Nous passerons rapidement sur la cérémonie d'ouverture, c’est souvent un moment assez ridicule, celle-ci n’a pas dérogé à la règle avec le pianiste et le DJ au style bien grotesque. En revanche le tifo géant sur toutes les tribunes avec tous les drapeaux était magnifique, la chorégraphie et les changements de costumes étaient plutôt bien pensées, assez simples, les Polonais n’en ont pas trop fait, c’est mieux ainsi, surtout pour une cérémonie d’ouverture d’une compétition de ce genre (quand il y a un seul sport, il faut faire dans la simplicité, s’il y a une autre dimension comme les JO ou des compétitions multisports de zone ou avec un aspect culturel du style Jeux du Commonwealth, Jeux de la Francophonie, Jeux Méditerranées, Jeux Asiatiques, etc…).

POLOGNE-GRECE, match d’ouverture, ou match des noms bien compliqués.

Le soutien populaire va être un élément fondamental pour la Pologne, il y a une véritable passion pour le foot et un grand patriotisme. L’ambiance… Juste magnifique, ça n’a pas arrêté de chanter, sauf pour siffler les adversaires ! Pendant une grande partie match ça a presque en permanence fait un bruit impressionnant, j’ai dû baisser le son de la télé ! Même résigné quand son équipe s’est mise à galérer, le public a continué à donner de la voix (c’était un peu intermittent). J’ai enregistré l’hymne… tout le public écharpes tendues, ça claque, non ?

L’hymne polonais avant le match d’ouverture.

Sur le terrain, 2 joueurs de L1, 2 Français, Damien Perquis (Sochaux) et Ludovic Obraniak (Bordeaux). On a vu un match avec pas mal de naturalisés et de binationaux (il y en a aussi dans l’équipe grecque). Le problème de la Pologne… Bien sûr, il s’agit du nom des joueurs, une horreur à écrire. Ce problème est partagé avec les Grecs. Les Polonais ont tout de suite mis le feu, la première grosse occasion est intervenue dès la 4e minute, une double pour ne pas dire triple occasion, d’abord un débordement côté droit suivi d’un centre en retrait, d’une petite remise et d’une reprise contrée, puis une frappe des 20 mètres détournée par le gardien en corner, et enfin une frappe manquée suite au corner. Les latéraux polonais ont tout de suite beaucoup apporté offensivement. Le jeu grec… Comment le décrire ? A ce niveau aussi on a vu que le pays est en crise, une politique de rigueur défensives et tu balances devant pour un grand, tu n’as pas les moyens de construire. A la 11e, sur un très long CF, une tête décroisée de Theofanis Gekas aurait pu faire mouche, il a trop décroisé son coup de boule, le gardien était resté sur place.

Toujours en passant sur les côtés, les Polonais ont continué à poser d’énormes problèmes aux seuls Méditerranées du groupe. A la 14e, Lukasz Piszczek, merveilleusement décalé côté droit de la surface, a voulu centrer pour la tête de son buteur au lieu de lui mettre au sol, le ballon est passé juste devant Robert Lewandowski, l’occasion était énorme. Mettre le feu dans la défense hellène n’a pas été bien difficile. A la 17e, ce qui devait arriver arriva, nouveau dédoublement côté droit (c’est surtout passé à droite), centre aérien pour Lewandowski au second poteau, tête piquée, but. Cette fois Piszczek a parfaitement trouvé son coéquipier en club et en sélection. Kostas Chalkias, le gardien grec, est très mal sorti, par la suite on l’a encore vu plusieurs fois à la rue sur des sorties. Soit dit en passant, le n°9 polonais, Lewandowski, la star du Borussia Dortmund, c’est KKC (Kes-Kila-Changé) Eden Hazard.

Pas de bol pour la Grèce, Avraam Papadopoulos s’est blessé après moins de 20 minutes et a dû être remplacé par son homonyme, Kyriakos Papadopoulos. Les Grecs ont attendu la 37e avant de le faire… Déjà inoffensifs et largement dominés, ils n’avaient pas besoin de ça… A la 29e, une faute de Sebastian Boenisch après une erreur défensive sur le côté a donné un très bon CF aux Grecs, lesquels ont alors failli se créer une grosse occasion… mais le CF a été tiré avant le coup de sifflet, il a dû être rejoué, ça n’a rien donné. Plusieurs CPA ont été gâchés par les visiteurs, c’est d’autant plus regrettable que l’organisation défensive polonaise rendait très difficile l’obtention de situations de but dans le jeu.

M. Velasco Carballo, l’arbitre espagnol de cette rencontre, avait beaucoup laissé jouer en début de match, il évitait de trop hacher le jeu. Seulement, c’est il est complètement parti en sucette.

Le premier carton jaune de l’Euro est tombé à la 35e, il a été donné à tort à Sokratis Papastasthopoulos pour une faute inexistante (le genre de trucs qui normalement n’est sifflé qu’en L1^^). Cette erreur de M. Velasco Carballo aurait pu avoir une conséquence directe importante car sur le CF le ballon est revenu jusqu’à Perquis après un dégagement manqué, la frappe du Sochalien au point de péno a été complètement ratée, l’occasion était pourtant belle de couler la Grèce. Quelques minutes plus tard, on prend les mêmes et on recommence ! L’arbitre a pété un câble en mettant un second jaune à Sokratis Papastasthopoulos pour une seconde faute imaginaire sur un Polonais qui avait glissé et était déjà à l’horizontale au moment où il y a eu contact (et rien de méchant comme contact). A 10 dès la 44e minute… sur 2 erreurs grossières de l’arbitre. Vive l’arbitrage espagnol ! Qui plus est, comme Avraam Papadopoulos, Sokratis Papastasthopoulos est défenseur central… Difficile de se remettre de la perte de ses 2 défenseurs centraux en première période. Sur le CF, Perquis a pris le ballon de la tête mais n’a pu cadrer.

A la 46e minute, nouvelle polémique, Perquis fait main dans sa surface en taclant. Contrairement à ce que beaucoup vous soutiendront, il n’y avait absolument aucune raison de le sanctionner d’un penalty puisque Perquis a touché involontairement le ballon de la main en loupant son tacle. Ne pas siffler, oui, même dans la surface, même à l’Euro, pour qu’il y ait faute le ballon doit avoir été touchée de la main de façon délibérée[1], mais mettre un jaune à José Holebas pour avoir râlé, non ! Un peu de psychologie b*rdel ! T’es pas obligé d’être à la fois mauvais et complètement stupide !

La Pologne a largement mérité de mener à la mi-temps, elle aurait même dû faire le break. Toutefois, elle a aussi connu des temps faibles au cours de la première période, notamment sur la fin et aurait pu le payer. Je n’ai pas trouvé Boenisch très bon, il m’a semblé être le maillon faible, contrairement à Obraniak, excellent, souvent à l’initiative des attaques, dangereux aussi par des CPA. La connexion du Borussia et le côté droit ont surtout été bons pendant les 20 ou 25 premières minutes. Georgios Samaras a été le seul Grec à surnager.

Au retour de la mi-temps, Ninis a cédé sa place à Dimitrios Salpingidis, il fallait faire quelque-chose.

Alors que la Pologne avait eu très rapidement une nouvelle occasion de s’assurer un avantage probablement définitif, elle n’a pas réagi comme on pouvait s’y attendre. Au lieu de mettre le feu, elle s’est montrée très prudente, ne voulant pas se découvrir… Les locaux ont commencé à s’endormir (c’était déjà un peu le cas en première période, d’où ces temps faibles dont il était question plus haut). Soudain, une catastrophe nationale pour le pays hôte a eu lieu suite à ce qui aura quasiment été la première action construite de la Grèce. Marcin Wasilewski (défenseur central) et Wojciech Szczesny (le fameux gardien d’Arsenal) ont été surpris par un centre de Vasilis Torosidis en direction de Gekas au premier poteau après un décalage et un débordement côté droit (encore du côté de Boenisch). Ils ont fait n’importe quoi, Salpingidis, tout juste entré en jeu, en a profité, il s’est jeté sur le ballon qui trainait pour le pousser au fond (51e). Quelle boulette ! Quel manque de communication ! Quel renversement de situation ! A 10 contre 11 dans un stade tout acquis à la cause polonaise !

Après ce but, malgré le soutien de son public, malgré la supériorité numérique, la Pologne est devenue fébrile, ne sachant plus trop quoi faire. Un faux rythme s’est installé, plus personne n’osait vraiment prendre de risque. Samaras a même eu une occasion franche à la 63e minute, le gardien a été soulagé que la reprise ait été manquée par le Grec. De temps en temps un contre a pu faire naître quelques espoirs chez les supporters venus en nombre soutenir leur équipe, ça se finissait toujours assez mal.

Le dernier changement grec a été effectué dès la 68e minute, Kostas Fortunis a remplacé Gekas. Moins d’une minute plus tard, lancé dans la profondeur dans le dos d’une défense complètement à la rue, Salpingidis a surgi devant le gardien d’Arsenal au point de péno, ce dernier est très mal sorti, l’a fauché, péno et rouge, rien à dire. Il a fallu faire entrer le gardien remplaçant, Przemyslaw Tyton, et sortir Rybus. Après le changement qui aura mis environ 2 minutes, Giorgios Karagounis a eu ce qui ressemblait à une balle de match. Le capitaine de 35 ans a excessivement mal tiré son péno, sa course d’élan et sa position ne trompaient pas, ça se voyait gros comme une maison qu’il allait tirer sur sa droite, il ne l’a pas fait très fort, à 30 ou 40cm du sol, pas tout près du poteau… Tyton l’a arrêté. Bel arrêt soit dit en passant !

Ou comment une affiche tout sauf bandante est devenue un match totalement dingue…

Comme ça ne suffisait pas, un but a été refusé à Samaras pour HJ (74e). Le HJ du centreur m’a semblé réel au ralenti sans être flagrant, en le revoyant l’impression du direct s’est avéré être la bonne, le centreur était sur la même ligne que le dernier polonais, le but était valable. L’UEFA aurait-elle donné des consignes aux réalisateurs pour éviter les arrêts sur image sur ce genre d’actions ? A la 79e Obraniak a un peu quémandé un péno pour avoir été légèrement écarté du bras dans la surface en tentant de déborder, ce n’était guère convainquant. Ce petit fait de jeu illustre très bien l’impuissance polonaise en cette seconde période. Comment cette équipe a-t-elle pu changer à ce point de visage en cours de rencontre ?! A 10 contre 10, les Grecs ont été les plus dangereux, ils ont eu quelques situations de frappe très intéressantes. Hormis un tir de loin cadrée mais très mou (82e), et une volée en position beaucoup trop compliquée de Lewandowski dans le petit filet (85e), les Polonais n’ont rien tenté. Est-ce dû à un problème physique ? Etaient-ils résignés ? Toujours est-il que les locaux ont été incapables de faire la différence, en seconde période ils ont perdu la plupart des duels, n’ont pas reproduit ce qui avait fonctionné en début de match, en particulier les dédoublements sur les côtés. Seul un dégagement foireux d’un défenseur grec a fait passer un frisson des "héros" hellènes, il a failli se mettre un csc.

Score final, 1-1. Samaras en guerrier infatigable et Salpingidis en mode "super sub" sont les 2 joueurs à sortir du lot. Aucun Polonais n’a fait en seconde période ce qu’il a fait en première. Les 2 gardiens titulaires ont été affligeants.

Résumé de Pologne-Grèce.

On est bien obligé de saluer la prestation de l’arbitre : Papastasthopoulos a pris 2 jaunes en 10 minutes pour 2 fois rien, le capitaine grec a pris un jaune pour une main volontaire au milieu, Salpingidis n’a rien pris pour un tacle par derrière. S’il vous plaît, qu’on m’explique ! Espérons que l’arbitrage du premier match n’ait pas donné le ton pour toute la compétition, sinon ça va être dur !

Retour sur l’arbitrage du match d’ouverture.



RUSSIE-REPUBLIQUE TCHEQUE, première impression sur un outsider.

Dans les compos, on a retrouvé quelques connaissances du foot français, notamment Milan Baros (qui va moins vite sans sa voiture de sport), Jaroslav Plasil, Petr Cech… Chez les Russes, le mythique Igor Denisov qui depuis des années permet la même vanne – «Michel Denisov ?» – et pas mal de joueurs du CSKA Moscou, du Zénith Saint-Pétersbourg, certains passés par l’étranger (assez peu). Vyacheslav Malafeev a été préféré à Akinfeev (un peu touché au genou). Pour le fun, signalons la couleur des maillots… Russes en rouge, Tchèques en blanc.

Après le nul de l’autre match, les 2 équipes ont débuté le match en sachant que seule la victoire aurait été un mauvais résultat. Bénéficiant du soutien de leurs supporters venus en nombre (le match s’est joué à une centaines de kilomètres de la frontière, les Tchèques devaient saisir cette occasion de se placer en pole position pour la qualification. En début de match, ils ont été les plus offensifs, ont plutôt dominé pendant environ 10 à 12 minutes. La Russie était déjà la favorite du groupe, elle aussi n’est pas très loin de la Pologne (elle compte surtout énormément de ressortissants dans la région que ce soit dans les Pays Baltes, en Biélorussie, en Ukraine, en Pologne, sans oublier l’oblast de Kaliningrad, enclave russe au nord de la Pologne), elle avait aussi beaucoup de supporters dans le stade.

Première frayeur pour les Russes, dès la 4e minute un corner tiré au second poteau retombe sur la main d’un rouge… Pas vu ? Pas jugé volontaire ? Ça donne un nouveau corner, les Russes ont eu chaud.

Le rythme n’était pas très élevé, de temps en temps les Tchèques accéléraient, on les a vu beaucoup plus entreprenants que leurs adversaires sans se montrer réellement dangereux. Les Russes ont commencé à mettre la pression au bout d’une douzaine de minutes, ça a tout de suite payé. Le premier décalage a donné un corner, dans la foulée un centre en retrait de Yuri Zhirkov a donné lieu à un premier tir d’Aleksandr Kerzhakov trop croisé. Première grosse alerte pour ceux qui ont divorcé de leur compagne slovaque il y a quelques années (Karembeu aussi l’a fait, mais lui, je crois qu’il s’en serait bien passe^^).

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que la Russie remette ça avec plus d’efficacité… Environ une minute. Récupération à 60 bons mètres du but tchèque, 2 ou 3 passes, Alan Dzagoev accélère, 2 adversaires finissent sur le dos, il décale Aleksandr Anyukov côté droit, centre pour la tête de Kerzhakov au second poteau, ce dernier la croise tellement que le ballon part rebondit sur le montant de la cage du côté opposé, mais le ballon se dirige dans l’axe, Dzagoev a suivi et il frappe entre 3 Tchèques revenus sur leur ligne (15e). 1-0 pour la Russie… Et presque 2-0 à la 19e quand magnifiquement décalé sur la gauche par Kerzhakov, Dzagoev a dévissé sa reprise du droit. Cette nouvelle contre-attaque a bien failli tuer les Tchèques.

Ce n’était que partie remise. En effet, un nouveau contre russe a fait mouche quelques minutes plus tard. Andreï Arshavin cherche Kerzhakov dans l’axe, ce dernier ne peut intercepter la passe mais le ballon traverse la surface et arrive jusqu’aux 6 mètres où surgit Roman Shirokov, oublié par les défenseurs. Cech, pas très vif, plonge mais ne peut rien contre le ballon piqué. 2-0 dès la 24e minute. Il y a eu 4 ou 5 passes presque toutes dans l’axe à partir de l’interception de la défense centrale, ça a duré quelques secondes. Rapide mais maîtrisé. A la 26e on a cru au péno du 3-0, Arshavin a été bousculé à l’entrée de la surface par Plasil… mais rien. Pour moi il y avait bien faute, M. Webb n’a pas vu les choses ainsi.

A la demi-heure de jeu, la République tchèque a imposé à la défense rouge une grosse séquence de bien 2 minutes, mais les frappes et centres ont toujours été contrés, repoussés, et finalement Malafeev a pu récupérer le ballon. C’est à l’image de la première période des Tchèques, ils n’ont vraiment fait que tourner autour du pot. Juste avant et juste après le but de Shirokov ils ont eu 2 occasions sans jamais inquiéter réellement Malafeev (à la 23e, une tête cadrée sur corner… dans les bras du gardien, puis à la 25e une action tchèque dans l’axe menée par Tomas Rosicky, mais conclue par un vieux pointu de je ne sais qui, le gardien s’est facilement couché pour capter le ballon, ce n’était peut-être même pas cadré).

Presque chaque incursion russe dans le camp tchèque a créé si ce n’est une occasion franche, au moins une grosse frayeur dans une défense totalement en perdition. Nouvel exemple à la 33e, encore un décalage russe, encore un centre en retrait, Kerzhhakov reprend… au-dessus. Il avait devancé 2 défenseurs obligés de se jeter.

Baros et ses coéquipiers ont essayé beaucoup de choses, on ne peut leur reprocher un manque d’envie, d’agressivité ou quoi que ce soit, ils étaient juste impuissants face à un bloc solide, un onze bien organisé et hyper efficace en contre. On pourrait éventuellement considérer qu’à la 45e minute la tête piquée d’un Tchèque en montant sur le dos d’un défenseur était une occasion mais le ballon a été si facile à capter pour Malafeev que j’ai du mal à la définir ainsi.

On a vu une opposition de style, la République Tchèque a voulu jouer au ballon, prendre le contrôle des opérations, elle s’est heurtée à un mur. La Russie est donné l’impression d’une machine redoutable, ses défenseurs ne paniquent pas, ses milieux et attaquants très techniques ressortent le ballon à une vitesse folle pour vous assassiner en contre-attaque, ils accélèrent comme ils veulent, jouent la plupart du temps au sol, dans les intervalles. A ce niveau, la contre-attaque est un véritable art. Il n’y a vraiment pas eu photo.

A la mi-temps, coaching tchèque, Hubschman remplace Rezek, on procède à quelques modifications tactiques. Il fallait essayer. Bon, ça n’a pas foncièrement changé la donne, les Russes ont continué à mettre le feu en contre, surtout Arshavin, décidément très en forme, mais aussi Kerzhakov, tout de même assez croqueur, ou du moins très peu précis dans ses frappes.

A la 52e minute, ce match qui semblait plié ne l’était plus. Vaclav Pilar, profitant du mauvais alignement d’un des défenseurs centraux, est parti plein axe dans la profondeur, sublimement servi par Plasil, il a effacé le gardien – Malafeev a préféré ranger ses bras pour ne pas risquer le péno+rouge, c’était la meilleure chose à faire – et poussé le ballon au fond. Les Russe ont un peu payé leur attentisme.

Ce but a redonné des forces aux Tchèques, ils ont alors monopolisé le ballon, remis la pression… et ont encore failli se faire punir en perdant le ballon au milieu. Les Russes sont restés calmes, ont montré une sérénité totale. Le bémol à mettre à leur prestation est le manque d’efficacité offensive, ils ont trop peu cadré, ont mal négocié certaines situation potentiellement très dangereuses en manquant le dribble ou le contrôle qui devait faire la différence. A la 64e, Kerzhakov a encore croqué une énorme occasion, il avait fait un super appel dans le dos de la défense, avait reçu une super passe en profondeur, mais a trop croisé sa frappe. Qui ne cadre pas ne marque pas. Combien de fois a-t-il visé à côté ? Beaucoup, je dirais 6 ou 7 à vue de nez. Il en a encore manqué une vers la 67e, une énorme à la 70e après avoir été superbement décalé et avoir mis un défenseur sur le dos d’un crochet… Et manqué, dans son cas, c’est tirer à 5 ou 10 mètres de la cage !

A la 73e, Roman Pavlyuchenko est entré en jeu, une entrée synonyme de… sortie du boulet Kerzhakov. Enfin ! C’est un très bon joueur… d’habitude. Cette fois il était en mode Emmanuel Rivière. Allez, je vais être un tout petit peu moins méchant, il était en mode Erding. Comme par hasard, dès la 79e minute, Zagoev, à peu près là où Kerzhakov faisait la plupart de ses appels, a marqué le 3e but russe d’une grosse mine, bien servi par Pavlyuchenko. Et dire qu’entre-temps Rosicky aurait pu égaliser d’une frappe rasante assez puissante que Malafeev n’a pu arrêter qu’en 2 temps non sans frayeur à cause du rebond juste devant lui…

Le coaching a été gagnant. Doublement gagnant. En effet, à la 82e, après avoir fait une passe décisive, Pavlyuchenko a marqué un très beau but. Quasiment arrêté à l’entrée de la surface, il a crocheté 3 fois le même gars avant d’avancer légèrement dans l’axe pour être sur son pied droit et mettre à son tour une énorme mine. Petr Cech m’a semblé un peu lent à plonger, du coup il n’a pas eu la main assez ferme. Je ne crois pas qu’il ait fait un arrêt, 4 tirs cadrés 4 buts… Du moins pas un arrêt avant une tentative très molle de Kokorin à la 86e, lequel venait de remplacer Dzagoev. Dommage pour ce dernier, il aurait pu en mettre un 3e, avec son doublé, il est pour le moment meilleur buteur de l’Euro.

J’ai été très méchant avec Kerzhakov, mais Baros a été encore bien pire, lui n’a même pas fait les bon appels. Je ne connais pas ce Lafata par qui il a été substitué 5 minutes de la fin mais pour que son sélectionneur ait attendu si longtemps pour faire ce changement, il doit être vraiment bidon.

A la 93e, les victimes du soir ont cru réduire l’écart, le but a été logiquement refusé pour HJ.

Long résumé de Russie-République Tchèque.

Dirk Advocaat a été très gentil avec les Tchèques, s’il avait rappelé plus tôt Kerzhakov sur le banc, la note aurait pu être encore infiniment plus salée, du genre 6-1. La Russie a vraiment impressionné, Archavin a monté des dispositions qu’on ne lui connaissait plus (le couloir gauche a été très bon, je n’irai pas jusqu’à dire excellente car leurs centres n’ont pas toujours été très précis). On voit vraiment les effets du gros vécu commun, on sent que l’entraîneur batave a eu pas mal de ces joueurs sous ses ordres en club, qu’ils se connaissent tous très bien (la plupart étaient déjà là en 2008, beaucoup ont joué ensemble au CSKA et/ou au Zénith).

PERSPECTIVES.
Problème pour la Pologne, son prochain adversaire est la Russie. Du coup ce nul est un vrai problème. S’il y a autre chose que match nul entre les Tchèques et les Grecs, le pays hôte devra obtenir un bon résultat face aux Russes pour espérer se qualifier. Si la Russie est déjà qualifiée avant de joue la Grèce, les coéquipiers d’Obraniak risquent de regretter longtemps leur gâchis lors du match d’ouverture.

Plus que 29 matchs…

Notes

[1] Il ne pouvait pas voir le ballon qui était du coup dans son dos, sa main était derrière lui juste parce que quand vous taclez, vous êtes obligé d’avoir une main en arrière pour maîtriser votre geste, c’est une simple question d’équilibre, et en l’occurrence c’est son tacle foireux qui a envoyé le ballon sur sa main, il ne voulait évidemment pas s’envoyer la gonfle dessus.