Quelques heures plus tôt, en soirée, alors qu’on pensait avoir vécu une chose très rare sur le Tour de France, une journée de repos sans divulgation de la moindre affaire de dopage, l’UCI a sorti un communiqué super bizarre – car il n’avait pas lieu d’être avant l’analyse de l’échantillon B – pour annoncer que Fränk Schleck (RadioShack) avait fait l’objet d’un contrôle positif au xipamide, un diurétique ne faisant pas partie de la liste des produits interdit en France par le Code du Sport, ne faisant pas non plus partie de la liste des médicaments utilisés par son équipe, et qui paraît-il n’est plus vendu en France depuis 2006. Il s’agit d’une molécule facilement détectable car connue depuis très longtemps, son effet n’est absolument pas dopant (il s’agit d’un traitement de l’hypertension aussi utilisé en cas d’œdèmes), il aurait en revanche un effet masquant, limitant la détection de pratiques interdites. Le contrôle ayant révélé des traces de xipamide a été effectué après l’étape du 14 juillet (terminée de façon très anonyme par le Luxembourgeois).

J’avoue être assez troublé par cette histoire, ceci pour plusieurs raisons.

D’une part je me demande quel intérêt l’aîné des frères Schleck aurait eu à prendre un produit facilement détectable. Dans l’hypothèse où il aurait voulu masquer une autre pratique dopante, ça signifierait qu’il aurait joué avec le feu pour… ne même pas être dans le top 10 une année où la concurrence n’est pas très relevée et faire un tour bidon, lui qui était encore sur le podium à Paris l’an dernier. Conclusion, s’il a vraiment triché, il est complètement c*n, genre QI d’une mouche après sa rencontre avec un pare-brise.

D’autre part, la théorie du complot, en général totalement grotesque, est… défendable compte tenu de la situation très particulière du coureur et de son équipe. Je ne dis pas qu’il a été piégé, seulement pour une fois l’empoisonnement allégué n’est pas totalement improbable. D’habitude dans ce genre de cas on ne peut trouver personne ayant eu à la fois un mobile et l’occasion d’agir. Cette fois, on peut facilement en trouver. En effet, Schleck, son frère et certains membres de l’équipe sont en conflit ouvert avec leur équipe qui selon les rumeurs n’a plus d’argent et ne pays plus les salaires normalement, une plainte aurait été déposée auprès de l’UCI à ce sujet. Et comme par hasard, le mec qui se révolte – et a un gros contrat – se fait prendre par la patrouille de cette façon particulièrement troublante… Andy Schleck – qui doit avoir un encore plus gros contrat – est touché par ricochet, la direction de l’équipe est en situation de force pour se délester des éléments qui créent des soucis financièrement[1] ou ne se plient pas aux consignes sportives.

Enfin, n’oublions pas que le véritable patron du Team RadioShack est un personnage sulfureux[2], il n’est pas sur le Tour en raison de son implication dans l’affaire GrosBras, enfin prise à bras le corps par l’USADA depuis quelques temps. Il y a 2 façons de voir la chose, soit on peut penser que Schleck s’est rapproché de ce bonhomme pour tricher grâce à l’expérience de professionnels de l’escroquerie sportive, soit on voit le problème dans l’autre sens et on se dit que le bonhomme est assez machiavélique pour avoir manigancé ce stratagème pour piéger Schleck. A tout bien réflechir, les 2 hypothèses ne sont pas incompatibles… Et il ne s’agit que d’hypothèse. Farfelues ? Crédibles ? Fantasmagoriques ? Chacun peut se faire sa propre opinion.

Intéressons-nous à l’étape.

  • 16e ETAPE : de Pau à Bagnères-de-Luchon, 197km.

Etape assez longue, très difficile, jalonnée de cols qui ont fait la légende du Tour de France, disputée par très beau temps, très chaud aussi… L’occasion au jamais de faire du grabuge, de tout faire péter. Oh ça va, on a le droit de rêver !

Au programme, le Col d’Aubisque (hors-catégorie), le Col du Tourmalet (hors-catégorie), le Col d’Aspin (1ère catégorie) et le Col de Peyresourde (1ère catégorie).

Michael Morkov (Saxo Bank) et Andriy Grivko (Astana) ont été les premiers attaquants du jour. Le Danois joue clairement le prix du supercombatif du Tour.

C’est comme toujours parti dans tous les sens, on a vu des Katusha, des Liquigas, des FDJ, des Saur-Saujasun, des Euskaltel, des Rabobank, des Astana, des Argos… et encore beaucoup d’autres. Il n’y avait pas réellement eu de plat lors de cette étape, c’était déjà très vallonné dès le départ.

Ça bagarrait tellement que le peloton s’est disloqué en plusieurs morceaux… par l’avant ! Un beau b*rdel ! Un énorme groupe est sorti avec 38 coureurs (!!!), dont le porteur du maillot à pois : Fredrik Kessiakoff et Vinokourov (Astana), Voeckler et Yukiya Arashiro (Europcar), Chris Anker Sørensen et Sergio Paulinho (Saxo Bank), Fédrigo, Sandy Casar et Matthieu Ladagnous (FDJ), Maxime Bouet et Sébastien Minard (AG2R), Brice Feillu, Guillaume Levarlet et Jean-Marc Marino (Saur-Saujasun), Rein Taaramae et Samuel Dumoulin (Cofidis), Egoi Martinez, Gorka Izagirre et Jorge Azanza (Euskaltel), Mathieu Sprick (Argos), Steven Kruiswijk et Laurens Ten Dam (Rabobank), Yuri Trofimov, Gianpaolo Caruso et Eduard Vorganov (Katusha), Dan Martin (Garmin), Simone Stortoni, Danilo Hondo et Marco Marzano (Lampre), Yaroslav Popovych et Jens Voigt (RadioShack), Stephen Cummings et George Hincapie (BMC), Rui Costa, Vladimir Karpets et Vasil Kiryienka (Movistar), Johnny Hoogerland et Rafael Valls (Vacansoleil).

17 équipes représentées (9 avec 2 coureurs, 6 avec 3, 2 avec un seul), 11 Français, 10 coureurs ayant déjà gagné au moins une étape sur le Tour au cours de leur carrière, dont plusieurs ayant déjà triomphé dans les Pyrénées… De quoi aller au bout après s’être joué le maillot à pois, l’objectif du jour pour la star antillo-alsacienne.

Avec tant de monde à l’avant, le peloton a arrêté la chasse (Jérôme Pineau est sorti à contretemps pour essayer de se joindre à la tête, il a loupé son coup et a été repris après avoir fait quelques kilomètres en chasse-patate), d’autant que les pentes de l’Aubisque étaient pour bientôt.

Victime d’un incident mécanique, Christopher Horner (RadioShack) a dû changer de vélo, on l’a ensuite vu disparaître dans la ravin dans les premiers kilomètres de l’Aubisque. Heureusement pour lui ça allait lentement et la pente n’était pas trop méchante, il n’a dû la dévaler que de 3 ou 4 mètres, on l’a tout de même vu disparaître dans les buissons… Plus de peur que de mal.

Les Sky ont imprimé un train pour maintenir l’écart entre 3’30 et 4’. Il n’y a pas à proprement eu de bagarre dans l’Aubisque, néanmoins à l’arrière certains n’ont pu résister et ont déjà décroché du peloton alors qu’à l’avant on restait à 38.

Arashiro a accéléré en fin de col pour emmener Voeckler, Kessiakoff a suivi, du coup le Français n’a repris que 5 points sur le Suédois, qui en avait 32 de moins. Sørensen ne s’est classé que 4e. Résultat, Voeckler a pris la 2e place du classement de la montagne devant Pierre Rolland, le 2e leader de son équipe.

Philippe Gilbert (BMC) est sorti en éclaireur un peu avant la fin de l’Aubisque pour… aller chercher des bidons. On a cru qu’une grande offensive se dessinait, mais non. Le peloton est passé au sommet avec 4’20 de retard. Egoi Martinez, le mieux classé de l’échappée, étant 17e à plus de 18 minutes, il y n’y avait pas péril en la demeure pour les candidats au top 10 ou mieux.

Les hommes de tête n’ont pas adopté la même allure dans la descente, certains ont envoyé, d’autres nettement moins. Un groupe de 4 s’est détaché quelque peu sans réellement insister.

Au sein du peloton on ne s’est pas affolé, on n’allait pas très vite pour dévaler la montage sans risque, pourtant 2 coureurs ont trouvé le moyen d’aller dans le décor, Romain Zingle (Cofidis) et Vladimir Gusev (Katusha) ont fini dans les barbelés, ce dernier n’a pu repartir.

Les échappés se sont vus octroyer un peu moins de 6 minutes d’avance. Au pied du Tourmalet, le premier à attaquer a été… Hondo. Un sprinteur. Allez comprendre… La sélection par l’arrière a tout de suite débuté. Dumoulin a vite sauté, de même que Popovych. Ladagnous a tenu un peu plus longtemps.

Le groupe a alors explosé, les 2 AG2R et Marino ont craqué à cause de l’accélération de Dan Martin, beaucoup ont craqué. Martin en a remis une, suivi par Kessiakoff et Ten Dam. Pour le Suédois, l’occasion d’assurer le maillot à pois était trop belle. Feillu et surtout Voeckler ont fait l’effort pour ne pas laisser le trio prendre trop d’avance, Sørensen et Hincapie ont suivi le mouvement. Le Danois a eu beaucoup a galéré pour revenir. L’Irlandais de Garmin envoyait du pâté, si bien que le groupe de tête a assez vite augmenté son avance sur le peloton. Au prix d’une importante dépense d’énergie, Izagirre et Martinez puis quelques autres ont réussi à retrouver leur place dans le groupe de tête.

Le rythme en tête de peloton ne semblait pas exceptionnel, la météo s’est chargée de faire des dégâts. En effet il faisait extrêmement chaud, les coureurs chassaient tous les bouteilles, avaient pour la plupart le maillot grand ouvert. Jean-Christophe Péraud (AG2R) n’a pu tenir le choc.

A l’avant, on s’est de nouveau retrouvé à 19, Voeckler a alors attaqué, relayé par Feillu et par Martin. Kessiakoff a dû fournir un gros effort pour revenir, il y est parvenu et a vite explosé, s’étant mis dans le rouge. Beau coup en vue pour Voeckler dans l’optique du maillot à pois. Pendant ce temps, à l’arrière, un autre Europcar a attaqué, Christophe Kern, sans doute en prévision d’une offensive de Pierre Rolland, semble-t-il en grande forme.

Voecker et Feillu ont lâché Martin, ce n’était pas forcément une bonne idée, le 2e vainqueur Français sur ce Tour ayant besoin qu’un maximum de monde passe au sommet entre lui et le Suédois d’Astana. Heureusement le groupe de Kessiakoff n’avançait pas à très haute vitesse, Ten Dam faisait de son mieux mais n’était pas très rapide, si bien que d’autres ont pu rejoindre sur ces 3 hommes. Le duo français a réalisé un grand numéro au milieu d’une foule impressionnante, il est passé au sommet avec environ 1’ d’avance sur Martin, 1’30 sur le groupe Kessiakoff (qui a perdu 11 points par rapport à Voeckler) et 10’ sur le peloton. Les cadors ont escamoté le Tourmalet. Dommage.

Feillu a eu énormément de mal à suivre Voeckler dans la descente, néanmoins le duo s’est reformé. Il n’était clairement pas dans l’intérêt du leader d’Europcar de partir seul si loin de l’arrivée. Hincapie a mangé chaud, on n’a pas vu comment, on a juste pu constater l’énorme œuf de pigeon au niveau de son coude et l’état de sa tenue, bien déchirée sur le côté gauche, laissant voir son épaule rougie par les traces de sang. La chute a dû être assez violente.

Dans les premières pentes de l’Aspin, le groupe de chasse a de nouveau explosé, Kessiakoff s’est fait piéger. Voeckler avait encore 16 points de retard sur le Suédois, il n’y en avait que 10 à prendre au sommet du col de 1ère catégorie. Les poursuivants étaient 5 puis 7 une fois Dan Marin rejoint. Le groupe s’est de nouveau scindé en plusieurs morceaux, Sørensen, Vinokourov et Voigt ont lâché les autres, ils avaient environ 1’30 de retard à 50km de l’arrivée. L’Allemand et surtout le Danois marchaient fort, le vieux Kazakh a fait l’élastique.

Le col d’Aspin a été franchi en tête par Voeckler. Plus que 6 points de retard sur Kessiakoff. Le duo – qui a semblé gérer – avait une grosse minute d’avance sur le trio de poursuivants. Voigt était très bon en descente, les Français n’avaient pas intérêt à amuser la galerie pendant la descente.

Dans le peloton Boasson Hagen a terminé son travail, les Liquigas ont alors accéléré, Jérôme Coppel, malade, a craqué. Enfin… Les Liquigas… Ivan Basso. Cette accélération s’explique sans doute par les difficultés de Cadel Evans (BMC), de Maxime Monfort et d’Andreas Klöden (RadioShack), à qui la chaleur a dû faire beaucoup de mal. Le vainqueur du Tour 2011 a été décroché sur les pentes de l’Aspin (il devait rester environ 1,5km), l’occasion était trop belle de l’éliminer au classement général. Evans n’a même pas réussi à rester dans la roue d’Amaël Moinard, venu l’aider. Cette fois la BMC n’a pas sacrifié Tejay Van Garderen. Le peloton est passé au sommet 9’20 après les hommes de tête, Evans a mis 40 secondes de plus à atteindre le sommet.

La composition du groupe de poursuivant à très souvent changé, pendant ce temps les duettistes continuaient à bien s’entendre, à s’alimenter et à s’hydrater.

Kern a été repris par le peloton – mené par un Lotto et un Liquigas – avant la montée du Col de Peyresourde, il n’aura donc pas pu servir de relais à une attaque de Pierre Rolland. Dommage, il aura passé une grande partie de la journée devant pour pas grand-chose. 3 BMC ont roulé pour ramener Evans, mais on n’imaginait pas l’Australien ne pas craquer de nouveau dans Peyresourde.

Vinokourov et Sørensen en ont bavé pour se rapprocher de l’autre duo, ils ont longtemps eu les voitures en point de mire. Sentant que ça revenait, Voeckler a attaqué pour finir seul. C’est triste pour Feillu mais le grimpeur de Saur-Saujasun était moins fort. Le Danois a réagi à cette accélération en partant seul à la poursuite des Français, il a alors rejoint Feillu, puis l’a facilement largué.

Jelle Vanendert (Lotto) et Ivan Basso ont remis la gomme en tête du peloton après avoir un temps laissé Sky faire le travail, Evans a de nouveau pété, tout comme ceux qui galéraient déjà un peu plus tôt. Thibaut Pinot (FDJ) a aussi eu énormément de mal à résister. 3e semaine, 4e grand col, grosse chaleur… Normal qu’il connaisse des défaillances. Janez Brajkovic (RadioShack) a fait l’élastique, Pierre Rolland a lâché après avoir longtemps occupé une des dernières positions du groupe maillot jaune. Basso a fait le ménage au train.

Vincenzo Nibali (Liquigas) s’est décidé à attaquer à 4km du sommet, Bradley Wiggins, dans la roue de Chris Froome (Sky), a pu revenir au train, personne n’a pu suivre. S’il avait voulu, Froome aurait certainement pu partir avec l’Italien et larguer son leader. Un spectacle d’autant plus frustrant que Nibali a ensuite roulé en tête du trio pour assurer le podium. Derrière, Van Garderen, Jurgen Van den Broeck, Vanendert, Alejandro Valverde (Movistar), Haimar Zubeldia et Horner (RadioShack) faisaient leur maximum pour limiter la casse.

En franchissant le 4e col en tête, Voeckler s’est assuré le maillot à pois (que 4 points d’avance sur Kessiakoff). La victoire lui était déjà promise, 1’28 d’écart, ça ne se reprend pas dans une descente si Voeckler est l’homme à rejoindre.

Nibali a du nouveau attaqué un peu avant le sommet dans le but de basculer en tête dans la descente, cette fois Wiggins a lui-même fait le travail pour éviter ce piège. Le trio est passé 7’44 après Voeckler, le groupe suivant à 8’32, Evans à environ 5 minutes du maillot jaune, entre-temps pas mal de concurrents étaient passés, dont Rolland et Pinot.

Thomas Voeckler a pu se faire plaisir en savourant le dernier kilomètre, il a couru remarquablement, tactiquement c’est du grand art, il est sorti au bon moment, ne s’est jamais précipité, a fait en sorte de partir avec un coureurs qu’il savait moins fort que lui, a pris soin de tester sa supériorité en descente pour être bien sûr de lui… Ce n’est certainement pas le plus costaud du peloton, en revanche il ne doit pas être loin de porter le maillot de leader du classement du plus malin. 2 victoires et une 3e place en ayant pris 3 échappées depuis le début. Ce mec est impressionnant, il sent les coups, sent quand ça va partir, quand ça peut gagner, sait profiter des situations, retomber sur ses pieds dans des situations où beaucoup s’écraseraient comme des bouses. Pas bien la première semaine ? Tant pis, on perd du temps, on se relève, on ne gâche pas ses forces et on vise les étapes. Cette fois il a profité du fait d’avoir pu partir dans une échappée à 38 et de l’absence de véritable baston entre cadors avant la dernière ascension, 2 facteurs ayant divisé la course en 2, celle pour l’étape et celle pour le général. Il était du bon côté. Il est souvent là où il faut. Il en est désormais à 4 victoires sur le Tour de France, Europcar en est déjà à 3 cette année (et mène 3-2 contre la FDJ^^).

Son nouvel objectif, conserver son maillot pour monter sur le podium à Paris, ne devrait pas être très difficile à remplir, il mène 107 à 103, Sørensen est à 77, ensuite on trouve Rolland à 55. Kessiakoff va sans doute tenter un coup, mais il suffit au Français de marquer le Suédois en se mettant dans son porte-bagage. Si une échappée pouvait partir sans candidat aux pois, la situation serait parfaite. On peut imaginer une bagarre au moins dans le premier col de la dernière étape de montage car il viendra assez tôt.

Voeckler a gagné, mais ensuite ?

Sørensen a pris la 2e place à 1’40, puis Izagirre et Vinokourov ont sprinté pour se classer 3e, le Kazakh a déchaussé et perdu. Feillu a terminé 5e à 3’57, il a beaucoup souffert en fin d’étape et était déprimé après l’arrivée. 5 autres rescapés du groupe de 38 sont arrivés avant le trio maillot jaune à 7’09. Un groupe de 7 – comprenant Nicolas Roche (AG2R), Van Garderen, Van den Broeck, 2 Movistar (Valverde et Cobo Acebo) et 2 RadioShack (Horner et Zubeldia) – a fini à 8’07, doit 41 secondes avant Brajkovic et Rolland. Pinot a pris cher, il a passé la ligne seul à 10’01 de Voeckler, d’autres ont fait pire, les Menchov, Monfort, ou encore Klöden, Evans a bu la tasse : 11’56 ! Ah… Si seulement Voeckler avait pu prendre ne serait-ce que la moitié de ce temps à l’Australien lors d’une des étapes de haute montagne du Tour 2011…

Résultat, des courses : au général les 2 Français restent dans le top 10, mais la 10e place de Pinot tient pour 4 secondes. Evans n’est plus 4e mais 7e, sauf incroyable retournement de situation on connaît le podium, Wiggins a assez d’avance sur Froome et sur Nibali, l’équipier britannique est nettement supérieur à l’Italien en clm, mais le Liquigas a 3’23 de marge par rapport à Van den Broeck. Notons aussi que le maillot blanc ne peut plus changer d’épaules, sauf à espérer une énorme fringale de Van Garderen (ou pire, mais on ne peut lui souhaiter pire). L’Américain possède 3’48 d’avance sur Pinot (qui aurait eu besoin de 4’ en sa faveur pour avoir une chance de porter le maillot du meilleur jeune sur les Champs).

La grosse étape des Pyrénées avec arrivée au sommet sera-t-elle remportée par Pierre Rolland ? Si l’histoire se répète encore, après la victoire de Voecker, c’est à Rolland de lever les bras à l’arrivée. Si l’histoire se répète, ça peut aussi vouloir dire qu’on va se faire chi*r à cause de leaders ayant déjà abdiqué.

Notes

[1] Il y aurait signifierait rupture de contrat sans indemnité et peut-être même obligation pour le coureur de rendre ses salaires perçus. J’avoue ne pas savoir exactement ce qu’il en est, mais pour les finances de l’équipe l’affaire serait excellente, l’atteinte à l’image de l’équipe étant assez négligeable en réalité.

[2] Johan Bruyneel.