Petite fiction. Pour une raison ou une autre vous avez l’incroyable chance de passer une folle soirée dans un lieu mythique et fastueux avec la bombe atomique inaccessible qui vous fait rêver depuis des années, genre star internationale riche, intelligente, polyglotte (avec un petit accent ultra sexy), mais que vous n’auriez même jamais cru pouvoir approcher… Le plan se déroule sans accro, le courant passe à merveille, jusqu’au moment où elle vous demande de la raccompagner à son hôtel palace et vous invite à monter jusqu’à sa suite. Vous êtes en plein rêve, sur le point d’assouvir votre plus grand fantasme, mais soudain, le drame. Arrivés devant la porte, elle vous dit : «C’était très sympa, mais mon fiancer va arriver, bonne nuit ! On se recroisera peut-être un jour.» La porte se referme, vous venez de manquer une occasion inespérée de conclure. Pour ne rien arranger vous croisez le fiancer dans le couloir, il ne ressemble à rien. Vous être tiraillé entre un soudain dégoût de la vie et la nécessité de positiver au maximum en retenant le meilleur de votre soirée, faute de quoi vous vous jetteriez dans la minute sous un train, un camion, un bus, ou même un Vélib’ (le premier truc qui passe)…

Le lendemain, retour à votre quotidien. Au programme, transports en commun avec la tête dans le sac (métro), bureau où votre patron va vous faire chi*r (boulot), plumard… tout seul (dodo). Au taf, il y a de la meuf, et pas que de la farouche – j’avais prévenu les féministes – pour ne pas dire qu’il y a de l’allumeuse à l’accueil. Une collègue dont le CDD prendra bientôt fin vous propose un 5 à 7. Ses intentions sont claires, tenter de vous attraper pour que vous l’aidiez à prolonger son contrat… Si en temps normal vous n’auriez pas hésité à la démonter – désolé de l’écrire de façon si indélicate, seulement pour que la métaphore avec un Troyes-PSG soit pertinente, c’est le mot le plus approprié – et à la laisser se débrouiller seule pour ne pas quitter la boîte en juin, après avoir mangé le râteau de votre vie, vous n’avez envie de rien. La banalité de cette fille est repoussante. Et pourtant la proie est facile, elle a fait son maximum pour être attirante… En résumé, elle est aussi chaude que vous êtes froid. Vous lui auriez bien dit de revenir la semaine prochaine avec un décoté encore plus plongeant, mais pour diverses raisons déclarer forfait est exclu et votre agenda empêche tout report de ce moment, vous acceptez donc à contrecœur, sans avoir trop la tête à la chose, ça donne une demi-molle à peine exploitable.

On comprend aisément les difficultés rencontrées par les joueurs du PSG pour aborder cette rencontre avec des Troyens débordant d’envie. Physiquement, mentalement, à cette période de la saison, il y a de quoi être dans le rouge, certains sont carbo. Les joueurs non-utilisés à Barcelone ont fait le voyage, ils ont aussi accumulé de la fatigue. Pour les supporters aussi la transition est difficile, l’excitation est forcément moindre. Passer d’Iniesta à Fabien Camus, de Busquets à Quentin Othon, ça fait un choc.

Rappelons que Zlatan était suspendu (accumulation de cartons), que Matuidi a fait son retour après avoir été absent en LdC (aussi une suspension) et que Ménez souffre toujours du problème musculaire qui l’a privé du match à Barcelone. Chantôme aussi a un souci physique, on l’aurait sans doute vu sur le terrain pendant au moins un bout de match. Du coup, le turnover a été trop modéré. Pouvait-il en être autrement suite à l’exode massif ayant eu lieu en janvier ? Ancelotti a manqué de cohérence en composant son groupe pour ce déplacement, il a pris seulement 4 joueurs offensifs pour 4 postes, aucun des jeunes du club n’a été appelé pour compléter l’effectif, du coup sur le banc aux côtés de Douchez on trouvait seulement des défenseurs et des milieux (Camara, Alex, Armand, Jallet, Beckham, Thiago Motta). Au coup d’envoi on retrouvait donc sur le terrain un onze composé de Sirigu, Van der Wiel, Thiago Sivla, Sakho, Maxwell, Matuidi, Verratti, Lucas, Pastore, Lavezzi et Gameiro. Encore une fois, Matuidi, pourtant gaucher, a joué axe droite de Verratti, une incongruité devenue habituelle.

Sans surprise, le spectacle n’a pas été grandiose, tant s’en faut. Je l’ai re-regardé en vitesse accélérée (x1,5), c’était mieux, on avait presque l’impression de voir un match rythmé, du moins pendant la première demi-heure, ensuite il m’aurait fallu passer en x2. Bien qu’affaibli par certaines absences, en particulier celles des 2 joueurs formés au PSG (Bahebeck et Ngoyi), les Bourguignons ont cherché à jouer au ballon comme à leur habitude et comme à l’aller, ils ont bousculé les Parisiens en se procurant cette fois des occasions très franches.

  • LE RECIT DE LA RENCONTRE.

Si Gameiro aurait dû tuer le suspense dès la 3e minute en négociant mieux un face-à-face, le début de la rencontre a été sans grand intérêt, on sentait la fatigue et la difficulté à mettre la machine en route. Par exemple Pastore et Lavezzi perdaient leurs duels. Dans l’ensemble Troyes dominait, n’hésitait pas à attaquer en nombre en partant de loin, mais ça manquait de précision, les derniers Bourguignons de L1 n’ont pas su à se montrer dangereux avant la 9e minute. Ils ont alors été extrêmement menaçants. Le PSG s’en est très bien sorti, sauvé à plusieurs reprises par son gardien et aidé par une bonne dose de réussite.

Il y a d’abord eu ce grand numéro de Benjamin Nivet du côté gauche de la surface en éliminant Verratti et Van der Wiel pour servir Stéphane Darbion d’une petite passe à hauteur réalisée de l’extérieur du droit. Ce dernier a profité de l’offrande en frappant l’intérieur du pied gauche à une dizaine de mètres face au poteau… sur lequel le ballon est parti s’écraser. Nivet a alors récupéré la gonfle près du corner, a trouvé Fabrice N’Sakala sur le côté de la surface où le latéral gauche s’est fait tacler par Verratti, un geste dénué de maîtrise et absolument pas sur le ballon. Faute de coup de sifflet le PSG a pu partir en contre. Le milieu italien a une chance improbable. Déjà à l’aller il aurait dû être exclu tout en concédant un péno pour un tacle par derrière sans sa surface sur Bahebeck, cette fois encore, son tacle fautif dans sa surface a échappé à tout sanction. M. Bastien était pourtant idéalement placé pour apprécier l’action, si le geste ne semblait pas d’une dangerosité prononcée, Verratti était très en retard, il n’a attrapé que le Troyen, il lui était impossible de toucher le ballon. Selon le point de vue on parlera d’injustice ou de miracle.

On a ensuite connu quelques poussées de fièvre… Parfois elles restaient bénignes, environ 38,2° dirons-nous, mais la température est montée de façon nettement plus inquiétante par moments. Entre la 18e et la 21e, Sirigu a été mis à contribution à et par plusieurs reprises :
-une volée ni très puissante, ni très réussie tentée par Eloge Enza Yamissi au terme d’un bon mouvement collectif (18e) ;
-un missile de Marcos d’environ 18 mètres suite à une énorme erreur de relance de Thiago Silva – oui, ça existe ! – offrant le ballon à Nivet, lequel l’a immédiatement remis à son coéquipier (19e) ;
-un enchaînement supersonique de Camus en 2 touches de balle, la première pour éliminer Maxwell d’un crochet du droit, la seconde pour frapper du gauche et conclure un gros temps fort troyen, Nivet était encore à la passe (21e)…
Sirigu a encore dû intervenir pour bloquer une tentative lointaine d’Enza Yamissi sans contrôle au terme d’une contre-attaque (28e) et pour repousser une excellente reprise enroulée de Nivet servi à l’entrée de la surface par un centre en retrait, il avait visé au ras du poteau (31e).
Marcos, Camus et Nivet ont échoué face à un grand gardien, il lui a fallu effectuer des parades très difficiles pour empêcher son équipe de se retrouver menée.

Si les locaux ont beaucoup tenté pour ouvrir le score, les Parisiens ont toujours fini par repousser leurs assauts, souvent à l’arrache, mais à vrai dire peu importe, lors d’une rencontre aussi compliqué à négocier, seul le résultat compte. Il n’y a pas de mystère, ne pas encaisser de but vous assure d’éviter la défaite, ne pas en marquer vous empêche de décrocher la victoire (à moins bien sûr de bénéficier d’un csc… petit souvenir de PSG-LOSC ?). Pour l’obtenir il faut attaquer.

Le PSG a mis près une vingtaine de minutes avant d’enfin construire collectivement une offensive digne de ce nom (grâce à une triple élimination de Troyens par Lucas). J’exagère à peine car depuis le coup d’envoi la chose était particulièrement rare. Quand un joueur se décidait à faire une passe intéressante, une incompréhension ou une maladresse venait en général tout gâcher. De temps en temps et en particulier pendant le dernier quart d’heure de la première période – ennuyeux au possible, le rythme et le niveau sont tombés – on a senti une volonté parisienne de mettre le pied sur le ballon, sans doute pour calmer le jeu car les vagues auboises risquaient à force de percer la digue. Néanmoins, étant plutôt bien organisés, les joueurs de Jean-Marc Furlan restaient dangereux, leur pressing assez efficace faisait déjouer leurs visiteurs. Une fois le ballon récupéré, ça partait très vite, y compris s’il y avait 80 mètres à faire pour marquer.

Dans la plupart des attaques parisiennes on a eu droit à des dribbles de Lucas (voire de Verratti, alias l’homme qui en faisait trop), il était en feu avant de s’éteindre progressivement, non sans avoir régalé l’assistance de quelques gestes et accélérations magiques. Le jeune Brésilien a apporté individuellement le mouvement dont l’équipe manquait cruellement. Du moins il a fait de son mieux. Si sa vitesse et son coup de reins sont dévastateurs, l’efficacité lui fait encore défaut. Au bout du compte, hormis un tir croisé très puissant après fixation à coups de passements de jambe et crochet extérieur pour se mettre sur son pied droit (14e), il n’a pas réellement été dangereux, la belle envolée de Yohann Thuram-Ulien pour repousser ce tir a été sa seule intervention difficile outre le face à face gagné devant Gameiro dès la 3e minute. Lucas a tenté sa chance plus d’une fois, les autres il a toujours été contré, y compris sur un CF bien placé gâché par 2 tirs dans le mur.

La première période a été marquée par des erreurs techniques grossières, sur la fin c’était vraiment très faible. Peu de joueurs ont évolué à leur niveau normal, y compris Matuidi, pourtant absent face à Barcelone donc en principe moins fatigué que Pastore ou encore Lavezzi, respectivement cuit et complètement carbo. L’ancien Troyen a commis des erreurs de placement, a manqué de précision et d’adresse, néanmoins par rapport à un Van der Wiel par exemple, il paraissait plutôt correct. Je n’aurais jamais pu imaginer voir un but du Français sur un centre du Batave car ce dernier a été assez catastrophique. Oui, il a pris beaucoup d’initiatives, n’a pas hésité à appeler le ballon à tenter des dribbles et à centrer quand le décalage était créé, mais ses centres sont presque tous mauvais ! D’ailleurs celui qui s’est transformé en passe décisive en seconde période l’était aussi, 3 défenseurs auraient dû l’intercepter, l’international néerlandais a eu énormément de chance.

L’ESTAC a débuté la seconde période avec le même état d’esprit que la première, en n’ayant peur de rien… Pourtant, comme en première période, le PSG s’est vite procuré une très grosse occasion, quasiment la même occasion d’ailleurs, ouverture en profondeur de Verratti, cette fois pour Lavezzi, et duel avec Thuram… Un duel perdu (47e). Au lieu de s’endormir, les Parisiens ont enchaîné, ils ont commencé à pousser, à jouer au ballon dans le camp adverse, montrant de l’envie, du répondant dans l’engagement. Une nouvelle ouverture de Verratti a trouvé Sakho dans la surface (il était monté pour un corner), sa remise de la tête en direction de Matuidi au point de penalty était parfaite, la volée du gauche a été totalement dévissée (49e). Il était face à une cage presque vide.

Les locaux ont réagi, ont renversé la pression, ils ont osé continuer à oser, n’ont pas abandonné leurs principes. Actions construites, centres, passes au sol, accélérations sur les côtés, ils ont tout essayé, obligeant plusieurs fois Sakho et ses comparses à intervenir dans l’urgence. On a néanmoins senti un essoufflement progressif de ces promus promis à un retour en L2, plus le temps passait, plus ils avaient de mal à déstabiliser la défense. Si le leader prenait peu à peu le contrôle de la situation, les occasions se faisaient attendre en raison de choix très discutables et d’un manque récurrent de précision. Tout ceci empêchait les Parisiens de se trouver, les offensives connaissaient donc toutes le même sort, y compris les actions bien construites, elles étaient condamnées à rester sans conclusion positive. L’ensemble restait globalement brouillon, pas assez fluide et rapide pour faire la différence. Pour ne rien arranger Verratti a eu tendance à s’enflammer en se lançant dans le n’importe quoi, les dribbles, les risques inconsidérés et j’en passe.

63’08, Gameiro tape dans la main de Thiago Motta en quittant le terrain.
64’12, Matuidi, replacé en milieu offensif gauche, inscrit le seul but du match en reprenant du plat du pied gauche un centre médiocre de Van der Wiel dont les 3 défenseurs présents dans la surface ont tous loupé l’interception (le déplacement de Pastore a embarqué le premier défenseur, celui de Lavezzi a un peu troublé le 2e, les ratés de ses collègues ont perturbé le dernier qui en a oublié un joueur dans son dos au second poteau). Matuidi n’a pas fêté son but, c’est bien normal, en le marquant il a plombé son club formateur.

Bien sûr, on va revenir sur cette grosse minute car il n’y a presque rien d’autre à retenir du match, à l’exception notable des 3 points.

En encaissant ce but, les Troyens ont pris un énorme coup derrière la tête, à ce moment de la rencontre ils n’avaient plus les ressources physiques pour véritablement réagir. De surcroît en se retrouvant dans le siège du conducteur, les Parisiens ont pris confiance, ils ont pu et plutôt bien su gérer la situation pour assurer leur succès. Si la simulation de Darbion – non averti – pour obtenir un péno (67e), peut clairement s’analyser comme étant un geste d’impuissance, je ne sais pas trop comment considérer la sortie de Niet, replacé par Thiago (72e). A 35 ans, Nivet a été le meilleur joueur de champ sur le terrain, il commençait à accuser le coup physiquement, néanmoins sa sortie revenait presque à hisser le drapeau blanc. Les quelques phases de possession des résidents du stade de l’Aube ont parfois permis de créer un décalage, encore fallait-il pouvoir l’exploiter, ils n’en étaient plus capables.

Plus le temps s’écoulait, plus le mot "promenade" semblait adapté pour qualifier la prestation du PSG. Mais pas "promenade" dans le sens le plus positif pour une équipe de foot, celui impliquant une supériorité permettant de s’imposer très facilement, plutôt par opposition à combat ou à séance de cardio. Il n’y avait ni rythme, ni intensité, le message était clair : on préserve le résultat, on ne prend plus aucun risque. D’ailleurs comme Verratti continuait à en faire des tonnes, à jouer au mariol, Ancelotti l’a remplacé par Beckham (76e). Si quelqu’un doutait encore des intentions de l’entraîneur italien, ses derniers doutes ont dû être levés quand Jallet a été substitué poste pour poste à Lucas (80e). Le PSG a donc fini avec comme seuls véritables joueurs offensifs 2 Argentins cramés dont la combativité était la seule ressource non encore épuisée. Ancelotti a-t-il eu peur d’une égalisation troyenne ? Elle a failli se produire…

Sur le terrain, il ne se passait plus grand-chose, tout au plus avait-on droit de temps en temps à une accélération individuelle – Matuidi a même tenté de nous faire une Lucas – voire collective pour tromper l’ennui d’une fin de rencontre sans grand intérêt malgré l’écart d’un seul but. Les Parisiens ont surtout voulu assurer une circulation du ballon obligeant leurs hôtes à beaucoup courir, ils ont aussi cherché à obtenir des CPA, histoire de réduire le temps de jeu effectif et éventuellement d’en profiter pour faire le break. Si Motta n’avait baissé la tête devant les poings de Thuram, il aurait coupé le CF enroulé de Beckham tiré depuis le côté gauche, le score aurait été porté à 0-2 (81e). L’Anglais aura au moins cadré un CF lors de son passage au PSG (^^). La seule véritable occasion dans le jeu a été une bonne frappe de Pastore depuis l’extérieur de la surface. Décalé à l’angle de la surface côté gauche, "El Flaco" est revenu vers l’axe pour s’ouvrir l’angle de frappe, Thuram a dû plonger au pied du premier poteau pour maintenir un tout petit espoir de ne pas perdre (86e).

Gérer en possédant une avance de seulement 1 but, qui plus est à l’extérieur, peu d’équipes en Europe s’y risqueraient. Avec Ancelotti, on en a pris la mauvaise habitude. Heureusement, Sirigu veille. Sa claquette des 2 mains a empêché Camus d’égaliser dans un style très juninhien (comprenez une ogive retombant sous la barre avec une trajectoire un peu flottante). A la 90e minute, ça aurait fait mal.

  • L’AFFAIRE GAMEIRO.

On joue la 63e minute, Lavezzi vient de tenter une frappe du gauche à angle fermé n’ayant strictement aucune chance de finir au fond, depuis le début du match il multiplie les mauvais choix et les ratés, en début de seconde période il a manqué un duel face à Thuram, on l’a aussi vu s’empaler dans la défense en tentant un raid solitaire voué à l’échec. Comme depuis plusieurs semaines il semble hors de forme, tire la langue, est à bout de forces, en est presque au point de ramper sur le terrain… Les fois où il trouve quelques gouttes d’essence à injecter dans le moteur pour accélérer, ça se termine en saucisse. Son niveau de fatigue est tel que désormais dans les restaurants argentins on va ajouter un degré de cuisson pour la viande de bœuf, désormais on pourra choisir entre bleu, saignant, à point, bien cuit, carbonisé et Lavezzi. Il était déjà cramé avant la mi-temps. Malgré tout Ancelotti décide de le laisser sur le terrain, il sort Gameiro.

Gameiro a-t-il été bon ? Non. Ceci dit, il n’a pas été plus mauvais que Lavezzi. Pourquoi n’a-t-il pas été bon ? C’est simple, hormis l’ouverture de Verratti à la 3e minute, il n’a reçu aucun service correct. Ses coéquipiers ont souvent joué comme ils l’auraient fait avec Zlatan, en balançant devant pour des remises de la tête notamment. La légère différence de taille et de gabarit entre le Suédois et le Français a dû leur échapper… Non-approvisionné ou très mal servi, Gameiro a fait ce qu’il a pu, personne ne peut lui reprocher un manque d’implication ou d’engagement , on l’a vu décrocher pour aller jouer en remise, aider dans le jeu ou même en défense, faire les appels, presser. Surtout, il était encore frais, ayant très peu, trop peu joué ces dernières semaines compte tenu de l’état de fatigue avancée des derniers joueurs offensifs valides du groupe.

En sortant une nouvelle fois au bout d’une grosse heure de jeu, le 2e meilleur buteur du club en L1 a craqué, il n’a pu retenir ses nerfs. Ça devait arriver. Après avoir fait de son mieux depuis des mois pour ne pas faire de vagues, se contentant de travailler pour être prêt quand Ancelotti allait faire appel à lui, la frustration a fini par le submerger. Bien sûr, beaucoup vont lui cracher dessus sur le thème classique «les joueurs français n’acceptent pas la concurrence» alors que le vrai sujet n’est pas celui-ci mais «les footballeurs ne supportent pas éternellement l’injustice et d’être pris pour des idiots».

Après PSG-Montpellier, match remporté à l’arrache grâce à un but salvateur de Gameiro, Ancelotti a fait l’éloge de sa roue de secours, lui promettant plus de temps de jeu (du moins il a dit qu’il en méritait plus). Résultat, une titularisation à Rennes au match de championnat suivant … et une sortie peu après l’heure de jeu malgré une prestation tout à fait convenable. Malgré la perspective du déplacement à Barcelone, les 2 Argentins de l’équipe sont entrés en jeu au Stade de la Route de Lorient (Pastore a été bon, Lavezzi a été fantomatique). Une semaine plus tard, donc 2 semaines après la déclaration de l’entraîneur en conférence de presse, on remet ça, les joueurs cramés par le quart-de-finale retour à Barcelone finissent la rencontre, le plus frais est le premier à retourner sur le banc malgré l’absence d’attaquant ou même de milieu offensif pour prendre sa place. Déjà à Rennes, on avait vu un Gameiro perturbé pendant les quelques minutes qui ont précédé sa sortie, il sentait le couperet sur le point de tomber. Le malaise n’est pas nouveau. De toute façon, les fois où il a été titularisé, même quand il a été très bon et a marqué, il a toujours été sorti, hormis en Coupe de France contre l’OM jouer 90 minutes ne lui est jamais arrivé cette saison, pratiquement jamais sous Ancelotti (4 fois plus de 72 minutes en L1 en près d’un an ½). Souvenez-vous du PSG-Sochaux remporté 2-0 sur un doublé de Gameiro. Quel attaquant a dû céder sa place ? Gameiro. Pas Ibra. Les autres peuvent être d’une nullité extrême ou montrer un désintérêt total pour la rencontre, ils n’en subiront jamais les conséquences. Vive la méritocratie !

Je ne sais pas si à sa place je me serais limiter à un coup de pied dans une bouteille d’eau – une réaction pas étrangère à Ancelotti, il a eu la même à Ajaccio en début de saison – et à exprimer à haute voix mon dégoût en allant m’assoir. Pour être honnête, je n’aurais probablement pas tenu jusqu’en avril et j’aurais fait le spectacle pour que le monde entier sache à quel point cette façon de traiter les uns et de laisser à d’autres agir à leur guise est injuste. Je l’écris depuis des mois, depuis la signature de l’Italien, la concurrence n’existe pas, il y a des statuts préétablis, Gameiro a tout fait pour en gagner celui de joueur de la rotation, personne ne peut lui faire le moindre reproche, il la ferme, bosse, se dépouille pour l’équipe dès qu’il est sur le terrain et marque des buts importants. Pourtant il reste une simple roue de secours. Parfois Ancelotti préfère rouler sur 3 roues dont 2 dégonflées plutôt que de faire appel à lui.

Pour rappel ou pour information, Lucas s’est tordu la cheville (50e), il n’a vraiment pas de chance, ça fait déjà 3 ou 4 fois en 4 mois (c’est la première en défendant). S’il n’est pas sorti pour se faire soigner et est resté en jeu, à sa sortie une demi-heure plus tard on lui a mis la cheville dans la glace. Malgré son incapacité à tenir le rythme de la première grosse demi-heure de la rencontre, la probable star de ces prochaines années était encore dans le coup, il était logique de la garder sur le terrain faute de banc. Pendant ce temps Pastore donnait tout ce qu’il avait mais sans grand succès, ses prises d’initiatives ont été relativement nombreuses, presque systématiquement dans le sens du jeu, mais ratées. La fatigue n’a pas généré chez lui un manque de lucidité mais un manque de justesse technique, il n’arrivait pas à doser, à viser… tout ou presque était imprécis.

En résumé, Lavezzi devait sortir, pas Gameiro. Et puis ça aurait évité le carton jaune stupide de la 75e minute pour un petit geste d’antijeu dont s’est rendu coupable l’ancien Napolitain.

Le pire dans cette affaire est d’avoir marqué une minute après ce "coaching" injuste car l’enchaînement a encouragé les spécialistes des raccourcis à en faire un énorme tout en offrant une opportunité de se palucher aux mange-m*rde comme le réalisateur de Canal+. Ce dernier a profité de plusieurs arrêts de jeu pour insérer des gros plans de Gameiro assis sur le banc, espérant pouvoir détecter une expression de dégoût ou de haine sur son visage. Une attitude pitoyable de charognard.

Il serait bon de rétablir la vérité. D’une part, avant ce changement tactique, Matuidi était déjà monté plusieurs fois dans la surface, même sans être replacé côté gauche il aurait très bien pu marquer ce but. D’autre part, si on analyse l’action conclue par ce but, on trouve une seule passe de Motta sur environ une dizaine nécessaires pour aboutir au centre, celle du nouvel entrant était tout à fait quelconque, il n’a en rien été décisif dans la construction de cette offensive. De plus, si Lavezzi était sorti et non Gameiro, rien ne dit que l’action aurait eu un déroulement différent ou que Gameiro n’aurait pas ouvert le score à la 66e minute ou plus tard. Enfin, si on doit parler de "super coaching" dès qu’on a un coup de chance – je vous renvoie à la description de l’action du but avec ce centre en réalité assez médiocre – alors oui, Ancelotti a fait du super coaching (^^).

Par pitié, raisonnons dans le bon sens : quand la pluie commence à tomber, on sort son parapluie, ce n’est pas parce qu’on sort son parapluie qu’il se met à pleuvoir ! L’impact de l’entrée de Motta est grandement surévalué dans tout ce que j’ai pu entendre ou lire, quand il a fait son apparition, la donne a changé grâce au but, pas grâce à lui, Motta n’est pas Messi[1] ! La situation est devenue beaucoup plus confortable, au lieu de devoir construire pour prendre l’avantage au score il suffisait désormais de le préserver en bloquant tout au milieu et en défense. Avec 2 lignes de 4 éléments tous défensifs (3 milieux défensifs/relayeurs puis le renfort d’un latéral supplémentaire), heureusement que le PSG a tenu contre la lanterne rouge usée par la débauche d’énergie des 60 premières minutes, assommée par le but encaissée et privée de son meilleur attaquant (Bahebeck), donc de sang frais à apporter pour trouver un second souffle…

Bref, Gameiro a tout mon soutien.

  • CONCLUSION.

Sirigu homme du match, défense centrale relativement solide malgré des erreurs de relance, latéraux guère satisfaisants, milieux soufflant le chaud et le froid, mecs cramés pour attaquer hormis Lucas impressionnant – sans être efficace – pendant une partie de la rencontre, buteur mal servi. Médiocrité individuelle et collective.

Je vais vous paraître provocateur en écrivant que Sirigu a rapporté TROP de points au PSG cette saison. Il a selon moi été trop souvent contraint de sauver la maison en danger quand ses coéquipiers ne parvenaient pas à prendre le contrôle de la situation en pliant les rencontres grâce à des buts marqués.

+3 points, youpi ! Mais vite, passons à autre-chose !

Et maintenant, 4e déplacement consécutif, quart de finale de Coupe de France à Annecy. Pas de c*nnerie les gars ! J’espère qu’Ancelotti prendra des jeunes et fera confiance à ceux grâce à qui les tours précédents ont été passés. Quant à la présence de Gameiro, j’ai comme un doute…

Notes

[1] Allusion à l’effet de son entrée lors du quart de finale retour de la LdC.