• Les matchs.

Brest-Rennes, 0-1.
Je ne sais pas si c’est dû à la nervosité ou à la différence de niveau mais Brest est passé complètement à côté de la première période, multipliant les erreurs techniques, hésitant à se livrer… Pour battre Lille lors de leur dernier match à domicile, ils avaient pris leurs visiteurs à la gorge. Face aux Bretons de l’est, ils ont commencé par concéder des occasions avant de concéder un penalty évitable lors du temps additionnel de la première période, un tirage du bras de Pitroipa par Ahmed Kantari. Julien Féret a transformé la sentence.

En seconde période le score n’a pas évolué malgré les nombreuses tentatives de Brest, d’abord d’obtenir un penalty (Ben Basat et Grougi ont essayé), puis d’égaliser par d’autres moyens. On a notamment vu un incroyable raté de c seul au second poteau à 2 ou 3 mètres de la ligne de but à la réception d’un CF. La tête était facile à réussir, il n’a pas cadré. En souffrance, Rennes aurait pu profiter de la situation pour marquer un second but en contre – Rennes n’a joué qu’en contre – mais à une grosse dizaine de minutes de la fin l’occasion la plus franche a été pour… Zébina, monté en position d’avant-centre, dans le jeu cette fois. Sa reprise du gauche sur un centre a été repoussée sur sa ligne par Costil. Brest a réagi beaucoup trop tard, mieux vaut toujours être l’agresseur que l’agressé, en particulier quand on est en lutte pour le maintien car cette situation traduit une manque de qualité et de ressources psychologiques nécessaires pour revenir une fois mené.

Ce succès est très précieux pour les visiteurs, ils restent dans le coup pour la qualification en Europa League. Brest prend place dans la charrette…

Caen-ASSE, 1-4.
Quand on défend en avançant, on risque moins de marquer des buts contre son camp. Sous pression, Aurélien Montaroup en a marqué un à la 38e en cherchant à dégager un centre d’Aubameyang, lequel avait tiré sur la barre au bout d’un gros quart d’heure.

A la mi-temps Franck Dumas a choisi d’opérer un improbable triple changement. Pourquoi ? Difficile à dire. Toujours est-il que Caen a poussé pour égaliser… mais a encaissé un but évitable en contre, une sorte de frappe enroulée/lobée d’Aubamayang qu’Alexis Thébaux n’a pas su détourner correctement, il a pourtant touché le ballon (60e). Puis Caen a de nouveau essayé de pousser pour réduire l’écart, M’baye Niang a même eu une occasion énorme sur un caviar de Livio Nabab, un centre parfait devant le but. Plein axe à 6 mètres le très jeune attaquant normand a trop décroisé sa reprise. Wahou ! Bien sûr Sainté en a mis un 3e en contre, un but de Max-Alain Gradel opportuniste pour profiter d’un tir d’Aubameyang face auquel Thébaux était bien sorti (70e). Vous devinez la suite, Caen a poussé… mais cette fois a réussi à marquer, Nabab a pu tromper Ruffier grâce à un tir lointain repoussé sur lui par le gardien (72e). Un peu plus tard, les Verts ont… marqué un nouveau but en contre, Gradel a récupéré le ballon côté gauche de la surface après un tir contré d’Aubameyang, il a ensuite eu tout son temps pour ajuster son centre pour la tête de son coéquipier, dans la surface ils étaient pourtant 2 verts pour 6 Caennais (82e).

L’ASSE se replace dans la course à l’Europe en se permettant même de soigner la différence de buts. Caen n’a pas seulement perdu, Caen s’est ajouté des handicaps, les 3 buts d’écart, une partie du public se met à contester Dumas, l’ambiance peut devenir tendue, le moral des joueurs risque d’être au plus bas… C’est le genre de matchs qui peuvent avoir un très mauvais impact en pleine course au maintien.

Dijon-LOSC, 0-2.
Déjà, il est important de savoir, il y a eu un gros orage avant la rencontre, l’eau ne s’est pas évacué, c’était soirée aquaplaning. C’est important notamment parce que M. Buquet a exclu Idrissa Gueye sans en tenir compte. Son tacle n’était pas maîtrisé mais pas réellement dangereux, mettre un rouge direct était totalement inapproprié. Heureusement, ça n’a pas eu de conséquence dans la mesure où le LOSC a marqué ses 2 buts à 10 contre 11 dans la foulée de cette exclusion. S’ils étaient clairement supérieurs et avaient manqué de peu la cible 3 ou 4 fois, les Lillois avaient concédé 1 grosse occasion ½ avant ce rouge. La décision de l’arbitre aura eu l’effet d’un détonateur.

Je me demande si les Bourguignons ne se seraient pas vu trop beaux, pensant la victoire dans la poche grâce à cette supériorité numérique semblant devoir durer plus de 50 minutes. Est-il normal que les visiteurs aient bénéficié d’encore plus d’espaces et de liberté en étant un de moins ? Le rouge est tombé à la 36e, au terme d’un contre Rio Mavuba a marqué son but annuel à la 39e d’une reprise du plat du pied en lucarne grâce à un super décalage d’Eden Hazard (et aux 2 autres Lillois qui ont embarqué toute la défense), puis après une parade de Landreau, le Belge a lui-même doublé l’écart avec beaucoup de sang-froid en conclusion d’une nouvelle contre-attaque parfaitement jouée par Nolan Roux, ceci juste avant la mi-temps.

Quelques secondes après la mi-temps, Abdoulaye Meïté a été à son tour exclu directement pour un tacle au milieu du terrain, là aussi on peut parler de décision hyper sévère, j’ose aller jusqu’à parler de compensation. Il était un peu en retard, mais on voit tellement pire ne pas être sanctionné ! Le LOSC a pu dérouler tranquillement face à des Dijonnais assez impuissants. Sans doute frustré, Bennard Kumordzi a tenté de blesser Hazard en lui mettant volontairement des coups de crampons dans les talons. Hazard n’est pas tombé de suite, il n’est sorti en boitant qu’un peu plus tard, ça n’enlève rien à la gravité du geste, ça méritait bien un rouge et si ça ne tenait qu’à moi la saison de ce type serait terminée.

Le LOSC aurait pu encore améliorer sa différence de buts, mais ça ne change pas fondamentalement les données du problème, la 3e place est presque assurée, l’OL ne recollera pas. La 2e place reste envisageable, mais uniquement en cas de victoire contre le PSG dimanche prochain. Dijon reste dans la m*rde… au moins jusqu’au nombril.

ETG-Toulouse, 2-1.
Casanova avait modifié son équipe par rapport à celle qui a battu Lyon 3-0. Il a notamment choisi de titulariser Umut Bulut. Mauvaise pioche ! Le Turc a mangé la feuille en début de match, ne réussissant pas à pousser marquer dans le but vide au terme d’une magnifique action collective. Il était à 3 mètres, s’est envoyé le ballon du pied droit sur le pied gauche. Immanquable+sauvetage sur la ligne contre son camp. Bravo Umut, tu nous vends du rêve !

Dès la 10e minute, Aldo Angoula a marqué de la tête sur un corner de Thomas Kahlenberg, Aymen Abdennour était en retard au marquage. Stefan Andersen, le gardien danois des Savoyards, a ensuite sauvé son camp sur une frappe d’Etienne Capoue, il s’agissait d’une combinaison toulousaine… sur corner cette fois. On voit que ça bosse à l’entraînement, on connaissait les combinaisons sur CF, pas encore sur ces autres CPA. Sagbo a à son tour loupé une grosse occasion, il était un peu court, M. Jaffredo n’a pas sifflé la faute de M’Bengué sur Kahlenberg dans la surface. Avec tout ça les visiteurs restaient dans le coup, ils ont même réussi à se remettre totalement dans la partie grâce à un but du jeune Wissam Ben Yedder, il n’avait pas d’angle, le gardien s’est troué (72e)… Seulement, 3 minutes plus tard, sur un CF, un duel grotesque entre Angoula et Abdennour a donné lieu à un but contre son camp du défenseur toulousain… qui devrait être attribué au défenseur savoyard car ce dernier a touché en dernier le ballon… avec la main. Ce duel ressemblait plus à du judo ou à de la lutte gréco-romaine qu’à du foot, l’arbitre a laissé faire.

Toulouse a dominé mais s’est incliné face à une équipe exploitant les possibilités de contre-attaquer et les CPA… C’est un peu l’arroseur arrosé. Cette défaite peut coûter cher dans l’optique de la qualification en EL. Evian-Thonon-Gaillard se fait plaisir et renoue avec la victoire à domicile. Si maintenant les hommes de Correa pouvaient se concentrer sur leur match à Montpellier mardi de la semaine prochaine[1]

Montpellier-Valenciennes, 1-0.
Corner joué à 2, Belhanda centre fort, le ballon frappe dans le genou de Souleymane Camara… But. Il a avoué plus tard avoir eu énormément de réussite. Le genou de Camara… ça ne vous rappelle rien ? Moi si. D’accord, ce n’était pas le même Camara. En regardant le résumé vidéo, vous verrez que Luc Sonor, un jour traité de «pipe» par Larqué a donné du grain à moudre à ceux qui pensent comme ce dernier. Le péno réclamé pour une main valenciennoise n’avait pas lieu d’être, le mec se fait sniper la main à 1 mètre. Il y a eu une seconde action assez similaire… cette fois Sonor en est venu à la bonne conclusion (pas péno) mais à partir de la mauvaise réflexion (que le ballon aille vers le but n’a rien à voir avec le caractère fautif d’un contact entre la main et le ballon, celui-ci étant uniquement déterminé par la volonté du joueur de toucher la gonfle avec le membre supérieur).

Montpellier a livré une prestation très moyenne, mais Valenciennes, pire équipe de France – une des pires d’Europe – à l’extérieur, a échoué une nouvelle fois malgré des occasions en seconde période, dont un tir magnifique de Renaud Cohade… sur la barre (86e) après une autre grosse opportunité annihilée par un HJ inexistant. Montpellier a souvent eu beaucoup de réussite ces derniers mois en ouvrant le score très rapidement avec pas mal de chance avant de résister tout en jouant en contre. Ça marche. Est-ce le fabuleux football que veulent nous vendre certains médias ? Non. Ça doit faire 9 ou 10 victoire 1-0.

Montpellier n’a que 2 points d’avance sur le PSG, le championnat pourrait se jouer le week-end prochain… On reparlera de la programmation des matchs par la LFP, l’équité n’est pas respectée, Montpellier aura beaucoup plus de temps de récupération et aura l’occasion de mettre la pression sur son dernier concurrent…

Nice-Auxerre, 1-0.
En début de match on a cru Auxerre capable de reprendre espoir en gagnant mais Le Tallec s’est loupé puis le poteau a repoussé une tête auxerroise. La rencontre a ensuite tourné. Blessure de Dudka remplacé par Cyriaque Rivieyran, ce jeune veut trop bien faire, il abuse un peu de l’engagement physique, évite de peu le rouge, concède un péno pour une faute pas évidente sur Franck Dja Djédjé, Fabian Monzon le convertit (son 7e but sur péno cette saison), puis comme rien ne va à Auxerre l’arbitre, M. Castro, décide d’expulser Oliech avant la mi-temps pour un mot déplacé mal interprété par un homme en jaune pas dans le ton. En seconde période Willy Boly a été exclu pour un second carton jaune – logique – 5 minutes avant le premier et pourtant si une équipe avait mérité de marquer, ce n’est pas Nice, incapable de profiter de la double supériorité numérique. Les Aiglons n’ont eu qu’une grosse occasion. Excédé, ou plutôt dégoûté, Roy Contout a eu des mots envers l’arbitre, rien de bien violent, je vous rassure, mais en France, les arbitres sont des shérifs, ils ont dressé leur PV et vont faire en sorte qu’il morfle.

Grâce à ce succès pas du tout mérité le club azuréen va se maintenir. Sauf improbables miracles Auxerre est en L2, comme je l’écris depuis plusieurs semaines.

Bordeaux-OM, 2-1.
En gros OSEF. Jussiê a marqué dès la 28e ou 29e seconde, il a remis le couvert à la 29e minute. L’OM n’a pas été vraiment ridicule, a réduit l’écart par Jordan Ayew – dont le frère s’est encore démonté l’épaule – à la 56e, Trémoulinas s’est fait arrêter un péno à la 68e, en fin de match Deschamps a réclamé des pénos. Pour en savoir plus, lisez l’analyse de la journée.

Ajaccio-Nancy, 0-0.
En première période, Ajaccio a mis la pression, a nettement dominé, a marqué un but valable refusé à Benjamin André pour HJ, Ilan a loupé une très grosse occasion puis a tiré sur la barre. Nancy a failli pouvoir profiter des opportunités de contre pour réussir un hold-up, Ochoa a pu l’éviter.

Nancy continue sa série d’invincibilité, Ajaccio continue sa série de matchs sans victoire, ce point permet de sortir de la zone rouge mais ça ne tient à rien.

Version site de l’ASNL.

PSG-Sochaux, 6-1.
Enfin du foot au Parc ! Depuis un bout de temps on ne croyait plus ça possible !

OL-Lorient, 3-2.
L’OL a complètement pris l’eau 4 jours après son voyage à Toulouse… où l’OL avait déjà pris l’eau. Le début de match des Lyonnais avait été bon, seulement les boulevards dans leur défense ont permis à des Merlus pourtant d’ordinaire assez moribonds et inoffensifs d’obtenir un score dont Le Pen n’aurait même pas rêvé, 2-0. Le Pen… Oui, Ulrich Le Pen, Merlu légendaire. Rien à voir avec l’autre qui rêve de 20%. On parle d’un sujet sérieux ici, le foot, rien à voir avec la politique ! Revenons-en à nos poissons. Perte de balle stupide, mauvais alignement, on lâche le marquage… 2 ou 3 bonnes passes et le tour était joué : le premier but de Lorient inscrit par Kévin Monnet-Paquet est un cadeau des hôtes à leurs visiteurs (22e). Le but suivant, marqué par Mathias Autret 4 minutes plus tard sur une ouverture plein axe dans le dos d’une défense replacée n’importe comment avec Cissokho à la ramasse (dans ce rôle c’était Kim Källström sur l’ouverture du score).

Si Cris n’avait pas réduit l’écart d’une volée sur corner (38e) ou qu’Autret avait été moins maladroit sur un corner en fin de première période (totalement seul au second poteau après une déviation au premier, il a réussi à ne pas pousser le ballon au fond, un exploit), il y aurait eu 2 buts d’écart à la mi-temps, ça aurait pu complètement partir en sucette. L’OL s’en tirait très bien en n’étant qu’à -1 à la pause, l’espoir d’égaliser voire de gagner subsistait. L’entrée de Bafé Gomis a contribué à faire la différence bien que Lorient ait eu d’autres opportunités de marquer. A force de gâcher et de se fatiguer, les Lorientais ont concédé l’égalisation, Lisandro Lopez, parti côté gauche, a baladé Koné puis tenté un tir croisé entre les jambes de Bourillon, le ballon a fini dans le petit filet après avoir semble-t-il été légèrement touché, ce qui a empêché le gardien[2] d’intervenir (77e). A 5 minutes de la fin Gomis a donné la victoire à l’OL en se montrant opportuniste sur un corner. On sentait Lorient en train de craquer.

L’OL se replace 4e une semaine avant sa finale de la CdF. Lorient a gâché l’occasion de se maintenir et reste donc en porte-à-faux entre la zone des quasiment sauvés et des très en danger.

La qualité de l’image est moisie mais je n’ai pas trouvé mieux.

Notes

[1] Ils ne jouent pas le week-end prochain car en raison de la finale de la CdF leur rencontre est repoussée.

[2] Audard s’est rapidement blessé, il a dû être remplacé par Florent Chaigneau, le n°3, ancien de Rennes avant de pas mal bouger.