victoire pour que son groupe reprenne confiance avant le match couperet au Stade de France (et pour faire plaisir à ses supporters).

La presse envisageait des compositions d’équipe assez flippantes. Ancelotti a réalisé un chef-d’œuvre. A ce niveau, écrire une composition d’équipe – sur une feuille de match, un paperboard, un tableau blanc – ça devient de l’art contemporain : le truc ne ressemble à rien, c’est particulièrement laid, et ça se veut intellectuellement au-dessus du lot. En réalité, c’est juste de la m*rde. Attention, je ne suis pas en train de dire «art contemporain=m*rde»… mais pas mal d’artistes contemporains ne sont pas très "-porains" et pondent des bouses teintées d’autosatisfaction. Bref, la compo était déplorable, elle présageait de la prestation particulièrement affligeante des Parisiens. Sérieusement, que voulez-vous faire avec ça : Sirigu - Jallet, Alex, Bisevac, Maxwell - Sissoko (C), Motta, Matuidi - Nenê, Ménez, Pastore ?

  • Que m’a inspiré cette compo ? Beaucoup de dégoût, pas mal d’incompréhension.

-Premier problème, l’absence d’âme. Après Jallet, Nenê est le joueur le plus ancien dans l’effectif parmi les 11 alignés, tous les cadres ont été envoyés sur le banc ou pire, en tribunes, adieu les Sakho, Armand, Camara, Cearà, Hoarau ou encore Bodmer[1], tous les mecs qui se défoncent depuis des années pour le club, on les jette comme s’ils ne valaient rien, ce n’est pas la façon d’agir adéquates si on veut prétendre être un "grand club". Vous pouvez y ajouter l’absence d’un leader qui va remobiliser et/ou encourager ses partenaires, les replacer… Qui pourrait le faire ? Des mecs qui ne parlent pas français ou viennent d’arriver ?

-Deuxième problème, le choix du capitaine. Momo Sissoko devrait être entre 10 et 11e dans l’ordre d’attribution du brassard, il est aussi légitime pour être promu capitaine du PSG que pour être nommé premier ministre du Mexique.

-Troisième problème, une défense qui ne sait pas défendre. Maxwell et Jallet sont MAUVAIS défensivement, ils laissent leurs adversaires centrer beaucoup trop facilement, semblent assez rapides mais sont pourtant souvent pris de vitesse (ça arrive plus facilement quand on est en retard au début des actions), Alex et Bisevac sont très probablement les 2 défenseurs centraux les plus surcotés du championnats, ils sont d’une lenteur et d’une lourdeur hallucinante, sont incapables de se retourner, ont une forte tendance à lâcher le marquage, à très mal jouer le HJ, à oublier des adversaires dans leur dos, à manquer d’attention, à relancer n’importe comment (de temps en temps le Serbe se le joue Laurent Blanc en tentant une percée balle au pied, ça marque les esprits et efface de la mémoire des observateurs tous les dégagements foireux)… en résumé il s’agit pour moi de la pire ligne défensive possible si on oublié Tiéné (et par pitié, oublions-le !).

-Quatrième problème, des milieux pas complémentaires. Sérieusement, est-ce que quelqu’un a été convaincu par la ligne Sissoko-Motta-Matuidi ? Contre Montpellier, c’était une catastrophe, pourquoi aurait-il dû en être autrement face à l’OM ? Matuidi est le seul à aller de l’avant… pardon, Sissoko aussi en est capable, mais uniquement sans ballon, car s’il peut faire des transversales, ses contrôles, sa conduite de balle et ses décisions dans le feu de l’action sont d’une qualité extrêmement limitée.

-Cinquième problème, l’absence d’un véritable attaquant. Mettre Ménez en pointe, c’est mettre un milieu en pointe. Si on a le ballon 70% du temps, qu’on joue très haut et que cette fausse pointe a le sens du but, ça peut encore aller, mais si on subit, ça devient ridicule, on n’a ni point d’appui, de faire remonter le bloc, ni joueur capable de prendre la profondeur comme il faut, de faire chi*r la défense adverse, mais aussi et surtout d’offrir à Pastore les solutions nécessaires à l’Argentin pour exprimer ses qualités de passeur. Avoir des cajoleurs de ballon devant – 12 touches de balle de moyenne – n’est pas l’idéal pour jouer en contre… (Je ne parle même pas des conséquences de l’absence de Bodmer et d’Hoarau dans le jeu aérien offensif comme défensif.)

-Sixième problème, une tactique ayant déjà plusieurs fois conduit à l’échec. A vrai dire ce 4-3-3 a marché à quel moment ? Contre qui ? Il n’a jamais fonctionné, excepté contre Toulouse en début d’année mais seulement si on regarde le résultat, car face à un TéFéCé bis, le PSG avait été bidon offensivement, ouvrant le score avec chance sur sa 2e occasion et ne se libérant qu’en seconde période une fois le score porté à 2-0 grâce au talent individuel de Pastore. Si on considère les matchs joués avec le milieu à 3, le bilan est tout simplement mauvais (c’est un peu mieux quand les 3 ont des profils très différents).

-Septième problème, un manque évident d’ambition. Tu es chez toi, tu reçois une équipe moribonde dans un stade plein avec l’obligation de gagner, la possibilité de te relancer au classement, mais aussi de te booster mentalement, de soigner la différence de buts, de faire à nouveau peur à tes concurrents… mais tu alignes une équipe avec 3 milieux défensifs et sans attaquant, une équipe pour défendre, une équipe d’entraîneur ayant peur de perdre. C’est grotesque.

-Huitième problème, le message envoyé à ses joueurs. Si vous avez été bon voire très bon lors de la rencontre précédente, peu importe, vous avez toutes les chances d’aller sur le banc la semaine suivante. Sur le banc ou carrément en tribune. A Nancy on pouvait se satisfaire de la prestation d’Armand, de celle de Bodmer, Hoarau malgré un manque de précision devant le but sur 2 de ses occasions et Camara malgré sa malchance sur l’ouverture du score avaient été parmi les meilleurs joueurs de l’équipe avec Matuidi. Une semaine plus tard les 3 premiers ont été laissés sur le banc, le 3e a regardé le match vu d’en haut à côté de Luyindula[2]. Il était tellement plus naturel de faire jouer des gars comme Bisevac et Maxwell à cause de qui le PSG encaissé le but de la victoire lorraine à quelques minutes de la fin

Ancelotti avait annoncé vouloir que son équipe tienne le ballon… C’est sûr qu’avec Ménez et Nenê capables de garder le ballon 12 minutes sans faire une passe et les échanges en triangle entre Motta, Alex et Bisevac, la possession de ballon avait des chances d’être parisienne… de la possession inutile reste de la possession (^^). L’Italien aura réussi à être moins ambitieux et à plus miser sur le physique que Deschamps, un exploit en soi. L’OM alignait en effet un quatuor offensif composé d’A. Ayew, Valbuena et Amalfitano de gauche à droite derrière Rémy, 2 latéraux (Fanni à droite, Azpi(rateur) à gauche), Cheyrou et Diarra au milieu, Mbia et Nkoulou étant associés en défense centrale.

Le Parc était plein (avec pas mal de stars et de joueurs de foot d’autres clubs, anciens parisiens ou non, issus de la région parisienne pour un certain nombre), les supporters marseillais étaient interdits de déplacement, ça a dû permettre de plus remplir que d’habitude, d’où une affluence record sur ces dernières années. Problème, ça sentait le footixme, pas du tout l’authenticité, à l’image du tifo géant… sur la pelouse ! Difficile de faire plus industriel. Le Parc est devenu un lieu de divertissement où le football est secondaire. L’immense grand tissu probablement fabriqué en Asie était une sorte de drapeau ICI C’EST PARIS. Sur le terrain on a surtout vu qu’ici, c’était pourri. Quand le PSG refuse le jeu, c’est pourri. Quelle horreur d’avoir dépensé une centaine de millions d’euros en quelques mois pour utiliser les joueurs comme ça…

Sur le coup d’envoi, un Parisien a essayé de partir en dribble plein axe… pfiou… Effrayant. Néanmoins, les minutes suivantes ont été plus qu’encourageantes, le PSG a pris le contrôle des opérations, n’a pas attendu pour pousser, et dès la 6e minute, Ménez a ouvert le score en ayant le réflexe juste pour profiter d’une reprise de volée de Jallet contrée par le dos d’un défenseur. Le milieu replacé devant a parfaitement placé le ballon hors de portée de Mandanda. Au départ de l’action Nenê a été bien décalé côté droit avant de centrer (notons une grosse erreur d’alignement de l’arrière-garde marseillaise).

Fin du match de foot.
Début du combat de free-fight et de la bouillie de "jeu" de ballon.

Pendant quelques minutes les fautes et les simulations ont commencé à pleuvoir, on se serait cru il y a 15-20 ans. Valbuena en a fait des caisses sur une faute, du coup ça a énervé Motta qui l’a découpé et aurait dû prendre son jaune, A. Ayew a répondu, Motta en a fait des caisses, Sissoko a alors mis une grosse semelle à la star des Black Stars, il a été averti non pas à cause de son geste – qui aurait pu mériter un rouge direct – mais parce que M. Gautier avait décidé d’en sortir un à la prochaine faute pour calmer les esprits. Dans la foulée il a fait la même chose en sortant le jaune à Valbuena pour un mauvais geste sur Jallet, puis ça s’est chauffé entre Nenê et André Ayew…

Au milieu de tout ça on aura tout de même vu une tête cadrée d’Alou Diarra sur un CF très lointain. Au niveau ballon, R.A.S., les joueurs des 2 équipes avaient tendance à beaucoup provoquer balle au pied au lieu de faire des passes, et quand ils faisaient des passes… en général ils les manquaient. Rémy a marqué hors-jeu, Sissoko nous a montré son niveau technique (^^)… Quoi d’autre ? La défense de l’OM semblait très fébrile les fois où les Parisiens s’aventuraient dans le camp adverse, ce qui restait très rare dans la mesure où Ménez redescendrait très bas chercher le ballon. A plusieurs reprises on a vu les 11 joueurs du PSG dans leur propre moitié de terrain, d’où des pertes de balle systématiques à chaque dégagement.

L’OM est vite devenu dominateur, non en raison d’une quelconque supériorité, simplement parce que côté rouge et bleu on ne voulait plus jouer. On a alors assisté à pas mal de centres et de CPA, Jallet et Maxwell ne défendaient pas bien sur les ailes, heureusement que la maladresse généralisée des visiteurs les empêchait d’être réellement dangereux.

Parlons un peu de M. Gautier, désigné pour ce match après son crime contre les lois du jeu à Caen. Par moments il a laissé faire ou oublié ce qui ressemblait à de grosses fautes, à d’autres il a refusé tout engagement physique, il a sorti bizarrement les cartons, quand ça s’est chamaillé voire ceinturé dans la surface, ce que Diarra a fait sur Alex de façon très claire à l’occasion d’un des rares corners obtenus par le PSG (30e), il n'a rien vu. A la 42e, quand Mbia a mis une manchette volontaire à Nenê à l’intérieur de la surface, il aurait dû y avoir péno et rouge, il n’y a rien eu. Pour rappel, le Camerounais est un multirécidiviste, les gestes violents, méchants et gratuits, c’est son kiffe, il a notamment mis un gros coup de coude volontaire contre le Bayern en Ligue des Champions, on se demande juste comment il peut s’en tirer à chaque fois.

Là, mine de rien, malgré un PSG bidon, ça aurait pu – voire dû – être 2 pénos pour faire le break.

Parmi les multiples problèmes du PSG, on peut citer les approximations techniques, l’absence de soutien sur les contre-attaques, le manque de présence dans la surface sur les – rares – centres, les tergiversations au milieu du terrain qui ralentissaient les projections vers l’avant… Je vous donne un exemple de séquence offensive parisienne : récupération dans le camp adverse, situation de 4 contre 4, mauvais appels et mauvaise passe, perte de balle. Pas de fluidité, aucune coordination… Tout était mauvais ! Presque systématiquement mauvais ! Après la première demi-heure il y a eu un peu de pressing haut – personne n’a rechigné à la tâche – et quelques phases de possession plus élaborées, ça n’a abouti à rien.

En défense, ce n’était guère mieux, plusieurs centres ont été mal dégagés par Bisevac et Alex, à la 28e le Brésilien a renvoyé le ballon droit vers Morgan Amalfitano devant la surface, l’ancien Merlu a un peu trop croisé sa frappe, j’ai cru à l’égalisation, je ne suis pas le seul, c’était juste. L’OM a mis plusieurs fois le feu dans la surface, aidé par des pertes de balle stupides, des ouvertures en bois (ça balançait devant vers le pauvre Ménez), des dégagements loupés… L’arrière-garde parisienne était aussi sereine que Sarko avant les élections, elle se faisait bouffer au sol comme dans les airs (domaine très exploité par l’OM avec de nombreux CPA et centres… les ailes étaient des autoroutes sans barrière puisque Maxwell et Jallet se faisaient éliminer facilement). C’était tellement la panique qu’Ancelotti a dû recadrer Bisevac. Lors des 10 dernières minutes de la première période Mbia a pris 3 fois le ballon de la tête sur des CPA (domaine où Paris est souvent mis en difficultés ces derniers mois), la 2e fois il a manqué de très peu la seconde lucarne, je me demande comment il a pu se rater (44e)… Ce corner résultait déjà d’une grosse occasion avec un centre d’Ayew côté gauche repris par Diarra démarqué dans l’axe et détournée par Alex (43e).

Au rayon arbitrage, un Marseillais vous parlerait peut-être du coup de coude d’Alex sur Ayew lors d’un duel aérien (45e)… Le geste était involontaire. Il vous parlerait très certainement du tacle en retard de Sissoko sur Azpi(rateur) en se jetant pour contrer un centre (37e). A l’évidence, le Malien aurait pu recevoir un second carton jaune, son tacle était profondément débile. Voir un jouer se lancer de cette façon sur son adversaire dans ces circonstances (en première période, tu as un jaune, tu es capitaine, tu te sais particulièrement surveillé par les arbitres), ça fait peur… S’il avait cherché à se faire exclure, il s’y serait pris de la même manière. Ce garçon n’apprend décidément rien, il ne tire aucune leçon de ses erreurs. Il en est à 3 rouges cette saison T.C.C., si le 2e n’était pas mérité, il est souvent passé tout près d’en recevoir d’autres.

Pathétique est le mot résumant le mieux la première période après l’ouverture du score : niveau technique affligeant, pas de rythme, même l’engagement/l’intensité s’est progressivement estompée.

On pouvait espérer un changement d’attitude après le repos, Ancelotti aurait pu dire à ses joueurs de se montrer conquérants… Vous pensez ! Ça n’a fait qu’empirer ! Les 10 premières minutes ont été largement dominées par l’OM face à une défense repliée très près de sa surface, en général les Parisiens étaient tous dans leur camp, ils ne s’ennuyaient même pas à relancer, ou alors – preuve d’humour – confiaient cette tâche à Momo Sissoko. La baraque formée à Auxerre nous a montré sa vision du jeu et sa technique phénoménale en gâchant un contre par un choix de m*rde puis en enchaînant un double-contact-chute. Il s’est étalé comme une bouse après ce geste étonnant… Il n’y avait plus de doute possible, la tactique était de laisser le ballon à l’OM en comptant sur… la nullité de cette équipe pour préserver le score. De temps en temps un début de tentative d’action construite venait légèrement rompre l’ennui. Que c’était mauvais ! Que c’était mauvais !

Soudain, à la 56e, un éclair dans la nuit : situé près de la ligne médiane, Pastore remet de la poitrine pour Ménez qui en profite pour se lancer dans un rush plein l’axe. On l’imagine déjà en train de provoquer les défenseurs balle au pied pour pénétrer dans la surface ou frapper, étrangement il opte pour la solution la moins facile et surprend tout le monde sauf Nenê en cherchant son coéquipier d’une sorte de passe transversale en rupture au-dessus de la défense, un geste magnifique. Le n°10 brésilien avait fait un appel croisé pour se retrouver démarqué à quelques mètres du but un peu sur la gauche, il a reçu un caviar mais a loupé sa volée. Cette action me rappelle énormément un but de Nenê sur passe de Bodmer, c’était la saison dernière à Angers en Coupe de France.

Quand vous manquez une si grosse occasion de plier un match lors duquel vous subissez au lieu de jouer au ballon, immanquablement, vous vous dites qu’il s’agit peut-être du tournant de la partie, que vous avez loupé le coche. L’OM ne se montrait pas particulièrement menaçant, pourtant ça sentait soudain très mauvais. Ce pressentiment désagréable s’est très rapidement avéré fondé. Juste avant l’heure de jeu, suite à une perte de balle évitable, un Marseillais a envoyé le ballon dans la surface, Rémy a mangé Maxwell pour remettre le ballon de la tête vers André Ayew. Le Ghanéen a alors marqué d’une tête décroisée aux 6 mètres. Totalement libre au milieu de Bisevac, Alex et Motta, il a eu tout son temps pour ajuster Sirigu. Ce but, c’est de la faute de Lugano ! Bah si, les "spécialistes" vous le diront, Lugano est responsable des buts encaissés par le PSG, Alex et Bisevac sont de formidables défenseur alors que l’Uruguayen est une quiche, il n’aurait même pas sa place en équipe réserve…

Le pire dans cette affaire est que la prestation d’Alex va être exceptionnelle aux yeux de beaucoup d’individus à la mémoire sélective. Pourquoi ? En raison de son but de la tête sur corner environ une minute plus tard. Des buts de la tête sur CPA, le PSG en marque très peu, il s’agit seulement du 4e but inscrit par un crâne parisien cette saison en L1 (le 5e si en plus des 2 de Sissoko à Bordeaux et Nancy ainsi que de celui d’Hoarau à Lyon on compte la tête de Bodmer à Sainté[3]), le premier au Parc[4]. Au départ, il y a eu une succession de touches parisiennes près de l’angle du terrain, Jallet a obtenu le corner, Nenê l’a tiré, a trouvé Alex au second poteau, Diarra n’était pas vraiment au marquage, en l’air Alex a un peu mis le bras sur son épaule, il était nettement en avance. Si on analyse bien le but, on observe 2 choses :
-les Marseillais ont fait n’importe quoi, le marquage était inexistant et aucun joueur n’avait été placé au second poteau (le ballon a touché le montant avant d’entrer), il aurait facilement suppléé Mandanda, tout proche de pouvoir sauver son équipe ;
-Alex a bien manœuvré pour se démarquer, cette fois il s’est placé derrière Diarra pour ne pas être ceinturé comme en première période.

Par la suite, il n’y a quasiment jamais eu le feu dans la surface de l’OM. La pluie s’est invitée à la soirée, mais c’est sans rapport. Pastore, sifflé par les cons, a été remplacé par Bodmer, ça n’a pas changé grand-chose, c’était soirée à thème : tu reçois Marseille, tu te dois de produire du déchet, c’est la moindre des politesses. Si on cherche bien, on trouve 3 situations offensives parisiennes lors de la dernière demi-heure : un CF obtenu par Nenê à peu près identique à celui converti par Alex contre Montpellier, seulement il a mal tiré toujours avec la même combinaison (72e), puis Ménez a volé un ballon au milieu et est parti en rush, finissant par s’effondrer dans la surface quand Azpi(rateur) est intervenu a priori de façon régulière (73e), la dernière est un corner, cette fois Alex s’est jeté et a remis le ballon dans l’axe (76e). Je vous ai prévenu, ici c’est pourri…

Le PSG s’est fait très peur à plusieurs reprises, et si l’OM ne s’est procuré que 2 véritables occasions franches en plus d’un certain nombre d’actions plus ou moins dangereuses, ces 2 occasions ont été extrêmement franches, il a fallu de petits miracles pour éviter une seconde égalisation. Sirigu a sauvé sur sa ligne une tête de Brandao sur corner, si une Sardine avait trainé devant le but elle aurait simplement eu à pousser le ballon au fond (80e). Dans la foulée Benoît Cheyrou a mangé la feuille en envoyant une mine au-dessus, servi idéalement à quelques mètres de la cage par une remise d’André Ayew (81e). Dans un cas comme dans l’autre la défense était à la rue, elle l’a souvent été.

Finalement, le meilleur moment de cette rencontre est peut-être celui où une partie du public a chanté en l’honneur des 2 entrants, Brandao et Gignac (ils ont remplacé Rémy et Amalfitano). «Un Big Mac pour Gignac !» «Brandao en prison !» Peut-être les chanteurs ont-ils été inspirés par l’ennui ?

A la 82e Nenê a été remplacé par Hoarau, mais ne nous y trompons pas, il s’agissait d’un changement défensif. A peine sur le terrain, le Réunionnais a justifié son statut de meilleur Parisien sur les CPA défensifs. Le changement suivant à la 86e… Sakho pour Ménez (qui demandait à sortir, il était frit)… Le VRAI capitaine du PSG a joué côté gauche, Maxwell est monté d’un cran. Dès lors, Hoarau et Bodmer étaient les joueurs les plus offensifs sur le terrain (des profils idéaux pour jouer en contre^^), entourés de 8 joueurs à vocation défensive et d’un gardien. 8, mais bientôt plus que 7, car M. Gautier a fait des siennes.

A la 83e minute, Brandao a commis un attentat sur Sirigu, il lui a mis un sale coup de semelle dans l’arrière du genou quand l’Italien était en l’air pour capter le ballon. Un simple jaune… et Bisevac y a eu droit aussi. Quelle honte ! On est passé à 2 doigts de la salade de doigts ! 2 ou 3 minutes plus tard, Sissoko a eu droit à un second carton pour… une faute inexistante sur Diarra, odieux simulateur sur cette pseudo-faute car les images sont claires, les 2 joueurs ont joué le ballon, il n’y a pas eu de contact entre la semelle de Sissoko et le pied de son équivalent (n°6 baraque à la technique très limitée). Enervé, l’ancien de la Juve est venu dans un second temps dire au Marseillais tout le mal qu’il pense de lui… Franchement, je n’aime pas Momo Sissoko, il est surcoté, peu utile, ne sait pas se maîtriser, et à mon avis son absence sera bénéfique. Toutefois, j’en ai franchement marre de voir le traitement auquel il est soumis par les arbitres : vous voulez l’exclure ? FAITES-LE QUAND IL COMMET DE VERITABLES FAUTES ! C’est hallucinant, quand il mérite un rouge on lui file un jaune, quand il mérite un second jaune on ne lui met rien et quand il n’y a rien, on sort le second jaune ! Et pendant ce temps Mbia court toujours ! Au PSG on a à la fois le joueur le plus ciblé par les arbitres et le joueur le moins protégé par les arbitres, Nenê, qui mange chaque semaine des taquets dans tous les sens et ne voit jamais ses adversaires être exclus[5].

L’OM a poussé lors des dernières minutes, Jordan Ayew remplaçant Azpi(rateur) pour tout tenter, rien n’y a fait, les Parisiens ont su faire le nécessaire, notamment conserver le ballon dans le camp adverse. Au passage Sirigu s’est tordu la cheville, rien de bien grave.

  • Passons une petite appréciation secteur par secteur.

Ménez n’aura pas touché énormément de ballons, aura été 3 fois signalé HJ (il n’a pas le sens du placement d’un spécialiste du poste), n’aura tiré qu’une fois au but – avec succès – et n’aura pas pu énormément peser sur la défense (l’équipe jouant très bas son rôle de pseudo-numéro 9 consistait essentiellement à aller au casse-pipe), mais un cocktail efficacité-combativité[6] lui aura permis de sortir du lot. Il a été élu homme du match pour 3 raisons :
-son but évidemment ;
-son action conclue par une passe – presque – décisive pour Nenê, la seconde occasion du PSG dans le jeu, et je dis bien seconde car il ne s’agit pas de la deuxième, il n’y en a en effet pas eu d’autre ;
-il s’est énormément donné pour l’équipe, décrochant beaucoup pour aider la défense et partir de loin, il a fait… ce qu’on lui a souvent reproché de ne pas faire. Qu’un milieu offensif ou attaquant se replace, aille au pressing, se batte pour récupérer le ballon, on ne devrait même pas avoir à le souligner, ça devrait être naturel, Nenê le fait tout le temps, Hoarau encore plus. Ces derniers temps Ménez a souvent été exaspérant en taquinant beaucoup trop la gonfle et en traînant les pieds pour effectuer les basses besognes, on ne le sentait pas toujours impliqué. Le contraste entre l’exaspération habituellement générée et l’impression laissée par sa performance de dimanche est peut-être ce qui explique les louanges auxquelles il a droit, car s’il a fait un très bon match, il est capable d’encore beaucoup mieux. Vous me trouverez peut-être rabat-joie, tant pis, je vais vous dire le fond de ma pensée, quand il est comme ça il m’inspire cette réflexion : Jérémy, mais pourquoi n’as-tu ce comportement qu’à l’occasion d’un PSG-OM et pas à chaque fois que tu enfiles le maillot rouge et bleu ?

Sirigu… Pas au top sur certaines interventions, il s’est bien rattrapé par la suite avec sa parade sur la tête de Brandao et quelques sorties aériennes pour capter des centres.
Les défenseurs… défensivement, ils ont tous été mauvais, offensivement, R.A.S. hormis la tête d’Alex et une ou 2 actions de Maxwell. La relance a été perpétuellement bâchée voire escamotée.
Les milieux… Motta a distribué les coups, a par moments fait son Valbuena (une histoire d’amour est née entre ces deux-là !), il s’en est bien sorti toujours en jouant très latéralement et en bénéficiant d’une clémence improbable de la part de M. Gautier. Sissoko n’a pas lésiné sur l’impact physique, malheureusement il a des problèmes de pieds et de tête, donnant souvent de lui l’image d’un joueur particulièrement crétin et maladroit (quand il dribble et tombe juste après, quand il donne une passe directement au ramasseur de balles, quand il se jette bêtement après avoir pris un jaune), qu’il soit capitaine m’horrifie. Comme toujours Matuidi a fait sa part de travail dans l’ombre.
Nenê a comme toujours été très actif (il s’est beaucoup dépensé), toutefois je l’ai trouvé très imprécis, sauf sur son corner.

Pour finir, le cas Pastore. Oui, l’Argentin n’a pas été bon, mais dans cette configuration sans personne à servir, il est censé être bon comment ? A quoi sert un 10 sans 9 ? A quoi sert un quarterback sans receveur ? Que peut faire un archer sans cible ou un chasseur sans proie ? Mettez Messi ou Christiane O’Ronaldo dans une équipe qui n’a pas le ballon et passe son temps à défendre dans ses 30 mètres, vous les trouverez mauvais ! Souvenez-vous en, il était reproché à Kombouaré de le faire jouer derrière un seul attaquant et non 2[7], mais maintenant, alors en le faisant jouer sans attaquant, c’est lui le nul, pas Ancelotti qui fait n’importe quoi !

  • Conclusion.

A l’aller, Sirigu avait encaissé 3 buts sans avoir un arrêt à faire… au retour il en a fait un, Mandanda aucun, Paris a gagné. Pour une fois le PSG a fait dans l’ultra-réalisme, c’est rarissime. Il faut remercier les croqueurs comme Cheyrou, car jamais l’OM n’aurait dû perdre cette rencontre, le PSG s’en est sorti avec 3 points précieux mais la manière n’est pas de nature à rassurer. Et comment être fier de ce succès ? Galérer pour taper des nuls en semblant encore plus nul qu’eux. Youpi ! Le PSG a juste loupé l’occasion de mettre une bran-bran historique à son ennemi intime.

Marseille a désormais 23 points de retard sur Paris, on peut s’en amuser, la série de 10 défaites et 1 nul T.C.C. est assez comique… Toutefois s’il n’y a pas de titre en fin de saison, les malheurs de l’OM ne seront même pas la cerise sur le gâteau, faute de gâteau.

La 2e place est assurée (+7pts par rapport à Lille, à 7 journée de la fin, sauf méga cata ou craquage complet, c’est fait), pour le titre rien n’est joué car Montpellier est aussi peu convaincant que Paris depuis plusieurs semaines. Les 3 points d’avance du club héraultais une fois le calendrier mis à jour ne constituent pas un écart irréductible, tant s’en faut, le sprint final est lancé, il reste des obstacles à franchir, n’importe qui peut chuter à tout moment.

Il est temps de changer d’état d’esprit pour ALLER LE CHERCHER ce fameux titre, il faut donc JOUER POUR GAGNER, entrer sur le terrain sans avoir peur de perdre, ne pas reculer après l’ouverture du score. Il faut ETRE CONQUERANT !

Notes

[1] Je compte Bodmer même s’il est arrivé lors de l’avant-dernière intersaison, Chantôme serait dans la liste s’il n’était blessé.

[2] Chantôme, Lugano et Tiéné étaient aussi en tribunes, les 2 premiers sur blessure.

[3] Officiellement c’est un csc de Ruffier.

[4] Lugano en a marqué un refusé injustement en EL, il a aussi marqué de la tête en Coupe de France, mais à Lorient.

[5] Seul Nivet l’a été pour une faute sur Nenê, mais pour annihilation d’occasion manifeste de but, pas pour attentat.

[6] Aussi efficace et combatif en attaque qu’en défense.

[7] Pour rappel le PSG n’en avait qu’un seul valide, Gameiro, Hoarau étant à l’infirmerie et Erding jouant comme un infirme.