Privé de nombreux joueurs blessés, Ancelotti a choisi d’en mettre d’autres au repos (dont Zlatan qui en réalité a lui-même décidé de ne pas jouer, il a passé la rencontre en tribune assis à côté de Didier Deschamps venu observer ses internationaux). Avec les absents et ceux qui n’ont finalement pas foulé la participé à cette rencontre, on aurait pu composer cette équipe : Sirigu - Van der Wiel, Alex, Sakho, Armand - Chantôme, Motta, Verratti - Nenê, Ibra, Gameiro… Plus Aréola, Lugano et Lavezzi. Oui, ça calme !

Sur le terrain, on a commencé par voir Douchez - Jallet (capitaine le jour de son 29e anniversaire), Camara, Thiago Silva, Maxwell - Sissoko, Bodmer, Matuidi - Pastore - Ménez, Hoarau. On peut parler d’équipe mixte. Sont ensuite entrés Adrien Rabiot, Tiéné et Luyindula (ces 2 derniers n’ayant plus porté le maillot avec l’équipe première en match officiel depuis longtemps, concernant Luyindula ça datait du match aller d’Europa League à Lisbonne lors duquel il s’était blessé… il y a environ 1 an ½ !). A mon avis, sortir Tiéné et Luyindula de leur placard, c’était surtout pour se foutre de la gueule de l’OM !

L’OM a bénéficié du report du match prévu dimanche (la réception de l’OL), Elie Baup a donc pu aligner à Paris son équipe type seulement privée de ses blessés et suspendus (Gignac, Diawara, Barton). Physiquement, les joueurs marseillais étaient un peu plus frais que leurs homologues, leur dernière rencontre remontait à 6 jours (défaite en Europa League contre Mönchengladbach). En revanche, restant sur 2 défaites consécutives (l’autre étant une défaite chez le dernier, Troyes), la confiance n’était pas leur meilleure arme… Elle l’était il y a quelques semaines quand ils ont enchaîné 6 victoires pour lancer leur saison en championnat. La roue tourne.

Le PSG a totalement maîtrisé le début de match, il était présent dans l’engagement, a montré de très bonnes intentions, a généré pas mal de situations chaudes grâce notamment à son trio offensif (plus de Matuidi bien sûr). L’OM était étouffé, subissait dangereusement et ne parvenait à répondre qu’en mettant des taquets. Benoît Cheyrou en a mis 2 très rapidement, il a cherché le carton jaune, il l’a obtenu (4e). Sous l’impulsion d’un Pastore à l’évidence mû par une grande faim de ballon et sans doute libéré par l’absence d’Ibra, l’équipe est allée de l’avant, souvent en une touche, a créé des décalages, Ménez, Maxwell ou encore Matuidi ont pu déborder pour envoyer des ballons devant le but ou en retrait. Mandanda et sa défense ont tenu, parvenant à repousser facilement certains de ces centres, d’autres interventions ont été plus périlleuses. Les visiteurs ont réussi à tenir le coup tant bien que mal, contrant ou déviant des frappes de Matuidi (4e) et de Pastore (7e) avant de s’en tirer par miracle suite à un corner, c’était la panique, une frappe de Camara a été contrée, donnant lieu à un gros cafouillage à quelques mètres de la ligne de but (8e). L’implication de chacun sautait aux yeux et faisait plaisir à voir, Pastore allait presser dans tous les sens, proposait des solutions en profondeur, Matuidi n’hésitait pas à apporter du soutien offensif, Hoarau décrochait si nécessaire pour donner un coup de main au milieu. On avait vraiment du très bon PSG capable de traduire sa supériorité technique en domination (ce qu’on voit très rarement). Les Marseillais en étaient réduits à courir derrière le ballon et à commettre des fautes.

Baup a cherché à remettre son équipe dans le sens de la marche, il a fait passer ses consignes, à savoir presser beaucoup plus haut pour gêner la relance. Ça a commencé à fonctionner au bout d’une grosse douzaine de minutes de jeu, donnant lieu me semble-t-il à la première frappe – moisie – de son équipe (13e). Si ça a fonctionné, c’est parce que les Parisiens prenaient des risques pour remonter "proprement" le terrain avec le ballon. En agissant ainsi, les visiteurs ont pu commencer à jouer au football ou du moins à essayer car énormément de déchet technique venait polluer leur production. On a assisté à un rééquilibrage progressif des débats, l’OM a même eu une occasion assez franche, un tir enroulé de Valbuena passé assez près du poteau (22e). Ce dernier a aussi été à l’origine de la pluparts des mouvements offensifs produits par les visiteurs, il a tantôt cherché ses partenaires en combinant au sol, tant centré, sans toutefois surprendre la défense de ses hôtes.

Pendant cette phase de rééquilibrage des débats, Bodmer, Jallet et leurs collègues ont eu tendance à perdre le ballon en commettant des erreurs idiotes, la relance était régulièrement mal assurée. Les imprécisions sont devenues plus nombreuses, Pastore a continué à jouer dans le bon sens, seulement la réalisation n’était pas toujours au niveau des intentions, même Thiago Silva a loupé une de ses interventions. En outre Bodmer n’a pas amélioré son cas en manquant ce qui paraissait immanquable : un CF lointain obtenu et tiré par Ménez a été remise par Thiago Silva du second poteau vers le premier où le grand blond venu d’Evreux se trouvait absolument seul à 4 mètres du but. Bodmer s’est laissé piéger par la hauteur du rebond, sa volée du plat du pied a été totalement manquée, le ballon est parti au-dessus de la barre (17e). Improbable.

On ne peut pas parler de passage à vide, le PSG est juste passé de très bon à correct, voire assez bon par moments. Ménez était la véritable pointe, il se situait en général devant Hoarau, partait en profondeur ou sur les côtés. En résumé le Réunionnais tenait le rôle habituel d’Ibra… sans avoir l’aura du Suédois. Au cours ou à la fin de quelques actions ses collègues auraient cherché Zlatan au lieu d’opter pour une autre option comme le tir à angle fermé. Sans lui, ils osent beaucoup plus prendre leurs responsabilités.

Le grand tournant de la rencontre s’est produit à la 27e minute peu après une phase de pression marseillaise.

On se doit de bien analyser l’action car elle est litigieuse et fait beaucoup parler. M. Gautier, l’arbitre de la rencontre, s’est trompé. A sa décharge, prendre la bonne décision était très difficile, y compris pour son assistant. Il faut décortiquer les ralentis pour tout voir et être – à peu près – sûr de bien appréhender les faits. Les plus grosses erreurs ne sont pas nécessairement les leurs.

Tout débute par une longue ouverture de Maxwell en direction d’Hoarau, parti en profondeur dans l’axe. Première erreur d’importance, d’une importance extrême, Nicolas Nkoulou s’est extrêmement mal placé, il a couvert l’attaquant au lieu de le mettre HJ, ce qui aurait évité toute polémique. Ensuite, à la retombée du ballon, Hoarau a pu contrôler de la poitrine en direction du but. Rod Fanni a alors commis une grosse erreur, sa seconde en quelques secondes. En effet, si son marquage avait été correct, il n’aurait pas eu ce retard à cause duquel il se trouvait derrière le Réunionnais, un retard cause de la seconde erreur, attraper son adversaire par le bras/le côté, le déséquilibrant au moment où il allait frapper. Les défenseurs centraux marseillais ont multiplié les erreurs grossières, ils se sont mis dans l’embarras par eux-mêmes.

La faute est indéniable, reste à savoir comment la sanctionner. 3 éléments entrent en compte, la nature de la faute, le lieu où elle a été commise, et sa conséquence. En l’espèce, Fanni ne cherchait pas du tout à jouer le ballon, il s’agissait bien d’une faute d’antijeu caractérisé du défenseur en retard – on n’est pas dans le cas du gardien loupant sa sortie dans les pieds ou du défenseur manquant de peu son tacle – qui devait forcément être sanctionnée d’un carton. Ce genre de gestes donne en général lieu à un avertissement, il conduit à l’exclusion dans un cas précis. Ce cas est celui de l’anéantissement d’une occasion manifeste de but. Hoarau se dirigeait vers le but, s’il n’avait été déséquilibré son action aurait été conclue par un tir au but quasiment dans l’axe à l’intérieur de la surface en se retrouvant face au gardien, donc oui, très clairement, il y avait anéantissement d’une occasion de but manifeste. Conclusion, le rouge était logique, d’ailleurs dans le cas où il se serait produit 2 mètre devant la surface, seule une frange minoritaire de supporters de l’OM aurait contesté le retour prématuré de Fanni au vestiaire.

S’il y a polémique, c’est en raison de l’application de la fameuse "double peine" (ou triple, voire quadruple peine si on prend aussi en compte la suspension, la fatigue, etc.). M. Gautier a octroyé un penalty au PSG pour cette faute. A vitesse réelle, j’ai cru au péno… comme à peu près tout le monde. L’arbitre assistant n’était pas en très bonne position car Nkoulou se situait entre lui et l’action. En analysant bien les images, on remarque que Fanni a lâché Hoarau avant d’entrer dans la surface. Conclusion, l’exclusion devait accompagner un CF, pas un péno.

Ce péno+rouge me rappelle la mésaventure dont a été victime Mamadou Sakho il y a quelques mois. Etrangement, le défenseur de l’équipe de France en a pris plein la gueule quand il a été exclu à Lille en fin de saison dernière lors du match qui a fait perdre au PSG – qui menait au score au moment de cette décision lourde de conséquences – le titre de champion. Dans son cas, on pourrait parler de l’octuple peine : rouge+péno+défaite+perte du titre+mise au placard+Euro raté+suspension+match de suspension avec sursis tombé environ 6 mois plus tard comme par hasard pour OM-PSG… En l’espèce il s’agissait d’un contact au niveau du bras – je ne suis même pas sûr qu’il l’ait touché volontairement – sur Roux à l’extérieur de la surface (à la limite de la surface, comme lors de cette affiche diffusée en clair sur France Télévisions), en position excentrée, et avec Alex dans l’axe à la ramasse mais Sirigu allait récupérer le ballon avant Roux. Il aurait dû y avoir CF et carton jaune… M. Viléo n’avait pas hésité, sa décision n’a pas été remise en cause par les médias, les commentateurs et consultants ont pour la plupart craché leur bile sur Sakho. Fanni a droit à un autre traitement médiatique.

J’en profite pour le rappeler, je suis contre le rouge automatique quand il y a en plus péno, une exclusion temporaire me semblerait beaucoup plus appropriée. Je suis pour réserver le rouge direct aux cas de violence (physique ou verbale), aux sales fautes méchantes et/ou vraiment dangereuses, ainsi qu’aux fautes particulièrement grossières (par exemple celle d’un joueur de champ plongeant sur sa ligne à la façon d’un gardien de but pour empêcher le ballon de la franchir… les cas de triche à la Luis Suarez en somme).

En observant très attentivement les différents ralentis – je l’ai fait image par image – on arrive à déceler un contact léger entre le poignet droit d’Hoarau et le ballon après son contrôle de la poitrine. A-t-il touché le ballon délibérément de la main ? Le contact a-t-il été provoqué par le déséquilibre ? On peut en débattre des heures. Le fait est qu’à vitesse réelle le déceler relevait du domaine de l’impossible car la trajectoire du ballon n’a pas été modifiée.

Revenons au jeu après ces paragraphes concernant cette décision. Thiago Silva a transformé très sereinement la sentence en prenant Mandanda à contrepied (29e), il a voulu prendre ses responsabilités, j’imaginais plutôt Hoarau le tirer lui-même, il est extrêmement fiable dans cet exercice. On ne va pas se le cacher, si M. Gautier avait eu le droit de faire appel à l’assistance vidéo et avait ainsi transformé le péno en CF à 16m70, Ménez l’aurait probablement tiré… et bien sûr manqué. Le score n’aurait pas été ouvert, ouvrant d’autres perspectives à l’OM, par exemple résister le plus longtemps possible et tenter le hold-up en marquant sur CPA ou en profitant de la vitesse de… j’allais écrire Loïc Rémy… non, on reviendra d’ailleurs sur son cas.

Menant 1-0 et en supériorité numérique, les Parisiens m’ont donné l’impression de ne pas savoir s’ils devaient attaquer pour faire le break ou gérer en attendant l’opportunité de marquer le but qui mettrait fin à tout suspense. Les visiteurs n’ont pas effectué de changement, Kaboré est passé en défense centrale, ils ont juste scindé l’équipe en 2 groupes :
-les footballeurs (ou plus exactement ceux qui ont essayé de continuer à jouer dans le but d’égaliser en restant dans la dynamique des minutes qui ont précédé l’exclusion),
-les casseurs.

Le premier groupe a été responsable d’un centre très dangereux passé devant le but où, à la lutte avec Camara, André Ayew a tenté de le couper (30e). Gros coup de chaud juste après l’ouverture du score… Maxwell avait complètement manqué sa relance. Décidés à attendre leurs adversaires pour les contrer, les Parisiens ont à mon goût trop cédé la possession du ballon, l’OM a pu construire quelques actions (essentiellement sur les côtés) et obtenir des CPA. Parmi plusieurs situations flirtant à la limite de la dangerosité, la seule véritable occasion a été une frappe enroulée du gauche. Cheyrou était devant la surface face au poteau, a repris assez fort sans contrôle une sorte de petit centre en retrait, Douchez a du plonger pour capter le ballon en 2 temps tout près du pied de son montant droit (43e).

A côté de ça, on trouve le second groupe, celui des casseurs. Morgan Amalfitano est une raclure, un danger public, un psychopathe laissé en liberté par la Commission de discipline dont on attend la décision concernant les exactions ayant eu lieu lors de la dernière Grande Sardinade (il était convoqué – ainsi que Matuidi, pourtant victime dans cette affaire – le… 31, jour du match, ça a été encore repoussé). A son dossier déjà très lourd il a ajouté un coup volontaire très en retard dans l’arrière de la cuisse de Sissoko, resté au sol un moment (32e). Oui, c’est Sissoko, ce n’est pas très grave, le coup n’en était pas moins méchant. Dans la foulée Jérémy Morel a eu droit à un carton pour avoir découpé Jallet d’un tacle lui aussi très en retard. Valbuena a eu de la chance de ne pas prendre un jaune pour contestation suite à une protestation virulente à l’encontre des arbitres coupables d’avoir oublié un corner assez évident (boulette déjà commise mais dans l’autre sens au cours de la première période).

Entre l’ouverture du score et la mi-temps, le PSG n’a pas réellement mal joué, à vrai dire il a un peu changé de façon de jouer. Le travail de récupération était le même, les gars ne se relâchaient pas, ils allaient au charbon, ça avait tendance à coincer ensuite. Si on a encore vu quelques bonnes phases de jeu, globalement la précision n’était plus trop au rendez-vous, la recherche récurrente de profondeur et les courses vers l’avant étaient un peu désordonnées. Est-ce la cause ou la conséquence du problème, les passes de Pastore étaient trop souvent interceptées.

On ne peut le nier, il y a du déchet dans le jeu de l’Argentin, il a commis quelques erreurs, mais on doit aussi le reconnaître, il a montré beaucoup d’envie, d’implication, a été l’auteur de nombreux bons choix offensifs, la plupart de ses passes ou autres gestes – souvent difficiles – ont été tentés parce que le jeu voulait qu’il les tente (du genre ouverture en profondeur sans contrôle, déviation en talonnade, etc.). Après l’ouverture du score, quand l’équipe a commencé à jouer plus bras, la réussite a commencé à décliner. Bien sûr, les commentateurs n’ont mis en avant uniquement les gestes ratés et ont parlé de sa légendaire nonchalance, et j’insiste sur le légendaire car il s’agit bien d’une légende, il semble de bon ton de lui coller cette étiquette. En l’occurrence Pastore a passé son temps à courir partout et lors des meilleurs matchs ou meilleures périodes du PSG – en fait de très bons matchs véritablement dominés d’un bout à l’autre, on en trouve très difficilement, on a surtout une première ou une seconde période de temps en temps – le point commun a souvent été la présence de Pastore très actif au milieu. Contre Kiev par exemple c’était criant.

En résumé on a vu une première période assez agréable avec de bonnes phases de jeu et pas mal de moins bonnes, peu d’occasions concédées par les Parisiens (seulement 2 sur des frappes depuis l’extérieur de la surface). Au-delà de son but sur péno, Thiago Silva a été excellent, tout le monde s’est bien donné, notamment les 3 joueurs offensifs qui toutefois ont éprouvé quelques difficultés à accorder leurs violons. Sissoko a été à l’image de ces derniers, il s’est battu, a essayé d’aller de l’avant… mais à son niveau, donc en manquant cruellement de justesse technique dans tout ce qu’il fait.

N’ayant absolument pas lâché l’affaire, l’OM a débuté la seconde période en tentant le tout pour le tout, Morel et Valbuena ont centré à plusieurs reprises dont 2 fois de suite en frôlant puis en trouvant la tête d’André Ayew, qui n’a pu cadrer (47e). Choisir d’évoluer en contre est à double tranchant, ça implique de subir, un risque en soi. A 11 contre 10, ne vaut-il pas mieux obliger ses adversaires à courir derrière le ballon ? Il y a plusieurs écoles, Ancelotti préfère rester derrière et essayer de profiter des espaces. Fort heureusement sa méthode a fonctionné, les visiteurs ont continué à pousser, l’élastique leur est revenu en pleine tête.

Pour éviter tout problème, il était impératif de réussir le break le plus rapidement possible. Pastore a tenté d’y parvenir en réalisant un grand numéro. Parti de très loin, il a remonté le terrain avec le relais d’Hoarau (découpé par un Marseillais au passage), a fait l’amour à Nkoulou obligé de le retenir par derrière après avoir été victime d’un grand pont, Pastore est passé quand même et a frappé… sans cadrer (48e). Peut-être aurait-il dû être plus vicieux et tomber au moment où il a subi cet accrochage, M. Gautier aurait été obligé d’exclure le Camerounais.

Il n’a pas été nécessaire d’attendre bien longtemps pour voir un nouvel une-deux impliquant Pastore permettre à Paris d’anéantir les derniers espoirs marseillais. Ménez est parti de son camp sur le côté gauche, a donné dans l’axe à son compère argentin puis est parti vers l’axe en sprintant comme un dingue, l’ancien Palermitain l’a alors servi d’une magnifique passe en profondeur contrôlée en aile de pigeon – en pleine course – par l’international français… et PAN ! Grosse reprise de volée du gauche en lucarne, 2-0. L’action est magnifique, parler d’attaque rapide me semple plus approprié que d’évoquer une contre-attaque dans la mesure où le ballon a été récupéré dans la surface, ressorti très proprement avant une petite temporisation au milieu et l’accélération décisive. La défense avait pu en grande partie se replacer sans réellement se réorganiser.

A 2-0, la situation n’a pas réellement évolué, Paris voulait toujours contrer, Valbuena voulait toujours sauver la situation. Il lui arrive de temps en temps de marquer un beau but, et quand vous y regardez de plus près, vous comprenez pourquoi : dans la mesure où il tente beaucoup de frappes de loin et de gestes difficiles, ses chances d’en réussir au cours de la saison sont grandes, le déchet est énorme, les quelques réussites marquent les esprits. En l’occurrence, il était beaucoup trop seul pour parvenir à influer sur le cours de la rencontre.

Si je devais faire un reproche au PSG, c’est d’avoir joué vraiment trop bas car pour cette raison, une fois le ballon récupéré, il fallait en général remonter tout le terrain afin amener le danger dans la surface marseillaise. Hoarau, Ménez et Pastore ne ménageaient pas leurs efforts, la réussite n’était pas de leur côté. L’Argentin a poursuivi sur sa lancée, continuant à tenter des gestes rarement facile mais allant toujours dans le sens du jeu, qu’il s’agisse d’une déviation pour lancer Jallet en débordement, d’une passe de la tête en profondeur ou d’un dribble au milieu du terrain. Son activité défensive est aussi à souligner, il a affiché un état d’esprit remarquable trop peu souligné.

Au cours de la seconde période la catégorie des casseurs marseillais a accueilli de nouveaux membres. La frustration s’est conjuguée avec la méchanceté naturelle de certains des visiteurs, donnant lieu à une série d’agressions et de coups nécessitant une sanction de l’arbitre. Excepté un jaune pour Jordan Ayew auteur d’un coup de poing ou d’une manchette en loucedé dans la tête de Thiago Silva lors d’un duel[1] (82e), le seul carton de la seconde période a été sorti… à l’encontre de Ménez ! Le mec se fait fracasser à retardement plusieurs fois de suite, il prend un carton pour une faute qui n’existait même pas, le ralenti le montre, il n’y a pas eu de contact, Amalfitano a fait semblant et ses collègues ont fait monter la sauce pour influencer l’arbitre (59e)… En revanche Kaboré et ses potes n’ont pas fait semblant en cherchant à le démonter. Cheyrou a de la chance d’avoir fini le match, Kaboré aurait carrément dû être sorti du terrain par la PJ ou la BAC et passer en comparution immédiate pour violences volontaires ! Ménez a clairement été ciblé, c’est une put*in de honte ! Lors du match de championnat Kaboré a déjà été l’auteur d’une semelle assez atroce restée sans aucune sanction (c’était sur Verratti), il a recommencé plusieurs fois en Coupe de la Ligue, M. Gautier l’a laissé faire encore et encore, au point que le Parisien a demandé à sortir après avoir été une énième fois victime d’un coup, au moins le 5e en seconde période (78e). Quelqu’un a forcément dû dire à l’arbitre à la mi-temps qu’il n’y avait pas péno, d’où cette surcompensation insupportable en seconde période. Les Parisiens étaient sanctionnés au moindre contact, les décisions en cas de 50/50 étaient toutes pour l’OM, il n’osait plus sévir à l’encontre des visiteurs. Je suis convaincu que cette hypothèse est la bonne, l’arbitre s’est laissé influencer par son erreur.

Ma vision des choses – faire courir les adversaires réduits à 10 – ne doit pas être trop idiote car après l’entrée de Rabiot à la place de Sissoko (62e - Matuidi est passé milieu sur la droite comme à Nancy) on a vu les Parisiens faire circuler le ballon sur à peu près tout le terrain en partant de leur surface pour sortir de leur camp, y revenir, ressortir, tout ceci à coups de passes diverses et variées dont quelques renversements de jeu, l’ensemble étant agrémenté de quelques courses pas trop longues servant à se démarquer ou se défaire du pressing résiduel encore pratiqué par les rares Sardines pas encore résignés. Le public chantait déjà «et y sont où les Marseillais ?» en première période après le péno, cette façon d’obliger les Olympiens à courir derrière le ballon a provoqué des «olé ! olé !», ça chambrait beaucoup.

Elie Baup a modifié son onze dix, peut-être pour tenter de changer la donne de plus en plus défavorable à son équipe, puis clairement pour préserver les forces de ses leaders réels ou supposés, un signe clair de renoncement. Jordan Ayew – trésorier de l’association des admirateurs de la créativité capillaire de Danijel Ljuboja – a remplacé son frère (66e), Rafidine Abdullah a été substitué numériquement à Rémy (72e) puis Valbuena a cédé son poste à Raspentino (83e). L’OM était impuissant face à une équipe redevenue joueuse, agressive dans le bon sens du terme – donc pas dans le même sens que les Marseillais – et plutôt inspirée. Très actif, Ménez a été privé d’un joli doublé par un sauvetage de Kassim Abdallah sur sa ligne (68e). Le ballon piqué du Parisien manquait un peu de puissance pourtant tout le reste était parfait, l’appel en profondeur, l’ouverture de Bodmer, le contrôle encore en aile de pigeon copie conforme de celui réalisé sur l’action du premier but, et le timing du tir pour battre Mandanda.

Le quatuor Ménez-Pastore-Hoarau-Matuidi était intenable, on sentait que chacun prenait du plaisir, débordait d’envie. Ils récupéraient, allaient de l’avant, créaient des décalages, frappaient au but. On se serait presque cru devant un match de la saison passée ! Rabiot aussi est entré dans la danse, on l’a vu centrer instantanément côté gauche pour la tête décroisée d’Hoarau (70e), tenter une mine à environ 18 mètres suite à une reprise contrée de Pastore reprenant lui-même un centre détourné de Ménez lancé côté droit par Matuidi, le ballon a frôlé le poteau de Mandanda (71e). On voudrait voir ce PSG à chaque match, c’était du vrai football !

Les attentats de Kaboré ont progressivement eu raison de ce Paris enthousiasmant car saoulé de coups, Ménez a finalement demandé à sortir, Ancelotti en a profité pour rappeler Matuidi sur le banc, lui qui dispute à tous les matchs. Fatalement, le PSG s’est un peu arrêté de jouer, le déchet technique a fait son retour. Retrouver un PSG avec Luyindula et Tiéné (80e) faisait tout bizarre, les Marseillais ont dû se sentir humiliés en les voyant de se préparer à faire leur grand retour car certains ont de nouveau réagit, tentant de réduire l’écart. En effet, au course des 20 dernières minutes il y a eu un peu d’activité dans la surface de Douchez, mais aucune de ces situations potentiellement dangereuses n’a été convertie du but. Cheyrou a gâché une belle opportunité en tergiversant après avoir réceptionné dans la surface un centre venu de la droite, permettant à Matuidi de revenir lui piquer la gonfle (78e), Bodmer a failli se mettre un csc ridicule sur corner (85e), Cheyrou a trouvé la base du poteau en tirant en force sous le mur un CF dans l’axe à 25m (87e), Raspentino aussi a essayé de frapper. Les quelques centres et CPA n’ont finalement pas été bien dangereux, un CF a même donné l’occasion à Tiéné de marquer en contre à la 93e (il était HJ de peu, en ne touchant pas le ballon il a probablement privé un collègue du 3e but).


Je vous épargne les déclarations de Baup selon qui l’OM a joué à 10 contre 12, il a juste oublié de remercier M. Gautier d’avoir fermé les yeux sur les exactions de certains de ses joueurs. Il devrait être content, maintenant on a une date pour caser le OM-OL, il pourra être disputé la semaine des quarts de finale de la CdL car les 2 clubs ont été éliminés (Lyon a été humilié à Nice).


Zlatan dépendance qu’ils disaient… Si une équipe est dépendante de son attaquant "vedette", ce n’est certainement pas le PSG. C’est l’OM. Etre Gignac-dépendant n’est guère reluisant. Loïc Rémy n’a pas été mauvais, il a été pire ! Entre un fantôme et un boulet… Si on remonte un an en arrière, on en vient à se demander si le joueur n’a pas été remplacé par son sosie plombier ou chauffeur-livreur ! Avant, il faisait peur car il était rapide, puissant, certes pas super technique (ni exceptionnel devant le but) mais tout de même assez efficace, le jeu de tête était sa grande force… Il semble avoir perdu toutes ses qualités physiques, avoir le sens du but de Makélélé et être aussi utile dans son jeu de tête qu’un enfant de 9 ans dans un match de U19.

Finalement ce match aura été assez agréable, plutôt maîtrisé (y compris à 11 contre 11). Sans sa superstar qui polarise toute les attentions, on a vu un Paris collectif avec des joueurs libérés qui s’arrachent, vont au charbon, apportent leur aide aux milieux et aux défenseurs… La prestation de Pastore est le symbole parfait de tout ceci, il n’a rien lâché au point de concéder 2 CF près des corners lors des dernières minutes. Tu mènes 2-0 contre une équipe à 10 mais ton meneur de jeu vient se battre pour aider ses latéraux ! C’est énorme ! En plus de son activité, il a été décisif, a créé un nombre incalculable de décalages, c’est un vrai joueur de ballon. Dommage que le PSG d’Ancelotti montre si rarement ce visage car Pastore ne peut être bon que si autour de lui ses coéquipiers offrent des solutions, vont vers l’avant, sont en mouvement. Les médias et ceux qui les écoutent aveuglément sont très injustes envers lui, à cause du prix de son transfert ils attendent de lui qu’à chaque match il traverse tout le terrain en dribblant 5 joueurs pour marquer des buts à la Maradona ou à la Messi. Bien sûr, il sait éliminer ses adversaires, mais Pastore est avant tout un passeur, il a besoin d’appels, il a besoin de toucher le ballon. L’attitude de Zlatan tout le temps en train de décrocher pour tripoter la gonfle au milieu rend sa tâche très compliquée. Pastore a aussi de grandes qualités dans la surface adverse, il est infiniment plus à l’aise dans une équipe qui squatte les 30 derniers mètres adverses ou au moins qui presse haut.

A 5 secondes de la fin l’Argentin a encore cherché une dernière fois Hoarau en profondeur, ce dernier n’a pu contrôler cette très bonne passe, c’est bien dommage, 3-0 aurait été sympa et il aurait mérité de marquer. Dans les airs il a tout pris, a joué les pivots et les remiseurs en décrochant, se permettant même 2 ou 3 accélérations en dribblant… Ibra lui est nettement supérieur dans un tas de domaine, le Réunionnais reste néanmoins le n°1 au rayon des attaquants altruistes, il ne joue pas pour sa pomme, se sacrifie pour ses partenaires.

Ménez a marqué son 2e but lors d’une grande Sardinade, il avait déjà marqué pour sa première au Parc (alors que les 2 fois où il a joué au Vélodrome il a été très moyen). Si on est en droit de regretter certains mauvais choix, on ne peut strictement rien lui reprocher, pas même son premier carton jaune de la saison car il n’était pas mérité. Un mec qui marque un si beau but, te permet de te qualifier contre l’ennemi juré, et résiste à la tentation de répondre aux agressions de Kaboré en lui collant un gros pain dans le museau, ça s’applaudit !

La prestation des milieux est restée dans la bonne moyenne, on a vu mieux, c’est vrai, Bodmer a été correct sans être exceptionnel, Sissoko a plus de défauts que de qualités (dans l’idée, c’était plutôt bien, pas toujours dans la réalisation, néanmoins il a fait son match sans prendre de carton, une perf en soi), Rabiot a été l’auteur d’une entrée intéressante avec des highlights mais aussi des erreurs. De toute façon, avec un Matuidi presque égal à lui-même il est très difficile d’être dominé dans ce secteur de jeu.

Thiago Silva a profité de cette rencontre pour envoyer un message aux inconscients : non, la comparaison avec Nkoulou n’a pas lieu d’être, il y a plusieurs classes d’écart ! Le Camerounais est juste un assez bon défenseur dont le début de saison est en train de faire retomber la cote. Derrière globalement les Parisiens ont été dans le ton, Douchez a été bon, Camara et les latéraux ont globalement fait le métier bien qu’à mon goût trop de centres aient été concédés.

La seule constante assez encourageante avec ce PSG depuis le début de la saison est sa solidité. Il n’a toujours encaissé aucun but en seconde période cette saison contre une équipe française. En pratique, les équipes adverses s’épuisent souvent en se donnant à fond en première période et manquent de jus en seconde période, c’est beaucoup plus dur pour elles après la mi-temps, elles se créent très peu d’occasions (ou alors elles ont pour ambition de ne pas perdre ou d’éviter la valise et se contentent de défendre tout le match).

Le challenge est désormais de réintroduire Ibra dans l’équipe en conservant le jeu collectif et les intentions dont le PSG mixte a fait l’étalage lors de cette Grande Sardinade. La réception de l’ASSE ne s’annonce pas facile, il faudra forcer le coffre, aligner 4 joueurs offensifs me semble un minimum… Ancelotti ne va pas le faire.

PSG-ASSE a lieu dès samedi, à la fin du mois les 2 équipes se retrouveront dans le Chaudron cette fois à l’occasion des quarts de finale de la Coupe de la Ligue, objectif majeur des Verts cette saison. Il s’agit du moins bon tirage possible pour Paris, pour Sainté c’est peut-être le pire… En principe ça devrait être l’occasion pour les habituels remplaçants d’avoir du temps de jeu, ça ne pourra pas faire de mal.

Notes

[1] Et encore, le jaune a peut-être été donné pour contestation.