Est-il nécessaire de rappeler les règles concernant le nombre de représentants par nations[1] et le format[2] ? Non. Tant mieux.

Lors des derniers championnats d’Europe de natation organisés en France (en grand bassin, c’était en 1987), les seuls titres français avaient été obtenus en natation synchronisée, à l’époque la RDA dominait avec les méthodes qu’on connait. Cette fois, on n’a pas eu besoin d’attendre : première finale, premier titre, celui de Yannick Agnel sur 400m NL, sa distance de prédilection avant de se concentrer sur le 200m et le 100m la saison dernière pour les JO (or et 4e place sur ces distances, plus respectivement argent et or avec les relais). Aux championnats de France la semaine dernière il s’est réessayé au 400m… record du monde, le premier de sa carrière. Il a aussi essayé le 800m… record d’Europe. Cette fois, sachant qu’un gros programme l’attend et que l’objectif est de réaliser un triplé sur 100m, 200m (avec un record du monde) et 400m, il s’est retenu sur la première épreuve. Si sa victoire a été très nette, il n’a pas cherché à réaliser un gros chrono. Anthony Pannier était aussi engagé dans cette finale, 11e temps le matin il avait bénéficié de circonstances favorables, il a logiquement terminé dernier en ayant joué sa chance à fond (il a été dépassé par ses adversaires qui ont une pointe de vitesse supérieure à la sienne, il est en effet spécialiste de distances beaucoup plus longues).

On a enchaîné avec la finale du 200m dos masculin, Benjamin Stasiulis (qui a changé de club depuis les JO) a obtenu la médaille de bronze.

En demi-finale du 100m dos, Laure Manaudou a réalisé une assez bonne performance (4e qualifiée), elle participera à la finale, contrairement à Alexianne Castel. On peut espérer une médaille vendredi, tout comme sur 100m papillon où Romain Sassot et Mehdy Metella ont réussi respectivement le 3e et le 4e temps des demies. Giacomo Perez-Dortona ne devrait en revanche pas pouvoir monter sur le podium du 100m dos (7e chrono des finalistes).

En l’espace de 10 à 15 minutes la Hongroise Katinka Hosszu a réussi le doublé 200m 4 nages/200m papillon (Léa Giraudon a pris la 6e place en finale du pap’).

On a ensuite eu droit à une montée en puissance de l’équipe de France avec dans l’ordre de l’argent, puis de l’or et du bronze, et enfin de l’or en relais.

La médaille d’argent est revenue à Jérémy Stravius au 200m… 4 nages. Et oui, il se met au 4 nages, sa polyvalence est impressionnante, il a encore du mal en brasse, mais le champion du monde du 100m dos en grand bassin – et relayeur émérite ayant grandement contribué aux succès collectifs français ces dernières saisons – a malmené Laszlo Cseh dans les autres nages, il a même longtemps fait la course en tête. Le record de France précédent aura eu une durée de vie très courte, quelques jours.

Qualifiés en début de session en remportant chacun leur demi-finale, Florent Manaudou et Fred Bousquet ont remporté respectivement un premier titre européen sénior et une 12e médaille continentale en petit bassin (la 2e en bronze). Le Russe Vladimir Morozov s’est intercalé sur la 2e marche du podium[3]. Pour monter sur la caisse à l’issue de ce 50m NL il fallait nager en moins de 21 secondes. Le champion olympique a été l’auteur de la 2e meilleure performance mondiale de la saison et fait partie de ceux qui ont décidé de disputer les Championnats du monde dans quelques jours.

Quelques minutes plus tard, Laure et la jolie petite Manon ont pu apprécier la victoire lors du 4x50m 4 nages des 2 hommes les plus connus de la famille. Le papa de la petite a pris le relais en papillon en très bonne position, il était en tête après les 2 longueurs de dos assurées par Stravius (à peine descendu de son podium, il est arrivé à la bourre en courant) et celle de Perez Dortona en brasse, l’oncle (ou tonton^^) n’avait plus qu’à assurer… Il n’a pas vraiment assuré, la Russie a pris environ 1s ½ dans les lunettes. Tout compris, ça fait 28 médailles internationales pour Bousquet (le seul à ne pas avoir creusé l’écart sur la Russie), 13 pour Stravius et 3 pour Manaudou (toutes en or). Il s’agit de la première pour le spécialiste de la brasse. Ces comptes devraient exploser ces prochains jours, on attend notamment les relais mixtes, en particulier le 4x50m 4 nages composé à 75% du clan Manaudou (sauf changement de tactique).

Le seul petit regret de la journée concerne les filles, elles ont fait choux-blanc. Le relais 4x50m NL a loupé la breloque pour 4 centièmes au terme d’une belle finale remportée par les Danoises devant les Finlandaises et les Biélorusses. Le quatuor français était constitué de Camille Muffat (pas du tout spécialiste du 50m), Charlotte Bonnet, Mélanie Henique (passée totalement à côté de sa saison en grand bassin et qui cherche à relancer une carrière débutée en fanfare avec notamment la médaille de bronze mondiale du 50m papillon en 2011) et Anna Santamans. On a longtemps cru au podium, les positions ont beaucoup changé lors des 8 longueurs de bassin. Bonnet aura rapidement l’occasion de se consoler grâce à la finale du 100m NL, elle a en effet été très convaincante lors des demi-finales, réalisant le meilleur temps (Santamans n’a pu passer le cut, 10e).

Je n’ai pas mentionné certaines éliminations et le nom de ceux qui ont participé aux qualifications des relais, chez les hommes ont avait Dorian Grandin en dos, Romain Sassot en papillon et Grégory Mallet en crawl, on a juste gardé le brasseur. Chez les filles on retrouvait Anna Santamans, Béryl Gastaldello, Assia Touati et Mélanie Henique.

Vendredi, les breloques vont tomber, le total devait plus que doubler.

Notes

[1] Au maximum 4 en séries mais si plus de 2 nageurs d’un même pays ont réussi à se classer parmi les qualifiables pour les demi-finales ou la finale, on ne conserve que les 2 meilleurs. Par exemple Amaury Leveaux a été éliminé du 50m NL car il était 3e Français. Sur 400m NL Sébastien Rouault et Damien Joly qu’ont pu se qualifier, ils n’ont pas nagé assez vite et de toute façon 2 compatriotes étaient mieux classés.

[2] Pour certaines courses on passe directement à la finale après les séries, pour d’autres, les moins longues, on a aussi des demi-finales, et pour les plus grandes distances les séries sont aussi la finale.

[3] En réalité il ne s’est pas réellement intercalé car la configuration des podiums fait que pour s’intercaler entre 2 concurrents il faut être premier, donc sur la marche du milieu.^^