Jeudi, Nick Broad a été victime d’un accident de voiture extrêmement violent à Saint-Germain-en-Laye en rentrant de chez Mamadou Sakho. Agé de 38 ans, cet Anglais était un des préparateurs physiques et le nutritionniste du PSG depuis 1 an. Proche d’Ancelotti et de plusieurs membres de sa "garde rapprochée" depuis son passage à Chelsea où ils collaboraient déjà, il était très apprécié des joueurs. Vendredi, ses blessures ont eu raison de lui, il est décédé à l’hôpital de Créteil. Ce drame a touché de plein fouet les gens qui côtoyaient au jour le jour cet homme unanimement décrit comme étant une crème[1].

Je n’ai pas peur de le dire, Thiriez est un individu immonde. Comment peut-on si outrageusement manquer de respect envers des êtres humains ? Ce type ne vaut pas mieux que les sous-m*rdes décidées à profiter de la minute de silence pour vomir leur haine en criant des insanités aux oreilles des milliers de spectateurs et millions de téléspectateurs à travers la France et le monde.

Samedi, Maître Moustache a osé publier un communiqué officiel sur le site de la ligue. Je le retranscris.
«J’ai appris avec une immense tristesse le décès de Nick Broad. Je partage la peine du PSG, qui souhaitait reporter la rencontre face à Bordeaux, mais à 48h du match, cette demande était impossible à satisfaire. J’exprime tous mes sentiments de sympathie et mes sincères condoléances à son épouse, sa famille, ainsi qu’à Carlo Ancelotti, son adjoint Paul Clement, son staff, les joueurs du Paris Saint-Germain et ses supporteurs. Pour lui rendre hommage et partager la douleur du club et de ses proches, une minute de silence sera observée demain soir à Bordeaux.»

Où est le problème ? Thiriez a-t-il jugé Nick Broad insuffisamment important pour justifier un report de match ? A-t-il estimé les joueurs du PSG assez payés pour faire fi de la situation, comme si l’argent les rendait moins humains et sensibles au caractère particulièrement choquant de ce drame ? S’agit-il simplement de privilégier l’argent par rapport à la dignité en respectant scrupuleusement le contrat avec Canal+ ? Les dirigeants de la chaîne cryptée ont-ils fait pression ou opposé une fin de non-recevoir au président de la LFP quand ils ont été contactés suite à la demande formulée par le PSG (une première requête aurait été adressée à la ligue après l’accident puis une seconde après le décès) ?

Peu importe la réponse à ces questions, le refus de report est honteux et le communiqué de Thiriez est à vomir. Dans n’importe quel pays civilisé on aurait accepté cette demande. Même Joey Barton, le milieu de terrain anglais de l’OM, a dit ne pas comprendre que le match soit joué. Il s’agissait juste de bon sens et de fait preuve d’un peu d’humanité. Si la même chose arrivait à l’OL avec Robert Duverne dans le rôle funeste de Nick Broad, qui oserait refuser un report demandé par Aulas ? PERSONNE ! Si un joueur ou un entraîneur de L1 décédait accidentellement à 48h d’une rencontre même prévue en prime time, aurait-on maintenu la rencontre ? JAMAIS !

Le pire dans ce communiqué est d’y avoir inclus l’argument décisif : «à 48h du match, cette demande était impossible à satisfaire». Donc en plus d’être irrespectueux envers Nick Broad, sa famille, les joueurs et le staff parisiens, envers le PSG dans son ensemble, il nous prend tous pour des abrutis. Si ce terrible accident s’était produit la veille ou le jour du match, aurait-on pu nous pondre l’excuse BIDON du délai insuffisant ? Non. Que faut-il comprendre ? Si la mort était intervenue 72h avant, OK, on pouvait reporter, mais 48h, non, pas possible, c’est trop court. 4 jours avant ? Bah non, en 4 jours on a le temps d’encaisser le choc.

Faut-il le rappeler, la plupart des reports de matchs concernent la météo (neige, pluie, vent, terrains gelés, etc.) et sont décidés quelques minutes, au mieux quelques heures avant l’heure prévue du coup d’envoi. Par exemple il y a quelques semaines, OM-OL a été annulé en cours de journée à cause du vent. L’exemple le plus marquant date du 25 octobre 2009, il concerne un OM-PSG prévu à 21h sur Canal+. En ce dimanche de vacances scolaires, on attendait un nombre record de 2500 occupants dans la tribune visiteurs du Vélodrome. En début d’après-midi (après 14h), Thiriez a lui-même décidé du report de l’affiche du championnat… ceci alors que les cars de supporters parisiens étaient presque déjà sur place. Cette décision était motivée par la survenance de cas suspects de grippe au sein de l’effectif du PSG, ceci en pleine crise – mondiale – de la grippe A. L’évidence la veille de la rencontre était celle-ci : repousser la rencontre à plus tard était rendu inéluctable par le bon sens et les directives ministérielles visant à préserver la santé publique. A cause des pressions de Canal+ ou d’un manque de cojones, incapable de prendre ses responsabilités, il a repoussé l’échéance le plus tard possible, du coup on a eu droit à des affrontements très violents à Marseille en plein cœur de la ville, un Parisien a été écrasé par un conducteur haineux qui cherchait à tuer puis a été roué de coups au sol… Les déplacements de supporters lors des Grandes Sardinades ont ensuite été interdits pendant 3 saisons.

On rappellera au passage que Sochaux-Reims, prévu samedi 19 à 20h, a été avancé à 16h, une décision en date du… 17 janvier. Oui, déplacer un match 2 jours avant par crainte de chutes de neige est possible, mais une demande de report le vendredi pour le dimanche suite à la mort violente et choquante d’un membre important du staff de l’équipe, on ne peut pas, 48h (en fait un peu plus, 52 ou 53 heures), c’est insuffisant pour un report à une date future indéterminée, combien de fois faudra-t-il le répéter ?

Le diffuseur – dont on peut soupçonner l’implication dans le refus de remettre à plus tard ce grand classique de la Ligue 1 – en a rajouté une couche dans sa façon de mettre en scène les événements. Côté PSG, on a annulé les conférences de presse depuis vendredi matin, personne ne s’est exprimé avant, pendant et après le match, ça n’a pas empêché Canal+ de faire son cinéma. On insiste bien pour transformer la minute de silence en spectacle, ou du moins en moment de télé, et vas-y que je t’envoie une caméra pour zoomer sur le regard d’Ancelotti pour voir ses yeux rougis et les larmes… Niveau pudeur et respect, on se serait cru sur NRJ12 !

Au final, hormis cette "séquence émotion", les abonnés ont profité d’un spectacle particulièrement médiocre, un match de faible niveau, très pauvre en occasions, très riche en déchet technique. Les Parisiens n’y étaient vraiment pas, certains ont réussi à tenir la baraque tant bien que mal. Difficile d’avoir la tête à jouer au ballon dans ces circonstances. Le succès est en grande partie dû à la faiblesse de l’attaque girondine. Si le match avait duré 24h, Sirigu en aurait probablement profité pour pulvériser le record d’invincibilité historique de Gaëtan Huard.

Canal+ se présente comme étant la référence au niveau de la réalisation et des commentaires en matière sportive… Les 10 stats inutiles affichées sur l’écran toutes les 2 minutes sont une pollution visuelle digne de l’affichage de SMS ou de tweets au cours d’une émission de télé, elles ne servent à rien, ne veulent rien dire, ont un caractère plus distrayant (dans le mauvais sens du terme) qu’informatif. Les commentaires aussi sont assez soûlants.

Peu de temps avant le but, Christophe Dugarry a sévèrement et longuement taillé Zlatan Ibrahimovic en critiquant sa nonchalance et son manque d’application. Si le consultant vedette de la chaîne a souvent tendance à m’énerver et devient carrément insupportable quand il commente un match de Bordeaux, par exemple en pointant du doigt avec insistance la pauvreté du jeu de l’autre équipe et en se montrant extrêmement clément avec les Girondins, sur ce coup, on est obligé de le reconnaître, il avait raison de stigmatiser le comportement du Suédois. En effet, nonobstant les circonstances particulières entourant cette rencontre, l’attitude globale de Zlatan laissait énormément à désirer. Pendant ce match, Ibra a vraiment fait ce qu’il a voulu. Pas dans le sens «il était au-dessus du lot, une véritable démonstration, il a fait ce qu’il a voulu» mais dans le sens «il n’en a fait qu’à sa tête, n’a respecté aucune consigne, n’en avait rien à br*nler, il a fait ce qu’il a voulu». Il a loupé des choses aussi faciles pour un poussin que pour un vétéran, n’était pas dans le coup, décrochait à sa guise, perdait un tas de ballons, marchait, ne se replaçait pas, se plaçait mal (d’où 4 HJ), multipliait les mauvais choix et les gestes ratés. A peu près comme contre Ajaccio une semaine auparavant. Par contre, sur l’action du but, Dugarry a été bien mal inspiré… Vous l’entendrez dans la vidéo.

Tout faire pour diffuser un match ayant 99,9% de chances d’être pourri… et se plaindre de sa nullité en le commentant, ça relève de la psychiatrie…

Passons à l’analyse de la rencontre à proprement parler. Cette fois le condensé vidéo du match vient avant l’analyse car je n’en ai pas fait le récit.

J’étais extrêmement pessimiste avant le match, toujours autant avant l’ouverture du score. Une impressionnante coalition de facteurs devait mener le PSG si ce n’est à la défaite, au moins à la non-victoire. Pêle-mêle : une préparation bouleversée, des joueurs et un entraîneur sous le choc, le terrain gras, des adversaires affamés, l’identité de l’équipe adverse et le lieu de la rencontre (Bordeaux restait sur 14 matchs à domicile sans défaite en L1), le retour de Ludovic Obraniak (en général très bon contre le PSG), la présence de Cédric Carrasso (invaincu en 11 matchs face au PSG), l’absence de Thiago Silva cumulée à celles d’Alex et des joueurs facilement remplaçables (Motta[2], Sissoko, Tiéné, Rabiot), un compo d’équipe totalement déséquilibrée…

Comment dans le foot actuel voulez-vous jouer en 4-2-4 avec 5 joueurs très portés sur le dribble et le jeu en 8 touches de balle minimum (Verratti, Lucas, Ménez, Lavezzi et Ibra) ? 3 de ces 5 éléments ont le même profil, il n’y avait strictement aucun milieu offensif dans cette équipe ! La logique d’Ancelotti est incompréhensible, il n’aurait pas dû faire débuter le jeune Brésilien à peine arrivé au club, adapté ni aux conditions de jeu, ni à ses partenaires, et dont la condition physique est à parfaire. Le choix de le titulariser une 2e fois consécutive me semble être de la très mauvaise gestion, c’est comme verser tout le fait d’un coup dans la farine en faisant de la pâte à crêpes, on crée des grumeaux, la préparation n’est pas homogène. Y aller progressivement est fortement recommandé si on souhaite éviter les problèmes d’incorporation. Pendant 2 ou 3 mois Lucas devrait être remplaçant, une sorte de joker. Bien sûr, s’il s’adapte très vite, reconsidérer la question restera possible, mais pour le moment, évitons de répéter les bêtises effectuées avec le cas Verratti (dont le statut, l’expérience du haut niveau et les qualités sont très inférieures, je vous l’accorde). Cette seconde titularisation en 2 matchs me choque aussi car elle est l’application d’une mauvaise habitude d’Ancelotti, celle de donner la priorité au dernier arrivé sans lui avoir demandé de gagner sa place, ceci au détriment des joueurs déjà présents qui eux ont trimé pour obtenir leur temps de jeu.

Le PSG a commencé avec ce onze dans cette configuration : Sirigu - Jallet (C), Camara, Sakho, Maxwell - Verratti, Matuidi - Lucas, Ménez, Ibra, Lavezzi. Au but d’une petite vingtaine de minutes, il a fallu changer, donner la consigne à Ménez de passer à droite et à Lucas de se placer dans l’axe en soutien de la vedette suédoise désormais affublée du n°10 récupéré grâce au départ de Nenê, un départ qu’il a sans doute encouragé, lui qui voulait absolument récupérer le n°10.

Mine de rien, la dernière fois qu’il a débuté avec les 6 mêmes défenseurs et milieux défensifs, le club de la Capitale en a encaissé 3 contre une CFA2 (contre Arras en Coupe de France). Oui, lors de cette rencontre le gardien était Douchez et Matuidi avait dû céder assez rapidement sa place à Bodmer en raison d’une blessure, néanmoins le manque d’équilibre constaté à cette occasion n’avait aucune raison d’être résolu en mettant Lavezzi et Lucas sur les côtés aux places de Pastore et de Chantôme. Ces 2 grands absents de la compo de départ ont une particularité, celle d’être des adeptes du jeu de passes. Chantôme est super efficace car il joue toujours très simplement, en une ou 2 touches de balle. Cette simplicité a terriblement fait défaut à l’équipe, tout comme la capacité qu’a Pastore à créer des décalages par ses passes.

La grande satisfaction de la soirée a été la prestation de la défense centrale, en particulier de Zoumana Camara, rarement utilisé. Allait-il répondre présent à côté d’un Sakho touché de très près par le décès de Nick Broad ? On pouvait le craindre. Il faut le savoir, sur le banc, en cas de pépin, on trouvait… Lugano, apparu pendant 45 minutes en seconde période lors du match amical au Qatar mais dont la dernière convocation dans le groupe pour un match officiel datait d’il y a 7 ou 8 mois. Le PSG est riche, pourtant, contrairement à toute attente, son banc est limité. Bien aidés par un Sirigu rassurant et par le manque de présence girondine dans la surface parisienne, les défenseurs centraux ont pris et dégager tout ce qu’il y avait à dégager. "Papus" a été très bon malgré de petites erreurs totalement pardonnables, il s’est fait remarquer par une série d’interventions justes, autoritaires et précises, Sakho a été bon, si je devais leur attribuer des notes sur 10, le premier aurait eu au minimum 7, le second un 6. Camara mériterait presque un 9/10 pour sa seconde période magistrale, il a mangé tout cru Yoan Gouffran.

Les latéraux ont fait ce qu’ils pouvaient, le grand nombre de centres concédés (38 plus 6 corners… contre 9 et 2^^) n’est en réalité pas dû à du laxisme de leur part. Après avoir visionné la rencontre une nouvelle fois, je me suis ravisé les concernant, ils ont été bons dans leur rôle premier, défendre. En réalité Jallet s’en est très bien tiré pour un latéral souvent livré à lui-même face à 2 adversaires (surtout quand Lucas était couloir droit). Si Trémoulinas est passé plusieurs fois, ça n’a que rarement été facile, Jallet a remporté la majorité de ses duels, ses interventions dans les pieds ou pour contrer les tentatives de centres ont été pour la plupart efficaces (les Bordelais ont dû centrer de plus loin, pas tellement dans sa zone). De l’autre côté, Maxwell m’a semblé à la fois moins attaqué par Mariano et plus soutenu par Lavezzi et Matuidi, il a fait à peu près le même match que son capitaine en montant un peu plus. Assez peu offensif ce dimanche, le Brésilien a pourtant eu une très grosse occasion en se présentant seul face à Carrasso après avoir bénéficié d’un contre favorable (71e), la seconde occasion franche du PSG au cours de cette rencontre. J’ai bien écrit "seconde" et non "deuxième" car il n’y en a pas eu de 3e (mais quelques demi-occaz). Le gardien girondin a été formidablement inspiré de se trouer sur la première en laissant passer le ballon sous lui. En position excentrée, Ibra lui a tiré dessus, ni fort, ni bien mais au sol, ça a suffi. Maxwell a tenté une patate au premier poteau (l’angle de tir était aigu et bien fermé), là aussi en plein sur Carrasso, ce dernier a pu repousser le ballon en corner.

Notons-le ici, après la mi-temps Matuidi et Verratti ont interverti leurs rôles pendant environ 25 minutes (jusqu’à l’entrée de Chantôme). Pendant cette période Matuidi est passé axe droit (certes gaucher, il commence à avoir l’habitude de ce rôle car associé à Motta, on le met aussi à droite), sans doute pour rééquilibrer l’équipe car l’aide apportée à Jallet par l’Italien et par Ménez était insuffisante – nonobstant leur bonne volonté évidente – comparée à l’autre aile où Matuidi et Lavezzi ont été nettement plus efficaces, permettant à Maxwell de prendre d’avantage de risques en évoluant plus haut. Etrangement, en seconde période ses adversaires directs ont plus facilement réussi à centrer.

Il faut le savoir, Francis Gillot n’a pu compter sur Jussiê, Maurice-Belay, Planus et Diabaté (il aurait pu apporter de la présence dans la surface s’il n’était pas à la CAN), Gouffran était un temps incertain, Obraniak revenait de blessure et n’allait pouvoir tenir 90 minutes. Sans Planus, pas de défense à 5, ça changeait du match aller verrouillé. Plutôt ambitieuse et offensive, son équipe s’est trouvée incapable de concrétiser ses intentions, elle a essayé de construire, a beaucoup centré… pour ne pratiquement jamais trouver personne dans la surface. Hormis une tête non cadrée par Henri Saivet ayant dominé Jallet dans les airs (41e), rien ! Les centres ont tous été captés ou détournés par Sirigu et ses défenseurs, tout comme les CPA, jamais bien tirés. Les frappes depuis l’extérieur de la surface ont été assez nombreuses, les manquées ne l’ont pas toutes été largement, certaines ont été contrées, Sirigu a dû en stopper une molle de Jaroslav Plasil qui s’était infiltré dans l’axe (15e), une de Fahid Ben Khalfallah très facile à bloquer (42e), et en repousser une, celle d’Obraniak (41e) au cours du plus gros temps fort bordelais. Ce tir peut être qualifié d’occasion la plus franche des résidents du Stade Chaban-Delmas. Le mot "occasion" n’est-il pas ici galvaudé ? Sans doute. La principale frayeur dont a été victime Sirigu s’est en réalité produite à cause des Parisiens eux-mêmes. En tentant de dégager leur camp sur un corner, une gêne mutuelle entre Lavezzi et Ibra a créé un cafouillage heureusement resté sans conséquence (65e).

Si les Girondins ont débuté la rencontre en exerçant un bon pressing y compris dans la moitié de terrain adverse, plus le temps passait, plus on les sentait résignés, impuissants. Quand les locaux ont poussé, ça défendait souvent à l’arrache, la relance n’était alors pas une préoccupation. De temps en temps on a vu une tentative d’action construite, seulement la plupart du temps le ballon était simplement donné à un des attaquants ayant ou non décroché afin de le lancer dans un raid solitaire. Encore une fois, et comme c’est presque systématiquement le cas en l’absence de milieu offensif, à part le porteur du ballon le cas échéance, personne ou presque n’apportait de mouvement.

Parfois, ces accélérations pour la plupart individuelles ont pu donner lieu à un centre et/ou à une frappe (Paris a tiré 6 fois au but en 90 minutes^^). Une des 4 tentatives cadrés du PSG lors de cette rencontre a été un CF d’Ibra d’environ 26 mètres pour gaucher – Nenê n’est plus là – tiré au sol à l’extérieur du mur là où l’espérait Carrasso (34e). En seconde période il a aussi cadré une frappe d’assez loin à la fois un peu enroulée et lobée, le ballon se dirigeait sous la barre mais a été facilement stoppé par les gants du gardien habituellement bête noire des Parisiens (61e). Etrangement, un jour de médiocrité, Ibra a cadré ses 3 tirs et a fait mouche. C’est bien simple, avec le PSG il a planté A CHAQUE MATCH DE CHAMPIONNAT A L’EXTERIEUR ! Il en est à 19 buts en tout (dont 1 seul péno), il pourrait en avoir inscrit plus de 20.

En étant plus concentré, Ibra aurait sauté au bon moment et ouvert le score quand Matuidi lui a adressé un super centre dans l’axe à 5m50 (28e). Malgré son mètre 92, il n’a toujours pas marqué de la tête avec le PSG. 0 but de la tête sur 21 toutes compétitions confondues, c’est assez dingue, non ? Finalement il aura fallu attendre la 43e pour le voir réussir son seul geste du match (en exagérant à peine). Tout est parti d’une très bonne relance de Sakho ayant permis d’éliminer d’un coup la ligne de milieux comme 150 ou 200 secondes auparavant lors d’une action avortée ayant en quelque sorte servi de répétition générale à celle du but. Le rôle de l’attaquant qui décroche dans l’axe entre les lignes pour servir un coéquipier dans la profondeur a été tenu la première fois par Ménez, pour la seconde il a été remplacé par Lucas, l’autre grande différence étant… l’existence de l’appel. Ibra est parti dans l’intervalle derrière Trémoulinas, les autres défenseurs étaient trop regroupés dans l’axe très loin de lui, bien que moyennement réalisé, son contrôle orienté dans la course le l’a pas ralenti, c’est pourquoi il a pu éviter le retour du latéral gauche et enchaîner avec une frappe croisée. En position excentrée, sans même regarder un instant en direction de la cage, les chances de voir le ballon finir au fond étaient limitées, Carrasso s’est déchiré, 0-1, affaire entendue. Lucas a réussi un super contrôle et une passe de grande qualité dans le bon timing, sa première passe décisive en France, mais comme Zlatan, il n’a rien fait d’autre au cours de la partie. Chantôme l’a suppléé à la 69e, l’équipe est alors plus ou moins passée en 4-3-3 (ce n’était pas super clair).

Une fois son but inscrit, le PSG a surtout géré, il n’a pas cherché à mettre plus de rythme, s’est essentiellement employé à bien défendre et dans la mesure du possible à faire tourner le ballon. Néanmoins le "jeu" s’est souvent résumé à chercher Zlatan – parfois un autre – dans la profondeur, d’où de multiples pertes de balle évitables. En fin de rencontre, c’était beaucoup plus tranquille, ça circulait et récupérait plus facilement car les Bordelais avaient abdiqué. Armand a remplacé Ménez (88e) peu après une tête à côté de Chantôme sur un corner (il avait bien coupé au premier poteau mais n’a pu suffisamment décroiser). En outre j’ai trouvé Pastore plutôt entreprenant, il a entre autres été l’auteur d’un super retour défensif dans sa surface (87e) et d’une remise de la tête non exploitée par Ibra (93e).

Heureusement que les Girondins ont tendu les verges pour se faire battre, ils ont bien aidé leurs visiteurs en se montrant incapables de réagir. Lors de chaque interview avec Paganelli, les entraîneurs et joueurs de Bordeaux l’ont tous dit chacun leur tour, leur intention était de mettre plus de monde devant, de renforcer leur présence dans la surface… Ils ne l’ont jamais fait. Gillot a attendu très longtemps avant de tenter un peu de coaching en faisant entrer Hadi Sacko et David Bellion pour Obraniak et Ben K. au moment où Pastore remplaçait Lavezzi (74e). Ils n’ont rien apporté.

A vrai dire, le changement le plus remarquable s’est produit vers la 20e minute quand M. Lannoy a décidé de céder sa place à M. Bastien, le 4e arbitre. Le titulaire, considéré par les instances comme étant le n°1 français, est aussi le n°1 à l’infirmerie ces derniers mois. Revenu il y a peu de temps d’une lourde blessure (tendon d’Achille je crois), il a cette fois senti une pointe derrière la cuisse. Il a bien fallu 3 bonnes minutes pour transférer l’équipement audio et reprendre le cours de la rencontre. M. Bastien a eu du travail.

Trémoulinas, sans doute frustré voire énervé d’avoir été incapable de gêner Ibra, a mis une grosse semelle à Jallet quelques poignées de secondes après l’ouverture du score. Ça aurait pu donner lieu à une exclusion au lieu d’un simple jaune car il lui a carrément marché sur le pied pendant une plombe, son vis-à-vis étant déjà au sol au moment du dangereux contact (44e). En plus, il a osé contester auprès de l’arbitre. Contester, Verratti aussi l’a fait, et plusieurs fois de surcroît. Averti verbalement par M. Lannoy, il a ensuite été sanctionné administrativement – en jargon arbitral – par M. Bastien pour avoir envoyé à Plasil un tacle par derrière de timbré au milieu du terrain, un geste dangereux et inutile qui méritait là aussi un rouge (49e). Les circonstances particulières n’expliquent pas sa nervosité, il est tout le temps comme ça, c’est insupportable. Ménez s’est bien calmé dans ce domaine, cette saison il s’énerve nettement moins, pourtant il a pris un jaune, ayant réagi à un CF offert à Trémoulinas à l’angle de la surface pour une faute simulée grossièrement (77e). Comme le ridicule ne tue pas, Henrique a à son tour simulé, espérant obtenir l’exclusion de Zlatan. Il a feint d’avoir pris un gros coup de poing ou de coude au visage après avoir lui-même cherché à provoquer un accrochage (86e). En réalité, le Suédois a juste appliqué un principe de réciprocité.

Le 4e arbitre devenu le second arbitre central a laissé passer quelques fautes et a sifflé 2 ou 3 choses à l’envers, Ménez aurait probablement dû bénéficier d’un péno pour une faute d’Henrique qui a voulu intervenir par derrière la semelle en avant sans toucher le ballon ni la jambe de l’attaquant mais l’a manifestement bousculé – et donc déséquilibré – avec le reste du corps au moment où ce dernier cherchait à le contrôler (87e). Heureusement, ça n’a pas eu de conséquence concernant la distribution des points.

Voilà, bougé, mauvais offensivement faute de créateur et de complémentarité, le PSG s’en est sorti malgré tout.

Voilà, le PSG a mis fin à la série de 14 matchs à domicile sans défaite dont les Bordelais n’avait pas de raison de s’enorgueillir car elle contenait beaucoup de nuls concédés au cours du temps additionnel. Pour une fois que le stade était plein…

Voilà, le PSG est de nouveau en tête de la L1, il a su profiter du nul piteux de l’OL contre ETG et de la victoire de l’OM grâce à des cadeaux de Montpellier (et un but HJ).

Voilà, le niveau technique global a été horrible et les erreurs grossières et autres incongruités énervantes (dont des platées de dribbles inutiles n’apportant absolument rien, 2 ou 3 relances de pompiers-pyromanes) piquaient les yeux, Canal+ a été récompensé à hauteur de son mépris en devant diffuser un match bidon sans rythme, sans intérêt.

Voilà, pour être honnête, le contenu OSEF, que des joueurs aient été mauvais importe peu. Les circonstances ne se prêtent pas à fêter une victoire ou à en rajouter concernant les prestations d’untel ou d’untel.

Notes

[1] Sans jeu de mot concernant sa nationalité, ce serait très irrespectueux pour ne pas dire de mauvais goût car un autre jeu de mots indélicat serait possible.

[2] La Commission de discipline de la LFP ne lui a mis que 2 matchs plus un avec sursis, c’est très gentil compte tenu de son tacle atroce. Si un adversaire faisait le même à un joueur de mon équipe, je demanderais 3 ou 4 matchs MINIMUM.