Imaginez que vous vous réserviez une table au restaurant 3 étoiles le plus fastueux du monde… Si le maître d’hôtel dévoile un reste froid de pizza en soulevant la cloche qui cachait le contenu de votre assiette, si le sommelier ouvre pour vous une bouteille millésimée d’un grand cru classé, bouteille dont coule finalement un cola ayant perdu les 2 tiers de son gaz, vous aurez la même impression qu’un spectateur ou téléspectateur de ce PSG-OM. La prestation des Parisiens n’a pas été digne de la mise en scène. Il ne s’agit pas d’un problème de motivation, d’un manque d’implication ou encore d’un déficit technique, le souci me semble être assez profond, il concerne l’état d’esprit général. Cette Grande Sardinade m’a rappelé… celle de la saison dernière. Un but rapide, l’équipe arrête de jouer, défend beaucoup plus bas, à subir, se met en danger bêtement mais s’en sort avec un succès en s’étant créé très peu d’occasions franches (la saison passée à force d’accepter de reculer Paris avait concédé l’égalisation, un corner avait permis de reprendre l’avantage une minute plus tard). J’avais titré ICI C’EST POURRI afin de stigmatiser la mise en avant excessive de ce "choc" par Canal+ et par les dirigeants du club (avec notamment l’immense banderole Ici c’est Paris ! déployée… SUR la pelouse avant le match, puisque les banderoles, au Parc, c’est fini, du moins dans le public) pour enjoliver une rencontre tout sauf enthousiasmante.

Les semaines de foin à propos de l’arrivée de Beckham… Ariel Wizman, DJ branchouille, qui mixe pendant l’échauffement en commettant des impairs impardonnables… la Beck’Cam de Canal+… tout le b*rdel extra-sportif… Tout ce bling-bling, je n’en ai rien à foutre. Ça ne m’intéresse pas. On passera aussi sur les raisons des débuts si tardifs de l’Anglais et les raisons pour lesquelles Antoine Conte et Kinglsey Coman ont été lancés chez les pros lors des dernières rencontres. Le "Spice Boy" est devenu le 400e joueur de l’histoire du PSG, ceci lors de la plus grosse affiche de L1, c’est peut-être du hasard… Non, bien sûr. Je préfère parler foot, et rien que foot. Quant au changement d’écusson du club, j’ai décidé de m’abstenir de l’évoquer pour rester poli, ce travail digne d’un élève de 6e s’ennuyant au fond de la classe me consterne.

Une Grande Sardinade sous la neige (il a neigé toute la journée mais ça n’a pas tenu), c’est rare, tout comme en enchaîner 2 en 4 jours (c’est déjà arrivé, mais pas 2 fois de suite au Parc). On savait certains joueurs suspendus ou blessés pour un match ou l’autre, ainsi Jordan Ayew a manqué cette rencontre, Marco Verratti loupera celle en Coupe de France. Du côté de l’OM on n’a pas pu compter sur cette sal*pe de Morgan Amalfitano et sur Benoît Cheyrou, Kaboré a quitté le club au cours de la semaine pour signer en Russie, on a donc évité de voir se pointer au Parc des joueurs ayant passé leur temps à découper Matuidi, Ménez et autres lors des 2 premières Grandes Sardinades de la saison. Le PSG aussi a été privé de certains éléments, Thiago Silva, Thiago Motta et Mamadou Sakho (qui risque d’avoir les 4 matchs contre le meilleur ennemi car il ne sera probablement pas remis mercredi). Un temps incertains, Lucas, Alex et Ménez ont pu intégrer le groupe.

L’enjeu de la rencontre était immense, un match diffusé dans 150 pays, particulièrement mis en avant par le club, après une défaite à l’extérieur, avec l’OL revenu à égalité de points quelques heures plus tôt, il fallait le gagner.

Malgré les absences, Ancelotti a presque pu mettre son équipe type de ces dernières semaines, il a juste dû recomposer une défense centrale, Sylvain Armand a remplacé Mamadou Sakho, un gaucher pour un gaucher, c’est logique. Par contre, mettre Verratti titulaire lors d’une rencontre si électrique, j’ai du mal, si on veut finir à 10, on ne s’y prend pas autrement. Heureusement, pour une fois, le jeune Italien s’est à peu près tenu. Le onze : Sirigu - Jallet (C), Alex, Armand, Maxwell - Lucas, Matuidi, Verratti, Pastore - Ibrahimovic, Lavezzi. Le banc : Douchez, Camara, Van der Wiel, Chantôme, Beckham, Ménez, Gameiro.

Pour moi, l’événement principal était le 400e match de Sylvain Armand en L1… et le coup d’envoi victime donné par Ronaldo, le seul, l’unique. Il y a quelques saisons, on l’a annoncé en contacts avec le PSG, il était déjà à moitié cramé, avait 30 kilos de trop, mais même dans cet était j’aurais trippé si seulement ça avait pu se concrétiser… Ibra a enlacé son idole et lui a donné un maillot floqué du n°9 (qui n’est pas attribué actuellement).

La compo de l’OM, très franchement, je m’en fous un peu. La présence de Mandanda est rassurante (pour les adversaires), c’est tout ce qui compte. Je la donne tout de même : Mandanda - Fanni, N’Koulou, Lucas Mendes, Morel - Romao, Barton - Kadir, Valbuena, A. Ayew - Gignac.

Bien sûr, certains, intéressés, ont tenté de mettre la pression sur l’arbitrage en stigmatisant le fait que M. Fautrel – il officiait lors du dernier PSG-LOSC, ça ne s’était pas très bien passé pour son trio – ait été désigné pour officier lors de ce choc. Cette tactique médiatique a été efficace, elle explique probablement pourquoi l’OM a fini à 11 car André Ayew aurait dû être exclu en milieu de première période pour un tacle par derrière de barbare sur Ibra, un geste d’un autre âge et d’une dangerosité extrême. Le Ghanéen a joué les grands blessés pour échapper à la sanction. L’arbitre, pourtant à 3 mètres de l’action, n’a même pas sorti le moindre carton jaune ! Il ne s’agissait pas de sa première faute, il en a commis d’autres, a savaté Verratti, a mis la semelle sur le genou de Lucas (24e), a chargé Sirigu… sans jamais recevoir de carton. Malgré tout, vous trouverez encore du monde pour dire que M. Fautrel a avantagé le PSG en vous parlant d’un HJ signalé à tort par un des assistants à l’occasion d’une combinaison entre Valbuena et Barton sur le côté gauche (39e). Sans cette erreur, le premier aurait été en situation de centrer en retrait, et si le but a été marqué, il l’a été bien après le coup de sifflet, tout le monde était arrêté, ça reste un but refusé à tort dans l’esprit de ceux qui cherchent à inventer des raisons de se présenter en victimes. A vitesse réelle, il était très difficile de ne pas croire au HJ. (Etrangement, à la mi-temps, l’équipe de Canal+ a remontré et commenté ces images et ces ralentis, oubliant totalement de mentionner l’attentat d’Ayew… On fait monter la sauce comme on peut.)

En tout et pour tout, M. Fautrel aura mis 2 avertissements, un à Morel pour un simple acte d’antijeu sur Lucas (48e), un à Nkoulou pour une simulation grossière et grotesque afin d’obtenir un péno (62e). D’autres fautes d’antijeu grossières et simulations auraient pu être sanctionnées en seconde période.

Si l’OM a réussi un de ses meilleurs matchs de la saison, le PSG a pourtant montré une supériorité évidente… en étant assez médiocre. Je sais, ça peut sembler paradoxal, en réalité pas du tout. J’ai regardé tous les matchs des Parisiens depuis plusieurs saisons, j’en ai aussi vu pas mal des Marseillais, et un constat s’impose : les visiteurs ont évolué à leur meilleur niveau, étaient à 100% de leurs capacités, peut-être même étaient-ils à 110%, en surrégime, néanmoins ils ont perdu contre une équipe qui pendant 80 grosses minutes s’est simplement employée à gérer et à allumer des mèches à volonté pour déclencher la panique dans la défense adverse. En résumé, pour l’OM il s’agissait d’un match de Ligue des Champions, pour le PSG d’un simple match de championnat, pas besoin d’être à fond.

Au bout de 70 secondes, Lavezzi a donné le ton en fracassant le poteau gauche. Sa reprise de volée du gauche était plus surpuissante que bien placée, Mandanda était battu pourtant il a eu droit à un sursis, c’est dommage car la déviation en profondeur réalisée par Ibra pour le servir parfaitement dans la surface derrière les défenseurs était sublime. Tout partait d’une simple touche. On l’a tout de suite compris, la neige n’était pas de nature à refroidir l’ancien Napolitain, particulièrement bouillant. Lavezzi a commencé son show, il l’a continué presque toute la soirée en multipliant les sprints offensifs, en mettant le feu par ses appels en profondeurs et ses courses. Il dégage une puissance assez phénoménale, il est capable d’aller vite pendant longtemps, de répéter les efforts… C’est un mort de faim ! Le voir jouer est particulièrement réjouissant quand on sent l’équipe sur la réserve. Le contraste avec Ibra est spectaculaire, car si le Suédois récupère quelques ballons essentiellement par opportunisme (en profitant d’erreurs grossières de ses adversaires), quand il décroche et fait une passe foireuse ou un contrôle bidon, il s’arrête au lieu de s’activer pour rattraper son erreur. Cette nonchalance et ces boulettes ont engendré des sifflets de la part du public à quelques minutes de la fin de la rencontre.

Si Lavezzi s’est démené, au bout du compte il n’a pas été décisif. On a vu les limites de ce fonctionnement avec une équipe qui défend très – trop ! – bas afin de partir de loin. Lucas et Pastore ont beaucoup défendu, pas les attaquants. La conséquence évidente de ceci a été d’avoir un PSG coupé en 2 avec un bloc de 8 derrière et 2 joueurs devant beaucoup trop isolés. Quand une défense n’a à gérer qu’un duo, sa tâche est grandement simplifiée, il suffit d’envoyer quelqu’un pour obliger le porteur du ballon à s’excentrer et de marquer l’autre attaquant pour priver le premier de toute solution si jamais il parvient à passer son défenseur. On a vu ce genre de séquences un nombre incalculable de fois. A plusieurs reprises les milieux excentrés ont sprinté comme des dératés pour apporter leur soutien aux attaques, seulement ils n’ont pas été servis (sauf une fois en début de seconde période, Lavezzi a centré devant le but, Pastore a failli pouvoir couper au premier poteau devant Mandanda, Ibra a failli tirer les marrons du feu un peu derrière). Pourquoi ? Probablement est-ce dû à la fois à un manque de lucidité corolaire de sa débauche d’énergie et à l’effet Ibra. Dimanche soir Lavezzi a presque donné l’impression d’avoir peur du Suédois, peur de se faire reprendre de volée s’il omettait de lui donner – ou de tenter de lui donner – le ballon. Du coup il le cherchait systématiquement, y compris les fois où il avait mieux à faire, y compris les fois où c’était voué à l’échec car Zlatan ne se démarquait pas.

Dimanche soir Ibra a vraiment été mauvais, mauvais dans ses choix, dans l’attitude, dans ses gestes techniques, pas appliqué, auteur de nombreuses pertes de balles y compris dans son camp, de CF totalement ratés (il en a tout de même cadré un à la 63e), et j’en passe. Malgré tout ce déchet, il a trouvé le moyen d’être décisif en marquant son 22e but de la saison en championnat (en 23 matchs dont 22 titularisations, son 3e en 2 Grandes Sardinades), il a aussi été l’auteur de la déviation magique de la 2e minute et d’une super remise de la tête pour Lavezzi suite à une des nombreuses ouvertures magistrales de Pastore (45e). Sur cette dernière action le PSG a failli obtenir un péno. Ceci illustre toute la complexité de ce joueur.

Ibra est à la fois un génie et un boulet, il faut savoir le mettre dans des dispositions positives de façon à le voir mettre en avant sa part de génie et non ce qu’il y a de plus exaspérant en lui. Je ne serais pas contre l’idée de la piquer au vif de temps en temps en le sortant s’il est mauvais et ne se donne pas à fond. Un autre paramètre est important, les associations. Certaines fonctionnent mieux que d’autres, dans la mesure du possible il faut faire évoluer ensemble les joueurs qui se trouvent bien. On l’a souvent vu, la connexion entre les Argentins est excellente, Ibra et Ménez s’entendent très bien sur le terrain, les fois où on a vu Gameiro avec Ibra ça ne semblait pas être très complémentaire (leurs profils s’accordent très bien sur le papier), Gameiro-Lavezzi a en revanche donné de bons résultats en Coupe de France notamment… De mon point de vue on cherche à intégrer Lucas trop rapidement au détriment de la cohésion du groupe, Ménez a été trop mis de côté depuis le début de l’année, il serait bon de pratiquer plus de turnover entre les 3 attaquants casseurs de blindages que sont Ménez, Lavezzi et Lucas.

Il est assez amusant de le constater, la façon dont a joué le PSG est… la devise de l’OM : droit au but. Un des écueils de cette tactique a été la sous-utilisation des latéraux, d’où très peu de centres. En début de match on en a vu un de Jallet repris acrobatiquement par Pastore au 2nd poteau, une reprise contrée (8e). Le PSG a trop attaqué dans l’axe à toute vitesse au lieu de prendre possession du ballon et de faire courir les visiteurs. A l’inverse, les Marseillais ont d’emblée voulu construire leurs actions, pendant une demi-heure ça ne fonctionnait pas du tout. L’OM a commencé à être dangereux à partir du dernier quart d’heure de la première période puis a eu de plus en plus de facilités à créer des décalages, d’où une multiplication les centres, 45 selon les stats de la LFP. Centrer est bien gentil, encore faut-il réussir ces centres et trouver un coéquipier. Parmi ces 45 centres, combien sont arrivés ? Très peu. Le premier début d’occasion marseillaise est venue d’un centre de Kadir (Alex est venu gêner Gignac, lequel n’a pu cadrer sa reprise au premier poteau – 16e), un a été repris de la tête par André Ayew (cadré mais pas réellement dangereux - 30e), un autre, pourtant complètement raté, a failli se transformer en passe décisive de Verratti entre les jambes duquel le ballon est passé avant de filer en direction de Valbuena pour une frappe sans angle (Armand l’a bien gêné, le ballon est parti au-dessus de la cage, un corner a été donné à tort – 46e), mais la plus grosse occasion engendrée par un centre aura encore été un coup de tête d’Ayew donné cette fois en reculant, il a fallu une parade fabuleuse de Sirigu – là aussi en reculant – pour éviter l’égalisation (75e).

Si Valbuena a été bon dans le jeu – ne pas aimer un joueur ne m’a jamais empêcher de dire qu’il est bon le jour où il l’est – ses CPA ont été pour la plupart manqués, hormis un CF à environ 28m dans l’axe tiré en force après un décalage que Sirigu a repoussé en plongeant (41e). A la 89e il a eu la bonne idée de totalement manquer un centre sans opposition depuis l’intérieur de la surface après avoir hérité du ballon grâce à un autre centre beaucoup trop long. Je ne vais pas énumérer toutes les occasions ou actions dangereuses à mettre au crédit des visiteurs, elles sont dans la vidéo.

Sirigu a fait un super match, mais Armand aussi a été excellent, Alex a été très bon, ça a suffi à empêcher l’OM de marquer. Affirmer que l’OM a été meilleur dans le jeu et a eu une possession du ballon supérieur est juste. Affirmer que l’OM a étouffé le PSG et a eu le contrôle de la rencontre serait un mensonge. A aucun moment les hommes d’Elie Baup n’ont semblé souverains car d’une part ils étaient menés au score, d’autre part il n’ont fait preuve d’aucune sérénité derrière, on les sentait en permanence en danger, le break pouvait intervenir à tout instant. Mandanda a une nouvelle fois été catastrophique, ses placements sont hasardeux (sur l’ouverture du score on se demande pourquoi il était à 1 mètres du point de péno), ses sorties parfois suicidaires, ses prises de balles indignes d’un gardien de L1 – a fortiori du 2e gardien de l’EdF – et ses dégagements au pied pour la plupart ratés. Le gars est MAU-VAIS ! Depuis le début de sa carrière on lui pardonne tout, il est pourtant un des plus grands fournisseurs de boulettes qui soient, il bénéficie d’une protection médiatique grâce à son statut de capitaine de l’OM et à sa réputation de gardien spectaculaire… A un moment, ça va finir par se voir, non ? Cette saison l’anomalie à l’OM est un match sans boulette de Mandanda ! Quand je pense à tous les commentaires négatifs à l’encontre de Sirigu suite à son match apocalyptique à Sochaux (l’Italien était malade, il n’aurait pas dû jouer)… 2 matchs ratés[1] en une saison ½ et on le descend en flèche ! Il y a vraiment 2 poids, 2 mesures…

La plus belle parade de Sirigu lors de cette rencontre a été celle sur la tête d’Ayew, il a aussi sorti un retourné de Gignac qui partait sous la barre après un rebond (61e) et repoussé une belle volée de Fanni (86e) et a effectué une remarquable intervention du coude gauche sur un tir de Gignac très bien lancé en profondeur par Valbuena dans le dos d’une défense pour une fois pas bien alignée (cette fois le corner n’a pas été donné – 53e). C’est amusant, lors de ce match on aura vu un arrêt du coude, un but du genou – à la Zoumana Camara (^^) – et un du… bas-ventre.

Car oui, l’ouverture du score contre son camp de Nicolas N’Koulou dès la 11e minute est le résultat d’un tir de Lucas détourné par le bas-ventre – haut de la cuisse, hanche, ventre, service 3 pièces ? – de l’homme présenté par les Marseillais comme étant le meilleur défenseur de L1, un joueur n’ayant rien à envier à Thiago Silva notamment. Ils ont de l’humour. Si le Camerounais a aussi réussi certaines interventions décisives, il est loin d’avoir le niveau annoncé partout. Lucas était dans l’axe, un crochet, une frappe, et en voiture Simone, match plié… J’abuse un peu, ça n’a été définitivement plié qu’à la 92e quand le centre en retrait de Ménez a percuté le genou de Zlatan placé au premier poteau. Ceci dit, dans la mesure où l’OM a toujours perdu quand il a été mené 1-0 et où le PSG a toujours gagné à domicile quand il a ouvert le score, on n’avait pas trop de doutes concernant l’issue de la rencontre.

Le second but a même permis au service marketing du club d’avoir une super image de Beckham sautant dans les bras de Zlatan. Photographiée sous tous les angles, cette scène va pouvoir être réutilisée et diffusée de partout. L’Anglais a même été impliqué dans l’action du 2nd but en jouant avec Ménez le une-deux à l’origine de l’enfonçage du clou.

Vous l’aurez donc compris, si je me réjouis de la victoire, j’ai beaucoup de mal à trouver du plaisir en regardant jouer le PSG de cette façon. Cette tactique hyper défensive ne me plait pas, elle ne me plaira jamais. Profiter des opportunités de contre-attaque, c’est très bien… à condition de presser suffisamment dans l’autre moitié de terrain pour empêcher les adversaires de jouer, d’approcher de votre cage. Aller chercher les joueurs de l’autre équipe dans le camp de celle-ci permet aussi de récupérer le ballon plus près de sa surface afin de pouvoir créer des surnombres en quelques secondes. Devoir attaquer à 2 ou temporiser en attendant le soutien venu de très loin ne peut être très souvent efficace, la tâche de la défense est beaucoup trop aisée, elle a le temps de se réorganiser. Si la plupart des occasions ou situations chaudes créées par Lavezzi et ses partenaires sont nées d’actions marseillaises ou de phases de jeu lors desquelles les visiteurs se découvraient en effectuant un pressing très haut, s’il s’agissait d’actions très rapides avec souvent une ou 2 passes et très peu de construction, les 2 buts ont résulté d’attaques placées. L’efficacité n’est pas toujours là où on l’attend, la tactique – volontaire ou dictée par les circonstances – ne s’est pas avérée fameuse, seule une grosse dose de réussite en a fait une tactique victorieuse. Garder le ballon, faire courir, imposer son propre rythme, le PSG en est capable. Pourquoi ne pas mettre en œuvre ces capacités ?

Je ne vais pas critiquer les joueurs suite à cette prestation médiocre car au niveau de l’engagement, excepté Ibra, ils ont tous répondu présent d’entrée. Armand a loupé un dégagement en 90 minutes, pour le reste il a frisé la perfection. Hormis Lavezzi de par son activité et Pastore avec ses ouvertures d’une qualité exceptionnelle, aucun joueur de champ ne s’est détaché du lot, aucun n’a été ni mauvais, ni extraordinaire, tous ont fait le taf. Les 3 ou 4 prises de risques inconsidérées de Verratti (15e, 18e, 67e, j’en oublie peut-être) encore décidé à dribbler dans sa surface ont eu le don de m’irriter, pour le reste il a été au niveau des autres.

Les 3 entrants n’ont pas dépareillé, Chantôme et Beckham ont remplacé Pastore et Verratti à un quart d’heure de la fin. Chantôme est entré à droite, Lucas est passé à gauche avant d’être suppléé à la 84e, soit extrêmement tard… Perso j’aurais sorti le jeune Brésilien en premier à 20 ou 30 minutes de la fin, ça aurait permis à Ménez de plus s’exprimer, il n’a pas eu le temps de beaucoup se montrer de façon positive hormis en étant passeur décisif.

Comme expliqué plus haut, Sirigu a été l’homme du match, on aurait pu éviter de l’obliger à intervenir si souvent.

Je vais finir par une question en forme de résumé : un tel emballage était-il nécessaire pour un match si peu emballant ?

Notes

[1] Celui à Sochaux et celui à Nancy la saison passée.