Tir Championne d’Europe 2011 du tir au pistolet féminin à 10 mètres, 2e lors de l’épreuve de CdM à Londres il y a quelques semaines, Céline Goberville, 25 ans, a obtenu le 2e score ex-aequo lors des qualifications, devenant ainsi le premier membre de l’équipe de France de tir à se qualifier pour une finale lors de ces JO (Stéphanie Tirode s’est classée 38e lors de cette épreuve). 40 balles en qualifications, 10 de plus en finale, 1 point de retard sur le leader, 2 d’avance sur la 8e. Ça restait très ouvert.

La première médaille allait-elle venir du tir comme à Sidney en 2000 ? La jeune femme au gabarit de gymnaste[1] avait de grandes chances de décrocher une première breloque pour sa première participation aux JO.

Les écarts étaient si réduits qu’après chaque tir les positions au classement étaient modifiées. Ainsi Goberville a pris la 1ère place après 3 tirs, au 4e tir elle a rétrogradé à la 3e place, après 5 balles elle est remontée au 2e rang entre les 2 dernières championnes olympiques, toujours avec des écarts ridicules entre les 3 premières mais une marge intéressante sur la 4e. Un super 10.6 – on rappelle que le maximum est 10.9 – lui a permis de repasser en tête à 4 balles de la fin… Sauf catastrophe, la médaille était pour elle. Son 10.1 lui a permis de rester leader , l’Ukrainienne et la Chinoise étaient en embuscade à seulement 0.2 de la Française. La Chinoise s’est loupée (9.8), l’Ukrainienne a fait la même après (9.8) avoir longtemps hésité, ce qui a profité à Gobervile, auteur d’un 10.4. Avec 0.8 d’avance à 2 balles de la fin, ça commençait à sentir bon… mais la tension était à son comble. L’Ukrainienne a explosé, 9.2 à la 9e balle, la néophyte aux JO a engrangé 10.1pts, la Chinoise est remontée à un demi-point avec un 10.4.

Plus qu’un tir à effectuer pour l’or ou l’argent… Dans la tête ça doit bouillir dans ce genre de moments rares au cours d’une carrière, pour ne pas dire d’une vie… 8.8 pour Goberville ! Elle a craqué, mais pas parce que c’était la dernière balle, elle n’était pas au courant, elle pensait tirer la 9e. La Chinoise a claqué un 10.8 phénoménal, conservant ainsi son titre olympique. Dans un sens ça réduit la déception d’avoir manqué l’or, il fallait un très bon tir de la Française pour rester devant, 10.2 n’aurait pas suffi, donc tant qu’à faire, autant finir loin avec un 8.8, ça revenait PRESQUE au même.

PRESQUE, car l’Ukrainienne a profité de ce loupé pour remonter à la 2e place… ex-aequo. Tir de barrage pour l’argent et le bronze. 10.6 pour Goberville contre 9.7 pour son adversaire, et médaille d’argent au coup de la Française des premiers JO. La jeune femme avait le sourire malgré cette grosse erreur. Peut-être est-ce parce qu’elle a terminé sur une victoire en shoot-off, sans doute car elle ne s’attendait pas réellement à monter sur le podium lors de cette épreuve.

BILAN : la France a débuté ces JO avec une médaille d’argent, la pointe de déception va disparaître sauf si au moment de faire les comptes il nous manque des médailles d’or. Dans quelques jours, elle disputera l’épreuve à 25m, elle a aussi la capacité de monter sur la boîte, à condition d’avoir pu se remettre de ses émotions.

Tennis de table Allons faire un tour dans un autre sport de balle (^^). En début de journée on a vu un duel sino-chinois de tennis de table féminin. Ah non, pardon, le duel n’était sino-chinois que si vous écoutiez les noms et le bruit de la balle, car il s’agissait en réalité d’un match entre une Française et une Australienne de 40 ans classée au-delà de la 120e place mondiale. Ce match comptant pour le 2e tour a commencé comme une formalité pour Li Xue, elle a un peu déraillé par moments, elle avait le match en main, menait 3 manches à une et était à pas grand-chose de la victoire… mais a perdu les 2 sets suivant 11-9. Il a fallu en passer par une dernière manche décisive et s’est très difficilement qualifiée en 7 manches. Une autre Française d’origine Chinoise a affronté une Nord-Coréenne nettement plus forte sur le papier, Xian Yifang a mené 2 sets à 0 puis 3-1, puis a gagné 4-2 au cours d’un match lors duquel les échanges interminables ont été nombreux, ça a défendu très fort.

En 16e de finale, Li Xue a affronté… une Chinoise de l’équipe d’Espagne. C’est comique le ping-pong en fait ! Bon, cette fois ça s’est très mal passé, la Française a été éliminée sèchement, 4-0 (elle n’a marqué que 18 points en 4 sets), c’est normal si on s’en tient au classement mondial. Un peu plus tard Xian Yifang a subi le même sort contre un Singapourienne, 4-0 (elle a marqué 27pts).

BILAN : le rêve des dirigeants de la fédération était sans doute de voir Adrien Mattenet réussir des exploits, il entre en lice lundi.

Judo David Larose (-66kg) et Priscilla Gneto (-52kg) ont beaucoup de talent, ils ont aussi des défauts ou des manques, c’est pourquoi ils ne comptaient pas parmi les favoris du jour (même si Larose est un ancien champion du monde junior et a gagné le dernier Tournoi de Paris). Autrement dit le judo français ne comptait pas réellement sur eux pour une médaille, plutôt pour une bonne surprise.

Larose a débuté à 9h30 – le tirage lui a réservé un 32e de finale alors qu’il était tête de série, il devait donc combattre 6 fois pour obtenir une médaille, on appelle ça les mystères des formats de compétitions aux JO – contre un Israélien. Celui qui formerait un beau binôme avec Cathy Fleury, entraîneur de l’équipe féminin[2], a tout de suite envoyé une première attaque. Le combat s’est transformé en bataille tactique, un faux rythme s’est installé. Au bout de 3 minutes un mouvement assez lent lancé de loin a marqué yuko pour le Français. Une pénalité pour non-combativité a mis Larose en danger, il a tout de suite réagi en tentant d’arracher l’Israélien. Il nous a fait une roue en tentant de contrer une attaque… Tactiquement il a mieux géré sa fin de combat. Pas super convainquant mais efficace.

La jeune Gneto, qui a eu des problèmes physiques au cours de la préparation, a pris une Chinoise au premier tour, il ne s’est rien passé pendant 2’ si ce n’est une bataille pour la prise de garde, d’où une pénalité chacune. La Française a été la première à faire tomber, mais sur les fesses. La Chinoise a reçu une nouvelle pénalité, offrant une avance à la Corse, qui a ensuite commis l’erreur de trop reculer et aurait pu prendre un avertissement pour fausse attaque. Elle voulait trop gérer son avance. En fin de combat elle a fait un peu n’importe quoi, une attaque a été contrée, encore une fois ça aurait pu être très dangereux, puis à quelques secondes du terme du combat, elle a été surprise par une vieille attaque toute moisie… yuko pour la Chinoise, égalisation, golden score. L’Asiatique a été maline, elle a voulu garder l’avantage dans l’esprit des juges en attaquant, Gneto en a fait une à son tour, elle était obligée d’agir. Gneto s’en est finalement tirée grâce à un fauchage intérieur après 6’17 de combat. Ce beau mouvement a envoyé la Chinoise sur le dos (wasa-ari).

Adversaire suivant de Larose, un Roumain dont le palmarès est supérieur au sien mais largement à sa portée. Ça a duré moins de 50 secondes, un gros ippon sur la première attaque, je tire en avant et je pousse sur l’arrière en mettant la jambe en barrage. Splendide !

Enorme surprise, bérézina à la sauce sushi, une Nord-Coréenne a tapé l’immense favorite des -52kg, la Japonaise Mosato Nakamura, double championne du monde, ceci en 8e de finale (donc pas de repêchage). An Kum-Ae n’est pas n’importe qui, elle est médaillée mondiale, vice-championne olympique, avait déjà tapé la Japonaise à Pékin, le problème est qu’elle sort très peu de son pays, du coup elle n’est que 18e au classement mondial. Ce combat déterminait qui allait rencontrer la gagnante de l’affrontement entre Priscilla Gneto et la Portugaise Joana Ramos. Au bout d’une minute la Française a été pénalisée pour fausse attaque, il ne fallait pas se laisser piéger bêtement. 30 secondes plus tard, première attaque… gros ippon ! Dès que les mains ont été posées, le pion !

Larose s’est retrouvé en 8e de finale face à un Géorgien, il a échoué au golden score au terme d’un combat très brouillon. Le Français était obligé d’attaquer car il avait une pénalité et les attaques fortes étaient pour son adversaire, il a même failli se faire planter à quelques secondes de la fin, le yuko a été annulé… Malheureusement il a mangé un gros ippon en se faisant arracher au bout d’une minute. Le Géorgien a fini champion olympique. Notons qu’à un moment, le Français a pris son adversaire en étranglement, ça a failli passer, l’arbitre a arrêté le combat, il aurait pu laisser faire, son aventure olympique se serait achevée autrement.

Au tour de Gneto. La Nord-Coréenne était une énorme cliente. A 20 ans, la petite Française n’a pas l’expérience de ce genre de combats, elle a fait ce qu’elle a pu, il ne se passait presque rien, une pénalité chacune, puis, étant un tout petit peu plus offensive, Gneto a eu un avantage grâce à une autre sanction infligée à l’Asiatique. Quelques secondes plus tard, une nouvelle pénalité a rétabli l’égalité au score. Ce combat très tactique aurait pu tourner en faveur de l’une ou de l’autre sur au bon vouloir des juges, la Coréenne a d’abord été punie, la sanction a ensuite été annulée et inversée pour sortie de tapis… Il ne restait qu’une petite minute… L’Asiatique aurait mérité une sanction pour fausse attaque… Un combat dégueulasse du point de vue judo et spectacle, une décision contestable… Il ne s’est presque rien passé mais la Française a perdu. Direction les repêchages.

Je n’ai pas vu en entier le combat de repêchage contre une Sud-Coréenne, juste le waza-ari sur un grand fauchage extérieur grâce auquel Gneto s’est qualifiée. Du beau judo cette fois ! Ensuite elle a pris le temps d’observer la demi-finale qui a désigné son adversaire.

Pour la médaille, Gneto a affronté une judokate en fin de carrière qui arrêtera après Londres, une Belge multi-médaillée, celle qui lors des 2 derniers JO a à chaque fois éliminé la Française en lice. Ilse Heylen a 35 ans, 15 de plus que son adversaire, mieux valait donc que ça ne se joue pas à l’expérience. La première pénalité est tombée contre la Belge après un peu moins de 2 minutes, elle n’attaquait pas du tout. Un faux rythme s’est installé (ça se passe souvent ainsi depuis le début des épreuves de jeudo), chacune a été sanctionnée, ce qui a donné un avantage à Gneto, mais à force de sortir du tapis, elle a offert l’égalisation à Heylen. La jeune Française a commencé à placer de véritables attaques, notamment en reprise de garde, toutefois rien n’a été marqué. Golden score. Et finalement, le pion ! Après 38 secondes, magnifique mouvement, ippon ! Grande joie d’un côté, un avènement, grande tristesse de l’autre, un au-revoir raté.

2e médaille pour la France lors de ces JO.

La Nord-Coréenne a été sacrée championne olympique, elle a battu les 3 autres filles présentes sur le podium. Priscilla a été la seule à la bouger, ou du moins la Française est celle contre qui l’Asiatique a eu le plus de mal.

BILAN : la France n’avait pas obtenu de médaille olympique dans cette catégorie depuis Marie-Claire Restoux en 1996… Le judo français a déjà sa première breloque, la moisson peut débuter ! Priscilla n’a que 20 ans, n’avait encore jamais obtenu de médaille dans un grand championnat – normal à 20 ans[3] me direz-vous – mais avait déjà montré de très belles choses. Sa blessure en cours de préparation a peut-être été un mal pour un bien. Vous aurez aussi remarqué que battre un Français signifie au moins atteindre la finale et en général la gagner (en 2 jours et 4 catégories, 3 Français ont été battus par le futur médaillé d’or, un par le médaillé d’argent).

Natation Les très grosses attentes du jour concernant l’équipe de France olympique étaient placées sur la natation. Les stars étaient toutes en lice aujourd’hui.

SESSION DU MATIN :
Alexiane Castel et Laure Manaudou étaient dans la même série du 100m dos que Melissa Franklin. Castel a pris la 6e place, battant son record, réalisant le 14e temps, elle a obtenu sa ligne d’eau en demi-finale (sans espoir de finale), en revanche Manaudou n’a pas passé les séries, elle a pris la dernière place de sa série (22e temps)… Dommage que Manaudou ne soit pas venue à Londres dans une perspective de performances de juste de participation.
2 courses plut tôt l’Australienne Emily Seebohm a approché d’1 centième le record du monde, établissant un nouveau record olympique.

Une des courses les plus relevées de ces championnats est le 200m NL masculin. Amaury Leveaux a laissé sa place à Grégory Mallet afin de se concentrer sur les relais et sur le 50m. Dans la série de Mallet il y avait 2 Britanniques, ça faisait énormément de bruit dans le public, on a nagé très vite, le Français a pris la 4e place juste derrière Paul Biedermann, et s’est qualifié pour les demi-finales, approchant son record (alors qu’il n’est pas du matin et n’a pas été très bon au départ). Un très bon présage en vue du 4x200m. Yannick Agnel, meilleur performeur mondial de l’année, a pris part à la dernière série. Pour sa première course aux JO il a géré, envoyant du pâté après le dernier virage pour gagner sa course devant Park Tae-Hwan. Les Français ont réalisé le 3e et le 12 temps des séries.

Benjamin Stasiulis et Camille Lacourt ont participé à la même série du 100m dos, Liam Tancock étaient aussi dans cette course, d’où, là encore, beaucoup de bruit. Lacourt a déroulé, 53"51. Stasiulis a terminé dernier, c’est un spécialiste du 200m. Lors de la dernière série Matt Grevers a gagné en 52"92 devant… un Chinois (53"22). Le Ricain a contrôlé, il est immense et surpuissant, en principe l’or est pour lui.

Federica Pelegrini et Coralie Balmy ont nagé dans la 5e série du 400m NL (qualification directe pour la finale). Les Britanniques ont participé à la précédente, les performances réalisées devaient permettre à la 2e meilleure Française de se qualifier, elle qui a échoué à la 4e place en finale il y a 4 ans (pour 8 centièmes). Balmy a été royale, elle a gagné sa série en 4’03"56, presque son meilleur temps… mais à 11h47, ce qui rehausse encore la performance. Elle pouvait réussir un joli coup en finale, à condition bien sûr de ne pas avoir trop puisé dans ses réserves. Pellegrini a pris la 3e place.
Camille Muffat était opposée à sa concurrente principale dans la dernière série, elle a géré, Allison Schmitt a pris largement la tête, elle avait 1"34 d’avance sur la Française à la mi-course, Muffat a alors fait l’effort progressivement et a gagné en 4’03"29… Une promenade.

Fanny Babou a été inscrite au 100m brasse afin de préparer le relais 4 nages. 3e de la 2e série… 32e temps au total. C’est pas gagné pour le relais !

Amaury Leveaux, Alain Bernard, Clément Lefert, puis Jérémy Stravius. Telle était le compo du relais français en séries du 4x100m NL. Le Canada est parti très vite, Bernard a pris la tête sur le retour, Lefert a creusé l’écart avant de se faire reprendre, Stravius est parti à la lutte avec le Sud-Africain loin devant la meute, son virage extraordinaire lui a permis de prendre le large et de gagner la série.

Pour déterminer qui allait laisser place à Fabien Gilot et Yannick Agnel, la sentence était celle du chrono :
-Amaury Leveaux, 48"61 départ au start,
-Alain Bernard, 48"31 départ lancé,
-Clément Lefert, 48"14 départ lancé,
-Jeremy Stravius, 48"32 départ lancé.

C’est triste, mais Alain Bernard n’a pas été un des 2 meilleurs relayeurs lors des séries, tout comme Jérémy Stravius il n’a pas été retenu pour la finale. La carrière internationale du champion olympique de Pékin et triple médaillé à Pékin s’est terminée un peu anonymement lors des séries, certains ont critiqué cette mise à l’écart de la légende du sprint français. On a laissé en tribunes le champion olympique en titre et un des 2 seuls champions du monde français en grand bassin de l’histoire, ce n’est pas rien ! La suite des opérations a donné raison aux responsables de ce choix. De toute façon la règle établie était claire et acceptée par tous les membres du collectif relais.

SESSION DE l’APRES-MIDI : on a débuté par un record du monde féminin au 100m papillon, l’œuvre de Dana Vollmer (USA), première femme à nager en moins de 56".

Grégory Mallet était engagé dans la première demi-finale du 200m NL, il y avait du lourd, du Ryan Lochte, du Paul Biedermann, et j’en passe. La tâche s’annonçait très difficile. Mallet est parti assez vite, 2e après 50m, il a ensuite rétrogradé, a fait son effort dans la 3e longueur, mais pas assez, il a fini 7e (et finalement 14e temps). Biedermann a gagné, ce n’est pas allé super vite, plusieurs coureurs semblent s’être un peu économisés.

Dans la seconde demi-finale Agnel est parti assez mollement, il a accéléré lors de la 3e longueur pour revenir à côté du Chinois Yang Sun et a pris tranquillement la 2e place, se qualifiant avec le 2e temps. Il ne fallait pas que le Niçois se fatigue avant le relais 4x100m. En principe ça devrait peu ou prou se résumer lundi à un duel franco-chinois.

Ruta Meilutyté, une Lituanienne de 15 ans et 4 mois qui s’entraîne en Angleterre depuis quelques années a battu le record d’Europe en demi-finales du 100m brasse, réalisant le meilleur temps des séries.

Kosuke Kitajima tentait le triplé, il a été titré sur 100m brasse à Athènes et à Pékin (à chaque fois avec Hugues Duboscq à la 3e place), aucun homme n’a réussi l’exploit dans l’histoire des JO de conserver 2 fois un titre individuel en natation, Michael Phelps a raté l’opportunité d’être le premier lors du 400m 4 nages, le Japonais savait qu’il aurait beaucoup de mal à y parvenir. Le Sud-Africain Cameron Van der Burgh était le favori après des demi-finales ultra-rapides, il a explosé tout le monde en finale, battant même le record du monde (58"46). Kitajima a échoué à la 5e place.

On attendait surtout le 400m NL féminin, la course qui devait permettre à la France d’assurer une médaille d’or en natation pour faire au moins aussi bien que lors des 2 précédentes olympiades. Le plateau était très relevé : Balmy à la 3, Muffat à la 4, Allison Schmitt à la 5, mais aussi Pellegrini à la 1, et bien sûr Rebecca Adlington (la championne en titre du 400 et du 800) à la 8. La présence de la Britannique assurait les concurrentes de nager dans une enceinte très bruyante (même si on ne ressent pas le bruit de la même façon quand on nage). Muffat est apparue très décontractée, l’Américaine aussi. On était en droit d’espérer 2 médailles, dont la plus belle… La tension était à son comble.

Muffat a décidé de partir très vite, car s’envoler dès les premières longueurs est la spécialité de l’Américaine, il ne fallait ni la mettre en confiance, ni la laisser prendre de l’avance. Balmy s’est mise dans la vague de sa compatriote pour rester dans le coup. A mi-parcours, les Françaises étaient 1ère et 3e, on était sur les bases du record du monde. Après 250m, c’était encore du bord à bord entre Muffat et Schmitt, la Britannique revenait à la 3e place. La Niçoise avait 0"55 d’avance à 50m de l’arrivée… et elle a tenu ! Camille Muffat, longtemps restée l’éternel espoir ne réussissant pas à concrétiser en grands championnats a fait oublier toutes les déceptions du passé en devenant championne olympique (record olympique en bonus) ! L’Américaine a explosé son record perso en réduisant même son retard. Malheureusement Adlington a pris la 3e place. Balmy a craqué (6e), la course d’équipe n’a pas fonctionné, on a vu les 2 Françaises s’enlacer après l’arrivée, espérons qu’elles se rattrapent en relais en montant à 4 sur la boîte !

On a enchaîné avec la demi-finale du 100m dos de Camille Lacourt. Cette fois il a envoyé du pâté, 53"03, c’est mieux mais… pas très encourageant. Liam Tancock l’a semble-t-il poussé dans ses retranchements… Dans la seconde demi-finale, Matt Grevers a fait une énorme impression, 52"66 en semblant ne pas se donner à fond. En principe la France doit obtenir une médaille d’argent lundi lors de la finale.

Alexianne Castel avait peu de chances d’entrer en finale du 100m dos, battre son record était le but le plus raisonnable, son objectif est le 200m. Elle a terminé 6e en 1’00"24, presque au niveau de son record réalisé lors de la matinée (1’00"15), on pouvait espérer qu’elle approche de la minute.

L’autre moment très attendu était le 4x100m NL masculin… A chaque grande compétition on l’attend, c’est devenu une habitude depuis pas mal d’années déjà. On ne pouvait pas rêver du titre, "a priori" l’Australie était clairement supérieure, en revanche, battre les Etats-Unis – qui ont changé les 4 relayeurs par rapport aux séries et n’ont pas reconduit Matt Grevers, pourtant auteur d’un super temps en séries – et les Russes était un beau challenge.

Dans le quatuor français aligné pour cette finale, il trouvait seulement 2 rescapés de 2008, comme chez les Ricains, les champions en titre, qui ont troqué Garrett Weber-Gale et le "héros" Jason Lezak (présent en séries) pour Nathan Adrian, leur meilleur sprinteur, et Ryan Lochte, leur nouvelle star, pas nécessairement le gars le plus rapide sur 100m. On s’attendait à ce que James Magnussen démonte tout le monde au départ et approche le record du monde individuel, la tactique aurait pu être de mettre notre n°1 pour essayer de rester dans le coup, le choix s’est porté sur Amaury Leveaux, à la fois parce qu’il a un super départ et parce qu’il adore ce genre de défis. En 2e position, Fabien Gilot, hyper expérimenté, il a été de presque tous les combats en relais depuis une éternité (il était déjà là en 2003). En 3e, Clément Lefert, l’inconnue, et non l’inconnu, le nouveau du 4x100m. Yannick Agnel pour finir, le champion de France de la distance.

Non seulement Magnussen n’a pas tué la course, mais il n’a même pas lancé son équipe en tête, battu par Adrian (48"03 contre 47"89), le Français a super bien résisté, réalisant un temps de 48"13. Phelps a été très rapide (47"15 lancé), il a creusé l’écart mais Gilot a pu prendre sa vague pendant une partie de son relais (47"67), il a très bien terminé pour finir 2e. Lefert a eu des nerfs d’acier, il ne s’est pas désuni en voyant Jones (47"60) s’envoler, a été très malin en se collant à la ligne d’eau – son expérience en NCAA a dû compenser son manque d’expérience du relais en EdF car il a très bien couru (47"39, c’est du très lourd) – pour surfer sur la vague. Il avait 0"78 de retard au virage, plus que 55 centièmes au moment où il a touché le mur. Lochte n’a pas amusé la galerie (47"74), mais il s’est fait croquer tout cru par un Agnel monstrueux (46"74) dont le retour inéluctable et l’impressionnante facilité ont permis à des millions de Français d’exulter. Les 25 derniers mètres resteront dans les mémoires, c’était… magique.

La Russie a battu l’Australie pour le bronze, les favoris ont explosé en vol.

Put*in… j’ai rarement autant crié de ma vie !

BILAN : 6 titres olympiques dans l’histoire de la natation française[4] (la moitié sur 400m NL), 2 lors des 2 derniers JO… Déjà 2 à Londres. Et ce n’est pas fini. Compte tenu de la perf d’Agnel et de celles de Magnussen et compagnie, on peut rêver – ça semble toutefois difficile car entre-temps il aura le 200m – de voir Agnel succéder à Alain Bernard, qui devrait recevoir une médaille d’or olympique. Au 4x200m on reprend Leveaux (qui a bien fait de se préserver pour ce relais), Lefert, Agnel, on ajoute Mallet qui a été bon sur 200m, on remet Stravius. Si ça ne fait pas une médaille d’or (celle sur laquelle je parie depuis des mois), je ne comprends plus rien !

C’est vraiment jouissif, ceci pour un tas de raisons. Les Bleus ont tapé la Dream Team avec Phelps (qui n’a toujours pas de médaille d’or) et Lochte (qui devait être LA star des JO)… La revanche de 2008 est cinglante. Alain Bernard s’arrête avec une dernière médaille d’or (même s’il n’est pas monté sur le podium) et Jérémy Stravius est récompensé de ses efforts collectifs en étant lui aussi sacré, devenant le premier français champion du monde en grand bassin et champion olympique). Et pour finir, le CIO avaient prévu des Australiens pour remettre les médailles… MDR !

Aviron Le 2 de couple poids léger français est le bateau le plus prometteur de l’aviron français, Stany Delayre et Jérémie Azou visent l’or, il leur fallait prendre une des 2 premières places (sur 5) pour se qualifier en demi-finales et s’éviter un repêchage qui pompe toujours de l’énergie. Ils n’ont eu aucun mal à obtenir ce qu’ils étaient venu chercher sur ce plan d’eau assez agité et éventé. Longtemps devancés par les Allemands, ils ont tranquillement pris le dessus lors de la seconde moitié de la course, une victoire nette et sans bavure avec plusieurs longueurs d’avance.

BILAN : 5 bateaux français qualifiés aux JO, 5 en demi-finales, aucun en repêchages. Du bon boulot.

Cyclisme sur route Le cyclisme féminin est beaucoup moins médiatisé que le masculin, difficile donc de faire des pronostics en toute connaissance de cause. Compte tenu des conditions climatiques, la chose était encore plus ardue. La Grande-Bretagne nourrissait des ambitions, la France a envoyé 3 jeunes avec l’espoir de créer la surprise. La route était la même que pour les hommes avec beaucoup moins de tours à faire sur le circuit dont la chaussée a été rendue humide par la pluie. Dans la course féminine il y a beaucoup moins de concurrentes, donc les chances de terminer parmi les 3 premières sont supérieures à celles des hommes.

La météo pourrie a été la cause de nombreuses chutes, la configuration de la course a été très différente de celle des hommes, les premières attaques n’ont rien donné, le peloton est resté groupé la plupart du temps. Les Néerlandaises ont été les plus actives, ou plutôt les plus offensives, elles ont tout essayé pour faire exploser le peloton. A environ 80 bornes de l’arrivée, Audrey Cordon a rejoint une Batave partie seul quelques instants plus tôt, le trou n’était pas fait mais stratégiquement c’était la bonne attitude à adopter. Cette échappée n’a pu aller très loin. Dommage.

La même Néerlandaise a attaqué un nombre de fois impressionnant, ça n’a jamais fonctionné ! Ceci dit, ça a servi à une de ses compatriotes, un des plus grands noms du cyclisme féminin, Marianne Vos, dominatrice à la fois sur la route, la piste et en cyclocross. Elles ont fini à 3 sous la pluie avec moins d’une minute d’avance sur le peloton. La Néerlandaise, une Britannique et une Russe ont réussi à partir à la fin de la boucle et ont fini dans cet ordre. La première médaille du pays hôte est venue du cyclisme, mais pas de là où on l’attendait. Pauline Ferrand-Prevot a sprinté dans le peloton, 8e.

BILAN : une 8e place, c’est une finale olympique… ça ne sert pas à grand-chose, c’est vrai, mais c’est encourageant à 20 ans, tout comme la 10e place d’Aude Biannic. Il faudra encore un peu de temps pour voir la relève s’affirmer, ces filles n’étaient pas encore nées qu’on cherchait déjà qui allait succéder à Jeannie Longo, on n’est plus à quelques années près !

Equitation Dans la série mais où sont les membres de la famille royale aujourd’hui ? la réponse du jour était… à l’équitation. Zara Phillips, petite fille de la Reine[5], participait à l’épreuve de dressage du concours complet. Elle a donc attiré sur les lieux une partie de la famille royale. Avant le cross, elle est 24e.

Nicolas Touzaint a été pénalisé par de petites erreurs de son cheval très expérimenté avec lequel il a été vice-champion d’Europe en 2005 en Angleterre (pas celui des JO de 2004 et de son titre de 2003), il ne s’est classé que 27e, Donatien Schauly est 20e, la France n’est que 9e par équipes avant le cross de lundi.

BILAN : c’est moyen, les cavaliers français sont capables de mieux, on va voir si le cross permet de se rapprocher du podium – au moins individuel – avant le CSO.

Canoë-kayak, slalom Il parait qu’un des 2 traceurs du slalom de canoë-kayak est un Français. Ça ne peut être qu’une bonne nouvelle.

Les favoris n’ont pas trop de souci à se faire en qualifications, on dispute 2 manches, on ne retient que le temps de la meilleure, et on garde les 12 premiers en canoë pour les demi-finales, les 15 meilleurs en kayak. En canoë monoplace (le C1), c’est 12 sur 17. Ça permet aussi de se régler, de prendre de véritable repères en configuration course. Le vent faisant bouger les portes, les risques de les toucher sont fatalement bien supérieurs dans ces conditions, j’espère que ça ne va pas transformer ces épreuves en loterie.

Sideris Tasiadis, l’Allemand champion d’Europe, a connu de grosses difficultés, il a loupé sa première manche, d’autres ont aussi connu quelques péripéties sans gravité. Michal Martikan, le grand adversaire de Tony Estanguet, a touché une porte en… ne la passant pas, 50 secondes de pénalité, c’est rédhibitoire. Heureusement qu’il avait 2 manches… Tony a pris une pénalité sur le haut, une autre au milieu, mais malgré ses 2 fautes il s’est classé 2e provisoire. Il est allé nettement plus vite que le Slovène vainqueur de la manche. Le dernier concurrent était le Britannique, un outsider réel ou un favori – vice-champion olympique et numéro 1 mondial sachant que tout le monde n’a pas fait la saison, donc que le classement mondial peut être trompeur – qui a décidé de doubler C1 et C2. Sa présence a enflammé le public. Il n’a pas été bon du tout !

Martikan s’est refait avec une très grosse seconde manche, il a tout simplement pris la tête. Tony était déjà qualifié quand il s’est lancé en seconde manche de qualification. Il s’est bien loupé sur la porte 12 (une rouge), a ensuite été bloqué dans un rouleau, a commis une grosse erreur sur la dernière porte et a fini en sans forcer. Un coup pour rien. David Florence, le Britannique, n’avait pas le droit à l’erreur, il a commis une énorme erreur sur une des dernières portes mais est finalement passé en demi-finales.

En K1, Etienne Daille a réussi le 5e temps de la première manche. L’auteur du meilleur temps est… un Français qui représente l’Espagne. Il a été battu en seconde manche par un Allemand auteur d’une perf monumentale. On évitera de trop parler de la seconde manche du représentant de l’EdF, manche disputée sous une pluie battante, il a voulu prendre des risques et a raté une porte… puis 2, puis 3, etc. Il a lâché l’affaire, de toute façon il était déjà qualifié.

BILAN : Tony Estanguet est 7e sur 12, il va donc passer avant ses principaux concurrents qui sauront ce qu’ils devront faire pour se qualifier. Daille est 13e devant Boukpeti (autre Français qui a été le premier médaillé togolais aux JO)… Il y aura donc 3 Français en demi-finales du K1 (^^)…

Basket On l’attendait ce choc… L’équipe de France de basket contre le Team USA… On espérait un improbable exploit ou une défaite honorable, histoire de ne pas se plomber avant de débuter le véritable tournoi olympique, celui des 5 autres équipes du groupe bataillant pour les 3 places restantes. Mme Obama est venue assister à la rencontre.

Vincent Collet a choisi de débuter avec Tony Parker, Michaël Gélabale, Nicolas Batum, Boris Diaw et Ronny Turiaf, Coach K. a choisi Chris Paul, Kobe Bryant, LeBron James, Kevin Durant et Tyson Chander.

Première action, première perte de balle française. Première possession US, alley-oop (layup) de Chandler avec la faute de Turiaf… Le début de rencontre a été très difficile, des fautes, des balles perdues… Gelabale a marqué le premier panier français (2-4), Turiaf a pris sa 2e faute dans la foulée… La grosse pression défensive des Ricains a posé beaucoup de problèmes aux Bleus. En attaque le ballon est souvent passé par Ronny.

Batman nous a régalé d’un énorme contre avec la planche, le problème est qu’il a manqué d’adresse, et ceci pendant tout le match. Les Américains, menant 11-5, ont sorti Chandler pour mettre Carmelo Anthony… Difficile de jouer plus petit ! Nando de Colo a fait son entrée en jeu après un peu plus de 4’ juste avant le premier panier de TP (and one). Heureusement que les Ricains ne rentraient rien à 3 points sinon ça aurait été très vite moche… En revanche les Bleus ont encore connu des problèmes au rebond, laissant beaucoup trop de secondes chances aux Ricains. La 2e faute (les 2 très sévères) de Batum après moins de 7 minutes de jeu a obligé à faire entrer Yakhouba Diawara.

Un faux rythme (à l’avantage des Français), un peu de défense en zone, un énorme contre de Kévin Séraphin sur Deron Williams (juste après une énorme faute non sifflée sur TP), beaucoup de maladresse, des rebonds étranges, un passage en force provoqué par Nando, des coups de sifflet bizarres, un gros problème à la table de marque… Je ne sais pas trop quoi penser de ce premier QT. J’ai l’impression que les arbitres ont décidé de se foutre de nous en sanctionnant n’importe quoi, ils semblaient avoir une dent contre nos pivots notamment. Est-ce que les arbitres sont au courant que le basket est un sport avec des contacts ? Pas de rythme et des tas ce coups de sifflet pour hacher encore plus le match… C’était interminable !

Yannick Bokolo a mis un panier primé à la dernière seconde pour ramener la France à 1 point après le premier QT (21-22). Ensuite, ça s’est gâté. Les Bleus n’ont existé que pendant un QT.

D’entrée les Ricains ont marqué à 3pts sur un rebond défensif, le premier tir primé. Ils ont enchaîné, passant un 11-0 (avec 3x3pts) aux Bleus qui envoyaient des briques. Collet a lancé Ali Traoré car l’équipe avait besoin de points, il y en avait 12 d’écart. L’EdF a rapidement mis les Américains dans la pénalité, il fallait provoquer des fautes. Par miracle, après un contre de Durant en phase descendante, Batum a récupéré le ballon au milieu du terrain et a tenté de jeter le ballon à la dernière seconde… obtenant 3 LF (!), il en a mis 2. La France a pu revenir à 7pts.

Le Ricains en ont remis une couche pour reprendre 12 unités d’avance, d’où un temps mort français à 4’ de la mi-temps. Pas de bol, la réussite américaine à longue distance était bien de retour alors que Batum ne mettait rien. L’écart a cru jusqu’à 15 points. Heureusement qu’Ali Traoré a marqué 2 and one en mystifiant ses défenseurs, ça permettait de limiter les dégâts.

52-36 pour les Ricains à la mi-temps… En voyant le nombre incroyable de rebonds offensifs laissés aux hommes de Coack K. et le nombre de LF loupés, on pouvait avoir de gros regrets. Il y avait vraiment moyen d’être plus près, ne serait-ce qu’en étant plus adroit sur les tirs ouverts et en faisant un peu plus attention à éviter les pertes de balle débiles.

C’est totalement parti en sucette par la suite à cause d’un LeBron James monstrueux, les Ricains ont beaucoup mis à 3pts… 78-51 à la fin du 3e QT après un 12-1 lors des dernières minutes. La ban, la bran-bran… On a largement fait tourner pour économiser les joueurs majeurs avant d’affronter l’Argentine. Sur le parquet c’était déjà show time depuis un moment.

L’écart max a été de 32 points, ça s’est terminé sur un score logique de 98-71… C’est bien, on a évité de marquer moins de 70 points et d’en concédé plus de 100. Youpi.

Regarder la stat des rebonds donne mal à la tête : 18 rebonds offensifs à 9, 38 rebonds défensifs à 31 (soit 56-40 au total). Celle des tirs à 3pts aussi… 2/22 pour la France. 63% aux LF. 10 passes décisives pour 18 pertes de balle. La bonne nouvelle est qu’on ne peut que faire mieux ! En fait, hormis à 2pts (55% contre 49%), l’EdF a été dominée de partout.

BILAN : il faut oublier tout ça est se reconcentrer pour les matchs qui vont vraiment compter. Les Argentins ont explosé la Lituanie, c’est assez mauvais signe pour nous. Hormis qu’Ali Traoré (12pts en 13 minutes) a plusieurs fois fait l’amour à Kévin Love (désolé^^), on a envie de tout oublier de ce match !

Boxe Alexis Vastine affrontait un jeune Allemand pour son entrée en lice lors de ces JO dans sa nouvelle catégorie (-69kg). Plus grand, le Français a débuté ce tournoi de boxe avec une très bonne reprise (on rappelle que c’est 3x3 minutes), il a en effet mis beaucoup de coups dans un style assez délié, c’était propre, 6-4 n’était pas très cher payé même s’il est vrai qu’il a aussi encaissé des coups. Le round suivant a été moins bon car il a commencé par vouloir aller à la guerre et a reculé en baissant un peu trop sa garde après avoir frappé, permettant à Patrick Wojcicki de contrer. C’était un peu trop brouillon. Résultat, 4-4, soit 10-8 en faveur du Français. Par la suite celui qui aurait dû être sacré champion olympique il y a 4 ans s’est remis à boxer correctement, il a frappé, esquivé ou fui, contré, il y a ensuite eu quelques accrochages, et s’il a encaissé quelques coups on peut dire qu’il a assez bien géré cette fin de combat quand l’Allemand a tenté le tout pour le tout. 16-12 pour Vastine.

Rachid Azzedine (-60kg) a rencontré un jeune Américain en fin de soirée. Contre cet adversaire plus grand que lui, ça a bastonné, ça envoyait sévère, il était mené d’un point (6-5) à l’issue de la première reprise, il y a eu 7-6 dans la 2e, il fallait donc combler un retard de 2 points lors des 3 dernières minutes. Pour ce faire, il a tout donné dès le début du dernier round, c’était la guerre ! Jose Ramirez a cherché à accrocher le Français pour l’empêcher de le cogner. Fatalement, Azzedine s’est exposé contre cet adversaire soutenu pas un gros public ricain. Le Français a reculé pendant la dernière minute, il a alors subi. En se remettant à avancer, le représentant des Etats-Unis a fait la différence, je pense que ces quelques secondes ont été décisives. Il était en effet très difficile de dire qui avait gagné ce combat tant ça a frappé. 21-20 pour le Ricain… Arf.

BILAN : un premier français en 8e de finale, un éliminé, les 2 ont fait de leur mieux, c’est très décevant pour Rachid (qui a été arrêté pendant plusieurs mois après avoir obtenu sa qualification, il avait la mâchoire cassée), il n’est pas tombé sur plus fort mais sur aussi fort que lui, il a tout donné, on ne peut rien lui reprocher. Plus que 4 boxeurs français en lice… On aura du mal à faire au moins aussi bien qu’à Pékin dans ce sport.
Petite remarque, je trouve assez dérangeant de ne pas voir le score évoluer en temps réel, mais c’est pratique pour l’AIBA qui ainsi peut camoufler les arnaques.

Voile On a débuté les épreuves de voile olympique avec le Star, le Finn masculin et le match racing.

Le Star français a gagné la première manche et fini 13e de la suivante, il est 6e sur 16 après la première journée. En Finn, Jonathan Lobert a terminé 9e et 4e des 2 premières manches, il est 4e provisoire après 2 régates sur 10, mais est loin du podium car le podium a été 2 fois le mêmes, il a 13 points, les 3 qui le précèdent en ont 2, 4 et 6. En match racing les Françaises ont enregistré une victoire et une défaite lors de la phase de poule qui ne fait que débuter.

BILAN : il est beaucoup trop tôt pour faire un bilan !

Gymnastique artistique La gymnastique artistique féminine est une des épreuves star des JO d’été. Les Françaises, en juste-au-corps rouge et blanc, sont passées dans la même subdivision que les Etats-Unis et les Britanniques (notamment), ce qui peut être déstabilisant au niveau de l’ambiance.

Il y a eu pas mal de chutes dans les groupes du matin, pas mal de blessées dans différentes équipes avant les JO, la jeune prodige roumaine, Iordache, n’est pas en état de défendre ses chances à fond… Autrement dit des surprises semblaient possibles.

Youna Dufournet est tombée aux barres asymétriques, notre seule chance de médaille s’est envolée. Un peu plus tard la star locale, Elisabeth Tweedle, a obtenu une note monstrueuse à cet appareil, son mouvement est juste flippant, elle vole dans tous les sens, enchaîne, multiplie les lâchers de barre, c’est un truc de folle.

BILAN : on peut parler de catastrophe pour nos petites Françaises, c’est en réalité assez logique compte tenu des galères connues ces derniers mois… Il n’y aura qu’une finaliste au concours général individuel, Aurélie Malaussena est qualifiée mais c’est surtout symbolique, elle tentera de réussir une performance honorable.

Tennis En raison de la pluie, seul le central de Wimbledon a pu être utilisé pour jouer les tournois de tennis, c’est un gros souci. Tsonga était au programme, contrairement à Gasquet il a pu jouer. Ça s’est passé moyennement, il a perdu le premier set de son premier tour contre Thomaz Bellucci, le problème pourrait être physique, il semblerait qu’il se soit refait mal à son doigt blessé entre Roland-Garros et Wimbledon, il a paru énervé. Heureusement il s’est bien repris. Score finale 6-7, 6-4, 6-4 après plusieurs balles de match, il a dû batailler.

BILAN : ça va être un beau b*rdel s’il continue à pleuvoir… Heureusement que le tennis est la première semaine, ça laisse de la marge pour finir les 5 tournois avant la cérémonie de clôture. Pour le moment l’équipe de France a un bilan de 6 victoires pour une seule défaite.

Handball Incroyable, les Britanniques ont réussi à mener 1-0 contre l’équipe de France de handball et à ne pas encaisser de but pendant un peu plus de 2 minutes ! Ils ont aussi mené 2-1, les Experts ont fait n’importe quoi en début de match. Bon, c’est resté passager, les Français ont ensuite envoyé du pâté pour mener 7-2. Etrangement, encore frais, les joueurs locaux – qui ne le sont pas vraiment car plusieurs ont été naturalisés pour l’occasion – ont bien résisté face à des champions olympiques pas forcément très concentrés et sérieux. L’EdF a réussi à se retrouver 2 ou 3 fois en infériorité avec un joueur temporairement exclu. A 10-6 ils ont arrêté les c*nneries et on enfin fait le job pour creuser l’écart et ne pas perdre la face. On annonçait 30 à 40 buts d’écart.

21-7 à la mi-temps, 44-15 à la fin.

BILAN : au suivant ! La phase de groupe de ce tournoi olympique doit être une formalité, le quart sera LE gros morceau.


  • EN BREF

-Escrime : Boladé Apithy, mené 8-1, a été défait 15-11 par un Biélorusse dès son entrée en lice au sabre masculin… Grosse déception. Le titre est revenu à un Hongrois devant un Italien.
-Football : dans le tournoi masculin, le Brésil a gagné 3-1 contre la Biélorussie grâce à un CF et surtout une passe décisive grandioses de Neymar. L’Espagne est quant à elle déjà éliminée.
-Cyclisme : Cadel Evans ne va pas se présenter au départ du contre-la-montre.
-Judo : en quart de finale chez les moins de 66kg, la décision des juges à l’issue du golden score a été inversée après vidéo, ils avaient tous les trois donné le Coréen vainqueur, on les a fait changer d’avis après que les juges chargés de la vidéo aient décidé de revoir les images. Une première. (Les 2 hommes ont finalement obtenu une médaille de bronze.)
-Cas de dopage en gymnastique, cas de dopage en athlé (Tamika Williams de Saint-Kitts-et-Nevis).


  • BONUS

-Beach-volley : en raison des conditions météo, ces matchs féminins ont été joués avec le bikini… par-dessus une combinaison.
-Au Japon, ça couine à cause des résultats du judo, les petites catégories sont en général la chasse gardée des combattant de l’Empire du Soleil levant, pour le moment c’est la loose.


  • RESUME DE LA JOURNEE

Les femmes de l’équipe de France olympique n’avaient remporté que 7 médailles à Pékin, dès le 2e jour des JO de Londres 2012 elles ont 3, dont un titre, autant en Chine il y a 4 ans mais au bout de 16 jours. Les records vont exploser ! Tableau des médailles J2

Notes

[1] Elle mesure 1m56.

[2] J’explique ? Larose-Fleury… Désolé.

[3] 21 ans le 3 août.

[4] 5 si on se limite à la natation moderne.

[5] Quelle Reine, Elisabeth II ou la Reine mère ? Je n’y connais rien en têtes couronnées !