Je suis obligé de me forcer à écrire cette analyse, j’espère que sa qualité sera supérieure à celle du spectacle proposé en ce dimanche soir d’octobre. En principe, ça ne devrait pas être trop compliqué ! Le PSG s’est déplacé pour une opération prise de tête, cette rencontre a bien été une prise de tête.

Dans la compo d’Ancelotti, aucune – bonne – surprise. A mon grand désarroi il a titularisé Maxwell à gauche alors qu’en conférence de presse l’entraîneur italien avait lui-même dit hésiter entre le Brésilien et Sylvain Armand. On aurait pu imaginer un changement dans le milieu à 3 ou encore voir Gameiro en pointe avec Zlatan, mais non, malgré l’enchaînement de 3 matchs en une semaine Ancelotti est resté dans du archi-classique, exactement l’équipe qui a mis 4-1 à Kiev (Sirigu - Jallet, Alex, Thiago Silva, Maxwell - Chantôme, Verratti, Matuidi - Pastore - Ibra, Ménez). Pourquoi ? Sakho suspendu injustement[1], Bodmer, Motta et Lavezzi blessés, ça laissait peu de choix. Sur le banc, on retrouvait Douchez, Armand, Camara, Van der Wiel, Sissoko, Nenê et Gameiro. J’aurais préféré avoir Hoarau sur le banc à la place de Camara, Armand étant aussi bon à gauche que dans l’axe.

Elie Baup a aussi fait des choix assez classiques, il faut dire qu’il n’a pas tellement d’alternatives. Par rapport à l’équipe ayant eu beaucoup de mal à vaincre les Limaces chypriotes[2] en Europa League jeudi, il a réussi à faire tourner, néanmoins la plupart de ses cadres ont dû s’employer pour remporter ce match inintéressant au possible (5-1 en ayant été mené et en ayant attendu très longtemps pour se mettre à l’abri et alourdir la note). De toute façon, le PSG ayant dû se farcir un déplacement très compliqué à Porto la veille de ce match d’EL, l’avantage éventuel d’un jour de récupération supplémentaire était gommé. Est-ce que cette équipe de Sardines fait rêver ? A vous de juger : Mandanda (c) - Abdallah, Nkoulou, Fanni, Morel - Cheyrou, Kaboré, Amalfitano, Valbuena, A. Ayew - Gignac. Sur le banc : Bracigliano, Lucas Mendes, M'Bow, Abdullah, J.Ayew, Rémy, Raspentino. Je ne voudrais pas un de ces 18 joueurs titulaire au PSG.

Si affronter Porto à l’extérieur constituait un véritable test pour les Parisiens, cette rencontre à Marseille n’en était pas véritablement un en raison de ce qu’est l’OM, une équipe globalement peu talentueuse ayant très bien débuté la saison grâce à une préparation physique avancée à cause des tours préliminaires de l’EL. Prêts avant les autres, bénéficiant d’un calendrier favorable, les Marseillais ont su profiter des circonstances, les bons résultats permettant d’engranger de la confiance et en appelant d’autres, ça s’est traduit par une série de 6 victoires – dont 3 sur le score de 1-0 – contre des clubs ayant rencontré des difficultés à débuter l’exercice 2012-2013. A force d’enchaîner les matchs avec presque toujours la même équipe, ça commence à couiner, la fatigue se fait de plus en plus ressentir. L’OM a même complètement explosé à Valenciennes en se mangeant un 4-1 assez humiliant (on ne se lassera jamais de regarder la boulette de Mandanda !). Je vous le signe où vous voulez, à moins d’une élimination rapide de l’EL, d’un improbable recrutement hivernal et d’avoir la chance d’éviter les blessures, l’OM rentrera dans le rang.

Le PSG a suivi une trajectoire différente, il a débuté la saison très doucement avec 3 matchs nuls et a ensuite commencé à monter en puissance jusqu’à cette sale défaite au Portugal. On peut perdre un match, mais de cette manière ça pique… Plus que de prendre la tête en allant battre chez lui le traditionnel ennemi sudiste, ce qui aurait seulement eu une valeur symbolique (selon moi Paris sera bientôt leader, c’est inéluctable), l’enjeu réelle de la rencontre était de reprendre cette marche en avant entamée à Lille.

En pratique, on a assisté à un spectacle assez désolant. En première période, l’OM a joué sur l’agressivité, a tenté le coup du match à l’ancienne avec provocations, simulations et violence gratuite, le PSG n’y était pas. En seconde période, l’OM a surtout blindé, le PSG s’est montré timide et sans inspiration. Le match nul n’arrangeait personne mais tout le monde semblait s’en contenter, une situation bien étrange. Enfin… Que le nul n’arrange personne peut être débattu. En effet, la DNA, où on est recruté selon un critère très particulier, l’humour, a désigné M. Chapron pour diriger cette rencontre. Il n’avait encore jamais officié lors d’une grande Sardinade. Etrangement, cet arbitre a réussi à se débrouillé au cours de sa carrière pour éviter les victoires… du PSG comme de l’OM. Quand il arbitre ces clubs, ils ne l’emportent pratiquement jamais. Il s’en est encore tiré en évitant la victoire de l’un ou de l’autre.

Finissons cette note humoristique en évoquant la poignée de main entre Zlatan et Valbuena… dont les yeux arrivent environ au niveau du nombril du Suédois.

En début de match l’OM a nettement dominé dans l’engagement, pas dans la possession ni dans l’utilisation du ballon. Des 2 côtés le déchet technique était assez piteux, la rencontre se jouait dans un faux rythme déjà très désagréable. A cause du pressing ou plutôt de l’organisation des Marseillais avec une première ligne assez haute, le PSG faisait circuler sans avancer ou du moins en allant très rarement de l’avant. Le ballon a beaucoup voyagé dans une zone de 10 mètres autour de la ligne médiane. On a envoyé du bois dès le début, dès la première minute Gignac a mis un taquet et ça a joué des coudes dans les airs entre Chantôme et A. Ayew, puis Valbuena nous a fait un numéro ridicule d’acteur qui en appelait d’autres, on ne fait même plus attention, tout le monde est au courant, moins il souffre, plus il fait de tours sur lui-même en se roulant sur la pelouse et en mimant l’agonie. Au début Paris a essayé de jouer haut sans réellement y parvenir car les 3 milieux ont subi la pression physique de leurs adversaires, ça faisait penser à l’entame du match à Bastia à la différence que les Corses avaient été plus menaçants offensivement. L’OM n’a eu qu’une petite situation relativement intéressante quand Gignac a été servi en profondeur dans la surface et a pu contrôler devant Thiago Silva avant de complètement manquer sa reprise en déséquilibre et à angle fermé (4e). Oui, c’était très léger comme situation !

Perdant trop de ballons bêtement, en particulier au milieu ou Verratti et Pastore ont été dramatiques, le PSG ne construisait rien avant une première bonne action côté droit (combinaison Jallet-Ménez sur la droite, le centre de Jallet est détourné, le ballon arrive à Pastore à l’entrée de la surface, sa reprise en force est loupée, il tire beaucoup trop haut). Il aura fallu attendre la 10e minute. Les rares situations plus ou moins dangereuses en faveur de l’OM sont pour la plupart nées de CPA, en particulier de CF, notamment un très excentré côté gauche tiré directement par Valbuena et repoussé très facilement des poings par Sirigu (13e). Si on ne peut pas réellement parler d’occasion de but concernant ce CF, c’est bien d’un CPA qu’est venue la première véritable occasion… mais d’un corner parisien… Et elle a été transformée.

Maxwell tire sortant un corner obtenu suite à une super récupération de Zlatan (dont les décrochages étaient trop nombreux), ça ne donne rien, Chantôme récupère le ballon, sert Verratti qui se trouve dans l’axe et n’est pas encore sous pression… Là, grosse boulette, une passe en arrière à Matuidi, un mauvaise passe qui met le coéquipier en difficulté dans une situation où il n’y a pratiquement pas de couverture car les défenseurs n’ont pas pu revenir après être montés sur le CPA. Matuidi tente de s’en sortir en envoyant le ballon devant vers Maxwell qui court pour se replacer, au pire le ballon ira en touche… seulement le Brésilien "sauve" la touche d’une talonnade incompréhensible, rendant la gonfle à un adversaire. Gignac est immédiatement lancé en profondeur, c’est du 1 contre 1 face à Jallet dans la zone dont Sakho, Maxwell et Matuidi sont absents par la force des choses. Gignac fixe le capitaine parisien et croise une frappe qui finit dans le petit filet, but. Gignac a eu énormément de réussite, il a commencé par louper ses dribbles en ne regardant que ses pieds, son tir est passé entre les jambes de Jallet et Sirigu a effleuré le ballon du bout des doigts. En plus des erreurs au milieu, on peut s’étonner de l’absence de marquage sur Gignac, les 2 Parisiens restés derrière étaient beaucoup trop loin de lui au départ du contre.

Le PSG a été mené pour la 2e fois de la saison en championnat, ça ne lui était plus arrivé depuis la première journée. Ça a duré environ 6 minutes – entre la 17e et la 23e – lors desquelles les Parisiens ont poussé pour égaliser. En cherchant enfin à créer de véritables décalages, en allant jouer pour de bon dans le camp de leurs adversaires, en mettant pour de bon la pression, les Rouge et Bleu (en rouge) ont réussi à créer des situations intéressantes. Une première a été conclue par une frappe de Ménez contrée (21e), la suivante, un CF excentré sur la gauche à environ 25m consécutif à un tacle par derrière sur Ibra a donné lieu à un corner (Maxwell a plutôt mal tiré ce CF car aucun coéquipier n’était dans la zone où s’est dirigé le ballon pourtant un Marseillais a mis en corner, une erreur pas sans conséquence), et sur ce coup de pied de coin encore tiré par Maxwell, certains vous diront que Zlatan a "zlatané" une première fois. Les Guignols de l’info – que je ne regarde plus depuis des années… depuis que ce n’est plus vraiment drôle en fait – ont réussi à créer le buzz depuis la rentrée de septembre avec leur marionnette de Zlatan qui "zlatane" tout le monde. Le verbe "zlataner" est un peu inspiré de "schtroumfer", ça n’a pas de sens précis, c’est selon le contexte, un "zlatan" peut signifier un but comme ça peut être un tacle, un coup de pied ou autre alors que le verbe du premier groupe correspond à marquer, à écraser ses adversaires, et j’en passe. Je donnerai ma définition personnelle un peu plus loin, elle explique le titre.

En l’occurrence, le taïkwondoïste-footballeur a marqué un but improbable d’une volée surpuissante inscrite en lançant la jambe devant Nkoulou. Il n’a pas marqué du coup ou du plat du pied, du pointu ou du talon, il l’a fait en mettant l’extérieur du pied comme s’il avait frappé avec batte de baseball, c’était à la fois hyper maîtrisé et tout en force, il n’y avait strictement aucun effet extérieur, la trajectoire de ce tir a propulsé le ballon droit au but en transperçant Mandanda pas assez réactif.

Ce geste aurait suffi à faire entrer Zlatan dans la légende des grandes Sardinades, il a tenu à assurer le coup. Moins de 2 minutes plus tard le PSG obtient un CF pour droitier à au moins 30 mètres en raison d’une faute sur Pastore, ce n’est pas très excentré du coup envoyer le ballon dans le paquet n’est pas une super option mais frapper directement semble voué à l’échec. Qu’a fait Zlatan ? Il a zlatané. Un vrai coup de fusil, du très gros calibre. Le mur fracturé a été facilement franchi, Mandanda a plongé en retard et a concédé un second but… Ce tir à mi-hauteur encore surpuissant a cette fois été réalisé avec l’intérieur du coup du pied, il a eu un léger effet enroulé. Improbable. Jouissif.

Le PSG était globalement nul, il a poussé pendant 5 minutes, Ibra a mis 2 buts hallucinants et a complètement refroidi le public. Ça semblait soudain tellement facile, au point que la victoire semblait promise aux Parisiens. Ces derniers ont plutôt bien enchaîné, ils auraient pu se mettre à seulement gérer comme ils le font – trop – souvent, ils ne sont pas réellement tombés dans cet écueil, ont cherché à accentuer leur possession du ballon tout en jouant. A mon goût ils ont un peu eu tendance à abuser dans leur recherche de profondeur, ça restait brouillon, en revanche j’ai cru déceler une volonté de limiter les risques idiots derrière. En bref, il y avait du mieux par rapport au début de rencontre totalement manqué.

Au moment où j’écrivais dans mes notes «vive les CPA !» pour me rappeler d’insister que dans le jeu collectif le PSG n’avait vraiment pas brillé avant de prendre l’avantage, Gignac a égalisé de la tête… sur corner (32e). Lancé côté droit, le premier buteur de la partie l’a lui-même obtenu dans un duel avec Alex qui aurait sans doute pu éviter de concéder ce coup de pied de coin. Le plus dingue est l’absence de marquage. En principe on met soit ses joueurs les plus forts de la tête sur ceux qui en face sont aussi très forts dans ce domaine (ce qui revient souvent à mettre les grands sur les grands^^), soit on met les défenseurs centraux sur les attaquants et on garde à peu près la distribution les rôles correspondant aux postes. Là je m’avoue incapable d’émettre une hypothèse sur l’organisation prévue. Qui était censé marquer Gignac ? Qu’il puisse mettre un coup de casque à quelques mètres du but au milieu de 4 adversaires sans être réellement serré par un des 4 me semble inimaginable. Alex paraît être le fautif, il a effleuré le ballon avant la reprise du Marseillais sans se préoccuper de la position de ce dernier. Gignac aurait dû au moins être contraint de gagner un duel aérien, il n’en a pas eu besoin.

Ce score de 2-2 au bout d’une grosse demi-heure annonçait un match fou, d’autant que le public a été réveillé par ce but… En lieu et place d’un match fou, on a eu droit à un match fourbe. Du moins jusqu’à la mi-temps. Les coups, les exagérations de Valbuena, les contacts très viriles, les tentatives d’intimidation, on y avait le droit depuis le début. Malheureusement ça a fortement empiré. Je vais y revenir juste après avoir abordé un autre sujet, les 2 occasions ¼ de cette fin de première période.

Dans l’euphorie de l’égalisation, l’OM a repris le dessus, a remis la pression. Sur une action les visiteurs n’ont pas réussi à dégager, le ballon a fini par arriver à Kaboré devant la surface dont la grosse reprise de volée a été repoussée par Sirigu (35e). Ce plongeon est la seule véritable parade du gardien italien au cours de la rencontre. Mandanda en a effectué aucune… ou pas, il a capté le ballon un peu devant sa lucarne suite à une tête lobée de Thiago Silva sur un corner (44e). Parler d’occasion de but serait une face, la seule du PSG entre son second but et le corner est intervenue plus tôt quand, lancé côté droit par Jallet, Ménez a débordé et centré en retrait pour Pastore. L’Argentin s’est parfaitement placé, pendant que tous les défenseurs allaient bêtement vers leur but, il est resté en retrait à une douzaine de mètres du premier poteau, totalement seul malgré la présence dans la surface de 4 adversaires pour seulement 2 Parisiens (38e). Pourquoi diable avoir tenté une reprise du gauche après le rebond au lieu de frapper directement du droit ou au pire contrôler avant d’ajuster ?! Il y avait tellement mieux à faire ! Il n’a même pas cadré, sa reprise topée n’a donc pas inquiété Mandanda. Un gros gâchis.

Passons maintenant au chapitre désagréable… On passera sur la simulation de Gignac pour obtenir un péno, il n’a pas insisté tant c’était grotesque, ça lui a évité le carton. Le véritable scandale s’appelle Morgan Amalfitano. Ce type devrait être mis hors d’état de nuire. Il y a quelques mois, en l’espace de quelques semaines il a déjà tenté de casser plusieurs joueurs :
-d’abord l’Ajaccien Damien Tibéri à qui il a mis un coup de pied dans la jambe en dehors du jeu mais n’a pris qu’un jaune, c’est parti en sucette à la mi-temps (vidéo),
-puis une semaine plus tard 2 Dijonnais y ont eu droit, Younousse Sankharé à qui il a mis le même gros coup de pied dans la jambe par derrière non sanctionné et Benjamin Corgnet victime d’une semelle de boucher punie d’un carton jaune (vidéo),
-et pour finir à Lorient il a savaté au sol ex-partenaire Arnaud Le Lan, ne récoltant qu’un avertissement, ce qui ne l’a pas empêché de continuer en envoyant un tacle très en retard sur un autre joueur sans être exclu, l’arbitre ayant remis son carton dans la poche pour ne pas sortir un rouge (vidéo).

En grand habitué de la violence gratuite, Amalfitano s’en est pris 2 fois à Matuidi. Il a d’abord essayé de le tuer – presque au sens propre tant le geste était méchant, dangereux, volontaire, attentatoire à l’intégrité physique du Parisien – en lui envoyant un grand coup d’épaule et de coude dans le thorax dans un duel aérien au milieu du terrain pas loin des bancs de touche et du 4e arbitre. Enfin… un duel… Matuidi a sauté pour jouer le ballon de la tête, Amalfitano était très en retard, il a sauté et a clairement joué l’homme, les images ne trompent pas. M. Chapron était très bien placé, il a sifflé la faute sans sortir le rouge… ni même le jaune. Ce mec est un vrai miraculé, il réussit à chaque fois à ne pas prendre de carton. Pire, à la mi-temps avant de retourner aux vestiaires il a encore provoqué et même mis une gifle à Matuidi ! Toujours pas de carton. Bien sûr, les 2 fois il y a eu attroupement, ça s’est chauffé entre joueurs puis entre tout le monde dans le couloir. Chapron en-dessous de tout, on le savait, on le connaissait plus prompt à sortir les cartons. Il n’a d’ailleurs pas hésité à avertir Verratti – à juste titre – pour un tacle très en retard sur Valbuena à 30m dans l’axe (l’Italien s’est jeté parce qu’il avait été passé). Verratti sera suspendu contre Remis.

Bien sûr, comme pour ses gestes sur Corgnet et du Le Lan, il aura droit à une convocation devant la Commission de discipline et sera suspendu dans 3 à 6 semaines au lieu d’avoir dû laisser son équipe à 10 et de manquer les rencontre suivantes. A l’époque il avait pris, tenez-vous bien, 2 matchs et 2 matchs dont 1 avec sursis… Le PSG aurait dû jouer à 11 contre 10 à partir de la 36e minute et Amalfitano aurait dû être suspendu jusqu’à la fin de sa vie de toute activité en rapport au football. La radiation est la seule issue pour arrêter ce danger public.

La seconde période… une horreur. Le PSG aurait pu beaucoup mieux faire, l’OM n’avait pas envie d’essayer de faire mieux, faute d’en avoir la capacité. Ancelotti a effectué un coaching totalement incompréhensible à cause duquel le club de la Capitale n’a pas remporté cette grande Sardinade face à des adversaires manifestement rincés par l’enchaînement des rencontres et par les efforts fournis en première période. Normalement avoir du beau monde sur le banc de touche permet d’annihiler les effets de la fatigue pour faire la différence grâce à des remplaçants aussi forts que ceux appelés à sortir, mais frais. Il est aussi possible d’effectuer des modifications tactiques… normalement.

Pastore est passé complètement à côté lors des 45 premières minutes, il n’était manifestement pas dans le rythme, hors du coup. Ancelotti l’aide-t-il en ne lui octroyant pas l’opportunité d’enchaîner 2 rencontres de suite quand il a été bon ? La réponse est dans la question. Associé à Nenê et Ménez ça a très bien fonctionné en fin de saison dernière, pourquoi ne revoit-on jamais ce trio ? Les mettre derrière Ibra serait terrifiant pour n’importe quel adversaire… Passons, intéressons-nous au choix de l’entraîneur en situation, il a fait entrer Gameiro pour apporter la profondeur qui manquait cruellement en première période. Jusqu’ici, OK, ça pouvait sembler logique, seulement Gameiro s’est retrouvé dans l’embarras, ses appels en profondeur ont été très rarement entendus. Pouvaient-ils l’être ? Le pauvre n’était pas soutenu par des milieux capables de lui faire la bonne passe, le problème de complémentarité dans cette formation était criant. De surcroît, l’OM a défendu beaucoup plus bas, limitant les espaces dans lesquels l’attaquant parisien pouvait s’engouffrer. Ce problème est vite devenu évident, Ancelotti pouvait y remédier en effectuant d’autres ajustements au niveau de son onze ou de son organisation.

Armand a remplacé Verratti à la 58e, Maxwell est alors passé au milieu, puis Van der Wiel a suppléé Ménez à la 74e… Alors là… Tu décides de passer en 4-4-2 en sortant ton seul joueur offensif capable d’accélérer, d’éliminer, de passer en 1 contre 1, tu le remplaces par un latéral, ce qui te fais finir la rencontre avec 4 latéraux sur les ailes contre une équipe inoffensive. 4 latéraux, 2 défenseurs centraux, 2 milieux relayeurs, 2 attaquants… Mais comment créer sans le moindre créateur ? Tu as Nenê sur le banc, pourtant au lieu de le faire entrer pour jouer à gauche avec Ménez à droite, soit un vrai 4-4-2 classique et conquérant, tu fais le choix d’un 4-4-2 blindage en mode démerdez-vous. Avec cette formation, encaisser un but est hautement improbable, tout comme en marquer un. Je ne comprends pas la logique d’Ancelotti, ou plutôt devrais-je dire que je ne l’accepte pas, se satisfaire n’un 2-2 pourri à Marseille en ayant les moyens de l’emporter, non.

Baup s’est contenté de prier pour réussir un hold-up en fin de rencontre en lançant Jordan Ayew (74e) et Loïc Rémy (79e) aux places d’Amalfitano et Gignac, espérant qu’en courant vite ils puissent surprendre les Parisiens. Auparavant il avait juste procédé à un changement de voyelle : Kassim Abdallah out, Rafidine Abdullah in.

Si en seconde période l’OM a officiellement[3] tiré 6 fois au but contre seulement… 2 (!) tentatives parisiennes, il s’agissait de tirs lointains complètement moisis hormis une tête d’André Ayew concluant LA seule minute d’action sauvée au milieu de ce cauchemar footballistique. Tout d’abord Ménez a lancé Gameiro d’une super passe en profondeur après s’être tranquillement infiltré dans la défense alors que tout le monde ou presque était arrêté. Malheureusement le second nommé a un peu manqué sa reprise – il n’a pas cadré – sans contrôle en position excentrée sur la droite (53e). L’appel était excellent, la passe splendide, seulement Gameiro s’est mal situé par rapport au but, le ballon lui arrivait de derrière, il fallait réussir le geste de conclusion parfait, il n’y est pas parvenu.

La tête d’Ayew cadrée mais en plein sur Sirigu et avec un rebond est intervenue au terme de l’action suivante, il a bénéficié d’un centre venu de la droite et a dominé facilement dans les airs un Alex à la ramasse (54e). Personne n’avait gêné le centreur.

Avant, de la m*rde. Après, de la m*rde. Pas de rythme, de mauvaises prises d’initiatives, très peu de mouvement donc peu de solutions, des tas de passes inutiles (circulation de balle sans construire, sans travailler la défense adverse), mal ajustées ou carrément dans le vide, des pertes de balle par manque de soutien offensif… Le spectacle était à pleurer, une véritable contre-publicité pour la Ligue 1.

Les Parisiens ont beaucoup trop recherché la profondeur, ceci de façon plus ou moins directe. Ça ressemblait furieusement à de l’impuissance. Verratti incarne parfaitement ceci avec sa tendance à multiplier les touches de balle en se compliquant la vie avant de balancer devant. Bloqués au milieu, les Rouge et Bleu ne savaient pas quoi faire, ils n’accéléraient pas, les actions construites ont été rarissimes, on en a vu une à la 57e conclue par un mauvais centre de Jallet, une à la 67e gâchée par une incompréhension entre Ibrahimovic et Gameiro… Une fois passé en 4-4-2 Paris a surtout essayé de jouer côté gauche, ça finissait toujours mal, y compris quand un CPA était obtenu. Avant de sortir Ménez a été l’auteur d’une dernière accélération, le décalage avait été créé à droite, il a pu éliminer, son centre a été détourné, Zlatan s’est jeté, il n’a pu envoyer le ballon au fond (73e). Paris aurait pu l’emporter sur un malentendu (un dégagement de Sirigu prolongé par la tête de Cheyrou a failli devenir une passe décisive pour Gameiro, Mandanda est bien sorti - 83e) ou un coup de bol (un centre raté de Van der Wiel a été capté sous sa barre par Mandanda - 91e). Les locaux auraient aussi pu réaliser un hold-up en profitant d’une nouvelle erreur d’Alex sur un contre (60e), de leurs quelques centres ou d’une frappe par-ci par-là. En général, Thiago Silva veillait.

En réalité, le PSG a joué comme s’il menait 4-0 à la mi-temps et l’OM comme s’il était mené 4-0 à la mi-temps. L’équipe qui gère contre l’équipe qui n’a pas envie de prendre encore plus cher. Le PSG avait le ballon sans savoir l’exploiter, l’OM laissait le ballon et se contentait d’être solide. Seulement, le score était de 2-2.

On peut résumer le "projet de jeu" du PSG lors de ce match en 5 mots : donner le ballon à Ibra. On nous a vendu un grand entraîneur, on a une grande supercherie. Ibra devrait être un gros plus, mais Ibra est devenu le tout. Après la mi-temps, le Suédois a disparu, on l’a ensuite revu sporadiquement. Ses initiatives ont tantôt été intéressantes, tantôt foireuses. Le voir jouer un corner à 2 au lieu d’aller se placer dans la surface aux côtés de Thiago Silva ou encore Alex et Armand, c’est du gâchis. Qu’il évolue très bas, à hauteur de n°6 et récupère des ballons, admettons bien que ce ne soit pas son rôle. Reste à savoir ce qu’il fait ensuite du ballon. En l’occurrence, il n’a pas bien joué les coups. Plusieurs fois il a essayé de se muer en passeur pour Gameiro, jamais efficacement, notamment en raison de HJ. La situation la plus regrettable est survenue à la 71e minute. Zlatan récupère au milieu, accélère dans l’axe, mais au moment où il doit servir Gameiro à sa droite dans la surface, il ne le fait pas, préférant tenter de fixer tout le monde. Quand il a fini par fait la passe, c’était trop tard, le HJ était inéluctable. En fin de match (90e), Ibra a à son tour été signalé HJ (à tort) alors qu’il était lancé sur la droite de la surface (on ne saura jamais si comment ça se serait terminé sans ce mauvais jugement). Il a réussi des choses géniale… et en a m*rdé pas mal d’autres.

De cette rencontre on peut tirer une définition de "zlataner", c’est celle en rapport avec le titre.
ZLATANER : donner le ballon à Zlatan et compter uniquement sur son génie pour éclater l’équipe adverse en omettant toute la dimension collective du football…

D’où l’idée que "zlataner n’est pas jouer".

Le plus grave n’est pas de compter sur lui pour marquer les buts et faire la différence car il est là pour ça, il serait carrément stupide de ne pas en profiter. Le plus grave est le message qui lui a été transmis : si tu ne fais pas tout seul la différence, personne ne va la faire. Les autres sont inhibés par sa présence, ils n’osent pas prendre des initiatives qui pourraient ne pas plaire au géant suédois ET DONC A ANCELOTTI. Dans ces circonstances, Zlatan se sent obligé d’aller chercher le ballon très bas, de relayer, de mener le jeu, d’être à la conclusion des actions… En dépassant trop ses fonctions, il empêche l’équipe de développer un jeu collectif cohérent. Pour le moment Zlatan et ses partenaires cohabitent beaucoup plus qu’ils ne collaborent. Cette observation a déjà été faite à plusieurs reprises depuis le début de la saison, on ne voit pas réellement d’évolution positive.

Je termine avec tout ce que je n’ai pas encore casé…

J’ai parlé d’un match à l’ancienne, en seconde période c’était toujours le cas, Kaboré aurait mérité au moins le jaune pour une semelle sur Verratti, Thiago Silva en a pris un pour une faute sur Amalfitano (qui en a fait 10 tonnes… quelle sal*pe… bon, dans l’absolu la faute de T.S. méritait un avertissement, seulement au départ de l’action il y avait faute sur Zlatan, ça aurait dû être un bon CF pour le PSG). Abdullah a eu droit au seul carton marseillais (77e), il a été l’auteur d’une grosse faute sur Ibra. J’ai aussi noté un coup de sifflet à l’envers obtenu par Valbuena en simulant, Van der Wiel lui avait loyalement pris le ballon, il partait en contre (81e). Pour une fois que le Batave faisait un truc bien… M. Chapron aura bien saccagé la rencontre, son laxisme concernant NOTAMMENT Amalfitano a changé la donne. Jallet a bien fait de déclarer en conférence de presse de veille de match son intention de mettre les baffes en premier au lieu de les recevoir[4]

3 des 4 buts ont été inscrits directement sur CPA, l’autre a résulté d’un CPA. On peut parler de 3 buts évitables sur 4. L’ouverture du score est la conséquence d’une erreur stupide de Verratti (plus de celle de Maxwell), le 2e était imparable, le 3e – le CF – n’aurait été possible avec un mur remplissant son rôle, le marquage sur le 4e était bidon, mettre des joueurs aux poteaux sur corner n’aurait pas fait de mal.

Les stats de Zlatan, notamment à l’extérieur, on n’en parle même plus, c’est indécent, cette homme est une machine à doublés ! Depuis son arrivée il n’avait pas encore passé 2 matchs de suite sans marquer, la série est terminée.

J’aurais bien aimé voir un Lucas Moura sur le terrain, dans ce genre de matchs il vous faut des dynamiteurs. Vivement qu’il débarque en France !

Passons aux prestations individuelles. On ne peut pas dire que Ménez n’ait pas fait les efforts défensifs, il a été l’auteur d’une prestation moyenne, les 2 ou 3 seules occasions dans le jeu sont toutes dues à ses accélérations et passes.

Verratti ne m’a pas faire regretter ma diatribe le concernant (voir l’analyse le Porto-PSG), Matuidi a été brouillon (sans doute la fatigue), Chantôme mieux en seconde période, Alex complètement nul, il a pu le bouillon et été dominé dans les airs trop souvent, heureusement Thiago Silva s’est montré solide, endossant le rôle de patron de la défense. Si j’ai bien aimé l’activité de Jallet, un peu coupable, surtout malchanceux sur l’ouverture du score[5], je suis obligé de regretter ses nombreuses imprécisions offensives. Maxwell m’a semblé un peu meilleur après avoir changé de poste, d’autant qu’Armand n’a pas manqué son entrée, il a été bon, le latéral Brésilien a lui commis trop d’erreurs. Je vais être méchant, mais sur ce qu’ils ont montré depuis qu’ils sont au PSG, un Van der Wiel et un Maxwell, à part apporter des points au Scrabble[6], ça ne sert à rien. Gameiro a le plus souvent été envoyé au casse-croûte, sa combativité a été vaine. Les circonstances ne se prêtent pas à porter un jugement concernant Van der Wiel. J’allais oublier Sirigu ! Rarement sollicité, il a fait ce qu’il a pu, sans réussite.

Le PSG aura occupé la tête du classement pendant 9 minutes, ce n’est que partie remise. L’OM a montré une ambition démesurée en se satisfaisant pleinement d’un nul à domicile contre son meilleur ennemi fatigué par le match à Porto. Paris reste invaincu en championnat et n’a toujours encaissé aucun but en seconde période, en revanche il en a concédé 2 au cours d’une même rencontre pour la première fois depuis la première période de la saison face à Lorient.

La revanche aura lieu en Coupe de la Ligue le 31 octobre (soit dans 3 semaines ½) devant plus de 40000 Parisiens. Ils étaient environ 120 à avoir fait le déplacement dans le sud, une première depuis plusieurs saison[7]. Etrangement, personne ne voulait se rendre au Vélodrome… et soudain le club a fini par comprendre en baissant le prix de 340 à 150 euros.

Maintenant, c’est la trêve internationale avec en point de mire Espagne-France. Chantôme est l’appelé de dernière minute de Deschamps. Rien que pour ça, ces rencontres de l’EdF revêtent un grand intérêt !

Notes

[1] Sa suspension pour avoir reçu un carton rouge injuste à Lille en fin de saison dernière – en plus d’un péno lui aussi injuste ayant coûté au club le match et finalement le titre de champion – a été assortie d’un sursis qui n’a pas été effacé à l’intersaison et c’est finalement transformé en suspension surprise au dernier match avant la disparition de cette épée de Damoclès invisible… Si Sakho a manqué cette rencontre, c’est donc à cause de 2 cartons, un rouge injuste pour une faute minuscule il y a plusieurs mois et déjà punie d’un péno injuste, d’une exclusion injuste, d’une défaite injuste, de la perte d’un titre de champion, accessoirement d’une mise au placard à cause de laquelle il a manqué l’Euro… et un carton jaune à Bastia pour avoir tapoté l’arrière de la nuque d’un malade ayant tenté de lui arracher une oreille faute de pouvoir lui tirer les cheveux. Vive la République, vive la France !

[2] Limassol.

[3] Selon les stats de la LFP, je n’ai pas vérifié précisément.

[4] Traduisez être agressif au lieu de subir l’agressivité des Marseillais qui la saison passée avait conduit le PSG à la déroute après un bon début de rencontre.

[5] Je vous renvoie plus haut, il a été malchanceux dans la mesure où Gignac a été hyper en réussite sur cette action.

[6] Si on autorise les noms propres, ce qui en principe n’est pas le cas.

[7] Les pouvoirs publics interdisaient les déplacements concernant les grandes Sardinades suite à l’annulation de dernière minute d’un OM-PSG ayant abouti à faire débarquer les supporters parisiens en pleine ville à Marseille. Ceux-ci y avaient été victimes d’agression à la pioche et autres armes par destinations, un avait été renversé par une voiture ayant volontairement foncé sur lui avant qu’il ne soit molesté au sol… Bref, des scènes de guerre et de barbarie à cause d’une défaillance scandaleuse de la LFP.