Comme toujours, la session de l’après-midi a débuté par les demi-finales des 50m du jour.

Anna Santamans abordait le 50m NL individuel en ayant déjà fait le plein de confiance, notamment grâce aux 2 relais mixtes remportés. En demi-finale elle a battu son record, prenant la 2e place de sa course derrière Jeanette Ottesen. La jeune Béryl Gastaldello (17 ans) n’a pu jouer avec les meilleures mais son record a connu le même sort que celui de sa compatriote, il a été remplacé par un nouveau (elle avait passé les séries grâce à la règle "2 par pays"). Il y a eu un barrage pour la dernière place. C’est galère dans ce format avec toutes les courses lors de la même journée, il a fallu caser ce swim-off dans le programme entre 2 courses. L’autre aller-retour du jour était le 50m papillon masculin dont Fred Bousquet a réalisé le meilleur temps des séries, Mehdy Metella le 4 ou 5e (Romain Sassot a été éliminé…"2 par pays"). Les 2 hommes ont confirmé en demi-finales même si le Guyanais s’est un peu loupé (d’où seulement le 7e temps).

On pouvait maintenant passer aux finales.

Le 400m 4 nages (F) a été remporté par Hannah Miley (record d’Europe) au terme d’une lutte acharnée à 3. Katinka Hosszu a été battue de peu quelques minutes avant de participer à une autre finale. Le programme très condensé de ces championnats doit être pris en compte pour apprécier la valeur des médailles. Certes, la concurrence n’est pas toujours exceptionnelle car tout le monde n’a pas fait le déplacement à Chartres, mais l’enchaînement des courses en 4 jours rend l’accumulation de breloques beaucoup plus difficile qu’il n’y parait.

Giacomo Perez-Dortona a disputé sa dernière finale, le 200m brasse. Sachant qu’il n’avait aucune chance (8e qualifié)… il a tenté un grand numéro. Parti comme une balle complètement à l’extérieur, il a largement dominé les 100 premiers mètres, est resté nettement en tête aux 150m, ensuite, c’était très très dur, il s’est fait reprendre à la touche. Son record perso a été pulvérisé, ça n’a pas suffi. 4e à 14 centièmes du podium, c’est… frustrant. Il n’a rien à se reprocher et peut être très fier de lui. Pour ces Europ’ resteront un excellent souvenir.

La course suivante était la finale du 200m NL féminin avec les 2 nageuses de Nice, Camille Muffat et Charlotte Bonnet (Coralie Balmy a été éliminée en séries à cause de la règle 2 par pays, Ophélie-Cyrielle Etienne aussi mais de toute façon son temps n’était pas suffisant). L’objectif de Muffat était de gagner et en fonction de sa condition peut-être de battre le record du monde de Federica Pellegrini. Bonnet avait réalisé le 2e temps, elle visait l’argent. En finale, la Russe Vikrotia Popova est partie très vite, Bonnet est longtemps resté 3e tout près de celle-ci pendant que Muffat se détachait irrémédiablement. Il n’y a pas eu de record du monde mais un doublé or-argent avec un record personnel pour la plus jeune des 2. Préparée spécifiquement pour ce 200m avec plus de fraîcheur, le record aurait été en grand danger.

Le podium.

Sur le podium, Popova a gardé son bonnet et ses lunettes, encore une fois il y avait sur le podium un bonnet en plus de Bonnet. La Russe devait replonger juste après pour la finale du 100m papillon – dont le record du monde appartient toujours à Diane Dui Buyet, retraitée des bassins depuis une semaine – et a pris seulement la 6e place derrière une Italienne, une Belge et Ottesen. L’enchaînement des courses a des conséquences, c’est logique.

Entre-temps a eu lieu une autre finale, celle du 100m 4 nages masculin. A vrai dire, cette course, OSEF, mais dans la mesure où Vladimir Morozov a gagné et en faisant grosse impression, obtenant une 6e médaille, il n’était pas possible de l’omettre.

Après le doublé niçois sur 200m NL féminin, on en espérait un chez les hommes sur la même épreuve. Yannick Agnel et Grégory Mallet aux couloirs 5 et 6 avaient bien l’intention de le réaliser. Le second a cherché à profiter de la vague du premier, ils sont passés ensemble en tête après 50m, occupaient les 2 premières places à la mi-course, ont encore accéléré ensuite, Agnel était loin devant, Mallet a eu du mal à tenir mais a pu décrocher la médaille de bronze (sa première médaille individuelle avec un record perso en prime), un Belge (Pieter Timmers) s’intercalant entre les 2. Encore un doublé, or et bronze celui-ci. Agnel espérait sans doute aller plus vite, il a déclaré ne pas être déçu car à cause des championnats de France la semaine dernière la fraicheur lui manquait pour aller plus vite.

100m brasse féminin… on passe. Signalons juste le record d’Europe et le nouveau titre pour le Danemark.

Avant la finale du 100m dos de Jérémy Stravius et Benjamin Stasiulis, on a lancé le barrage du 50m NL servant à déterminer qui serait la 8e qualifiée pour la finale quelques minutes plus tard. La Biélorusse est allée très vite mais y a laissé des plumes écailles.

On a donc pu passer aux choses sérieuses, la finale du 100m dos, une épreuve particulièrement importante dans l’histoire de la natation française et particulièrement pour Jérémy Stravius. L’Amiénois a beaucoup nagé lors de ces championnats, il a décroché beaucoup de médailles, espérait continuer sa razzia et en prime pouvait espérer claquer une très grosse perf. Disons-le sans détour, il a été particulièrement monstrueux, notamment grâce à ses coulées qui complexeraient un dauphin. Il a dominé tout le monde d’un bout à l’autre, presque une humiliation… Le record de France de Camille Lacourt a été battu d’un dixième, il était déjà inférieur à 50 secondes, il a été porté à 49"70, un temps de classe mondiale. Stasiulis est resté 2e tout du long, il a été le seul à ne pas être relégué à plus d’une longueur par l’homme de ces championnats (déjà 5 médailles dont 4 titres… et ce n’était pas fini). Nouveau doublé français, encore or et argent.

Alexianne Castel et Cloé Credeville ont à leur tour fait leur entrée dans le bassin pour la finale du 200m dos. Castel, championne du monde 2010 en petit bassin sur cette distance, est resté dans le rang pendant très longtemps, elles étaient 4 pour les médailles, ça s’est décanté progressivement. Finalement la dernière longueur a permis à la Française de s’adjuger la médaille d’argent dans un très bon temps mais assez loin de l’Ukrainienne Daryna Zevina (auteur de la MPM) déjà titrée sur 100m devant Laure Manaudou. Credeville a fini 8e.

Co-favori de la finale du 50m papillon, Fred Bousquet a été battu par Rafael Muñoz… d’un centième. C’est rageant. Il aura obtenu une médaille de bronze puis une d’argent. Heureusement, il a pu se consoler avec les relais grâce auquel il s’est couvert d’or.
Mehdy Metella n’a pas réédité sa perf du 100m, il a fini 7e.

FAUTE DE MIEUX

Anna Santamans avait sa chance en finale du 50m NL mais n’a pu la saisir, Aliaksandra Herasimenia[1] a gagné devant une Estonienne, Ottesen et la Française… laquelle a échoué à 2 centièmes du podium. Là aussi, c’est rageant, l’équipe de France a fait un carton lors de ces championnats, pourtant elle a manqué de réussite (sauf en séries du 4x50m 4 nages mixte), imaginez un peu si la chance avait été de son côté !

JE CHERCHE LA VIDEO…

Restaient les relais.

Le 4x50m NL était promis à la France avec dans l’ordre Florent Manaudou, Fred Bousquet, Jérémy Stravius et Amaury Leveaux. Morozov a touché en tête (d’un rien) à la fin du premier relais, ensuite l’EdF a nettement pris le dessus, Stravius – qui n’est pas un sprinteur pur – a gardé 0.35 d’avance, et Leveaux a conservé la tête. Nouveau titre !

Il n’y avait strictement rien à faire contre l’équipe de France renouvelée à 75% par rapport aux séries (Amaury Leveaux, Joris Hustache, Grégory Mallet et Mehdy Metella). Ça fait 7 médailles (2 d’or) pour Morozov mais 6 médailles dont 5 titres pour Stravius (en 6 épreuves disputées). Pour Florent Manaudou ça fait 5 titres et une 4e place, mais il était dans les 4 relais, il n’a donc qu’un titre individuel contre 2 et une médaille d’argent pour l’Amiénois.

VIDEO AVEC COMMENTAIRE EN ???... FAUTE DE MIEUX

La dernière course, le 4x50m 4 nages, était peut-être la dernière course de la carrière de Laure Manaudou, laquelle a lancé l’équipe en dos. Fanny Babou a pris le relais en 2e position à rien de la République Tchèque mais a pris un éclat, l’équipe restait néanmoins dans le paquet. Mélanie Henique a fait un super travail pour revenir en 3e position à une demi-seconde à peine de la tête. Anna Santamans est bien revenue mais n’a pu gagner de place, le Danemark l’a donc emporté devant la République Tchèque et la France. L’écart avec les Scandinaves est inférieur à 3 dixièmes, par rapport aux Tchèques il est de 3 centièmes.

(En série, l’équipe était identique à une exception près, Béryl Gastaldello s’est chargée du dernier relais.)

Voilà, c’est déjà fini, mais on en redemande ! A quand un vrai complexe en région parisienne pour organiser de grands Championnats d’Europe (la version été) ou carrément des Mondiaux ?

Note

[1] Suspendue 2 ans entre 2003 et 2005 pour dopage.