Les demi-finales de la Ligue des Champions. Le Borussia Dortmund a explosé le Real Madrid 4-1, la veille de Bayern Munich a collé un retentissant 4-0 au Barça (que le PSG aurait dû éliminer en quarts). Des circonstances particulières peuvent donner à certain l’envie de relativiser la chose (Messi a joué blessé et la défense blaugrana est décimée, Cristiano Ronaldo aussi semble avoir évolué sans disposer de toutes ses facultés habituelles, l’arbitrage a été affligeant à plus d’un titre), ou encore de décréter la supériorité du football allemand sur le football espagnol, à vrai dire je m’en cogne dans la mesure où je ne suis supporter d’aucun de ces clubs, j’espérais juste avoir une finale germano-espagnole car tout l’intérêt des compétitions continentales réside dans les rencontres entre des footballs différents. Si je veux voir un Bayern-Dortmund, je regarde la Bundesliga, pas la Ligue des Champions.

Bref. Evaluons la situation.

En ce moment, le Barça est très moyen, très prenable, le Milan AC aurait dû le dégager, le PSG aussi, le Bayern va s’en charger. Si on s’interroge sur les raisons pour lesquels les Bavarois vont réussir là où les Parisiens ont échoué, on commence à trouver les pistes de réflexions qui mèneront vers la recette du succès.

Le Barça est peut-être en fin de cycle, il est de façon certaine en phase de transition, il lui faut recruter à 2 ou 3 postes (en particulier un défenseur central et un attaquant), intégrer les joueurs censés incarner la relève de Puyol et Xavi, il lui faut surtout retrouver un entraîneur à plein temps capable de faire des concessions par rapport aux principes de jeu appliqué depuis des années et poussés à l’extrême. On l’a bien compris en regardant la Roja depuis 2010 et le Barça sans Messi ou avec un Messi diminué, le quadruple Ballon d’or est l’équivalent de la sono dans une boîte de nuit, sans lui il y a autant d’animation que lors d’un tournoi de Scrabble organisé dans une maison de repos.

Comme le PSG, le Bayern a bloqué le Barça, a presque annihilé son jeu pendant une grande partie de leur confrontation, rendant sa possession du ballon totalement stérile. Mardi, c’était dingue, prendre une aussi groβe Bran-bran en ayant autant eu le ballon, qui plus est à l’extérieur, c’est du jamais vu. Paris aussi ne s’est pas laissé impressionné, a joué tous les coups à fond, se créant un nombre inattendu d’occasions franches, seulement les Allemands ont su ouvrir le score, ils n’ont pas dû trimer pour sortir la tête de l’eau, ont pu consacrer leur énergie à enfoncer leurs victimes. Ces derniers temps les Munichois sont en grande forme, au top physiquement et mentalement. A Dortmund, c’est pareil. Ceci n’a rien à voir avec des histoires de trêve hivernale, mais plutôt d’usure des internationaux espagnols et plus généralement des joueurs du Barça et du Real pour la plupart grandement surutilisés depuis plusieurs saisons. Si vous regardez l’effectif du Bayern vous remarquez à la fois la présence de très bons jeunes, la "profondeur" de banc et la qualité des joueurs qui s’y trouvent ainsi que la forte proportion de joueurs locaux[1].

On peut formuler la chose autrement. Pour passer, il a manqué au PSG…
-d’avoir un banc (rappelons-le, le seul joueur offensif dispo sur le banc pour Barça-PSG était Gameiro, Ménez était blessé, Nenê et Hoarau ont été dégagés cet hiver) ;
-la caisse pour tenir tout le match (c’est en grande partie lié aux problèmes de banc, les titulaires ont trop joué, certains comme Lavezzi étaient bouillis, il n’y a pas ce genre de soucis au Bayern car l’effectif permet un turnover important sans perte de qualité) ;
-de l’efficacité devant le but (là encore, on peut faire le lien avec le banc limité et le manque de fraicheur physique, fatigue est synonyme de manque de lucidité et d’efficacité… et puis quand vous avez Mario Gomez et Claudio Pizarro pour palier la suspension de Mario Mandzukic ou le laisser au repos avant un match de LdC, vous n’avez rien à craindre au niveau efficacité) ;
-la réussite de ne pas devoir se taper un Messi à 100% pendant la première des 4 périodes de la double-confrontation (son ouverture du score au Parc a totalement changé la donne) ; -une identité forte.

Je m’arrête là, je pourrais rajouter quelques points, seulement on est arrivé là où je voulais en venir, à l’identité.

On va se limiter à étudier le cas du Bayern car contrairement au Borussia, il y a dans son parcours une double dimension de durabilité de la présence au plus haut niveau européen et de domination domestique cette saison. Dortmund n’a ni l’un, ni l’autre, son épopée ressemble fort à un one shot car d’une part les 2 précédentes campagnes européennes ont été des fiascos, d’autre part avec un bon arbitrage l’histoire aurait pris fin en quart face à Malaga après avoir déjà soufflé le chaud et le froid contre le Chakhtior Donetsk en 8e. De plus, cette saison le Borussia a été incapable de mener de front un gros parcours en LdC et la course au titre national (d’où un retard colossal par rapport au FCB, déjà champion mi-avril). Enfin, on sait déjà que des joueurs majeurs vont partir, le transfert de Mario Götze au Bayern a d’ailleurs été annoncé la veille du match. On sent bien l’intention du tout puissant Bayern de torpiller son gênant adversaire.

A vrai dire, les raisons pour lesquelles les dirigeants du finaliste malheureux de la dernière édition de la LdC sont si agressifs à propos du fair-play financier s’éclaircissent de jour en jour. Le Bayern a encore plus à perdre que les autres gros clubs si le PSG, Manchester City, Chelsea ou même le Milan AC, visé dernièrement, se (re)mettent à dépenser beaucoup d’argent pour atteindre ou retrouver les sommets. Le Bayern a tout intérêt à pousser l’UEFA à exclure ces concurrents afin de retarder au maximum leur ascension. En effet, Uli Honess – qui a avoué avoir un compte en Suisse où il a planqué du blé… un mec qui s’adonne à la fraude fiscal et donne des leçons de fair-play financier, c’est à piss uriner de rire – et ses comparses sont bien conscients de la situation : en ce moment, la porte leur est ouverte pour s’installer en grands maîtres du foot européen car la plupart de ses concurrents sont en phase de transition. En effet, si vous regardez bien qui pourrait en principe faire de l’ombre au Bayern, vous trouvez uniquement des équipes en construction, en reconstruction ou en fin de cycle. Le déjà champion d’Allemagne 2013 n’est pas dans le même cycle que les autres, notamment à cause ou grâce à l’instauration du fair-play financier. Cette nouvelle/future règlementation a obligé beaucoup des habituels occupants des 2 premiers chapeaux lors des tirages au sorts de la phase de groupe à revoir leur politique sportive afin de se mettre en conformité avec ces préceptes (d’où ces dégraissages et ces gros investissements sur de jeunes joueurs ces 2 dernières saisons avant l’entrée en vigueur de ces contraintes).

Paul Pogba Manchester United : en Premier League c’est réglé comme du papier à musique, ça gagne, pas tellement souvent de façon convaincante et spectaculaire, mais de façon implacable. En Europe, c’est autre chose, la constance n’est plus le fort des Red Devils, sans doute à cause d’un changement de génération. Le départ de Paul Pogba n’était pas prévu et a contrarié les plans, on a même dû faire revenir les retraités. MU m’a globalement fait bonne impression contre le Real mais une boulette individuelle a tout cassé. On annonce de possibles chamboulements cet été, la reconstruction serait donc toujours en cours. On va sans aucun doute bientôt retrouver ce club dans le dernier carré de la LdC, mais quand et à quelle fréquence ? L’avenir le dira. Autre donnée importante, le calendrier du foot anglais est très usant, il handicape ses clubs européens.
Manchester City : ou la recherche permanente d’une formule efficace. Un titre de champion la saison passée et quelques trophées nationaux quels qu’ils soient ne peuvent effacer le fiasco des 2 participations à la Ligue des Champions. Un changement d’entraîneur est-il à venir ? Je ne sais pas, mais le marché des transferts sera agité, c’est sûr. Donc là encore, équipe en construction.
Chelsea : on risque de voir les Blues remporter l’Europa League avec un entraîneur intérimaire… L’été dernier la campagne de recrutement a été très conséquente, on attend le futur entraîneur (Mourinho ?), sans doute avec encore de nouveaux joueurs (Falcao ?), on est donc en pleine période de transition entre 2 cycles. Pour le moment, la qualification en LdC est loin d’être acquise.
Tottenham : on ne va pas se mentir, Gareth Bale va partir, les Spurs vont perdre le principal artisan de leur réussite cette saison, ils auront du mal à s’en remettre. La qualification en LdC va se jouer avec Chelsea et Arsenal.
Arsenal : le contrat de Wenger se termine la saison prochaine, le club plafonne depuis plusieurs années, il ne gagne plus rien, ça sent la fin de cycle malgré les nombreux mouvements d’effectifs ces derniers mois. A force de perdre ses meilleurs joueurs pour en recruter de bons, mais rarement d’aussi bons ou de meilleurs, Arsenal est devenu synonyme de manque d’ambition. Là aussi, c’est un peu la reconstruction permanente.
Juventus : on tient là un très sérieux client, c’est une équipe qui se construit depuis 2 ou 3 saisons, c’est fait intelligemment avec comme base les meilleurs Italiens, on renforce avec d’excellents étrangers et des joueurs d’avenir… Un grand attaquant est attendu cet été, il s’agit de l’élément manquant pour atteindre le dernier palier. La reconstruction de la Juve est un modèle à suivre. On va même probablement réutiliser l’exemple de ce club un peu plus loin dans cette… dissertation ? Soutenance de thèse ? Appelez ça comme vous voulez, mais sachez que cette thèse ne fera pas de moi le Docteur Globule car c’est déjà pris.
Naples : Cavani va partir (on parle du PSG, du Real ou encore de City), ça va rapporter beaucoup, mais pour trouver un remplaçant du même niveau disposé à venir, bonne chance !
Milan : le nouveau cycle a débuté ces derniers mois avec le départ de Zlatan Ibrahimovic et de Thiago Silva au PSG, il fallait renflouer le club et assurer la suite. Balotelli est la nouvelle star, on a fait place aux jeunes, ça devrait mettre plusieurs saisons à prendre forme, et en tout état de cause le Milan n’est plus en mesure de faire la loi et de prendre qui il veut à n’importe où.
Barça : a priori ça va recruter, Messi et certains cadres sont jeunes (Busquets, Pedro, Alba, Piqué qui est nul ces derniers temps, Iniesta n’est pas cramé), d’autres sont en fin de parcours (Puyol, Xavi, Valdés), on se demande si Tito Vilanova sera en mesure de réellement exercer sa fonction d’entraîneur à temps plein… Parler de fin de cycle me semble hasardeux, c’est pourquoi je préfère parler de transition. Une transition, ça peut se rater, voyons ce que feront les dirigeants.
Real Madrid : Mourinho s’en va, donc un nouveau cycle va débuter avec un nettoyage de l’effectif et une nouvelle vague de recrutement.
Atlético de Madrid : Falcao va partir… donc ça change tout. Il y a néanmoins un bon entraîneur et de bons joueurs, mais ça ne peut pas jouer la gagne en LdC.
Valence ou la Real Sociedad : peu importe quel autre club espagnol, il ne peut s’agir que d’un coup, l’endettement du premier et la place du second dans la structure de la Liga ne peuvent en faire que des seconds couteau dans la constellation des participants à la LdC.
Malaga : l’UEFA s’est montrée forte et ferme avec un faible, le Bayern a obtenu ce qu’il souhaitait, d’où une privation de compétitions européennes pendant 2 saisons.
Benfica et FC Porto : par définition ce sont des clubs où les joueurs ne sont que de passage, des vitrines d’exposition pour vendre à de grands clubs étrangers, il faut une génération exceptionnelle pour remporter la LdC, même en travaillant bien ça reste exceptionnel, sur la durée ça ne peut absolument pas tenir. Ces clubs sont structurellement condamnés à une reconstruction permanente.
Zénith Saint-Pétersbourg, CSKA Moscou, Chakthior Donetsk, Galatasaray, Fenerbahçe et autres : certains de ces clubs ont beaucoup d’argent, mais un déficit d’image et/ou de structure (notamment au niveau de la formation) cumulé avec un problème d’éloignement culturel rendant l’adaptation difficile ou de mentalités susceptibles de rebuter ou de faire fuir énormément de joueurs (dans le cas des clubs russes on ne peut omettre l’existence d’un racisme et une xénophobie prégnants, y compris au sein de l’effectif de certains clubs[2]). Si j’ajoute les problèmes de manque de véritable compétition en hiver et de voyages récurrents – usant pour les organismes – dont souffrent généralement les clubs russes et ukrainiens quand débutent les phases finales de la LdC, climat continental oblige, j’ai beaucoup de mal à classer ces clubs parmi les favoris, ils semblent être au mieux capables de réaliser un exploit de temps en temps.

Ces prochaines saisons Dortmund aurait pu faire figure d’ennemi intérieur à la fois dans les compétitions domestiques et continentales, seulement, on a déjà évoqué ce sujet précédemment, la traditionnelle méthode du Bayern – et de beaucoup de clubs dominateurs dans l’histoire du foot… par exemple l’OL l’a longtemps fait en France – consistant à recruter les meilleurs joueurs de ses adversaires potentiels, a été mise en œuvre pour freiner ses velléités.

En réalité je me demande si le choix de Guardiola comme nouvel entraîneur suite à la décision de Jupp Heynckes de prendre sa retraite ne serait pas la principale menace pesant sur le Bayern. Tout dépend de son état d’esprit. Voudra-t-il adapter l’équipe à son style ou s’adapter au foot allemand ? S’il opte pour la première idée, il devra effectuer une nouvelle révolution, presque une contre-révolution, renversant celle du jeu opérée outre-Rhin depuis une petite décennie. Au Barça, pour étouffer les adversaires il se servait de la possession et d’une mode très efficace de récupération du ballon[3]. Le Bayern s’y prend autrement pour noyer l’équipe d’en face, elle le fait grâce à une sorte de frénésie offensive. J’ai presque envie de comparer ça à 2 boxeurs, d’un côté le danseur qui t’empêche de le toucher en se déplaçant incroyablement, te frustre et profite de la moindre ouverture pour te coller de terribles séries pour marquer des points et remporter les rounds, de l’autre le guerrier nettement plus puissant qui avance en permanence en te saoulant de coups, ne t’offrant pas un instant de répit. Ce sont 2 écoles très différentes, je suis vraiment curieux de savoir comment Guardiola va s’en sortir en Allemagne, la greffe peut prendre ou échouer. A mon avis un gars assez intelligent pour quitter le Barça au bon moment devrait bien s’en sortir avec cet effectif.

Après toutes ces considérations, on en arrive au fond du sujet : quelle est la recette du succès sportif[4] du Bayern ?

Ça n’a rien de révolutionnaire. Un entraîneur ayant une parfaite connaissance du club et du football du pays dans lequel il évolue, une base solide de joueurs locaux, des renforts étrangers bien adaptés et fidélisés qui apportent une plus-value réelle, tirant tout le monde vers le haut. Cette recette est quasiment immuable dans l’histoire du foot européen moderne, elle a été employée par quasiment tous les clubs ayant réussi à s’implanter durablement au sommet pendant un cycle de quelques saisons. Avant l’arrêt Bosman cette recette était une des 2 seules possibles avec celle du "tout national", voire du "tout local". L’application du droit européen a permis à certains d’employer une autre méthode, celle du recrutement d’étrangers à outrance, mais sans succès sur la durée. Vous aurez beau chercher, vous trouverez des épiphénomènes comme l’Inter de Mourinho – un exemple à relativiser, on va le faire dans quelques paragraphes – dont l’absence de pérennité est parfaitement logique.

Ces dernières années Barça a dominé le foot européen avec une équipe en grande partie composées de joueurs espagnols. Le Real des Galactiques première version a fonctionné quand il possédait une forte assise espagnole avec des Casillas, Raul, Morientes, Michel Salgado, Hierro, Helguera, etc. La formule "Zidanes y Pavones", comprenez "des superstars et des joueurs formés au club" est à la fois très parlante concernant le succès et les échecs de cette politique car quand les "Pavones" étaient de très bons joueurs, pas de problème, quand on a trop empilé les stars en se souciant moins de la qualité des locaux et du secteur défensif, autrement dit de toute la partie non pailletée de l’édifice, c’est parti dans le mur, l’usure du temps a agi sur les cadors, tout le monde a été tiré vers le bas, le cycle a pris fin. A l’époque, c’est tout de même avec un certain Vincent Dubois[5] que ça s’est le mieux passé. Qui était-il avant ces 4 saisons à la tête du Real ? Un ancien joueur du club (gros palmarès national au cours des années 70) sans référence au poste d’entraîneur. Le même genre de profil que Guardiola à son entrée en fonctions au Barça[6].

Le grand Milan et le grand Manchester United avaient aussi une armature de joueurs locaux dont certains sont devenus des icônes, des légendes vivantes. Ce que fait la Juve en ce moment est remarquable, si vous faite la liste des 11 joueurs les plus titularisés, vous trouvez 4 étrangers, l’entraîneur est jeune, il s’agit d’un ancien du club qui a fait ses preuves dans des clubs peu huppés avant d’être recruté pour mener le projet de retour au plus haut niveau.

Même le Monaco de Didier Deschamps suivait ce modèle, s’il n’a pu rester au plus haut niveau, c’est par manque de moyens et en raison des envies de départs de certains cadres. Le Porto champion d’Europe 2003 (UEFA) et 2004 (LdC) a également été démantelé dans la foulée car vendre ses meilleurs éléments est indispensable pour la survie du club, son modèle économique est ainsi conçu.

En réalité, les faits le prouvent, la notoriété d’un entraîneur, on s’en fout, ou plutôt on devrait car elle est généralement la conséquence des succès, pas leur cause. Guardiola, Del Bosque, Deschamps, Mourinho… aucun n’avait de palmarès en tant que coach. L’important est d’avoir l’homme idoine au bon moment au bon endroit. Ancelotti était-il cet homme pour le PSG ? NON. A partir du moment où vous arrivez dans un championnat que vous ne connaissez pas du tout, ça ne peut pas le faire, ou alors vous perdez au moins une saison rien que pour apprendre à connaître ce championnat, pour vous adapter à votre effectif, à votre environnement. On a ainsi perdu une saison et un titre de champion attendu depuis 18 ans, remplacer Kombouaré par Ancelotti diminuait les chances d’être champion en juin, c’était écrit sur ce blog. Sur un palmarès on trouve seulement ce qu’un sportif ou un entraîneur a gagné, ça ne dit pas comment, dans quelles conditions, aucune mention de ses échecs n’y figure. Surtout, un palmarès ne préfigure jamais ce que l’avenir lui réserve, ce qu’il VA gagner.

La raison évidente et indiscutable pour laquelle l’Italien NE PEUT ET NE DOIT PAS RESTER à Paris est d’une simplicité enfantine : à partir du moment où un entraîneur hésite à rester, c’est qu’il doit partir. Pour mener à bien ce genre de projets, il mettre à sa tête un homme dont l’investissement personnel et la motivation sont sans faille.

Ce métier demande une implication quotidienne, je dirais même quasi permanente, elle est incompatible avec les envies d’ailleurs et les regrets d’avoir loupé le coche d’un départ. Officiellement, il lui reste un an de contrat (en raison du renouvellement automatique en cas de qualification en LdC), seulement il n’a rien fait ces derniers mois pour montrer son envie de s’inscrire dans la durée, or pour construire sur le moyen et le long terme, avoir un entraîneur susceptible de se barrer à tout moment est simplement impensable. Imaginer garder un entraîneur en le sachant sur le départ en fin de saison mettrait le club dans une situation bancale, ça encouragerait l’anarchie, la démotivation, les rumeurs de départs de joueurs importants. Ce serait intenable dans l’état actuel du Paris Saint-Germain, ses fondations n’ont pas encore été suffisamment consolidées.

Quand on recrute un entraîneur étranger de la catégorie des mercenaires (comme le sont Mourinho, Mancini ou d’autres), on le sait, le seul lien entre l’homme et le club est un contrat de travail, aucun attachement personnel n’influence ses choix, ne lui donne envie de s’investir outre-mesure, de faire passer les intérêts de l’institution avant les siens. Que vous le vouliez ou non, Ancelotti est bien un mercenaire, il n’est pas là pour l’amour du club, de la ville ou du football, il est là parce qu’on lui a proposé un contrat très avantageux, il était sans emploi, il a accepté, ça s’arrête là, si on lui propose mieux ailleurs, il ira. C’est le cas de nombreux salariés, certes, toutefois beaucoup sont attachés à leur entreprise, à leur ville ou à leur activité, de plus un club de sport professionnel n’est pas une entreprise comme une autre, la dimension identitaire ne peut être éludée, après un CDD au PSG aux yeux de tous vous restez un ancien du PSG, après un CDD chez Quick, personne ne vous identifie comme un ancien de chez Quick.

Les faits sont là : à défaut d’une identité forte[7], d’un attachement et d’un ancrage local des acteurs du club (entraîneurs, joueurs), tout projet sportif ne peut s’inscrire que sur le court terme car vous avez beaucoup de mal à construire, à faire progresser et à conserver intact le gros de votre équipe.

L’Inter est par tradition un club où les étrangers ont une place prépondérante… où régnait la loose pendant de nombreuses années avant la réattribution de titres retirés à la Juve et la rétrogradation de la Vieille Dame. La victoire en LdC avec à sa tête le mercenaire Mourinho et une troupe d’étranger a été suivie… d’une implosion puis d’une liquéfaction. Parmi ces étrangers, beaucoup étaient là depuis très longtemps à l’image du mythique Javier Zanetti, donc en l’occurrence l’identité, l’ancrage et l’attachement au club étaient présent au moins pour une grande partie de l’effectif, d’où le bémol apporté au caractère exemplaire de l’équipe à très faible composition nationale. Ceci dit, Mourinho a tellement usé ses joueurs, tellement tiré sur la corde pour gagner tout de suite – avant de partir au Real – sans préparer l’avenir qu’il a envoyé le club dans le mur. Son attitude revenait à sauter d’un véhicule en marche juste après avoir basculé en haut d’un col. Si Ancelotti quitte Paris, ça y ressemblera beaucoup à une énorme différence près, le PSG est loin du sommet, Ancelotti ne l’a pas fait monter bien haut.

Depuis janvier 2012, le virage pris par le PSG est celui de la transformation en club étranger. Outre l’arrivée d’un staff pléthorique dont la plupart des membres viennent d’Italie ou d’Angleterre, on a assisté à la signature de 10 joueurs étrangers pour un seul Français… Ronan Le Crom, le 4e gardien, concomitamment aux départs de 2 étrangers très bien intégrés, Cearà et Nenê, et de toute une série de Français comme Hoarau, Bodmer ou Rabiot, sans oublier la misz sur la touche de Sakho, Chantôme et Ménez. Cette voie mène dans une impasse, celle où stationne Manchester City.

Au lieu d’attendre une année supplémentaire, ne serait-il pas temps de réorienter la politique sportif du club pour appliquer une recette ayant fait ses preuves ?

N’en a-t-on pas déjà marre de ces multiples rumeurs de retour en Série A des joueurs recrutés par le PSG dans ce championnat ? Les déclarations de ces joueurs ont souvent alimenté les rumeurs au lieu d’y couper court. C’est dû à ce fameux triptyque : identité forte, attachement et ancrage local. Sirigu s’est tout de suite adapté, il est adopté, personne n’imagine son départ. A l’inverse on sait déjà qu’Ibra est là provisoirement, le PSG ne sera pas son dernier club, il l’a déjà affirmé. Pour qu’un étranger s’intègre, il faut une volonté forte de sa part en ce sens, elle doit être partagée par les dirigeants (c’est leur rôle de faire connaître et respecter l’institution aux nouveaux venus). Ça peut prendre du temps, mais si comme actuellement vous limitez au maximum les contacts directs entre les joueurs et les supporters, si vous facilitez la création d’un groupe de latins italophones, vous ne les incitez pas à devenir de véritables Parisiens intégrés.

L’esprit club, soit on l’inculque aux joueurs, soit il préexiste. Par exemple, Sylvain Armand l’a acquis au fil du temps, Jérôme Rothen l’avait en arrivant comme beaucoup de footballeurs issus de la Région parisienne. Les joueurs formés au club, eux, sont presque tous issus d’Ile-de-France, c’est un choix fait depuis plusieurs saisons par les patrons du centre de formation. Souvent supporters du club depuis toujours, leur identité est renforcée par de multiples joutes en rouge et bleu qui les voient affronter d’autres jeunes en général surmotivés, souvent jaloux et décidé à montrer ce qu’ils valent face au PSG. Avez-vous déjà vu des garçons comme Sakho et Chantôme ne pas se donner à fond ? Jamais. Gameiro, Camara et Matuidi, originaires de la région, c’est pareil. Bien sûr, ils peuvent se louper, mais jamais par manque d’engagement.

Il faut fidéliser nos joueurs, avoir trop de mercenaires, ça donne des catastrophes comme ETG-PSG. En réalité, tout dépend du niveau de professionnalisme – et du niveau sportif – du mercenaire, par exemple il y a quelques mois on a beaucoup critiqué l’hygiène de vie de Lavezzi, mais depuis qu’il joue vraiment, il s’est toujours dépouillé… dans la limite de sa condition physique, le gars est cramé depuis un mois. Chez lui c’est culturel, il a la grinta. Ibra est un super joueur, mais iriez-vous à la guerre avec lui ? Thiago Motta est une escroquerie, il n’est pas fiable du tout, on n’irait même pas faire des courses avec lui, alors la guerre, n’en parlons pas !

Un bon recrutement tient compte du profil des joueurs. On parle à la fois du profil technique, du profil physique et du profil psychologique. Pour se décider, le footballeur à qui on propose un contrat ne tient pas seulement compte des données purement financières[8], les autres éléments déterminants correspondent aux réponses à une seule question : que peut m’offrir ce club ? Chances de remporter des titres et/ou de participer à telle ou telle compétition, cadre de travail (infrastructures du club) et cadre de vie (vivre près de sa famille et de ses amis, dans une belle ville ou dans le trou du c*l du monde, etc.), chances de progresser (le niveau de l’équipe et de l’entraîneur sont importants), exposition (pour être repéré par d’autres clubs ou son sélectionneur, conforter ou renforcer son statut, en particulier celui d’international, avoir une notoriété suffisante pour attirer les sponsors et équipementiers), plaisir (si vous aimez le foot, vous fuyez si Jean Fernandez vous veut), opportunité de jouer pour son club de cœur… Chacun a ses motivation, chacun est plus sensible à un élément ou à un autre.

En principe, le PSG peut offrir énormément de choses dont rêvent un joueur français, a fortiori depuis son acquisition par QSI. On peut en faire une liste non exhaustive : des émoluments très supérieurs à la moyenne, évoluer au Parc (le stade préféré de tout footballeur français qui se respecte), la participation à la LdC, l’ambition de débuter toutes les compétitions pour les remporter, une visibilité inégalée car lors de chaque journée de championnat et presque chaque tour de coupe ses matchs sont programmés et diffusés à la télé dans un créneau d’affiche vedette, une surmédiatisation de ses bonnes performances, un staff technique et des partenaires lui permettant d’exploiter au mieux son potentiel, une très importante base de supporters, si le garçon est en plus lui-même supporter et originaire de la région il peut s’offrir le luxe de réaliser un rêve de gamin, d’habiter une belle maison avec jardin pas loin de la plus belle ville du monde, d’être entouré de sa famille et de ses amis… Pour résumer tout ça, le PSG devait être le Graal pour quasiment tout footballeur français n’ayant pas un goût prononcé pour la Sardine. L’objectif de signer et de s’imposer au PSG devrait donc être celui de tout footballeur ambitieux. Une fois cette institution intégrée, personne ne devrait avoir envie de la quitter, bien au contraire, chacun devrait se donner à fond chaque jour pour inciter ses patrons à le garder et le faire jouer. Ceci vaut en Italie pour le Milan ou la Juve, en Espagne pour le Barça ou le Real, ou encore en Allemagne pour le Bayern.

Je veux voir mon club atteindre des sommets tutoyés au cours des années 90, époque désormais lointaine dont je suis plus familier grâce aux cassettes VHS numérisées et diffusées sur le net que grâce à des souvenirs personnels. A cette période une grande partie des supporters parisiens actuels n’étaient que des enfants ou des projets affectifs, voire seulement des rêves de gamines ou d’adolescentes dont l’instinct maternel ou les hasards de la vie ont abouti à l’apparition sur Terre – au terme d’accouchements par voies naturelles (avec épisiotomie ou non, vous pouvez demander à votre maman…) ou césariennes, à vrai dire on s’en fout – d’une nouvelle génération de petits fans. Depuis le jour où Kombouaré a été viré, André Rieu[9] a passé son temps à sauter les étapes pour transformer un projet à moyen et long terme en projet à court terme, il a voulu sauter des chapitres sans écrire la fin de celui commencé 6 mois auparavant. J’aurai toujours en travers de la gorge le don fait à Montpellier[10] d’un titre de champion promis au PSG sans cette révolution injustifiée. En vérité, son but était simplement de se protéger, il avait besoin de faire venir un entraîneur de renom acceptant de travailler avec lui, craignant pour sa place si un Mourinho devait atterrir à Paris pour prendre en charge l’équipe. Ces conclusions étaient déjà évidentes début 2012. En empruntant ce raccourci, André Rieu n’est pas passé devant le Rungis du foot européen… La Ligue 1.

L’Europe vient y faire son marché mais on n’y trouverait pas de joueurs au niveau du PSG ? Mais où a-t-on trouvé Matuidi ? Aurait-il poussé tout seul au milieu d’un terrain d’entraînement du Camp des Loges tel un rosé des prés ou un coprin chevelu ?

Il y a quelques mois mois, on a vu partir Cearà, professionnel irréprochable, très attaché au club, très bien intégré (il aurait pu être naturalisé avant l’arrivée de Lucas, le problème de son absence de passeport européen se serait envolé). Pourquoi ? Pour le remplacer par Van der Wiel, pris un peu à la dernière minute sans réflexion ni concertation mais simplement parce que l’agent de Maxwell et d’Ibra l’a proposé au moment où André Rieu s’est réveillé en se rendant compte de l’absence de doublure ou de concurrent pour Jallet. Ensuite, on a méprisé et poussé Nenê dehors au nom de prétextes fallacieux, oubliant totalement un principe fondamental du savoir vivre en société : pour être respecté, il faut être respectable et respecter vos semblables. Si vous agissez de façon profondément injuste envers quelqu’un, n’attendez pas en retour qu’il vous baise les pieds et se couche devant vous. Nenê, Ménez, Sakho et Gameiro ont tous exprimé d’une façon ou d’une autre leur ras-le-bol d’être traités injustement, Hoarau et Nenê sont partis à 6 mois de la fin de leur contrat, Bodmer, Lugano et Rabiot ont tous insisté pour être prêtés afin de retrouver du temps de jeu ou simplement le plaisir de sortir du placard. Pour colporter la thèse des caprices et du refus de la concurrence, une thèse classiquement utilisée pour charger les joueurs français de tous les maux de la civilisation occidentale, il faut soit terriblement manquer de lucidité et de bon sens, soit être arrosé par Ancelotti et André Rieu pour dire du bien d’eux !

Si une personne vous soutient que Nenê, Ménez, Sakho et Gameiro ne sont pas de très bons joueurs ayant tout à fait le niveau pour être régulièrement ou souvent titulaires au PSG, méfiez-vous ! Les personnes de ce genre sont capables de vous venter le goût d’un verre de soda à l’orange quand bien même auriez-vous remplacé le Fanta ou l’Orangina par de l’urine coupée à l’eau gazeuse. Pour eux, l’important est l’étiquette, pas le contenu. S’ils voient Ancelotti préférer Alex à Sakho, ils vont être persuadés de la supériorité du semi-remorque brésilien, d’autant qu’il vient de Chelsea. Sakho, joueur français, formé au club, ne peut être un super défenseur, il ne peut avoir un niveau technique très au-dessus de la moyenne, admettre le contraire heurterait toutes leurs croyances.

Depuis des années je tente de combattre les préjugés relatifs au niveau des footballeurs français, en particulier celui de la formation française. C’est particulièrement insupportable au PSG, un jeune sorti des équipes de jeune parisiennes est d’office jugé limité ou carrément nul avant d’avoir pu disputer la moindre minute chez les pros. La présomption d’infériorité des français – ou présomption de supériorité des étrangers si possible achetés très cher dans des grands clubs – est un terrible fléau. Cette culture très française de l’auto-flagellation m’insupporte. Depuis des mois, à Paris, les dés sont pipés. Quand un étranger débarque, il fait systématiquement reculer dans la hiérarchie un Français ou un non recruté par André Rieu. C’est automatique, non motivé, la victime doit fermer sa gueule et accepter l’injustice sous peine d’être montrée du doigt. Alex sort de l’Eurostar, il est propulsé titulaire, Lavezzi débarque, même hors de forme il est préféré à Nenê, Lucas descend de l’avion, toute la phase aller est oubliée, Ménez reçoit un abonnement au banc, Beckham signe, Chantôme devient la 6e option à son poste et est d’autorité muté sur le côté droit pour jouer les utilités… Etre fabuleux à l’entraînement et parfait lors des matchs ou bouts de matchs joués ne change rien, les statuts sont établis. Ainsi, malgré de très nombreuses erreurs couteuses ces dernières semaines[11], y compris une double erreur dramatique sur l’action ayant donné lieu au péno de Xavi, Alex a joué les 2 matchs contre le Barça comme il a droit à tous les gros matchs. On ose mettre en avant le prétendu manque d’expérience de Sakho, comme s’il allait gagner en expérience en ne jouant pas ces rencontres, comme si l’expérience d’Alex pouvait compenser sa lenteur, sa lourdeur, ses faiblesses techniques et ses sautes d’attention. On touche du doigt le problème : on ne fait pas assez confiance aux joueurs sortis de nos centres de formation, on ne leur accorde aucun crédit, on ne leur laisse pas leur chance de se frotter au très haut niveau. Si les Espagnols et les Allemands avaient raisonné de la même façon, les demi-finales de la LdC opposeraient 4 autres clubs. Je vous l’accorde, ces derniers mois on observe un retour à la mode de l’intégration chez les pros des jeunes et des très jeunes (beaucoup de U17 ont débuté en L1), surtout dans les clubs touchés par la crise donc pas le PSG. Le centre de formation est encore le fournisseur le plus efficace de compléments d’effectif, le rapport qualité/prix y est très intéressant si le travail a été bien fait en amont, c’est aussi une source non négligeable de revenus pour la plupart des clubs français.

Je le dis, je l’écris, je le répète, au besoin je recommencerai des millions de fois, si le PSG se décide à réorienter sa politique sportive pour appliquer la recette du succès expliquée précédemment, il le peut. Il suffit de le vouloir. Les cadors étrangers permettant d’élever le niveau de l’ensemble sont déjà là, ce rôle était tenu il y a 15 à 20 ans par Raí, Weah et autres, aujourd’hui il s’agit de Thiago Silva, Lucas, Pastore ou encore Sirigu. Vous pouvez les retrouver pendant 7 à 10 ans si tout se passe bien. A l’époque, le club ne pouvait pas garder des Weah et des Djorkaeff, aujourd’hui, il peut se permettre de retenir leurs successeurs. Vous aurez remarqué l’absence d’Ibra de cette petite liste, elle est pleinement assumée.



Maintenant, intéressons-nous à cette fameuse base locale. Je vous vois venir ! Vous avez envie de me couper pour me contredire en évoquant les cas de l’OL et du PSG de Luccin, Dalmat et Anelka afin de mettre à mal toute mon argumentation. Pas de bol, ces exemples vont dans mon sens.

L'OL a dominé le football français avec une équipe composée en grande majorité d'internationaux français et s'il lui a manqué l’élément décisif pour être performant dans la 2nde phase de la LdC, c'est surtout au niveau de ses étrangers, ils n'étaient pas assez forts (sauf Juninho et Cris pendant une période) pour faire la différence sur les plus gros matchs. Aulas n’a jamais été capable de recruter le grand attaquant espéré à chaque intersaison, il a régulièrement été obligé de vendre ses meilleurs éléments pour ne pas être inquiété par la DNCG. La fin du cycle a été marquée par 2 épisodes, le choix de nommer Claude Puel entraîneur et la décision de vider le coffre de l’Oncle Picsou pour surpayer gravement une brochette de joueurs au cours du même été. Il s’agissait de Cissokho (2 ou 3 matchs de haut niveau en tout et pour tout avant d’être payé 15 millions 6 mois après avoir été obtenu par Porto contre une barquette de brandade de morue), Gomis (15 millions pour un joueur à l’époque en pleine traversée du désert), Gourcuff (achat incompréhensible) et Lisandro (qu’il pouvait avoir pour beaucoup moins cher).

Le PSG créé lors de l’été 2000 était pire : recrutement en partie sardinien, encadrement insuffisant, défaut de prise en compte du profil psychologique… En gros on attendait de ces jeunes c*n n’ayant encore rien prouvé de tenir le rôle des cadors. Qui plus est on avait liquidé le gros des années Denisot, l’effectif comprenait très peu de joueurs cadres susceptibles de faire régner l’ordre au sein du vestiaire et d’être des leaders sur le terrain.

Chacun doit le comprendre, dans une équipe de foot il ne peut y avoir 11 stars sur le terrain, 7 sur le banc et 4 ou 5 autres en tribunes. Au niveau d’excellence attendu du PSG on doit y trouver des stars, mais aussi des joueurs de rôle et des jeunes, autrement dit des généraux, des sous-officiers et de simples soldats (ces derniers peuvent aspirer à monter en grade). Certains confondent une équipe de foot avec la légion étrangère, seulement la légion c’est beaucoup de discipline au sens le plus dur, de rigueurs et d’efforts pour parler français, aucune tête ne doit dépasser, personne ne doit sortir du rang. Ça ressemble au PSG ? Pas tellement.

Si vous avez Thiago Silva, Sirigu[12], Pastore, Lucas, Lavezzi, un grand attaquant (Ibra ou son remplaçant), Armand (une sorte d’officier instructeur), Matuidi, Sakho, Jallet, Ménez, Chantôme, que vous ajoutez à ce groupe des joueurs confirmés du type Cabaye, Mathieu[13], Pogba[14], Digne[15], Cabella[16], Capoue[17], sans oublier la relève, notamment Aréola, Rabiot et les jeunes demandés par tous les grands clubs étrangers comme Coman, Ongenda (dommage que Yaisien n’ai reçu aucune considération de la part d’Ancelotti…) et bien d’autres, car le PSG ne peut être champion ou vice-champion U17 et U19 (et au moins demi-finaliste de la Gambardella cette saison) sans compter en ses rangs de très bons joueurs. A Paris, le problème n’a jamais réellement été la formation mais la post-formation, autrement dit la transition entre les équipes de jeunes et le monde professionnel.

De mon point de vue le recrutement à l’étranger de joueurs de rôle se justifie uniquement si on ne peut pas trouver mieux ou au moins aussi bien en version française. Les exemples parfaits sont Alex, Van der Wiel, ou même un Maxwell malgré les progrès de ce derniers depuis quelques mois (son niveau défensif reste aléatoire). En France on a un problème de latéraux, notamment côté droit où Debuchy est au-dessus du lot sans être un super cador, Jallet est à égalité avec d’autres, dans ce cas tenter de récupérer un Lichtsteiner[18] qui connaît bien la L1 paraît tout à fait pertinent.

Si je reprends les 2 derniers paragraphes, ça me donnerait ce groupe…
Gardiens : Sirigu, (Douchez), Aréola.
Latéraux côté droits : Jallet et Lichtsteiner plus Ikoko/Sabaly.
Défenseurs centraux : Thiago Silva, Sakho, Armand, (Camara), Capoue, un jeune (Conte ou Arrondel) .
Latéraux côté gauche : Mathieu et Digne.
Milieux dits défensifs : Matuidi, Pogba, Chantôme, Rabiot, Capoue.
Milieux offensifs créateurs : Pastore, Cabaye, Yaisien.
Attaquants dribbleurs (à faire jouer principalement sur les côtés) : Lucas, Lavezzi, Ménez, Cabella, Coman.
Avant-centres : Ibra (ou un autre grand buteur), Gameiro, Ongenda[19].

Bien sûr, il ne s’agit que d’une projection, d’un exemple reposant uniquement sur les possibilités offertes par le foot français, on pourrait avancer plein d’autres noms comme Grenier (que je vois très fort depuis un OL-PSG en Coupe de la Ligue, je le suis attentivement depuis), Griezmann, Thauvin (que le LOSC a été très intelligent de prendre au bon moment), Payet (il a refusé une fois le PSG, tant pis pour lui… ça reste néanmoins un très bon joueur), Varane, Corchia et j’en passe.

Si quelqu’un ose me dire qu’avec cet effectif on ne peut pas jouer sur les 4 tableaux et faire mieux que cette saison, j’attends avec impatience ses arguments ! Il y a sans doute moyen de bien se marrer en les lisant.

L’idée avec un groupe comme celui-ci est de donner du temps de jeu à tout le monde, de beaucoup faire tourner pour garder tout le monde sous pression en créant une véritable émulation, s’assurer que chacun se sente concerné en permanence même s’il n’est pas toujours appelé à jouer, d’éviter de se retrouver en mars avec des titulaires cramés ou de voir des mecs s’économiser par choix ou par obligation.

A mon humble avis, un seul joueur devrait avoir l’autorisation la plus absolue de s’économiser sur un terrain de foot, c’est Messi, car il est unique. Dans la mesure où peut faire la différence seul à tout moment[20], s’il est apte, il est bon de l’avoir presque en permanence dans son onze (sauf quand un match est complètement plié ou n’a aucun enjeu). Une des clés du succès des grands clubs est aussi de pouvoir enchaîner les rencontres au rythme de 2 par semaine, ce qui nécessite soit un effectif important en quantité et en qualité, soit… du dopage.

Souvenez-vous par exemple de l’OL à l’époque où les Lyonnais écrasaient le championnat, à l’heure de jeu, on voyait souvent un double changement, 2 attaquants étaient remplacés par 2 autres frais physiquement. Beaucoup de matchs ont basculé dans leur sens grâce à cette méthode. Au PSG, quand on mène au score, on s’arrête souvent de jouer. Au Bayern, à Dortmund, au Barça ou au Real, on n’hésite pas à en mettre 6 ou 7 s’il y a moyen de le faire. Une des vilaines habitudes d’Ancelotti cette saison a été de ne quasiment jamais sortir Ibra, même à 4-0. Dans ces conditions, comment s’étonner de le voir régulièrement déambuler tranquillement sans faire le moindre effort ? Les stats de la star, on s’en fout royalement, seules comptent celles de l’équipe et le spectacle proposé aux supporters. Ou plutôt seules DEVRAIENT compter. On ne paie pas sa place ou son abonnement télé pour regarder des stars se gérer physiquement, on préfère les voir au taquet pendant 60 minutes et céder leur place ensuite à un autre presque aussi fort qui sera aussi à 100%. Il s’agit simplement de bon sens.

Un authentique grand entraîneur sait tout gérer, pas seulement sa com’, il est fort tactiquement, sait faire accepter ses choix, gérer les forces de ses troupes pour éviter de trop les exposer aux risques de blessures et à la fatigue… Bien sûr, il y a différents styles, certains sont de plus grands meneurs d’hommes que d’autres, on pense évidemment à Mourinho, d’autres sont plus des professeurs, on pense ici à Guardiola, sans oublier les gestionnaires dont Vincent Dubois me semble faire partie.

Ancelotti est-il un meneur d’hommes ? La déroute à Annecy par manque de motivation ne plaide pas en faveur du oui. Professeur ? «Comme coach, Carlo Ancelotti ne m'a rien appris contrairement à Arrigo Sacchi et Fabio Capello.» Cette phrase a été prononcée par Marco Simone. Il y a quelques semaines, Marco Verratti a expliqué à un média italien qu’Ancelotti ne cessait de lui donner la même consigne, donner le ballon à Ibra. Pour rappel, il a fallu 11 mois et une menace d’éviction après Nice-PSG[21] pour abandonner le 4-3-3 dans lequel les rôles étaient mal définis pour passer à un 4-4-2 classique dans lequel chacun a pu retrouver ses repères à partir de la réception de Porto. Donc professeur, je suis tenté de dire non. Gestionnaire ? Si ça consiste à demander à Ibra et Motta s’ils veulent jouer ou non, s’ils acceptent de sortir, systématiquement rappeler Gameiro sur le banc les rares fois où il est titulaire au risque de cramer encore un peu plus Lavezzi, alors oui, c’est un grand gestionnaire.

Le modèle absolu en sports collectifs est Gregg Popovich, le boss des San Antonio Spurs en NBA. Il lui arrive de commettre des erreurs – qui n’en commet pas ? – mais ce qu’il réussit est magique. Il est à la fois prof, gestionnaire et meneur d’hommes. Avec lui il est très difficile de ne pas progresser, des inconnus deviennent des role players fantastiques, tactiquement il est béton, il propose le jeu le plus collectif de NBA, un jeu complet (très fort défensivement comme offensivement) qu’il n’hésite pas à adapter aux qualités de ses joueurs, il choisit ses recrues pour éviter les éléments incapables de s’adapter au collectif, il sait impliquer tout le monde, faire accepter son rôle à chacun, fait régulièrement des choix courageux dans l’intérêt de son équipe quitte à provoquer l’ire de David Stern, grand patron de la ligue[22], en envoyant une équipe B à l’extérieur s’il estime nécessaire de préserver ses stars. Ça donne 15 ans de suite en playoffs, un nombre improbable de saisons à 50 victoires minimum, 4 bagues de champion (peut-être un 5e cette saison)…

J’ai beaucoup de mal à retrouver certaines des qualités de Popovich chez Ancelotti, on décèle peu de progrès individuels et collectifs depuis son arrivée, pas mal de joueur ne peuvent accepter le maigre rôle de roues de secours qui leur est accordé, d’autres sont surutilisés et par conséquents épuisés. Dans les sports collectifs professionnels les hommes – ou femmes – du banc sont au moins aussi importants que les titulaires, si l’Italien l’a compris, il cache bien son secret.

Malgré son départ prochain, traiter des qualités réelles ou fantasmées d’Ancelotti conserve une utilité, celle de déterminer quel profil doit avoir son remplaçant. On l’a compris, l’apport principal de l’Italien a été son image. Sa réputation a contribué à attirer Thiago Silva et Zlatan, peut-être aussi Lavezzi et Verratti (qui partira probablement sous d’autres cieux d’ici quelques mois, on en tirera probablement une plus-value). Bon, c’est à relativiser, car les réseaux d’André Rieu, les problèmes financiers du foot italien et… l’argent de QSI ont une part de responsabilité au moins aussi importante, en particulier le dernier élément.

Au passage, on peut rassurer les crédules, pour partir ces joueurs devraient avoir l’accord du PSG avec qui ils sont sous contrat et trouver un point de chute dans un club capable de racheter les contrats. Autrement dit ça n’arrivera pas, au Qatar on n’a pas l’habitude de faire ce genre de cadeaux. Toutefois, pour rassurer tout le petit monde, recruter un entraîneur de renom est impératif, il faut en effet compenser le relatif manque de notoriété du club et le déficit d’expérience dont pourrait souffrir l’équipe par moments. Par conséquent, nommer un ancien joueur est presque impossible. Remarquez, ça pourrait être drôle de faire un grand pas en arrière après avoir viré Kombouaré, un des seuls si ce n’est le seul entraîneur en activité correspondant à ce profil…

Un jeune entraîneur français à la fois charismatique, respecté dans le monde du foot, moderne dans ses idées sur le jeu comme ses méthodes et aguerri au très haut niveau, ça ne court pas les rues. A vrai dire, aucun nom ne me vient. De surcroît il doit être compatible avec le PSG. Si Makélélé avait une expérience d’entraîneur principal, on aurait pu évaluer ses capacités et tenter le coup, seulement pour le moment il ne l’a pas, le pari serait trop risqué. Lui, j’espère le voir rester dans le staff car en tant qu’adjoint il a beaucoup apporté à des garçons comme Matuidi.

Après réflexion, le meilleur choix en l’état actuel des choses me semble bel et bien être Wenger. J'avais déjà évoqué son arrivé mais seulement sous forme de boutade, cette fois je suis sérieux. Il me fait penser à Heynckes, l’actuel entraîneur du Bayern. Vainqueur de la Ligue des Champions en 1998 avec le Real, il a ensuite pas mal voyagé, a connu une sorte de traversée du désert et était presque has been quand Munich l’a appelé en 2011. Wenger a beaucoup d’atouts malgré l’incapacité d’Arsenal à remporter le moindre titre depuis 2005 (sa propre traversée du désert) :
-il est français, respecté en France et par la plupart des jeunes professionnels français, très nombreux à aspirer travailler sous ses ordres ;
-il connaît très bien le foot français et la Ligue 1, contrairement à Ancelotti à son arrivée (ce dernier ne pourra jamais aussi bien connaître le foot français que l’Alsacien) ;
-il a l’expérience du haut niveau (celle des grandes années de Monaco et 16 ans à Arsenal en participant presque tous les ans à la LdC), le palmarès (champion de France, triple champion d’Angleterre, vainqueur de différentes coupes nationales, finaliste de la C2 avec Monaco puis de la C3 et de la C1 avec Arsenal) et la notoriété internationale exigés pour le poste ;
-il entre dans la catégorie des professeurs, il intègre et fait progresser les jeunes, or un des objectifs souvent affichés par Nasser Al-Khelaifi est de mettre en valeur le centre de formation (hormis Rabiot qui a fait quelques apparitions lors de la première moitié de la saison, on n’a pas vu les jeunes avec Ancelotti, ils n’ont pas du tout été intégrés en 1 an ½, ça s’est limité à un bout de match pour Coman, idem pour Ongenda et Conte) ;
-s’il y a une constante avec lui, c’est son goût pour le jeu et le spectacle, il est adepte d’un football très offensif.

Ses défauts :
-mieux vaut éviter de lui laisser faire seul les choix concernant le recrutement… heureusement on a déjà un excellent gardien au club (^^) ;
-à plus d’une reprise son comportement vis-à-vis des adversaires a laissé à désirer, il lui arrive régulièrement de péter un plomb ou de se trouver des excuses au lieu de faire son autocritique (son côté donneur de leçons m’empêche d’apprécier l’homme) ;
-sauf erreur de ma part il a parfois adopté des positions pas tout à fait compatibles avec le fonctionnement du PSG, critiquant le mécénat pratiqué pas des milliardaires dans d’autres clubs anglais ;
-ses changements en cours de match (son coaching en général, tant tactique que les modifications de son onze) ont souvent laissé les observateurs perplexe… oui, comme Ancelotti en somme ;
-sa gestion des joueurs blessés est décriée. A Paris il ne serait pas dépaysé, on a notre Abou Diaby en la personne de Thiago "l’escroc assassin" Motta, milieu de terrain défensif tout le temps blessé (ou suspendu).

Je me dis qu'au PSG, délivré au problème du départ et du remplacement des meilleurs joueurs de son équipe grâce aux moyens mis à sa disposition, pouvant tirer les fruits d’un centre de formation performant, il se régalerait. Ce nouveau challenge lui ferait sans doute le plus grand bien, comme ça permettrait à Arsenal de lancer dans une nouvelle dynamique un an plus tôt que prévu (car son contrat prend fin en juin 2014, on prête à ses dirigeants l’intention de le remplacer à cette date).

Maintenant, attendons de voir, Wenger ou un autre, il faut choisir un entraîneur pour plusieurs années, sinon on n'arrivera à rien. La bonne nouvelle est que Jean Fernandez a signé à Montpellier, on peut donc dormir relativement tranquille en attendant d’en savoir plus sur ce qui nous attend…

Notes

[1] A Dortmund, l’aspect jeunesse est encore plus impressionnant, la quantité est moindre, elle a été compensée par l’accent donné sur la LdC, le championnat est plus ou moins passé à l’as cette saison.

[2] Rappelons les problèmes dans le vestiaire du Zénith quand Witsel et Hulk ont été recrutées à prix d’or au Portugal l’été dernier, les mecs n’étaient pas acceptés par les Russes du vestiaire, jaloux de leurs émolument, c’était la guerre interne, ça a plombé le club en LdC.

[3] Pour mémoire, en 2003-2004 le PSG de Vahid avait aussi ce genre de récup en tenaille, dès la perte du ballon c’était prise à 2 ou 3 sur le gars qui l’avait dans les pieds, il galérait pour en faire quelque chose, ça a donné une saison à 28 buts encaissés en championnat avec Dehu et Pierre-Fanfan en défense central, une 2e place et une victoire en Coupe de France. Guardiola n’a pas tout inventé, comme la quasi-totalité des entraîneurs dont Vahid en l’occurrence, il a surtout repris ce qui existait avant lui.

[4] Le succès économique, en l’occurrence, je le laisse de côté, tout comme le succès de la Bundesliga en grande partie dû à la CdM 2006, preuve de l’immense intérêt pour un pays de cette taille de construire des infrastructures et d’organiser de grandes compétitions sportives, dommage qu’on ait raté le coche en 1998, heureusement que l’Euro 2016 fait repasser le train, il ne faut pas le manquer.

[5] Vicente Del Bosque.

[6] Guardiola était un nettement plus grand joueur, il a aussi connu une expérience sportive à l’étranger et a débuté sa seconde carrière à un âge précoce comparé à Vincent Dubois.

[7] L’identité correspond aussi à un autre volet, celui du marketing, on parlera alors à la fois d’identité visuelle (les couleurs, le logo, etc.) et d’identification des supporters aux joueurs – je cherche un jeune footballeur en Ile-de-France qui s’identifie à Alex – avec toute la dimension de fierté. Dans certains cas l’identité se rapporte à du régionalisme.

[8] S’agissant de leur activité professionnelle cette préoccupation est logique, si elle est unique, le gars est une caricature de mercenaire, je ne suis même pas sûr de l’existence de cas de ce genre.

[9] Leonardo.

[10] Je pense en particulier au PSG-Montpellier qui aurait dû propulser Paris sur la route du titre.

[11] A Sochaux et à Reims c’était affligeant, il a recommencé à Annecy en Coupe de France, observez-le sur l’action de l’égalisation d’ETG, avec Beckham on aurait dit une course d’escargots.

[12] Hormis Lloris, quel Français est meilleur ? Aucun.

[13] A condition qu’il ait retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques.

[14] Que j’échangerais sans hésiter un instant contre Verratti car il sait faire beaucoup plus de choses, est de la région, me semble plus mature… Et puis Verratti est supporter de la Juve, chacun rentrerait dans son élément et y trouverait beaucoup de positif, ça serait profitable aux 2 clubs et aux 2 joueurs.

[15] Que le LOSC préfèrera vendre 6 millions à un club étranger s’il reçoit une offre de 10 ou 12 de la part du PSG, c’est stupide mais la politique du LOSC est immuable concernant le club de la Capitale.

[16] Un Sudiste… mais il a beaucoup de talent. Il me fait penser à Ginola à plusieurs niveaux.

[17] Un joueur de la région très motivé pour venir car supporter, intéressant en raison de sa polyvalence défense/milieu et sa capacité à marquer des buts.

[18] Je le cite car son nom a été évoqué à plusieurs reprises depuis quelques mois.

[19] En réalité il est super polyvalent, chez les jeunes il a même été testé en 8.

[20] Cristiano Ronaldo pourrait presque être titulaire du même passe-droit, son jeu me semble toutefois nécessiter beaucoup plus d’efforts répétés pour être efficace. Messi est plus Kobe, Cristiano Ronaldo est plus LeBron James.

[21] Le PSG venait d’enchaîner des prestations indignes, était 4e du championnat à 6 points de l’OL après avoir accumulé 4 points en 5 matchs dont 3 défaites et la victoire 4-0 la plus atroce de l’histoire du club, il venait d’être éliminé de la Coupe de la Ligue et de gagner à Kiev de façon assez miraculeuse en ayant pris la marée.

[22] L’équivalent de Maître Moustache ou de Platoche… en beaucoup plus intelligent.