Jérôme Clavier, repêché miraculeusement à 5m30, a loupé 2 fois à 5m40, le 2e essai était presque réussi, il était nettement au-dessus. Il a fini par passer, c’était juste, le point haut de son saut était beaucoup plus loin que la barre. Son niveau et le manque de confiance dont il souffre l’empêchent de débuter plus haut, contrairement à Renaud Lavillenie. Ce dernier peut se permettre de débuter à 5m60… mais a touché la barre en retombant, un problème de déplacement horizontal. Premier échec. Il est passé à l’essai suivant en touchant encore la barre en retombant alors que son point haut était à au moins 5m85. Le saut manqué pouvait peser lourd par la suite.

Clavier n’a pas engagé son premier saut à 5m60, sans doute pour des problèmes de vent, il a complètement avorté l’essai suivant. Il n’a pas plus attaqué la barre lors de la tentative de la dernière chance et a fini 10e. A cette barre on a perdu la moitié des concurrents.

Renaud a décidé de faire l’impasse à 5m66… et à 5m72 ! Pendant ce temps les Allemands passaient tout au premier essai. Il y a eu une grosse bataille tactique, le Français était un peu piégé, il devait frapper un grand coup pour reprendre l’ascendant psychologique… alors il a réagi en mettant une valise à 5m77 au premier essai. Il a ainsi pu renverser la pression. L’Allemand Raphael Holzdeppe a tout de suite repris la tête en passant la même barre, mais très difficilement, la barre a rebondit sur ses taquets. Malte Mohr a lui loupé son premier essai, il a alors perdu son avantage sur Renaud, imité par Björn Otto, le 3e Allemand, qui n’a même pas engagé. Mohr s’est refait une santé en franchissant la barre (en touchant) au 2e essai. Otto a suivi le mouvement au dernier essai, de belle façon cette fois.

Ils étaient 4 à rester en lice, Renaud et les 3 Allemands. Le Français passait le premier à 5m82 comme à chaque nouvelle hauteur, il a refait la même erreur en retombant sur la barre alors qu’il était bien au-dessus. Holzdeppe, en tête, n’avait encore jamais sauté si haut, il n’a pas engagé son premier saut. Mohr n’a pas fait mieux, Otto pouvait donc en profiter pour prendre la tête, lui qui occupait la 4e place. Il a manqué son coup d’un rien. Renaud avait la main… cette fois il a fait tomber la barre en montant. Verdict, une perche trop souple. Au tour d’Holzdeppe… loupé. Il restait néanmoins en tête. Mohr, 3e provisoire, pouvait à son tour saisir sa chance de devenir leader, il a attendu très longtemps avant de s’élancer mais n’a pas pu sauter, sans doute gêné par le vent. Otto aussi a dû attendre que le vent le lui permette… mais lui non plus n’a pu sauter en étant parti à la dernière seconde.

Dernière chance pour Renaud… Et il l’a fait ! Il a des cojones ! Au passage la barre a été très légèrement touchée ! Les Allemands étaient désormais obligés de passer, Holzdeppe n’a pu battre son record, l’équipe de France avait assuré sa 10e médaille. Restait à en connaître le métal. Mohr et Otto allaient devoir franchir la barre supérieure mais seulement après avoir franchi 5m82 pour avoir 3 chances de passer 87, faire l’impasse et tout tenter sur un saut n’était pas pertinent. Le premier a gâché en attendant encore des plombes avant de s’élancer, il n’a pas sauté et a juste pu crier quelques mots grossiers dans 2 langues… Il a totalement craqué nerveusement. Otto n’a pas commis l’erreur d’attendre jusqu’à la fin du chrono… et est passé, confirmant l’impression de son 3e saut à 5m77, celle d’un perchiste ayant de la marge pour aller plus haut.

Plus que 2 pour le titre… Renaud avait un double avantage, celui du nombre d’essais manqués et celui de pouvoir mettre la pression sur son adversaire en réussissant avant lui à améliorer sa marque. Barre à 5m87… Renaud l’a tout de suite franchie, presque son plus beau saut du concours ! Otto devait maintenant faire mieux, au moins 5m92, son record en salle (il n’avait jamais franchi plus de 5m90 en plein air). Il a logiquement fait l’impasse à 5m87, c’était donc à nouveau au Français de sauter.

La MPM de Mohr était à 5m92… elle a été effacée dès le premier saut. Pour Otto, les carottes étaient cuites. Quel concours ! Il faut l’avouer, que la barre soit restée accrochée est un miracle, elle a été touchée par la moitié du corps de Renaud et s’est arrêtée de bouger tout au bord du précipice, ne tenant plus qu’à moitié sur ses taquets. Otto en a été réduit à tenter de battre son record, il avait abdiqué… croyait-on. Non seulement il est passé à 92, mais encore avec la manière, il a juste frôlé la barre. MPM égalée, record personnel battu.

Des concours qui se jouent à 5m97, on n’en voit plus beaucoup, c’est très haut… Renaud avait très probablement victoire acquis mais voulait que sa victoire soit indiscutable, qu’elle marque les esprits… ou alors peut-être avait-il juste pour objectif d’assurer le coup. A 5m97 il a encore touché mais est encore passé au premier essai ! De quoi dégoûter la concurrence. Otto a fait l’impasse à 5m97 pour tenter directement 6m02, il en riait.

Renaud a dû s’y coller en premier et tenté de battre son record de France en plein air (et record des championnats). Il a loupé le premier essai. Comme quoi il pouvait encore louper un saut. Otto a eu sa chance… Battre son record de 12cm à 34 ans ? C’est possible dans un concours de lancer, à la perche, ça semble assez improbable, du moins à ce niveau. L’Allemand ne s’est même pas élevé dans les airs. Le 2e essai de Renaud était plutôt bon, bien qu’il ait touché avec les genoux il semblait avoir la hauteur nécessaire. Otto n’a pas été ridicule mais il lui en a manqué sur sa 2e tentative. Aucun des 2 hommes n’a pu réussir un nouvel exploit au dernier saut.

4 titres européens, 1 titre et 2 médailles mondiales, le tout à 26 ans. En attendant de disputer ses premiers JO dans la peau d’un favori. S’il réussit son incroyable triplé (quadruplé si on compte la Diamond League, je veux savoir qui pourra lui disputer le titre de champion français de l’année ! Pour ne rien gâcher il a un comportement exemplaire de capitaine d’équipe. Quand Ladji Doucouré a été éliminé au 110m haies d’une façon super frustrante (on va en parler plus bas), qui est venu le consoler ? Lavillenie ! Comment a-t-il fêté son titre ? En allant se joindre au tour d’honneur des relayeurs médaillés juste avant ! C’est le taulier de l’équipe.

Ce concours du saut à la perche restera dans les mémoires.

Si ce concours extraordinaire a souri à la France, les autres n’ont pas été de franches réussites.

Le lancer du marteau d’abord. Stéphanie Falzon a manqué son premier essai, le suivant a été meilleur et lui a permis de se replacer dans un concours dominé d’entrée par la Polonaise Anita Wlodarczyk. Son 3e jet lui a assuré la place dans les 8 et les 3 essais supplémentaires, ce dont elle n’a pu profiter pour s’approcher du podium. Elle a pris la 6e place.

En finale du saut en longueur, Salim Sdiri a manqué son premier essai, le suivant n’a pas été mesuré, il devait faire au moins 7m90 pour être finaliste et obtenir 3 sauts supplémentaires, il n’y est pas parvenu. Kafétien Gomis aura d’énormes regrets, il a terminé 9e, non pas à 2 centièmes mais à 2 centimètres de la qualification pour le top 8. Le pire est que ses 7m88 au dernier essai ont été réalisés avec une planche dégueulasse, 20cm de marge. Elimination du 4e et du 2e de Barcelone. Arf. Sebastian Bayer, 8m34 en qualification, a sauvé sa peau après avoir mordu 2 fois. Il a finalement conservé son titre en réussissant la même perf. Le podium s’est joué à 8m17, un Cubain Espagnol a longtemps cru au titre.

Le lancer du disque avait lieu en même temps, Mélina Robert-Michon s’est placée grâce à son premier jet. Elle n’a malheureusement pas pu monter sur le podium, terminant 6e du concours grâce à son 5e jet. L’Allemande Nadine Müller a été battue par la Croate Sandra Perkovic (de retour de suspension pour dopage…).

Les premières courses de l’après-midi étaient les fausses demi-finales du 110m haies (3x2Q+2q). Ladji Doucouré était dans la première course, il a été fantastique… jusqu’à une faute sur le 9e obstacle qui a eu pour effet de le déséquilibrer. Il a essayé de finir du mieux possible mais a rétrogradé jusqu’à la 7e place. Il allait gagner cette course et se qualifier pour la finale sur sa piste fétiche, celle où il a été sacré 2 fois champion du monde il y a 7 ans. Après la ligne il était effondré, Renaud Lavillenie, qui attendait de débuter son concours de la perche, est venu le consoler. Cette course montre néanmoins qu’il a la forme nécessaire pour aller à Londres, le résultat est extrêmement frustrant, ça reste très encourageant.

La détresse de Ladji.

Samuel Coco-Viloin a pris le départ de la course suivante, une course gagnée largement par Sergey Shubenkov dans un temps impressionnant de 13"09 (-1,1m/s)… Record de Russie… Coco-Viloin est super bien revenu sur la fin pour accrocher la 3e place avec son meilleur chrono de la saison (13"50).

La demi-finale hyper rapide du Russe.

Garfield Darien était quant à lui engagé dans l’ultime course, il s’est baladé avec un super 13"15 (-0,3m/s), battant au passage son record personnel. Le plus impressionnant a surtout été la facilité déconcertante avec laquelle il a réussi cette perf en relâchant à la fin. Son départ n’a pas été fabuleux et à vrai dire a semblé tout le temps très relâché…

Garfield Darien répond au Russe en battant son record personnel.

Malheureusement Coco-Viloin a été victime des fameux 2 centièmes de seconde dont ont été victimes pas mal de Français lors de ces championnats, il a terminé premier non-repêché au temps… Arf.

Pour la finale du 4x100m féminin on avait annoncé Myriam Soumaré en dernière relayeuse à la place de Christine Arron. Mais finalement la championne du monde 2003 (en relais) a été alignée comme dernière relayeuse en raison d’une petite alerte physique dont a été victime la meilleure sprinteuse française du moment. Il n’y a donc eu qu’un changement par rapport aux demi-finales, Lina Jacques-Sébastien est entrée en 3e relayeuse après Carima Louami et Ayodelé Ikuesan. En principe la France ne pouvait espérer mieux que la médaille de bronze, l’Ukraine et l’Allemagne disposant d’individualités trop supérieures. Les Bleues étaient au couloir 3.

Le premier passage de relais a été complètement manqué, d’où un gros retard impossible à rattraper, Arron a fait ce qu’elle a pu… 5e. L’Allemagne a gagné devant les Pays-Bas et la Pologne. L’Ukraine n’a pas terminé la course. Il y a des regrets à avoir.

Pas de bol pour les concurrentes du 10000m féminin, elles ont eu droit à des conditions estivales. Une Portugaise est partie seule à plus de 3 bornes de l’arrivée, Dulce Félix, elle a gagné.

Le 4x100m masculin français, privé de Jimmy Vicaut, blessé en courant les séries, restait une grosse chance de médaille. Ronald Pognon a pris le départ, suivi de Christophe Lemaitre, Pierre-Alexis Pessonneaux et Emmanuel Biron pour conclure.

Pognon n’a pas été extraordinaire mais a bien fait le job, notamment en donnant très bien le bâton, Lemaitre a été très bon, son passage de témoin avec son pote de club a été excellent, Pessonneaux était en tête en sortant du virage… mais la dernière transmission a été mauvaise, Biron a dû ralentir, il est presque parti arrêté et n’a pu assurer que la médaille de bronze derrière les Pays-Bas – bien aidés par Churandy Martina – et l’Allemagne. Les Britanniques ont encore loupé leur coup. Mine de rien ça fait une médaille de plus au palmarès de Ronald Pognon, champion du monde sur cette piste en 2005.

Finale du 4x100m masculin.

Florian Carvalho en finale du 1500m… mais pas en direct sur France Télévisions. France 2 a préféré nous montrer Gérard Holtz et Laurent Jalabert en train d’interviewer Fabio Cancellara… Le Français a été très prudent, il est resté derrière, bien abrité, ça allait doucement, donc pas de problème. Il a commencé à se replacer en passant à l’extérieur dans une ligne droite pour être 3e à mi-course, a alors cherché à accélérer mais s’est fait enfermer en milieu de peloton. Par chance, la chute du héros local lui a ouvert un espace pour se replacer juste avant la cloche et se mettre en 2e position derrière un Letton qui menait, Carvalho a alors attaqué à l’entrée du dernier virage pour prendre la tête (derrière 2 autres concurrents ont chuté à cet endroit), il s’est arraché au sprint pour conserver la 2e place mais le Norvégien Henrik Ingebrigtsen, revenu de très loin, a réglé tout le monde. Pas de Baala, mais une médaille tout de même pour l’équipe de France, une belle médaille d’argent.

Finale du 1500m masculin.

La finale du 110m haies… On y a cru… Shubenkov a gagné en 13"16 (+0,5m/s), il est revenu sur Garfield Darien, une nouvelle fois vice-champion d’Europe comme à Barcelone et à Bercy (en salle). 13"20 pour le Français, c’est bien, mais il aura des regrets, il s’emble s’être un peu crispé après avoir fait une faute à la 8e. 13e médaille française…

Finale du 110m haies.

Au tour du relais 4x400m. L’équipe de France a fait entrer Marie Gayot, préservée lors des demi-finales, elle a pris le 3e relais. Muriel Hurtis n’était pas en état de courir. On pouvait espérer une médaille après la performance enthousiasmante de samedi avec un temps qui assure à ces filles une présence à Londres bien méritée.

Phara Anacharsis a de nouveau réussi une bonne course après un départ relativement prudent. Elle a pu donner le bâton quasiment à égalité avec l’Allemagne, Lénora Guion-Firmin, très jeune, a pourtant très bien couru, de façon très intelligente, elle a ainsi pu finir très fort, donnant le bâton en 2e position. Avec le trafic Marie Gayot a perdu du terrain, elle a même été doublée mais a aussi très bien couru en baladant une adversaire avant d’accélérer sur la fin pour retrouver sa position. Elle a donné 2e. On a cru Floria Gueï battue, elle disposait d’une belle avance mais a laissé 2 filles revenir puis la passer. En réalité c’est juste parce qu’elle gérait. Du coup, comme toutes ses coéquipières, elle a fini très fort pour prendre une magnifique médaille d’argent (loin de l’Ukraine). Le tout sans la plus expérimentée et la plus rapide des membres du collectif.

Finale du 4x400m féminin.

J’ai adoré cette course. Que d’intelligence et de maîtrise ! Génial ! Et dire que la plupart de ces filles manquent de métier… Les 3 dernières, celles qui ont été à la bagarre, ont entre 21 et 23 ans ! Pour le moment il s’agit de la 3e meilleure performance mondiale de l’année[1], mais les Russes et les Jamaïcaines sont en principe beaucoup plus fortes, elles n’ont pas encore eu l’occasion de le prouver en alignant une grosse équipe.

14e médaille, la 5e du jour, la 3e de suite en argent. On pouvait espérer une 15e breloque. A la place on a eu une mauvaise nouvelle.

Les hommes allaient-il pouvoir imiter les filles sur 4x400m ? Teddy Venel et Marc Macédot ont été rejoints par Toumany Coulibaly et par Yannick Fonsat, médaillé de bronze de l’épreuve individuelle, soit un gros renfort. La France a tiré le couloir 1, pas un cadeau, mais un bon souvenir pour Fonsat, qui y avait eu droit lors de sa première finale.

Venel est bien parti, tout comme l’Allemand, le Britannique en a mis en belle sur la fin pour passer en tête. Le premier passage de relais des Français n’a pas été très bon, Coulibaly a dû accélérer assez tôt pour se placer 5e, déjà loin de la Grande Bretagne. Macédot n’était que 6e quand il s’est lancé pour son tour de piste, il est revenu progressivement, seulement Fonsat a reçu le témoin très décalé sur l’extérieur, par conséquent l’équipe de France a dû faire plus de chemin et son dernier relayeur a été gêné par le trafic… Fonsat n’a pas pu revenir. La Belgique s’est imposée grâce à un Kévin Borlée au-dessus du lot. Les Britanniques ont devancé les Allemands, les Français ont pris une modeste 6e place, ils ont surtout raté leur chance de se qualifier pour les JO, il fallait réaliser un temps bien meilleur pour figurer parmi les 16 élus.

  • La bonne nouvelle venue d’ailleurs…

Et pendant ce temps… Kevin Mayer, qui a abandonné à Helsinki en début de championnats, a réussi un énoooorme décathlon à Bruxelles ! Il ira à Londres avec la 5e meilleure performance mondiale de l’année, 8416pts. A 20 ans, c’est pas mal, non ?

  • Bilan.

3 Français ont conservé leur titre acquis à Barcelone (+Diniz qui n’a pas perdu le sien, les 5 épreuves sur route n’étaient pas au programme), la France a fait presque aussi bien qu’il y a 2 ans malgré les absences de Tamgho, Baala, Tahri, Mang, Barras et Mbandjock, tous médaillés en Catalogne, plus Compaoré, El-Fassi et Djhone. Avec 14 médailles, elle n’est devancée par la Russie (2e au classement) que pour une breloque de bronze. L'athlétisme français nous a offert de belles promesse à un mois des JO.

Evaluation.
Homme des championnats : Lavillenie (auteur de la plus grosse perf des championnats avec Saladuha au triple saut féminin).
Tauliers : MMB, Lemaitre, Darien.
Confirmations : Lesueur, Nana Djimou, Vicaut.
Révélations : le relais 4x400m féminin, Bosse.
Coup de cœur : Mbango.
Mention pour Carvalho, Fonsat, Hanany.
Encouragements pour Durand, Clémenceau.

Les autres.
Je suis très perplexe concernant les Turcs et les Ukrainiens, ils nous sortent des monstres d’on ne sait où… Ça me rappelle la Grèce il y a quelques années… En 2 ans et malgré un nombre d’épreuves inférieur à Helsinki par rapport à Barcelone (42 contre 47), l’athlétisme ukrainien est passé de 6 à 17 médailles, certes en profitant des forfaits russes et britanniques, mais tout de même !

Et maintenant.
Ceux qui n’ont pas encore réussi les minima ont jusqu’à vendredi (avec le meeting au Stade de France) pour y parvenir. Ensuite il y aura Londres, Monaco… puis les JO.

Note

[1] En réalité la 6e mais 2 relais composés de Ricaines et 2 autres ne pouvant participer aux JO ont réalisé les 4 meilleures.