Fabian Cancellara a mis la flèche avant de monter sur le vélo afin de rejoindre sa femme sur le point d’accoucher. Que son épouse l’appelle avant les 2 grandes étapes des Alpes plutôt qu’après ne lui a sans doute pas déplu.

Le programme de cette étape courte était copieux. Très copieux : Col de la Madeleine (hors-catégorie), Col de la Croix de Fer (hors-catégorie) en passant par le Col du Glandon (non répertorié), le Col du Mollard (2e catégorie) et pour finir montée vers La Toussuire-Les Sybelles (1ère catégorie). Qui dit étape courte en haute montagne dit risques d’élimination mais aussi chances d’aller au bout pour une échappée avec des hommes forts. La moitié des membres du peloton veut s’échapper sur le plat (seulement 14 kilomètres après le départ), d’où un début d’étape hyper nerveux, d’énormes grappes partent devant, c’est n’importe quoi.

Un paquet imposant de coureurs s’est très rapidement détaché, du coup les coéquipiers du maillot jaune ont préféré rester calmes, sachant que les premières pentes du Col de la Madeleine allaient vite débuter et donc faire un premier écrémage au sein de ce qui méritait d’être nommé le premier peloton. Les RadioShack, en tête au classement par équipes, ont décidé de rouler.

En tête, ils étaient… 31 – et oui, 31 ! – dont 3 BMC, 2 Saxo Bank (les 2 Sørensen), 4 Astana, 2 AG2R, Thibaut Pinot (FDJ) me semble en avoir fait partie… Impossible d’en faire la liste. Heureusement, beaucoup ont explosé. Robert Kiserlovski (Astana) a essayé de repartir seul de l’échappée… Allez comprendre l’intérêt… Peut-être pour servir de relais un peu plus tard. Quelques coureurs ont appuyé sur les pédales pour le rejoindre. Rapidement, ils se sont retrouvés à 7 devant : Dan Martin (Garmin), Christophe Riblon (AG2R), Vinokourov (Astana), Chris Anker Sørensen (Saxo Bank), Kristian Koren (Liquigas) et Davide Malacarne (Europcar), plus bien sûr Kiserlovski.

Dans le peloton on n’a pas attendu avant de lancer l’offensive, Ivan Basso (Liquigas) a décidé de partir en vadrouille, sans aucun doute pour servir une stratégie d’équipe visant à poser des problèmes à la Sky. De nouvelles attaques ont mis le feu au peloton, celles d’Alejandro Valverde (Movistar) et de Michele Scarponi (Lampre), d’autres ont eu la même idée, Brice Feillu (Saur-Saujasun), Pierre Rolland emmené par Christophe Kern (Europcar)… Levi Leipheimer (Omega Pharma-Quick Step), Amaël Moinard (BMC)…

Ces nombreuses accélérations ont obligé les Sky à mettre leur train en route très tôt, Edvald Boasson Hagen a dû être très vite mis à contribution. Fatalement, ils sont nombreux à avoir craqué à cause de ce train d’enfer, Thomas Voeckler (Europcar) a été de ceux-ci. Il a trop fourni d’efforts la veille pour être encore dans le coup et défendre son maillot à pois.

Le groupe de tête a assez rapidement compté une grosse vingtaine d’hommes dont 3 Europcar (Rolland, Kern, et Malacarne), 3 Astana (Fredrik Kessiakoff, Vinokourov, Kiserlovski), 2 Liquigas (Basso et Koren), 2 AG2R (Riblon et Blel Kadri), 2 Movistar (Valverde et Vasil Kiryienka). Les autres : Christopher Horner (RadioShack), Yury Trofimov (Katusha), Johnny Hoogerland (Vacansoleil), C.A. Sørensen (Saxo Bank), Peter Velits (Omega Pharma-Quick Step), Pieter Weeling (Orica-GreenEdge), sans oublier Scarponi, Daniel Martin et bien sûr Brice Feillu.

Le mieux classé du groupe étant Scarponi, à 7’14, le peloton n’avait pas eu besoin de revenir trop vite, il était possible de se contenter de limiter l’écart. Grâce à ce ralentissement relatif, le groupe Voeckler a réintégré le peloton maillot jaune. Le rythme permettait de nouvelles contre-attaques.

A l’avant, ça n’allait pas à une vitesse folle, par conséquent les équipiers d’un coureur ayant pour ambition de faire un coup lors de l’étape ont pris les choses en main, ils ont parfois cherché à relancer, voyant que beaucoup trop se contentaient de rester dans les roues. Dans un premier temps l’écart s’est creusé lentement mais sûrement, du renfort est arrivé de l’arrière. Avec Marco Marzano (Lampre), Laurens Ten Dam (Rabobank), Amaël Moinard et Levi Leipheimer, le groupe s’est retrouvé à 26, puis au prix d’un gros effort, Maxime Bouet (AG2R) et Gorka Izaguirre (Euskaltel) ont intégré l’échappée composée désormais de 28 éléments.

L’équipe Europcar – obligée de faire le travail dans l’échappée en raison en raison de son surnombre – a accéléré à la fin du premier col hors-catégorie, peut-être pour prendre les points, mais Scarponi et Kessiakoff étaient aussi là pour récupérer le maillot à pois. Ce coup de vis a fait exploser une bonne partie des membres du groupe de 28. Ils ne sont pas nombreux à avoir tenu le coup. Finalement ils sont 2 à s’être battu pour prendre les points, Velits a battu Kessiakoff, Scarponi a pris la 4e place derrière Kern. Le Suédois d’Astana est redevenu leader du classement de la montagne grâce aux 20 points engrangés. Passé en tête avec quelques longueurs d’avance, le duo n’a pas relâché son effort par la suite.

Environ 3 minutes plus tard, Peter Sagan et un autre Liquigas, Daniel Oss, ont attaqué un peu avant le sommet de la Madeleine, histoire de basculer dans la descente un peu avant le peloton et de prendre le large pour éventuellement consolider son maillot vert au sprint intermédiaire mais surtout pour aider Nibali un peu plus tard si les circonstances de courses s’y prêtaient. 4 hommes de Nibali à l’avant ? Les Sky ont fait la moue, ne sachant pas trop s’ils devaient réagir de suite ou laisser faire. Les hommes de tête n’ayant que 3 minutes d’avance, pourquoi s’exciter ?

Les tentatives des 2 duos partis pour l’un en tête et pour l’autre en chasse-patate ont fait long feu, le second s’est relevé, le premier a été rejoint par 6 hommes (Kiserlovski, Trofimov, Rolland, Scarponi, Valverde, Kiryienka), formant une nouveau groupe de 8 avec 2 équipes disposant de 2 éléments (Astana et Movistar). Incapables de s’entendre, le groupe de 8 a été repris par une partie de ses anciens compagnons, l’avance a décru très nettement.

Après un petit passage dans la vallée avec un sprint intermédiaire escamoté, place au Col de la Croix de Fer en passant par le Col du Glandon. Dès les premières pentes de cette seconde ascension, le peloton a repris certains membres de la première échappée.

Christophe Kern s’est mis en tête de l’échappée et a tout donné pour Pierre Rolland. L’écart a cessé de fondre, au contraire, de 2’15 il est repassé à plus de 4’20, la sélection s’est faite au sein du groupe, les 2 Lampre ont été parmi les premiers à sauter. Leipheimer s’est soudain garé sur le côté. Valverde et Basso ont craqué à leur tour. Kern a été extraordinaire dans son rôle d’équipier.

Voir Christian Knees aller remonter 5 ou 6 bidons après avoir déjà beaucoup roulé en tête du peloton avait de quoi faire peur… mais ça montrait aussi que le rythme n’était pas hyper soutenu. Tejay Van Garderen (BMC) a même pu s’extraire du peloton pour partir seul en éclaireur. 2 ou 3 minutes plus tard, Cadel Evans (BMC) a attaqué pour le rejoindre et tenter un gros numéro de duettistes. Il fallait le faire. On était encore à la moitié de la Croix de Fer. Il n’a pas franchement réussi à faire l’écart, a eu une peu de mal à rejoindre Van Garderen, mais aura au moins pu faire sauter 1 ou 2 équipiers de Wiggins. Le porteur du maillot jaune conservait néanmoins 3 hommes à lui pour l’aider.

Evans n’a pas donné l’impression de pouvoir faire le trou. Il a récupéré Moinard, capable de relayer 2 ou 3 minutes avant de se garer, pas plus. A l’arrière, c’était l’opération pop-corn, ça a explosé de partout, Rein Taaramae (Cofidis), Maxime Monfort et Andreas Klöden puis Fränk Schleck et Haimar Zubeldia (les 4 RadioShack) ont été lâchés, Nicolas Roche (AG2R) également.

A plusieurs reprises Van Garderen s’est retourné… et s’est rendu compte qu’Evans n’était plus là. L’Australien avait de bonnes intentions mais pas les jambes pour parvenir à les mettre en œuvre. Ils ont donc été repris après avoir beaucoup donné. Dans la bataille, Vincenzo Nibali (Liquigas) a récupéré un Basso trop entamé pour servir à quelque-chose. Brice Feillu a été mangé et avalé par les leaders comme la plupart des hommes parti à l’aventure en début d’étape.

On ne pouvait déjà plus parler de peloton mais seulement de groupe maillot jaune car il ne restait plus grand-monde, seulement quelques coureurs dont… Thibaut Pinot, qui avait pour consigne de rester le plus longtemps possible avec les cadors. Lancé à grand train, ce groupe a fortement réduit l’écart sur les échappés, toujours emmenés par Kern et délestés de Velits puis Martin.

En tête de la course, Christophe Kern a puisé au fond de lui-même pour donner tout ce qui lui restait de force. Il a été admirable. Un coup de clignotant et hop, au parking. C’était au tour des Astana de faire le travail, ils étaient encore 2 dans le groupe de 6, Horner a aussi assuré des relais, contrairement à Ten Dam et Kiryienka, toujours dans les roues.

Et dire que les coureurs de tête – rejoints par Martin – venaient seulement de franchir le col du Glandon…

Zubeldia puis Schleck ont pu se raccrocher à la queue de groupe maillot jaune car les Sky menaient un train assez rapide mais régulier, juste ce qui était nécessaire pour dissuader sans s’asphyxier et rester en net surnombre.

Au sommet de la Croix de Fer, Kessiakoff a sauté Rolland sur la ligne, il a failli y avoir un accident, ça s’est accroché entre les 2 hommes. Le Suédois avait de grandes chances de récupérer le maillot à pois perdu la veille. Ayant quelques mètres d’avance sur le reste du groupe échappé, le Français n’a pas attendu ses collègues dans la descente, pas de chance pour lui, le coureur d’Astana ne semblait pas décidé à l’aider, ce qui a passablement énervé le meilleur jeune du Tour 2011. Le groupe de tête s’est donc reformé, Velits est revenu.

Du côté du maillot jaune ont passé le sommet 2 grosses minutes après les hommes de tête, quelques instants avant Nibali est allé à sa voiture pour faire intervenir son mécano sur son vélo. Des intentions d’attaquer dans la descente ? Non, trop tôt. R.A.S. hormis un tout-droit de Michael Rogers (Sky) dans un virage. Heureusement que ce dernier a fait ça dans un virage où ce n’était pas dangereux. Quelques coureurs attardés ont pu réintégrer le groupe Wiggins dans cette descente ou au début de l’ascension suivante.

2’10 d’avance au pied du Col du Mollard… ça commençait à sentir le pâté. Horner a été tout de suite éliminé quand Velits a accéléré, l’Américain a été suivi par Sørensen puis rejoint par Kiserlovski et surtout Rolland, à l’évidence beaucoup plus fort que ses compagnons. Très rapidement le Croate d’Astana et le Français ont pris la poudre d’escampette, ils se porteraient mieux à 2, surtout en se relayant. Kiryienka est revenu à son rythme, très régulier. Toujours est-il que ça allait plus vite devant que derrière, le groupe maillot jaune a de nouveau concédé du temps aux échappés. Rolland a fait le plein de points au sommet 3’05 avant Thibaut Pinot, sorti très facilement du peloton, probablement pour ne pas subir dans la descente, et 3’15 avant le passage de la locomotive des Sky.

Surtout, éviter de se crasher dans le col du Mollard (^^)… La montée est courte mais très raide, la descente est très technique, rapide, avec un revêtement de qualité très moyenne. C’est alors que Pierre Rolland est tombé… A cause du Croate, qui a freiné trop fort devant lui. A priori il n’a pas pris trop cher – il est tombé sur le côté où il a son coude bandé, heureusement en amortissant la chute avec le pied – mais a perdu des secondes, il lui a fallu faire l’effort dans un domaine qu’il n’aime pas trop pour retrouver sa place. Il a eu la chance de pouvoir revenir sur les 2 hommes de tête qui se sont un peu relevé. Du coup Sørensen a aussi pu se joindre à eux, il naviguait à quelques secondes depuis un bon nombre de kilomètres.

Surprise au pied de la montée vers La Toussuire (plus de 17km), le peloton ayant fait la descente en restant peinard, le quatuor de tête avait 3’40 d’avance ! Le duo franco-croate a tout de suite attaqué. Thibaut Pinot a quant à lui sagement repris sa place dans le peloton.

Le 2e duo est revenu au train, Kiryienka a alors contré, ne réussissant à larguer personne. Il y a en réalité eu une série d’accélérations, le Biélorusse semblait très fort, le Danois faisait l’élastique. Les membres du quatuor ont dilapidé une partie significative de leur avance à force de s’observer. Ils étaient 3 à se relayer, Sørensen restait dans les roues et se faisait engueuler par ses compères, mécontents de le voir sucer les roues.

Pendant ce temps, le groupe maillot jaune, comptant une grosse quinzaine de coureurs à 15km de l’arrivée, a continué à monter à la vitesse imposée par les Sky. On commençait à sérieusement s’ennuyer.

Soudain, Janez Brajkovic (Astana), a attaqué en tête du groupe maillot jaune. Thibaut Pinot et Jurgen Van den Broeck (Lotto) ont décidé de l’imiter. Ils attendaient tous que quelqu’un allume la mèche. Bien sûr, les Sky n’ont pas bougé une oreille.

A l’avant, à 11 gros kilomètres de l’arrivée, Rolland en a mis une, seulement suivi par Kiserlovski. Peut-être a-t-il été averti que ça bougeait à l’arrière et qu’il devenait urgent d’accélérer. Evidemment, le coureur d’Astana a refusé de prendre le moindre relais.

Quelques instants plus tard, plus bas dans la montée, Nibali a attaqué à son tour pour rejoindre le trio qui venait de se former, il avait enfin trouvé des alliés potentiels capables de rouler avec lui en montagne. Les Sky ont dû accélérer, Chris Froome a pris les choses en main pour ramener son patron sur Nibali.

Rolland a à son tour mis une grosse accélération pour partir seul, ça s’animait maintenant de partout, on passait d’une lutte à l’autre.

Froome, Wiggins, Evans, Nibali, Schleck, Van Garderen. Il ne restait plus que 6 coureurs dans le groupe maillot jaune. Nibali, en véritable grimpeur, a tenté une nouvelle attaque. Cette fois il a pu revenir sur le beau trio de grimpeurs. Wiggins a été obligé de prendre les rênes de son groupe, Froome semblait avoir enfin atteint ses limites, il a eu beaucoup de mal à résister. Le lieutenant du maillot jaune a finalement repris la tête du groupe, mais en étant vraiment dans le dur, et a dû de nouveau la céder à Wiggins.

Pierre Rolland s’est fait un clm en montagne en serrant les dents, Kiryienka restait son premier poursuivant, roulant toujours à son train très régulier. Le Français reprenait même quelques secondes au groupe Wiggins et maintenait son écart sur le quatuor de Nibali.

Froome a étonnement retrouvé des forces en restant dans les roues puis en a remis une couche. La sanction a été immédiate. Payant sa méforme et ses efforts pour tenter un coup de loin, Evans a décroché, accompagné par Van Garderen, une bonne opération pour Thibaut Pinot dans la lutte pour le maillot blanc… Schleck a pété, Froome a ramené Wiggins sur le quatuor… Comment le Britannique venu du Kenya a-t-il rechargé ses batteries si vite ? Froome s’est même permis d’attaquer et de lâcher Wiggins ! C’était incroyable ! Totalement sensationnel ! Seul Pinot a pu sauter dans les roues… Froome ne savait pas qu’il avait lâché son patron et a dû s’arrêter pour l’attendre, suivant les consignes données dans l’oreillette ! Quelle image ! Et quelle horreur pour le cyclisme…

Pinot, encore frais, est reparti seul de ce groupe, il y avait des points et du temps à gagner pour les 2 maillots blancs, le vierge et celui à pois. Il pouvait même espérer gagner si jamais Rolland craquait. Le jeune grimpeur de la FDJ n’a pas insisté, ou alors il a été repris à la pédale, toujours est-il que l’OVNI Froome l’a doublé tout en discutant avec son directeur sportif… Que d’images improbables ! Le groupe maillot jaune allait très vite, heureusement que Pierre Rolland – élu combatif du jour – avait encore une bonne minute d’avance à un gros kilomètre du sommet. Il a pu franchir la ligne en solo.

Il ne fallait pas trainer car Froome a encore accéléré, il a fallu un énorme Thibaut Pinot pour le battre au sprint et franchir la ligne à la 2e place 55 secondes après son compatriote. Doublé Français ! Le Français suivant est arrivé 15e (Coppel à 3’53). Au général, Rolland est remonté à la 9e place (il est à 11 points de Kessiakoff pour le maillot à pois), Pinot à la 10e, Coppel est 14e. Pinot est à 1’54 de Van Garderen, pour porter le maillot blanc sur les Champs il lui faudrait prendre 6 ou 7 minutes à l’Américain avant le dernier clm, ça semble impossible sauf abandon ou énorme problème dont serait victime le coureur de BMC. Il peut aussi s’agir d’un simple jour sans comme celui vécu par Taaramae, seulement 70e à plus de 25 minutes.

Vous aurez remarqué que Froome s’est encore classé devant Wiggins… Il lui a même repris 2 secondes. Les 2 Britanniques occupent désormais les 2 premières places au classement, Wiggins a creusé l’écart au général sur chacun de ses adversaires directs hormis Nibali et Van den Broeck, arrivés avec lui.

Les RadioShack ont tous pris un éclat d’au moins une minute, Brajkovic a fini à 1’58 de Rolland, Schleck avec Evans à 2’23, Klöden, Horner et Zubeldia ont terminé ensemble à 3’53… Du coup au classement général c’est une boucherie. On a eu la démonstration d’une chose, si on met la pression à la Sky pendant toute l’étape en l’obligeant très tôt à s’employer, elle peut craquer, les hommes de Wiggins ont tous flancher les uns après les autres, même Froome – avant de redevenir monstrueux dans la foulée – et le patron en personne. Je crains qu’aucune autre équipe n’ait les c*uilles sur surtout les forces pour tenter une grande offensive, il faudrait une collusion entre différents prétendants, seulement ils sont tous accrochés à leur propre classement, ils vont tous jouer perso et petit bras, devenant les alliés de… Sky.

Wiggins est dans un fauteuil, sauf si Froome comprend que s’il est le plus fort, il doit jouer sa carte perso. Il change d’équipe la saison prochaine, a fini 2e du Tour d’Espagne à cause de Wiggins pour qui il a bossé et qui lui a finalement coûté un premier grand titre, il faudrait qu’il se rende compte de la situation : jouer le rôle du laquait est en train de l’empêcher de gagner le Tour de France, peut-être n’en aura-t-il plus jamais l’occasion. S’il ne se dévoue pas, on va se faire chi*r, devoir se contenter d’une – éventuelle – lutte entre Nibali et Evans pour la 4e place n’a rien de réjouissant.

Cette étape a causé d’énormes dégâts, on a perdu 7 coureurs, les 2 équipes néerlandaises ont perdu 5 membres sur abandon : Lieuwe Westra et Rob Ruijgh, 2 Bataves de Vacansoleil, ont abandonné dans la Madeleine, Gustav Larsson a aussi dû arrêter. Un 3e Oranje a mis fin à son Tour de France, un équipier de Mark Renshaw – monté dans sa voiture au début de la Croix de Fer – chez Rabobank, Bauke Mollema. Il y a aussi eu 2 éliminations de concurrents arrivés hors-délai, 2 Lampre, Yuriy Krivtsov et Alessandro Petacchi.

Le profil des prochaines étapes n’est guère propice aux grandes manœuvres, on devrait voir des échappées aller au bout. Peut-être se passera-t-il quelque-chose dans l’étape qui se terminera à Foix. Ayons la foi…