A la décharge de l’entraîneur, les absents étaient nombreux, surtout au milieu où Chantôme, Bodmer et Motta (blessés) manquaient à l’appel, tout comme Verratti (suspendu). On s’attendait à voir Momo Sissoko, il est seulement entré en jeu en seconde période. Lavezzi aussi était le dernier absent notable.

Ce match était un match de reprise après la trêve internationale lors de laquelle la majorité des membres de l’effectif a été sollicitée. Ils sont assez nombreux à avoir brillé en sélection, je pense notamment à Matuidi et Sakho lors du mythique Espagne-France, ou encore à Ibrahimovic aux Iles Féroé puis en Allemagne où la Suède est revenue de 4-0 à 4-4 (lors des 2 rencontres il a été passeur et buteur). Il est toujours difficile de faire travailler une équipe dans ces conditions dans la mesure où tant d’éléments de base sont absents. Un entraînement collectif sans Zlatan peut être utile si vous avez les autres à disposition et essayez de bosser sur des formules dans lesquelles il n’est pas inclus. Seulement depuis le début de la saison Ancelotti respecte 2 grandes lignes : 4-3-3 et tout le jeu tourne autour de Zlatan. Autrement dit, les autres formules imaginables ne sont jamais testées et on n’essaye jamais – y compris quand les rencontres sont déjà pliées – de faire jouer l’équipe sans le géant suédois. Si vous ajouter à cette absence celles des Matuidi, Sakho, Jallet, Chantôme (blessé en sélection), Ménez, Sirigu, Verratti, Thiago Silva et compagnie, vous le comprenez aisément, il est impossible de progresser collectivement pendant une trêve internationale quand on a un effectif comme celui du PSG. Les joueurs rentrant en général le mercredi ou le jeudi de leur stage en équipe nationale (selon la sélection, selon où ils ont dû se rendre), il est totalement impossible de préparer spécifiquement la rencontre suivante, tout repose sur les acquis collectifs antérieurs à cette trêve.

Contre une équipe de quiches où se trouvant dans la même situation, pas de problème, normalement on doit s’en sortir sans trop de difficultés. Face à une équipe en pleine bourre, surmotivée, dont les joueurs ont eu 2 semaines pour récupérer et travailler dans le but d’appuyer là où ça fait mal, l’affaire se corse. Si l’effectif champenois n’était pas au complet, Hubert Fournier se trouvait dans une situation nettement plus favorable, il faut le reconnaître, ses hommes ont pu bosser sérieusement pour se présenter au Parc des Princes au taquet. Le piège n’était pas dissimulé, les Parisiens savaient à quoi s’attendre, il s’agissait certes de la réception d’un promu mais aussi d’une rencontre de haut de tableau opposant le 2e contre le 5e. Reims a mal débuté le championnat puis a embrayé pour enchaîner les bons résultats et engranger énormément de confiance.

Compte tenu de ces données, la logique était de s’appuyer sur du classique. Oui, le 4-3-1-2 ne donne pas tellement satisfaction, à cause du nombre d’absents le mettre en place nécessitait de déplacer quelques joueurs à des postes dont ils ne sont pas spécialistes. N’était-ce pas plus cohérent que d’inventer un 4-4-2 improbable avec Maxwell milieu offensif gauche, Nenê milieu offensif droit, et Thiago Silva milieu défensif ? Ancelotti s’est lancé dans l’impro et dans le bricolage. Pourquoi s’emm*rder à mettre en place des schémas de jeu, à s’entraîner collectivement… si on peut tout changer comme ça pour un match en mettant les gars n’importe où ?

On a donc eu Sirigu - Van der Wiel, Alex, Sakho (C), Armand - Nenê, Thiago Silva, Matuidi, Maxwell - Ibra, Gameiro. Sur le banc, Douchez, Camara, Jallet, Sissoko, Pastore, Jérémy Ménez, Hoarau. Rabiot et Tiéné étaient dans le groupe, pas sur la feuille. N’y avait-il pas mieux à faire avec ces joueurs ? La réponse est évidemment oui, avec Matuidi, Rabiot, Momo Sissoko, Jallet et Maxwell il disposait de 5 joueurs susceptibles de composer son habituel milieu à 3. Il était aussi tout à fait possible de se lancer dans un 4-2-3-1 ou un 4-4-2 nettement plus offensif et COHERENT ! Jouer à domicile avec seulement 3 joueurs offensifs, même pour un relégable, je trouve ça limite. Au PSG, l’entraîneur devrait avoir l’interdiction absolue de le faire. Reims a aussi évolué avec 3 éléments offensifs mais dans une autre organisation, on nous a présenté un 4-1-4-1, en pratique ça ressemble beaucoup à un 4-3-3 dont les 2 milieux sur les côtés se replacent assez bas.

Les conditions de jeu… de la pluie, une température relativement fraiche mais correcte pour un 20 octobre. La DNA a envoyé M. Bastien pour diriger cette rencontre dont Nadal a donné le coup d’envoi, sans aucun doute invité par le président Al-Khelaifi, ancien joueur de Coupe Davis et personnage assez influent dans le monde du tennis.

En début de rencontre le PSG s’est attelé à évoluer assez haut, avait le contrôle du ballon, cherchait tantôt à travailler le bloc défensif rémois, tantôt à utiliser la profondeur grâce à des ouvertures de Thiago Silva. Les visiteurs n’attendaient qu’une chose, l’opportunité de contre-attaquer. Une perte de balle idiote d’Alex étrangement parti en vadrouille dans le camp adverse leur a permis de créer la panique une première fois dans la défense parisienne, Matuidi et Sirigu – qui a pris un coup au passage – ont dû intervenir à l’arrache (3e).

La donne a très vite été connue, les Champenois ne faisaient aucun complexe, ils avaient pour intention de jouer les coups à fond, d’imposer une grosse pression au milieu, quitte à commettre des fautes pas toujours sanctionnées. C’est ainsi qu’une faute non sifflée sur Nenê a donné lieu à un contre côté gauche, le centre de Christopher Glombard de l’extérieur du pied – à la Quaresma – a failli être coupé par la tête plongeante de Gaëtan Courtet au premier poteau. Sirigu a pu dégager des poings mais a encore dû intervenir 4 ou 5 secondes plus tard pour repousser la lourde frappe lointaine de Diego Rigonato vers qui s’était dirigé le ballon suite au premier plongeon du gardien parisien (4e). L’alerte était donnée, les Rémois ont pris confiance (ça s’est traduit par beaucoup de frappes au but, y compris de très – trop - ambitieuses), la partie s’annonçait compliquée.

Très vite, j’ai eu des doutes concernant certains joueurs (Van der Wiel, Maxwell, Alex) auteurs d’erreurs grossières ou coupables de placements et replacements foireux. A l’inverse, bien que devancé par Courtet sur l’occasion de la 4e minute, Sakho s’est montré très tranchant et autoritaire derrière. Comme d’habitude Zlatan avait tendance à marcher quand il perdait le ballon. Euh… oui, en somme au niveau de la prestation des Rouge et Bleu c’était assez classique, chacun faisait selon ses habitudes, bonnes ou mauvaises selon les individus.

Le PSG a commencé à pousser, s’est procuré un premier corner, le ballon été envoyé à plusieurs reprises dans la surface sans que les Rémois puissent réellement dégager. Maxwell a alors sollicité Kossi Agassa pour la première fois de la rencontre. Ibra, servi dans l’axe devant la surface, a choisi de décaler son pote brésilien au lieu de se lancer dans des dribbles pour jouer le coup en solo. Maxwell arrivait lancé, il a repris du gauche sans contrôle à l’entrée de la surface, sa volée enroulée du plat du pied n’a pas surpris le gardien, il fallait viser du côté opposé (9e). Que faisait l’habituel latéral gauche en position de milieu droit ? Aucune idée ! La situation s’est reproduite, il y a eu manifestement eu des permutations entres Nenê et Maxwell, j’avoue ne pas en piger l’intérêt, ils sont aussi gaucher l’un que l’autre, Nenê est le seul à avoir l’expérience de la position de faux-pied.

Les 2 équipes ont alternativement eu la possession du ballon en subissant le pressing, elles avaient du mal à mettre en difficulté la défense adverse, pas aidées par un manque de maîtrise technique et de nouvelles erreurs plus ou moins bêtes ou pardonnables à l’image d’une tentative de coup du sombrero ratée par VdW suivie d’une passe à l’adversaire. Pas brillant tout ça…

Evénement au bout de 12 minutes… l’arbitre a sifflé la première faute de la rencontre ! Incroyable ! Le CF lointain tiré par Ibra a trouvé sur sa route un défenseur. La rencontre a repris son cours, Reims essayait de rapidement se projeter vers l’avant, de centrer, a obtenu à son tour son premier CF, seulement les Parisiens ont à chaque fois pu dégager, essayant ensuite de remonter le ballon proprement. La plupart des initiatives semblaient vouées à l’échec, notamment en raison d’un manque flagrant de présence dans la surface. Armand a proposé des solutions sur son côté, qu’il s’agisse de dédoublement ou de débordements, on l’a vu tenter une jolie feinte de corps suivie d’un centre, c’était plutôt bien fait, pourtant Agassa a facilement pu se saisir de la gonfle. Avec si peu de joueurs offensifs, avec Thiago Silva (plus Maxwell) au milieu, comment s’étonner de voir peu de monde à la réception des centres ? On pouvait s’y attendre. Les choix d’Ancelotti n’étaient pas cohérents.

En plus de ces difficultés à créer du jeu et à se trouver en zone offensive, on sentait le PSG très fragile derrière. La fébrilité de la moitié droite de la défense des Rouge et Bleu était très préoccupante. Ce constat a notamment résulté d’une accélération de Courtet lancé côté gauche dans le dos de Van der Wiel (après une nouvelle faute sur Nenê oubliée par M. Bastien au départ de la contre-attaque). Le joueur de Reims a provoqué Alex, ce dernier s’est contenté de reculer, reculer, encore reculer, il aurait pu reculer jusque dans son but si le Champenois n’avait décidé d’allumer à l’entrée de la surface… sans cadrer (16e). Déjà 3 alertes côté gauche en un quart d’heure, c’est 3 de trop.

Le sujet suivant de préoccupation a concerné Nenê. Victime d’un gros choc au visage à la réception d’un dégagement de Sirigu, le n°10 est resté au sol puis est sorti en semblant être à moitié KO. L’image n’était pas très agréable, on voyait sa pommette droite enfoncée. La prudence appelait à effectuer un changement (le doc aussi), il n’a pas voulu quitter ses partenaires et est donc revenu sur le terrain où il a terminé la première période en évoluant donc une demi-heure dans un état qui nécessitait d’aller à hôpital pour des examens, voire pour une opération assez urgente. Perso je craignais surtout une commotion cérébrale.

Le jeu a donc repris, VdW a continué à agir avec légèreté (remise de la tête cadrée en direction de son gardien… pas rassurant le garçon !), le ballon circulait plutôt bien malgré le pressing des visiteurs qui cherchaient à bien quadriller leur camp pour empêcher les locaux d’y pénétrer. Le PSG aussi exerçait un bon pressing (beaucoup plus haut que celui pratiqué par Reims), il a ainsi pu déstabiliser la défense au point de faire commettre à Aïssa Mandi une faute sur Ibra dans la surface à seulement quelques mètres de l’arbitre… qui encore une fois n’a pas sifflé. Paris aurait dû bénéficier de son 2e péno de la saison en Ligue 1. Les faits sont là, le Suédois a reçu le ballon de Matuidi, il était dos au but pas très loin de l’angle de la surface, a bien protégé la gonfle avec son corps, Mandi était derrière lui, il lui a mis un vrai coup de pied au niveau du talon d’Achille (20e). Dans tous les pays du monde c’est une faute et un péno. Etrangement les commentateurs ont reconnu la réalité de la «faute dans la surface de réparation», ils n’ont jamais prononcé le mot penalty.

A défaut de parvenir à créer des décalages, la tentation du jeu long s’est faite insistante. Les Rémois y ont cédé… =>perte de balle. Le Parisiens aussi… >perte de balle. En réalité, quand le ballon a fini par atterrir dans les pieds de Van der Wiel monté dans les 30 derniers mètres, ça équivalait à une perte de balle (oh la belle frappe en tribunes^^). A vrai dire, on commençait à franchement s’ennuyer, tout se déroulait au milieu, du coup il ne se passait rien d’intéressant, trouver un partenaire à l’approche de la surface adverse semblait être mission impossible, la solution individuelle n’était pas plus productive. Ibra décochait très bas, ça manquait terriblement de mouvement donc de disponibilité, on sentait pas mal de Parisiens perdus dans cette organisation bricolée à la va-vite.

Incapable de produire des actions collectives dignes de ce nom, le PSG semblait en être réduit à attendre un "zlatanage"[1]. Le coup de génie a failli se produire à la 28e minute. La petite ouverture de Thiago Silva au-dessus de la défense a trouvé Ibra décalé sur la droite à l’entrée de la surface, le géant scandinave était dos au but, il a su réaliser un merveilleux contrôle orienté en mouvement pour se retourner et enchaîner avec une volée… malheureusement beaucoup trop croisée (le ballon a quitté le terrain 16 mètres derrière le second poteau^^).

Dans la foulée, une catastrophe aurait pu se produire car une passe d’Armand contrée a mis en difficulté Sakho. Le capitaine se trouvait près de la touche mais ayant pour consigne de relancer proprement, il n’a pas voulu dégager hors du terrain, préférant contrôler vers l’extérieur – le risque est moindre vers l’extérieur – dans le but de le transmettre à un partenaire… Il a failli vivement le regretter car le pressing de Glombard a été efficace. Le milieu droit champenois lui a piqué le ballon, est parti malgré un petit tirage de maillot – vite relâché – pour centrer en retrait… derrière son seul coéquipier présent dans la surface. Diego arrivait de loin, il lui a été possible de frapper à 16 mètres, Sakho a pu se rattraper en repoussant ce tir peut-être cadré (28e). Lors de cette action plusieurs erreurs ont été commises, celle d’Armand, celle de Sakho, et une de Thiago Silva revenu défendre sans gêner Diego au moment de sa reprise. On peut en ajouter une plus collective car dans leur repli les Parisiens sont tous allés vers leur cage sans réellement se préoccuper ni du ballon, ni du déplacement des adversaires.

Comment expliquer autant d’erreurs lors de la même action ? Probablement par le manque de repères collectifs, cause des placements aléatoires des uns et des autres. En principe dans ces situations assez classiques les joueurs devraient savoir quoi faire, il devrait y avoir des schémas prédéfinis et travaillés permettant à chacun d’anticiper où son partenaire va se situer, d’agir par réflexe, c’est-à-dire de façon automatique, sans perdre une demi-seconde à réfléchir. En l’occurrence, tout s’est fait à l’impro, du coup il y a eu des hésitations et de mauvais choix. Armand avait une meilleure solution de passe, Sakho aurait pu intervenir avant le rebond qui l’a piégé mais il lui aurait fallu faire une passe vers l’axe sans avoir pu prendre l’information (il aurait donc pris le risque de mettre Alex en difficulté dans l’axe ou d’offrir le ballon à un adversaire), et Thiago Silva n’a pas réagi comme un milieu défensif, il a l’habitude de faire face au jeu, pas d’arriver de derrière.

On l’a compris, ce 4-4-2 improbable a été problématique à tous les niveaux, heureusement l’équipe a en partie pu compenser ces soucis grâce au talent de ces joueurs. Au cours de la minute suivante le PSG s’est procuré la plus grosse occasion de la rencontre (jusqu’alors) grâce à une action collective enfin aboutie, une véritable action de football partie de la surface avec au passage une bonne dizaine de passes pour assurer la remontée du ballon, travailler le bloc adverse, transpercer une ligne, fixer la défense et pénétrer dans la surface. Gameiro a participé à la construction, victime d’une faute au milieu il s’est relevé pour être aussi à la conclusion. Nenê a fait la différence dans l’axe à 20 mètres en effectuant avec Gameiro une sorte de variante de pick and roll version foot. En basket on pose un écran qui bloque 1 ou 2 défenseurs et le coéquipier accélère derrière l’écran où il peut profiter du décalage créé et souvent de son avantage de vitesse[2] (il tire, pénètre dans la peinture, ressort le ballon vers un joueur posté à l’extérieur ou rend le ballon au poseur d’écran qui souvent s’est déplacé). Dans le cas présent, Nenê a fixé la défense en grattant le ballon avec la semelle d’avant en arrière – impossible donc de savoir ce qu’il allait faire – tout en usant de son corps pour empêcher l’intervention des Rémois, puis il a servi son coéquipier d’une talonnade parfaite. Gameiro a fait son appel dans le dos du Brésilien, il l’a contourné en prenant de la vitesse, ce qui lui a permis d’arriver lancé dans la surface et de transpercer la dernière ligne défensive. Restait encore à convertir l’occasion en remportant le face à face avec Agassa. L’ancien Merlu était excentré sur la droite, il a choisi de tirer entre le premier poteau et le gardien, ce dernier n’a pu que freiner le ballon, suffisant pour permettre à Mandi d’effectuer un retourné salvateur à 50cm de la ligne de but.

Dans la foulée de ce sauvetage in extremis, Armand a centré, causant dans la surface une petite altercation entre Zlatan et Krychowiak. Le second a ceinturé et un peu bousculé le premier qui a répondu en lui mettant un coup de postérieur. L’international polonais en a fait des tonnes comme s’il avait été victime d’une grosse mandale, c’était assez comique.

En ce qui concerne la qualité du jeu, cette action est restée l’exception. Rendez-vous compte, le PSG n’avait pas seulement du mal à créer des décalages, il galérait même à passer la première ligne défensive rémoise, celle constituée par les attaquants ! Un joueur décidait de temps en temps de se lancer à l’abordage en accélérant pour enfin générer un peu de mouvement, parfois avec un peu d’aide. Matuidi et Armand ont chacun tenté d’apporter cette impulsion à l’équipe en lançant respectivement Gameiro puis Ibra dans la profondeur, le petit attaquant s’est retrouvé trop excentré, le grand attaquant a été signalé HJ de 30cm. M. Bastien a d’ailleurs énervé le Suédois en sifflant un peu trop facilement contre lui à son goût. On peut comprendre son agacement car dans le doute, les arbitres ont trop tendance à le sanctionner. Par exemple une action intéressante à une touche a été interrompue par un coup de sifflet car l’assistant a semble-t-il voulu indiquer qu’Ibra aurait contrôlé du bras le ballon joliment dévié vers lui par Gameiro (37e). En réalité il ne s’agissait pas du bras mais de la poitrine, ensuite Pape Souaré s’est jeté sur lui pour dégager de la tête vers Gameiro (il y a eu un contact avec Zlatan après le coup de tête), ça aurait pu se finir en but sans l’intervention de l’arbitre. Juste après Gameiro a pris un bon tampon devant la surface, Mickaël Tacalfred n’a pas fait semblant, heureusement pour lui il a d’abord pris le ballon.

Le PSG se limitait le plus souvent à de l’ultrabasique d’une équipe limitée, de la recherche de profondeur ou de la longue ouverture, si possible dès la récupération. Cette façon de procéder n’a rien donné si ce n’est une volée trop enlevée de Maxwell suite à une remise de la poitrine de Zlatan (38e). Il la tente 2000 fois, il en cadre 5, il marque une fois si le gardien est mauvais.

On le savait, si les Champenois sont progressivement rentrés dans le rang au cours de cette première période après avoir débuté très fort, la menace n’était pas complètement écartée, ils étaient encore parvenus à envoyer quelques centres et une frappe lointaine de Bocundji Ca avait survolé de pas très haut la barre transversale de Sirigu (31e). On ne le savait pas mais on aurait dû s’en douter et donc s’en méfier, le véritable danger pour le PSG était… son propre latéral droit, Van der Wiel. Roh le boulet !!… Centre trop long, Souaré arrive de loin du côté gauche de la surface, le Batave lui fait face, le Sénégalais décide de tenter une sorte de grand pont aérien qui en réalité est seulement un piège bien tendu dans lequel le Parisien plonge tel Pieter van den Hoogenband dans la piscine d’Eindhoven baptisée à son nom. Le ballon va passer à quelques centimètres de lui à hauteur de poitrine, alors Van der Wiel fait un mouvement vers le ballon… mais en écartant le bras car il était trop loin pour l’intercepter légalement. Péno (39e). Techniquement, c’est un réflexe, un réflexe n’est pas un geste délibéré au sens strict, pourtant dans un cas comme celui-ci la sanction s’impose, la main – car il a vraiment pris le ballon du bras au niveau de l’intérieur du coude – est fautive dans le sens où en effectuant ce mouvement le joueur le sait, le risque d’attraper la balle avec le membre supérieur est immense. J’ai presque envie de résumer la situation ainsi : à partir du moment où il a sciemment pris le risque d’avoir un mauvais réflexe au lieu de faire son maximum pour de l’éviter, le péno s’imposait. En l’espèce pour bien défendre il fallait empêcher l’adversaire de récupérer le ballon au lieu de tenter l’interception, ou au pire la tenter en se jetant avec le bras dans le dos, voire éventuellement plonger pour essayer de mettre la tête quitte à concéder un corner. En bref, tout sauf ce qu’il a fait ! L’arbitre a hésité un instant, ce qui a sans doute encouragé les partenaires et l’entraîneur du Néerlandais à contester cette décision totalement logique. En plus du péno, le carton jaune a été sorti.

Diego s’est présenté face à Sirigu pour transformer la sentence… Il a bien respiré, s’est concentré, a regardé plusieurs fois l’arbitre, a pris plein de petits pas d’élan en accélérant sur place pour finalement y aller et frapper fort du plat du pied gauche sur la droite de Sirigu. Je n’avais pas souvenir d’un arrêt de péno par le "Sauveur" italien[3] depuis son arrivée au PSG, ça en fait au moins un. Quelle belle parade ! Il s’agit pratiquement de la copie parfaite de la parade de Lloris en Espagne en début de semaine, Fabregas avait tiré du même côté, environ à la même hauteur, au même endroit, à peu près aussi fort, c’était aussi vers la 40e minute. La coïncidence est assez étonnante.

L’arrêt a eu le même effet que celui de Lloris face à la Roja, il n’a pas coupé les jambes des adversaires, en l’occurrence des Rémois (auteurs dans la foulée de 2 frappes de 30 ou 35 mètres totalement moisies) mais regonflé les Rouge et Bleu, plus entreprenants. Krychowiak a pris un carton tout en concédant un CF à 35m décalé un peu sur la droite, Nenê l’a très bien tiré dans le paquet pour la tête de Zlatan. Le meilleur buteur du championnat a cadré sans appuyer suffisamment son coup de boule, permettant à Agassa de facilement capter le ballon (44e). Du gâchis. Les Champenois n’ont pas abdiqué, comme les Espagnols ils ont même réussi à être de nouveaux très dangereux un peu avant la mi-temps, il y a eu une double séquence grand frisson devant le but de Sirigu. Cette double séquence a commencé par un centre côté gauche dévié juste ce qu’il fallait par la tête d’Armand pour faire rater sa reprise à Glombard. Souaré a récupéré le ballon, a mis Van der Wiel dans le vent en s’ouvrant l’angle et a enchaîné avec une mine contrée par Sakho au prix d’un effort sacrificiel. Le tir était très puissant, le jeune capitaine parisien a pris le ballon en plein visage (45e). Son nez a pris cher ! Certains Rémois ont osé demander un péno pour une main totalement imaginaire et commenter par la suite le fait que M. Bastien n’ait pas sanctionné Sakho. J’ai revu 8 ou 9 fois les ralentis pour tenter de détecter la main vue par Eric Carrière… Comment a-t-il pu voir en un ralenti une main invisible en regardant 10 ? Mystère. Heureusement, cette fois il s’était prononcé contre l’octroi d’un péno.

Sur le corner, le ballon a un peu navigué devant la but jusqu’à une reprise de Souaré. Heureusement pour une fois il y avait un joueur au poteau, ce qui est rarement le cas sur les corners défensifs du PSG. Maxwell a ainsi pu intervenir. J’ai du mal à dire si la frappe était cadrée, Maxwell se trouvait un mètre devant le montant, dans le doute mieux valait dégager.

L’interview de Gaëtan Courtet à la mi-temps est très intéressante car elle traduit un certain manque de lucidité dont souffrent souvent les adversaires du PSG. En l’occurrence il en était persuadé, son équipe méritait clairement de mener à la mi-temps car elle s’était procurée 3 ou 4 occasions franches, Paris aucune (on l’a vu, c’est totalement erroné, en réalité c’est plutôt 3 ou 4 pour chaque équipe, celles de Reims ayant surtout eu lieu lors des 5 premières et 5 dernières minutes). Il pensait qu’en continuant à jouer de la même façon en seconde période son équipe allait l’emporter. Problème, hormis Porto, aucune équipe n’a encore été capable cette saison de rivaliser avec le PSG en seconde période. Reims comme la plupart des autres a tout mis avant la mi-temps et n’a pu reproduire ces efforts pendant les 45 autres minutes. Courtet a soutenu qu’à la 45e minute le ballon avait touché la main de Sakho après son visage et que «normalement il aurait dû y avoir un 2nde penalty». Le pauvre essayait de s’auto-persuadé que les siens allaient marquer à un autre moment «c’est pas grave» a-t-il répété, car le score nul et vierge lui laissait encore entrevoir une perspective positive. Et si… Et si… C’est grave ! L’équipe d’Ancelotti ne joue pas bien, elle reste néanmoins solide et assez réaliste, contre elle le gâchis coûte excessivement cher. Il faut le savoir, Reims n’a encore encaissé aucun but en première période… le PSG n’en a lui concédé aucun en seconde période. Parfois les stats sont particulièrement révélatrices. Après la mi-temps, Reims n’a plus tiré que 4 fois au but (dont une cadrée) pour un total de 15 frappes lors de cette rencontre. Les hommes d’Hubert Fournier ont fini par se mordre les doigts d’être passés à côté d’une si belle opportunité offerte par leurs hôtes.

Si les visiteurs ont eu plusieurs occasions franches, c’est en grande partie la conséquence de l’improvisation d’Ancelotti. Les effets négatifs de ces choix improbables ont été lourds, les joueurs pas à leur poste ont eu du mal. Ainsi, Thiago Silva a éprouvé de grandes difficultés à se situer, il était souvent trop bas, pas très à l’aise, il a tenté de participer à la construction mais on ne peut transformer un défenseur central en meneur de jeu en claquant des doigts, aussi technique ce défenseur soit-il. Maxwell ne m’a pas convaincu en milieu gauche, n’ayons pas peur des mots, il a été assez mauvais. Nenê a été plutôt intéressant malgré son positionnement à droite qui gâche beaucoup de ses qualités et surtout malgré sa blessure au bout d’un quart d’heure. On s’attendait à des changements, l’entraîneur pouvait rectifier certaines choses pour réanimer offensivement son équipe, il disposait sur le banc des joueurs pour y parvenir. Son choix n’en a pas été un, il a lancé Jérémy Ménez à la place de Nenê à cause de la blessure de ce dernier. Dans l’idéal j’aurais dégagé Van der Wiel et fait en sorte de continuer avec 4 joueurs devant et sur les ailes susceptibles de créer des différences. Figurez-vous que Ménez est entré à gauche et Maxwell à droite. Le pire dans ce choix confinant au grotesque est… son efficacité. On va y revenir.

Sirigu a été énorme, Sakho excellent malgré UNE erreur, Alex correct après avoir mal débuté, Armand a été bon, il est même souvent monté, Matuidi a été digne de sa réputation, Gameiro s’est montré très actif et volontaire, on a simplement trop souvent oublié de le servir. Ibra a fait du Ibra, on a du mal à le cerner, il décroche dans le jeu… et semble aussi débrancher de temps en temps, on le revoit ensuite ponctuellement faire une démonstration de puissance et de technique puis il disparait de nouveau ou sort complètement du match.

Passons à la seconde période. Elle s’est divisée en 2 parties, jusqu’au but et après le but.

Pendant 20 minutes, le PSG a nettement dominé, Reims a commencé à beaucoup souffrir, ne parvenait plus à sortir, les très rares incursions champenoises dans le camp parisien échouaient irrémédiablement, tantôt par précipitation, tantôt à cause de Sakho qui interceptait chaque centre. On attendait de Paris plus d’intensité, d’enthousiasme, de mouvement, de prises d’initiatives, c’est venu progressivement.

Les situations chaudes ont commencé à se multiplier, leur dangerosité a cru, on a commencé par une tête de Sakho sur corner (non cadrée, 46e) puis Maxwell a gâché une grosse occasion (il intercepte, file dans l’axe, décale Gameiro trop tard, ce dernier a dû arrêter sa course, ça aurait dû être un 1 contre 1, 48e). On touche là aux limites de Maxwell milieu offensif. Le paroxysme de l’’incohérence a été atteint quand Ibra est parti sur l’aile gauche pour centrer en direction de son pote, trop petit pour prendre le ballon de la tête au second poteau (53e). L’attaquant de 196cm qui centre pour le petit latéral… Ne pensez-vous pas que l’inverse serait infiniment plus logique et efficace ?

Concernant la maîtrise et des intentions offensives, l’amélioration a été nette, on commençait à voir des combinaisons, le PSG s’est fait de plus en plus pressant avec notamment un Gameiro très mobile et un Ménez en chauffe. Les accélérations du nouvel entrant n’ont pas tout de suite été très utiles, on pouvait lui reprocher de trop porter le ballon, néanmoins il avait un grand mérite, celui d’apporter un cocktail de vitesse, de percussion et de mouvement, tout ce dont manquait l’équipe. Comme Ibra, il a souvent décroché pour lancer ses accélérations de loin, espérant impulser des offensives et percer le coffre-fort rémois.

Si les intentions étaient meilleures, la réalisation n’a pas de suite été bonne, coup sur coup Thiago Silva a manqué un tir de loin et Zlatan a rendu le ballon en cherchant à servir un coéquipier au-dessus de la défense (52e), ils avaient tous les 2 été trouvés par Ménez, lequel s’acharnait à secouer le cocotier mais manquait de solutions. Une réelle volonté d’aller vite de l’avant – en particulier après les interceptions – transparaissait clairement, la domination s’intensifiait, seulement elle restait d’une stérilité absolue en raison de l’incapacité de Parisiens imprécis à se trouver dans les 25 derniers mètres (le manque de précision technique est en cause). Dans ces conditions, il est particulièrement difficile de créer le danger. En outre, le rythme n’était pas très élevé.

Matuidi a une nouvelle fois beaucoup donné, il aurait mérité d’ouvrir le score, n’y est pas parvenu à quelques centimètres près, néanmoins après plusieurs tentatives il à faire vibrer le Parc autrement que par son rôle à la récupération du ballon. Sa frappe enroulée du droit suite à un corner dégagé dans l’axe par Agassa était magnifique, il avait réussi à s’arracher à l’entrée de la surface en éliminant un adversaire, malheureusement au lieu de trouver la lucarne il a trouvé la barre (55e). Son nom a été scandé un peu plus tard de façon très justifiée (contrairement aux fois où le public a chanté «Verratti ! Verratti !» il y a quelques temps).

Le PSG a retrouvé une certaine cohérence lors des minutes suivantes avec le replacement de Maxwell et de Ménez de leur côté le plus naturel. Grâce au retour de Zlatan dans son rôle d’attaquant et à l’activité toujours aussi impressionnante de Matuidi, on a pu assister à toute une série de frappes, de tirs et de centres. Le Suédois a été servi à successivement par Armand et Matuidi (qui au cours de la même séquence a frappé sans se poser de question, puis a récupéré le ballon, a débordé sur la droite de la surface et a centré… un mutant !), les 2 fois il n’a pas cadré en ayant pourtant pris le dessus sur la défense. Ibra a aussi manqué de précision sur un enchaînement crochet-frappe bien tenté. De même, Ménez a énormément provoqué balle au pied, rarement avec réussite. Une de ses accélérations en partant dans l’axe et en se décalant un peu vers la gauche s’est terminée par une monumentale mine du gauche des 18 mètres… 2 joueurs effacés, 2 joueurs qui se jettent pour le contrer, mais le ballon qui part s’écraser sur le poteau. Il méritait mieux. Matuidi a suivi, il a récupéré dans la surface, a frappé à son tour, un défenseur a détourné en corner (64e). Dans la foulée, petite enflammade car ce CPA a été tiré par Ménez pour une frappe de son coéquipier en EdF situé devant la surface… Combinaison à la c*n, il y avait plein de monde dans la surface.

Au bout d’un moment, à force d’essayer, ça a fonctionné. Servi côté droit par Matuidi suite à une énième récupération de balle de ce dernier, Maxwell a centré après s’être mis le ballon sur son pied gauche, Gameiro était au second poteau derrière Tacalfred, son coup de tête a été gagnant (65e). De mon point de vue, le gardien aurait dû sortir, un centre qui arrive dans les airs – à hauteur de tête de Gameiro en plus, donc pas super haut – à 5 mètres de sa cage, s’il n’y va pas, il y va quand ? Mine de rien, le 3e choix d’Ancelotti au poste d’attaquant axial en est à 3 buts en 2 titularisations, il arrive même à marquer de la tête malgré son mètre quarante-douze… Grâce à ce but, le PSG a pris provisoirement la tête du championnat.

Fournier avait déjà effectué un changement à l’heure de jeu (Florent Ghisolfi pour Bocundji Ca), il a réagi à l’ouverture du score avec un choix offensif (Kamel Ghilas pour Antoine Devaux), puis a ensuite tenté un dernier ajustement – le tout pour le tout – à la 71e (Julien Toudic pour Christopher Glombard). Ce dernier remplacement a eu lieu après que le PSG se soit procuré 2 opportunités de réaliser le break (la première en contre grâce à un corner défensif, Ibra n’a pas bien joué le coup, il a opté pour une sorte de long une-deux avec Ménez au lieu de servir Matuidi, ça s’est terminé par une tête de Gameiro signalé HJ ; la seconde, un une-deux entre Gameiro et Ibra, a été anéantie par une bonne intervention de Tacalfred).

Bizarrement – pas vraiment venant d’Ancelotti – Paris a alors commencé à reculer, à défendre de plus en plus bas pour contrer, ce qui n’était pas forcément une bonne idée. On a alors vu un autre Paris, un qu’on n’aime pas. L’entrée de Jallet (7e défenseur sur les 10 joueurs de champ) à la place de Gameiro allait dans ce sens. Il est vrai que Reims a cumulé nombre de pertes de balle évitables avec quelques gestes peu opportuns du type tirs moisis, on pourrait donc me rétorquer que cette tactique avait toutes les chances de fonctionner. Jean Fernandez est sans doute de cet avis. Allez, un peu de sérieux ! Le PSG, même diminué par les blessures, possède un effectif assez étoffé et surtout comprend une ribambelle de joueurs de talent, il ne devrait JAMAIS tomber dans ce genre de dérives dignes d’une DH affrontant une Ligue 1 en 32e de finale de la Coupe de France ! Se contenter de bétonner et de contrer à 2 ou 3 au Parc des Princes contre une équipe promue dont les gars sont frits par leurs efforts de la première période, c’est du délire ! Heureusement pour eux, Le Guen, Lacombe et autres Vahid n’ont jamais atteint ces extrémités malgré le peu de cadors à leur disposition, probablement y aurait-il eu des pétitions pour réclamer le retrait de leurs diplômes d’entraineur ! J’aimerais comprendre où Ancelotti veut en venir, j’ai préféré abandonner cette quête d’explications plausibles, ses choix n’ont aucun sens.

Bref, les Champenois ont pu enchaîner les corners et les centres, Sakho prenait presque tout, il a repoussé le danger pas mal de fois avant de se blessé à la cuisse et de demander à céder sa place. Avant sa sortie, il y a eu 2 alertes, la première avec un centre coupé avant le premier poteau par le dessus du crâne de Courtet (malgré le surnombre dans la surface, 3 contre 2, dans cette position marquer était presque impossible). La seconde situation dangereuse a été causée par… une erreur grossière de Zlatan juste après avoir eu une grosse occasion. Jouer vite un corner quand un coéquipier, un défenseur de surcroît, est blessé, c’est idiot. Ce manque d’attention aurait pu coûter cher, les visiteurs sont partis en contre alors que le capitaine parisien attendait de quitter le terrain, heureusement un Rémois a loupé sa frappe puis Sirigu s’est bien couché pour capter un centre devant le but (77e). Finalement on a pu faire entrer Momo Sissoko au milieu et faire redescendre Thiago Silva en défense centrale (78e).

Le duo Ibra-Ménez a été très en vue lors du dernier quart d’heure, il a toutefois été incapable de faire le break, permettant à Reims d’y croire jusqu’au bout. Malgré leurs efforts, les partenaires d’Agassa n’ont pu cadrer le moindre tir en seconde période avant un CF lointain de Toudic très facilement arrêté par Sirigu (90e). Auparavant, l’attaquant formé à Caen avait failli égaliser en reprenant un centre de Mandi d’un magnifique retourné acrobatique (84e). Le ballon a rebondi sur le sol puis a léché le dessus de la barre… Sur cette action Maxwell n’a absolument pas gêné le centreur, Van der Wiel était complètement à la rue, il a laissé Toudic dans son dos effectuer ce geste.

Paris est passé à un cheveu de laisser dramatiquement s’envoler 2 points en ayant concédé pratiquement une seule occasion en seconde période. Si telle mésaventure s’était produite, les véritables responsables – Ancelotti et ses choix ultra-défensifs, le Batave calamiteux et compagnie – n’auraient même pas été montrés du doigt, un bouc-émissaire parfait aurait été jeté en pâture aux adeptes de l’acharnement injuste, Jérémy Ménez. Ce dernier n’a jamais cessé de se lancer dans des accélérations et des dribbles, nul ne peut lui reprocher son activité et ses prises d’initiatives. Il aura alterné les passes presque décisives, les occasions presque converties et les… mauvais choix. Oui, on ressort frustré de ce match. Non, il n’en est pas le principal responsable, il a surtout manqué de réussite.

Assez peu soutenus, souvent destinataires de ballons balancés devant, Ibra et Ménez ont réussi à 2 à créer de gros problèmes aux Rémois. A plusieurs reprises, le second a lancé le premier au but, donnant lieu à de véritable occasions (77e, parade d’Agassa ; 86e frappe forte au sol entre 2 défenseurs, Agassa la bloque). D’autres fois, les rôles ont été inversés pour obtenir le même résultat (87e, Ibra fixe, décale bien Ménez qui tente le tir piqué en raison de la sortie du gardien… mais ne cadre pas ; 88e, Ibra lance Ménez en une touche, parti dans la profondeur ce dernier élimine Agassa en s’excentrant nettement sur la gauche, il frappe sans pouvoir redresser suffisamment). D’autres situations très intéressantes ont été gâchées par un mauvais choix ou un HJ (bidon) de Ménez.

En toute fin de rencontre Ibra a fait le show tout seul, un véritable one man show assez comique, le coup de la frappe de 40 mètres était une bonne vanne, il nous a ensuite fait une accélération mythique avec Ghizolfi accroché à lui comme un demi de mêlée de 60 kilos tentant de plaquer un centre surpuissant lancé vers l’embut. Le Rémois a pris un carton a posteriori (92e) comme Matuidi quelques minutes plus tôt pour un tirage de maillot après une perte de balle (87e). Au passage, petite remarque, les cartons pour ces gestes d’antijeu, OK, mais il serait bon d’en sortir aussi et surtout pour les coups de coude volontaires comme celui de Krychowiak dans la tête de Thiago Silva (il y aurait alors eu exclusion à un quart d’heure de la fin).

Le résultat a été plus que laborieux à obtenir, Sirigu a été l’homme du match (au même titre qu’Agassa en face), Matuidi a été une nouvelle fois monstrueux, on peut aussi saluer les prestations de Gameiro, de Sakho et de Ménez. Si ce dernier n’a pas été en réussite, son entrée en jeu a tout changé, Nenê a été bon sans apporter la même percussion et en ayant moins de liberté sur le terrain. Armand a encore été très solide, contrairement à son homologue du côté droit. Van der Wiel est un sacré boulet, j’aurais vraiment préféré récupérer un Brice Dja Djédjé moins cher, moins connu, moins expérimenté, mais plus efficace offensivement et ayant l’avantage d’avoir été formé au club (il n’aurait pris la place de personne dans la liste pour la LdC). Comme je suis honnête, contrairement au gars qui a refourgué ce joueur au club, je dois mentionner son très bon tacle à la 35e minute et reconnaître qu’il a été moins désastreux en seconde période (ne confondez pas "moins désastreux" avec "bon"). Jallet – qui a fini capitaine – n’a rien à lui envier, hormis sans doute son salaire. Concernant Alex, R.A.S., Thiago Silva ne s’en est pas trop mal sorti à un poste très inhabituel, son manque de repères au milieu s’est fait sentir. Maxwell a sauvé son match avec la passe décisive, je ne l’aime pas en latéral, il se débrouille en relayeur, mais milieu offensif, stop, on lui en demande beaucoup trop ! J’en termine avec Sissoko, dont l’entrée n’a servi à rien, il s’est tout de suite fait manger physiquement dans les duels, il n’a pas le niveau.

Je résume : une mauvaise première période, une seconde meilleure sans être flamboyante avant de sombrer dans la bêtise après l’ouverture du score… Le bilan est mauvais car si les 3 points sont dans la poche, la perte de 2 joueurs importants et l’incapacité récurrente du PSG à imposer sa supériorité pendant 90 minutes – pendant plus de 25 ou 30 minutes en réalité – ne sont pas de nature à rassurer.

Ancelotti est le roi du coaching : à la mi-temps, un remplacement poste pour poste sur blessure, puis un défenseur pour un attaquant à environ 20 minutes de la fin histoire de bien blinder alors que l’équipe mène d’un seul but à domicile contre des promus cramés, et enfin un dernier encore sur blessure avec sans doute une grosse hésitation… qui faire entrer à la place de Sakho ? Camara ou Sissoko ? Il aurait pu choisir Pastore ou Hoarau et réorganiser un peu son équipe composée de 6 autres défenseurs, par exemple opter pour un 4-3-3 avec un milieu formé de Maxwell, Matuidi et Jallet plus 3 éléments offensifs, il a conservé son 4-4-2 totalement improvisé mais avec 2x2 latéraux plus 2 véritables milieux défensifs. Et pourquoi avoir sorti Gameiro, bon, avide de temps de jeu, frais, mais avoir laissé Ibra jusqu’à la 94e et dernière minute ? Il a beaucoup joué pendant la trêve internationale, était franchement très moyen pour ne pas dire mauvais avant d’enfin se réveiller un peu sur la fin, on ne l’a pas senti très investi, par exemple à plusieurs reprises il a attendu le ballon en manquant d’agressivité. Bref, coaching affligeant.

Place au déplacement à Zagreb pour affronter l’équipe la plus nulle de la Ligue des Champions. Suite à la blessure de Sakho et en raison de l’absence de Lugano et de Tiéné sur la liste des joueurs inscrits par le club pour cette compétition, Ancelotti ne pourra malheureusement pas aligner 9 défenseurs entre Sirigu et Ibra. Le pauvre, il doit être en panique !

Notes

[1] Voir la définition de "zlataner" dans l’analyse d’OM-PSG intitulé Zlataner n’est pas jouer.

[2] Le missmatch obtenu est soit un avantage de taille, soit un avantage de vitesse.

[3] Salvatore signifie sauveur en italien.