Je vous préviens tout de suite, je réserve le chapitre à propos de l’équipe de France Espoirs pour la fin, on va faire ça à part, n’entachons pas le récit d’Austerlitz en évoquant la Bérézina.

Le football français est passé en l’espace de 2 heures de l’abattement le plus profond suite à une de ses déroutes les plus cuisantes à un état d’euphorie assez grandiose non pas grâce à sa plus belle victoire depuis une éternité mais suite à un simple match nul. Certains – pas moi, je l’ai longuement expliqué sur le blog – leur prédisaient le pire, une bran-bran magistrale, les inconscients souhaitaient même cette bran-bran en espérant qu’elle permettre de tout changer dans le foot français (comme si celles de 2008 et de 2010 avaient eu de l’effet et qu’une lourde défaite chez les champions d’Europe et du monde allait avoir plus de répercussion que des campagnes minables ponctuant 8 ans moins un – celui du retour des anciens en 2005-2006 – d’une médiocrité confondante avec les mêmes tireurs de ficelles à la FFF^^), pourtant les Bleus ont bel et bien surclassé la Roja chez elle malgré un arbitrage assez lamentable. L’égalisation obtenue à la dernière seconde – après avoir été une première fois injustement refusée en première période – est venue récompenser une équipe disciplinée, solidaire, ambitieuse. Sans ce but, j’étais déjà super fier de cette EdF à l’état esprit irréprochable à l’image de Matuidi, l’homme du match avec Lloris, capitaine aussi exemplaire et décisif que peu expressif.

Au-delà de la joie d’avoir égalisé à la dernière seconde quand on ne l’attendait plus, de celle d’avoir vu une équipe, une véritable équipe, une équipe qui ne réclame pas à être aimée et soutenue sans rien faire pour, on a vu du vrai football (pas celui de l’Espagne, dont la prestation a frisé le ridicule à plusieurs niveaux), et… on a appris à vivre à l’armée des melons ibériques. Quelle suffisance de la part de Vincent Dubois[1] et de ses hommes ! Comme je vous l’annonçais il y a 3 jours, les résultats de vendredi étaient bons pour la France, les équipes espagnoles sont toujours meilleures à prendre quand elles nous négligent.

Alors bien sûr, concernant la qualification, rien n’est fait, avec 7 points en 3 matchs c’est bien parti pour être au pire 2e et pas plus mauvais 2e des 9 poules, donc barragiste, mais ce n’est pas le propos. A vrai dire, on n’en est pas encore à parler qualification, pour le moment on est en pleine construction d’une nouvelle équipe de France. Avec des mecs au lourd passif comme Ribéry et Evra, on pourrait craindre d’avoir introduit le loup dans la bergerie, Didier Deschamps a pris le parti de les domestiquer pour en faire des chiens. Concernant le second, je suis sceptique, s’il nous en fait un caniche son utilité pour les Bleus restera proche de zéro comme depuis des années (à l’exception de la seconde période, probablement sa meilleure en EdF), en revanche concernant le joueur du Bayern, il nous en a fait un vrai clébard qui court partout, ne lâche rien… On finirait PRESQUE par l’apprécier, c’est dire !

Rendre hommage aux joueurs est insuffisant, on se doit aussi de mettre en évidence la victoire tactique du sélectionneur. S’il a débuté la rencontre en 4-3-3 en commettant une énorme erreur, titulariser Gonalons, dont on pouvait se douter qu’il serait mauvais, si son équipe a eu tendance à défendre trop bas comme une de ces formations sans ambition autre que de murer leur surface de réparation, la compo était tout de même assez osée : 3 attaquants – car oui, Franck Ribéry et Jérémy Ménez sont des attaquants – en plus de 2 latéraux très offensifs et d’un relayeur/meneur de jeu (Yohan Cabaye). On est bien loin des 12 défenseurs de Laurent Blanc en quart de finale du dernier Euro. Le coup de mettre Mathieu Debuchy devant Réveillère sur le côté droit était vraiment affligeant. Mine de rien, en mettant en place une équipe composée de beaucoup moins de joueurs au profil défensif, l’EdF de "La Desch" a été beaucoup plus efficace défensivement que celle du "Président", lors des 40 premières minutes, grâce à une très bonne organisation, une solidarité de tous les instants et une grande concentration, elle n’a concédé qu’une double occasion sur CPA. Bon, je vous l’accorde, cette double occasion a suffi à l’Espagne pour ouvrir le score (avec énormément de réussite, le corner aurait dû être une sortie de but et en déviant le centre Lloris a envoyé le ballon sur Sergio Ramos alors que Mamadou Sakho allait dégager), et pour le coup l’organisation défensive sur ce CPA était très mauvaise. Ensuite, sans doute à cause de la frustration du but injustement refusé et de plusieurs décisions assez énervantes de l’arbitre (un Allemand, M. Brych), Laurent Koscielny a déc*nné, concédant un péno indiscutable. Fort heureusement, Lloris l’a repoussé, les Bleus euphoriques ont alors un peu cédé à la tentation de partir à l’abordage, s’exposant aux contres, l’Espagne a alors pu se procurer sa première occasion dans le jeu, sa seule du match en réalité, Lloris était encore là pour réaliser une double parade.

Le plus remarquable a été le coaching. Enfin !!! Enfin un sélectionneur français qui utilise bien la possibilité offerte aux entraîneurs de substituer des joueurs par d’autres ! Domenech était affligeant dans cet exercice, Blanc aussi, Deschamps a frôlé la perfection. Un excellent coaching, c’est un savant mélange de choix tactiques opportuns/appropriés, de gestion des hommes (physique et psychologique)… et de réussite. Sur la fin de match il y a vraiment eu pas mal de réussite car Olivier Giroud et Moussa Sissoko, les 2 derniers remplaçants entrés en jeu, ont été chacun décisif sur la dernière action, le premier étant buteur, le second ayant créé le décalage, or Giroud ne serait probablement pas entré en jeu si Benzema n’avait pas été victime d’une petite agression de Busquets en loucedé à quelques minutes de la fin. Ne résumons pas tout ça à de la réussite car ce coup de pouce du destin n’est pas intervenu par hasard. La gestion des hommes a été excellente lors de ce stade des Bleus et le changement tactique opéré vers l’heure de jeu a tout changé. A la place d’un Gonalons particulièrement mauvais, presque incapable de faire une passe à un coéquipier (il rendait pratiquement tous les ballons), on imaginait l’entrée d’Etienne Capoue avec qui il était en balance pour occuper ce poste. Et non ! Deschamps a lancé Valbuena pour passer en 4-2-3-1. Les Bleus avaient besoin d’un attaquant de plus pour emm*rder les milieux espagnol et Matuidi à lui seul pouvait à l’évidence faire le travail de récupération de 3 hommes normaux. Ensuite, il a lancé Sissoko à la place de Ménez, probablement pour aider à un peu plus bloquer le côté fort espagnol tout en apportant de la puissance et de la fraicheur physique.

Le match amical de préparation de vendredi au Stade de France a été très bien géré, le résultat importait peu. Le but n’était pas de le remporter ou de ne pas le perdre, l’idée était simplement de se préparer pour le gros morceau de la semaine, le déplacement à Madrid. Il était important de préserver certains éléments, c’est pourquoi Cabaye et Evra n’ont pas joué du tout, Matuidi n’a disputé que la première période contre le Japon, de même que Benzema et Debuchy, Ribéry ayant été seulement utilisé lors des 20 dernières minutes il a pu être au taquet pendant toute la rencontre mardi. Plus globalement, il y a eu un partage du travail entre les joueurs. Pour certains, c’est surtout la gestion physique qui important, pour d’autres l’aspect psychologique dominait, ils avaient besoin de se remettre dans le bain de l’équipe de France, d’enchaîner. Lloris s’est en partie loupé face aux Nippons, néanmoins il a pris des repères avec ses défenseurs centraux, qui eux-mêmes ont pu évoluer ensemble pour la première fois, Sissoko n’est pas entré sur le terrain avec la peur au ventre. Notons aussi que les Bleus ont marqué un but – injustement refusé – sur CPA, un secteur manifestement travaillé, on l’avait remarqué au cours de cette joute amicale.

Il importait aussi d’éviter les blessures supplémentaires après celles de Mavuba et de Diaby[2], on a juste eu à déplorer celle de Chantôme. Comme son compère du PSG, Matuidi aurait sans doute pu enchaîner 90 minutes contre le Japon et 90 contre l’Espagne, le risque les concernant était seulement la blessure et non de la fatigue car si on leur faisait enchaîner 5 matchs de haut niveau lors de la même journée, ils ne demanderaient sans doute pas à sortir avant la 75e minute du 4e, juste histoire d’avoir le temps aller aux toilettes et de reprendre quelques forces avant le dernier. En première période, Matuidi a été très bon, récupérant déjà un maximum de ballons, mais en seconde c’était carrément de la folie, il était partout, à lui-seul il a dévoré tout le milieu de terrain espagnol pourtant particulièrement réputé.

A vrai dire, la prestation de l’ancien Stéphanois et plus généralement le match m’ont fait penser au récent Porto-PSG, j’ai trouvé pas mal de points communs :
-en première période le jeu s’est surtout déroulé côté gauche (pour l’équipe qui recevait) avec beaucoup de vivacité sur cette aile ;
-les visiteurs ont longtemps subi, n’avait pratiquement pas le ballon, ils ont progressivement essayer de le garder pour respirer et tenter quelques contre-attaque ;
-comme le PSG, les Bleus avaient un joueur catastrophique devant la défense qui perdait le ballon tout le temps et ne servait à rien ;
-la relance a été un immense problème (les Bleus ont su le rectifier, pas le PSG) ;
-sans un gardien prodigieux le match aurait été plié à la pause, comme Sirigu, Lloris a sauvé la maison et permis d’y croire ;
-les visiteurs ont pu se créer 2 grosses occasions en première période mais pas de but (même si le but de Ménez était valable, on ne le dira jamais assez) ;
-Matuidi a commencé la rencontre en régime normal puis est devenu de plus en plus énorme à partir de la seconde moitié de la première période pour atteindre un niveau vraiment impressionnant ;
-Sakho, très bon, a seulement été battu sur un CPA parce qu’il n’y avait pas une bonne organisation collective (un CF contre Porto, un corner – 2 en réalité, l’original et sa copie – contre l’Espagne) ;
-à la fin l’équipe qui le méritait a marqué.

Bien sûr, il y a aussi eu beaucoup de différences entre ces rencontres, notamment du côté de l’entraîneur. Ancelotti s’était enfoncé au lieu de changer la donne[3]. On va se recentrer sur cet Espagne-France.

La compo des Bleus était donc celle-ci : Lloris (C) - Debuchy, Koscielny, Sakho, Evra - Cabaye, Gonalons, Matuidi - Ménez, Benzema, Ribéry. A un joueur près on avait deviné.

Première preuve de suffisance du côté de la Roja, en plus de ne même pas avoir sélectionné Juan Manuel Mata, Vincent Dubois a refait le coup de l’équipe sans avant-centre. Les Espagnols se croient tellement supérieurs qu’ils se permettent de ne pas faire jouer de véritable n°9 et de ne mettre qu’un seul défenseur central de métier[4]. En gros ça donnait ça : Casillas - Arbeloa, Busquets, Ramos, Alba - Xavi, Alonso, Iniesta - Silva, Fabregas, Pedro.

PREMIERE PERIODE.
Santi Cazorla a assez vite remplacé Silva, blessé à la cuisse (blessure à la 9e, changement seulement à la 13e, à quoi bon se presser de jouer à 11 contre 11 ?^^), mais il n’a pratiquement rien apporté. La tactique espagnole était claire dès le début, insister sur le côté gauche – comme si Debuchy était une quiche – et surtout, surtout, conserver le ballon. Annoncés vaincus d’avance, les Bleus pouvaient en profiter pour jouer sans pression… ou auraient pu se faire dessus, paniquer, imiter collectivement un hérisson apeuré[5] en craignant l’humiliation. Ils pouvaient aussi tenter leur va-tout et chercher à mettre le feu quitte à s’exposer. La première option était suicidaire, la seconde option était suicidaire, ils ont opté pour la solution intermédiaire, la seule sérieuse. Il ne fallait pas s’offrir en sacrifice, c’est pourquoi l’EdF a commencé par s’attacher à bien défendre, ce qu’elle a fait. Il fallait marquer au moins un but pour espérer obtenir un bon résultat, autrement dit réaliser l’exploit d’être la première équipe depuis des lustres à éviter la défaite pour l’Espagne en match de qualification, d’où une volonté claire de jouer les coups à fond dès que l’opportunité se présentait. Longtemps incapables de ressortir le ballon de leur camp sans le perdre, les Bleus ont eu très peu d’occasions de réellement se lancer à l’assaut du but de Casillas. On a vu un premier contre un peu poussé au bout de 7 ou 8 minutes, puis un bon mouvement côté droit entre Benzema, Ribéry et Evra (13e). C’est suite au but encaissé que ces offensives ont commencé à se multiplier.

La Roja nous a encore fait une démonstration de faux football vraiment prétentieux : ne même pas réussir à faire courir ses adversaires pour les fatiguer en ayant 75% de possession du ballon, c’est grotesque. Multiplier les passes qui ne servent à rien, tenter de temps en temps un débordement UNIQUEMENT côté gauche avec Pedro et Alba en étant incroyablement prévisible… C’est nul ! Faire tourner sans rythme, sans attaquer, ceci à 0-0 contre une équipe prétendument plus faible… c’est du football ? Hormis une tentative de pénétration de Fabregas dans l’axe bien stoppée par Sakho (2e), il ne se passait rien. Les Bleus défendaient un peu trop bas mais en agissant ainsi ils empêchaient leurs adversaires d’entrer dans leur surface de réparation et surtout fermaient remarquablement l’axe (où s’entassent les Xavi, Iniesta, Fabregas et compagnie). En se montrant agressifs, concentrés, rigoureux et solidaires, en enclenchant de temps en temps un coup de pressing pour mettre du sable dans les rouages du jeu de leurs hôtes, les Français ont facilement bloqué le fonctionnement de la machine rouge. Bien sûr, les hommes de Vincent Dubois ont parfois essayé de marquer, il y a donc eu quelques situations chaudes à gérer, quelques centres, un tir contré et un cadré à la 15e (mais la frappe de Cazorla était super facile à arrêter pour Lloris). Iniesta a failli être dangereux grâce à un corner joué de façon à embrouiller les Bleus, il a fait une sorte de Brandao en voulant centrer en retrait (23e).

C’est à nouveau d’un corner qu’est venu le danger quelques poignées de secondes plus tard. L’arbitre a m*rdé, Debuchy a taclé dans sa surface mais le ballon a été touché en dernier par un Espagnol, il aurait dû y avoir sortie de but. Dans la surface, ça s’est chamaillé entre Koscielny et Fabregas, ils ont été réprimandés par l’homme au sifflet, puis quand le CPA n’ayant pas lieu d’être a finalement été tiré – et non joué au sol comme le font très souvent le Barça et la Roja – Ramos a pu envoyer le ballon en plein sur le second poteau, Pedro a été le seul à suivre, son centre entre les jambes de Matuidi a été détourné par Lloris, permettant à Ramos de marquer (25e). Première occasion du match, but… Un but évitable. Le corner n’était pas justifié, néanmoins il y avait moyen d’empêcher l’Espagne d’en profiter. Ramos et Busquets sont les 2 seuls joueurs susceptibles de marquer sur ces phases de jeu, ils auraient dû être marqués de près, ce qui était le cas avant que Sakho ne soit contrait de lâcher le défenseur du Real à cause d’un écran digne d’un match de basket. J’ai du mal à concevoir l’absence de joueur supplémentaire dans la zone, tout comme l’idée de ne mettre personne aux poteaux, car dans ces situations ils sont bien utiles. En l’occurrence, le joueur au poteau aurait pu couper le centre ou du moins sa présence aurait permis à Sakho de monter sur Ramos au lieu de se placer pour dégager ce centre. Bref, il y a eu une mauvaise organisation défensive sur ce CPA, on a revu la même chose en seconde période (70e) sans conséquence cette fois.

Après l’ouverture du score ça s’est quelque peu enflammé, les Bleus ont vite réagi, ils sont montés d’un cran, ont commencé à faire jeu égal avec leurs adversaires, à construire quelques actions, l’Espagne a essayé de contrer toujours en insistant sur la bande de terrain où tout se déroulait depuis le début de la rencontre, elle semblait particulièrement impuissante, réduite à tenter par-ci par-là une frappe lointaine toute moisie. L’EdF avait encore du mal à être dangereuse, la présence manquait aux avant-postes, notamment sur les dégagements. Du moins, c’était le cas jusqu’à la 33e minute quand un long ballon de Lloris en direction du rond central a été très bien exploité par Ribéry. Il contrôle, se met dans le sens du jeu et lance Benzema dans la profondeur, ce dernier prend de vitesse les défenseurs et va tenter de tromper son coéquipier du Real, mais Casillas détourne cette frappe croisée du gauche. Les Bleus ont alors égalisé à une grosse occasion à une.

La solution semblait pouvoir venir des CPA, à condition d’en obtenir et de ne pas les gâcher. Les Espagnols en ont concédé assez peu – notamment parce que les arbitres ont été mauvais, ils sifflaient au moindre contact sauf quand Ramos ou Alba y allaient comme des bœufs – et ils n’ont pas toujours été bien exploités. Néanmoins, un bon CF pas très loin de l’angle de la surface côté droit a permis à la France d’égaliser. Cabaye l’a bien tiré au second poteau où Benzema a mis la tête, le ballon ne s’est pas dirigé vers le but mais vers le l’autre poteau où Ménez, tout seul, l’a poussé au fond (39e). L’attaquant parisien marque rarement de la tête, il marque assez peu en général, son 3e but en EdF aurait dû relancer la rencontre, il en a été privé par M. Borsch ou M. Lupp, un arbitre assistant incompétent. Il aurait eu tort de lever le drapeau quand Benzema a remis le ballon de la tête car l’avant-dernier défenseur était sur la même ligne que lui. Signaler un HJ au moment où Ménez a touché à son tour le ballon, c’est carrément scandaleux. D’une part, Ménez était en retrait par rapport au ballon, d’autre part il était largement couvert par un Espagnol dont les jambes étaient pratiquement dans le but !

Dans la foulée, Koscielny concède un péno en frappant dans la jambe de Pedro, peut-être piégé par un petit rebond, sans doute énervé par ce qui venait de se passer, il était en retard. Bref. Lloris plonge à sa droite et détournant le tir de Fabregas (42e). A 2-0, l’affaire aurait été entendue, cette parade magnifique réussie par le capitaine – pourtant pas spécialiste des pénos – n’a pas complètement relancé la machine. D’ailleurs 3 minutes plus tard Lloris a dû de nouveau sauver la maison en repoussant des tirs de Pedro et de Fabregas. Au terme d’un contre faisant suite à un contre français, l’attaquant du Barça avait été servi à la limite du HJ par une petite louche de Xavi. Il s’agit de loin de la plus belle action espagnole du match.

Lloris a été magistral, manquant toutefois de réussite sur le but. Sakho et Koscielny ont commis une erreur chacun (Sakho n’étant pas seul responsable), Evra a un peu apporté offensivement faute d’être sollicité défensivement (il est resté spectateur sur l’action du but), Debuchy a commis quelques erreurs et a souvent été pris dans son dos, notamment sur les transversales, il a aussi réussi quelques bonnes interventions défensives.
Pour finir la première période, Gonalons a découpé Iniesta au milieu et pris un carton jaune couronnant une prestation piteuse constituée essentiellement de pertes de balle. Techniquement, il est mauvais, il a gâché le gros travail de récupération de Matuidi pendant que Cabaye, assez discret, essayait de contenir Iniesta. Oui, c’est dur !
Ménez devait attaquer et défendre, il était face à Alba, une mobylette très souvent aux avant-postes, il a fait ce qu’il a pu. Les Bleus n’ont pas profité des montées du latéral gauche pour profiter du couloir libre. Ribéry n’a pas manqué d’activité, son activité a été polluée par de mauvais choix. Benzema est apparu tout aussi concerné, seul devant son job était très complexe, il a eu une très grosse occasion et a fait une passe décisive.

On pouvait déjà être fier de cette équipe de France spoliée d’un but valable sur sa 2e occasion quand l’Espagne n’avait pu s’en procurer une seule en 40 minutes. Ces Bleus ont des lacunes techniques, ils ont compensé par leur combativité, leur envie, beaucoup d’engagement, de solidarité. Il y avait clairement un coup à jouer.

SECONDE PERIODE.
La seconde période a repris comme la première, la Roja a confisqué le ballon sans mettre de rythme, empêchaient la relance (Gonalons toujours bidon, les Bleus ont pris quelques risques voire fait du zèle en essayant de ressortir proprement), continuaient à insister sur le côté gauche comme s’ils avaient ciblé Debuchy. Arbeloa s’est assez vite blessé, il a été remplacé 3 minutes plus tard par Juanfran, joueur de… l’Atlético de Madrid (51e). Le public était heureux de voir son poulain entrer en jeu, il a déchanté une quarantaine de minutes plus tard. Les Espagnols ont alors commencé à utiliser leur côté droit (un peu).

Les Français avaient déjà très faim, l’arbitre leur a encore donné un peu plus de rage de vaincre en enchaînant les décisions orientées. M. Brych a été de plus en plus mauvais, sanctionnant Ribéry à 2 reprises, d’abord pour avoir bousculé Xabi Alonso qui avait pourtant clairement commis une obstruction sur lui, puis pour une semelle… de Busquets sur son tibia ! Cette grosse semelle avec le pied bien haut méritait clairement un jaune. Hallucinant ! Lancé en contre Benzema aussi a été sanctionné en étant pourtant victime d’une obstruction, il aurait dû obtenir un bon CF. Il y avait de quoi péter un câble.

Gonalons a été remplacé avant un corner (57e) dont a résulté une frappe de Cabaye détournée qui a donné le ton de toute la fin de la rencontre, enfin d’une très haute intensité. Avec désormais 4 joueurs offensifs plus un Matuidi monstrueux qui récupérait un paquet de ballons souvent dans le camp adverse et jouait toujours vers l’avant, les visiteurs ont pu se montrer nettement plus dangereux. L’invincible armada a pris l’eau de tous bords, elle a explosé physiquement – encore plus quand Sissoko a remplacé Ménez à la 68e pour jouer milieu droit – et multiplié les erreurs techniques. Les occasions ont été nombreuses, à l’image d’une grosse frappe de Ribéry passée juste à côté suivie sur le corner d’une reprise assez étrange bloquée par Casillas (58e). Les Espagnols ont plusieurs fois dû se sauver à l’arrache et s’en remettre à la prière. Quand Matuidi a gratté un ballon et lancé Benzema en profondeur (61e), la défense s’en est sortie par miracle, tout comme quand Ribéry a mis le feu côté gauche pour centrer devant le but où Benzema a tenté de couper la trajectoire du ballon (65e). Je n’arrive pas à voir s’il a loupé son geste ou si on lui a retiré le ballon in extremis. Les Bleus ont essentiellement attaqué du côté de Juanfran, 2 centres de Benzema pour Ménez (trop court - 68e) et Sissoko (reprise manquée - 73e) auraient dû être décisif avec plus de coordination et/ou de justesse dans le dernier geste. Je suis incapable de décrire toutes les situations dangereuses qu’ont pu se créer Franck de Carglass et ses coéquipiers, il y en a eu beaucoup trop (elles sont toutes dans la vidéo, qui du coup est assez longue), n’importe quelle passe longue suffisait à mettre en panique cette défense bricolée, le 2e ballon était systématiquement pour un Français.

Une équipe portée vers l’offensive s’expose forcément aux contres, l’EdF n’a pas fait exception à cette règle, elle aurait pu se faire planter un coup de poignard dans le dos sans une super intervention de Sakho sur un centre d’Alba (59e), ou encore si Xavi n’avait pas loupé son contrôle quand Pedro l’a lancé au but (62e). Le latéral gauche espagnol a continué à multiplier les courses, il y a perdu en précision, et dans la mesure où ses accélérations représentaient à elles-seules 70 à 80% de l’activité offensif espagnole, la menace est devenue progressivement une menace fantôme. L’entrée de Fernando Torres à la place d’Iniesta (75e) n’a pas arrangé les affaires de la Roja. L’axe Lloris-Sakho-Matuidi a complètement annihilé ce collectif ibérique à coup d’interventions propres, promptes et tranchantes, tant dans les airs que dans les pieds.

Par moments on a senti que les grands favoris de cette confrontation s’escrimaient à calmer le jeu pour respirer un peu, ils ont fini en apnée, les fesses serrées, manquant totalement de lucidité ils ont multiplié les cadeaux en faisant n’importe quoi. En marquant entre la 80e et la 90e, les Bleus auraient pu gagner, j’en suis persuadé, un but en aurait appelé un autre. Malheureusement le défaut du foot français a encore fait des joué un mauvais tour aux Bleus, comme face au Japon. En L1 comme en équipe nationale, il y a un gros problème d’efficacité offensive, les situations chaudes voire brûlantes sont trop rarement transformées en occasions franches, celles-ci étant ensuite trop rarement converties en buts. Ribéry passait à chaque fois en 1 contre 1 ou en 1 contre 2, une fois il a cadré une mine sans angle repoussée (90e), les autres fois au bout du compte Casillas n’avait aucun exploit à réaliser ni aucun dégât à constater.

Quand le 4e arbitre a annoncé 3 minutes de temps additionnel, on pouvait encore y croire, on a eu le temps de se mordre de nouveau les doigts en continuant à pousser sans égaliser… Et à la fin de la 93e minute, quand l’Espagne a obtenu un corner toujours sur cette fameuse aile gauche surexploitée, j’étais désabusé, dégoûté à cause de cet arbitrage putride, mais aussi et fier de ces Bleus. Certes, ils avaient perdus, mais les armes à la main, privés d’un but valable, avaient fait salir leurs sous-vêtements aux champions du monde et doubles champions d’Europe en titre en les poussant dans leurs derniers retranchements. On avait retrouvé une équipe de France digne de ce nom. Pas un instant on aurait pu imaginer qu’à 2 au poteau de corner des types aussi techniques et expérimentés réussiraient l’exploit de se faire piquer le ballon par Sissoko, que ce dernier remonterait le ballon avant sa perte au milieu du terrain où Juanfran, dans un élan de profonde débilité, allait le rendre en tentant de passer un grand pont à Evra dont interception du genou serait suivie d’un nouveau raid de Sissoko que le Toulousain conclurait en décalant Ribéry côté gauche – donc exactement à l’opposé du corner initial – avant que ce dernier ne déborde et ne centre en retrait pour la tête croisée "victorieuse" – égalisatrice en réalité – de Giroud, entré quelques minutes plus tôt. Le temps additionnel minimum était dépassé, mais la justice divine a frappé.

Quel pied !

En une vingtaine de secondes, celles entre le corner et le but, le monde n’a pas changé, je n’étais pas plus fier de ces Bleus, en revanche j’étais en plus très heureux. Ce but, c’est juste du pur bonheur, un de ces moments inoubliables qui vous rappellent pourquoi ce sport est si beau. Ce but est à la fois la récompense de tous les efforts fournis et la meilleure réponse possible au traitement qui leur a été infligé. Ce cocktail composé d’une lampée d’injustice, de 2 grosses cuillérées de critiques infondées et d’une triple dose de jus de melon était particulièrement imbuvable, ils l’ont recraché au visage de qui le méritait.

Le jus de melon…
Le scénario est magnifique, faire taire tout un stade, tout pays, c’est un kiffe en soi. Faire fermer leur gueule à des milliers de spectateurs qui ont sifflé votre hymne[6], ont commencé à vous chambrer en criant des «Olé ! Olé ! Olé !» à chaque passe de leur équipe dès la 1ère ou 2e minute de la rencontre puis ont récidivé vers la 66 ou 67e quand leurs favoris étaient déjà malmenés, ce n’est plus simplement un kiffe, c’est un plaisir quasi orgasmique. Le public n’a pas été le seul à prendre de haut l’équipe du Didier, Vincent Dubois et ses joueurs ont fait preuve d’une suffisance criminelle.
Aligner une équipe sans véritable attaquant et avec un seul véritable défenseur central comme si face aux Bleus on pouvait se permettre ces fantaisies…
Jouer à la baballe au milieu à 0-0 en ne cherchant pas vraiment à pousser, puis se contenter d’un score de 1-0 comme si en face ils avaient des guignols impuissants…
Ne jouer qu’à gauche comme si un membre du top 5 au classement ATP faisait le pari de taper un amateur 6-0/6-0 en jouant avec un bras dans le dos…
Faire entrer Torres pour lui faire plaisir à lui et au public colchonero comme si en menant d’un seul but ils pouvaient se permettre de se faire plaisir au lieu de chercher l’efficacité ou comme si cette rencontre avait l’importance d’un jubilé et les opposait à un onze composé de quadragénaires (pour rappel Soldado et Villa étaient sur le banc, Mata dans son canapé, pourquoi prendre un mec aussi fort ? ils n’en avaient sans doute pas besoin pour affronter des quiches…)…
-Se permettre des guignolades et de la légèreté à l’image de relances très hasardeuses de Busquets, du corner de cette tentative de grand pont à la 94e quand faire une simple passe mettait fin à la rencontre comme si dans leur esprit rien ne pouvait leur arriver…
Si tout ceci ne prouve pas de façon flagrante qu’on est en présence d’un cas de melonite de stade 5, de quoi s’agit-il ?

Les déclarations de Ramos – entre autres – après la rencontre dénotent un vrai problème, selon lui le Roja serait seule responsable du résultat, comme si les Bleus étaient nuls et n’avaient aucun mérite. Ce n’est même plus de la melonite au dernier stade d’évolution de la maladie, c’est carrément un syndrome de la montgolfière. Sa tête est énorme et pleine d’air chaud ! Son compère – mais pas ami – Busquets ne vaut pas mieux, il a réussi à s’en tirer sans carton puisque seul Juanfran en a récolté un (pendant le temps additionnel), pourtant entre sa semelle sur Ribéry et son attaque vicieuse sur Benzema en loucedé (à la retombée d’un centre alors que Benzema était signalé HJ, le joueur du Barça a joué l’homme en faisant mine de protéger la sortie de Casillas, il l’a blessé), il le méritait. Il l’a payé autrement (boitant bas Benzema a dû céder sa place à Giroud… qui a marqué)… le karma ?

Résumons tout ceci en 8 mots : dans l’c*l Lulu ! Et merci les Bleus !

Les critiques infondées…
Est-il besoin de mentionner que cette prestation et ce résultat ont remis en place les "journalistes" – et consultants[7] – incapables d’analyser correctement le match contre le Japon ? Parmi les nombreux commentaires lus et entendus suite à cette rencontre seul Rolland Courbis n’était pas tombé dans ce grotesque catastrophisme généralisé. Tous les déclinologues prompts à tailler le foot français en parlant d’une absence de réservoir de joueurs de qualité, d’un niveau général très bas, et autres balivernes ont été renvoyés dans les cordes. Ça dure depuis des années, si un joueur est français, il est forcément considéré comme mauvais ou du moins comme inférieur à ses concurrents étrangers. Si Lloris n’est pas au pire membre du top 5 mondial à son poste, donnez-moi les noms des mecs qui lui sont supérieurs ! Rendez-vous compte que certains osent rabaisser des gars comme Sakho et Matuidi au rang de doublures d’Alex et de Sissoko ou Thiago Motta ! Depuis des mois on entend et on lit ces c*nneries sans nom !
Je vais relier ce débat au cas des Espoirs, car oui, l’équipe de France Espoirs comptait beaucoup de joueurs de grand talent qui auraient dû se qualifier SI ON AVAIT EU UN SELECTIONNEUR COMPTENT (le plus gros problème des EdF depuis des années est bien celui-ci, ne pas avoir à leur tête l’homme idoine).

L’injustice…
Faire match nul 1-1 en ayant marqué 2 buts valables quand vos adversaires en ont marqué un seul sur une phase de jeu qui n’aurait pas dû exister, ça fout les boules. Vous me direz que le but de Ménez aurait changé le scénario de la suite de la rencontre et on ne peut savoir comment l’affaire se serait terminée. J’en conviens. Ça m’énerve quand même.

On se doit aussi de mentionner les quelques coups de pouce du destin ayant permis de compenser les injustices : les blessures de Silva et surtout d’Arbeloa ont rendu service aux Bleus, tout comme celle de Benzema (impossible de se prononcer sur la conséquence des absences de Puyol, Piqué… Mavuba ou encore Diaby, peut-être qu’avec eux la France aurait perdu, peut-être aurait-elle gagnée, on ne le saura jamais), tout comme le choix du stade qui a fait commettre des boulettes à Vincent Dubois, tout comme la suspension de Yanga-Mbiwa qui aurait été foutu de se faire exclure, et j’en oublie peut-être.

Au final, on retiendra l’état d’esprit général et…
-que Deschamps n’a rien de commun avec Blanc,
-que Lloris a été énorme,
-que Koscielny et Sakho peuvent s’inscrire dans le temps, ils ont été très bons – malgré une erreur chacun – pour leur 2e association en équipe nationale,
-qu’Evra a réussi une très bonne seconde période, sa meilleure période chez les Bleus depuis le XVe siècle,
-que Debuchy a énormément donné face à un gros client, ce qui permet de l’excuser d’avoir régulièrement été pris de vitesse ou surpris dans son dos,
-que Matuidi a été MONSTRUEUX, il mérite sans contestation possible le titre de joueur de champ du match (à la fois roi du milieu et presque meneur de jeu par moments),
-que Ribéry continue sa campagne de réhabilitation en mettant beaucoup de cœur à l’ouvrage (il y a encore beaucoup de déchet, les bonnes choses compensent largement),
-que Benzema ne parvient toujours pas à marquer en EdF mais a encore été décisif en qualité de passeur (certes, le but a été injustement refusé), on attend toujours le déclic grâce auquel il deviendrait le grand joueur attendu,
-que Valbuena a fait une entrée très correcte avec des difficultés à trouver le bon niveau d’engagement physique mais un bon état d’esprit, une envie intéressante d’aller de l’avant (ma conclusion après avoir revu le match est claire, il a surtout eu le mérite de remplacer le boulet et a profité du travail des autres depuis le début de la rencontre, s’il avait été titulaire son rendement n’aurait pas été le même),
-que Sissoko a été décisif sur la dernière après avoir été globalement brouillon depuis son entrée en jeu, sa bonne volonté ne permettant pas d’effacer ses lacunes – 2 grosses situations de but gâchée par manque de justesse technique, quelques ballons – il a surtout fait valoir ses qualités de puissance,
-que Giroud a reçu 2 centres aériens en 6 ou 7 minutes, il en a mis un au fond en ayant effectué un appel très intelligent, comme quoi son cas n’est pas désespéré.

En revanche on oubliera Gonalons, le maillon très faible, mais aussi les prestations de Cabaye et de Ménez, assez propres, très utiles, et pourtant moins en vue car surtout appelés à défendre du côté où l’Espagne attaquait. Ménez se fait encore beaucoup critiquer, ce n’est pas mérité, il n’a vraiment pas fait tache au niveau de l’engagement.

Transition avec le sujet qui gâche… Combien y a-t-il de trentenaires dans cette équipe ? Evra me semble être le seul. Beaucoup de ces joueurs sont jeunes, cette équipe a donc de l’avenir. Evidemment, la plupart n’ont l’expérience des Espagnols, pas leur niveau technique (ça dépend qui), mais ils ont du cœur, un véritable état d’esprit, ils ont pris conscience de ce qu’ils valent et de faire ce qu’ils doivent faire pour exprimer leur potentiel.




Allez, c’est le moment… Il faut parler de la débâcle des Espoirs.

Oui, il y avait beaucoup de blessés. Oui, le terrain synthétique inondé, la pluie et le froid ont beaucoup avantagé les Norvégiens habitués à évoluer dans ce stade. Oui, à l’aller un péno évident a été oublié et aurait dû permettre aux Bleuets de gagner 2-0. Mais m*rde, même en déplorant un paquet de forfaits sur blessures (dont celles de Digne et Grenier), même en n’ayant pas la possibilité d’utiliser Sakho, titulaire en A mais dans cette catégorie d’âge), ça devait passer !

Eliaquim Mangala et Chris Mavinga titulaires en défense, c’est déjà bien flippant. Le premier ne joue pratiquement pas à Porto, le second a plombé sa carrière en quittant le PSG pour Liverpool avant de finir à Rennes. Bref, le pire, ce n’est pas ça : Antoine Griezmann titulaire ni à l’aller, ni au retour, contrairement à Alexandre Lacazette, ou encore, et c’est le plus terrifiant, Vincent Pajot meneur de jeu… Benjamin Stambouli est resté spectateur lors des 2 rencontres ! Erick Mombaerts a ENCORE fait n’importe quoi !

Lors de la phase finale on aurait pu imaginer une équipe du genre Ahamada - Corchia, Varane, Sakho, Digne - Guilavogui, Pogba - Cabella, Grenier, Griezmann - Ben Yedder. Ajoutez à la liste des Stambouli, Brahimi… On aurait aussi pu avoir Yann M’Vila à condition qu’il ait eu le niveau du match aller parce qu’au retour c’était de nouveau très très moyen.

Comment Mavinga et Mangala ont-t-ils pu aussi mal défendre ? C’est juste hallucinant. Etre gênés par les conditions, d’accord, mais se placer du mauvais côté de l’attaquant, se laisser piéger de façon débile par un attaquant cherchant le péno, faire des passes aux adversaires au lieu de relancer, ne pas se parler… Au bout de 20 minutes il y avait déjà 2-0 (avec un tir norvégien sur un poteau à 0-0 et plusieurs autres situations très chaudes), puis 3-0 à la 27e, Guilavogui a tout de suite réduit l’écart sur grosso modo la première occasion des Bleuets, redonnant de l’espoir aux Espoirs, mais en seconde période, ça a encore empiré.. 5-1 à la 66e minute après que Mombaerts ait sorti Knockaert, Pajot et Guilavogui pour faire entrer M’baye Niang (!!!!), Henri Saivet et, ENFIN, Griezmann. Du grand n’importe quoi. La mésentente entre Mangala et Ahamada ayant offert le 5e but (un lob) est vraiment à pleurer. La Norvège s’est régalée en contre-attaques et aurait même pu en mettre 6 ou 7 sans problème.

Lacazette réduit l’écart à la 84e… et se fait exclure dans la foulée pour un coup de boule. C’est pitoyable. Le plus dingue est que le but du 5-3 inscrit juste après par Griezmann a ramené la France à un seul but de la qualification, le miracle a failli se produire, on en est resté là avec un 5-3 improbable (5-4 pour la Norvège au cumul).

Les Bleuets n’iront pas à l’Euro, comme d’habitude en fait. Leur dernière participation date de 2006… Maintenant il faut penser à l’Euro 2015 qualificatif pour les JO de Rio, une nouvelle génération arrive emmenée notamment par Paul Pogba, elle participera d’abord au Mondial U20 l’été prochain. Mombaerts devrait enfin céder sa place, lui qui n’a pas fait mieux que Ray et que René Girard, on se demandait ce qu’il foutait là, il a payé ses changements incessant d’équipe et ses choix incompréhensibles. Son interview à la fin du match m’a presque fait régurgiter mon déjeuner. S’il avait un peu d’honneur, il donnait immédiatement sa démission.

Prenez les mêmes joueurs, confiez-les à un entraîneur compétent, vous verrez que nos Espoirs ont de quoi nous donner de l’Espoir.

Notes

[1] Vicente Del Bosque.

[2] Retour à la normale concernant Diaby.^^

[3] Oui, je suis toujours très énervé contre Ancelotti, ce match m’a marqué, ça méritait un petit rappel, d’où ce paragraphe.

[4] En l’absence de Piqué et de Puyol, blessés.

[5] Se mettre en boule en essayant de dissuader leurs adversaires de l’attaquer et laisser le temps passer en attendant que l’assaillant se lasse.

[6] Evident à la radio, pas à la télé.

[7] Jean-Michel Larqué a la double casquette.