Douchez, mieux préparé que Sirigu, a joué son premier match de L1 avec le PSG, il était accompagné en défense de Jallet (capitaine comme prévu), Alex, Sakho et Maxwell. Devant eux on trouvait Marco Verratti, dit Marco "le Nouveau Pirlo selon le prospectus" Verratti, 2 relayeurs, Bodmer et Chantôme, 2 attaquants plus ou moins sur les côtés, Lavezzi et Ménez, et bien sûr la star, Zlatan Ibrahimovic. Mon premier réflexe en entendant une compo comme ça est de me demander que va défendre. Ancelotti ne pouvait pas mettre en place une équipe moins équilibrée. Dans ce 11, il y a 1 défenseur ½. Le jeune Italien m’a beaucoup inquiété quand je l’ai vu contre Chelsea, il a commis 2 attentats (car en retard) et a multiplié les prises de risques inutiles en voulant beaucoup trop dribler, le titulariser en L1 me semble très prématuré, il a besoin de beaucoup progresser afin d’avoir la maturité physique et tactique pour occuper ce poste. Je considère toujours Maxwell et Jallet bien meilleurs au milieu, Chantôme est un véritable 8 mais Bodmer non, c’est un 10, il n’a plus les qualités physiques de ses premières années au LOSC, en général dans cette position il déçoit. Faut-il compter sur Ménez et Lavezzi pour jouer les ailiers et couvrir les montées des latéraux ? Non. Mettre Armand et Matuidi est donc primordial pour équilibrer l’ensemble et assurer l’équilibre de l’équipe, il n’y a pas meilleur à leur poste dans l’effectif (pensionnaires de l’infirmerie compris).

Enfin, mettre Nenê sur le banc – au lieu du côté GAUCHE de l’attaque – relève de la bêtise pure. Depuis 2 saisons c’est le meilleur joueur du club, celui qui fait la différence. Ça devrait être aux autres de lui piquer sa place et pas à lui de devoir se battre pour gagner la sienne ! Je trouve le traitement qu’André Rieu[1] lui fait subir totalement abject et contre-productif, il va à l’encontre des intérêts du club. Nenê aurait dû être prolongé avec un meilleur salaire, ceci depuis le lendemain de la dernière journée du dernier championnat. Quand on sait comment et dans quelles circonstances André Rieu avait fait prolonger Erding l’an dernier à quelques heures de la fin de la période des transferts, le voir agir ainsi avec Nenê est particulièrement gerb*nt. Le seul tort du n°10 brésilien est de ne pas être une star internationale. Son compatriote et ennemi ne veut que des stars et des vedettes, il se fout des services rendus, du mérite, de l’apport réel de chacun. On nous ressort tout le temps la pseudo-bouderie à Nancy et l’occasion gâchée à Auxerre. Mais m*rde, n’est-il pas dingue de reprocher à un joueur d’avoir voulu… jouer et aider son équipe ? Faut-il le rappeler, le PSG a perdu cette rencontre cruciale en Lorraine et a fait un match nul à Auxerre avec un but de… Nenê. Des fois où d’autres joueurs ont mangé la feuille, on peut en citer plein, on peut aussi rappeler toutes les erreurs défensives, les mauvaises compositions d’équipe. Nenê a 100 fois plus participé à la conquête de la 2e place qu’à la perte de la première !

Avant d’enfin voir le match, j’avais déjà quelques indications sur ce qui s’était passé, les images des buts et de quelques actions ont été diffusées sur certaines chaînes, j’avais écouté les commentaires dans Larqué Foot. Le visionnage de la rencontre m’a donné l’impression de ne pas avoir vu le même match que tout le monde (c’est-à-dire une première période totalement calamiteuse avec une égalisation miraculeuse, un Lorient nettement supérieur, un PSG presque ridicule). Voici donc mon analyse.

Lucie Décosse et Mika Llodra ont donné le coup d’envoi fictif, Tony Parker et sa très jolie compagne étaient dans la corbeille en mode grande classe, le Parc des Princes était presque plein, il y avait de la star et surtout de la recrue grassement payée sur le terrain, des tas de journalistes dans les tribunes, beaucoup d’attentes. Certains annonçaient une bran-bran… Et moi, pendant ce temps, je critiquais la compo du 4x100m français, incapable dans cette configuration d’obtenir une médaille sans l’aide de ses adversaires[2], faute de finisseur pour résister dans la dernière ligne droite.

Bref. Parlons du match. J’ai été surpris de voir comment Lorient a ouvert le score. Le PSG venait d’avoir une première grosse occasion gâchée par Ménez, Jallet était monté dans la surface pour combiner avec Ibra, il était même au-delà de la ligne de but quand Fabien Audard a récupéré le ballon et a lancé la contre-attaque côté gauche – celui où Jallet n’était fatalement pas, le gardien des Merlus a été intelligent dans sa relance – pour un 3 contre 3 avec Kévin Monnet-Paquet, Alain Traoré et Jérémie Aliadière. Verratti a été très facilement éliminé d’un une-deux, Alex a été minable en montant à moitié sur Traoré sans chercher ni à intervenir, ni à couper l’angle de passe, il a agi en plot, du coup le 38 tonnes brésilien avait 3 temps de retard sur KMP. Le centre effectué sans véritable opposition par l’ancien Lensois a été un peu détourné par Sakho au premier poteau, Maxwell n’était pas au marquage, il était perdu, courait vers sa cage sans réfléchir, sans regarder qui était où, et là, environ 3 mètres devant sa cage, le latéral a été surpris, il a tenté un dégagement réflexe… Seulement il s’est trompé de pied… et donc de sens. Un but contre son camp dès la 4e minute pour débuter la saison, c’est top. Cette grosse boulette est le résultat d’une catastrophe collective, il n’y a eu strictement aucun replacement ou repli défensif digne de ce nom. Si derrière vous avez des monstres capables de gagner 90% de leurs duels et de très bien anticiper tout ce que vont faire les adversaires, il y a moyen de s’en sortir. Mais si vous avez un gamin de 19 ans jouant son premier match de haut niveau, un stoppeur plus lourd qu’un éléphant à qui on aurait fabriqué des bottes en ciment et un latéral hyper offensif prompt à commettre des erreurs dès qu’il est dans sa moitié de terrain, comment s’étonner d’encaisser un BALC au bout de 4 minutes ? Dites-moi… Est-ce que quelqu’un au PSG connaît le football français ? Personne n’avait jamais entendu parler des contre-attaques lorientaises ? Avec les compos d’Ancelotti les matchs à handicap sont nombreux, on l’a souvent remarqué.

Après l’ouverture du score il y a eu une réaction immédiate avec une action côté gauche et une frappe de Lavezzi, puis un centre mal ajusté de Ménez parti côté gauche (manque d’automatisme avec Lavezzi). Offensivement c’était plutôt bien dans les intentions mais ça manquait de précision pour terminer les actions. On a souvent vu Ibra s’éloigner de la surface pour participer à la création du jeu. Les Parisiens ont poussé, ils ont obtenu plusieurs corners (tirés par Chantôme côté gauche et par Ménez côté droit), sur l’un d’eux le Suédois a failli marquer de la tête au second poteau (sauvetage sur la ligne au pied du poteau), Alex aurait dû envoyer le ballon au fond sur le suivant, il a complètement manqué sa tête (19e).

A la 22e minute Alain Traoré a marqué un but refusé pour HJ après une double occasion d’Aliadière, le tout partant d’une relance parisienne manquée (et d’une faute non signalée sur Lavezzi me semble-t-il). L’ancien remplaçant d’Arsenal a été lancé en profondeur dans le dos de Sakho, il a frappé en position excentrée dès son entrée dans la surface, Alex était trop loin pour intervenir, Douchez a repoussé le ballon, mais en direction de l’attaquant. Aliadière a ensuite voulu crocheter Alex, il lui a tiré dessus presque à bout portant, a récupéré le ballon une nouvelle fois, a encore frappé, profitant que le Brésilien soit au sol, Douchez a dû réaliser une seconde parade, mais il n’a pu que détourner le ballon vers Traoré seul au second poteau. Ce dernier aurait dû être plus attentif, s’il était resté un pas en retrait le but aurait été accordé, ça s’est joué à quelques centimètres, la position d’Alex assis sur la pelouse avec les jambes qui trainaient ne couvrait qu’à moitié le Burkinabé.

Le problème du PSG était toujours le même, une manque de repli défensif. Sur ce coup on n’avait aussi oublié de proposer des solutions aux défenseurs pour sortir proprement le ballon de leur camp. Lors de la minute suivante Chantôme a pris un jaune pour avoir été obligé de tacler à l’arrache afin d’éviter une situation de 3 contre 2 en faveur des Lorientais. Au départ Lavezzi avait encore perdu le ballon en tentant d’éliminer, Verratti s’était bêtement jeté au milieu, se faisant effacer en une fraction de seconde, les latéraux n’étaient pas à leur place.

Le PSG s’est procuré de nouvelles situations offensives, notamment sur CPA (dont un CF très mal tiré par Ménez), à la 27e Ibra s’est emmêlé les crayons en recevant le ballon en retrait après une combinaison sur corner, c’était bien joué mais il a manqué sa frappe. Dans la foulée une nouvelle contre-attaque de Lorient aurait pu faire mal, Yann Jouffre s’est baladé et a pu cadrer sa frappe, puis Alain Traoré n’a pu conclure une nouvelle contre-attaque basique – ouverture, déviation/remise dans la profondeur, course, tir – lancée côté gauche en profitant encore de l’absence de Jallet qui venait de participer à une offensive.

Un des tournants du match a eu lieu à la 36e minute. Suite à une ouverture de Verratti – qui est très fort en jeu long, c’est sa principale qualité pour le moment – on a vu Lavezzi se jeter et envoyer le ballon vers le but d’une sorte de tir acrobatique en complet déséquilibre, Audard a eu le réflexe d’intervenir, mais sa parade a envoyé le ballon dans l’axe à 6 mètres de la cage… où Zlatan est arrivé lancé pour tenter une reprise pleine puissance. Bruno Ecuele Manga s’est sacrifié pour le contrer… et y a laissé un genou.

Lorient a été bien supérieur dans l’efficacité, pas dans le jeu. Les Merlus ont joué en bloc avec des attaques rapides dès la récupération du ballon, ils n’ont jamais été dangereux en attaque placée, car dans ces situations le PSG redevenait solide. Dire qu’à un quelconque moment le PSG a été dominé serait un mensonge. Les Bretons étaient venus pour profiter de chaque opportunité offerte par le déséquilibre structurel de l’équipe face à laquelle ils évoluaient, ils l’ont fait, ou presque. A la 44e minute un super CF enroulé de Traoré aurait pu leur donner 2 buts d’avance, Douchez s’est envolé et a sorti le ballon devant sa lucarne.

Le gardien n’a rien pu faire à la 48e minute (à 23 secondes de la fin de la première période) quand, suite à une nouvelle perte de balle de… Lavezzi, Aliadière a été lancé côté… gauche… alors que… Jallet était monté. L’ancien grand espoir du foot français a profité de l’appel de Traoré, de la non-intervention… d’Alex et du manque de promptitude de… Verratti pour repiquer dans l’axe entre les 4 Parisiens (Chantôme était revenu en sprint mais partait avec plusieurs mètres de retard, Sakho a été pris à contrepied, il ne s’attendait pas à ce que l’attaquant pousse son ballon si loin sur sa droite), et marquer le 2nd but de son équipe. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, il n’y a aucun mystère, les occasions bretonnes ont presque toutes été identiques, mettant à chaque fois en lumière les mêmes carences et défaut du PSG composé ainsi.

Il fallait faire des changements à la mi-temps, ça s’imposait. Ancelotti a encore attendu une grosse dizaine de minutes avant de sortir Verratti et Bodmer pour faire entrer Matuidi et Nenê. A sa place, j’aurais eu beaucoup de mal à décider qui rappeler sur le banc, j’aurais eu envie de dégager 2 joueurs par ligne, ce qui n’est pas possible.
-En défense : Alex s’est fait manger à chaque fois, Aliadière s’est amusé avec lui. Maxwell est trop limité défensivement et s’il a voulu compenser en apportant beaucoup devant, on l’a vu beaucoup trop imprécis dans ses initiatives.
-Au milieu : Verratti a tendance à trop porter le ballon, il se complique la vie et se jette un peu trop, il est trop facile à balader. On a très peu vu Bodmer, au contraire de Chantôme, extrêmement actif (il a dû mettre quelques taquets pour compenser les absences des 2 autres).
-En attaque : Lavezzi et Ménez sont globalement passé à côté, le premier a multiplié les pertes de balle, le second a gâché.

En revanche j’ai aimé la première période d’Ibra, il n’a pas hésité à montrer l’exemple pas son engagement, a beaucoup cherché à s’impliquer dans le jeu collectif, il a causé beaucoup de problèmes à la défense, a été plusieurs fois dangereux.

Avant les changements parisiens – qui semblaient devoir rééquilibrer la base défensive en apportant enfin un joueur capable de faire le taf devant la défense tout en amenant de la créativité et de l’efficacité offensive – on a vu entrer Mathieu Coutadeur à la place d’Ecuele Manga, auteur d’une très bonne première période avant de se blesser. Alaixys Romao s’est donc fixé en défense centrale.

On a vite vu les défenseurs parisiens aller chercher leurs adversaires beaucoup plus haut pour les empêcher de prendre de la vitesse. Les Bretons ont continué à trouver quelques espaces en contre-attaque, ils ont eu plus de mal à passer et à être dangereux, à l’inverse du PSG, de plus en plus pressant.

Ibra aurait pu réduire l’écart au bout de 3 grosses minutes en reprenant de la tête un centre de Jallet décalé par Chantôme. Le Suédois n’a pas cadré. Peu après, une très belle action collective aurait dû être conclue par un but, celle fois Ménez a débordé côté gauche, son contre a été contrôlé de la poitrine par Zlatan, on imaginait voir une frappe de ce dernier, il a choisi très intelligemment de chercher un coéquipier devant le but, Bodmer a laissé passer le ballon entre ses jambes pour que Lavezzi le reprenne du gauche, seul à 5m50… mais l’Argentin a tiré sur Audard. Les 2 joueurs arrivés d’Italie cet été étaient déjà au départ de l’action dans le cap parisien.

Zlatan a véritablement relancé la machine en s’imposant par sa puissance et sa technique, il a enrhumé Bourillon, a insufflé beaucoup d’allant offensif, les attaques tranchantes se sont multipliés, souvent côté droit où Chantôme a envoyé quelques bons centre. A la 54e minute, on a cru au but quand Lavezzi a accéléré côté gauche et a centré pour Ibra au second poteau, la reprise de demi-volée du géant a trouvé le poteau. Une nouvelle action impliquant Chantôme (centre côté droit), Ibra (remise de la tête) et Ménez aurait dû encore pu porter le score à 1-2. On ne pouvait pas imaginer que le score n’évolue pas car ça partait dans tous les sens, la défense des Merlus était en débordée de partout.

Les changements ont dû attendre la 58e minute car le ballon sortait très rarement du terrain. Le PSG est passé en 4-2-3-1, ce qui n’est plus habituel, du coup quand Sakho est monté très haut pour tenter d’empêcher un contre à sa source, personne n’était présent derrière pour servir de 2e rideau, il ne restait qu’Alex contre 2 joueurs. Si Arnold Mvuemba avait cherché à attaquer le Brésilien au lieu de vouloir jouer avec Aliadière, il se serait probablement retrouvé en duel face à Audard. Son choix a permis le retour de Jallet (60e). Dans la foulée Grégory Bourillon a pris un jaune pour avoir dû découper Lavezzi lancé côté gauche, le CF mal dégagé a offert une énorme occasion à Ménez, il a tiré au-dessus (61e).

Les 4 de devant – voire 5 car Chantôme a beaucoup attaqué, il était à l’origine de la plupart des actions – ont tenté énormément de choses, ça a fini par payer. Une longue ouverture de Nenê a trouvé Ibra dans la surface, le Suédois est monté très haut prendre le ballon de la poitrine (en mettant un peu le bras sur Bourillon), le ballon a rebondi sur le sol, il a pu le reprendre, pas très fort mais là où il fallait pour qu’Audard ne puisse pas intervenir (65e).

Compte tenu de la dynamique qui s’installait dans cette rencontre depuis la mi-temps, il semblait fort improbable que le PSG n’égalise pas. Ménez aurait pu le faire dans la foulée en reprenant au point de péno un centre de Lavezzi lancé par une déviation aussi simple que géniale d’Ibra. Un peu plus tard l’Argentin a été remplacé par Gameiro (73e), entré couloir droit. Il se sera beaucoup dépensé en manquant terriblement d’efficacité.

Ça s’est un peu calmé pendant quelques minutes jusqu’au but refusé à Chantôme pour un HJ inexistant de Gameiro qui l’avait lancé en profondeur, là aussi d’une super déviation (82e). Entre-temps on avait juste vu quelques actions avortées et quelques fautes non sifflées. Ce match fou a ensuite repris son rythme échevelé.

On a assisté à quelques séquences assez dingues. Exemple : servi en retrait par Nenê, Chantôme a vu sa reprise du gauche contrée, puis il a récupéré le ballon suite à une remise de la tête de Zlatan et a merveilleusement servi Gameiro sur sa droite à quelques mètres du but, l’international français a bien cru marquer contre son ancien club… mais Audard a été capable de réaliser une super parade sur sa ligne pour repousser l’échéance d’une égalisation qui semblait inéluctable. Quelques secondes plus tard elle aurait dû venir de la tête d’Ibra si le Suédois avait visé juste en recevant un centre parfait de Jallet.

Ce n’était pas terminé, tant s’en faut. Parti côté droit, Nenê a essayé de tirer en position très excentrée au lieu de chercher Zlatan devant le but, ce qui l’obligeait à utiliser son pied droit car les défenseurs étaient bien revenus (84e). Ça a provoqué un petit geste d’humeur de la superstar du club comme un centre foireux de Ménez plus tôt en seconde période, comme un peu après quand Jallet a un peu manqué son ouverture dans sa direction. Ce genre de manifestations d’agacement est un classique, Pauleta et Gameiro – pour n’en citer que 2 parmi d’autres – en ont eu très régulièrement, selon les intentions des journalistes elles ont été plus ou moins mises en lumière. Ibra est resté dans son match, il aurait pu être passeur décisif s’il avait un peu mieux réalisé sa talonnade vers Gameiro après avoir réalisé un une-deux 100% de la tête avec ce dernier, devant qui le ballon est passé sans pouvoir être repris.

A la 88e, Matuidi a eu l’extraordinaire inspiration de s’infiltrer dans l’axe, Gameiro l’a lancé en profondeur d’une passe remarquable entre les défenseurs, Bourillon était un peu en retard, il l’a heurté sans jouer le ballon. Verdict, péno et rouge. Personne n’a pris le ballon à Zlatan. Le Suédois a tiré le péno au ras du poteau, il l’a transformé même si Audard avait plongé du bon côté et l’a même dévié.

Les Parisiens ont continué à pousser, Ménez semble bien avoir été heurté par Romao au moment où il allait reprendre de volée un centre venu du côté droit, ça aurait pu donner lieu à un second péno. A la 93e il a été bousculé par Coutadeur dans la surface, ce qui lui a fait toucher le ballon de la main, seule la main a été sanctionnée, par la faute lorientaise. Autrement dit le PSG aurait même pu prendre 3 points.

On en est donc resté là, 2-2. J’aurais bien aimé voir Ludo Giuly entrer en jeu, je me demande si le public aurait réagi comme il le mérite. Gourcuff l’a fait s’échauffer, il ne l’a pas fait débuter avec son nouveau maillot.

Mon verdict est le suivant : le PSG aurait dû gagner ce match, il a souffert d’un gros problème de déséquilibre qui aurait pu facilement être évité en mettant les bons joueurs sur le terrain. Les occasions franches ont été très nombreuses, si Ménez et Lavezzi avaient été plus efficaces devant le but, le PSG aurait fait exploser Lorient. On pourrait presque résumer ce match par la formule qui m’a servi de titre : Du lourd devant, un lourd derrière. Le lourd derrière est Alex, mais comme expliqué auparavant, le déséquilibre est plus dû à une construction d’équipe ratée qu’à la seule présence du 38 tonnes brésilien.

L’intégration de Zlatan ne pose aucun problème dans le jeu, il est parfaitement complémentaire avec ses coéquipiers, j’ai vu le même Zlatan qu’à l’Euro où selon moi il a été le meilleur attaquant du tournoi. Chantôme a été le 2e meilleur Parisien de la rencontre, on l’a vu absolument partout depuis la récupération jusqu’à la conclusion des actions, il a créé les décalages, a débordé, centré, le ballon est presque toujours passé par ses pieds… On n’attendait pas moins de lui pour sa 200e apparition en match officiel. En continuant comme ça, je ne vois pas comment Ancelotti pourra le sortir de l’équipe type.

Reste maintenant à trouver les bons réglages collectifs, notamment pour que quand un latéral monte un autre joueur couvre sa montée. L’entrée de Pastore – en principe à la place de Bodmer – va aussi changer la face de l’équipe.

Mon 11 de départ idéal pour le match à Ajaccio de dimanche prochain serait la suivante : Sirigu - Jallet, Thiago Silva, Sakho, Armand - Chantôme, Matuidi - Ménez ou Lavezzi[3], Pastore, Nenê - Ibra.

Pour finir, je me réjouis de la prochaine arrivée de Réveillère à la place de Bisevac, il était indispensable d’avoir un véritable arrière latéral droit de plus dans l’effectif. J’avais très peur que les dirigeants ne prennent pas conscience de la dangerosité extrême de considérer le Serbe comme étant l’unique latéral droit de secours.

Les droits de la L1 se vendent de mieux en mieux à l’étranger (ESPN a même acquis les droits pour le Royaume-Uni), ce match a été diffusé un peu partout dans le monde, les téléspectateurs ont eu droit à du grand spectacle, c’était super ouvert, avec de multiples occasions, espérons que cet esprit offensif soit la règle cette saison et non l’exception… sans toutefois tomber dans la même dérive qu’en Bundesliga où on a complètement abandonné tout l’aspect défensif du football.

Notes

[1] Alias Leonardo, le type qui cherche à vous charmer – et à vous faire raquer – en jouant du violon.

[2] J’espérais des passages de témoin ratés par les autres.

[3] Je fais entrer l’autre à la 60e minute.