Judo En judo, le champion olympique en titre de la catégorie masculine du jour (- 81kg) a été sorti par Québécois inconnu dès son premier tour. Depuis le début des JO, le grand favori n’avait remporté l’or qu’une seule fois sur 6, beaucoup de cadors ont été battu prématurément. Un peu flippant pour les 4 champions du monde en titre français au programme des 4 dernières journées.

Gévrise Emane (-63kg) a tout gagné sauf les JO. A Pékin, arrivée dans une position de favorite, elle avait explosé au premier tour. Depuis elle a changé de catégorie, a retrouvé les sommets, et a surtout accumulé beaucoup d’expérience, on était donc en droit d’être confiant. Pour débuter, elle a dû affronter une Britannique devant son public. On a vu très peu d’attaques pendant la première moitié du combat, Gévrise a été l’auteur de la plus forte. La Britannique a été sanctionnée au bout de 3 minutes, la Française a donc cherché à enfoncer le clou en attaquant de nouveau, essayant aussi un peu de travail au sol. Ça ne marquait pas mais elle prenait l’ascendant dans la tête des juges. A 30 secondes de la fin, la locale a failli surprendre la championne du monde en allant la chercher aux jambes, on a vérifié à la vidéo pour voir si elle avait le droit. Elle a été disqualifiée pour une attaque directe aux jambes. On qualifiera cette entame de compétition de moyenne.

Alain Schmitt (-81kg) – auteur d’une très bonne saison avec des tas de podiums en tournois, d’où sa 7e place mondiale, ce qui lui a valu sa qualification, ils étaient 3 Français à pouvoir la briguer – n’a pas eu de chance au tirage, dès son entrée en lice il a pris le Néerlandais Guillaume Elmont, frère de celui qui a battu Ugo Legrand lundi. Le Français a failli se fait piéger en attaquant mais est resté le plus offensif. Ça demeurait tendu, avec un faux rythme, pas réellement d’action forte avant le spécial de Schmitt à une minute de la fin, une action déjà tentée mais avec moins de conviction. Le Batave n’avait pas une bonne attitude, il a alors logiquement pris un avertissement pour non-combativité. Encore un golden score… Elmont a tout fait pour gagner du temps, endormir son adversaire, il fallait s’en méfier. Soudain, grosse attaque du Néerlandais. Heureusement, le Français a pu se récupérer. On a cru à la victoire de Schmitt au bout d’une minute quand Elmont a fini sur le dos, ça a été jugé comme une technique de sacrifice de ce dernier et non comme une action du Français. Ce dernier devait se remettre à attaquer pour avoir le dessus, il a tenté de nouvelles actions. Cramé physiquement, Schmitt a eu de la chance, un léger saignement à 30 secondes de la fin lui a permis de récupérer quelque peu avant la fin du combat. Il s’est fait bouger pendant les dernières secondes, mais fort logiquement la décision a été donnée à l’unanimité en sa faveur.

Au 2e tour, Gévrise a affronté la Cubaine, il y avait forcément danger, d’autant que cette fille était une découverte pour la championne du monde en titre. Un premier gros mouvement de Mme ou Melle Yaritza Abel Rojas a été un peu effrayant, il n’a pas fonctionné mais lui a permis de provoquer une première sanction contre la Française. On ne sentait pas la favorite en confiance, elle n’était pas très à l’aise, heureusement que la Cubaine ne faisait pas grand-chose sinon les embryons de d’actions de Gévrise auraient pu être punis par les juges comme de fausses attaques. Manquant de mouvement, la Française ne parvenait pas à mettre en difficulté une fille qui pensait uniquement à défendre en cherchant le contre. A force d’attendre, elle a pris à son tour une pénalité. 17903e golden score en 4 jours. Pendant cette prolongation, rien n’a été marqué, la Cubaine a un peu tenté de bluffer les juges en essayant de donner l’impression de vouloir faire tomber, notamment avec un mouvement à 30 secondes de la fin. La victoire de Gévrise n’a pas dû être une évidence dans l’esprit des juges, ils ont levé les drapeaux blancs. L’important était de se qualifier pour les quarts, une bonne chose de faite.

Il paraît que lors des rassemblements de l’équipe de France, Alain Schmitt s’occupe de faire la bouffe. Bah oui, la cuisine, c’est Schmitt. Suite à ce que vous venez de lire, je suis sorti… et revenu, ce genre de vannes en rapport avec des publicités à la c*n est assez honteux. Bref, on en vient au 2e tour du Français contre un Argentin imprévisible et inconnu, Emmanuel Lucenti. Cette fois on a vu de véritables attaques, surtout de Schmitt, ça ressemblait à du judo ! Mais oui ! Le judoka de Levallois semblait assez nettement supérieur, le Sud-Américain aurait me semble-t-il pu ou dû être sanctionné pour fausses attaque, puis le Français s’est fait peur sur des tentatives de ramassement de jambe de l’Argentin… avant de se fait surprendre d’un énorme balayage à 37 secondes de la fin, ippon, un gros gâchis. Même pas de repêchage.

Si Schmitt n’était qu’un outsider, Gévrise n’avait pas le droit de se manquer contre une Mongole très dangereuse, Munkhzaya Tsedevsuren. Après 1’30, l’Asiatique a mis un énorme mouvement d’épaule, c’est un énorme miracle que rien n’ait été marqué, on a vraiment cru à la catastrophe. La Française, crispée, a été sanctionnée pour non-combativité, elle ne tentait rien. On ne la sentait vraiment pas dans un grand jour. A 2’ de la fin Gévrise a enfin tenté un mouvement mais a été contrée, ça aurait pu être dramatique. Encore un golden score… J’ai l’impression que la durée moyenne d’un combat lors de ces JO est supérieure à 7’.

En tout début de prolongation une action a failli marquer yuko pour l’une ou l’autre, la Française avait attaqué et une fois de plus la Mongole avait contré, c’était sa tactique, le contre. Gévrise était maintenant beaucoup plus active, il fallait faire tomber, tenter de gros mouvements. Quelle tension ! Dans l’attitude, il n’y avait pas photo, la Mongole a pris sa première pénalité à 20 secondes de la fin. La championne du monde a tenté une dernière action tout à la fin, elle a très largement dominé la prolongation, normalement le combat avait tourné en sa faveur, mais on a vu 3 drapeaux bleu. Le début du combat a dû rester dans l’esprit des juges, ils n’ont retenu que la grosse attaque de la 2e minute. Direction les repêchages. Quelle énorme déception pour une judokate capable de beaucoup mieux mais dans le dur depuis le début de la journée faute d’avoir su aborder l’événement suite au traumatisme de Pékin !

Il fallait se remettre de cette défaite pour aller chercher le bronze, ça ne semblait pas facile, surtout après avoir montré une telle fébrilité, surtout après avoir disputé des combats si longs. Il lui fallait 2 victoires, d’abord une contre une Israélienne qu’elle connaît très bien, Alice Schlesinger. Beaucoup plus agressive, Gévrise a plusieurs fois tenté son spécial, elle a failli passer un mouvement à 30 secondes de la fin, ça a fait réagir les arbitres, la moulinette a tourné contre l’Israélienne. Mais encore une nouvelle fois de plus – ! – il a fallu en passer par un golden score. La Française a continué à attaquer, ça a fini par payer, la passivité de l’Israélienne a été sanctionnée, le combat s’est terminé ainsi.

Agée de 30 ans, Gévrise Emane n’a pas prévu de participer une nouvelle fois aux JO. N’ayant jamais remporté de médaille olympique, elle devait profiter de cette dernière occasion d’en obtenir une. Face à Joung Da-Woon, une Sud-Coréenne de 23 ans beaucoup plus grande qu’elle, ça devait le faire, malgré les difficultés à prendre la garde. On a eu le sentiment de retrouver la guerrière vue sur les tatamis depuis des années. Elle a pressé, attaqué, l’Asiatique ne pouvait rien faire. La Française a tenté des enchaînements au sol. A 20 secondes de la fin la Coréenne est tombée sur le dos à la suite de son attaque – quasiment la seule – contrée mais ça n’a pas marqué. 4e golden score de la journée pour Gévrise… puis 3e décision ! La Française a été beaucoup plus offensive, nettement supérieure, on s’attendait donc à voir du blanc, on a vu du blanc, Gévrise s’est imposée à l’unanimité.

Disqualification, décision favorable, décision défavorable, pénalité en prolongation, décision favorable… En 5 combats, Gévrise n’a fait tomber personne, elle n’a marqué qu’un yuko sur des pénalités. C’est assez hallucinant, normalement elle met des pions, cette fois elle n’a planté personne ! Mais on prend, la voir repartir sans breloque aurait été un crève-cœur, il lui fallait une médaille olympique pour compléter un si beau palmarès. Elle a dû se battre physiquement et mentalement, se relever d’une terrible déception, se remotiver. Ça me rappelle Teddy Riner en 2008.

Une Slovène en or, une Chinoise en argent, Gévrise et la Japonaise n°1 en bronze… Ces JO sont décidemment très surprenants !

BILAN : 9e médaille française, 4e médaille de bronze pour le judo, la collection est belle, espérons que les médailles d’or arrivent bientôt. Cette journée hyper laborieuse montre une nouvelle fois la différence entre les JO et toute autre compétition, la pression n’est pas la même, tout peut se passer.
Depuis le début des JO, on n’avait vu aucun membre de l’EdF de judo perdre contre moins fort que lui, il y a des débuts à tout… Pour le moment Schmitt est le seul.

Natation Perso, j’attendais 2 médailles d’or de plus à la natation… Pour cette journée, j’y croyais dur comme fer pour le relais, je pense que la compo a été mauvaise, l’ordre m’a posé problème.

SESSION DU MATIN : les séries du 100m NL étaient au programme.

Nathan Adrian a confirmé sa grande forme dans une course où César "furosémide" Cielo – je l’avais oublié celui-là ! – et Filippo Magnini ont pris un bouillon. Yannick Agnel était dans l’avant-dernière série, il n’est pas allé vite et n’a pris que la 3e place ex-aequo, ça a largement suffi. Il a dû se ressentir de ses efforts de la veille et surtout de ce qui a suivi son titre sur 200m NL. James Magnussen et Fabien Gilot étaient dans la dernière série. Cullen Jones est parti comme une balle, Gilot n’a fini que 5e mais qualifié, Magnussen 2e. Bilan, 2 Français en demi-finales (12e et 14e).

Vice-champion du monde, le relais 4x200m NL français a pris le départ des séries – qui sont en fait des demi-finales – sans Yannick Agnel, c’était attendu, le but étant juste de gagner et… d’obtenir sa place en finale, tant individuellement que collectivement. Jérémy Stravius au départ, Grégory Mallet, Amaury Leveaux et Clément Lefert pour finir. Le 2nd remplacement n’a pas été aligné, preuve que le staff a voulu assurer le coup.

Stravius est parti très vite, il avait sans doute envie d’être retenu pour disputer la finale après avoir été spectateur de celle du 4x100m. Il a ralenti par la suite, soignant ses coulées et passant le relais en 2e position. 1’47"42, à 12 centièmes de son record (qui date de l’époque des combinaisons). Grégory Mallet est passé devant au 3e virage et a encore accéléré pour lancer Leveaux en tête. 1’47"56 pour Mallet. Amaury a rétrogradé avant de placer son accélération lors de son dernier retour, il a alors largement pris la tête. 1’47"87 pour Leveaux. Lefert a contrôlé, Paul Biedermann a tout donné, est revenu bord à bord, le Français avait gardé des forces pour bien finir et toucher en tête. Le travail a été fait, on a juste eu un peu peur avec la prise de relais de Lefert (qui a nagé très vite, en 1’46"33).

Les Américains ont très largement dominé la seconde demi-finale, réalisant le meilleur temps devant la France. La Russie, 10e temps, a été éliminée, c’est la seule surprise.

LA SESSION DU SOIR, C’EST PLUS BAS…

Tir Anthony Terras s’est repris lors de la seconde journée des qualifications du skeet, il a fait 25/25 pour se relancer, et n’a pu finalement terminer que 17e des qualifications.

Nasser Al-Attiyah a réussi son pari, le Qatar a obtenu la médaille d’argent dans cette discipline. C’est un vrai Qatari, pas un Africain naturalisé pour représenter les JO, et surtout ce n’est pas n’importe qui, on le connaît pour ses résultats en rallyes, il a tout de même déjà remporté le Dakar, ce n’est pas rien !

BILAN : l’équipe de France de tir en est toujours à une médaille et une finale, il faudrait pouvoir doubler ce résultat.

Tennis La pluie sur Wimbledon a encore foutu la m*rde dans les tournois de tennis. Gasquet avait déjà joué son 2e tour contre Marcos Baghdatis. Tout allait bien pendant un moment mais il a perdu son service à 4-4 et le premier set 6-4. La manche suivante a été la seconde, pas le 2e. Même scénario, 2 fois 6-4. Plus que 2 Français en simple…

Contre Milos Raonic, le géant canadien, très gros serveur, Tsonga a été à son niveau, il a gagné le premier set 6-3, mais ensuite il a très vite concédé un break et perdu 6-3 cette 2e manche. Le match s’est fini beaucoup plus tard lors d’un 3e set, il y avait 2-1 au moment de l’interruption. Le règlement ne prévoir pas pas de tie-break dans la 3e manche aux JO et le Français avait l’avantage de faire la course en tête. Ils nous ont fait une petite Isner-Mahut ! Un dernier set interminable ! Jo a eu l’opportunité de conclure, une fois, vers 16-15, il était très frustré de son impuissance face aux services de ce monstre. A 21-20, le Français a mené 0-30 avec en plus une 2e balle à retourner… mais quelques secondes plus tard, 40-30. Raonic a commis une grosse faute, 40A, le Manceau s’est arraché sur le point suivant pour s’offrir une balle de match, elle a été sauvée par un gros service. Le Canadien a fini par s’en sortir, encore une fois. Tsonga a finalement pu plier l’affaire en gagnant 25-23 ! Il s’agit du plus long set et du plus long match de l’histoire des JO, peut-être même le plus long 3e set de l’histoire du tennis moderne (quand on voit ce genre de choses, en général c’est un 5e set). La balle de match a été un point de folie avec défense de folie, lob, montée au filet, volée, et smash pour terminer.

Pendant ce temps, Julien Benneteau et Richard Gasquet ont gagné en double contre les Indiens, ils sont qualifiés pour les quarts.

BILAN : on a toujours des chances de médailles, je crois surtout aux doubles, à condition que Tsonga se soit remis de ce marathon et que Benneteau n’ait plus de problème avec sa pubalgie.

Aviron En demi-finales des compétitions d’aviron il fallait prendre une des 3 premières places sur 6 engagés, ça s’est disputé sous la pluie incroyable, ça tombait vraiment dru.

En 2 de couple, Julien Bahain et Cédric Berrest ont été très décevants. Après 500 puis 1000m ils étaient derniers, les Slovènes étaient très loin devant. Grosse déception, les Français ont craqué, ils ont été complètement largués, terminant à la 5e place. Ils faisaient partie des espoirs de médaille en aviron, ils avaient l’habitude des podiums, on n’a pas des masses de possibilités.

Le 4 sans barreur français a dû faire face à une très grosse adversité, la course était pleine de bateaux médaillés. Contrairement au 2 de couple placé à l’extérieur, le quatuor tricolore a eu la chance d’être au milieu du plan d’eau, il a navigué en 4e position pendant la première moitié de la course alors que les Danois étaient loin devant. Les Français n’ont pu répondre à l’accélération dans le 3e 500m, ils ont rétrogradé en 5e position, l’enlevage ne leur a permis de remonter que d’une place, la 4e, il manquait 200 mètres. Pas de grande finale.

BILAN : water l’eau.

Escrime Victor Sintès a débuté dans le tournoi de fleuret masculin en tapant un Japonais (15-11), il a été bon puis a eu du mal à terminer. L’Asiatique s’est ensuite blessé à la cheville en glissant et en se faisant percuter par le Français, il était revenu de 8-13 à 11-13. Après avoir été strappé, il a pu reprendre, ça n’a pas duré.

Pendant ce temps, les 2 autres Français s’affrontaient. Saleté de tirage au sort ! Enzo Lefort a d’abord mené contre Erwann Le Péchoux avant de se faire doubler et éliminer par son coéquipier (15-9).

Le Péchoux a ensuite dû affronter un Sud-Coréen contre lequel il n’avait jamais perdu pendant que Sintès tirait contre un Chinois. L’interruption entre les 2 premiers tours a été longue. Le Péchoux a commencé par un 4-0, il était royal, à 7-2 il y a eu un choc, le Français s’est fait mal au poignet gauche, le Coréen au coude ou à l’épaule, on a interrompu l’assaut. Ensuite le Coréen est revenu à 8-6, il a fini par prendre un carton jaune à force de trop aller au contact, Le Péchoux a pu reprendre 4 touches d’avance, le Coréen est revenu à 2, puis à une seule touche (11-10), le Français a alors changé de fleuret, ça n’a rien changé, 11-11, puis 12-11 pour le Coréen, Le Péchoux subissait, il a égalisé en reculant, s’est de nouveau fait piéger, 12-13, a encore égalisé, c’était maintenant une succession d’attaques dès le «allez !», le Coréen a eu une touche de match… et a gagné 15-13. Catastrophe.

Le tout petit Sintès (médaillé de bronze aux derniers ChM) s’est fait découper par le très grand Chinois, 10-5 au bout de 3 minutes. 15-6 pour l’Asiatique.

BILAN : c’est la super loose, l’escrime française en est toujours à un zéro médaille, et même personne en quart de finale alors qu’il ne reste que 2 hommes à l’épée, une sabreuse et les 2 épreuves par équipes en fleuret. On est parti pour finir avec le pire bilan de l’histoire !

Canoë-kayak, slalom Le grand défi de Tony Estanguet… Le porte-drapeau de la délégation tricolore en 2008 voulait bien terminer sa carrière aux JO. Il fallait tout d’abord réussir à se qualifier en finale du canoë monoplace en prenant une des 8 premières places de la demi-finale à 12. Ça se joue sur une manche sèche. Enfin… "sèche", vous m’avez compris. Le tracé a été modifié entre les qualifications et les phases finales, il a été conçu par un Allemand et une Française sur une rivière artificielle extrêmement agitée.

Avant Tony, les concurrents ont pour la plupart eu des pénalités. Il a été très bon, n’a rien touché, a juste eu un tout petit problème sur un stop un peu bas, et a mis 2"70 au meilleur temps, assurant déjà sa qualification. Je vous avoue que j’étais très tendu. Le Britannique David Florence, très attendu car n°1 mondial en ce moment, a voulu partir extrêmement vite, il a commis de grosses erreurs, ne terminant que 6e provisoire, il risquait gros car 4 concurrents restaient à passer, dont de gros clients.

L’Allemand Sideris Tasiadis – champion d’Europe – a largement pris la tête, 2"73 de mieux que Tony, il a été le première à terminer en moins de 100 secondes. Le Japonais s’est classé provisoirement 4e, reléguant Florence à la 8e position, on allait donc perdre au moins un cador. Le Slovène Benjamin Savsek a réussi une très belle manche à 0"98 de l’Allemand. Pas de Britannique en finale. Au tour de Michal Martikan, meilleur temps des qualifications, double champion et quadruple médaillé olympique. Il a commis une énorme erreur sur une des 3 premières portes, a ensuite dû prendre des risques, a fait un stop très bas, mais étant très très fort, il a réussi à sauver les meubles pour terminer 4e, juste derrière Tony.

La finale avait lieu une heure plus tard. Le Japonais qui passait 3e a carrément esquimauté. L’Espagnol a eu un peu de mal avec un stop un peu bas, sur la porte décalée aussi, mais il avait déjà beaucoup d’avance sur le meilleur temps provisoire, ça a suffi pour prendre la tête avec enfin un temps de référence valable. Martikan était le suivant à prendre le départ, je ne vous cache pas que l’heure n’était pas au fair-play, je lui souhaitais de commettre des fautes. Hormis un stop un peu bas après une traversée, il a tout fait parfaitement et a pris la tête avec une marge énorme, 4"30. L’Espagnol a tiré la tronche…

Ayant terminé juste devant son rival de toujours en demi-finale, Tony Estanguet s’élançait juste après le Slovaque lors de la finale. Il a été FABULEUX ! Une manche d’anthologie, aérienne, fluide, propre, incroyable ! Il a pris la tête et très franchement, on imaginait mal voir un des 2 derniers concurrents l’en déloger.

Le Slovène Savsek a fait n’importe quoi dès le début, il n’a pas résisté à la pression mise par les 2 géants de son sport. La médaille d’argent était assurée au Français, Martikan aussi allait forcément monter sur le podium.

Seul le champion d’Europe en titre pouvait régler tout le monde, mais ayant beaucoup moins d’expérience et une énorme pression, on pouvait douter de sa capacité à réussir une manche plus que parfaite. Tasiadis a été très bon, a même été énorme en bas, reprenant une des 2 secondes de retard accumulées par rapport au Français. L’Allemand s’est intercalé entre les 2 stars de sa discipline, reléguant Martikan à la 3e place…

Monsieur Tony Estanguet restera pour toujours le premier triple champion olympique de l’histoire du C1 et surtout le premier Français à remporter 3 titres lors de 3 olympiades différentes. Grandiose ! Il a dû se battre pour se qualifier, c’était déjà très fort, puis a dû se battre pour remporter ce 3e titre. C’est un véritable exploit.

Rappelons aussi que Martikan est double champion olympique, double vice-champion olympique, et maintenant médaillé de bronze, soit 5 médailles en 5 olympiades consécutives, c’est monumentale ça aussi !

BILAN : 8e médaille de l’équipe de France, 4e titre, le canoë-kayak a déjà rempli son contrat et il reste 3 épreuves.

Badminton Hongyan Pi affrontait une Irlandaise au 1er tour du tournoi de badminton, ce match de poule (une poule de 3) était en réalité un 16e de finale car les 2 joueuses ont battu la 3e fille du groupe. La Française était en tête dans la 3e manche, mais la rage de son adversaire encouragée par le public lui a rendu la tâche très difficile. Elle a fini par s’en sortir et peut donc rejoindre le tableau principal.

Brice Leverdez s’est quant à lui incliné contre un représentant de Hong-Kong, sa route s’arrête en poule.

BILAN : honnêtement, on n’attendait pas grand-chose en badminton, j’espère qu’Hongyan réussira à atteindre les quarts, ce serait déjà beau.

Equitation Le CSO du concours complet a été disputé dans un très grand stade plein et sous la pluie. Ça s’est très mal passé pour les Français (blessé, le cheval de Donatien Schauly n’a pas été autorisé à continuer après le cross et Nicolas Touzaint n’a terminé que 17e, Lionel Guyon 24e), ils ont terminé à la 8e place par équipes, le titre est revenu à l’Allemagne devant la Grande-Bretagne de Zara Phillips, qui a commis une faute très pénalisante lors de la première manche.

La petite fille de la Reine était 14e avant le dernier passage, elle a réussi un sans-faute sur la seconde épreuve de CSO (8e au final). Ça s’est très mal passé pour les Britanniques dans le concours individuel, elles ont terminé 5, 6 et 8e, elles se satisferont de leur médaille collective.

L’Allemand Michael Jung – et non Young – a gagné devant une Suédoise qui a loupé l’or pour une barre tombée… sur le dernier obstacle !

BILAN : on le savait, si on pouvait espérer un podium en équitation, c’était en saut d’obstacles, pas en concours complet.

Tir à l'arc Le tournoi individuel de tir à l’arc de déroule avec un nouveau format. Ça se joue au maximum en 5 sets de 3 flèches, gagner un set rapporte 2 points, un match donne 1 point, la victoire va au premier à 6 points.

Bérangère Schuh est entrée en lice contre une Japonaise médaillée de bronze par équipes (comme la Française il y a 4 ans). La 37e place en qualifications a réservé à la Française l’auteur de la 28e perf pour débuter son tournoi. Il y avait du vent, pour le tir à l’arc c’est un problème.

Le premier set de 3 flèches a été une catastrophe, la Japonaise a été énorme. Ça s’est inversé dans le 2e, au tour de la Japonaise de se louper. Schuh a réussi son premier 10 à la 6e tentative. Elle a été très solide ensuite pour enchaîner les 9 et les 10 dont un plein centre. Elle a été phénoménale sur la fin.

Prochaine étape, un 16e de finale contre une Taïwanaise très forte et beaucoup mieux classée (5e). Ça s’est enchaîné rapidement. La Française a totalement manqué le premier set, a été presque parfaite lors du suivant. Elle a ensuite été plus forte dans la tête pour remporter le 3e set d’un point. Un 9 ou un 10 sur la dernière flèche lui aurait permis de gagner en 4 manches, elle a fait 8, égalité, 5 points à 3 pour Schuh. Ça s’est mal passé ensuite, par conséquent il y avait donc 5-5 à l’issue des 5 sets. On a dû départager les 2 femmes avec une flèche de barrage, celle qui allait toucher la cible le plus près du centre allait obtenir sa qualification. L’Asiatique a marqué 9 tout près de la bordure extérieure, la Française a fait… quasiment la même chose. Incroyable ! Bérangère Schuh a gagné pour quelque-chose comme un millimètre ! Je n’exagère rien !

BILAN : et pourquoi pas un exploit ? Encore 2 victoires et ce serait le dernier carré. Compte tenu de la réussite connue aujourd’hui, la Française a le droit d’y croire !

Football France-Colombie devait se finir par une bran-bran. Le match s’est déroulé à Newcastle dans un stade qui sonnait encore très creux. Je ne comprends pas que Bruno Bini n’ait pas plus largement fait tourner, il a juste mis Elise Bussaglia sur le banc. Avec des matchs tous les 3 joueurs on ne peut pas se permettre de tirer à sur les organismes sans laisser les filles se reposer, surtout avant le match le plus important, le quart de finale, surtout quand une de vos taulières a déjà un jaune et que vous avez la remplaçante idéale.

Les Sud-Américaines ne pouvaient que finir grillées physiquement, à parier j’aurais dit 6-0… minimum.

L’ouverture du score aurait dû se produire dès la 3e minute en contre, Elodie Thomis est partie dans la profondeur, a servi Gaëtane Thiney seule dans l’axe qui a réussi l’exploit de ne pas marquer. Thomis a eu une autre opportunité à la 5e minute, encore en partant en profondeur côté droit, cette fois elle a conclu seule, déjà 1-0. Une énorme frappe de loin de Thomis a été détournée par la gardienne sur sa barre (26e), puis vers la demi-heure de jeu une super parade a privé Thiney du 2e but, il y avait moyen de viser ailleurs. Dans l’axe à 8 ou 9 mètres de la cage, Louisa Nécib a tiré… sur la barre (33e). Une tête de Wendie Renard légèrement détournée par le crâne de Thomis a encore envoyé le ballon sur le poteau (37e). La gardienne a encore limité la casse en repoussant une frappe lointaine de Nécib (39e), elle s’est même fait mal en plongeant. Thomis a perdu un duel après être encore partie dans la profondeur, elle a tiré droit sur la gardienne au lieu de tenter un petit piqué (43e). Après être entrés 2 fois sur le terrain pour s’occuper de la gardienne, les soigneurs colombiens ont dû recommencer pour une joueuse de champ, ceci juste avant la pause, la pauvre est sortie en pleures sur civière.

Il aurait dû y avoir au moins 4 à 6-0 à la mi-temps.

Laure Boulleau est entrée pour la seconde période, c’était nécessaire pour les raisons expliquée plus haut. Elise Bussaglia est entrée en jeu un peu plus tard à la place de Sandrine Soubeyrand. Il a fallu faire face à des Colombiennes décidées à dépenser tout ce qui leur restait de forces pour tenter d’égaliser. Sabrina Viguier a remplacé Corine Franco pour les dernières minutes.

Nécib a pris un jaune, les Bleues n’arrivaient plus à se créer d’occasions franches, cette seconde période est à oublier. A la 85e minute une énorme erreur défensive – de Thomis notamment – a offert à la Colombie une incroyable opportunité d’égaliser, on ne demandera longtemps comment la Sud-Américaine a fait pour ne pas marquer. Dans la foulée un gros cafouillage sur un corner a failli permettre à cette équipe de revenir à 1-1, les Françaises ont dégagé à l’arrache. La 89e et à la 90e Camille Abily et Delie ont chacune eu leur chance de donner un peu plus de gueule au résultat, ça n’a pas fonctionné.

BILAN : 1-0 contre la Colombie en football féminin, c’est très décevant, ça aurait dû être beaucoup plus, la seconde période a été loupée. Comme prévu la France a pris la 2e place du groupe, mais Suède en quart de finale, l’équipe que je voulais éviter. Le quart de finale décisif de ce tournoi olympique aura lieu à Glasgow vendredi à 13h.

Haltérophilie La France a peu de chances de médaille en haltérophilie, 2 des 3 engagés chez les hommes l’étaient dans la catégorie des -69kg. Vencelas Dabaya, 31 ans, a tenté 135kg à l’arrachée. Le premier essai a été manqué… Le deuxième aussi, de la même façon. La chance de médaille s’était déjà envolée, avec 135kg et l’impossibilité d’avoir un 4e essai à une autre barre, il était hors-course, il s’est présenté pour l’honneur, mais a fait zéro. Directement éliminé. Il est revenu à son meilleur niveau ou presque il y a quelques semaines mais a été victime de trop de problèmes physique depuis sa médaille olympique en 2008, il n’était pas en état de remonter sur un podium olympique. Ce n’est pas la sortie qu’on pouvait espérer, il est surtout venu pour servir de grand-frère à Bernardin Kingué Matam, l’autre Français, d’origine camerounaise comme lui, mais beaucoup plus jeune.

Le record perso de ce dernier à l’arrachée était 145kg, il a tenté 143 pour débuter, échec, puis une 2nde fois, nouvel échec. Il a pris des risques, ça n’a pas fonctionné. Manifestement, il a connu un problème de blessure, la cuisse était touchée. On a demandé de passer la barre à 144kg, sans doute le temps d’essayer de corriger le problème, seulement on ne peut pas soigner ça par magie. Blessé, il n’a même pas pu soulever la barre.

BILAN : la catastrophe. Seul Benjamin Hennequin peut encore espérer décrocher une médaille.

Natation SESSION DU SOIR : on a tout de suite commencé par du lourd, les demi-finales du 100m NL masculin.

Fabien Gilot a pris place au couloir 1 de la première demi-finale avec César "furosémide" Cielo, les 2 Australiens nés le même jour ou encore les frères Fraser des Iles Caïman. Le Français est parti très vite avec Cielo, le Brésilien s’est envolé, James Magnussen aussi, Gilot a eu un peu de mal à terminer, 48"49, 5e, déception. Le favori australien a réussi une très grosse perf, 47"63.

Agnel a lui aussi eu droit au couloir 1 dans une course où figuraient notamment les 2 Américains et le Canadien. Le Niçois s’est bien placé dans les premiers 50m puis a essayé de gérer, 5e en 48"23, 7e temps seulement, il a peut-être faibli sur la fin, peut-être a-t-il voulu gérer en vue du 4x200m NL.

On retiendra que Nathan Adrien a nagé en 47"97 et que Gilot a loupé la qualification à 11 centièmes près.

Le premier grand moment de la soirée a eu lieu dans la foulée il s’agissait de la finale du 200m NL féminin avec Camille Muffat à la 3 et Allison Schmitt à la 5, donc pas côte à côte, contrairement à la finale du 400m. En principe les 2 premières places étaient pour elles, mais d’autres filles pouvaient être ambitieuses, notamment Melissa Franklin.

Franklin est partie très vite, tout comme Muffat, Schmitt a énormément accéléré dans la 2e longueur, est passée 1" devant la Française en allant plus vite que les bases du record du monde, Muffat a fait l’effort mais Schmitt était déjà beaucoup trop loin. L’Américaine a réussi une Agnel, Muffat a pris la médaille d’argent, elle peut nous faire un triple or/argent/bronze comme Laure Manaudou à Athènes et Alain Bernard à Pékin, il faudra prendre une médaille au 4x200m NL. Avoir remporté la médaille d’or du 400m NL[1] a pompé beaucoup d’énergie à la Française. L'Australienne Bronte Barratt a pris la médaille de bronze. Ça s’est bagarré pour monter sur la boîte.

Il s’agit de la 10e médaille de l’équipe de France olympique.

Dans la série "mais qu’en est-il de Michael Phelps ?", nouvel épisode, le 200m papillon, encore pour des records, celui du nombre de médailles gagnées aux JO qu’il pouvait égaler – le record était de 18, il était détenu par une gymnaste de l’Union Soviétique – et celui du nombre de titres sur la même course individuelle, personne n’ayant encore réussi à gagner 3 fois… Il était invaincu sur cette distance en grands championnats depuis des temps immémoriaux.

Phelps a dominé mais d’autres se sentaient capables de le battre… Chad Le Clos l’a battu à la touche, la même que contre Cavic sur 100m papillon il y a 4 ans, mais inversé, l’Américain était devant tout du long ! On a maintenant notre réponse : Phelps n’est plus le grand Phelps, il est toujours fort, plus imbattable. Sa 18e médaille olympique lui laissera un goût amer.

En finale du 200m 4 nages, Ye Shiwen nous a refait son sketch du 400m 4 nages. La Ricaine avait pris un peu d’avance mais a pris très cher en crawl, nouveau record olympique pour Ye, victoire devant l’Australienne Alicia Coutts.

On termine avec le très gros morceau de la soirée, la finale du 4x200m NL masculin. On a encore sorti Stravius alors qu’il a été excellent le matin, je pense que ses coulées auraient pu être un gros plus dans cette configuration de course car le staff a décidé de mettre Agnel en 4e relayeur. Je m’inquiétais du risque de voir la France larguée d’entrée. Amaury Leveaux est un bon partant sur 100m, mais sur 200, face à Ryan Lochte et Paul Biedermann, il ne fait pas le poids, le seul qui pouvait lancer la France devant les meilleurs était Agnel, l’avoir pour finir était excellent… à condition d’être encore à bagarre.

Je ne dis pas qu’un autre ordre aurait changé la donne, mais l’an dernier aux ChM avoir Agnel en tête avait permis de rester dans le coup très longtemps, j'ai du mal à comprendre ce changement de stratégie. Leveaux a été à son meilleur niveau (1’46"70), seulement il a vite été sorti de la bonne vague, a dû nager dans les remous, c’est devenu beaucoup plus compliqué. A Shanghai, Agnel avait nagé 1"45 plus vite, ses coéquipiers avaient bénéficié de bien meilleures conditions et d’une "motivation" nettement supérieure, ils avaient même pu faire douter les Ricains. Cette fois ça s’est passé très différemment car Grégory Mallet n’est pas allé très vite (1’46"83, 2 centièmes moins vite qu’aux ChM 2011), il me semble avoir voulu partir trop vite pour combler une partie de son retard et n’a pas tenu la distance, donnant le relais en 4e position. Clément Lefert a été bon (1’46"00) en ayant lui-aussi dû partir très vite, il a su prendre la bonne vague pour passer 2e. Pour mémoire la médaille d’argent mondiale a été obtenue avec un Stravius en 1’45"40 en 3e relayeur, il est moins fort cette année mais son temps du matin départ arrêté me fait penser qu’il pouvait aller plus vite que Mallet. On ne refait pas l’histoire, dommage. Bref, Yannick Agnel a fini comme un boulet de canon (1’43"24), il avait 3"88 de débours face à Phelps. Peut-être ce dernier aurait-il pu douter après son échec en finale du 200m pap’, mais seulement si on lui avait opposé de la résistance. Sur un boulevard, il s’est baladé, réussissant la meilleure perf de son équipe (1’44"05).

D’accord, les 2 relayeurs US du milieu, Conor Dwyer et Ricky Berens, ont nagé en 1’45"23 et 1’45"27, mais mettez-les dans les remous en position délicate à devoir aller chercher des Français surmotivés, pas sûr qu’ils ne se noient pas, psychologiquement ils auraient eu nettement plus de mal… Bref, les Ricains ont été très rapide, le record de France a été explosé mais je garderai toujours un sentiment mitigé à propos de la construction de cette course, il s’agit tout de même de la 11e médaille de l’EdF.

PHELPS a décroché sa 19e médaille, encore un titre, son 15e, il est désormais seul détenteur du record de médailles gagnées aux JO.

BILAN :on en deviendrait presque exigeant ! Il y a 2 ans personne n’aurait eu le moindre regret en voyant le relais français médaillé d’argent sur 4x200m, là je fais la fine bouche. 2 médailles d’argent après les 3 titres, ça va nous faire un beau bilan à la piscine !

Basket Le France-Argentine du tournoi de basket masculin était très important pour s’éviter de prendre la Russie ou l’Espagne en quart de finale. Il fallait absolument le gagner, aussi pour se relancer après la bran-bran reçue des Ricains.

L’Argentine a un gros 5 majeur assez vieux mais très talentueux et expérimenté : Luis Scola, Manu Ginobili, Pablo Prigioni, Carlos Delfino et Andres Nocioni. Le banc est en revanche limité. On connait ces gaillards, ils ont du talent mais aussi beaucoup de vice, ils simulent, jouent dur, mettent des coups… D’ailleurs Nocioni a rapidement mis un coup de coude dans la tête de Tony Parker, dans les lunettes bien sûr, le meneur français a saigné sur le nez.

Vincent Collet a débuté avec son 5 habituel (TP, Mickaël Gelabale, Nicolas Batum, Boris Diaw, Ronny Turiaf), une équipe capable d’imposer une grosse pression défensive d’entrée.

L’EdF, en blanc, a plutôt bien débuté en ce qui concerne les intentions (le dunk de Batum en partant côté gauche derrière un écran, du grand classique), ça a bien taffé au rebond notamment, et si les Bleus avaient été un peu adroits, ils auraient pu prendre le large assez facilement. Un nettoyage sur le cercle qui semblait irrégulier n’a pas été sanctionné, TP aurait pu marquer ses premiers points, mais il n’y arrivait vraiment pas. Nico Batum a eu la bonne idée de mettre un 3 points, Gelabale aussi, l’équipe avait donc fait mieux lors du premier QT que pendant tout le match contre les Ricains (avec ce légendaire 2/22 derrière l’arc) ! Des 2 côtés on s’est fait voler quelques ballons par manque d’attention, permettant des contre-attaques. Les arbitres ont eu beaucoup plus de mal à siffler que contre les Etats-Unis, TP était par exemple furieux que son coast-to-coast ne soit pas récompensé avec un LF en bonus.

Un 3pts de Batum et un panier de Diaw ont donné 9 unités d’avance à l’EdF (19-10). Les Bleus ont défendu dur et ont provoqué le manque de réussite des Argentins, ils ont retrouvé leur adresse, ça se passait de mieux en mieux. Flo Piétrus a remplacé Bobo à 30 secondes de la fin du QT, le seul changement en 10 minutes. Scola a marqué au buzzer après une feinte, 19-12 pour la France. 3/7 à 3pts contre 0/3, 13 rebonds (dont 5 de Bobo) à 9, voilà où s’est faite la différence.

Les Argentins, qui ont très peu utilisé leurs remplaçants, ont commis pas mal d’erreurs, TP a décidé de jouer de façon très agressive, une bonne manière de faire sortir Scola (déjà 2 fautes en 11’) et de profiter du manque de banc des Sud-Américains. Vincent Collet a choisi de faire entrer Boris en pivot, mais ce dernier ayant pris une 2e faute, il a fallu lancer Kévin Séraphin.

La réussite s’est de nouveau envolée, ça s’est un peu chauffé entre les joueurs, et étrangement les arbitres ont commencé à assaisonner les Bleus en sifflant 4 fautes en 2’30. Le sélectionneur français a dû appeler un temps mort pour interrompre le 8-0 des champions olympiques de 2004. Nando De Colo a marqué un nouveau panier primé pour stopper l’hémorragie. Dommage que les arbitres aient encore décidé de nous la mettre et qu’un Argentin ait pu hériter du ballon sur une passe déviée pour égaliser de loin (22-22). Yannick Bokolo a alors été chargé de s’occuper du meneur argentin en défense, il a été plutôt efficace.

Séraphin nous a alors fait une grosse séquence, panier sur rebond offensif puis énorme bâche dans la raquette. Il a encore marqué un joli panier avec un move dont il a le secret dans une forêt de bras. +6 pour la France. L’Argentine est passée en zone en défense, a continué à arroser en attaque pendant que le Guyanais continuait son show offensif, +8. Les arbitres ont été très généreux avec les Argentins en leur octroyant des LF pas forcément justifiés qui ont permis à ces derniers de rester dans le coup. Quelques erreurs françaises ont aidé les Sud-Américains à revenir à -3 à la mi-temps (32-29), Nando a failli nous refaire le coup du shoot à 3 points au buzzer, le ballon a rebondi sur la planche et le cercle, à 5cm près ça rentrait.

Pour cette première période, je donne une mention bien, 23-20 au rebond, secteur faible habituellement, c’est bien, laisser l’Argentine à 1/10 à 3 points en cassant leur rythme et en défendant bien sur eux, c’est aussi très appréciable. On a vu un très bon Batum (notamment 10 points), un très gros passage de Séraphin, le tout avec un TP très perfectible… On n’aurait pas imaginé une si bonne première période des Bleus face à l’Argentine après ce qu’on a vu des 2 équipes lors de la première journée de la phase de groupes[2].

Turiaf a rapidement pris sa 3e faute, Batum un peu plus tard, physiquement ça a envoyé, les Argentins flirtent souvent avec la limite, on le savait. La France a eu un peu de mal en début de 3e QT mais Gelabale lui a permis de rester devant en se montrant très adroit à 3pts. Les Argentins – notamment Ginobili – ont décidé d’attaquer les intérieurs tricolores, leur option tactique a bien fonctionné, en plus de provoquer des fautes de joueurs importants, en particulier Séraphin (4) et Diaw (4), ils ont eu des LF pour repasser devant (51-50). Il a fallu faire entrer Ali Traoré… qui a tout de suite marqué. Nando De Colo a alors remis la France en tête d’un tir dans le corner.

55-53 pour la France à la fin du 3e QT.

Le 5 du début de 4e QT a été très performant en défense, un peu moins en attaque. Personne n’a marqué le moindre point pendant 2’39 avant un panier primé de Batum à peine revenu en jeu, +5. Ginobili a mis un 3pts en tête de raquette en déséquilibre, ramenant son équipe à 2 unités. Les Argentins ont ensuite eu la très bonne idée de persister à tenter leur chance de loin, c’était de l’arrosage. Un flopping de Manu a été sanctionné, mettant les Sud-Américains dans la pénalité à 5 grosses minutes de la fin. TP a bien choisi pour réussir son premier long jumper depuis le début du tournoi, il a enchaîné avec un layup magnifique après slalom spécial (64-58). Les Français faisaient déjouer leurs adversaires, ils ont continué à imposer leur grosse pression défensive, TP est resté très agressif, les Argentins n’ont jamais hésité à le découper.

TP a fait 2/2 aux LF après un temps mort à 3’22 de la fin, la France avait désormais 8 points d’avance. Le 5 majeur était de retour. Récupérant un gros rebond, Batum a été victime d’une faute, il a mis le second LF (67-58), puis les Bleus – les nôtres – ont eu une opportunité de mener de plus de 10 unités, elle a été manquée, Ginobili s’est chargé de la punition en marquant à 3 points. Grosse boulette avec 1’48 au chrono, Turiaf avait récupéré un rebond, il n’a pas fait attention, Scola lui a arraché des mains, provoquant par la même occasion la 5e faute du pivot champion NBA pratiquement sans jouer. Sur la possession suivant, Diaw a été sanctionné à son tour de façon cette fois assez scandaleuse. L’EdF a perdu 2 intérieurs d’un coup et Scola s’est rendu sur la ligne pour des LF, il n’a mis que le premier (67-62).

Entré suite à ces éliminations, Séraphin a intercepté en défendant sur Scola et s’est retrouvé de l’autre côté du terrain pour marquer un alley-oop en layup. Il aurait dû y avoir faute de Ginobili en prime. 1’06 à jouer, 69-62 pour la France. Une énorme faute n’a pas été sifflée au rebond d’une brique argentine de loin, puis TP a mis ses LF, +9, il fallait gérer, les Bleus l’ont fait, les Argentins ont hissé le drapeau banc.

Pour finir, Kévin Séraphin a collé une énorme bâche à Ginobili sur la sirène.

TP a été maladroit au tir mais précieux (16 pts à 4/17, 5ast, 1TO, 7 fautes provoquées), le duo Gela-Batum a cumulé 27pts à 10/19, 13 rebonds et 5 passes, la palme revient à Séraphin avec 10pts à 5/7, 7 rebonds et 3 contres en seulement 14 minutes.

BILAN : cette victoire très importante tant pour le moral que d’un point de vue comptable, les Bleus ont retrouvé leurs fondamentaux défensifs, leur adresse extérieure, leur confiance, il faut maintenant confirmer de bon matin face à la Lituanie.
Handball
France-Argentine était aussi une affiche du tournoi de handball masculin. Les Bleus se sont baladés avec un très bon Karabatic. Ce match était une formalité, 32-20 (17-9 à la mi-temps).

BILAN : R.A.S., 2 victoires faciles en 2 matchs faciles, au tour de la Tunisie.

Gymnastique artistique Sans surprise les Etats-Unis ont mis la misère à tout le monde chez les filles – et non les femmes (^^) – en finale du concours par équipes de gymnastique artistique alors que, et là c’est surprenant, les Chinoises n’ont pris que la 4e place. Les Russes ont complètement explosé en vol au sol, elles ont tout de même pris la médaille d’argent) On a vu beaucoup de jeunes filles en pleurs.

Bilan : chez les Chinoises il n’y a que des gamines qui ont l’air d’avoir 8 ans, chez les Ricaines, on ne trouve que des ados, et chez les Roumaines, on a 2 vraies femmes. Ça bondit dans tous les sens, mais j’avoue que sans les Françaises, ça m’intéresse moins.

Boxe Jérémy Beccu a été battu d’un point (18-17) par le Kazakh Birzhan Zhakypov au premier tour du tournoi de boxe des moins de 49kg. Le jeune Français s’est senti volé. N’ayant pas vu le combat – non diffusé sur France Télévisions et je n’ai jamais pu le trouver sur le net – je ne peux pas affirmer qu’il a raison ou tort, mais certains indices permettent de douter de l’honnêteté de cette décision car d’une part le Kazakh vient… du Kazakhstan, un pays qui en sport a une réputation douteuse[3] et dont l’influence au sein de l’AIBA est connue de tous. En résumé pour que Beccu l’emporte, il devait exploser son adversaire. Selon ce que j’ai pu lire et entendre il a été plus efficace mais son adversaire a été plus actif, c’était donc assez serré. Dans ces conditions le Français était sûr que les juges donneraient la victoire à son adversaire. Comme par hasard, ça s’est joué à 1 point…

BILAN : pour le moment c’est du 2/4 au premier tour avec 2 défaites d’un point. Et ça sent déjà la carotte.


EN BREF :
-Escrime : un Egyptien qui s’entraîne notamment en France – et un peu partout dans le monde – a rapporté à l’Afrique sa première médaille olympique dans l’histoire de l’escrime en battant le Chinois (celui qui a sorti le Français me semble-t-il), il a perdu de 2 touches en finale.
-Judo : sous la pression du CIO, la fédération internationale a décidé d’autoriser la judokate saoudienne à porter un foulard, il semblerait que son père – très influencé par les dirigeants de son pays – menaçait de lui faire déclarer forfait si on ne lui permettait pas… Pour info cette fille doit avoir 16 ou 17 ans et est ceinture bleu… Du grand n’importe quoi ! Le CIO est prêt à tout pour ne pas perdre la face, y compris à faire bouffer leur règlement aux fédérations internationales. Le père d’une athlète invitée destinée à se faire dégager en moins d’une minute au premier tour a fait plier le CIO pour des motifs religieux…


  • RESUME DE LA JOURNEE

Les forces et les faiblesses de l’EdF olympique sont toujours les mêmes, 1 titres, 2 médailles d’argent, une de bronze, ça aurait pu être encore mieux, il y a une pointe de regrets concernant Gévrise et le 4x200m, mais ne galvaudons pas la valeur d’une médaille olympique. Tableau des médailles J4

Notes

[1] Surtout ce qui s’est passé après la course, les obligations des médaillés.

[2] L’Argentine a explosé la Lituanie au premier match.

[3] Voir la blague du premier jour en cyclisme avec la médaille d’or achetée.