Privé de nombreux joueurs (Sakho, Chantôme, Motta, Nenê, Lavezzi), Ancelotti a opté pour un retour à son habituel 4-3-1-2 après la parenthèse du 4-4-2 improvisé contre Reims. Voici le onze de départ : Sirigu - Jallet (c), Thiago Silva, Alex, Maxwell - Bodmer, Verratti, Matuidi - Pastore - Ibrahimovic, Ménez.
Douchez, Armand, Camara, Van der Wiel, Sissoko, Gameiro et Hoarau ont pris place sur le banc. A noter que Gameiro s’est échauffé avec les titulaires car Ménez, victime d’une douleur à un orteil, a failli devoir déclarer forfait, ce qui aurait été bien dommage, il a en effet été élu homme du match.

Le PSG a très bien débuté la rencontre, il a monopolisé le ballon, la bien fait circuler, la plupart du temps dans le camp croate, il n’y avait pas de précipitation. Au bout de pile 2 minutes, Zlatan a perdu un premier duel face au gardien, Ivan Kelava, après que Verratti l’eut servi en profondeur plein axe d’une longue ouverture. Aucun joueur du Dinamo n’a gêné le passeur, Ibra n’était surveillé par personne. Kelava a encore dû intervenir 2’30 plus tard pour repousser une bonne frappe du Suédois tentée depuis l’entrée de la surface.

L’affaire semblait partie pour être une formalité, pourtant Zagreb a réussi à plusieurs reprises à mettre en difficultés la défense parisienne, en particulier sur CPA (les locaux en ont obtenu 5 ou 6 en moins de 8 minutes). Ça a commencé par une tête au-dessus sur un corner (4e), puis un CF bien placé – pour une faute évitable de Bodmer très en retard, il en a commis une autre à l’heure de jeu juste avant de sortir – détourné par le mur juste à côté de la lucarne (7e) suivi d’un corner direct de Sammir, déjà auteur du CF (le ballon semblait devoir rebondir sur la barre, Sirigu a assuré en le claquant au-dessus de celle-ci). Les Parisiens devaient aussi se méfier des contre-attaques, les pertes de balle en ont occasionné bon nombre au cours de la première demi-heure, Verratti s’est jeté par derrière pour en interrompre une, son tacle en retard sur Sammir sans jouer le ballon lui a valu un jaune (10e). A vrai dire, il s’en est plutôt bien sorti, on a souvent vu des exclusions pour moins que ça, l’arbitre turc, M. Ayindus, aurait pu être plus sévère. La tendance du jeune Italien à se jeter comme un demeuré aurait pu lui coûter très cher, il l’a refait de nombreuses reprises au cours de la rencontre, réussissant parfois à se retenir au dernier instant pour ne pas envoyer valser un adversaire, le rouge lui pendait au nez.

Très regroupés derrière, répondant présents dans l’engagement, les locaux cherchaient surtout à retarder l’échéance. Les Parisiens devaient travailler ce bloc pour créer des décalages, mettre du rythme dans les passes… Il a finalement été relativement difficile d’y parvenir, on s’attendait à un peu mieux. Bodmer n’a pas plus inquiété Kelava en lui tirant dessus (11e) que Duje Cop en cadrant une frappe très molle au terme d’une séquence lors de laquelle Paris a fait preuve d’un peu trop de passivité (13e). Le manque de mouvement et l’insuffisante présence offensive – Pastore, Ibra et Ménez pour affronter des quiches, ça fait peu – ont rendu difficile la mise hors de position des pièces composant le double rideau croate. Dans cette configuration la participation des latéraux et les montées des milieux relayeurs étaient indispensables. Dommage qu’Ibra ait été signalé HJ pour quelques centimètres car sa talonnade aérienne pour lancer Maxwell dans la surface suite à une transversale de Bodmer était splendide (15e).

Sur la terre d’une partie de ses ancêtres, Ibrahimovic a alterné le bon et le moins bon mais par rapport à certaines rencontres récentes lors desquelles il semblait se balader sur le terrain sans rien en avoir à foutre, on l’a vu assez motivé. Bien sûr, ses initiatives n’ont pas toutes été couronnées de succès et ses premières occasions n’ont pas été converties, mais dans une équipe ayant perdu le dynamisme du début de rencontre, il sortait du lot.

Ménez a alors sérieusement commencé à s’activer, ses qualités de dribble et sa capacité d’accélération ont permis de porter le danger dans la surface du Dinamo, il leur a mis le feu à plusieurs reprises. Ceci dit, Zagreb aussi a tenté de mettre le feu en se projetant rapidement en contre-attaque, ceci grosso modo jusqu’à l’ouverture du score. Heureusement le dernier geste était systématiquement imprécis (beaucoup de passes bien interceptées), la seule véritable alerte a été une grosse frappe de Cop a 25 mètres passée à côté (24e). En mettant du rythme de cette façon, les locaux ont réveillé les Parisiens après avoir essayé pendant un bon moment de les endormir. Lors de plusieurs phases de jeu ces derniers ont su mettre à profit leur supériorité technique, les combinaisons se sont multipliées dans les petits espaces, permettant de créer de plus en plus de décalages. La machine était lancée, le rouleau compresseur allait tout écraser sur son passage. Ibra a encore pu frapper plusieurs fois au but, dont une suite à un double une-deux avec Verratti. La dernière passe était une talonnade improbable dans le trafic pour Ibra à la limite du HJ, elle lui a permis de se retrouver de nouveau face à Kelava, malheureusement il n’a pu cadrer du gauche après un double contact, c’est passé très près (26e).

L’embellie a été de courte durée, on a assisté à un nouveau temps faible. Beaucoup trop imprécis, ayant trop tendance à s’engluer au milieu des 10 ou 11 Croates qui revenaient défendre dans leurs 30 derniers mètres, Pastore et ses coéquipiers avaient beau s’appliquer à jouer de façon très simple, c’est-à-dire en contrôle-passe, ils ne parvenaient pas à faire la différence. Comme souvent, un exploit individuel a changé la donne. Ibra, auteur quelques poignées de secondes plus tôt d’un nouveau tir cadré facilement arrêté (de 18 mètres en se retournant) a ouvert le score grâce à un super service de Ménez (32e). Il s’agissait en quelque sorte d’un une-deux car l’ancien du Milan a décalé l’ancien de la Roma sur le côté gauche avant l’aller se placer dans la surface pour reprendre en taclant le centre en retrait de l’homme le plus remuant de la rencontre. Ibra en était déjà à 5 ou 6 tirs dont 3 cadrés, à force d’essayer il allait forcément mettre le ballon au fond à un moment ou l’autre.

Ensuite, le PSG a de nouveau eu le monopole du ballon, le problème a alors étrangement été le manque de présence dans la surface car Ibra décrochait en permanence. Par conséquent, le ballon circulait lentement loin du but, le rythme est tombé. Pourtant menés au score, les gars de Zagreb ne sortaient quasiment plus, néanmoins, profitant d’un cocktail d’apathie et de laxisme de la défense parisienne, Sammir a pu se retourner sans mal pour encore frapper de loin, heureusement sans cadrer (39e). Assez désordonnés en attaque, les Parisiens ont soudain opté pour une stratégie plus efficace qu’ambitieuse, la contre-attaque à 3. Ibra, Pastore et Ménez étaient les seuls à se lancer à l’assaut du but de Kelava. Si leurs offensives n’ont toujours été bien négociées (dont un 3 contre 2 gâché par Ibra), la stratégie a payé. Au bout de 4 ou 5 tentatives consécutives Ménez en a transformé une (43e). L’attaquant international français avait auparavant été plusieurs fois cherché en profondeur par Pastore, une de ces actions aurait pu donner lieu à un péno, une autre a donc permis d’obtenir le break et ainsi de définitivement plier l’affaire. Les 2 buts ont beaucoup de points communs, Ménez a les 2 fois été décalé sur la gauche, a fait l’amour à Ante Puljic en le débordant par l’extérieur, le gardien a été encore très très moyen pour ne pas dire bidon (le ballon lui est passé entre les jambes, on appelle ça fermer l’angle^^). La différence est juste qu’au lieu de se montrer altruiste, Ménez a frappé en force.

A 0-2, il suffisait de gérer. Un puissant CF direct d’Ibra a failli encore augmenter l’écart juste avant la mi-temps, Kelava a pu intervenir des poings.

Globalement, ça aura tout de même été facile, à peine moins que prévu. La différence de niveau était criante. Les 2 attaquants ont pu mettre le feu à volonté, ils ont facilement fait oublier quelques choix douteux par une démonstration de supériorité technique et physique. Tantôt impliqué, tantôt nonchalant, Zlatan nous aura fait un récital, se mettant en évidence par un but et par un nombre impressionnant de tirs (7 ou 8 dont au moins 5 cadrés). En réalité, quand les Parisiens ont mis un coup de pression en accélérant, ils sont presque toujours passés. Kelava, gardien manifestement médiocre, aura tout de même bien limité la casse, pas aidé par une défense très perméable malgré le nombre. Les Croates ont pris quelques vents, le moindre coup de rein suffisait à les mettre en difficulté, Puljic s’est fait humilier encore et encore.

Avec un meilleur PSG, on aurait assisté à une véritable boucherie. Pastore, très combatif, manquait souvent de solutions, ses coéquipiers ne bougeaient pas assez, l’animation était défaillante. Les montées des latéraux n’ont pas apporté grand-chose, il ne s’agissait pas d’un manque de volonté de leur part, ils ont essayé sans succès. Jallet s’est démarqué par ses interventions défensives et ses excellentes relances. Le gros problème de l’équipe visiteuse était en réalité d’avoir trop de monde au milieu, pas assez devant. Matuidi s’est comme à l’accoutumée montrée très actif, on ne pouvait pas en demander trop à Bodmer pour un match de rentrée et Verratti a alterné le très bon (de super passes, quelques très bonnes récupérations) et des erreurs grossières (je pense en particulier à ses interventions en se jetant), mais avaient-ils besoin d’être 3 ? Le ballon circulait beaucoup dans cette zone où en plus du trio et de Pastore venaient s’insérer les latéraux et souvent Zlatan, trop prompt à décrocher. Pourquoi ne pas avoir aligné 4 joueurs offensifs dont 2 en permanence en pointe ?

Après avoir visionné une seconde fois cette première période, je ne sais plus trop quoi penser de la prestation de la défense. Après les CPA des 10 premières minutes, la série de contre-attaques croates a laissé apercevoir des failles. L’apparente sérénité des centraux brésiliens a parfois semblé donner TROP d’assurance au groupe, d’où un certain laisser-faire, du flottement… Face à Zagreb, pas de problème, ça passe, mais contre une bonne équipe tomber dans la facilité ne pardonnera pas.

A la mi-temps, surprise, Camara a pris la place d’Alex (les locaux aussi ont effectué un changement). Il s’agit d’une petite alerte physique.

En seconde période le PSG a joué pépère (sauf Matuidi, incapable de ne pas être au taquet). Souvent maître du ballon, il se contentait de quelques accélérations de temps en temps, les attaques impliquaient rarement plus de 3 joueurs. Malgré cette attitude peu conquérante, une boucherie s’annonçait inévitable. Les Parisiens pouvaient même permettre de ressortir le ballon de derrière en faisant n’importe quoi, il n’y avait plus rien en face, les visiteurs dégageaient une impression de puissance quand leurs hôtes se montraient particulièrement impuissants. Ajoutez à ça une ambiance complètement morte, vous obtenez une sorte de match d’entraînement des pros contre les U17. C’était bizarre, on était loin de la Ligue des Champions.

Pour éviter de prendre un énorme bouillon, les Croates ont parfois entrepris de presser plus haut, de garder un peu plus la gonfle. Quelques joueurs comme Matuidi et Pastore n’ont rien lâché, d’autres comme Ibra et Ménez ont un peu trop voulu régaler, ils ont fait de mauvais choix de passes et de dribbles en ayant trop tendance à chercher la difficulté ou l’exploit technique. Nombre de décalages sur les côtés ont été gâchés par une mauvaise passe ou un retour inopportun dans l’axe. Redynamiser tout ça en apportant un joueur français et affamé aurait pu être pertinent. S’il avait voulu alourdir le score, Ancelotti aurait plutôt lancé un joueur comme Gameiro, il se serait régalé à prendre la profondeur. Le 2e changement de l’entraîneur Italien a été effectué à l’heure de jeu à l’occasion d’un CF concédé par Bodmer juste avant de céder sa place à Momo Sissoko (60e). Sammir était à 18m, il a tiré dans le mur. L’idée en lançant le Malien était sans doute de lui donner du temps de jeu pour lui faire retrouver le rythme de la compétition.

Bon, mine de rien, les occasions se faisaient assez rares, il a fallu attendre la 64e minute pour s’en créer une très franche. Au départ, il y avait bien sûr une récupération du timbré de service, Matuidi, le mec qui court tout le temps, partout, ne s’économise pas même quand l’affaire est entendue. Lancé côté droit par ce dernier, Pastore a éliminé un défenseur puis a tout de suite servi Ibra dans l’axe en piquant le ballon au-dessus d’un autre qui se jetait dans ses pieds. Seul à 20 mètres, Ibra s’est loupé, il aurait pu reprendre directement mais a attendu le 2e rebond pour tenter un lob de volée de l’extérieur du droit… envoyant le ballon en sortie de but à quelques centimètres du poteau. Une fois de plus Pastore, exemplaire de par son pressing permanent, a très bien joué le coup, il aurait mérité d’être crédité d’une nouvelle passe décisive.

Je crois que le public s’est moqué de son meilleur joueur quand après s’être arraché pour se défaite de Sissoko et de Matuidi, Sammir a tenté une frappe lointaine désespérée en marquant 3 points (le ballon a survolé la barre d’au moins 10 mètres). Ante Rukavina a été substitué à Duje Cop (70e) au moment où les Croates s’apprêtaient à tirer un corner, soit une situation devenue très rare – peut-être inédite – depuis la 8e minute. Thiago Silva l’avait concédé en devançant son gardien à la retombée d’un centre.

L’ennui commençait à pointer, la supériorité parisienne était trop évidente. Pour l’illustrer, on va prendre un exemple défensif : Sammir tente de percer dans l’axe… il va s’empaler sur Thiago Silva, récupération propre. Sur le contre, Ménez est lancé côté gauche par Matudi, Sime Vrsaljko se fait dévorer… et fait faute.

Si Ibra et ses partenaires n’avaient pas eu la volonté de gérer, on se serait régalé, eux avec. Toutes les conditions étaient réunies pour assister à une orgie. Toutes sauf l’envie de faire un carnage. Sporadiquement, une bonne action venait égayer une fin de rencontre sans réel enjeu, je pense en particulier à un bel enchaînement entre Ménez, Jallet et Sissoko (transversale du premier, remise de volée du 2e vers le 3e en retrait, volée sans contrôle de ce dernier depuis l’extérieur de la surface, le ballon n’est pas passé loin ; 72e).

L’application dans les gestes faisait cruellement défaut, plusieurs situations très intéressantes ont été gâchées pour cette raison. Ménez, toujours aussi tranchant mais à l’inspiration fluctuante, a cédé sa place à Hoarau après une dernière accélération dans la surface, il a pris de vitesse 2 défenseurs puis a tergiversé au moment où il fallait frapper en position excentrée – encore sur la gauche – permettant à Simunic de revenir le tacler (77e). Joué à 2, le corner a créé la panique, il en a provoqué un autre, puis un 3e, ils étaient tirés par Pastore, chose inhabituelle. Le dernier a failli se transformer en passe décisive. En effet, la puissante reprise de Thiago Silva, une tête piquée, a envoyé le ballon rebondir sur le bol puis sur la barre de Kelava, peut-être aidé par Marcelo Brozovic présent au premier poteau (il me semble avoir légèrement dévié le ballon vers la transversale).

On attendait le 3e but, on l’a eu… L’arbitre n’a pas voulu l’accorder. Le PSG a encore tenté plusieurs fois de l’inscrire. On citera un ciseau acrobatique à l’horizontale en conclusion d’une bonne action menée par Hoarau et Jallet, Ibra n’a pu cadrer (82e), on oubliera les actions avortées faute de précision ou à cause d’un mauvais choix (que Maxwell perde du temps pour servir Ibra au lieu de jouer un coup à fond avec Hoarau m’a quelque peu irrité), on en arrive au but de GuiGui. Décalé par Zlatan après un rush de ce dernier dans l’axe au cœur d’un amas de défenseurs, Jallet a centré pour la tête de son compère Réunionnais situé au second poteau. La tête croisée de ce dernier a fait mouche, il a inscrit le premier but de sa carrière en Ligue des Champions… mais M. Ayindus l’a honteusement refusé pour une pseudo-faute sur Vrsaljko. Le Croate a juste plongé de façon à être percuté par l’attaquant lancé dans les airs pour jouer le ballon (89e). S’il s’était appuyé sur son adversaire, OK, on aurait pu trouver ça simplement sévère, là il n’y avait absolument rien ! Conclusion, l’arbitrage n’est pas meilleur en Ligue des Champions.

L’infortuné GuiGuiGoal aurait pu oublier cette mésaventure en marquant sur un super centre sans contrôle de Matuidi, décalé par Maxwell parti dans l’axe. Seul à 6 mètres, monté assez haut pour intercepter ce caviar, Hoarau a complètement manqué sa tête, il n’a pas su diriger le ballon vers la cage (93e).

Signalons-le, en fin de match Zagreb se sera créé des occasions. Enfin… On ne peut qualifier ainsi la frappe lointaine d’Adrian Calello – entré en jeu à la mi-temps – à la 87e, Sirigu a tranquillement capté le ballon. En revanche, à la 94e, suite à quelques jolis gestes d’Alen Halilovic, un gamin de 16 ans ½ apparu sur le terrain à la place d’un autre à peine plus vieux (Kovacic), un puissant tir de Sammir situé à 25m dans l’axe a dû être repoussé des poings par le gardien parisien. Un dernier cafouillage aurait pu se terminer par un csc de Thiago Silva en déviant une frappe de Rukavina, puis le match s’est achevé par une sortie aérienne difficile de Sirigu sur le dernier corner.

Au passage, j’aimerais connaître l’intérêt de ce changement hyper tardif. Soit ce gamin est très fort et il fallait le lancer un peu plus tôt pour lui donner l’occasion de le montrer, d’autant que son équipe avait besoin d’un sauveur, elle n’avait plus rien à perdre, soit il ne l’est pas et il s’agissait juste de faire du buzz, de créer la hype. Parce que dans les faits, ce très jeune joueur aura 2 minutes d’expérience en LdC – Youpi ! – et son équipe a perdu 2-0, il n’y a rien changé.

Au final le résultat est là, la manière aurait pu être meilleure, mais dans la mesure où le travail a été fait, on ne peut se montrer trop exigeant. Par moments, les Parisiens ont péché par manque d’application, ils ont commis l’erreur de se laisser tenter par la facilité ou de vouloir au contraire tenter des choses trop compliquées, d’où de trop nombreuses pertes de balle. Celles-ci sont restées sans conséquence car Thiago Silva a tenu la baraque derrière (je n’ai absolument pas vu Camara). Bien qu’un peu désordonné dans certaines sorties aérienne, Sirigu mérite d’être félicité, il n’a pas failli quand on l’a sollicité à quelques moments-clés. Dans l’ensemble, l’équipe a été efficace défensivement, les Croates ont été rendus assez inoffensifs. Jallet a été plutôt bon, Maxwell aussi si on oublie quelques choix douteux et un peu de déchet offensif.

Le plus agaçant lors de la seconde période n’est pas à trouver dans l’attitude des joueurs du PSG, il s’agit de 2 décisions arbitrales, celle de refuser injustement le but d’Hoarau et le carton jaune infligé à Matuidi pour un tacle certes en revenant de l’arrière mais manifestement sur le ballon et pas dangereux (69e). Ce carton ne s’imposait vraiment pas, espérons qu’il ne conduisent pas à une suspension de l’homme aux 18 poumons, lors d’une rencontre importante son absence pourrait être très préjudiciable. L’ancien Troyen a encore été l’auteur d’une prestation remarquable, sa combativité est exceptionnelle et s’accompagne d’un sens du jeu vers l’avant de plus en plus développé, il ne fait pas n’importe quoi. Contrairement à ceux de Bodmer, Verratti et Sissoko, ses gestes défensifs sont maîtrisés, il ne se jette pas n’importe comment en vivant dangereusement, n’arrive pas une seconde en retard pour dézinguer un adversaire… J’ai toujours autant de mal concernant Verratti, il est capable de gestes exceptionnels, c’est très bien, il doit aussi comprendre qu’opter pour la simplicité est souvent la meilleure chose à faire. Se compliquer la vie en prenant en permanence des risques engendre des emm*rdes évitables.

Ibra a géré ses forces en seconde période, il s’est contenté du minimum, c’est une attitude de star appelée à disputer énormément de matchs, il s’économise, Messi le fait tout le temps, il ne défend pas et marche 70% du temps. Si de temps en temps on pouvait le remplacer en fin de rencontre…

Ménez a été élu logiquement homme du match, ses accélérations sont vraiment celle d’un joueur de très haut niveau. Grâce à lui le PSG a réussi à marquer à l’extérieur en Ligue des Champions pour la première fois depuis 11 ans. Rappelons-le, Paris restait sur une seule victoire – à Differdange – en 9 déplacements européens. Hormis cette victoire au Luxembourg contre des amateurs, il fallait remonter au succès à Séville pour trouver trace d’un succès parisien hors de nos frontières.

Pastore mérite aussi une bonne note, il s’est donné sans retenue, a terminé avec une passe décisive, il aurait aussi bien pu finir avec 3. Il a tenté beaucoup de choses. Quand je vois un dénommé Gouaillard lui mettre 4 dans Le Parisien, j’ai pitié pour lui. Ce type est quoi ? Un frustré ou un idiot ?

Hoarau méritait mieux, Sissoko a été correct, Camara ne s’est pas fait remarquer. Voilà, j’ai abordé tous les cas individuels.

Dans l’autre match, Porto a battu Kiev très difficilement (3-2), le PSG a donc l’avantage à la différence de buts générale, il suffit désormais de gagner au retour puis de faire match nul à Kiev – ou au pire d’y perdre par moins de 3 buts d’écart puis de ne pas perdre au Parc contre Porto – pour se qualifier en 8e de finale. En cas de victoire de Porto à Kiev, battre une 2nde fois Zagreb suffirait (sauf catastrophes). Autrement dit, après 3 journées, le PSG est presque sûr de passer l’hiver au chaud.

Samedi, Nancy à Nancy… La kryptonite du PSG – Jean Fernandez – va-t-elle encore faire effet ?