UKRAINE-FRANCE, un éclair de lucidité ?
Après avoir subi des températures comprises entre 30 et 35°, coup de bol, l’orage attendu a éclaté juste avant le match, l’orage s’est mis à gronder pendant les hymnes, les éclairs fendant le ciel. Les Bleus ont eu un gros coup de chance pour les Bleus, ils craignaient une chaleur insupportable et une atmosphère oppressante, en bonus le ballon a été accéléré sur la pelouse mouillée. Autre coup de chance, la pluie a refroidi les supporters locaux, le stade de Donetsk était presque entièrement jaune et bleu, on ne voyait que quelques supporters français perdus au milieu de 50000 Ukrainiens en feu… avant l’orage. Après, c’était beaucoup plus calme.

Si dans le sous-titre il est question d’un éclair de lucidité, c’est à la fois pour faire un jeu de mot avec l’orage et pour faire référence aux changements inattendus effectués par Laurent Blanc dans son onze de départ. Il a ENFIN tranché dans le vif en faisant des choix qui s’imposaient ! ENFIN ! On attend ça depuis 2 ans ! Florent Malouda et Patrice Evra, on dégage ! Samir Nasri milieu droit, on oublie ! On a donc retrouvé Nasri dans l’axe, Gaël Clichy latéral gauche et Jérémy Ménez attaquant côté droit. Ça promettait d’être nettement plus offensif et cohérent ! Autre surprise, une demi-surprise, Alou Diarra a encore été titularisé, Yann M’Vila a donc débuté sur le banc, on l’annonçait de retour sur le terrain au coup d’envoi. Blanc n’est pas encore allé au bout des choses, mais c’est un grand pas en avant sur le bon chemin.

Tout avait très mal débuté avec une énorme c*nnerie de Mexès dès la 2e minute, une passe en retrait calamiteuse pour Lloris, cadrée tant qu’a faire, heureusement que le capitaine français été vigilent sinon c’était le csc débile… Il y a mieux pour se mettre en confiance ! Toutefois, après une entame de match très hésitante, les Bleus ont été les premiers dangereux avec un appel en profondeur de Ménez dans l’axe, Nasri a bien lancé le Parisien, les défenseurs centraux étaient pris de vitesse mais Andreï Pyatov est sorti à ses devant pour dégager du pied (5e). Le gros plus de Ménez est sa capacité à appeler le ballon sur les côtés comme dans l’axe, à éliminer, à prendre la profondeur, c’est autant un attaquant qu’un milieu, il offre beaucoup plus de solutions et de mobilité, il rend le jeu moins prévisible.

L’orage était très violent, le terrain était encore praticable… Pourtant, juste après cette incursion du n°14 des Bleus au cœur de la défense adverse, M. Kuipers a dit stop. Il était impossible de continuer dans ces conditions, une grande partie du public se faisait arroser, l’orage était vraiment trop violent, l’eau s’évacuait de plus en plus difficilement, les éclairs faisaient naître un risque sérieux pour la sécurité de tout le monde (compte tenu de la hauteur des tribunes et de toit qui les protège – mais ne protège pas la pelouse – il était très peu probable que quelqu’un à l’intérieur du stade se fasse foudroyer, la foudre s’abat en principe sur les points hauts et j’imagine mal qu’il n’y ait aucun paratonnerre sur ce genre de bâtiments).

On arrête le match…

Et là… l’attente. Grand spectacle dans les tribunes, la plupart des spectateurs sont partis, les autres se sont amusés, c’était la fête au village, il y a eu des nageurs, des danseurs, certains ont fait le petit train, on si vous préférez la queue leu-leu… La pluie a fini par se calmer, les éclairs ont arrêté d’illuminer le ciel au-dessus du stade, et finalement, après avoir aidé la pelouse à se drainer à grands coups de fourches puis avec une machine.

Sur M6, on a raté la reprise à cause d’un écran pub lancée trop tard… Il n’y a pas eu de nouvel échauffement. On aurait pu manquer l’ouverture du score, Benzema a en effet mis Pyatov à contribution très rapidement en enroulant une frappe depuis l’angle de la surface après avoir éliminé 2 défenseurs en gagnant ses duels (6e).

La volonté très claire des 2 équipes de se projeter en contre à grande vitesse dès la récupération du ballon annonçait une rencontre très mouvementée, autrement dit un spectacle d’une qualité bien supérieure à France-Angleterre. Ça s’est confirmé, notamment grâce à un Ménez très tranchant, une de ses accélération a permis de créer un bon décalage, malheureusement Benzema s’est emmêlé les pinceaux au bout de l’action (9e)… du moins c’est ce qu’on a cru. On a vu un peu plus tard au ralenti que le tacle du défenseur ukrainien était sur sa cheville et non sur le ballon, il aurait donc dû y avoir penalty

Il y avait péno sur Benzema.

Mathieu Debuchy a cadré une frappe lointaine sur le corner consécutif à cette occasion (10e). Pas très dangereuse cette frappe, mais elle était révélatrice de l’état d’esprit de Bleus libérés, décidés à profiter de chaque opportunité.

D’autres signes positifs se sont accumulés, je pense notamment à une petite frayeur pour la défense ukrainienne sur une passe en retrait, Nasri était venu presser Pyatov, montrant d’une grande volonté des Bleus d’aller de l’avant et de se montrer agressifs. De l’envie ! Enfin de l’envie ! De l’agressivité et de l’envie, ils en ont été parfois trop mis, d’où des fautes qui plus tard dans la rencontre auraient sans doute été sanctionnées de cartons jaunes (et oui, plus tard le même genre de faute a été synonyme d’avertissements).

Les Bleus ont beaucoup cherché à combiner, à entrer dans la surface, ne ménageaient pas leurs effort à la récupération, le ballon circulait bien, les milieux n’abusaient pas des touches de balles. Etonnant ! A force de travailler la défense ukrainienne ils ont pu se procurer quelques opportunités, un très bon centre de Gaël Clichy n’a pu être bien boxé de la tête par Benzema, le ballon lui est arrivé un peu trop sur le dessus du crâne (15e).

Si lors des 20 premières minutes Benzema a été signalé 2 fois HJ, le but de Ménez à la 17e a été justement refusé, l’action collective était bonne mais la défense est bien remontée. Ménez a eu d’autres opportunités, d’abord une demi-occasion offerte par un centre en retrait de Ribéry réalisé par ce dernier après avoir piqué le ballon dans les pieds d’un Ukrainien côté gauche, le Parisien a récupéré le ballon dos au but, se retournant en évitant un tacle, il a enchaîné une frappe au-dessus provoquant l’ire de Jean-Michel Larqué (26e). Le consultant d’M6 lui a vivement reproché de ne pas avoir cadré et d’avoir gâché une grosse occasion. Il suffit de revoir les images pour le comprendre, s’il y a un reproche à lui faire, c’est de ne pas avoir décalé Benzema à sa droite. En effet, pour cadrer – et marquer – avec entre soi et le ballon pas moins de 5 mecs plus le gardien, il faut s’appeler Mark Landers. A côté de lui Benzema aurait eu 2 joueurs de moins devant lui. 3 minutes plus tard, Ménez a eu une véritable occasion, une énorme, c’est la seule pour laquelle on aurait pu l’accuser d’avoir mangé la feuille si la situation avait mal tourné. Au départ, une passe en retrait foireuse d’un Ukrainien, Ribéry s’est arraché pour aller récupérer le ballon sur la gauche de la surface en devançant Taras Mikhalik en vitesse pure. Son centre en bout de course a légèrement été détourné, c’est pourquoi il n’a pu être intercepté ou repris par personne, y compris par Benzema qui était démarqué dans l’axe. Arrivé lancé au second poteau à hauteur du point de péno, Ménez a frappé du plat du pied mais en force, au sol… en plein sur Pyatov (29e). Pour le coup le Parisien pouvait vraiment mieux faire.

L’activité de Ribéry, souvent collé à la ligne, et les décrochages de Benzema compensées par les appels de Ménez ont fait pencher le jeu à gauche, on a beaucoup plus vu Clichy que Debuchy bien que les latéraux aient parfois été oubliés (je pense notamment à un mauvais choix de l’attaquant du Real à la 28e, il a voulu repiquer dans l’axe pour frapper de loin, un tir cadré mais mou, au lieu de décaler Clichy tout seul à gauche). Oleg Gusev s’est souvent fait enrhumer par le joueur du Bayern.

Malgré du déchet, l’attitude des 3 Français de devant – 4 si on compte Nasri – a été très bonne, en revanche ceux de derrière n’ont pas été très rassurant, ils ont n’ont pas joué assez simples, préférant tenter des gestes inutiles et dangereux ! Adil Rami a fait une passe latérale mal ajustée à Mexès qu’un attaquant a failli intercepter (28e), moins d’une minute plus tard Clichy a lui fait une passe en retrait à Lloris en étant pressé (29e), dans les 2 cas la catastrophe était proche.

Diarra et les défenseurs ont compensé leurs prises de risques déraisonnées par pas mal de bons jaillissements et de bonnes interceptions. Globalement les Ukrainiens ont beaucoup peiné à s’approcher de la surface adverse, y compris quand les débats se sont rééquilibrés en milieu de première période. Leurs meilleure opportunité a longtemps été une frappe d’Andreï Yarmolenko. Ce dernier a eu la bonne idée de multiplier les grigris devant Clichy pour finalement tirer à côté depuis l’entrée de la surface en oubliant un coéquipier qui lui offrait une super solution de dédoublement (24e). On a senti pas mal d’impuissance, notamment avec une frappe bidon de Yevhen Konoplyanka vers la demi-heure de jeu (ce mec a martyrisé l’EdF espoirs il y a quelques mois).

L’Ukraine a pourtant eu une très grosse opportunité d’ouvrir le score par la faute d’un Mexès très mal aligné et d’un Rami lâchant le marquage. La défense centrale française a laissé Shevchenko partir dans la profondeur pour se présenter seul face à Lloris. La puissante volée de l’ancien lauréat du Ballon d’or été repoussée par le capitaine des Bleus (34e)…

La fébrilité défensive de l’EdF a encore été mise en lumière un peu plus tard quand sur un dégagement de Pyatov, Clichy s’est fait dessus et a concédé un corner (37e)… Sur le corner, Benzema a raté son dégagement… Dans la foulée, nouveau corner… Cette fois les Bleus ont récupéré le ballon et sont partis en contre. Encore une fois, Gusev a commis une grosse faute sur Ribéry, offrant aux Bleus un CF côté gauche très intéressant. L’Ukraine était au moins aussi peu rassurante derrière que la France. Extrêmement bien tiré par Nasri, le CF a permis à Mexès de mettre un violent coup de tête dans le ballon au second poteau où il s’était extrait du marquage, il a fallu un exploit de Pyatov pour sortir le ballon de sa lucarne. Sur le corner, Diarra a mis la tête, cette fois un défenseur a repoussé quelques mètres devant la ligne de but (le ballon ne semblait pas se diriger dans le cadre). Difficile de comprendre comment le score pouvait encore être vierge avec de telles opportunités de le déflorer !

Sur le contre – car ça allait d’un camp à l’autre sans temps mort – M. Kuipers a sanctionné Ménez d’un carton jaune injuste, ce dernier ayant eu le tort de commettre une petite faute sur Shevchenko à 70 mètres du but français (40e). S’il le méritait, pourquoi Gusev n’en a pas pris un juste avant ? Cette décision était incohérente, l’arbitre avait bien conscience d’avoir cédé à la pression du public, c’est pourquoi quand Ménez a voulu attaquer le ballon – trop d’envie, pas assez de maîtrise – et a mis une grosse semelle à Tymoschuk dans le rond central, faute qui méritait un carton, il ne l’a pas exclu, se gardant de lui infliger un second jaune (46e). Il s’agit à peu près de la dernière frayeur connue par les Bleus lors de cette rencontre, la pénultième pour être exact.

On peut se demander comment l’EdF a fait pour ne pas mener à la mi-temps, elle a bien joué au foot, s’est procurée les meilleures occasions, de nombreuses occasions, d’énoooooormes occasions… Mais elle n’a pas marqué. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. On a constaté beaucoup plus de présence dans la surface, beaucoup de recherche de décalages avant d’envoyer le ballon dans une zone dangereuse, parfois trop. En effet, les Bleus ont eu tendance à trop tergiverser. Pyatov et/ou un manque d’efficacité devant le but sont les principaux responsables du 0-0 à la mi-temps. Benzema a encore trop eu tendance à partir côté gauche au lieu de rester en position d’avant-centre, il a eu tendance à se compliquer la vie. Ribéry s’est montré très en jambes, Ménez aussi. Si ce dernier a alterné le bon et le moins bon, il a eu le mérite d’apporter du mouvement et de la profondeur. Etrangement, on a plus vu Clichy que Debuchy au niveau offensif. En résumé, l’équipe de France de cette première période a été celle des matchs de préparations, à savoir une équipe coupée en 2, très fébrile et prompte à commettre des erreurs derrière, très inspirée et remuante devant.

En jouant un peu plus simplement derrière, les probabilités que la France l’emporte étaient grandes, à moins que l’entrée à la mi-temps de Marko Devic (à la place d’Andreï Voronin) ne modifie profondément la physionomie du match. Ça n’a pas vraiment été le cas, du moins pas de façon favorable aux locaux, tant s’en faut. Autre changement à la mi-temps, quelques paires de pompes…

Ribéry a commencé la seconde période en s’offrant un numéro côté droit, les Français ont alors débuté un gros temps fort marqué par plusieurs pénétrations dans la surface. Les Ukrainiens ont beaucoup souffert, il a encore été nécessaire à Pyatov d’intervenir quand, très bien lancé par Benzema, Ménez a une nouvelle fois frappé au but. L’appel croisé vers la gauche était bon, l’élimination du défenseur aussi, il s’est retrouvé en position assez excentré, la frappe était bonne, dire que Ménez a mal joué le coup serait un mensonge, seulement Pyatov a été encore meilleur sur cette action, Larqué l’a d’ailleurs reconnu (48e). A vrai dire, le gardien ne faisait que repousser l’échéance, on en était de plus en plus convaincu.

Quelques poignées de secondes plus tard, Schevchenko s’est amusé avec Rami en le faisant reculer jusqu’à le fixer pour frapper des 20 mètres. Le ballon est parti vite mais n’a pu que frôler la lucarne. Il s’agit de la dernière frayeur subie par l’EdF lors de cette rencontre. Si par la suite les Ukrainiens ont encore tenté d’attaquer ou de contre-attaquer – ça a un peu continué à aller d’un camp à l’autre – ils n’ont pas plus du tout réussi à inquiéter les Français. Apparemment il ne pleuvait plus, pourtant les joueurs d’Oleg Blokhine ont pris l’eau, perdant la plupart des duels, à l’image de Sheva face à Rami côté gauche de la surface (51e). OK, il a un peu été poussé du bras. Par la suite les locaux ont parfois tenté d’enflammer leur public sur quelques actions, une s’est terminé par une grosse frappe… détournée par un coéquipier HJ (65e), une percée de Devic a été conclue par un tir tout moisi (71e) et un très bon CF ds l’axe à 20m a été gâché (82e). Clairement, dès l’ouverture du score, ils n’y croyaient plus.

Les 40 dernières minutes ont été un véritable calvaire pour le pays organisateur. Si quelqu’un croyait encore à un succès de l’Ukraine, il a été refroidi puis surgelé par les 2 buts intervenus en 3 minutes (53e et 56e). Tout d’abord, Jérémy Ménez a marqué en contre-attaque, puis Yohan Cabaye l’a imité en attaque placée.

L’attaquant du PSG a conclu une action débutée par une récupération très basse dans le camp français suivie d’une remontée très rapide du ballon, essentiellement par Ribéry, puis Benzema servi dans l’axe a décalé Ménez sur sa droite à l’entrée de la surface, ce dernier aurait pu choisir de tenter un centre instantané pour Ribéry, il a préféré le crochet intérieur pour se mettre sur son pied gauche et viser le premier poteau. Cette fois il a été en réussite dans la mesure où le ballon est passé entre les jambes du défenseur, on peut aussi lui reconnaître une grande qualité, son imprévisibilité. Comment le gardien aurait-il pu se douter de ce qu’il allait faire ? Qui peut honnêtement se targuer d’avoir vu venir le crochet pour se mettre sur son pied faible et frapper à cet endroit ? Mine de rien, il a marqué lors de ses 2 dernières sélections… Et cette fois il a fêté son but, pas comme contre l’Estonie.

Offensivement, la différence entre les 2 premières rencontres des Bleus lors de cette Euro a été énorme, l’animation a été totalement différente, le jour après la nuit. La complémentarité entre Ménez et Benzema s’est avérée évidente, il y a eu beaucoup de permutations, quand le second décroche, le premier est capable de passer en pointe, ce que ne pouvait faire Nasri face à l’Angleterre. Plus fort encore, on a parfois vu des échanges de postes et de rôles plus improbables. Une de ces inversions a donné naissance au second but : Cabaye est monté en pointe pendant que Benzema décrochait en position assez basse, l’attaquant du Royal Madrid a adressé une super passe tranchante dans l’axe au milieu de Nouveau Château, lequel a parfaitement su contrôler le ballon en résistant à un défenseur puis croiser sa frappe. Un but digne d’un spécialiste du poste.

En face on commençait déjà à craquer Yevhen Selin a pris un jaune pour un doublé tacle en retard et coup de pied sur Rami (55e), chaque récupération et accélération des Bleus a fait souffrir les Canaris de l’est. Les appels en profondeurs ont martyrisé la défense ukrainienne, tout comme le pressing très haut. Sur certaines phases de jeu les pauvres ont été privés de la gonfle pendant une éternité. Une action est particulièrement marquante : environ 750 passes aux milieux, et après 296 tergiversations, un missile de Cabaye de l’extérieur du droit… sur le poteau (65e). On aurait dit l’Espagne !

Séquence espagnole puis séquence française.

Il semble que Cabaye, auteur d’un prestation de très haut niveau, notamment dans l’intelligence de jeu, ait été victime d’une petite blessure soit sur cette frappe, soit dans la foulée sur la contre-attaque (Rami s’est jeté, le commentaire de Larqué… «NE TE JETTE PAS !! NE TE JETTE PAAAS !!!... Mais faut pas qu’il se jette là à 80 mètres de son but !»). Il a été remplacé par M’Vila (68e). Forcément, les joueurs ont ensuite beaucoup moins bien joué. Blokhine aussi a effectué des changements, Sergueï Nazarenko a cédé sa place à Artem Milevskiy (60e) et Yarmolenko à Oleksandr Aliyev (68e). Pour finir Marvin Martin a été substitué à Ménez (73e) et Olivier Giroud à Benzema (75e). La star de l’équipe de France est sortie frustrée malgré ses 2 passes décisives. Il a fourni un gros travail défensif, s’est souvent éloigné de la surface et a trop souvent tiré de loin. A moins d’une erreur du gardien, il faut viser très près des montants ou mettre de méchantes mines pour marquer ainsi… à moins bien sûr d’une hypothétique erreur du gardien.

En fin de match on a beaucoup cherché Giroud, jamais avec succès, les centres de Nasri ont un peu manqué de précision (dont un après 528 touches de balles pour finalement déborder côté droit). Il y a eu quelques frappes manquées et 2 CF intéressants, Ribéry en a tiré un au-dessus de la barre, Nasri a envoyé le sien – consécutif à un attentat de Tymoschuk sur Martin à l’angle de la surface – dans la première lucarne, Pyatov est encore intervenu (87e).

A la fin du match, le public a copieusement sifflé son équipe.

Résumé d’Ukraine-France. Mot de passe = Euro2012

On a vu beaucoup de bonnes choses de la part de l’équipe de France, il faut le reconnaître. Certaines choses restent à améliorer, et vite, car on ne comprend pas tout. En outre certains points négatifs viennent ternir cette prestation.
-Pourquoi corners à la con – ou corners à l’espagnole – si vous avez des mecs comme Diarra, Mexès et Rami pour mettre la tête ? Ça n’a aucun sens.
-3 Bleus ont été avertis, Ménez, Debuchy et Mexès, concernant ce dernier il s’agissait en plus d’une grosse faute juste devant sa surface commise à 2-0 et à 10 minutes de la fin (3 minutes après le carton de Debuchy), ça peut être très handicapant pour la suite car un jaune lors d’un des 2 prochains matchs sera synonyme de suspension.
-Il y a un énorme problème de simplicité derrière, allons même jusqu’à parler de problème de bulbe ! Rami s’est encore permis de tenter des gestes interdits, il a régulièrement fait n’importe quoi, Mexès a aussi commis des erreurs mais moins, de même que Clichy (par rapport à Evra, il n’y a pas eu photo, c’est le jour et la nuit).

J’ai fait un petit montage de quelques exemples des risques inconsidérés pris par les défenseurs Bleus.

Fébrilité défensive.

Larqué a été assez saoulant à tout le temps s’en prendre à Ménez. Quand les 3 de devant commençaient à accuser le coup physiquement – on rappelle que depuis la 37e journée de L1 le Parisien n’avait joué qu’un vrai match – et ne revenaient plus systématiquement en défense, il a été le seul à se faire rabrouer à l’antenne. Les 3 mecs sur la même ligne, il n’en voyait qu’un !

Ménez a raté des occasions, ou plutôt il a gâché UNE occasion, mais il a eu ses occasions grâce à ses déplacements et à sa disponibilité, il a aussi aidé à libérer ses coéquipiers. Il est clairement indispensables pour ces Bleus dans la configuration actuelle[1], n’en déplaise à certains. L’animation offensive avec ou sans lui est totalement différente, personne d’autre n’a son profil.

Le match de Ménez.

Les Bleus étaient à 3V, 3N et 0D contre l’Ukraine, ils restaient sur un succès il y a 1 an dans ce stade contre ce pays, leur victoire est normale. Du moins, le résultat est normal, la manière l’est moins. On a vu un des matchs les mieux maîtrisés de tout l’Euro pour le moment tous groupes confondus.

Etant observateur assez neutre car supporter d’aucune équipe durant cet Euro – j’avoue souhaiter à certains de se planter pour diverses raisons – je me dois de reconnaître que cette équipe… 1. A joué en équipe la plupart du temps.
2. Ribéry – que je n’aime toujours pas et n’aimerai jamais, ne serait-ce que pour le mal qu’il fait à la langue française – a été le 2e meilleur joueur du match après Cabaye et devant Ménez, il a effectué un très gros travail de récupération et de harcèlement en plus de bien se projeter vers l’avant pour déstabiliser la défense adverse.
3. Tactiquement les joueurs ont rendu une assez belle copie, le replacement des milieux et des attaquants a globalement été bon, le bloc équipe était bien organisé, les mecs étaient volontaires, ont souvent fait l’effort pour offrir des solutions au porteur du ballon…
En bref, contre une équipe au maillot or, les Bleus ont redoré leur blason.

Depuis quand n’avais-je pas pris du plaisir en regardant un match des Bleus ? Un certain temps ! Très longtemps ! En plus les 2 premiers buts ont été marqués par des joueurs que j’aime bien, ils ne sont pas si nombreux dans cette liste des 23…

Ça aide de faire le ménage… Evra et Malouda en moins, ça ne faisait que 3 titulaires du périple en Afrique du Sud, l’état d’esprit était bien meilleur. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Maintenant, attendons de voir si Blanc confirme ses choix, s’il a réellement compris certaines choses, s’il est capable de faire passer à certains le message qu’ils ont besoin d’entendre, par exemple de dire à Nasri de moins porter le ballon (ses CPA ont été bien tirés, dans le jeu collectif il est très perfectible). La lumière est venue de Laurent Blanc, espérons qu’elle ne s’éteigne pas…

SUEDE-ANGLETERRE, le match à 50 centimes.
Et oui, à Kiev s’est joué le 16e des 31 matchs de l’Euro 2012, à la mi-temps on a donc atteint la moitié de l’Euro, or la moitié d’un euro… c’est 50 centimes.

Après ce jeu de mots foireux, intéressons-nous à ce match disputé dans un stade beaucoup plus jaune que blanc. La Suède a toujours un gros public, ce public n’a pas vraiment été déçu par la manière, il l’a été par le résultat. L’Angleterre a été plus en réussite.

Roy Hodgson a effectué un seul changement de joueur qui s’est accompagné d’un changement tactique, cette fois les Rosbifs ont joué en 4-4-2 avec une association Andy Carroll-Danny Welbeck en pointe. Le sélectionneur suédois a modifié 3 éléments de son onze de départ, la principale différence avec le match perdu contre l’Ukraine étant la titularisation de Johan Elmander.

La première période – dont le début a été retardé d’un quart d’heure pour que les télés aient fini de diffuser Ukraine-France avant de passer à l’autre rencontre – a été de qualité très moyenne, assez engagée, on n’a pas fait semblant au niveau de l’engagement physique, mais il n’y a pas eu énormément d’occasions franches et de beaucoup mouvements. L’Angleterre a globalement dominé le début de la rencontre bien que défendant assez bas face à des Scandinaves décidés à presser haut, Andreas Isaksson a été une première fois mis à contribution par une frappe de bourrin de Scott Parker (7e), Welbeck a trop décroisé sa tête sur un centre côté droit (15e). La Suède a eu trop tendance à envoyer Zlatan Ibrahimovic au charbon sans soutien, il a été l’auteur d’une remise pour le tir cadré d’Elmander à 25m (11e) et bonne frappe lointaine bloquée par Joe Hart en se couchant (20e), ça restait assez fermé, dense au milieu, on avait un peu tendance à s’ennuyer…

Dans ce genre de rencontres, il faut un but pour débrider tout le monde, on ne l’a pas attendu trop longtemps, il est survenu en plein milieu de la première période sur un centre en profondeur (ou une ouverture) de Steven Gerrard adressé à Carroll dont le coup de tête puissant et bien orienté a fait mouche (23e). Il s’agit d’un très beau but de la tête non seulement en raison du coup de boule lui-même mais aussi parce que l’appel en partant dans le dos de la défense et la détente – plus le timing du saut – ont été parfaits.

La Suède, éliminée en cas de défaite, semblait prise au piège. On pouvait en effet s’attendre à voir l’Angleterre tout fermer au milieu et derrière pour préserver son avantage au score. Se montrant nettement plus pressants, Zlatan et ses coéquipiers ont eu du mal à percer les 2 lignes de 4 Rosbifs, quand ils l’ont fait en passant sur les côtés, il était difficile de trouver quelqu’un dans la surface, le reste du temps ils ont dû tirer depuis l’extérieur de la surface, le buteur du Milan AC a cadré (frappe un peu détournée par Parker captée par Hart, 33e), Kim Källström n’y est pas parvenu (37e). Les tentatives de combinaisons dans les 16 mètres n’ont pas donné grand-chose.

La première période aurait pu encore plus mal se terminer pour les Suédois car Ibra s’est légèrement blessé à la cheville (34e) et Ashley Young a gâché l’occasion du 2-0 quand, bien lancé en profondeur sur la gauche, il a tergiversé et fait le mauvais choix et cherchant à tirer au pied du premier poteau (36e). C’était très mal joué. Malgré ce raté on peut parler d’efficacité anglaise face à une équipe ayant eu du mal à digérer physiquement et mentalement sa défaite contre l’Ukraine.

Fort heureusement, le spectacle a été d’un autre niveau après la mi-temps. On le doit en grande partie à un BALC encaissé par les Anglais à la 50e minute. Au départ, un CF concédé par Carroll en commettant une grosse faute méchante sur Källström (M. Skomina, l’arbitre slovène, n’a étrangement pas sorti son carton jaune). Ibra a voulu le tenter – c’était plutôt pour le joueur de l’OL (à moins qu’ils n’ait été soigné sur le bord du terrain, j’avoue ne pas avoir fait attention à ce détail – mais a envoyé le ballon dans la mur, le ballon lui est revenu, il a alors essayé une sorte de volée en ciseau à la Luis Fernandez mais dans une version assez pourrie puisque dans le paquet. Par chance, ce "tir" a été détourné, Olof Mellberg a récupéré la gonfle dans la surface et a enchaîné avec un contrôle puis une frappe bidon. Glen Johnson, qui couvrait déjà tout le monde avec un placement tout pourri, a raté son sauvetage sur la ligne (50e). On peut parler de BALC. Si jamais l’UEFA osait ne pas attribuer le but à Mellberg en préférant parler de csc de Johnson, il s’agirait d’une nouvelle preuve de l’incohérence de cette institution.

Cette égalisation était totalement méritée tant la Suède poussait et l’Angleterre se complaisait dans sa situation d’équipe dominée. D’ailleurs les Scandinaves ont continué sur leur lancée, pour éviter un autre but suédois il a fallu un super retour défensif de Johnson – il ne peut pas que se louper lamentablement – pour tacler devant Rasmus Elm qu’avait superbement cherché Källström d’une ouverture en profondeur au sol (56e). Dans la foulée les attaquants blonds ont manqué de promptitude à la retombée d’un bon centre, il aurait toutefois pu s’agir d’un avertissement pour des Anglais pas réveillés par l’égalisation.

Ce qui devait arriver s’est produit, un CF côté gauche assez éloigné concédé par James Milner pour un tacle par derrière sans jouer le ballon (jaune) a été très bien tiré par Sebastian Larsson, Mellberg était seul au second poteau, sa tête piquée croisée à 6 mètres a trompé Hart – qui devait sortir – et laissé tous les défenseurs spectateurs (59e). Le déplacement du stoppeur suédois pour contourner les Anglais et se retrouver seul derrière un coéquipier servant d’écran est remarquable. Réussir un doublé n’est pas chose courante pour un défenseur central, il s’agissait peut-être même de son premier.

Cette fois, il y a eu réaction… mais d’abord d’Hodgson, il a remplacé Milner par Theo Walcott à l’heure de jeu. Un coaching gagnant. Si Zlatan a encore mis le feu dans la défense (62e), il n’a pu faire le break. Quelques instants plus tard, jaune pour Mellberg, CF pour l’Angleterre, tête à bout portant de John Terry absolument seul à l’entrée de la surface de but, parade hallucinante d’Isaksson, corner. Le coup de pied de coin est exécuté, le ballon est repoussé dans l’axe, Walcott le récupère à environ 22m du but, contrôle et frappe… Surpris, sans doute car il n’a pu voir le départ du ballon mais aussi en raison de la trajectoire du la gonfle (un tir pas très puissant, un peu flottant, il y a eu survol de la masse de défenseurs rassemblés dans l’axe et retombée sous la barre), Isaksson a été pris à contrepied. Walcott lui-même était tout surpris d’avoir égalisé sur cette tentative assez anodine (64e).

Le sélectionneur suédois a réagi à son tour (Granqvist remplacé par Lustig, 65e), il n’a pas connu la même réussite que son homologue. La rencontre est devenue très vivante, les attaques se succédaient d’un camp à l’autre, Carroll a tiré de loin un peu au-dessus (70e), Zlatan nous a fait quelques numéros – ce mec est vraiment à part, il est capable de s’arrêter pendant 10 secondes avec le ballon devant lui pour fixer le défenseur avant de tenter d’accélérer, en plus il se bat comme un clébard quand il perd le ballon – et a tenté une super frappe de loin repoussée par Hart en plongeant (76e), juste avant Källström avait dû reprendre du pied droit, son pied nul, un centre en retrait de Martin Olsson qui venait de déborder en mettant 2 adversaires dans le vent (75e).

C’est alors qu’une contre-attaque anglaise a refroidi la Suède… Quel incroyable 3e but ! Walcott a enrhumé 2 joueurs dans le vent en perçant côté droit, il a centré fort devant le but, mais derrière Welbeck. Le jeune attaquant de Manchester United a essayé d’attraper le ballon comme il a pu… et dos au but l’a rabattu dans le but d’une reprise du talon en déséquilibre, un but totalement improbable (78e). On ne saura jamais s’il a fait exprès ou non, j’ai du mal à croire qu’il ait réellement cherché à faire ça.

Rosenberg et Wilhelmsson ont été lancés à 10 minutes de la fin aux places d’Elmander et Elm pour tenter d’égaliser une nouvelle fois, sans effet. Si la Suède a poussé autant qu’elle a pu, on a plus flirté avec le 4-2 qu’avec le 3-3, une énorme opportunité de contre a été croquée par les Rosbifs (82e) et Isaksson a repoussé de la poitrine une volée de Gerrard servi par Walcott au terme d’une super remontée de tout-droit conclue intelligemment par un petit centre pour le milieu de Liverpool (93e). C’était du 3 contre 1 (le 3e devait être Oxlade-Chamberlain, tout juste entré en jeu à la place de Welbeck). Pour l’anecdote Svendsen a pris un jaune à la 90e. Anecdote car il ne sera pas suspendu contre la France et l’Euro s’arrêtera pour lui avant d’avoir pu être suspendu. La Suède est la 2e nation éliminée après l’Irlande.

Résumé de Suède-Angleterre.

Que dire de cette rencontre ? Sans Rooney – de retour de suspension au prochain match – les Anglais ont réussi à gagner en marquant 3 buts avec un max de réussite… Walcott a réalisé une entrée remarquable. Les Suédois méritaient mieux et seront dangereux pour l’EdF si elle ne prend pas ce match très au sérieux. Zlatan n’a pas marqué, il a perdu, pourtant il a encore été au-dessus du lot.

PERSPECTIVES.
Le Suède est éliminée. Si la France ne perd pas contre elle par au moins 2 buts d’écart, elle est sûre de se qualifier pour les quarts de finale. Le scénario de la victoire anglaise est moins bon pour les Bleus dans l’optique de la quête de la première place du groupe. Tout nul suffira à assurer à la France la 2e place (et même la 1ère en cas de nul dans l’autre match). Il faudra gagner par le même écart que l’Angleterre, ou en marquant plus de but que l’Angleterre si elle l’emporte avec un écart supérieur d’un but, ou gagner tout court si l’Ukraine l’emporte afin de prendre la première place du groupe et en principe éviter l’Espagne (ça reste à confirmer). En résumé, l’équipe de France est quasiment la première équipe qualifiée, mais seulement quasiment, c’est pourquoi à la place de Blanc je ne changerais pas mon équipe, tant pis pour les risques de suspension de Debuchy, Mexès et Ménez, je me contenterais de les alerter sur la nécessité d’éviter les fautes stupides. Casser la dynamique serait stupide.

Plus que 15 matchs.

Notes

[1] Par configuration, comprenez liste des 23 car dans un autre système avec des centreurs et un grand devant ou dans un 4-4-2 il ne le serait pas forcément.