L’occasion était belle de faire d’une pierre plusieurs coups : reposer certains joueurs, en relancer d’autres, sanctionner ceux qui ont dépassé les limites du tolérable lors des dernières sorties de l’équipe ou encore permettre à des novices d’engranger de l’expérience. Le tout bien sûr en prenant 3 points pour assurer au pire la 2e place du groupe ou se mettre en position idéale afin de s’aménager un hiver au chaud.

Compte tenu du nombre d’absents (Bodmer, Chantôme, Gameiro blessés, Thiago Motta et Nenê en phrase de reprise, Luyindula, Lugano et Tiéné hors de la liste pour la LdC), Ancelotti n’avait pas tout loisir de composer l’équipe de son choix. La ligne de milieux choisie était pour le moins inattendue, complètement inédite : Momo Sissoko, Blaise Matuidi, Adrien Rabiot. Il était prévu de laisser Matuidi au repos, je ne pensais même pas le voir figurer dans le groupe suite à sa béquille due à Guilavogui, seulement la blessure de Chantôme contre l’ASSE et la volonté manifeste de l’entraîneur de sanctionner Marco Verratti en raison son comportement depuis qu’il a été porté aux nues – le jeune Italien a clairement le melon – ont conduit à quand même faire jouer le milieu international français… mais en n°6. Il y avait d’autres solutions. Selon moi il aurait dû aligner une équipe structurellement offensive avec 3 attaquants (Ménez, Ibrahimovic et Lavezzi) et un 10 (Pastore), il a préféré rester dans son système classique beaucoup trop défensif, son 4-3-1-2, Ibra étant plus ou moins meneur de jeu derrière un duo Ménez-Lavezzi. Pour ses débuts en LdC Rabiot était à sa place, on pouvait difficilement le mettre dans de meilleures conditions pour entrer dans le grand bain. Matuidi en 6 et Sissoko en 8 sur la droite, j’ai plus de mal… Si on s’en tient à la logique du pied fort, ça tenait la route dans la mesure où on a là un gaucher et un droitier. Si on s’intéresse aux qualités de ces joueurs, l’affaire est toute autre. Matuidi montre depuis quelques mois des capacités offensives de plus en plus prononcées, Sissoko ne sait pas utiliser le ballon, il est uniquement physique… De mon point de vue une paire Sissoko-Rabiot dans des rôles respectivement de 6 et de 8 suffisait, avec mon quatuor devant leur tâche n’aurait pas été trop compliquée. Zagreb a débarqué avec une équipe ultra-défensive, un 5-3-1-1…

Ancelotti aurait donc pu à la fois relancer Lavezzi de retour d’environ 2 mois de blessure(s), permettre à Rabiot de gagner en expérience, remettre Pastore en confiance, faire souffler Matuidi et sanctionner Verratti… Il a saisi 3 opportunités sur 5.

En défense, le roulement habituel a eu lieu : Sirigu était donc accompagné de Jallet (C), Alex, Thiago Silva et Maxwell (peut-être pour faire jouer Armand à Montpellier ???).

Terminons cette présentation en signalant que l’arbitre était, M. Gil, un jeune Polonais n’ayant encore jamais officié lors d’une rencontre impliquant une équipe française (2e match de LdC). Le Parc des Princes n’était pas complètement plein, les supporters croates étaient interdits de déplacement, la police a même fait une rafle dans les hôtels après un fight en plein Paris entre hooligans (une baston de veille de match^^). Pour une fois l’ambiance n’a semble-t-il pas été trop pourrie, on a entendu quelques chants, l’explication à cela est la présence d’anciens ultras. Quand ils ont chanté «et il est mort le Parc des Princes !», les stadiers ont paraît-il montré les dents…

Il ne faut pas croire que les Croates aient eu envie de se rendre au Parc en victimes expiatoires, en début de rencontre ils ont essayé de presser haut et de bien se regrouper pour bloquer la construction, réussissant ainsi à bien gêner leurs adversaires. Pour le PSG la solution semblait s’appeler Ménez, très actif dès le coup d’envoi. L’international français a obtenu et tiré le premier CF du match (c’était lointain et au bord de la touche, Alex a pris le ballon de la tête sans cadrer - 2e), il est souvent passé d’une aile à l’autre en cherchant à provoquer les défenseurs, ne rencontrant pas un grand succès dans ses prises d’initiatives.

Très combatifs à l’image de Rabiot, les Parisiens ont toutefois eu du mal à réellement mettre en danger cette équipe très limitée. Assez rapidement on a assisté à un début d’endormissement, d’où un certain laisser-aller en défense où Thiago Silva a commis une grosse erreur, perdant le ballon derrière de façon assez stupide et permettant ainsi à un adversaire de se présenter dans la surface. Alex a raté son intervention… mais pu récupérer le ballon car l’attaquant s’est loupé (8e). Les soucis se sont confirmés dans la foulée quand profitant d’un contre favorable Sammir pu créer un décalage sur le côté gauche où Josip Pivaric a fort heureusement un peu – j’insiste sur le "un peu" – trop croisé son tir (11e). Sur cette action Sissoko était complètement à la rue, Jallet s’est fait piéger en essayant de compenser.

Le PSG ne mettait pas assez le feu, ne jouait pas assez haut, courrait derrière le ballon, était dominé dans les duels. Un des problèmes était la conséquence du décrochage quasi permanent d’Ibra, il avait tendance à squatter dans le rond central, tentait de mener le jeu, on l’a par exemple vu tenter une passe au-dessus de la défense pour Sissoko monté dans la surface et retenu par le bras, ça n’a rien donné (13e). C’est bien gentil, seulement on ne peut pas être à la fois être au départ et à l’arrivée d’une passe, Zlatan ne risquait donc pas de marquer et compter sur Sissoko pour le faire à sa place est uniquement une preuve d’humour, pas une stratégie footballistique valable.

Les Parisiens n’ont pas eu besoin de beaucoup s’employer pour créer des situations dangereuses, ils n’ont pas non-plus eu besoin d’en créer beaucoup pour en concrétiser une. Une bonne passe au sol de Lavezzi a trouvé Ménez lancé plein axe dans le dos de la défense, son contrôle manqué a annihilé cette grosse opportunité de se retrouver en duel avec le gardien (14e). Cette occasion gâchée a toutefois marqué le réveil du PSG, dont le coup de pression imposé aux Croates a très rapidement porté ses fruits. Une nouvelle passe en profondeur de Lavezzi pour Ménez parti dans l’axe a donné lieu à un corner joué à 2 entre Ibra et Lavezzi, le centre du premier a été coupé par Alex au premier poteau, sa reprise de volée du plat du pied a fini au fond en transperçant Ivan Kevala, un des gardiens les plus nuls vus sur un terrain ces 10 dernières années (16e). Trop facile, pas réellement mérité.

Ce réveil parisien n’était pas le réveil attendu, pas le réveil avant d’aller tafer, c’est un autre style de réveil… Tu pionces et en pleine nuit tu te lèves pour aller pisser, puis tu retournes te coucher. Les accélérations sont demeurées rares, Ménez et Lavezzi ont essayé quelques combinaisons en tentant d’exploiter la profondeur, rien de très convainquant ni de très tranchant. On en était à s’enthousiasmer de voir Rabiot tirer du droit après avoir récupéré dans la surface un centre en retrait détourné de Sissoko. Le jeune milieu a raté son coup mais à sa décharge ça n’avait rien d’un caviar (23e). Zagreb n’était plus tellement menaçant, le nombre de Parisiens impliqués dans les attaques a un peu augmenté, l’équipe tendait d’aller un peu plus de l’avant grâce à un Lavezzi volontaire et à un duo Rabiot-Matuidi très actif, ceci dit, c’est resté très brouillon et inefficace. Du coup on a assisté à une nouvelle phrase de sommeil, les visiteurs ont de nouveau pu tenter de passer à l’offensive, une frappe a même failli inquiéter les commentateurs (ne déc*nnons pas, Sirigu n’a même pas eu à bouger une oreille^^). Sur le contre, après environ 70 touches de balle, Zlatan a cherché Lavezzi lancé dans l’axe. La louche a trouvé son destinataire, seulement après son contrôle de la poitrine l’Argentin s’est retrouvé trop excentré, il a fini par frapper de façon moisie dans le petit filet (29e).

Enormément d’imprécisions, une déprimante absence d’imagination, peu d’allant offensif… Très franchement, au cours de la première période, hormis quelques beaux tacles et bonnes interventions de Rabiot, rien ne m’a régalé. Allez, il y a eu 2 ou 3 autres gestes pas trop mal, mais quand vous voyez Sissoko tenter une mine de 30m qui finit à 10m de la cage, vous avez plus envie de pleurer que d’applaudir. Il a récupéré quelques fois le ballon, toujours en mode bourrin, seulement il ne sait jamais quoi en faire !

A la 36e, une partie du Parc a chanté «Ibra ! Ibra !» quand en tentant de slalomer vers l’axe Maxwell a obtenu un CF à 35 mètres… Cette fois le ballon est parti dans le mur, ça a tout de même donné un corner. Ça ne peut pas à chaque fois faire un but d’anthologie ! Sur ce corner, miracle : tête de Sissoko avec un rebond, Thiago Silva se retrouve 2m50 devant le poteau, le ballon arrive à hauteur de sa tête… mais le gardien pare incroyablement cette tentative à bout portant, il bloque même le ballon ! Après cette énorme occasion la partie a été interrompue une bonne minute suite à la prise de catch effectuée par Sissoko après avoir pris le ballon dans les airs, il est retombé au sol en envoyant un défenseur au tapis plus ou moins façon bulldog. Sissoko me semble y avoir laissé une arcade.

La première véritable action de football se faisait toujours attendre, elle a eu lieu à la 40e minute. Rabiot intercepte, remonte dans l’axe, fixe la défense, décale Lavezzi à sa gauche, l’Argentin cherche Ibra de l’autre côté de la surface. Le gardien a réussi à intervenir devant le Suédois. Cette contre-attaque – qui a dû durer 5 secondes – représente ce qui faisait cruellement défaut au jeu parisien depuis le début de la rencontre : vitesse, projection vers l’avant, et SIMLICITE.

Zagreb a répliqué en tendant de faire le siège de la surface parisienne, mais rien de bien méchant en fin de compte, tout juste une frappe contrée par Alex. Pour finir M. Gil a sorti à Ademi le premier jaune de la rencontre pour accumulation de fautes (45e).

Sans surprise, le public a sifflé à la mi-temps, et très franchement, on n’a pas de mal à le comprendre car on s’est bien fait chi*r. La prestation des Rouge et Bleu en première période a été d’une médiocrité confondante, ils ont juste été sauvés par leur efficacité sur CPA (2 occasions sur des corners, 1 but et un sauvetage miraculeux du gardien le plus bidon de la Ligue des Champions). Comment face à si faible adversité peut-on attaquer à seulement 2 ½, 3, maximum 4, avec si peu de rythme, si peu d’envie ? Souvent on accuse à tort et à travers les joueurs de manquer d’envie, en l’espèce c’est vraiment le cas, le PSG a donné l’impression de ne pas vouloir marquer ! On aurait dû voir Paris asphyxier les Croates en les obligeant à passer leur temps à défendre, mais non, ça dormait. On ne peut même pas parler de maîtrise du ballon, seulement de possession sans projet d’utilisation. Dans le foot actuel on observe de plus en plus souvent la même dérive, les entraîneurs et les joueurs croient qu’avoir la possession du ballon est une fin en soi. S’ils l’ont, ils sont contents, un peu comme un gamin qui demande un jouet et se le fait offrir à Noël… seulement dans le but de pouvoir faire son beau en disant à ses potes qu’il l’a car en réalité le cadeau est déballé et aussitôt remis dans son carton dont il ne sortira quasiment jamais. D’ailleurs le ballon est en quelque sorte un jouet… Il sert à un jeu. En l’occurrence Paris n’a pas réellement joué.

Il paraît que Pastore est le problème du PSG… Ah ? Hormis Rabiot – plus Matuidi auteur d’une bonne prestation dans un rôle où il était bridé, d’autant que l’équipe évoluait trop bas – personne n’a donné satisfaction. Ménez a complètement disparu après un très bon début de partie, Ibra était à peine à 10% de ses capacité, Lavezzi semblait plein de bonne volonté sans pour autant faire d’étincelle, il a juste montré quelques flashs de ce dont il est capable, pas plus. Il y avait un maillon faible, Sissoko.

A la mi-temps, après la probable gueulante d’Ancelotti, Verratti a remplacé Sissoko, trop mauvais pour de nouveau fouler cette pelouse (excuse officielle, sa blessure à l’arcade sourcilière au moment de la prise de catch). Ce changement permettait aussi de faire remonter Matuidi d’un cran et ainsi de profiter de sa capacité à aller vers l’avant, autrement dit de voir le véritable Matuidi (bien que dans cette configuration il soit appelé à être sur le côté droit).

A-t-on vu les effets de ces choix ? Pas vraiment. Pas immédiatement du moins. Il y avait un peu plus de joueurs au pressing sur les défenseurs quand Paris perdait le ballon, Matuidi a frappé de loin sans cadrer (49e), il ne l’aurait pas fait s’il n’avait changé de poste… Limité comme effet. Peut-être le PSG a-t-il un peu mieux contrôlé le ballon, Sissoko est tellement faible techniquement que le remplacer a de facto cette conséquence. En réalité on a vu du mieux, mais plus tard, quand Zlatan s’est décidé à jouer plus haut.

On a cru voir une occasion de but quand en position haute Verratti a lancé Ménez au but… mais il y avait HJ de 2 mètres, le but a donc été logiquement refusé (54e). Mauvaise coordination, Verratti a touché trop de fois le ballon avant de le transmettre. C’est en réalité quelques secondes plus tard que le PSG a enfin allumé une mèche, une accélération de Ménez (lancé en profondeur côté droit par Ibra) conclue par un centre mal dégagé plein axe a donné l’opportunité à Zlatan de se dégourdir les jambes. Sa puissante reprise de volée en ciseau à 16m aura au moins assuré un peu le spectacle faute d’être cadrée.

Cette fois, le réveil a vraiment sonné. L’occasion croate de la seconde période – il y en a eu une par période – a achevé de remettre les Parisiens d’aplomb tel un café bien serré de bon matin (en cas de but j’aurais plutôt comparé ça à une douche froide). Le centre de Vrsaljko a été repris par Ante Rukavina, lequel a réussi à passer devant Thiago Silva à 6 mètres au premier poteau. Il a eu la bonne idée de propulser le ballon au-dessus (56e). Par la suite, les visiteurs ont encore réussi plusieurs fois à centrer, ils ont même tenté des frappes, obtenu des CPA, mais jamais Sirigu n’a été inquiété.

Paris s’est montré de plus en plus menaçant, Ante Puljic a éteint l’incendie d’un tacle à l’arrache très risqué quand Zlatan a slalomé entre… 5 joueurs. En technique et en puissance il avait réussi à éliminer les 5 sur un petit carré de terrain – les 2 derniers sont entrés en collision (^^) – pour se présenter face au gardien, le 6e Croate a sauvé la maison (58e). Un défenseur a encore «frisé la correctionnelle» en intervenant de façon douteuse sur Lavezzi lancé en profondeur par une ouverture en profondeur (60e).

Le point de rupture était proche, il a enfin été atteint à la 61e minute. Le PSG a fait le break grâce à une contre-attaque particulièrement bien menée, du jeu relativement simple mais néanmoins très inspiré. Rabiot et Thiago Silva récupèrent quelques mètres devant leur surface sur la gauche, immédiatement le Brésilien relance long au sol et avec précision vers Lavezzi démarqué près de la ligne de touche, ce dernier provoque balle au pied et sert Ibra dans l’axe à une vingtaine de mètres du but, le Suédois contrôle, effectue un petit râteau en regardant autour de lui et voit qu’à sa droite Matuidi se fonce en direction de la cage, alors il le sert d’une passe lumineuse entre 2 défenseurs. Arrivé lancé, l’homme à tout faire reprend du plat du pied… droit. 2-0, match enfin plié. Une nouvelle fois le gardien n’était pas très clair, j’ai l’impression que plus on lui tire dessus, moins il est efficace.

Zagreb a effectué un changement, a essayé de réagir, mais l’a payé. Un corner croate est devenu un nouveau super contre parisien avec au départ un bon Lavezzi, une relance rapide en accélérant côté droit grâce à un long une-deux avec Ibra à qui il a ensuite rendu le ballon. Ce dernier, toujours en mode distributeur, a trouvé Ménez sur sa gauche devant la surface. Après un grand numéro pour mettre dans le vent tout ce qui restait de défense (le premier contrôle a mis un Croate dans le vent, un crochet est venu à bout du second), le Bleu a crucifié le gardien. Un but vraiment magnifique (65e). Zlatan, c’est le Leclerc suédois, il fait dans la grande distribution ! Certes, cette 3e passe décisive était moins décisive que les autres dans la mesure où Ménez a encore dû éliminer 2 joueurs avant de marquer, la passe en aura tout de même effacé 4 ou 5 autres.

Lavezzi devait sortir, c’était prévu avant le but, il a été suppléé par Pastore un peu après avoir contribué aux 3 réalisations (68e). Ce remplacement a été effectué juste avant qu’Ibra ne tente une frappe de loin de filou, ça aurait pu être sympa si le gardien s’était laissé surprendre (possible tant ce Kelava est mauvais). Ibra, a continué à marcher la plupart du temps, agrémentant sa prestation d’un geste magnifique ou d’une accélération de temps en temps. Il aurait dû en être à 4 passes décisives si Ménez avait mieux exploité un super centre après un numéro tout en puissance réalisé par la superstar du club sur le côté droit. Une-deux avec Pastore, Ibra résiste à un défenseur, centre pour Ménez seul face au gardien, ce dernier essaie d’éliminer le portier mais se loupe un peu, il se retrouve à angle zéro et ne peut conclure, les adversaires sont biens revenus, il est même impossible de centrer en retrait pour Pastore (70e). Ménez devait reprendre sans contrôle en tirant en plein sur le gardien, il avait 98% de chances que ce dernier se troue et laisse le ballon filer au fond.

Révolution à la 74e minute, l’entrée d’Adrian CalelloY’a Calello, y’a Calello ! Y’a Calello, y’a Calello !

Oh ça va ! On s’amuse comme on peut…

Ménez est sorti à la 76e, remplacé par Hoarau. Avoir voulu donner du temps de jeu au Réunionnais avant la rencontre à Montpellier a du sens, Ibra étant suspendu pour cette rencontre associer Ménez et Hoarau semble logique, économiser le premier tout en permettant au second d’avoir un peu de temps de jeu pour se préparer peut être qualifié de bonne gestion de l’effectif. Ancelotti ne peut pas tout faire de travers !

Un taquet par derrière de Domagoj Vida sur Matuidi (qui aurait pu être très dangereux, d’où le jaune) a offert à Ibra un CF dans l’axe à 22m… Le ballon n’est pas redescendu assez vite (79e). Le sourire d’Ibra au moment du tir est devenu un masque, il avait très envie de marquer… Mais il a retrouvé le sourire peu de temps après sur une action assez dingue et assez cocasse. Hoarau récupère un dégagement loupé par le gardien, donne à Ibra qui part vers la droite, près de la surface. Face à 2 défenseurs, il cherche une solution, Matuidi n’est pas très loin à sa gauche près de l’angle de la surface, Zlatan décide alors d’appeler un une-deux, il effectue une talonnade, Matuidi lui rend en une touche de l’extérieur du pied, c’est parfaitement exécuté, le Suédois se retrouve en situation idéale, il peut contrôler… mais glisse. A 4 pates avec le gardien qui fonce sur lui, Ibra réussit à centrer en retrait on ne sait trop comment, Hoarau marque d’une volée du plat du pied malgré la présence de 4 défenseurs entre lui et le but (80e). Joie et bonheur au Parc des Princes. 4e passe décisive pour Ibra (ce que Carlos Martins, Sydney Govou – mais oui ! – et Ryan Giggs avaient déjà fait en LdC), de nouveaux chants pour GuiGui – il y en avait déjà à son entrée – auteur de son premier but validé en Ligue des Champions après celui injustement refusé à l’aller. Mine de rien, ça fait 56e buts avec le PSG pour le buteur réunionnais, c’est mieux qu’un certain… Weah. En plus de matchs disputés, c’est vrai.

A la 86e, l’entraîneur de Zagreb a joué la carte investissement pour l’avenir en faisant de nouveau entrer son jeune de 16 ans promis à un très grand avenir (du moins il est présenté ainsi), le dénommé Alen Halilovic.

Voir un PSG qui joue au foot, ça fait vraiment plaisir ! Il a fallu attendre le 2e but pour avoir droit à un spectacle agréable fourni par des Parisiens libérés osant tenter des choses. Au cours des dernières minutes Ibra s’est amusé, Pastore a réussi quelques belles choses… Les quelques corners en faveur des visiteurs étaient surtout l’occasion de lancer des contre-attaque avec Hoarau au départ (il reste un des meilleurs si ce n’est le meilleur défenseur de l’équipe sur CPA), Matuidi et Pastore à la relance, et Ibra en pointe. Et oui, le Suédois avait envie d’y aller de son but alors il est resté devant, Hoarau évoluant en soutien. Un une-deux entre les 2 hommes a failli permettre au premier, lancé en profondeur par le second, d’obtenir un péno (89e). Zlatan a malheureusement loupé sa conduite de balle – du gauche – après avoir résisté et éliminé Vida, ce dernier a pu revenir.

Une dernière occasion aurait pu permettre au meilleur buteur du club de planter son 3e but de la saison en LdC ou de réussir une 5e passe décisive. Une super passe en profondeur de Pastore a permis à Ibra de se retrouver décalé sur la droite face au gardien en train de sortir à ses devants. A mon avis il était possible de contrôler puis de servir Hoarau dans l’axe, tenter le lob était aussi une option, celle choisie a été une reprise instantanée du plat du pied dans la course, en déséquilibre qui plus est. Seulement Zlatan a trop croisé… ou pas assez car le ballon a filé en sortie de but (91e). Avec l’appui du ralenti je me demande s’il s’agissait bien d’un tir ou d’une tentative de centre. Hoarau était trop court pour se jeter et pousser le ballon au fond, une reprise encore plus croisée de son partenaire lui aurait été profitable.

La rencontre s’est achevée sur une note négative car Rabiot a pris un jaune (92e). Son tacle avait pourtant complètement pris le ballon, il était très bon. Le jeune gaucher a beaucoup taclé lors de cette rencontre, toujours très proprement et de façon opportune, contrairement à Verratti dont l’habitude est de se jeter dans les pieds en attrapant tout[1].

Les commentateurs de Canal+, pas très malins, nous ont fait des tartines sur le thème «il y a un PSG avec et un PSG sans Verratti»… Quel sens de l’analyse… N’y aurait-il pas plutôt un PSG avec Sissoko et un PSG sans Sissoko ? Et un PSG avec Matuidi qui se projette vers l’avant et un PSG sans Matuidi qui se projette vers l’avant ? Parce que le mec qui permet à l’équipe d’avancer n’est pas Verratti, c’est bien Matuidi ! Matuidi Ballon d’or ! Et le Ballon de plomb pour Sissoko[2] ! Rabiot m’a vraiment impressionné lors de cette rencontre, il a été énorme au milieu, démontrant qu’il mérite sa place dans l’effectif. Rabiot est tout sauf un usurpateur. Qu’Ancelotti lance un joueur de 17 ans est très encourageant. Au départ on pouvait avoir des craintes, il pouvait s’agir d’un alibi car, nonobstant le talent du garçon, mettre dans le groupe pro un gamin issu du centre de formation est en soi une décision très politique, il s’agit aussi de com’ auprès des supporters comme en interne pour donner l’impression aux autres jeunes qu’ils ont une chance de percer au club. Pour le moment, il faut le reconnaître, le cas Rabiot a été très bien géré, il n’est pas utilisé et exposé à l’excès, on évite de trop vite le porter aux nues, on le lance de temps en temps en lui faisant faire des voyages en U19 ou en CFA. Tout l’inverse du cas Verratti, un peu plus âgé – il vient d’avoir 20 ans – mais en train de mal tourner. Les 2 sont capables de récupérer et d’utiliser le ballon en allant de l’avant, capable aussi de prendre certaines initiatives, seulement l’Italien est incapable de faire les choses proprement, simplement et efficacement. L’un est petit et droitier, l’autre grand et gaucher, physiquement on ne peut pas les confondre, y compris pour des raisons capillaires, c’est pourtant à un autre rayon qu’on trouve leur principale différence : la maturité. Rabiot me semble être de loin le plus mûr des deux, il a pourtant 2 ans ½ de moins.

Attention, Verratti est capable d’apporter un vrai plus, il s’est matérialisé lors de cette rencontre quand il récupérait lui-même le ballon, dans ces cas il jouait vite vers l’avant. En revanche, quand un coéquipier récupérait le ballon et le lui confiait, quasi systématiquement il prenait son temps avant de faire son choix, trop souvent celui de faire une passe en arrière. Trop de touches de balle, pas assez de spontanéité, ça gâche tout. IL FAUT JOUER SIMPLE ! Il a été puni pour avoir pris la mauvaise habitude de trop en faire, il continue… Ibra n’a d’ailleurs pas hésité à lui faire des signes pour lui reprocher de ne pas lâcher la gonfle assez tôt. Comment lui faire comprendre que perdre le ballon n’est pas un crime si ça se produit en ayant pris une bonne initiative ? Le déchet technique est pardonnable s’il se produit en tentant le geste juste, si la passe allait dans le sens du jeu. Même réussie seulement 6 ou 7 fois sur 10, ces passes apportent beaucoup plus que celles, latérale ou en retrait, effectuées après un tas de touches de balle. Ces dernières ont peut-être 95% de chances d’arriver à leur destinataire, seulement elles ralentissent le jeu, donnent le temps aux adversaires de se replacer, gâchent les décalages, provoquent des HJ.

Je vous ai fait moi-même le résumé vidéo.

Sirigu n’a pratiquement pas été sollicité, Jallet est passé à côté, il n’a pratiquement rien réussi, Maxwell n’a pas été plus utile à l’équipe, Thiago Silva n’a pas été fabuleux, il a commis quelques erreurs en partie rattrapées par sa relance à l’origine du 2e but, au-delà de son but j’ai trouvé Alex très bon, c’est suffisamment rare pour le signaler. Défensivement le hic a été le trop grand nombre de centres concédés. La faiblesse de la menace explique peut-être que la défense n’ait pas été au taquet.

Concernant le milieu, les cas Sissoko, Rabiot et Verratti ont suffisamment été abordés, Matuidi nous a fait une seconde période de haut vol. A son arrivée au PSG je demandais à voir, il arrivait avec une réputation de clone de Makélélé, ce qui ne me réjouissait guère. Il m’a assez rapidement convaincu car il a su s’adapter en l’espace d’à peine 2 ou 3 mois tout en montrant beaucoup plus de choses que Maké. Je militais pour le voir titulaire à Paris au moment quand la mode était d’encenser Motta et Sissoko en rabaissant les joueurs français du club, je le voulais absolument en EdF quand beaucoup trouvaient curieux de le mettre dans une liste des 23… Mais de là à imaginer une telle progression, non. Depuis la reprise Matuidi est une machine de guerre dopée à la confiance, il ose des choses encore inimaginables il y a quelques semaines et les réussit.

Outre les bonnes prestations de Rabiot, Matuidi et Alex, 2 autres joueurs ont apporté pleine satisfaction, Lavezzi et Ibra. Ménez a très bien débuté, la suite n’a pas été très glorieuse, il n’a pas su se mettre en valeur hormis par son beau but, il n’a pas eu son influence habituelles, a gâché une grosse occasion… Une prestation moyenne. Dans son registre Lavezzi lui a volé la vedette.

L’Argentin a réussi son meilleur match depuis son arrivée… Oui, ce n’était pas difficile. Bien sûr, il a raté pas mal de choses, il n’y a rien de très étonnant à cela. A vrai dire peu importe car sa combativité permanente a grandement contribué à la victoire, il a apporté la percussion et la vitesse dont l’équipe avait besoin, en particulier en contre-attaque. Autre point positif, il s’est montré très collectif (au lieu de tenter des raids solitaires de tout-droit), d’où son implication sur les 3 buts inscrits avant sa sortie. En bonus, son entente avec Ibra et Ménez est apparue prometteuse. Espérons maintenant qu’il soit plus pro hors du terrain et ne se blesse plus.

Le Suédois a paradoxalement été beaucoup plus efficace dans un rôle de passeurs en redevenant plus attaquant que meneur de jeu. Loin de la surface il ne pèse plus réellement sur la défense, on n’a pas besoin de lui dans le rond central, il est utile dans les 25 voire 30 derniers mètres, zone dans laquelle sa présence représente un danger permanent grâce à ses qualités techniques, sa puissance, sa capacité à frapper ou à faire une passe magistrale en une fraction de seconde. On ne lui demande pas de faire jouer l’équipe, juste d’être décisif. Sa complémentarité est évidente avec Ménez, avec Gameiro (bien qu’elle ait plus de mal à s’exprimer), avec Lavezzi on est en train de s’en rendre compte, et plus étonnant, ça fonctionne aussi avec Hoarau. Autrement dit Ancelotti a énormément de choix, à lui de trouver la formule permettant à cette collaboration de s’affirmer pour ne pas redevenir une simple cohabitation. Il faudra attendre un peu car Zlatan manquera les prochaines rencontres de championnat.

Hoarau a encore prouvé qu’on peut lui faire confiance. Si Zlatan lui est sans doute supérieur à tous les niveaux (technique, physique, efficacité) hormis en défense, le Réunionnais reste néanmoins un des meilleurs attaquants français, il a juste rarement l’occasion de le montrer. Son attitude irréprochable à l’entraînement comme en match me le fait déjà regretter car, en fin de contrat, il va en principe quitter le club au terme de la saison. Son agent n’aura pas la tâche bien difficile pour lui trouver un nouveau contrat.

Dans l’autre rencontre Porto est allé faire match nul 0-0 à Kiev. Autrement dit Porto est en tête avec 10 points, le PSG en a 9, Kiev 4, Zagreb 0 donc est éliminé (avec encore environ 0,3% de chances d’être repêché en EL). Conclusion, un nul lors de la prochaine rencontre assurera à Paris sa qualification. Sachant que le PSG a gagné 4-1 contre les Ukrainiens à l’aller, le risque de perdre l’avantage de la différence de buts particulière est extrêmement faible, cependant en cas de défaite il serait impératif de finir la poule en prenant au moins un dernier point. Le déplacement à Kiev sera suivi de la réception de Porto. La série parisienne à domicile en Europe est assez impressionnante, 21 matchs sans défaite me semble-t-il. Pourvu qu’ça dure ! Rappelons-le également, en cas de succès en Ukraine n’importe quelle victoire contre Porto serait synonyme de première place du groupe. En cas de nul à Kiev, il faudrait l’emporter par 2 buts d’écart au dernier match. Evidemment, j’ai écarté tout scénario n’incluant pas 2 défaites supplémentaires de Zagreb.

A l’école on apprend qu’une bonne conclusion comprend souvent une ouverture. On pose une question, on lance une réflexion, on s’interroge sur l’avenir… Le déroulement de cette soirée et le niveau de l’équipe rencontrée amènent forcément de se demander si ce réveil observé en seconde période est significatif. Seul l’avenir le dira. Affaire à suivre.

Notes

[1] Concernant l’excès d’engagement et le manque de maîtrise de ses tacles par Verratti, il s’agit d’une observation générale qui ne concerne pas spécifiquement cette rencontre.

[2] M’Vila me semble être le favori…